Le Carnet d'Ysengrimus

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Il est toujours de ce temps, le problème de la philosophie spontanée des savants

Posted by Ysengrimus sur 15 novembre 2018

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Tŕân-Dú’c-Tháo, travaillant sur Edmond Husserl, nous signale ceci, au sujet du vieux prestige estourbi des ci-devant Sciences Positives. Lisons:

La science moderne s’est dissoute dans une multitude de techniques spécialisées. «Elle a renoncé à l’idéal platonicien d’une science authentique; dans la pratique, elle a abandonné le radicalisme d’une responsabilité scientifique… Les sciences européennes ont perdu leur grande foi en elles-mêmes, en leur signification absolue. L’homme moderne d’aujourd’hui ne voit plus, comme l’homme «moderne» de l’époque des Lumières, dans la science et dans la culture nouvelle élaborée par elle, l’auto-objectivation de la raison humaine, la fonction universelle que l’humanité s’est créée pour s’assurer une vie où elle obtienne une satisfaction véritable, une vie où se réalise, sur le plan individuel et sur le plan social, une pratique rationnelle. Cette grande foi, qui jadis remplaça la foi religieuse, la foi dans la science en tant qu’elle mène à la sagesse… a perdu sa force chez beaucoup. Nous vivons ainsi dans un monde devenu incompréhensible, un monde dont nous cherchons vainement le pourquoi, le sens, qui jadis n’admettait aucun doute, car il était reconnu par l’entendement et la volonté. Sans doute nous est-il loisible de prendre une position critique et sceptique sur la culture scientifique dans le résultat de son devenir historique; nous ne pouvons pas l’abandonner purement et simplement sous prétexte que nous n’arrivons pas à en obtenir une compréhension dernière et à la diriger suivant une telle compréhension… Si la joie ne nous suffit pas de créer une technique intellectuelle, d’inventer des théories dont on peut tirer des applications fort utiles et qui permettent de gagner l’admiration du monde, —si nous croyons qu’il n’y a d’humanité authentique que par une vie radicalement responsable d’elle-même, la responsabilité scientifique ne pouvant se séparer de la totalité des responsabilités humaines—, alors nous avons le devoir de prendre position sur toute cette vie et cet ensemble de traditions culturelles et chercher par des explicitations radicales du point de vue individuel et du point de vue social, les possibilités et nécessités ultimes, à partir desquelles nous pourrons prendre position devant les réalités sur le triple plan du jugement, du sentiment et de l’action… [la longue citation partielle provient de Formale und transzendantale Logik de Edmond Husserl, 1929 — P.L.]»

TŔÂN-DÚ’C-THÁO (1992), Phénoménologie et matérialisme dialectique, Gordon & Breach, Coll. Publications Gamma, Paris-Londres-New York, pp 169-170.

Bon, alors suivons ici la très pertinente suggestion, avancée dès 1929, par Edmond Husserl. Nommément, adoptons, sans tiquer, une position critique sur la culture scientifique dans le résultat de son devenir historique… mais sans pour autant abandonner cette dite culture scientifique. Il ne s’agit donc pas ici de bardasser la science dans ses acquis techniques saillants et ses réalisations positives mais bel et bien dans ses tics institutionnels et son idéologie veule, aussi tapageuse et ostensible que fort peu reluisante. Il s’agit de reprendre la question, toujours hautement pertinente, de la ci-devant philosophie spontanée des savants. Qu’en est-il? De quoi s’agit-il? On arrive à y voir un certain nombre de facettes, passablement constantes. Ces facettes de la philo de comptoir du laborantin, nous allons les identifier, en analysant notamment l’attitude intellectuelle de l’hypothétique mais fort représentatif Professeur Cornue.

Hypostase scientiste et inversion idéologique. Le scientifique travaille dans le giron d’une discipline de recherche spécifique. Il n’est pas (ou plus) un spécialiste de toutes les sciences. Il est soit chimiste, soit physicien, soit biologiste, etc. Comme sa science positive a beaucoup de succès et qu’elle est créditée, au moins historiquement, de bon nombre de réussites prestigieuses, notamment industrielles, le savant croit tout simplement en la vérité qui émane, comme naturellement, de la discipline scientifique lui servant de cadre. Il procède donc, en toute bonne foi, à une hypostase des vérités locales issues de sa discipline scientifique ou technique spécifique. Il va, érigeant ces vérités locales en modèle ontologique général, fondamental et premier, sensé assurer la gestion de l’intégralité de l’existence. On se retrouve ici devant ce que le marxisme classique nomme une inversion idéologique, ce résultat direct de la division matérielle et intellectuelle du travail. Par exemple, comme l’être humain est une entité biologique, le savant biologiste assume que la biologie gère l’intégralité de la vie humaine et que nous sommes une espèce de primates bien avant d’être, disons, une organisation socio-historique dénaturée (c’est le social-darwinisme). Comme l’humain a fabriqué l’ordinateur, le docte informaticien en vient à considérer que le cerveau humain est un gros ordinateur, sans plus. Il se prend à prendre l’objet façonné pour le démiurge du façonneur, comme Pygmalion. Et le Professeur Cornue qui, lui, est chimiste, considère, en conscience que l’être humain est, avant tout et par dessus tout, une entité chimique. Et Son Excellence Julie Payette, Gouverneure Générale du Canada, qui est astronaute, eh bien, elle nous appelle prioritairement des terriens… En un mot, chacun voit ici le monde depuis son petit racoin de tâcheron. C’est tout juste comme quand, autrefois, une civilisation de potiers croyait que l’humain avait été façonné dans la glaise… et une civilisation de chasseurs archers jugeait qu’il descendait de l’Oiseau-tonnerre. Le village scientifique n’a pas trop évolué en matière d’inversion idéologique depuis le temps des chasseurs et des potiers. C’est que le village scientifique est avant tout un village de la pensée ordinaire.

Triomphalisme et outrecuidance personnalisée. L’idéologie de la science engendre, ouvertement et en dehors de toute rationalité historique, la mythologie du Grand Homme de Science. Pour le professeur Cornue, l’homme-mythe faisant l’objet d’un triomphalisme et d’une outrecuidance personnalisée, ce sera Lavoisier. Selon le professeur Cornue, Lavoisier ne peut jamais se tromper. Il est rien de moins qu’un des grands échevins du village scientifique et le Professeur Cornue cite Lavoisier comme un véritable puits de science. Maints scientifiques (mathématiciens, physiciens, informaticiens) ont leurs personnages-marottes comme ça, leurs vedettes inamovibles, qui, parce qu’ils ont un jour fait de la science, font science, et accèdent dès lors, pour toujours et en dehors de toute historicité, par une sorte d’anamorphose durable, à une forme d’infaillibilité sacrée, totalement non démontrée. Le personnage suprême en la matière, c’est évidemment l’inamovible Albert Einstein qui ne peut plus jamais dire quoi que ce soit de faux sur n’importe quoi et autre chose, dans le mythos contemporain. L’astuce est alors imparable. Les théogoneux de tous barils vous sortent du chapeau des citations (souvent déformées ou ouvertement fausses, car le cyber-Einstein est désormais le champion toutes catégories des citations fausses) concernant une fort éventuelle croyance qu’aurait eu Einstein en Dieu. Et voilà, tout est dit, la Science est là. Si notre nouveau grand cosmologue pour outrecuidants scientistes —Einstein— croit en Dieu, c’est bouclé, Dieu existe. Vous la fermez. Inutile de dire que ce type de comportement triomphaliste chez les scientifiques admirant leurs grands ancêtres est contraire à toutes les lois dialectiques de la science historique… sans mentionner celles de la rationalité la plus élémentaire.

Confusion entre positions et opinions. Le scientifique est donc imbu. Sa discipline domine le champ, sa galerie d’ancêtres mythologiques triomphe. Le Professeur Cornue va donc se mettre à développer une confiance exagérée en son propre intellect de laborantin. Toutes nouvelles idées qu’il produira ou affectera de produire deviendront autant de tendances, au sein de sa discipline. Une nouvelle incursion dans un autre champ de curiosité subventionnée deviendra vite un nouveau modèle, une nouvelle tendance théorique, un nouveau paradigme. La culture universitaire de la publication en usine à saucisses est particulièrement propice à ce genre de déviations sémillantes. Un flou intellectuel va donc s’installer chez le savant institutionnalisé entre ses positions scientifiques et ses opinions idéologiques. C’est la conséquence directe de l’outrecuidance personnalisée envers les scientifiques morts et grands… mais ici elle se manifeste chez les scientifiques bien vivants et bien moins grands. Le Professeur Cornue et ses semblables vont donc chacun débarquer, par exemple dans un colloque, avec le lot d’opinions émanant doctement de leurs personnes, en les formulant comme autant de positions sur un sujet objectif et positif. L’exercice scientifique entrera alors en dérive argumentative et pragmatiste. Et ce sera, au bout du compte, au plus fort la poche et ce, au détriment intégral de la description effective du monde objectif. C’est celui avec le plus gros laboratoire, le plus de subventions, et le plus grand nombre de sectateurs qui érigera ses opinions subjectivées en positions objectives du moment. La science entre en polémique de chiffonniers sans vraiment se voir le faire, car le Professeur Cornue et chacun de ses semblables se définissent comme scientifiques, donc comme principiellement inaptes à émettre des vues fausses, incomplètes, truquées, ou erronées.

Simplisme normatif. La science est simplette. Son cadre d’analyse est rigide. Comprenons-nous, une science peut parfaitement être d’une grande complexité descriptive et technique tout en restant simplette dans son principe. La science est en effet toujours bien consciente du fait que son exotérisme roule habituellement dans l’axe d’une pente descendante. Tant et tant que la norme scientifique joue toujours, en matière de diffusion d’elle-même, le petit jeu hautain de la science pour les nuls. Dans la philosophie spontanée des savants, on fonctionne donc sur la base implicitement postulée d’un simplisme réducteur et normatif en matière de rationalité intellective. Tout doit se jouer à partir d’observations, de vérifications, de falsifications, et de rajustements à gros grains des hypothèses. En fait, la procédure empirique permettant au Professeur Cornue de doser les couleurs des essences de colorant dans ses éprouvettes est sensée servir de doctrine cadre pour la compréhension de l’intégralité du développement historique des sociétés humaines ou des implications descriptives d’un corps de découvertes archéologiques ou historiques. Le scientifique postule que la méthode scientifique unique, c’est la sienne. Sans envisager la possibilité d’une irréductibilité méthodologique entre les sciences (surtout lors du passage aux sciences humaines et sociales — on a là la déviation positiviste), le scientifique invoque abstraitement la Méthode, la Rigueur, la Clarté, la Symétrie, voire l’Élégance pour ramener l’intégralité des procédures heuristiques et théoriques à son cadre propre. Comme, d’autre part, le scientifique contemporain est toujours un peu plus ou moins un vulgarisateur scientifique qui s’ignore ou se renie, tout fonctionne, en philosophie spontanée des savants, comme si le petit kit de chimie de notre illustration dictait un algorithme formaliste de procédures stables valant pour le tout de la pensée du monde. Les sciences humaines et sociales n’échappent aucunement à  cette propension qu’Antoine Culioli appelait autrefois, fort justement, la fascination du bidule. L’importation des formalismes en sciences humaines et sociales est la manifestation la plus patente de l’influence indue du simplisme réducteur de ceux utilisant sans scrupule toutes les normes artificielles dont on fait les flûtes, pour faire science.

Néo-dogmatisme. Cela nous entraîne vers le plus grave des stigmates contemporains de la philosophie spontanée des savants. Son dogmatisme. Edmond Husserl a bien raison, sur ce point. Depuis bientôt cent ans, la science a perdu son pif exploratoire, sa curiosité atypique, sa propension alternative, son twist avant-gardiste, son sens de l’improvisation tactique, son plaisir d’innover, sa joie (Husserl). Elle est devenue une doxa institutionnelle, une forteresse rébarbative, une soumission intellectuelle, un nouveau dogmatisme mental. Le Professeur Cornue est ouvertement terrorisé par tout ce qui lui parait quelque peu farfelu. Il n’ose plus explorer, tâtonner, hésiter, picosser, varnousser, spéculer. Comme il se prive de cette ventilation cruciale de l’intention scientifique qu’est la propension à embrasser l’aléatoire, il laisse fatalement cette dimension biscornue et exploratoire aux olibrius qui, eux, s’y adonnent à cœur joie mais n’importe comment. Fleurissent alors toutes ces théories semi-délirées sur les pilules de sucre, le design intelligent, la naturopathie, les agroglyphes, et je ne sais quel autre dieu-dans-le-bois. Le rigorisme scientifique ne peut se décoller cette vermine intellectuelle des basques. C’est que lui, dans sa raideur savante, il est devenu la nouvelle chapelle du dogme et de l’anathème. Et ce sont les délirants, les irrationnels, les bidouilleurs et les saltimbanques qui passent désormais pour les dépositaires de la pensée alternative. Le Professeur Cornue porte un sarrau blanc. C’est son nouvel uniforme. Son collet romain intégral. Ce faisant, il se manifeste, dans sa prestance comme dans son apparence, comme le nouveau dépositaire du dogme. Sociétalement, la méfiance envers cette fausse rigueur et vraie rigidité et rigorisme de la rigueur devient de plus en plus formidable. On se méfie du médecin, du pharmacien, du prof de science, du laborantin. Tous sont suspects de se poser en dépositaires d’une vérité mi-intriquée mi-truquée ne correspondant pas clairement aux observations empiriques les plus élémentaires du citoyen éclairé qui s’informe.

Fausse immanence des idées. Les scientifiques croient pourtant, sans frémir, que leurs idées fondamentales émanent de leur discipline scientifique, qu’elles en sortent en vase clos, comme de l’eau jaillit d’une source ou comme des vapeurs délétères se vessent hors des éprouvettes du Professeur Cornue. Nos bons savants jugent, en conscience, que la vérité de l’intégralité de leurs idées émane exclusivement de leur pratique. «Leur pratique, qu’ils exercent dans un cadre défini par des lois qu’ils ne dominent pas, produit ainsi spontanément une idéologie dans laquelle ils vivent sans avoir de raisons de la percer. Mais il y a plus encore. Leur idéologie propre, l’idéologie spontanée de leur pratique…, ne dépend pas seulement de leur pratique propre: elle dépend de surcroît et en dernier ressort du système idéologique dominant de la société dans laquelle ils vivent. C’est en définitive ce système idéologique qui gouverne les formes mêmes de leur idéologie… Ce qui semble se passer devant eux se passe en réalité, pour l’essentiel, dans leur dos (Louis Althusser cité par Pierre Macherey). Les scientifiques sont des citoyens actifs. Ils consomment des bagnoles, du voyage, du divertissement, des placements, et des assurances. Ils vivent —et vivent bien— dans la société capitaliste, qu’ils servent habituellement très docilement dans le cadre de leurs activités professionnelles. Conséquemment, les savants, si savants qu’ils soient dans leurs secteurs hyper-spécialisés, pensent, pour le reste, fondamentalement, selon leur position de classe dans ladite société capitaliste et ce, longtemps avant de penser et de cogiter comme des laborantins, des matheux ou des informaticiens. Le savant croit que ses idées triviales viennent de la science alors qu’elles débarquent du monde socio-historique, tout simplement, comme les vôtres et les miennes, sans plus. Ainsi, si des scientifiques croient en Dieu, ce n’est pas parce que leurs cornues, leurs éprouvettes et leurs accélérateurs de particules leur ont fait palper Dieu mais, bien plus prosaïquement, parce qu’ils amènent les gamins à la messe le dimanche comme n’importe quels petits citoyens ordinaires en gabardines et chapeaux ronds, bien corsetés dans les rets inextricables de leur conformisme de classe et de leur socio-historicité bien précise. Les principales idées philosophiques des savants ne sont pas immanentes à leur science. Elles viennent du tout venant du monde social. Pour gloser Althusser: elles leur arrivent dans le dos.

Philosophie crasse. Tant et tant que, finalement, la réflexion fondamentale qui émane de tout ce fatras, bien c’est de la mauvaise philosophie en habits de ville. Le savant contemporain, débordé et emporté dans la tempête carriériste et hyperactive de son aventure laborantine quotidienne, n’a tout simplement pas le temps, le goût, l’énergie, le loisir ou la formation intellectuelle pour philosopher adéquatement. Se croyant d’emblée très fort, en fait arrogant et frappé, imbu de la crédibilité et du prestige social de sa discipline qui le porte bien plus qu’il ne la porte, il vous sort les considérations néo-kantiennes et néo-platoniciennes les plus éculées (quand ce ne sont pas tout simplement les sermons préchi-précheurs du curé du village), en croyant innover dans la pensée et faire science. Il spécule maladroitement, cogite en claudiquant, planqué derrière le bouclier scintillant de la science, avec, en fait, sous le bras, le Dictionnaire des Idées Reçues, en assurant au mieux, comme s’il était encore au labo. La philosophie spontanée des savants, c’est souvent, tout simplement, de la philo de vieux cours de Cégep mal digérée, à demi-oubliée, et régurgitée, par tics intellectuels vides mais rodés, d’un air songeur, en sarrau blanc. Et il faut se taire, parce que c’est le Professeur Cornue qui l’a dit, Einstein, Lavoisier, sa liste d’organismes subventionnaires, et son compte en banque se dressant derrière lui, comme deux totems tutélaires bien creux et deux marmites de lutin bien pleines. On se retrouve donc avec, sur les bras, toutes sortes de niaiseries bondieusardes qui sont redites et lavées plus blanc à travers le tuyau pseudo-algorithmique de la philosophie des savants. C’est ça, en fait, un scientifique qui philosophe, l’œil fixe et la lèvre charnue! C’est un bourgeois bien pensant, conjoncturellement surcrédibilisé, s’adonnant au blanchiment des idées convenues dans la machine à laver scientiste. Cette guimbarde de barbarie, produite elle aussi par les classes dominantes, ne peut voir tomber hors de son scintillant baril rotatif que l’idéologie desdites classes dominantes. Même bien nette et bien lavée, la philosophie spontanée des savants, c’est de la philosophie crasse à son meilleur.

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Voilà. On ne pourra tout simplement pas retourner au Grand Savant Encyclopédique de la Science Authentique dont Edmond Husserl exprime ci-haut si candidement la douce et ronflante nostalgie. Il faut voir à la fois plus technique, plus parcellaire, plus tentaculaire, plus vaste, et plus petit. Il faut aussi remettre le scientifique un petit peu à sa place, dans l’espace sociétal contemporain. Quand un plombier vient réparer ma cuvette de chiotte, quand un technicien vient rétablir l’image sur mon téléviseur ou sur mon ordinateur, il ne m’assène pas l’intégralité de sa vision du monde en codicille de son travail. Il fait ce dernier en toute simplicité, besogneux, efficace, sans me bassiner sur les questions fondamentales de la Weltanschauung des princes et des valets. Et le travail se fait, il existe objectivement, il fonctionne, il agit, il opère. Scientifiques, hommes et femmes de science, veuillez s’il-vous-plait renouer, en toute simplicité, avec la modestie factuelle et intellectuelle de l’artisan et de l’ouvrier. Cela vaudra bien mieux pour le tout de la qualité critique de notre réflexion collective générale sur la vie sociale et ses enjeux contemporains.

Le savant dit: «Si vous saviez…
Si vous saviez mon ignorance.
Le métier de la connaissance
Est méconnu et journalier.»

Gilles Vigneault

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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PHILOSOPHIE POUR LE PENSEUR DE LA VIE ORDINAIRE

Posted by Ysengrimus sur 28 avril 2008

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PHILOSOPHIE POUR LE PENSEUR DE LA VIE ORDINAIRE

Un cours s’adressant à des personnes sans formation philosophique particulière. Il s’agit de dégager le fonctionnement de la pensée philosophique telle que se manifestant dans la réflexion issue de l’existence ordinaire. On analyse un certain nombre de catégories fondamentales en les articulant par couplage (notamment: matière et esprit, structure et mouvement, existence et connaissance, réflexion et action, pensée et langage, logique et éthique). On part de catégories philosophiques concrètement exemplifiées pour se diriger vers les philosophes modernes en ayant traité (plutôt que le mouvement contraire). Le cours est sans prérequis et cible une clientèle adulte ou du troisième âge.

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Structure d’une séance

13:30-14:00: Questions et débats
14:00-15:00: Plage 1
15:00-15:15: pause
15:15-16:15: Plage 2

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Plan du cours

Première séance
Plage 1: Introduction générale
Plage 2: ONTOLOGIE (Doctrine de l’être)

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Seconde séance
Plage 1: GNOSÉOLOGIE (Doctrine de la connaissance)
Plage 2: PHILOSOPHIE ÉPISTÉMOLOGIQUE

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Troisième séance
Plage 1: PHILOSOPHIE DIALECTIQUE ET LOGIQUE
Plage 2: PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN (l’homme et la femme)

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Quatrième séance
Plage 1: PHILOSOPHIE DES RELIGIONS
Plage 2: PHILOSOPHIE DU LANGAGE

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Cinquième séance
Plage 1: PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE
Plage 2: PHILOSOPHIE DU POLITIQUE

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Sixième séance
Plage 1: ALÉTHIQUE ET ÉTHIQUE (ce qui est versus ce qui devrait être)
Plage 2: PHILOSOPHIE DES ARTS

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Lectures requises

Les textes, dont les titres sont ici en italique, devraient préférablement être lus, en préparation des séances, dans l’ordre où ils sont présentés ici. Ils sont tous tirés du blogue LE CARNET D’YSENGRIMUS

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Première séance

Plage 1: Introduction générale (Aucune lecture requise)

Plage 2: ONTOLOGIE

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Seconde séance

Plage 1: GNOSÉOLOGIE

Plage 2: PHILOSOPHIE ÉPISTÉMOLOGIQUE

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Troisième séance

Plage 1: PHILOSOPHIE DIALECTIQUE ET LOGIQUE

Plage 2: PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN (l’homme et la femme)

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Quatrième séance

Plage 1: PHILOSOPHIE DES RELIGIONS

Plage 2: PHILOSOPHIE DU LANGAGE

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Cinquième séance

Plage 1: PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE

Plage 2: PHILOSOPHIE DU POLITIQUE

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Sixième séance

Plage 1: ALÉTHIQUE ET ÉTHIQUE

Plage 2: PHILOSOPHIE DES ARTS

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Lectures facultatives

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Dans le blogue LE CARNET D’YSENGRIMUS 

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 Dans le webzine LES 7 DU QUÉBEC 

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BIBLIOGRAPHIE

ACTON, H.-B. (1961), « La philosophie du langage sous la Révolution française », Archives de philosophie, Juillet-Décembre.

ALTHUSSER, L. (1965), Pour Marx, François Maspéro, coll. Théorie, 258 p.

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SCHAFF, A. (1964), Langage et connaissance, Le Seuil, coll. Point, 248 p.

SCHNEIDER, H.-W. (1955), Histoire de la philosophie américaine, Gallimard, Bibliothèque des Idées, 460 p.

SÈVE, L. (1980), Une introduction à la philosophie marxiste, Éditions sociales, coll. Terrains, 2ième édition, 718 p.

SÈVE, L. (1984), Structuralisme et dialectique, Éditions  sociales, coll. Essentiel, 261 p.

SIEWERTH, G  (1958), Ontologie du langage, Desclée de Brouwer.

TŔÂN-DÚ’C-THÁO (1973), Recherches sur l’origine du langage et de la conscience, Éditions sociales, Paris, 343 p.

TŔÂN-DÚ’C-THÁO (1992), Phénoménologie et matérialisme dialectique, Gordon & Breach, Coll. Publications Gamma, Paris-Londres-New York, 368 p.

VOLNEY, C.-F. (1819), Discours sur l’étude philosophique des langues.

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ANNEXE 1: LES TERMES EN  ***ISME

La liste suivante contient les principales désignations d’écoles ou de courants philosophiques en ***ISME, faisant référence à une catégorie ontologique ou gnoséologique. On signale ici leur étymologie (étymologie savante), si celle-ci n’est pas évidente:

AGNOSTICISME (du Grec A et GNOSEO: « absence de connaissance »)
ATHÉISME (du Grec A et THEOS: « pas de Dieu »)
ANTHROPOLOGISME
ATOMISME
CONSCIENCISME
CRITICISME
DÉTERMINISME
DOGMATISME (du Grec DOGMA: « opinion, doctrine »)
DUALISME (du Latin DUALIS: « en deux parties »)
ÉCLECTISME (du Grec EKLEGEIN: « sélectionner »)
EMPIRISME (du Latin EMPIRICUS: « essai et erreur, expérience »)
ESSENTIALISME
ÉVOLUTIONNISME
EXISTENTIALISME
FATALISME
FINALISME (du Latin FINIS: « fin »)
HISTORICISME
HUMANISME
HYLOZOÏSME (du Grec HYLO: « matière » et ZOE: « vie »)
IDÉALISME
INDÉTERMINISME
IRRATIONALISME (du Latin IRRATIONALIS: « déraison »)
MATÉRIALISME
MÉCANISME
MONISME (du Grec MONOS: « singulier, unique »)
NATURALISME
NÉGATIVISME
NIHILISME (du Latin NIHIL: « rien »)
NOMINALISME (du Latin NOMEN: « nom »)
OBJECTIVISME
OCCASIONNALISME
PERSONALISME
PHÉNOMÉNISME
PLURALISME (du Latin PLURALIS: « plusieurs »)
POSITIVISME
PRAGMATISME (du Grec PRAGMA: « action »)
RATIONALISME (du Latin RATIONALIS: « raison »)
RÉALISME
RELATIVISME
SCEPTICISME (du Grec SKEPTOMAI: « observer »)
SCHOLASTICISME (du Grec SKHOLE: « école »)
SCIENTISME
SENSUALISME (du Latin SENSUALIS: « des sens »)
SOLIPSISME (du Grec SOL et IPSE: « le soi, seul »)
SPIRITUALISME
TRANSCENDANTALISME (du Latin TRANSCENDERE: « s’élever »)
UTILITARISME
UTOPISME (du Grec OU et TOPOS: « aucun endroit, nulle part »)
VITALISME (du Latin VITA: « vie »).

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Les noms d’un certain nombre de religions ou d’attitudes religieuses sont construits selon le même modèle:

ANIMISME (du Latin ANIMA: « âme »)
DÉISME (du Latin DEUS: « dieu »)
FANATISME (du Latin FANUM: « temple »)
FÉTICHISME (du Latin FACTICIUS: « artificiel »)
FIDÉISME (du Latin FIDES: « foi »)
JUDAÏSME (du Latin JUDAEUS: « Juif »)
MONOTHÉISME (du Grec MONO et THEOS: « un dieu »)
PANTHÉISME (du Grec PAN: « tout (est) » et THEOS: « dieu »)
PAPISME (du Latin PAPA: « pape »)
POLYTHÉISME (du Grec POLY et THEOS: « plusieurs dieux »)
THÉISME (du Grec THEOS: « dieu »)
TAOISME (du Chinois TAO: « la Voie, façon dont les choses sont ou devraient être« )
TOTÉMISME (de l’Algonquin TOTEM: « protecteur de la tribu »)

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Quand le *** est formé sur le nom d’un penseur, on réfère alors au tout (non nécessairement systématique) de sa pensée… ou à ce qu’on croit être le tout de sa pensée. Voici la liste des principaux exemples:

ARISTOTÉLICISME (sur Aristote)
AUGUSTINISME (sur Saint Augustin)
BACONISME (sur Bacon)
CARTÉSIANISME (sur Cartesius, nom Latin de Descartes)
DARWINISME (sur Darwin)
ÉPICURISME (sur Épicure)
FREUDISME (sur Freud)
HÉGÉLIANISME (sur Hegel)
KANTISME (sur Kant)
LÉNINISME (sur Lénine)
MAOISME (sur Mao Zedong)
MARXISME (sur Marx)
PLATONICISME (sur Platon)
SCOTISME (sur Duns Scotus)
SOCRATISME (sur Socrate)
SPINOZISME (sur Spinoza)
THOMISME (sur Saint Thomas d’Aquin)

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Il est important d’observer que bon nombre de noms de religions et de sectes religieuses sont construits sur la base du nom de leur principal héro ou sectateur. Comme:

AHMADISME (sur Ahmad)
ARIANISME (sur Arius)
BOUDDHISME (sur Bouddha)
CALVINISME (sur Calvin),
CONFUCIANISME (sur Confucius)
CHRISTIANISME (sur Christ),
JANSÉNISME (sur Jansénius)
LUTHÉRIANISME (sur Luther)
MAHOMÉTISME (sur Mahomet)

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ANNEXE 2: CE QU’ON A FAIT DANS LE SÉMINAIRE
PHILOSOPHIE POUR LE PENSEUR DE LA VIE ORDINAIRE

Après avoir paramétré les représentations philosophiques principielles: ONTOLOGIE (doctrine de l’être), GNOSÉOLOGIE (doctrine de la connaissance ordinaire, directe et indirecte), ÉPISTÉMOLOGIE (classification raisonnée des sciences et des savoirs), on a mis en place l’idée d’une ABSTRACTION INTERMÉDIAIRE stabilisant un espace de réflexion calme entre le concret fourmillant et le creux spéculatif (statut problématique de la petite ontologie). Le caractère actif et collectif de la connaissance est postulé et on considère les écoles philosophiques comme un bagage à mobiliser méthodiquement et prudemment (statut d’école des ***ISMES). Il faut partir des catégories philosophiques et aller vers les penseurs, plutôt que le contraire. On entre ensuite dans la question du mouvement dialectique et logique de la pensée ordinaire, notamment (crucialement) autour du statut de la RATIONALITÉ (plaidoyer pour une rationalité ordinaire), sur la tension entre le montré et le démontré (EMPIRISME versus RATIONALISME et question de l’irrationalisme). La réalité des modèles ontologiques est abordée autour du MONISME (modèle de l’oignon) et du DUALISME (modèle de l’abricot) et sur la dialectique du réversible (congeler de l’eau) et de l’irréversible (cuire un poulet). La réalité de l’anthropologie générale (et notamment la question des relations hommes-femmes) nous permet de problématiser la question centrale du symétrique et du dissymétrique et, surtout, des dispositifs à dominante, dans le regard rationnel.

La lutte fondamentale entre IDÉALISME et MATÉRIALISME en philosophie est abordée sur la base des sujets généraux accompagnant la vie ordinaire. Le débat interne de l’IDÉALISME (idéalisme objectif comme chez Hegel, idéalisme subjectif comme chez Berkeley, spirit versus mind) est touché autour de nos grands questionnements hérités, sur le mental. Religion (théologie occidentale comme idéalisme objectif, karma oriental comme idéalisme subjectif). Langage (objet mental collectif, organon, dispositif boiteux de connaissance du monde, statut de la pensée averbale). Le débat interne du MATÉRIALISME (matérialisme naturaliste comme chez Diderot, matérialisme historique comme chez Helvétius, nature versus nurture) est traité, autour des principes directeurs de l’historique et du politique. Ces questions, mentales ET sociales, idéelles ET mondaines, sont exemplifiées sur la base le la vie politique ordinaire contemporaine (populisme, autorité victimaire, communautarisme civique, socialisme tendanciel, etc). La complexification d’un matérialisme dialectisé en retour par l’effet d’idée qu’il engendre et par la volition qui en émane (ce qui est versus ce qui doit être) est finalement abordée, autour du problème éthique (versus aléthique), notamment sur le JUSTE, et de celui de la philosophie des arts, notamment sur le BEAU.

En passant méthodiquement de la propension philosophique à l’intention philosophique, il s’est agit, tout le long, de mobiliser, sans lourdeur scolastique et en tout respect envers les prises de parti de chacun, les grandes catégories de l’héritage de la philosophie moderne (pensée progressiste et rationaliste) et de les mettre à profit dans notre réflexion collective inévitable sur les questions ordinaires récurrentes: être, connaissance courante, haut savoir, logique élémentaire, contradictions motrices de la pensée et de l’être (dialectique), relations hommes-femmes, religion, langage, histoire, vie politique ordinaire, éthique, arts.

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