Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Homosexualité masculine et capitalisme

Posted by Ysengrimus sur 13 août 2008

L’homosexualité devient un phénomène de masse sous le capitalisme.

L’homosexualité devient un phénomène de masse sous le capitalisme.

Par rapport à la féodalité, le capitalisme est libérateur. Il fait éclater les vieux rapports de vassalité, de métayage, de servage et leur substitue un engagement commerçant. L’esclavage disparaît avec l’ancien mode de production agricole (il laisse une trace idéologique que le capitalisme recycle: le racisme), la division sexuelle du travail s’effiloche graduellement (elle laisse une trace idéologique que le capitalisme recycle: le sexisme) et, avec elle, les vieux schémas phallocratiques et paternalistes basculent dans l’archaïsme. Les anciens esclaves, les femmes (dans certaines portions du monde même les enfants) sont désormais salariés. L’égalité s’instaure graduellement, inexorablement. Par rapport à l’ancien ordre, tout est nivelé parce que monnayable. Une omniprésente inégalité, unique et constitutive, se maintient, en éliminant toutes les autres: celle de la quantité d’argent détenue et obtenue.

Les représentations idéologiques de nature féodale ne sont pas intégralement évacuées. De fait, comme la fumée après un grand incendie, l’idéologie traîne longtemps dans l’espace après l’extinction des conditions objectives de son engendrement. On peut même dire que la culture intime d’un groupe reste marquée par la phase historique de sa grandeur et que son idéologie en reste inévitablement durablement teintée. La période dorée laisse de la poussière d’or qui colle à la surface des idées nouvelles. L’hétérosexualité masculine connut son âge d’or sous la féodalité. L’homme homosexuel en ce temps était marginalisé, tyrannisé, éradiqué, rejeté, nié. L’homme hétérosexuel fleurissait dans la soumission de sa femme, de ses serfs et du clocher du village à sa loi et à son ordre. Encore aujourd’hui, l’homme hétérosexuel cardinal est celui qui se comporte en gentleman, ce qui implique un gestus, un ensemble de pratiques ordinaires, un ton, un style (singé ou surfait, naturel ou exagéré) directement hérités des temps féodaux et jouant toujours un rôle non négligeable dans la dynamique de séduction hétérosexuelle. L’amour courtois et ses photocopies contemporaines sont un culminement hétéro…

Dans le torrent de tout ce qu’il libère, le capitalisme libère aussi l’homosexualité masculine. Tous les verrous de l’armure de masculinité du hobereau féodal sautent les uns après les autres et l’admiration, ouverte ou secrète, qu’il ressentait pour son propre groupe se modifie insensiblement. La proximité virile qu’il entretenait au sein de sa propre culture intime peut graduellement sortir de l’enclos circonscrit de la camaraderie strictement codée des cercles masculins et se débrider. Sur les quelques siècles qui nous voient passer du capitalisme industriel au capitalisme tertiarisé, commerçant, transnational, mondialiste et technologique de notre temps, l’homosexualité passe de la culture de résistance d’un Oscar Wilde et d’un John Keynes à la culture de masse des parades de la fierté gay et du mariage homosexuel.

L’hétérosexualité fut un phénomène de masse sous la féodalité. L’homosexualité devient un phénomène de masse sous le capitalisme. Cette médaille a évidemment son revers. La culture homosexuelle masculine sera donc, face à l’Histoire, une culture profondément et intrinsèquement marchande. Elle sera marquée aux coins de l’individualisme, du narcissisme, de la publicité, de la promotion de soi, de la compétition à outrance, de la mise en marché, de la surconsommation, du gaspillage, du cynisme insensible. Elle sera les USA du sexage, en quelques sortes. L’homme hétérosexuel s’engageait avec une femme et la trahissait crucialement en la trompant, car tout dans ses rapports de sexage procédait du lien, voulu éternel, s’établissant entre l’homme d’armes constant et la stabilité de la terre et du sain lignage du troupeau. L’homme homosexuel qui change de partenaires, temporairement ou non, ne transgresse aucun ordre. Il fait tout simplement rouler la marchandise. Il sélectionne un nouvel objet de plaisir, en évalue l’âge, le poids, l’attitude, la posture, le volume de la bite, les aptitudes de performance puis le consomme et jette après usage…

Notons, et c’est très important, que, même après la chute de la féodalité, le sexage hétérosexuel continue de fleurir et entre même dans une vaste dynamique de désaliénation qui le mène vers le droit au divorce, le caractère facultatif du mariage, les pratiques anticonceptionnelles, une plus forte égalité dans le couple, un déclin de la soumission servile des enfants etc. (toutes ces caractéristiques sont des manifestations de la déféodalisation de la culture hétérosexuelle). L’hétérosexualité contemporaine vit sa phase post-impériale, post-hégémonique. Elle prend graduellement sa vraie place, plus modeste, non dominante, non exclusive, non normative, un peu comme la France après le Grand Siècle ou l’Angleterre après Victoria. C’est l’homosexualité maintenant qui vit les grandeurs et les affres de sa phase hégémonique. Aussi, il faut voir clairement ce qui se passe et le dire. Une bonne partie de la crise promiscuitaire, des jalousies compétitives et du cynisme insensible de l’homme homosexuel ne sont en rien des traits inhérents de l’homosexualité (comme cherchent à le faire croire maints réactionnaires mal avisés). Ce sont plutôt là des traits conjoncturels du capitalisme, contexte social d’émergence de l’homosexualité masculine comme culture de masse.

Que vive et fleurisse l’homosexualité masculine. Et surtout, vivement qu’elle se libère du mode de production marchand qui la distord, restreint sa portée, rapetisse son universalité, enfreint son épanouissement légitime et l’expose aux jugements discriminatoires et aux descriptions superficielles de ses détracteurs d’arrière-garde.

.
.
.

Paru aussi dans Les 7 du Québec

.
.
.

Publicités

15 Réponses to “Homosexualité masculine et capitalisme”

  1. jeff said

    Sauf que L’hétérosexualité fut un phénomène de masse sous la féodalité et elle reste un phénomène de masse sous le capitalisme. Cette médaille a évidemment son revers. La culture heterosexuelle masculine sera donc, face à l’Histoire, une culture profondément et intrinsèquement marchande. Elle sera marquée aux coins de l’individualisme, du narcissisme, de la publicité, de la promotion de soi, de la compétition à outrance, de la mise en marché, de la surconsommation, du gaspillage, du cynisme insensible. Elle sera les USA du sexage, en quelques sortes. L’homme hétérosexuel s’engageait avec une femme et la trahissait crucialement en la trompant, car tout dans ses rapports de sexage procédait du lien, voulu éternel, s’établissant entre l’homme d’armes constant et la stabilité de la terre et du sain lignage du troupeau mais quantité d’homme heterosexuels qui changent de partenaires, temporairement ou non, ne transgressent aucun ordre. Ils font tout simplement rouler la marchandise. Ils sélectionnent un nouvel objet de plaisir, en évalue l’âge, le poids, l’attitude, la posture,la taille, le volume des seins, les aptitudes de performance puis le consomme et jette après usage…

    Vous croyez que les homos que vous voyez dans vos rêves ou dans les bars du marais sont représentatifs. Imaginez que pacs et mariage correspondent à la volonté de beaucoup de vivre longtemps et fidèlement avec la personne de leur choix. Ce qui gêne les ligues de vertu qui veulent continuer à marginaliser ce qu’elle déteste en toute ignorance.

    • ysengrimus said

      J’appuie de tout coeur le mariage gai et je ne pense pas qu’il invalide mon analyse. En se pérennisant subtilement ainsi, le mariage prouve simplement qu’il n’est pas circonscrit à la sphère féodale ou même bourgeoise.

  2. Epsilon said

    Bravo pour votre analyse, vous avez su mettre des mots sur des intuitions que j’avais et que ni Foucault, ni Eribon n’avaient réussi à formuler si distinctement. La sexualité n’est que l’avers de la culture: le fantasme du rebeu, le fossile de pulsions coloniales assoupies, le foisonnement des sexualités SM, l’aboutissement d’une logique capitaliste d’objectivation des sujets… Encore une fois chapeau, je me sens moins seul ce soir!

  3. Kévin-Ignaki said

    Ça me sonne familier et j’avais déjà entendu une chronique il y a longtemps sur France Culture qui disait qu’à la place de la « libération sexuelle » on était arrivé à une libéralisation sexuelle (la « logique » de marché appliquée aux échanges sexuels: tout faux) dont les homos étaient les champions (une femme, philosophe ou psy sur France Culture en 2005, je crois… Catherine Clément (?))

    Ça résonne aussi avec l’étymologie d' »économie », la loi du foyer, soit, dans une structure archaïque, le domaine politique de la femme. Mettez-y des hommes et on voit bien ce qui arrive, c’est malin!

    Ceci dit je ne suis pas sûr d’avoir tout compris…

  4. buffalo_soldier667 said

    Je comprend tout à fait votre analyse. L’homme hétérosexuel est devenu obsolète. Tout est devenu marchandise. Les gens se croient libres mais en fait ils tentent vainement de reproduire ce qu’ils ont vu à la télévision. Mais je ne perd pas espoir. Je crois que l’Homme, avec un grand H, sera toujours ce que les femmes préfèreront. Et non tous ces métro-sexuels de pacotilles.

    En soit ce n’est pas l’homosexuel, mais ce que le capitalisme en a fait qui pose problème.
    Mais il n’y a pas que lui, si je puis me permettre. Par exemple, aux USA, le féminisme fut particulièrement violent, avec d’importantes séances de « man-bashing ». Ou encore la pornographie, qui ne se cache même plus. Et même les magazines féminins, qui sont tous aussi stupides les uns que les autres.

  5. Jean-François Belliard said

    Je vous cite dans votre texte sur la beauté féminine:

    20.ysengrimus a dit
    9 août 2008 à 7:10

    « Là où Spinoza et Marx le mettent. Le “libre-arbitre”, c’est simplement l’illusoire ignorance de déterminations historiques qui, si elles échappent à notre attention immédiate parce que trop vastes et trop profondes, s’imposent malgré tout implacablement à notre existence sociale. »

    Racicot, Gilles, L’Homosexualité, thérapie… Nouveau Module,1992: Je synthétise:

    « L’homosexualité n’existe pas. Il s’agit d’un programme de non reproduction attirant l’individu non désiré vers son semblable. »

    Je vous recite à partir du texte ci-haut:

    « Une omniprésente inégalité, unique et constitutive, se maintient, en éliminant toutes les autres: celle de la quantité d’argent détenue et obtenue. »

    Je suggère que ceci est l’expression, de tout temps, de l’homosexualité telle que définie par Racicot.

  6. Il n’y a absolument rien d’erroné dans tout cet article. L’évolution de l’hétérosexualité vers l’homosexualité décrite ici n’est pas une hypothèse ou une vue de l’esprit; c’est un fait établi dans notre société. Que l’on puisse considérer cette évolution comme étant une «libération», est tout aussi vrai. L’importance du parallélisme entre féodalité/hétérosexualité et capitalisme/ homosexualité est également un état de fait.

    Nous sommes donc devant une situation antérieure différente de la situation actuelle. Reste à savoir si ces deux situations tellement différentes, évolutives l’une de l’autre, sont justifiées, normales et naturelles.La réponse est assez facile à établir au moyen du raisonnement objectif. Il suffit de déterminer si la structure sociale, car c’est là de quoi on parle, basée sur la féodalité et celle sur le capitalisme sont des structures justifiables, normales et naturelles.

    Elles me semblent, toutes deux, des structures sociales plutôt «déficientes» pour l’individu. Je devrai y mettre un temps plus important de réflexion. Par contre, les faits sont les faits. De plus, il n’y a aucun doute que ces situations passée et actuelle, sont justifiés toutes les deux; mais je pense que cette justification est la «déficience» des deux structures sociales mutuelles.

    J’ajouterais que de pouvoir placer l’hétérosexualité et l’homosexualité sur un «état social» au lieu d’un «état individuel» est un signe important de la «déficience» dont je parlais.

    Amicalement,

    André Lefebvre

    [Je ne suis pas motivé ici par une problématique de la «justification», l’analyse étant strictement descriptive. Inutile de dire que des modes de production moins aliénants nous attendent dans l’avenir… – Ysengrimus]

  7. JFBB said

    Je répète mon commentaire à ce texte du Carnet et je rejoins celui d’André Lefebvre: déficience.

  8. Jean-Marie De Serre said

    Je passe. J’ai déjà expliqué à Louise André Saulnier, Soeur Marie-Paule Ross, au Docteur Mailloux et aussi à tous les Français et la Vieille Europe.

    Je leur expliquait qu’un pénis »cela peut», mais n’est pas principalement et logiquement constitué pour cela.

    Jean-Marie De Serre

    [Oh, le logique… prudence avec le logique. – Ysengrimus]

  9. Demian West said

    Quel brio dans cet article, si bien écrit qu’il n’y a aucune place laissée à l’inutile. Les idées se suivent comme une évidence continue. Et c’est un style qui saurait convaincre même ceux qui ne seraient pas en accord avec quelques idées du fond. Tout y est bon, donc tout y est vrai. Quand une pensée s’exprime si clairement, elle n’a plus besoin de débat qui s’y opposerait, elle range, nettoie et clarifie le monde.

    J’ai beaucoup apprécié, même si je pense être une sorte de réactionnaire provocateur et rétif à toute habitude bourgeoise qui ne serait pas celle du dandy ! 😀

    Je suis, selon la définition de la faculté, un dadaïste donc un anarchiste de droite.

    Bonne journée

    Demian West

    [Grand merci. Venant d’une plume comme la vôtre, le bon mot porte profond. – Ysengrimus]

    • Demian West said

      Je ne connais pas de plaisir plus raffiné que d’être porté à adhérer à une pensée même contraire à la mienne (s’il existait une chose comme la pensée vraiment personnelle) et par cet effet d’une écriture vraie et si sobre qu’elle participe de la vraie richesse des mots et de la façon infinie de les assembler, pour montrer ce qui n’a jamais été vu.

      Je sais que c’est beaucoup de travail pour parvenir à cette fluidité.

      🙂

  10. Thomas said

    Bonjour,

    C’est une analyse bien grossière à tout point de vue puisque le capitalisme explique tout de toute façon.
    Depuis l’apparition du capital, l’économie prend une place importante dans les échanges qu’entretiennent tous les êtres humains alors à quoi bon menez votre réflexion sur l’homosexualité que vous ne définissez même pas. Première erreur de votre part quand vous prétendez faire l’analyse d’un « phénomène de grande échelle, autrement plus compliqué qu’une simple invention de médecins » dixit Foucault

    [L’homosexualité pas définie… bon… Tu pourrais me la définir d’une façon qui la distingue de mon postulat implicite? Sincèrement, ça m’intrigue… Note que je n’ai pas défini « capitalisme » non plus, hein. On peut pas tout redéfinir, comme ça, à chaque billet. Il faut se donner un minimum de postulats consensuels… – Ysengrimus]

  11. Amina Amicale said

    Jolie thèse, à laquelle j’aurais bien envie d’adhérer…
    Sauf que affirmer que « L’hétérosexualité fut un phénomène de masse sous la féodalité », c’est quand même une bonne grosse inexactitude.

    Le Moyen-Age occidental (surtout le Haut Moyen-Age) n’est clairement pas une société hétérosexuelle, même si, bien sûr, chez nos ancêtres médiévaux comme ailleurs, la reproduction biologique est hétérosexuée. Certes, chaque homme femme pour assurer sa descendance, mais il est clair que l’hétérosexualité en elle-même n’est pas la base de la culture de cette époque.


    Pour s’en convaincre, il suffit de relire les classiques de la littérature médiévale : La Chanson de Roland, Le Cycle de Guillaume d’Orange, etc. En fait ce qu’on appelle les Chansons de geste. Qu’est ce qu’on voit dans ce genre de littérature? Des chevaliers, toujours hommes, qui s’en vont à la guerre, se font de flamboyantes déclarations d’honneur et de soutien. On n’y voit jamais des femmes. Jamais d’histoire d’amour hétérosexuelle. Par contre, ce qui est valorisé dans ces textes, c’est ce que les historiens appellent le « compagnonnage héroïque » : deux amis qui vont traverser mille périple ensemble, vivre toujours cote à cote… et même dormir dans le même lit ! (Comme dans La Chanson de Roland). Et ce compagnonnage, qu’avec nos grilles actuelles on pourrait qualifier d’homosexualité masculine aristocratique, est sans cesse présenté comme un idéal de vie pour les hommes de ce temps.

    En fait il faut attendre le développement de la littérature courtoise aux 12-13e siècles, d’abord en Occitanie puis finalement dans toute l’Europe, pour qu’on voit une première mise en valeur des amours hétérosexuelles. Mais celles ci sont présentées d’une façon assez particulières : elles sont toujours hors mariage, ce sont des amours impossibles entre, par exemple, un chevalier et la femme de son roi (comme dans les légendes arthuriennes).

    Bref. Tout ça pour vous dire que l’hétérosexualité n’a fait que commencer à émerger au Moyen-Age, et a du entrer en concurrence avec un idéal de compagnonnage masculin bien installé dans les modes de vie (ceux des chevaliers en tout cas, pour le reste c’est plus difficile à dire). Mais tout ça a mis extrêmement de temps. Si bien que le mot hétérosexualité n’apparait qu’à la fin du 19e il me semble. Donc bon.

    [Vous confondez les fleurs littéraires et (éventuellement) comportementales d’une minorité de classe minuscule, infime, avec les faits historiques effectifs. Des cultivateurs besogneux volontairement ou involontairement natalistes, et lourdement hétéros (pour eux-mêmes et pour leurs animaux), c’est elle la norme sociale profonde du Moyen-Age européen. Moins de langueur et plus d’histoire s.v.p. – Ysengrimus]

    • Amina Amicale said

      Ne vous méprenez pas sur ce que j’ai voulu dire : si les pratiques hétérosexuelles ont de tout temps et en tout lieu existé, l’hétérosexualité (en tant que culture, en tant que représentation, en tant que « modalité historique d’organisation des sexes et des plaisirs ») n’a elle pas toujours existé. Et ce sont des « faits historiques effectifs » abondamment documentés.

      Et je me base sur des bouquins d’histoire, justement. Merci de ne pas être méprisant, vous qui ne citez aucune source. Allez voir du coté de Louis-Georges Tin, de Jonathan Ned Katz, ou même des travaux de Georges Duby sur l’amour courtois — pour ne citer que les auteurs les plus évidents sur cette question. Voir Thomas Laqueur, aussi, pour l’évolution des représentations de la sexuation humaine à travers les âges.

      [On peut aussi mentionner les Grecs. Mais, ceci dit, je me méfie un peu de cette adamisme de l’orientation sexuelle qui se voudrait garant de sa radicalité. Le meilleur garant de la radicalité gay c’est que, malgré la répression puissante qu’elle a subit au cours des siècles, l’homosexualité refait surface et s’installe solidement aussitôt que les conditions historiques l’avantage. Et, pour démontrer que la féodalité fut moins hétérosexiste que le capitalisme dit libéral-libertaire, George Duby et vous avez encore le fardeau d’une démonstration à laquelle quelques vagues renvois scolastiques sans citation d’appui ne se substitueront pas. – Ysengrimus]

  12. F. Labelle said

    Votre vaste culture est toujours étonnante et vos textes se dégustent lentement comme un bon Single Malt. J’ai eu des collègues universitaires gai(e)s, dont deux américains de couples différents, ayant fui l’atmosphère puritaine de leur pays.

    Je bémoliserais la promiscuité gaie. Ces couples sont très stables depuis plusieurs années. Je dirais que la promiscuité est plus caractéristique de la jeunesse, de gens qui, ayant peu de reconnaissance sociale, les média étant obsessivement hétérosexuels, selon des stéréotypes de granit, découvrent leur liberté et cherchent leur identité sociale. Effectivement, cette promiscuité va dans le sens de la consommation de masse. Cette cruauté a été bien exploitée par Fassbinder.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s