Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

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Posts Tagged ‘philosophie du langage’

AU-DELÀ DES MOTS (Mariette Théberge)

Posted by Ysengrimus sur 7 septembre 2021

Un stylo c’est l’ami discret à qui on se confie.
(p. 6, extrait de la dédicace)

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Comme certains développements de son premier recueil l’annonçaient déjà, ce second recueil de poésie de Mariette Théberge prend parti, ouvertement et frontalement, sur le statut cognitif du langage. Foin de verbalisme et d’amphigouris signifiantolâtre. Prenons l’affaire dans le vif référentiel. Au-delà des mots, il y a un monde autre, celui de l’existence objective stricte. Il s’agit d’un monde complexe, perceptible et qui n’est pas verbal. Je ne sais pas si Mariette Théberge a pris connaissance de mes vues glottognoséologiques mais je ne peux que joyeusement la rejoindre sur la question du primat de l’existentiel et de l’univers mondain comme factualité à la fois averbale et extra-verbale. Ceci posé, la poétesse assume ensuite tranquillement la modestie sereine de son rôle, plume en main. Il s’agit pour elle de devenir tout simplement peintre, de par les mots.

Le peintre des mots

Dans le calme silencieux du matin
La rivière cristalline, paisiblement se repose
Les arbres s’y reflétant
L’embrassent goulûment
Alors que les colverts
Tête et bec sous l’aile
Flottent calmement

Debout sur le pont qui l’enjambe
D’un air béat j’admire le tableau
Comme j’envie l’artiste et sa grandeur
Lui qui sait reproduire une telle splendeur

Pendant qu’il installe chevalet et pinceau
De ma besace j’extirpe carnet et stylo
Tout comme lui, voilà que je peins aussitôt
À ma façon, bien sûr, de la couleur de mes mots
(p. 39)

Marquons la pause requise. La prise de position assumée ici n’est ni triviale, ni badine, ni évidente. Des pans entiers de la philosophie ontologique et de la philosophie du langage du dernier siècle feraient ostensiblement grise mine à Mariette Théberge pour la sage sérénité matérialiste de ses vues glottophilosophiques. Cessons effectivement de flagosser avec l’essence de l’être brumeux sensé s’alanguir en capilotade dans le fond des mots. Il y a un monde au-delà des mots et c’est, tout simplement, lui qui se donne à la recherche assumée, à vif, par l’exploration poétique.

Au-delà des mots (extrait)

Au-delà des mots
Se dessine un visage tant aimé
Au-delà des mots
S’étire un rivage mouillé
(p. 9)

Comme souvent quand une telle prise de position s’assume, tranquille, en matière de corrélation entre dispositif langagier et univers mondain, une hypertrophie empirique prend alors place. Le choix artistique transposé de la poétesse est donc déjà assumé. C’est dit: elle sera peintre par les mots. Son action sera donc de saisir la réalité visuelle du monde et de donner corps à son évocation, par le texte. Et d’ailleurs, elle s’en explique.

Le tableau

Voilà que je peins un tableau
Une aquarelle de mille mots
De la couleur de mon cœur
À la grandeur de mon âme
Un si beau moment
Fixé au temps présent
Du soleil radieux d’un été
Je le peins aux couleurs de l’amitié
Pour qu’il reste en vous un goût d’éternité
(p. 57)

Évidemment, tout n’est pas dit, une fois ce choix de principe assumé. C’est qu’il y a fatalement les quatre autres sens. La modélisation visualiste s’imposera discrètement à ces derniers. Le sonore, par exemple, deviendra visualisable, par une manière de synesthésie, un petit peu comme chez Duke Ellington pour le coup. Ainsi, dans une envolée suave, digne de Jacques Prévert, la poétesse nous installe la musique visuellement. Et même, elle en arrive à l’articuler, pour l’œil liseur, dans son code de retranscription (les notes, la portée, les clefs)… il s’agit moins ici de réduire que de problématiser intimement et ce, même si un charmant jeu verbal se substitue matoisement, sur le tas, à une solution philosophique fatalement un brin complicouillette.

Musique mon amour

Toi musique. Mon amour de musique
Oxygène de mon existence
Tu me transportes sur les arpèges
M’emmenant visiter de nouveaux cieux
Donnant un sens à ma vie
Sur tes portées j’accroche une note
Qu’elle soit noire, blanche, ronde, peu m’importe
Puisque partout où je demeure
Tu resteras toujours d’ailleurs
La Clé de mon sol en moi majeur
(p. 54)

Se met en place le moi… Et comme disent les Français: pas de soucis. Notre moi-poétesse est, ici, donc, plutôt visualiste. Qu’à cela ne tienne. On ne va pas lui lancer la pierre pour autant. Elle est pas plus folle ou moins artiste qu’un peintre, un photographe ou un cinéaste. Visualiste plutôt que verbaliste, donc, elle garde —de ce fait— son sens sûr et net de la poésie concrète. Observons d’ailleurs, par exemple, que la densité de ladite neige et la force dudit nord ne se restreignent pas ici au blanc de la neige et aux vastitudes du nord. On sent ledit froid sur nos chairs et le poids du géant boréal aux pieds puissants, en nos êtres.

Froid du Nord

Ces pas dans la neige
Mais où vont-ils?
Ici, là, nulle part!
Ils mènent vers la vie ou vers la mort.
Des cratères de lune
Aux poussières d’étoiles
Dessinant des pieds de vent aux aurores boréales
Perçant ainsi les froids du Grand-Nord
Pas à pas avançant vers l’inconnu
Dans l’insoutenable froideur
De cet hiver trop blanc
(p. 29)

Le principe fondamental des choix esthétiques assumés ici se défend en toute quiétude, notamment depuis Francis Ponge. Le monde des choses, notamment des choses ordinaires, représente un apport crucial, immanent, incontournable, principiel. Il faut donc en parler, du haut d’un langage ancillaire, qui plonge dans les faits présents et passés, les traverse, et nous les redonne.

Mon sac d’écolier

Dans mon vieux sac d’écolier
Retrouvé au fond d’un grenier
Mes doux souvenirs entassés
Une photo abîmée
Un biscuit émietté
Et une gomme à effacer
Dans un cahier jauni plutôt froissé
Le premier poème que j’avais composé
Autrefois je le trouvais génial!
Aujourd’hui je le trouve assez banal
Comme les années ont passé
Les routes de chacun se sont éloignées
Certains comme moi parmi les plus braves
Les ailes toutes grandes déployées ont pris le large
Désormais dans mon sac d’écolier
Subsistent les odeurs d’un lointain passé
Les rires de mes camarades
Les garçons observés à la dérobée
Battements de cils et le cœur en chamade
(p. 13)

Les références rustiques, déjà manifestées dans le premier recueil, refont surface ici. Mais aussi, le travail de poésie concrète s’enrichit aussi des éléments symbolistes dont on commence à dégager la stabilité chez Mariette Théberge. Les oiseaux migrateurs ne sont pas que des composantes fluentes du monde. Ils sont aussi ce grand symbole ondoyant, fragile mais affirmé, au sein duquel la poétesse s’engloutit, dans sa lutte permanente et constante contre les affres d’un autre de ses symboles: le froid.

Le peuple migrateur

Voilà que le peuple migrateur fait son entrée
Bernaches outardes et oies blanches
Toutes sont revenues à vitesse grand V
Un spectacle majestueux
Voir ces grands oiseaux courageux
Franchir tant de distance
Avec force courage et ténacité
Que leur spectaculaire arrivée
Sonne enfin le glas de l’hiver
Ce dernier s’acharnant
À vouloir s’enraciner
(p. 28)

Les symboles s’articulent, au-delà des noms qu’ils portent. Il en est autant du fluide mouvement crépusculaire des longues herbes sur un lac. Non, ils ne sont pas que des fractions du monde, ces scintillements problématiques. Ils sont aussi un moiré d’impressions chromatiques, sensorielles et, même, anthropomorphisantes. Le monde de l’au-delà des mots, ce n’est pas exclusivement celui de la matière inerte et roide, mais c’est aussi celui de son ondoiement significatif au plus profond de notre être (symboliquement) vespéral.

Crépuscule

De hautes herbes se balancent
Levant très haut vers le ciel
Leurs têtes moussues
Le soleil alors couchant
Se miroitant dans l’eau du fleuve
Les colore de poussière d’or et de bronze
Magnificiant ainsi la lumière du soir
La brise à la fois forte et légère
Faisant tanguer les tiges longilignes
Tels des corps androgynes
Dansant une valse lente dans le soir
(p. 21)

Aux éléments de concrétude, tant mondains que subjectivisés, puis aux articulations des symbolismes, se joindront ensuite les manifestations de sagesse. La sagesse, chez Mariette Théberge, s’installe toujours discrètement, comme si elle émanait de l’objet matériel évoqué. La discrétion de la sagesse de notre poétesse, c’est tout simplement celle du banc…

Le banc

Un banc de bois
Posé sur la véranda
Témoin muet de tant de secrets
Baisers volés de jeunes amants
Aux rires cristallins amusés d’un enfant
Ce grand ami simple et chaleureux à la fois
Sait depuis toujours demeurer discret
(p. 56)

Discrètement donc et, surtout, sans la moindre lourdeur didactique mais inexorablement, la sagesse des (premières) nations circule subtilement en nous, de la poétesse à nous. S’il faut aimer, il faut conclure. Il faut savoir faire une fin. L’amour est fragile, son objet souche aussi. C’est encore le canal de la concrétude qui voit se fendiller, sous notre main tremblante, le petit mal d’avoir tant aimé.

Fragile

Frêle et fragile comme porcelaine
Un cœur se voulant trop aimant
Hélas se fendille et s’égraine
Sous le joug de l’amant
À la fois rustre et malhabile
D’un rien a su briser
Cette âme si gracile
Qui ne demandait qu’à être aimée
(p. 36)

C’est que, fondamentalement, il faut vivre. La poéticité, verbalisée mais issue du monde, il faut la vivre, s’en imprégner, et grandir avec elle. Sans nostalgie, sans amertume (même en évoquant les menus objets vieillots d’une écolière d’autrefois), il faut assumer le Parti pris des choses, saisir au corps l’assomption de l’objet actuel. Et il faut le faire tout simplement en vertu du primat fatal et cardinal de l’instant présent.

Instant présent

Danser dans le petit matin
Sentir la rosée fraîche sous mes pieds
Voir soudain paraître à l’horizon
Le soleil éclatant de beauté
Profiter de l’instant présent
Le vivre comme si c’était le dernier
Être ici et maintenant
Et sans jamais me presser
M’approprier le silence
Prendre le temps de le savourer
Il apporte la paix à mon âme
D’une plénitude inégalée
(p. 51)

Bon, alors, on se comprend. Le langage dit le monde. Si le monde est, l’impression qu’il nous laisse est aussi. Et appréhender le monde c’est, surtout dans le roulement du temps qui a passé si vite, de s’imprégner des symbolismes et de la sagesse dont fatalement il nous imbibe. Le recueil de poésie Au-delà des mots — Poésie contient 41 poèmes. Il se subdivise en quatre petits sous-recueils ou Parties: Chemin de vie (p 9 à 16), Nature (p 19 à 32), Sentiments (p 35 à 46), Le temps de vivre (p 49 à 57). Ils sont précédés d’une préface de Diane Boudreau (p 5) et d’une dédicace versifiée (p 6). La quatrième de couverture renseigne succinctement sur la biographie de la poétesse et sur la motivation profonde de son geste d’écrire. L’image de couverture est une photographie prise par Jonathan Laflamme et représentant la rive lacustre de Pohénégamook. Une photo en noir et blanc du père de la poétesse apparaît dans le corps de l’ouvrage (p 10).

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Mariette Théberge, Au-delà des mots — Poésie, Mariette Théberge, 2016, 59 p.

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Positivisme et Favelas: une civilisation et ses linguistes en faillite

Posted by Ysengrimus sur 7 avril 2017

Brasil-Carta

Un mot sur la présentation, autrefois et naguère, d’une communication intitulée POSITIVISME ET NÉOPOSITIVISME EN LINGUISTIQUE ET EN PHILOSOPHIE DU LANGAGE [titre traduit de l’original anglais], à la neuvième International Conference on the History of Language Sciences (ICHOLS IX) tenue aux Universités de São-Paulo et de Campinas, Brésil, du 27 au 30 août 2002.

Au cours des deux derniers siècles, le prestige et la légitimité des sciences dites positives a eu un immense impact idéologique sur ce que l’on nomme encore sciences humaines ou sciences sociales. Or, ce qui s’est vu importer depuis les sciences de la nature, et qui s’est solidement installé dans les sciences sociales, est bien plus un ensemble de tics et d’affectations scientistes que la véritable charpente méthodologique de la procédure scientifique elle-même. Cette dernière, bien plus spécifique à son objet que n’accepte de l’admettre le programme positiviste, s’avère de fait probablement impossible à transférer, par delà de tapageuses et illusoires tentatives. Dans ce mouvement à la fois déformant et triomphaliste d’«emprunts» aux sciences, une nouvelle scolastique est née: la scolastique scientiste, et son impact est aujourd’hui immense. Au cœur de cette dynamique, le langage lui-même joue un rôle crucial, non seulement en vertu d’une importation massive et incontrôlée de procédés jargonnants et d’effets de phrases, mais comme manifestation illusoire de la scientificité même, notamment avec l’impact profond de notions telles que Syntaxe, Sémantique, Pragmatique, et du faux système heuristique et méthodologique que leur association fortuite semblent construire. De fait, aux vues du néopositivisme, la science même n’est jamais qu’un corpus langagier, et cette mythologie glottocentriste a eu un impact dévastateur sur les sciences humaines et sociales. À partir de l’exemple de Bloomfield, de Chomsky, et de Wittgenstein, j’ai avancé une pointe investigatrice au cœur des manifestations du positivisme en linguistique et en philosophie du langage. En plus, avec l’aide d’Habermas, de Della Volpe, d’Althusser et de quelques autres francs-tireurs, j’ai poussé le bouchon jusqu’à suggérer qu’il est peut-être temps que la linguistique et la philosophie du langage portent plus d’attention à la logique interne qu’elle sont déjà en train de se donner, largement à leur propre insu.

L’exposé, qui est en anglais, avait déjà été fort bien accueilli, dans une version préliminaire, par les participants des Lunch Box Seminars de notre collègue et compagnon de lutte Vito Ponzo, du département de physique de l’Université Lancastre. Déjà testé sur un auditoire donc, pour reprendre le beau mot de Duke Ellington, et introduit dans une ambiance intellectuelle où la légitimité théorique du structuralisme américain est de plus en plus vermoulue, cet exposé a trouvé dans le Brésil de 2002 une oreille largement amie. La dynamique de mon intervention fut entièrement tributaire de la sensibilité en émergence depuis un pôle intellectuel et social dont nous n’étions par très éloigné physiquement et émotivement sur São-Paulo et Campinas: celui de Porto Allegre. São-Paulo, la troisième plus grande ville du monde, avec ses dix-sept millions d’habitants, son urbanisme délirant, ses tours hirsutes, ses rues étroites, zigzagantes, pentues, et sillonnées de nuées de petites voitures européennes qui ne freinent tout simplement pas aux clous, m’a au fond moins dépaysé que je ne l’aurais cru. Sorte de Toronto lusophone en plus populeux, remuant, cracra, génial, et fou, ce serait une fête, si les terribles et inhumains favelas n’étaient pas là, agglutinés partout, pour nous rappeler la faillite civilisationnelle de notre beau système social des Amériques, intellectuellement positiviste, matériellement néo-libéral, et éthiquement fort questionnable…

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PHILOSOPHIE POUR LE PENSEUR DE LA VIE ORDINAIRE

Posted by Ysengrimus sur 28 avril 2008

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PHILOSOPHIE POUR LE PENSEUR DE LA VIE ORDINAIRE

Un cours s’adressant à des personnes sans formation philosophique particulière. Il s’agit de dégager le fonctionnement de la pensée philosophique telle que se manifestant dans la réflexion issue de l’existence ordinaire. On analyse un certain nombre de catégories fondamentales en les articulant par couplage (notamment: matière et esprit, structure et mouvement, existence et connaissance, réflexion et action, pensée et langage, logique et éthique). On part de catégories philosophiques concrètement exemplifiées pour se diriger vers les philosophes modernes en ayant traité (plutôt que le mouvement contraire). Le cours est sans prérequis et cible une clientèle adulte ou du troisième âge.

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Structure d’une séance

13:30-14:00: Questions et débats
14:00-15:00: Plage 1
15:00-15:15: pause
15:15-16:15: Plage 2

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Plan du cours

Première séance
Plage 1: Introduction générale
Plage 2: ONTOLOGIE (Doctrine de l’être)

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Seconde séance
Plage 1: GNOSÉOLOGIE (Doctrine de la connaissance)
Plage 2: PHILOSOPHIE ÉPISTÉMOLOGIQUE

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Troisième séance
Plage 1: PHILOSOPHIE DIALECTIQUE ET LOGIQUE
Plage 2: PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN (l’homme et la femme)

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Quatrième séance
Plage 1: PHILOSOPHIE DES RELIGIONS
Plage 2: PHILOSOPHIE DU LANGAGE

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Cinquième séance
Plage 1: PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE
Plage 2: PHILOSOPHIE DU POLITIQUE

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Sixième séance
Plage 1: ALÉTHIQUE ET ÉTHIQUE (ce qui est versus ce qui devrait être)
Plage 2: PHILOSOPHIE DES ARTS

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Lectures requises

Les textes, dont les titres sont ici en italique, devraient préférablement être lus, en préparation des séances, dans l’ordre où ils sont présentés ici. Ils sont tous tirés du blogue LE CARNET D’YSENGRIMUS

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Première séance

Plage 1: Introduction générale (Aucune lecture requise)

Plage 2: ONTOLOGIE

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Seconde séance

Plage 1: GNOSÉOLOGIE

Plage 2: PHILOSOPHIE ÉPISTÉMOLOGIQUE

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Troisième séance

Plage 1: PHILOSOPHIE DIALECTIQUE ET LOGIQUE

Plage 2: PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN (l’homme et la femme)

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Quatrième séance

Plage 1: PHILOSOPHIE DES RELIGIONS

Plage 2: PHILOSOPHIE DU LANGAGE

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Cinquième séance

Plage 1: PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE

Plage 2: PHILOSOPHIE DU POLITIQUE

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Sixième séance

Plage 1: ALÉTHIQUE ET ÉTHIQUE

Plage 2: PHILOSOPHIE DES ARTS

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Lectures facultatives

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Dans le blogue LE CARNET D’YSENGRIMUS 

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 Dans le webzine LES 7 DU QUÉBEC 

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BIBLIOGRAPHIE

ACTON, H.-B. (1961), « La philosophie du langage sous la Révolution française », Archives de philosophie, Juillet-Décembre.

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VOLNEY, C.-F. (1819), Discours sur l’étude philosophique des langues.

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ANNEXE 1: LES TERMES EN  ***ISME

La liste suivante contient les principales désignations d’écoles ou de courants philosophiques en ***ISME, faisant référence à une catégorie ontologique ou gnoséologique. On signale ici leur étymologie (étymologie savante), si celle-ci n’est pas évidente:

AGNOSTICISME (du Grec A et GNOSEO: « absence de connaissance »)
ATHÉISME (du Grec A et THEOS: « pas de Dieu »)
ANTHROPOLOGISME
ATOMISME
CONSCIENCISME
CRITICISME
DÉTERMINISME
DOGMATISME (du Grec DOGMA: « opinion, doctrine »)
DUALISME (du Latin DUALIS: « en deux parties »)
ÉCLECTISME (du Grec EKLEGEIN: « sélectionner »)
EMPIRISME (du Latin EMPIRICUS: « essai et erreur, expérience »)
ESSENTIALISME
ÉVOLUTIONNISME
EXISTENTIALISME
FATALISME
FINALISME (du Latin FINIS: « fin »)
HISTORICISME
HUMANISME
HYLOZOÏSME (du Grec HYLO: « matière » et ZOE: « vie »)
IDÉALISME
INDÉTERMINISME
IRRATIONALISME (du Latin IRRATIONALIS: « déraison »)
MATÉRIALISME
MÉCANISME
MONISME (du Grec MONOS: « singulier, unique »)
NATURALISME
NÉGATIVISME
NIHILISME (du Latin NIHIL: « rien »)
NOMINALISME (du Latin NOMEN: « nom »)
OBJECTIVISME
OCCASIONNALISME
PERSONALISME
PHÉNOMÉNISME
PLURALISME (du Latin PLURALIS: « plusieurs »)
POSITIVISME
PRAGMATISME (du Grec PRAGMA: « action »)
RATIONALISME (du Latin RATIONALIS: « raison »)
RÉALISME
RELATIVISME
SCEPTICISME (du Grec SKEPTOMAI: « observer »)
SCHOLASTICISME (du Grec SKHOLE: « école »)
SCIENTISME
SENSUALISME (du Latin SENSUALIS: « des sens »)
SOLIPSISME (du Grec SOL et IPSE: « le soi, seul »)
SPIRITUALISME
TRANSCENDANTALISME (du Latin TRANSCENDERE: « s’élever »)
UTILITARISME
UTOPISME (du Grec OU et TOPOS: « aucun endroit, nulle part »)
VITALISME (du Latin VITA: « vie »).

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Les noms d’un certain nombre de religions ou d’attitudes religieuses sont construits selon le même modèle:

ANIMISME (du Latin ANIMA: « âme »)
DÉISME (du Latin DEUS: « dieu »)
FANATISME (du Latin FANUM: « temple »)
FÉTICHISME (du Latin FACTICIUS: « artificiel »)
FIDÉISME (du Latin FIDES: « foi »)
JUDAÏSME (du Latin JUDAEUS: « Juif »)
MONOTHÉISME (du Grec MONO et THEOS: « un dieu »)
PANTHÉISME (du Grec PAN: « tout (est) » et THEOS: « dieu »)
PAPISME (du Latin PAPA: « pape »)
POLYTHÉISME (du Grec POLY et THEOS: « plusieurs dieux »)
THÉISME (du Grec THEOS: « dieu »)
TAOISME (du Chinois TAO: « la Voie, façon dont les choses sont ou devraient être« )
TOTÉMISME (de l’Algonquin TOTEM: « protecteur de la tribu »)

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Quand le *** est formé sur le nom d’un penseur, on réfère alors au tout (non nécessairement systématique) de sa pensée… ou à ce qu’on croit être le tout de sa pensée. Voici la liste des principaux exemples:

ARISTOTÉLICISME (sur Aristote)
AUGUSTINISME (sur Saint Augustin)
BACONISME (sur Bacon)
CARTÉSIANISME (sur Cartesius, nom Latin de Descartes)
DARWINISME (sur Darwin)
ÉPICURISME (sur Épicure)
FREUDISME (sur Freud)
HÉGÉLIANISME (sur Hegel)
KANTISME (sur Kant)
LÉNINISME (sur Lénine)
MAOISME (sur Mao Zedong)
MARXISME (sur Marx)
PLATONICISME (sur Platon)
SCOTISME (sur Duns Scotus)
SOCRATISME (sur Socrate)
SPINOZISME (sur Spinoza)
THOMISME (sur Saint Thomas d’Aquin)

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Il est important d’observer que bon nombre de noms de religions et de sectes religieuses sont construits sur la base du nom de leur principal héro ou sectateur. Comme:

AHMADISME (sur Ahmad)
ARIANISME (sur Arius)
BOUDDHISME (sur Bouddha)
CALVINISME (sur Calvin),
CONFUCIANISME (sur Confucius)
CHRISTIANISME (sur Christ),
JANSÉNISME (sur Jansénius)
LUTHÉRIANISME (sur Luther)
MAHOMÉTISME (sur Mahomet)

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ANNEXE 2: CE QU’ON A FAIT DANS LE SÉMINAIRE
PHILOSOPHIE POUR LE PENSEUR DE LA VIE ORDINAIRE

Après avoir paramétré les représentations philosophiques principielles: ONTOLOGIE (doctrine de l’être), GNOSÉOLOGIE (doctrine de la connaissance ordinaire, directe et indirecte), ÉPISTÉMOLOGIE (classification raisonnée des sciences et des savoirs), on a mis en place l’idée d’une ABSTRACTION INTERMÉDIAIRE stabilisant un espace de réflexion calme entre le concret fourmillant et le creux spéculatif (statut problématique de la petite ontologie). Le caractère actif et collectif de la connaissance est postulé et on considère les écoles philosophiques comme un bagage à mobiliser méthodiquement et prudemment (statut d’école des ***ISMES). Il faut partir des catégories philosophiques et aller vers les penseurs, plutôt que le contraire. On entre ensuite dans la question du mouvement dialectique et logique de la pensée ordinaire, notamment (crucialement) autour du statut de la RATIONALITÉ (plaidoyer pour une rationalité ordinaire), sur la tension entre le montré et le démontré (EMPIRISME versus RATIONALISME et question de l’irrationalisme). La réalité des modèles ontologiques est abordée autour du MONISME (modèle de l’oignon) et du DUALISME (modèle de l’abricot) et sur la dialectique du réversible (congeler de l’eau) et de l’irréversible (cuire un poulet). La réalité de l’anthropologie générale (et notamment la question des relations hommes-femmes) nous permet de problématiser la question centrale du symétrique et du dissymétrique et, surtout, des dispositifs à dominante, dans le regard rationnel.

La lutte fondamentale entre IDÉALISME et MATÉRIALISME en philosophie est abordée sur la base des sujets généraux accompagnant la vie ordinaire. Le débat interne de l’IDÉALISME (idéalisme objectif comme chez Hegel, idéalisme subjectif comme chez Berkeley, spirit versus mind) est touché autour de nos grands questionnements hérités, sur le mental. Religion (théologie occidentale comme idéalisme objectif, karma oriental comme idéalisme subjectif). Langage (objet mental collectif, organon, dispositif boiteux de connaissance du monde, statut de la pensée averbale). Le débat interne du MATÉRIALISME (matérialisme naturaliste comme chez Diderot, matérialisme historique comme chez Helvétius, nature versus nurture) est traité, autour des principes directeurs de l’historique et du politique. Ces questions, mentales ET sociales, idéelles ET mondaines, sont exemplifiées sur la base le la vie politique ordinaire contemporaine (populisme, autorité victimaire, communautarisme civique, socialisme tendanciel, etc). La complexification d’un matérialisme dialectisé en retour par l’effet d’idée qu’il engendre et par la volition qui en émane (ce qui est versus ce qui doit être) est finalement abordée, autour du problème éthique (versus aléthique), notamment sur le JUSTE, et de celui de la philosophie des arts, notamment sur le BEAU.

En passant méthodiquement de la propension philosophique à l’intention philosophique, il s’est agit, tout le long, de mobiliser, sans lourdeur scolastique et en tout respect envers les prises de parti de chacun, les grandes catégories de l’héritage de la philosophie moderne (pensée progressiste et rationaliste) et de les mettre à profit dans notre réflexion collective inévitable sur les questions ordinaires récurrentes: être, connaissance courante, haut savoir, logique élémentaire, contradictions motrices de la pensée et de l’être (dialectique), relations hommes-femmes, religion, langage, histoire, vie politique ordinaire, éthique, arts.

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