Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Archive for décembre 2020

De nos nuits de Noël

Posted by Ysengrimus sur 25 décembre 2020

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De nos nuits de Noël
 
François, t’en souvient-il de nos nuits de Noël
Quand l’âtre dévorait les papiers de cadeaux,
En pleurant ses reflets vifs, chauds et irréels
Sur le sapin de fer et sur les vieux rideaux?
 
François, t’en souvient-il de ces nuits fantastiques,
En poussant tes camions tout neufs et tout chromés?
T’en souvient-il alors combien pouvaient s’aimer,
Dans cent salons vieillots, cent familles uniques?
 
Et Louise et Hélène et maman et papa
Arrachaient l’emballage des quotidiens débats
Pour trouver des présents d’aimance intemporelle.
 
Puis le matin venu, mon frérot, on croisait
Nos grands yeux embués et puis on chuchotait:
Dis voir, t’en souvient-il de la nuit de Noël?

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ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — Courcaillet

Posted by Ysengrimus sur 21 décembre 2020

Un courcaillet c’est un appeau
Pour susciter la batifole
Pour se faire glisser sous la peau
Les ébats et les amours folles.

En soufflant dans le courcaillet
On instille l’incendie au lac
On fait claquer force maillets
On s’installe dans l’aphrodisiaque.

C’est que le courcaillet débauche
Il élucubre et il lutine
Il transforme en sommaires ébauches
Nos longues pâmoisons de libertines.

Un courcaillet me fit un jour
Jouer aux échecs avec la dame
Ce fut le feu, ce fut l’amour
Et longtemps crépita la flamme.

Et puis le courcaillet s’est tu.
Sa note unique est devenue mate,
Chenue, atténuée, ténue
Comme le sifflet du train qu’on rate.

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La Rose et le Sonnet

Posted by Ysengrimus sur 15 décembre 2020

Rose-blanche-et-le-sonnet

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Et le Sonnet dit à la Rose,
Blanche de candeur, épinée:
Pardon Demoiselle, si j’ose,
J’ai des vers à vous réciter
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Et la Rose dit au Sonnet,
En plissant les lèvres neigeuses
De ses trois pétales, frileuse:
Pour vos vers j’aurai le respect… circonspect… requis…

Le Sonnet chanta pour la Rose
L’immortalisant dans sa pose.
La blanche Rose sourit, triste.

La Rose inspira le Sonnet,
Lui donnant la vie de ce fait.
Le Sonnet amoureux subsiste… persiste… insiste…

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Le luth de carton (ces instruments de musique en moi)

Posted by Ysengrimus sur 7 décembre 2020

La Musique hante la mémoire, n’est pas résumable, et est indéfinissable.
Paul Valéry (Analecta, aphorisme XCIV, note 2)
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En écrivant les «églogues instrumentales» (cinquante poèmes sur cinquante instruments de musique), le troisième sous-recueil de mon ouvrage Ressacs Poétiques (2019), un flot de faits biscornus, tangibles et denses m’est revenu, en tourbillons, en cascades. J’ai dû me rendre à l’évidence: en toute indépendance du lyrisme poétique qui m’a fait écrire sur les instruments de musique, j’ai dans la tête, en vrac et en fanfare, un ensemble, matériel et intellectuel, de faits musicologiques ordinaires et vernaculaires, tous vécus par le petit bout de la lorgnette. Sur une période de soixante ans (1960-2020), j’ai ressenti intensément la musique, à travers le lot extraordinaire et mirifique de ses instruments, vieux et neufs, beaux et laids, forts et faibles, grands et petits. Je les ai touchés, je les ai palpés, je les ai entendus, je les ai regardés, je les ai supportés, je les ai révérés, je les ai cogités, je les ai médités. Je les ai trouvés évidents ou je les ai trouvés ambivalents. Je ne les ai jamais pris pour acquis et je les ai tous appréciés et aimés. La musique passe et se transmet crucialement à travers ses instruments et ses instrumentistes. Et cette voix est toujours la voix d’un temps… un temps qui, déroulé, révolu, en vient de plus en plus à vouloir se dire.

Vous allez un peu lire, dans cet ouvrage, quelque chose comme les mémoires sur le tas d’un modeste musicien raté. Vous allez me saisir sur images interrompues, me capter en flagrant délit de cesser de jouer de la musique. C’est que, fondamentalement autant que viscéralement, la musique, je préfère la regarder et l’écouter. Pour tout dire, ma priorité est de la contempler. J’ai donc appris à renoncer à la musique, comme acteur. En musique (comme en gastronomie, en peinture, en sculpture, en parfumerie, en cinéma) je suis public. Et le public ne joue pas la musique. Il en parle. C’est ce que je fais, dans ce petit livre. Et ma musique —au sens métaphorique, cette fois-ci— se joue, entre ces pages, sur un instrument irréel, largement fantasmé, un petit peu toc, même… un luth. Et le luth que je vous joue ici est un luth de carton.

Parler de musique me laisse toujours ce goût onctueux et étrange dans le fond du cerveau. Duke Ellington disait: votre meilleur instrument de musique, c’est votre oreille. Moi, ma joie et ma tristesse combinées résident dans le fait que mon oreille, c’est aussi mon seul instrument de musique…. Dont acte d’écriture. Le forban compense toutes ses pauvretés. C’est bien pour ça qu’il cherche des trésors.

Au sein de cette joyeuse galerie de souvenirs, on va vite noter des petits absents (comme le tanbura ou le cor anglais) et des grands absents (comme la guitare électrique et la trompette). Les petits absents, je les aime profondément mais je n’ai pas vraiment de souvenir tangible les concernant. J’ai donc dû un petit peu les abandonner sur le bord de la route. Dans le cas des grands absents, j’ai tout simplement trop de souvenirs à leur sujet, un tintamarre de souvenirs. Ça aurait fait cacophonique et cataclysmique de chercher à tous les empiler, puis les faire défiler. La trompette (la reine du Jazz) et la guitare électrique (la reine du Rock), les mélomanes de ma génération et de la génération précédente les entendent tous le temps, dans leur tête. Un jour (en 1983), dans une salle de séminaire de l’École Normale Supérieure de Paris, un instrument diffus et quasiment imperceptible se fit entendre. Le conférencier (mort depuis — il avait l’âge de mon père) s’interrompit alors parce que, selon ses dires, il entendait une trompette lointaine. J’entendais, pour ma part, une guitare électrique lointaine. Parallaxe auditive et diffraction des lectures. Le conférencier était avec Boris Vian, j’étais avec John Lennon. Chacun le son de son temps.

Pour le coup, c’est comme pour le nom des instruments. Un jour (vingt ans auparavant, en 1963), j’ai décidé que le nom guitare allait beaucoup mieux au violon que le nom violon et que le nom violon allait beaucoup mieux à la guitare que le nom guitare. J’ai donc interverti ces deux noms, de ma propre initiative, et de mon propre chef. Une fois ce correctif radical instauré, en moi, le plus simple restait à faire. Convaincre la terre entière que, fait inédit, le violon s’appelait en fait guitare et que la guitare s’appelait en fait violon. Rien n’est impossible, quand on a cinq ans. Je commençai cette grande œuvre de rectification lexicale avec une de mes cousines, une grande, qui me gardait, un soir. Elle lisait un livre en ma compagnie. Je me vois encore sur le sofa du salon, avec elle. Tout va bien car cette cousine me connaît assez bien et elle ne sous-estime pas trop mon intelligence, comme le font si souvent ces grandes. Elle me montre un guitariste dans le livre et me demande le nom de l’instrument. Je réponds: un violon. Elle me lit la page sans broncher et j’ai le temps de me dire intérieurement que ça marche, que l’intervertissement du nom de ces deux instruments est amorcé, qu’il s’enclenche, qu’il est en cours. Juste avant de tourner la page du livre d’images, ma cousine pose le doigt sur l’image de l’instrument et dit: C’est une guitare, Paul. Tâche de ne pas te tromper à l’avenir. Ah, me dis-je intérieurement, c’est cette pauvre dame qui ne comprend rien de l’essence radicale des choses et de la crise des dénominations l’enveloppant et l’enserrant comme une brume ouateuse. Peste alors!

Aujourd’hui, les instruments de musique portent leurs noms, en moi, leurs vrais petits noms dénotatifs. Ils jouent aussi leur musique, leur vraie musique de ritournelle et rien d’autre. Mais la folie qu’ils me suscitent reste, elle aussi, avec moi et elle ne me quittera jamais. Cela me fait rêver un peu et chantonner beaucoup.

Cela me fait aussi écrire. D’où ce recueil de cinquante textes sur cinquantes instruments de musique, que je soumets aujourd’hui à votre sagacité amie.…

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Paul Laurendeau (2020), Le luth de carton, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou Mobi.

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De JOË CHEZ LES ABEILLES à JOË CHEZ LES FOURMIS

Posted by Ysengrimus sur 1 décembre 2020

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.Il y a soixante ans et des poussières, en 1960 et 1962, étaient crées par l’illustrateur Jean Image (1911-1989) deux séries successives de dessins animés, JOË CHEZ LES ABEILLES (1960) et JOË CHEZ LES FOURMIS (1962). J’ai eu la joie sans mélange de regarder (de voir et de revoir) ces deux séries, dans ma petite enfance, et je vous convoque ici à rien de moins qu’à une modeste psychanalyse de troquet les concernant.

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Dans JOË CHEZ LES ABEILLES (1960), Joë, un bambin très fier de soi avec des pantalons de denim et un chapeau de cow-boy, tombe sur deux petits bérets basques de son âge qui sont en train de flagosser avec un bâton dans une ruche, visiblement pour faucher du miel. Joë boute les deux olibrius en se portant spontanément à la défense de la respectable demeure des industrieux insectes. Il se fait alors piquer par une abeille et il devient de la taille des insectes qu’il vient de protéger. Le geste involontairement agressif s’avère en fait un moyen d’amener Joë à rencontrer les abeilles et à approfondir la découverte de leur habitation. La ruche qu’il visite est un univers plus fantasmagorique que réaliste et nous n’assistons certainement pas à je ne sais quel exercice didactique d’entomologie appliquée ou quelque chose dans le genre. Nous sommes plutôt dans le terreau parfait, justement, pour la plus savoureuse des psychanalyses de troquet. Joë fait d’abord la connaissance de Bzz, une abeille au long képi bleu et à la langue bien pendue. Bzz apparaîtra comme l’alter ego insecte de Joë ainsi que comme sa monture volante. C’est qu’une portion significative des déplacements de Joë se fera par la voie des airs. La dimension ouvertement fantasmatique de l’exercice prendra corps quand Joë fera la connaissance de la reine des abeilles, la bien nommée Reine Fleur de Miel 145. Toujours assise sur son trône, la reine des abeilles est partiellement anthropomorphe. Elle a l’apparence d’une femme adulte, très belle, vaporeuse. Une taille de guêpe (et ce n’est pas une boutade), et des yeux doux, avec de grand cils qui volètent. Elle fait un peu handicapée ou maladive, avec deux sbires sautillants qui sont toujours en train de l’éventer avec des feuilles à longues tiges. Elle ne peut visiblement pas bouger et sa voix est particulièrement douce et harmonieuse. Ses propos sont habituellement superlativement laudatifs envers Joë pour lequel elle manifeste une attention soutenue et toujours amicale.

Joë fait cadeau d’un cœur en pain d’épice à Reine Fleur de Miel 145

Joë fait cadeau d’un cœur en pain d’épice à Reine Fleur de Miel 145

Reine Fleur de Miel 145 est le personnage central de la quête de Joë dans le monde des abeilles. Tout gravite autour d’elle. C’est indubitablement la figure maternelle, régalienne, douce, pantelante et reconnaissante. Le fait est que, jubilation garçonne oblige, la majorité des scénarios procède ici de l’envolée héroïque du petit matamore. Ils consistent habituellement en un pépin menaçant la ruche (et faisant usuellement tomber Reine Fleur de Miel 145 dans les pommes). Joë et Bzz, son sbire-monture, mènent alors la charge courageusement contre cette nouvelle manifestation d’adversité et ils sauvent la ruche, par la force ou par la ruse. Joë finit alors galurin en main devant la reine et se fait chamarrer d’une décoration quelconque, avant d’aller se gaver de miel et faire la sieste dans une alvéole de ruche. Lors des conflits souvent brutaux (avec des morts qu’on nous montre sans pudeur) auxquels il participe pour défendre la ruche, Joë, chevalier servant de sa reine, finit par se heurter à la figure paternelle. Le frelon Wou est un pirate dentu, sans scrupule et colérique. Sa voix est rauque, virile, masculine et adulte. Il attaque la ruche avec son équipage et il est clair que c’est à Reine Fleur de Miel 145 qu’il en a.

Joë et Bzz confrontés au frelon Wou, le pirate

Joë et Bzz confrontés au frelon Wou, le pirate

Dans une sorte de dynamique œdipienne inversée, Joë protège Jocaste des charges de Laïus. L’analogie oedipienne devient d’autant plus virulente quand le frelon Wou se déguise en pauvre quêteux avec un accordéon pour tromper les gardes aux portes de Thèbes de la ruche et s’y infiltrer. Joë tue plusieurs des pirates de Wou en les noyant dans le miel, lors d’une des nombreuses invasions de la ruche. Wou ne meurt pas mais il est de fort mauvaise humeur et se promet bien le match de revanche. Et, l’un dans l’autre, son incapacité permanente à se saisir de Reine Fleur de Miel 145 n’est pas la moindre des jubilations mielleuses qu’on vit, dans les entrailles profondes et onctueuses de la grande ruche des abeilles.

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Dans JOË CHEZ LES FOURMIS (1962) la frivolité folâtre et aérienne du monde des abeilles va le céder devant le sérieux plus méthodique, souterrain et austère des fourmis. La transition se fait de par la volonté expresse de Reine Fleur de Miel 145 qui, un beau jour, juge que le séjour de Joë chez les abeilles est terminé et elle l’envoie chez les fourmis, pour soi-disant compléter son apprentissage, dans une sorte de procession terrestre avec porteurs et soldatesque. On dirait que le bambin part pour l’école ou quelque chose dans le genre, et il est certain qu’une rupture s’effectue. La reine des fourmis, qui s’appelle Reine Gracieuse 421, ne nous fera pas retrouver les moments d’extase filial, exalté et chevaleresque vécus en féal de la première reine. Toujours debout les mains jointes sur une sorte de pavois rectangulaire au ras des mottes, Reine Gracieuse 421 ressemble un petit peu à une sorte de nonne. Elle n’est pas méchante mais elle est très loin d’avoir la finesse émotionnelle, l’élégance gracieuse et l’empathie mielleuse et laudative de Reine Fleur de Miel 145. La reine des fourmis est distraite en permanence par son bouffon qui l’accompagne partout. Elle perd constamment la mémoire, oublie toujours le nom de Joë et semble condamnée à passer une portion importante de son temps à manger et à pondre.

Reine Gracieuse 421

Reine Gracieuse 421

Dans le monde des fourmis, la figure maternelle est désormais atténuée, distante, abstraite, recluse. C’est la figure paternelle qui va prendre le relais. Exempte désormais de toute hostilité, la figure paternelle ici, c’est la fourmi Chnouk (un nom pareil, ça ne s’invente pas), président du conseil et majordome de la reine. Il a un symbole phallique planté en plein milieu du menton et il brandit et agite un bâton de tambour-major. Il est le champion de l’organisation. C’est que Chnouk, ce sont les armées, les usines, les chaînes de production, le génie, la tactique, la stratégie, la TSF (il est lui-même, de sa personne, une TSF corporelle qui reçoit à tout bout de champ des messages toujours cruciaux), et la production industrielle de nourriture. La nourriture fourmilière c’est une espèce de cube de nutriment immangeable et un lait de fourmis pot à miel potable, certes, mais fort frugal en comparaison du merveilleux miel des rayons d’autrefois, dans la ruche des abeilles. Il est indubitable que, sous l’ordre du père, les choses sont plus roides et plus martiales. L’héroïsme personnel et égocentré de Joë est, lui aussi, fortement atténué chez les fourmis. Joë est toujours plus ou moins impliqué dans les missions de sauvetage et de défense de la fourmilière mais il n’est plus le Cid Individuel, menant la charge à cheval sur une abeille, comme autrefois. Il fait désormais équipe avec les troupiers du monde des fourmis qui combattent les fléaux et les ennemis, en système et en conformité avec les priorités d’un grand dispositif collectif tentaculaire. Joë, chez les fourmis, est moins remuant et singularisé que chez les abeilles. Il se retrouve souvent en posture d’apprentissage, en train de prendre connaissance du fonctionnement d’une usine, d’une cantine ou d’une nurserie (la description de la vie collective des fourmis est aussi fantasmagorique ici que l’était plus haut celle de la vie des abeilles). C’est Chnouk qui mène le bal, avec des allures d’instituteur, de présentateur, de chef d’orchestre et parfois carrément de chef d’état-major.

Chnouk, président du conseil et majordome de la reine des fourmis

Chnouk, président du conseil et majordome de la reine des fourmis

La dimension collectiviste du cheminement de Joë chez les fourmis autant que la sensible atténuation de l’extase autosatisfait de sa toute petite enfance sont accentués par le fait qu’il est désormais flanqué de deux sergents de la garde royale des fourmis, Mic et Mac, l’un optimiste et joyeux, l’autre pessimiste et sombre. Ces deux figures de la comédie et de la tragédie qui s’incorporent à Joë chez les fourmis comme Bzz s’était incorporé à lui chez les abeilles représentent l’alternance de la joie et de la tristesse qui accompagne désormais durablement l’enfant, lors de son cheminement dans les arcanes de la vie civique.

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Je suggère que les deux séries de dessins animés JOË CHEZ LES ABEILLES (1960) et JOË CHEZ LES FOURMIS (1962) représentent, en séquence, deux grandes étapes fantasmatiques de l’œdipe du garçon. Le premier volet est folâtre, insouciant, autosatisfait, ludique et émulé dans la ruche de miel de l’ordre maternel. Le second volet est hyperactif, observateur, collectiviste, studieux et frugal, dans le monde organisé, martial, didactique et tentaculaire imposé en grandissant par l’ordre paternel. Inutile de dire qu’une telle psychanalyse de troquet, abrupte, rapide mais radicale aussi, essentielle, est historiquement datée. Il faut dire aussi qu’elle connaît une amplitude particulière de par le fait que je me suis très profondément imprégné de ces deux séries de dessins animés, lors de ma propre toute petite enfance préscolaire. Envisageons donc sereinement que les propositions psychanalyco-roboratives faites ici, sabre au clair, soient marquées du sceau cireux et passablement gluant d’un indubitable et torrentiel biais subjectivé.

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