Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Promotion cyclique des produits, des choix, des options et des comportements «écologiques»

Posted by Ysengrimus sur 1 septembre 2009

J’appelle promotion cyclique le phénomène propagandiste qui consiste à mettre de l’avant un produit ou un comportement donné en affectant de le fonder dans une vérité incontestable puis, quelques décennies ou quelques années plus tard, mettre de l’avant le produit ou le comportement contraire en affectant de le fonder dans une vérité tout aussi incontestable (mais désormais, elle aussi, contraire) et ce, avec exactement la même ardeur et le même sens exacerbé de la certitude. C’est en matière écolo-environnementale, autour de l’intendance semi-sacrée de la ci devant écolo-attitude, que l’on rencontre les fleurons les plus mirobolants du phénomène vu que la promotion cyclique, contrairement à la publicité ordinaire, est censée nous éclairer sur la définition fondamentale de ce qui est crucial à la vie. Et ça, bien, c’est écolo-environnemental… du moins par les temps qui courent.

Un premier exemple, l’eau. Il n’y a pas si longtemps, on ne jurait que par l’eau en bouteilles. L’eau du robinet était suspecte de ne plus bénéficier de l’assainissement qui avait été celui de nos vertes années. Elle goûtait bizarre, était d’une couleur étrange. Il ne fallait plus s’en servir que pour laver la vaisselle. Soudain, vlan, revirement aqueux généralisé. L’eau en bouteilles est possiblement empoisonnée par la surface plastique desdites bouteille qui, en plus s’accumulent dans l’environnement, et l’eau du robinet est le nectar scintillant de la nouvelle source vive. En glissant le long de la transition des biberons, plastifiés et subitement nocifs eux aussi, on pourrait en venir à parler du lait. Lait maternel, lait de vache, simili-lait pour bébé, la faveur fluctue et les passions s’enflamment. À l’autre extrémité de bébé apparaissent ensuite les couches. Jetables ou lavables, une tension s’instaure. Les jetables polluent par accumulation mécanique alors que les lavables polluent par déversement chimique. La liste pourrait vite s’allonger, sur le chemin torve de l’accession aux ultimes vérités fortes et saines de l’écologie de notre temps. On pleure aujourd’hui d’avoir bazardé le tramway de Montréal et de l’avoir remplacé par des autobus, car le carburant fossile vient de percuter le fond de la promotion cyclique. Vive Toronto et son tram à l’ancienne. Mais demain le vieux réseau de filage électrique aérien s’avérera-t-il nuisible pour la santé torontoise tandis que les autobus montréalais vireront au vert limpide en ne fonctionnant plus au pétrole? Allez savoir. Le toutim à l’avenant…

Autorisez-moi ici un petit détour comparatif des plus singulier. Un espace privilégié pour la promotion cyclique –ce n’est pas une primeur- est indubitablement l’espace sociopolitique. L’ouvrage Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary. (1986) de Guy Hocquenghem exemplifie magistralement la promotion cyclique dans l’espace sociopolitique des «générations». Cultivons brièvement un exemple bien plus mesquin, malodorant et minable: les Conservateurs canadiens. Il n’y a pas si longtemps ils ne valaient pas une guigne aux yeux de quiconque. Aujourd’hui, nos Conservateurs boivent du petit lait tranquillement, avec un centre-gauche bien divisé, comme découpé. Leurs hantises de l’ère progressiste – allianciste – conservatrice – réformiste –réacs–épars–et-dispersés est bel et bien révolue. Souvenons-nous, mais souvenons-nous une petite minute, quand nos vieux bleus cherchaient le nouveau nom de leur serpent de mer de parti uni mais mal collé… Conservative Reformist Alliance Party(CRAP) avait même été susurré moqueusement par ceux qui les croyaient sans espoir à l’époque. C’est bien fini, tout ça. C’est pour les autres maintenant, cette «toute nouvelle» déroute. Parlant de nom, leur mérite aura été d’éliminer de notre tradition politique l’oxymoron grotesque Progressiste-Conservateur, qui faisait à la fois stagnation pendulaire et promotion cyclique emballée, faisait rire maint européens et… révélait un centrisme tortillon bien canadien… Enfin, bref, les Conservateurs (les vrais, les purs, les réacs bleu ciel) font désormais bel et bien partie du paysage politique canadien «de nouveau», c’est ça le plus triste… Ils n’ont plus, en ce jour, qu’à étaler doucement leur recentrage de Tartuffes et se préparer d’autres petites marées bleues bien tranquilles… Ce sont leurs adversaires que l’on donne désormais comme indubitablement foutus… pour le moment, toujours. Effarant… mais, soudain (et c’est ce que je vous annonçait plus haut comme hautement singulier), c’est absolument banal aussi, quelconque, plus du tout surprenant (dans le giron restreint de la politique politicienne). Ils étaient des minus sans intérêts ils sont maintenant le moyen terme acceptable. Cela me rappelle Ronald Reagan dans les années 1970, un bouffon grotesque, un ancien cabotin de cinéma, un pantin creux et godiche, dont personne ne voulait… lui qui allait devenir le «grand président historique» de la décennie suivante. Ce qui est si singulier, c’est que ces exemples criants de promotion cyclique ne surprennent plus du tout, dans l’espace précis de la politique politicienne. La politique politicienne est usée. La promotion cyclique y roule à vide et plus personne ne la remarque, dans le susdit champ politicien.

Promotion cyclique. Cherchez le vrai, dans tout ça. Bon, la mode est possiblement un type spécifique de promotion cyclique, mais il ne faut pas pour autant ramener les questions de promotion cyclique (surtout dans des cas aussi vitaux que celles procédant de l’écologique) à de simples questions de mode. Ce serait alors les atténuer et, en quelque sorte, les innocenter. La mode a au moins la décence intellectuelle, toute involontaire d’ailleurs, de ne pas renier systématiquement la tendance antérieure. La mode est une dérive orchestrée du goût, qui se boucle parfois. La promotion cyclique est un reniement des vérités, qui se contredit toujours. Cela se distingue dans le justificatif que se donne la promotion cyclique et que ne se donne pas la mode. Quand le discours de la mode vous annonce que l’automne sera dans les teintes de rouge et qu’on verra revenir le tricot en force, que l’été se vivra en souliers plats ou que le mauve lilas et le gris cendré sont à l’honneur, aucun justificatif n’est formulé. On ne vous dégoise pas sans fin que les talons aiguilles heurtent la colonne vertébrale, que la laine respire mieux que le feutre ou que le noir attire indûment les rayons du soleil… La mode ne s’ontologise pas dans une doctrine du Vrai Souverain. C’est la mode, on n’a qu’à assumer, et advienne que pourra… qui m’aime me suive, quoi… En bref, sur les questions de mode on affecte d’assouvir vos désirs mais on n’affecte pas de mobiliser un savoir.

Dans le cas de la promotion cyclique, qu’il faut donc, en fait, crucialement distinguer de la mode, du changement frivole pour le changement frivole, une tension, un souque à la corde des justificatifs se met en place. On nous annonce subitement, il n’y a pas si longtemps, que les rayons UV, surtout chopés en salon de bronzage par des jeunôts, sont «désormais» cotés causes directes de cancer, au même titre que le tabac. Les salons de bronzage aboient, et vont rejoindre les compagnies de couches jetables, de simili-lait et de bouteilles et biberons en plastiques sous la lune variable à laquelle on hurle sa bonne foi. C’est que, derrière la promotion cyclique se profilent toujours des groupes de pressions, habituellement industriels, craignant, qui de perdre des parts de marché, qui de faire face à des poursuites, qui les deux à la fois. Ouf… Quelqu’un ment quelque part. Ce qui est (pourtant!) hurlant d’évidence dans les alternances du spectacle de notre chère petite politique politicienne devrait l’être autant sur tout ce qui fait l’objet d’une promotion «étayée» en cycles. C’est bien loin d’être le cas. On continue de tendre à croire que l’ultime vérité (sur la ligne du temps) est (enfin) la bonne (alors qu’on ne croit plus spécialement au parti politique du moment… pour le moment).

Car, fondamentalement, c’est la véracité de la promotion cyclique qui soulève les relents les plus purulents. Ne cherchez surtout pas, c’est toujours la dernière version retenue qui est la «vraie». Si nous l’endossons sans question, c’est que la promotion cyclique vient de nous épingler comme un papillon. Et nous mordons. Et nous chantons. Haro sur tout ce qui se disait avant. La version actuelle est la seule qui vaille. On la sabordera dans quelques années mais qu’à cela ne tienne, c’est la «vraie». Jouant en plus à fond sur la propension du public à se culpabiliser en panavision, la promotion cyclique finit par planter dans la conscience des masses ce que l’on pourrait nommer l’angoisse des éoliennes. On promeut, dans l’abstrait, les éoliennes. Elles sont une solide alternative aux carburants plus polluants. Mais, dans le concret, on rejette les éoliennes. Elles donnent des maux de tête électrostatiques à ceux qui vivent dans leur voisinage, grincent avec fracas et gâchent la cruciale dimension visuelle du paysage naturel où on les implante. Éoliennes, Oui? Non? La promotion cyclique se met une fois de plus à tournoyer dans tous le sens et c’est l’angoissant tournis manichéen qui nous écoeure, à nouveau, à nouveau, à nouveau.

Écoeuré, ça, je le suis. Je suis suprêmement écoeuré de tous ces pseudo-spécialistes qui recyclent leurs mensonges à géométrie variable, fonction de la puissance du groupe de pression du moment. Je n’ai jamais été trop chaud pour l’hyper-relativisation des vérités (qui est celle, par exemple, dans laquelle est désormais bien enlisée la politique politicienne… les bleus, les rouges, les verts, les orangés… faites tourner). Quand, pour l’eau, le lait, le vent, les rayons UV, le transport urbain et les pépettes de nos bébés on se met à faire le girouette, justement comme pour la politique politicienne, j’ai le net sentiment qu’on se paie ma poire, soit pour me faire les poches, soit pour me donner le tournis sociopolitique sur les questions écolo-environnementales, soit les deux. La promotion cyclique, c’est, de fait, le grand confusionnisme crypto-réactionnaire de notre temps, sur les questions environnementales. On noie le poisson écolo et on détourne le cours de la rivière scintillante de l’opinion pour faire de l’argent. On manipule de nouveau, à la fois nos émotions profondes et notre sens du devoir. On sème la confusion et on nous fait nous garrocher dans tous les sens. Cela tataouine et gaspille en grande, et le seul cycle de croissance que cela enclenche en fin de compte, c’est celui de ma vive et cuisante contrariété.

Retourner vers ceci pour le bien du monde et pour son bien à lui? Non? Oui?

Retourner vers ceci pour le bien du monde et pour son bien à lui? Non? Oui?

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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21 Réponses to “Promotion cyclique des produits, des choix, des options et des comportements «écologiques»”

  1. said

    Tiens, à propos de bébés et de promotion cyclique, ça me fait penser que dans ce domaine là, effectivement, les vérités contraires se succèdent. Il faut les coucher sur le dos, puis surtout pas: sur le ventre, puis bien sur que non: sur le côté doit, puis gauche. Bientôt les pieds au mur? ♣

    [Excellent exemple… et on ne va pas s’embarquer dans l’étourdissant cyclotron de l’allaitement… – Ysengrimus]

  2. Aristophane said

    Je suis, sur bien des points, en accord avec vous. Difficile et ardu est le chemin vers un monde moins  » marqueté »… Vous avez jugé bon de déposer un commentaire, sur mon blog (commentaire intéressant par ailleurs), qui amena une réponse, sous forme de post

    Alors, à bientôt, peut-être…

    Cordialement.

    • ysengrimus said

      Ces injonctions contradictoires industrialisées, dont nous sommes submergés…, vous avez bien raison d’y revenir. Elles sont, sans contredit, le nerf purulent du problème.

  3. Bix said

    Oui, bon, d’accord, il y a eu et il y aura des « modes » de pensées et d’opinions. Sauf que chacun n’est pas défendu par les mêmes groupes et les connaissances scientifiques évoluent, des observations sont faites qui ne pouvaient être faites au début de la diffusion d’un composant chimique, par exemple.

    Long texte bien écrit, mais au final pour dire quoi ? Qu’en s’en bat les couilles parce que l’année prochaine le permafrost regèle et la biodiversité ne sera finalement plus en danger ?

    • ysengrimus said

      En fait, il s’agit de dire: mettons en place une écolo-expertise effective et ferme, et suivons-la, au lieu de lancer, sur la bases de connaissances superficielles, médiatiques, propagandistes, ces « modes » biologique, qui sont des cataplasmes parfumés sur la jambe de bois capitaliste, et qui profitent de la manne plus qu’elles n’embrassent la moindre cause…

  4. Kermit said

    Peut-être confondez vous écologie et marketing. Quand on vous vend un produit, serait-ce avec un marketing écologiste, on ne fait encore rien d’autre que de vous vendre un produit. Le marketeur et le fabricant s’en foutent bien de l’écologie, l’écologiste pas.

  5. Tourelou said

    La notion du greenwashing peut-être un bel attrape nigaud et l’outil fort mercantile des marketeux…

    Le marché n’est plus devant des gens aussi crédules qu’autrefois, et avance vers les nouvelles générations qui s’éduquent et possèdent cette volonté de poser les bons gestes et de se rapprocher de la source. L’importance du recyclable, de l’environnement, de la proximité et de la traçabilité demande de ne pas se contenter du minimum dans nos options d’acquisition. Alors la boule va continuer à tourner rondement mais tout aussi rapidement, alors difficile de sauter par dessus bord, n’est-ce pas?

  6. a said

    🙂 très bon texte

    [Merci pour vos corrections de coquilles. Elles ont été intégrées – Ysengrimus]

  7. malou said

    Les vérités contraires se succèdent, c’est très « regrettable » mais c’est comme ça qu’on avance, en tâtonnant, par essais, revirements, y compris pour des mauvaises raisons (mercantiles, idéologiques, politiques etc). OK, ce serait bien de rationaliser plus la réflexion et les actions qui en découlent, on perdrait moins de temps et d’argent mais individuellement on fonctionne comme ça alors collectivement… mais bizarrement, moi ce qui me fait peur ce serait une Vérité unique, transcendante et immuable!

    • ysengrimus said

      C’est donc une Vérité unique, transcendante et immuable qu’une Vérité unique, transcendante et immuable vous fait peur… L’hyper-relativisation des vérités ne mème qu’à des illogismes de ce genre.

  8. MEISSONNIER said

    Bravo MALOU, TOUT est dit!

    Et pourtant, elle tourne, n’est-ce pas?

  9. doo said

    Merci, belle plume et des mots inconnus en France que je découvre. J’ai pensé à votre article en finissant de lire ceci:

    http://www.liberation.fr/vous/0101594289-alerte-aux-poeles-a-frire

    [Excellent exemple. Hilarant en plus. Grand merci. – Ysengrimus]

  10. Sophie Sulphure said

    Tu as tapé une fois de plus dans le mille avec ton ANGOISSE DES ÉOLIENNES, Ysengrim. Tu as vu maintenant? On a peur qu’elles tuent des oiseaux.

    http://ecologie.blog.lemonde.fr/2012/04/14/les-eoliennes-tuent-elles-vraiment-les-oiseaux/#comment-17603

    [Merci Caravelle. Et paf… Les éoliennes zigouillent des piafs. Oui, non, Et repartons le cyclotron. Il tourne lui même plus vite qu’une éolienne, va… Ysengrimus]

  11. Tiens, encore un coup de promotion cyclique ici. Un fumant:

    http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/07/07/faire-de-lengrais-avec-nos-ordures-menageres-la-fausse-bonne-idee-233644

    Il montre bien la duplicité ouverte des industriels celui-là. On ment frontalement pour faire écolo. Maudit que c’est pestant.

  12. Elyan said

    Portrait évocateur du grand show. Plus encore que de contrarier, de se payer nos têtes allègrement, les clowns usent nos vies.

    Votre remarque concernant le retour des conservateurs (je ne séparerai pas le mot… pas l’envie qui manque par contre) est tout à fait judicieuse. Les grands acteurs du moment sont tous d’allégeance conservatrice, qu’on pense à monsieur veston trop court, au renard frisé, à l’insipide ex-truc qui contemple les toiles canadiennes issues de Rideau Hall et au fervent pro-schiste.

    «Écoeuré, ça, je le suis. Je suis suprêmement écoeuré de tous ces pseudo-spécialistes qui recyclent leurs mensonges à géométrie variable»

    «La promotion cyclique est un reniement des vérités:»

    On donne une seconde vie à l’amiante. Inclinons-nous très bas: on a adapté le discours en lançant le slogan d’une production responsable.et sécuritaire. Ils vont faire quoi maman avec l’amiante responsable? Peut-être la teindre et lui trouver un joli nom

    [L’amiante, dans la promo-pop actuelle de Quebec Incorporated, est un exemple fort utile de promotion cyclique. C’est le cas d’école, ni plus ni moins. En effet, comme le masque ici est involontairement implacablement translucide, le faciès apparait dans toute sa gloire commercialement cynique, faussement relativiste, illusoirement moderne-écolo-toc et radicalement crapuleuse. – Ysengrimus]

  13. Pierre JC Allard said

    Toc, mode, arnaques et manipulations… Mais, quoi d’autre?

    Affranchi par l’abondance de son inquiétude quant à la satisfaction de ses besoins essentiels, alors que la nature lui chuchote à l’oreille qu’il reste éphémère, l’humain scotomise ses vrais difficultés et s’invente des moulins sur lesquels ses lances ont prise. C’est ainsi que Tarzan-Quichotte est heureux. Enfin… le plus possible.

    De haut en bas, on plonge donc consentant dans l’insignifiance. La plus grande partie de ce que l’on produit ne sert plus à rien et la plus grande partie des services rendus sont au soutien de cette production de l’inutile. Objectivement inutile, mais subjectivement indispensable pour maintenir le tissu de rêves qui nous sert de vie. Presque tout est discours et ce qui ne l’est pas est nié.

    Dans ce contexte onirique, s’est parfaite une technique de la manipulation au profit de ceux qui trouve là leur plaisir. On en voit partout les aspects néfastes, mais sans s’avouer – c’est partie du jeu – qu’elle est aussi créatrice de sens. Sans ces projets, ces drames, ces idéaux, ces feuilletons qui durent treize semaines puis rebroussent chemin pour réutiliser les mêmes décors, saurait-on que faire? Ou ne serions-nous pas comme cette ville en manque de ses Barbares dont parle Cavafis?

    PJCA

  14. Le boulé du village said

    Pis oublions surtout pas le contraire-pas-si-contraire de la promotion cyclique: le dénigrement cyclique:

    http://www.rue89.com/2013/06/09/mobiles-wifi-antennes-les-ondes-mont-tuer-243087

    [Oh, excellent exemple, mon ptit Boulé… – Ysengrimus]

  15. Caravelle said

    Obsevrons aussi que quand le scientisme doctrinaire s’en mêle, rien ne s’arrange:

    http://www.rue89.com/2013/08/04/11-septembre-ogm-ondes-science-citoyenne-vaste-fumisterie-244746

    Carava

  16. La Bostonnienne said

    Tout cela me fait penser au phénomène de ‘greenwashing’ ou écoblanchiment, cette pratique de marketing très répandues de nos jours qui consiste à vanter les mérites écologiques, souvent inexistants, d’un produit ou à s’approprier une image corporative faussement éco-vertueuse en alignant l’entreprise sur des activités prétendument écoresponsables. Prenez en guise d’exemple le cas de Walmart : La famille Walton, fondatrice-propriétaire de Walmart, utilise sa vaste fortune afin de s’acheter des amis au sein des plus grandes organisations environnementales des États-Unis tels que le Environmental Defence Fund, Nature Conservancy et Conservation International (le mouvement environnemental américain lui-même est devenu une vaste machine d’écoblanchiment pour des entreprises et des gouvernements douteux, leur principale source de financement étant l’industrie pétrochimique). Les dons considérables de Walmart à ces organisations, pour ne pas dire à des autorités élues, lui octroient le si précieux pouvoir d’orienter et de façonner les politiques en matière de l’environnement vers les objectifs qui lui sont bénéfiques. Simultanément, en donnant l’impression de l’éco-responsabilité, Walmart gagne l’approbation des consommateurs bien-intentionnés mais dupés. Pour eux, c’est la situation gagnant-gagnant suprême.

    Comme le Miniver de 1984, ces entreprises façonnent et propagent leurs propres vérités: la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, la compétitivité prédatrice des entreprises transnationales c’est l’éco-durabilité. La durabilité environnementale signifie ce que Walmart et ses semblables nous font croire et inclut l’exploitation brutale des travailleurs agricoles, l’utilisation intensive des pesticides et d’autres produits chimiques carcinogènes, l’émission annuelle des centaines de milliards de tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, etc. La durabilité n’est pour eux qu’un buzzword tendance à utiliser dans les présentations PowerPoint.

    [Un des moteurs cruciaux de la promotion cyclique est ici expliqué. L’autre étant celui de la résistance citoyenne à ce phénomène. Et ça tourne, et ça tourne… – Ysengrimus]

  17. Rimonne said

    La vérité est comme ce que l’on peut observer par une lunette grossissante. C’est gros et évident bien entendu, mais c’est toujours trop peu pour interpréter et saisir la vrai nature des choses, du monde inerte et du monde vivant, et de l’univers. Tout est bon, bienfaisant, ce sont les excès et abus qui sont monstrueux. La vérité, par la bouche des hommes, est toujours vêtue d’intentions, soit parfois des plus beaux habits, soit aussi des haillons les plus dégeulasses.

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