Le Carnet d'Ysengrimus

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Posts Tagged ‘pictopoésie’

En quoi l’œuvre du peintre Papy (Clément Gravel) est-elle logogène?

Posted by Ysengrimus sur 1 juin 2022

Avenir

AVENIR, par Clément Gravel

AVENIR

L’avenir de l’art, nous dit-on
Rejetait la figuration
Il se préparait des bosses
Il faisait courser des rosses
Il plaçait des taches blanches
Si aléatoires et si denses
Au sommet d’un noir poreux
Qui bavait des chants cireux
Rencontre de l’incolore
Pour tout ouvrir et tout clore

Et l’avenir percutait
Les épaisseurs et les reflets
Il les forçait à se rendre
Comme des places fortes qu’on veut prendre
Peinturer c’est comme écrire
Ça vous annonce un avenir
Tout en se moquant de lui
En cuisant des vieux biscuits
Et en démontrant, tout silencieusement
Que l’avenir, c’est maintenant

Dans les deux dernières années, j’ai écrit une soixantaine de pictopoèmes sur des tableaux du peintre québécois Papy (Clément Gravel). Le captivant travail de ce peintre est hautement logogène. Il s’agit en effet d’un corpus pictural très spécifique et très idiosyncrasique dont les qualités patafiguratives, plastiques et chromatiques sont, de fait, extrêmement favorables à un compagnonnage entre l’image et le verbe. Force est d’admettre qu’en matière de pictopoésie, les opportunités scripturales varient amplement, en fonction des œuvres picturales ou photographiques approchées. Il est des cas où la possibilité d’écriture d’après peinture ou photo est plus contrainte, plus balisée, moins expansive, moins étrange aussi. Ainsi, par exemple, lorsqu’un tableau ou une photographie fournit d’office l’intégralité du détail configuratif de sa narration et de ses thèmes, on est beaucoup plus en situation ouverte de service scribe et de mise en mots d’une perspective déjà construite et amplement balisée dans le tableau même. On mentionnera aussi les cas de peintures extrêmement formalistes où, finalement, si vous avez deux angles avec l’intérieur de l’angle du haut en rouge, l’extérieur de l’angle du bas en noir, le tout barré d’un trait blanc oblique et portant le titre Sans Titre #147, les possibilités de variations textuelles sur de telles assises peuvent se trouver rapidement assez restreintes.

Chez le peintre Papy (Clément Gravel), on s’installe solidement tout juste entre ces deux tendances, sous les jubilatoires fourches caudines torves, venteuses et variables du patafiguratif le plus calmement exploratoire. Il y a, chez ce peintre hautement insolite et très prolifique, un certain nombre de tableaux au sein desquels des éléments narratifs, toujours fugitifs et furtifs, peuvent arriver à perler. La force et la souplesse des configurations narratives se manifestant dans ce corpus pictural tient au fait, écru mais précieux, trivial mais sublime, ordinaire mais peu banal, que lesdites configurations sont habituellement lâches, molles, distendues, esquissées, problématiques. La solide naïveté du traitement ainsi que la procédure extrêmement permissive et libre de la présentation picturale, fait qu’il s’installe un espace très profond pour une interrogation et un exercice de découverte. Et un tel exercice prend habituellement corps verbalement. Le corpus pictural de Papy (Clément Gravel) se travaille aussi en direction du non-figuratif (comme dans l’exemple retenu ici, quoi que…) et là aussi, affleure une façon de procéder, une texture, une nervosité, une diffraction de ce qui se trouve en place, qui, tendanciellement, génèrera du texte. On a ici affaire à un art pictural qui, de par ses qualités sobres autant que de par les modalités senties du traitement de l’image, ouvre puissamment vers un logos labile et fluide. Une poéticité en devenir.

Longtemps avant d’être un facteur de mise en place de nos poéticités élaborées, le fait logogène est une particularité parfaitement ordinaire. Pour formuler la chose simplement, suggérons d’abord qu’un jardinet tout peuplé de petits persos insolites est logogène (allumeur de parole)… tandis que l’enterrement en noir, sous la pluie et les parapluies, d’une personne aimée est logolythique (extincteur de parole). Plaçons-nous ensuite dans une disposition de découverte artistique ordinaire, par exemple, dans une exposition de tableaux que des gens visitent par petits groupes. La situation logogène se manifeste fort simplement lorsque l’on observe discrètement le comportement des gens qui regardent des tableaux comme ceux de Papy (Clément Gravel), dans une telle exposition. On s’aperçoit que, comme très souvent avec ce genre de corpus pictural, les observateurs se parlent intensément. Ils discutent entre eux, ils se posent des questions comme qu’est ce que c’est ça, selon toi? C’est une meute de loups mais qu’est ce que c’est ça, tout autour? Et des petites exclamations jaillissent… Oh, c’est un personnage probablement féminin. On le voit apparaitre, en regardant assez fixement. Oh, qu’est ce que c’est que ce visage? Que veux-tu dire, perso étrange? Que veux-tu me faire? Le patafiguratif, dans ce mode d’expression visuel, charrie mille interrogations et découvertes. Et il est inévitable que, dans le parcours observateur de ce mode d’expression pictural, le texte soit un compagnon incontournable

Ce qui rend le travail de Papy (Clément Gravel) profondément logogène se déploie sans effort. Et cela réside dans un compagnonnage moiré entre simplicité et gravité. Il y a, dans cette œuvre picturale, une aptitude, à la fois vivement perceptible et particulièrement heureuse, à saisir des situations simples, dépouillées, souvent proches de la nature… des paysages, du jardinage, des animaux en décors forestiers, des personnages élémentaires, presque analogues à des dessins d’enfants. Et pourtant, crucialement, en même temps, on sent une grande dimension de gravité, presque de sacralité. Et cela fait qu’on a fortement envie de tendre vers ce mode d’expression et d’y entrer, comme en un petit cérémonial. Et de fait, pour moi, la choses s’est avérée d’autant plus saisissante que ma première découverte du travail de Papy (Clément Gravel) s’est effectuée grâce à l’enchâssement de fac-similés de ses toiles au sein d’un franc discours textuel, la magnifique biographie de Papy (Clément Gravel) que l’on doit à Claude Desjardins (Papy, le peintre amoureux, 2020). Je ne peux en rien revendiquer d’être le premier plumitif du cru chez qui le corpus Papy (Clément Gravel) a fait jaillir du texte… et pour cause… Claude Desjardins avait ouvert la marche.

Une autre facette du travail de Papy (Clément Gravel) qui assoit sa belle portée logogène, c’est définitivement le jeu fluide sur le bruissement des teintes. Il y a, dans la façon de gérer les couleurs à l’intérieur de cet univers vif, à la figuration élémentaire et fluctuante, presque une touche sémiologisée, comme une sourde charge symbolique des couleurs et des coloris. Assez rapidement, en appréhendant visuellement ce corpus, on sent que les jaunes, les rouges, les bleus, les verts, les blancs, les noirs disent des choses qui sont presque en demande de verbalisation. Tout voudrait se formuler simplement, tout en restant sujet à un grand ensemble d’ouverture d’interprétations. Aussi, on se rend bien compte qu’on a ici affaire à quelque chose qui s’exprime et qui, en même temps fatalement muet, appelle du texte. Et d’ailleurs non seulement le texte est appelé de tous les vœux francs des couleurs en articulations mais, en mode esquissé toujours, le texte est clairement schématisé. De fait, en pictopoésie, le titre du tableau devient automatiquement le titre du poème. Le poème est ancillaire, secondaire. Il est écrit après le tableau et d’après le tableau. Il se jouxte crucialement au tableau par le raccord du titre. Or il y a, chez Papy (Clément Gravel), une particularité formelle intéressante, du point de vue de l’intendance du texte. Les tableaux de Papy (Clément Gravel) sont intitulés en immanence visuelle. Entendre par là que le titre des tableaux fait directement partie de l’expérience picturale. En effet, Papy (Clément Gravel) peint le titre de son tableau au bas dudit tableau. Toujours. Ainsi, l’intitulé fait partie intégrante de l’expérience visuelle vu qu’il est intimement intégré dans la présentation imagière et ce, pour tous les tableaux. Déjà, donc, un proto-texte est installé, dans l’espace pictural, par le peintre lui-même. Et ce proto-texte, c’est le titre. Appel fondateur d’un texte qui viendra, qui devra venir.

On a affaire ici à un peintre qui, sans y penser spécialement, sans le préparer particulièrement, et sans le vouloir explicitement, va créer les conditions maximales à l’engendrement du texte. Pas trop narratif lui-même, pas trop anti-figuratif non plus, subtilement discret au plan des thèmes, l’équilibre fougueusement logogène de ce corpus pictural unique s’installe en toute tranquillité. Chez Papy (Clément Gravel), le figuratif tremble, il frémit, il assume sereinement et simplement son malaise principiel. Et le malaise principiel du figuratif, surtout dans la conjoncture d’art moderne qui est la nôtre… eh bien, cela fait inexorablement fermenter le principe générateur force du texte pictopoétique. De la soixantaine de pictopoèmes que j’ai produit sur la base du corpus pictural de Papy (Clément Gravel), il y a une quinzaine de poèmes qui prennent la forme, explicite ou allusive, de sortes de micro-manifestes au sujet de la crise de la figuration picturale, cette dernière tout naturellement tributaire des priorités de la modernité. Je cite supra, pour exemple, le pictopoème (et son tableau) Avenir qui roule un peu comme un de ces micro-manifestes. Ce que j’y dis c’est ce que le tableau fait insondablement percevoir. Peinturer c’est comme écrire. Ça vous annonce un avenir, tout en se moquant de lui…

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Saumons qui dansent dans la rivière

Posted by Ysengrimus sur 15 mai 2022

Denis Thibault (Namun), Saumons qui dansent dans la rivière, 2019.

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Saumons qui dansez dans la rivière
Ne sous-estimez pas votre fragilité
Un harpon vous attend, sur des berges de fer
Gare aussi aux filets dorés.

Dansez saumons, sur le peu qu’il vous reste
Vivre est si timoré, être est si éphémère
Cette eau autour de vous, semble vous rendre agiles et prestes
Le danger est plus loin. Il arrive de la terre.

L’ours est bien innocent quand il croque vos chairs fines
Comment vous signaler la ville et vous narrer l’usine
Comment vous faire conclure que jamais rien ne dure
Comment vous dire cloaque, vous déclarer mercure

Tous ces saumons qui dansent dans la rivière
Ne savent rien de l’humain, ce danger tutélaire…
Dansez, saumons, dansez…
Les lendemains troublés, brouillés… sont si vite arrivés.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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La mère nourricière

Posted by Ysengrimus sur 15 avril 2022

Denis Thibault (Namun), La mère nourricière, 2019.

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La mère nourricière
Enveloppe de ses bras
Tous les petits moments
Qui picorent, comme ça
En tournant vers leur mère
Des yeux dévorateurs
Qui ne sont pas peu fiers
De les dominer, leurs peurs.

La mère a un collier
Qui tinte sous le soleil
Ses yeux rassérénés
Se disent, bon, c’est pareil…
Des humains, des oiseaux
Au fond, c’est la même chose.
Et, les bras écartés,
Elle vous garde la pose.

C’est qu’une mère nourricière
Ça ne chipote pas sur ce que ça nourrit.
Pensons-y,
Ma sœur, mon frère…

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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Le vieux couple d’outardes

Posted by Ysengrimus sur 21 mars 2022

Denis Thibault (Namun), Le vieux couple d’outardes, 2019.

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Le vieux couple d’outardes
Ne s’épivarde plus
Sur les rives, il s’attarde
Toute philosophie bue.

C’est d’avoir survécu
À tant de saisons de chasse
Et de ces hivers durs et crus
Qui vous strient la carcasse

Que ces outardes en couple
Voient mieux ce qui se joue.
C’est la vie qui leur sert de loupe
Pour distinguer les sages des fous.

Quand ce couple d’outardes
S’envolera vers son dernier soleil
Les petits vieux diront aux petites vieilles:
Notre sagesse s’envole. Regarde! Regarde!

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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La jolie dame aux papillons

Posted by Ysengrimus sur 15 février 2022

Denis Thibault (Namun), La jolie dame aux papillons, 2019.

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La jolie dame aux papillons
Scrute son horizon qui danse
Et qui tournoie, lisse, furibond
Sous le ciel et dans mes stances.

Trois papillons la couronnent
Et lui instillent leur harmonie
La jolie dame s’en étonne
Son regard pétille et luit.

Et elle s’emmitoufle la taille
D’une longue couverte polychrome
Dans sa main, un éventail
Répond aux insectes. Le dôme

De la lune sur l’horizon
Enveloppe la dame et ses papillons
D’un halo luminescent
Sage, et fou, et transcendant.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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Le grand canot légendaire

Posted by Ysengrimus sur 21 janvier 2022

Denis Thibault (Namun), Le grand canot légendaire, 2019.

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Oh, le grand canot légendaire
Transporte mes sœurs et mes frères.
Ils caracolent sur les eaux
Ils sont humains et animaux.

Ils vivent pourtant dans le même monde
Cette carcasse d’étrave oblongue
L’ours et le lapin se côtoient
Le poisson de chair touche le poisson de bois.

Et sous cette lune qui sent si bon
Ils regardent tous dans la même direction
Les castors, les humains, les wapitis
Les petits oiseaux du nord, et l’ours aussi.

Admettons-le, il y a de quoi être assez fier
Qu’en cette rivière des harmonies
Histoire et Nature cogitent et s’associent
Dans une sorte de grand canot légendaire.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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Le festin

Posted by Ysengrimus sur 15 décembre 2021

Denis Thibault (Namun), Le festin, 2019.

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Le festin qui s’annonce ne s’oubliera pas
Il sera bien plus dense qu’un simple repas.
Il nous verra marcher sur la racine des choses
Il sera la rencontre qui se donne et qui ose.

L’ours jouera du tambour. Le caribou danseur
Grimpera dans un arbre. Et mon frère, et ma sœur
Se joindront au gueuleton. Les oiseaux, en un cri
Annonceront cette vieille union de la matière et de l’esprit.

Le festin qui s’annonce et danse et se déhanche
Nous regroupe près de l’arbre, sous le toit de ses branches.
Humains et animaux, ici, ont bien compris
Que le banquet des temps ne se vit qu’entre amis.

Archaïque est la fête qui n’a pas sa pareille
Pour concilier ainsi les bouches et les oreilles.
Humains et animaux vont rire et ondoyer
Ils ont enfin compris comme il faut festoyer.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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Fleur des bois, porteuse de légendes

Posted by Ysengrimus sur 15 novembre 2021

Denis Thibault (Namun), Fleur des bois, porteuse de légendes, 2019.

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Fleur des bois
Tu es porteuse de légendes
Que le soleil déploie ses apparats
Ou bien qu’il gèle à pierre fendre.
Tu veilles, Fleur des bois
Tu te racontes, porteuse de légendes.

Fleur des bois
Tu es l’amie des animaux
La cousine synthèse des oiseaux
La dépositaire des poissons
Qui pullulent par nations
Dans tes lacs, tes ciels, tes pourquoi…

Fleur des bois
Tu es aussi porteuse du danger des légendes
Dis-nous… mais dis-nous qu’elle ne disparaîtra pas
Toute cette faune sémillante
Qui frémit tout autour de toi.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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Le feu sacré d’une génération à l’autre

Posted by Ysengrimus sur 15 octobre 2021

Denis Thibault (Namun), Le feu sacré d’une génération à l’autre, 2019.

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Le feu sacré
N’est jamais assuré
Il frissonne, il est ivre
Il faut le laisser vivre
L’observer, l’encadrer
Mais ne pas l’étouffer,

Les générations
Ont tout simplement cela pour mission
La transmission
Du feu.
Cela n’est pas un jeu
C’est une tension urgente
Issue d’une de ces douleurs cuisantes
Qu’il faut sentir monter
Sans la cicatriser
Qu’il faut laisser descendre
Sans la réduire en cendres.

Il relève de l’essence de l’être
De transmettre
De livrer
Le feu sacré
D’une génération à l’autre
De la mienne à la vôtre.

Nous sommes tous concernés.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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La danse du châle de fantaisie

Posted by Ysengrimus sur 21 septembre 2021

Denis Thibault (Namun), La danse du châle de fantaisie, 2019.

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La danse du châle de fantaisie
Interpelle les esprits.
Des petits oiseaux bleus s’interposent
Ils s’exposent et gardent la pose
À la périphérie
Du lieu investi
Par le châle de fantaisie
Pour frémir.

La danse du châle est fluide et aqueuse
La vive danseuse, généreuse
Fait interagir l’eau et le feu.
Étincelles du pire et gouttes du mieux
Joignent la danse.
Le vaporeux et le dense
Fusionnent ainsi leurs intermittences
Pour se dire.

Danse du châle de fantaisie
Tourbillonne
Et émulsionne
Les acres replis
De tous nos interdits…

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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