Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

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Michabou, le grand lièvre créateur du monde

Posted by Ysengrimus sur 15 avril 2021

Denis Thibault (Namun), Michabou, le grand lièvre créateur du monde, 2019.

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Michabou
Était venu du froid
Il regarda de ci de là
Et stabilisa sa faconde
En créant le monde
Comme ça.

Il se disait, faiblard
Qu’il allait pas grelotter, transit et furibard
Jusqu’au fond des éternités.
C’eut été
Des fatalités
Faire bien pessimiste bombance.

Michabou se dit plutôt qu’un monde plus dense
Méritait de se faire habiter
Il suffisait de tortillonner
Complexifier
Diversifier
Et qu’ainsi, pour notre bonheur
Il en jaillirait bien quelque dynamique chaleur…

Oui, oui, Michabou venait du froid
Du froid tout à la ronde
Mais, créateur du monde
Il ne se contenta pas
D’un tout petit ceci-cela…

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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Ton amour danse dans mon cœur

Posted by Ysengrimus sur 21 mars 2021

Denis Thibault (Namun), Ton amour danse dans mon cœur, 2019.

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Ton amour danse dans mon cœur
Il a eu raison de mes peurs
De mes vêtements, il s’est emparé
Et il les a transformé en nudité

Ton amour danse sur ma vie
Il a métamorphosé mes soucis
En petites coccinelles discrètes
Qui se sont esquivées sans trompettes

Ton amour danse dans mon cœur
Il a ratatiné les années en heures
De l’éternité, il a fait un fugitif instant
Le tant terne est devenu tout éclatant

Ton amour danse au fond de moi
Viens t’emmitoufler dans mes bras
Ce monde, il nous faut le refaire
Commençons par nous aimer, et par ne pas le taire

Ton amour danse dans mon cœur
Et que rien n’éteigne cette vigueur
Que tes yeux se perdent dans les miens
Mon amour n’a d’égal que le tien.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — Crincrin

Posted by Ysengrimus sur 21 février 2021

C’est au rythme du crincrin
Que l’on va notre chemin
En faisant la ronde
Dans le monde
Sous la lumière et dans l’ombre
On tente ce coquin de sort
Dans la vie et dans la mort
Le crincrin lire ses grands cris
Et tous les Jack Mistigris
Dansent et sautent et râlent et miaulent
Et les acteurs jouent leurs rôles
Les bonhommes brassent des bouteilles
Les monts accouchent de merveilles
Les bonnes femmes se rongent les sangs
Les cotillons comme des volcans
Les époques se tortillonnent
Toutes les nations s’émulsionnent
Les feux follettes sont achalés
Ils dansent la polka piquée
Rose Latulipe est vraiment chanceuse
La route est bien que trop neigeuse
Donc le Yâbe va resté chez lui
La musique va rouler toute la nuit
Jeux de pieds, jeux de mains, jeux de vilains
Tout ça au rythme du crincrin.

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Le caribou danseur

Posted by Ysengrimus sur 14 février 2021

Denis Thibault (Namun), Le caribou danseur, 2019.

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C’est le caribou danseur
Il est vraiment pas complexé
Il a laissé ses terreurs
Dans sa forêt mordorée
Par les ardeurs de l’automne
Et ce cervidé s’étonne
De pogner le rigodon
Quasiment plus vite que le violon
Car un caribou, ma sœur
C’est un calibre de danseur
Qui ne se dépareille pas
Et ne perd pas souvent le pas
Son secret, autant l’avouer
Autant vous le partager
Et tant pis s’il vous étonne
C’est que le caribou autochtone
Dans les rythmes et les arpèges
Malgré les loups et la neige
Danse sans se démonter
Depuis l’éternité.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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Il y a longtemps, les animaux parlaient aux hommes

Posted by Ysengrimus sur 15 janvier 2021

Denis Thibault (Namun), Il y a longtemps, les animaux parlaient aux hommes, 2019.

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Il y a longtemps, les animaux parlaient aux hommes
Et ils leur écrivaient aussi, avec leurs pas
Dans la neige et dans la mousse. En somme
C’était des temps où on ne se taisait pas.

C’était l’époque où on s’amenait des nouvelles
Au sujet des grands vents et des pistes de chasse
Pas de contrats alors, pas de profits, pas de gabelles
Seulement les paroles libres, celles que le vent efface.

Les animaux sauvages parlaient à l’homme de leur chair
Et l’homme leur parlait des premières cuissons
Les animaux en forêt sifflaient à l’homme leurs petits airs
Et ce dernier ne répondait pas encore: domestication.

Puis, il a fallu que la peau du castor et du loup
Devienne une pelleterie, objet de convoitise.
L’homme et les animaux ne se parlent plus, du coup.
Désormais, entre eux, le silence étranglé du collet est de mise.

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Tiré de Namun et Ysengrim, L’IMAGIAIRE TSHINANU, Denis Thibault éditeur, 2019.

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Le luth de carton (ces instruments de musique en moi)

Posted by Ysengrimus sur 7 décembre 2020

La Musique hante la mémoire, n’est pas résumable, et est indéfinissable.
Paul Valéry (Analecta, aphorisme XCIV, note 2)
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En écrivant les «églogues instrumentales» (cinquante poèmes sur cinquante instruments de musique), le troisième sous-recueil de mon ouvrage Ressacs Poétiques (2019), un flot de faits biscornus, tangibles et denses m’est revenu, en tourbillons, en cascades. J’ai dû me rendre à l’évidence: en toute indépendance du lyrisme poétique qui m’a fait écrire sur les instruments de musique, j’ai dans la tête, en vrac et en fanfare, un ensemble, matériel et intellectuel, de faits musicologiques ordinaires et vernaculaires, tous vécus par le petit bout de la lorgnette. Sur une période de soixante ans (1960-2020), j’ai ressenti intensément la musique, à travers le lot extraordinaire et mirifique de ses instruments, vieux et neufs, beaux et laids, forts et faibles, grands et petits. Je les ai touchés, je les ai palpés, je les ai entendus, je les ai regardés, je les ai supportés, je les ai révérés, je les ai cogités, je les ai médités. Je les ai trouvés évidents ou je les ai trouvés ambivalents. Je ne les ai jamais pris pour acquis et je les ai tous appréciés et aimés. La musique passe et se transmet crucialement à travers ses instruments et ses instrumentistes. Et cette voix est toujours la voix d’un temps… un temps qui, déroulé, révolu, en vient de plus en plus à vouloir se dire.

Vous allez un peu lire, dans cet ouvrage, quelque chose comme les mémoires sur le tas d’un modeste musicien raté. Vous allez me saisir sur images interrompues, me capter en flagrant délit de cesser de jouer de la musique. C’est que, fondamentalement autant que viscéralement, la musique, je préfère la regarder et l’écouter. Pour tout dire, ma priorité est de la contempler. J’ai donc appris à renoncer à la musique, comme acteur. En musique (comme en gastronomie, en peinture, en sculpture, en parfumerie, en cinéma) je suis public. Et le public ne joue pas la musique. Il en parle. C’est ce que je fais, dans ce petit livre. Et ma musique —au sens métaphorique, cette fois-ci— se joue, entre ces pages, sur un instrument irréel, largement fantasmé, un petit peu toc, même… un luth. Et le luth que je vous joue ici est un luth de carton.

Parler de musique me laisse toujours ce goût onctueux et étrange dans le fond du cerveau. Duke Ellington disait: votre meilleur instrument de musique, c’est votre oreille. Moi, ma joie et ma tristesse combinées résident dans le fait que mon oreille, c’est aussi mon seul instrument de musique…. Dont acte d’écriture. Le forban compense toutes ses pauvretés. C’est bien pour ça qu’il cherche des trésors.

Au sein de cette joyeuse galerie de souvenirs, on va vite noter des petits absents (comme le tanbura ou le cor anglais) et des grands absents (comme la guitare électrique et la trompette). Les petits absents, je les aime profondément mais je n’ai pas vraiment de souvenir tangible les concernant. J’ai donc dû un petit peu les abandonner sur le bord de la route. Dans le cas des grands absents, j’ai tout simplement trop de souvenirs à leur sujet, un tintamarre de souvenirs. Ça aurait fait cacophonique et cataclysmique de chercher à tous les empiler, puis les faire défiler. La trompette (la reine du Jazz) et la guitare électrique (la reine du Rock), les mélomanes de ma génération et de la génération précédente les entendent tous le temps, dans leur tête. Un jour (en 1983), dans une salle de séminaire de l’École Normale Supérieure de Paris, un instrument diffus et quasiment imperceptible se fit entendre. Le conférencier (mort depuis — il avait l’âge de mon père) s’interrompit alors parce que, selon ses dires, il entendait une trompette lointaine. J’entendais, pour ma part, une guitare électrique lointaine. Parallaxe auditive et diffraction des lectures. Le conférencier était avec Boris Vian, j’étais avec John Lennon. Chacun le son de son temps.

Pour le coup, c’est comme pour le nom des instruments. Un jour (vingt ans auparavant, en 1963), j’ai décidé que le nom guitare allait beaucoup mieux au violon que le nom violon et que le nom violon allait beaucoup mieux à la guitare que le nom guitare. J’ai donc interverti ces deux noms, de ma propre initiative, et de mon propre chef. Une fois ce correctif radical instauré, en moi, le plus simple restait à faire. Convaincre la terre entière que, fait inédit, le violon s’appelait en fait guitare et que la guitare s’appelait en fait violon. Rien n’est impossible, quand on a cinq ans. Je commençai cette grande œuvre de rectification lexicale avec une de mes cousines, une grande, qui me gardait, un soir. Elle lisait un livre en ma compagnie. Je me vois encore sur le sofa du salon, avec elle. Tout va bien car cette cousine me connaît assez bien et elle ne sous-estime pas trop mon intelligence, comme le font si souvent ces grandes. Elle me montre un guitariste dans le livre et me demande le nom de l’instrument. Je réponds: un violon. Elle me lit la page sans broncher et j’ai le temps de me dire intérieurement que ça marche, que l’intervertissement du nom de ces deux instruments est amorcé, qu’il s’enclenche, qu’il est en cours. Juste avant de tourner la page du livre d’images, ma cousine pose le doigt sur l’image de l’instrument et dit: C’est une guitare, Paul. Tâche de ne pas te tromper à l’avenir. Ah, me dis-je intérieurement, c’est cette pauvre dame qui ne comprend rien de l’essence radicale des choses et de la crise des dénominations l’enveloppant et l’enserrant comme une brume ouateuse. Peste alors!

Aujourd’hui, les instruments de musique portent leurs noms, en moi, leurs vrais petits noms dénotatifs. Ils jouent aussi leur musique, leur vraie musique de ritournelle et rien d’autre. Mais la folie qu’ils me suscitent reste, elle aussi, avec moi et elle ne me quittera jamais. Cela me fait rêver un peu et chantonner beaucoup.

Cela me fait aussi écrire. D’où ce recueil de cinquante textes sur cinquantes instruments de musique, que je soumets aujourd’hui à votre sagacité amie.…

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Paul Laurendeau (2020), Le luth de carton, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou Mobi.

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Rodrig Mathieu: les questions que pose un acteur qui lit

Posted by Ysengrimus sur 7 juillet 2020

Rodrig Mathieu (1934-2017)

Le théâtre est un art mineur…
Michel Clément

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J’avais dix-neuf ans en 1977 et j’étudiais le théâtre. La fac des Cantons de l’Est où j’étais étudiant disposait d’une petite salle de théâtre expérimental qui participait tout naturellement à l’ambiance des luttes sociales du temps. Mais les salles de théâtre ne sont jamais que les écrins des puissances qui les hantent. Et ici, la figure que le temps fait émerger et perdurer devant nous est celle de Rodrig Mathieu (1934-2017). L’homme avait quelque chose d’un orang-outang costaud et sympathique. Une boule de cheveux frisés, rousse comme le feu, une barbe à l’avenant… le tout commençant déjà un petit peu à blanchir. Le personnage était goguenard, taquin, chafouin, souriant, patient, amène… dans la vie civique. Comme metteur en scène ou directeur de troupe, par contre, il devenait d’une grande austérité, d’un sérieux et d’une rigueur qui vous tirait tout naturellement, comme obligatoirement, vers le haut.

Rodrig Mathieu n’était pas un universitaire patenté. C’était ce qu’on appelle, dans les cercles cultivant une certaine condescendance intellective, un autodidacte. Il avait travaillé sur des trucks de liqueur et dans des usines à cigarettes montréalaises et il avait fait du théâtre d’avant-garde dans la métropole. Quand la troupe de théâtre qu’il avait fondé avait fusionné avec une autre et s’était institutionnalisée, il avait décroché de la grande ville. C’était un pur, un vrai de vrai d’outre-ville. Il ne croyait pas au vedettariat. Le théâtre dont il faisait la promotion était un théâtre d’intervention sociale. Toute la fibre intime de ce superbe artiste et meneur de troupe rejetait le théâtre bourgeois. Échanger, même superficiellement, avec lui était une éducation socio-historique permanente. Si j’ai rencontré un penseur prolétarien authentique, ailleurs que dans ma vie livresque, ce fut Rodrig Mathieu. Je vis encore ce coudoiement passager, distant mais déterminant, comme un moment incontournable de mon cheminement intellectuel et émotionnel.

J’ai donc dix-neuf ans et le cours que donne Rodrig Mathieu directement sur les praticables de la petite salle du théâtre expérimental de notre fac estrienne s’intitule La mise en scène dans le théâtre d’amateurs. Rodrig Mathieu se donne ouvertement le cadre de représentations (marxiste) et la procédure de travail de Manfred Wekwerth, assistant de Bertolt Brecht au Berliner Ensemble. L’ouvrage La mise en scène dans le théâtre d’amateurs de Wekwerth sert de support de cours direct. Rodrig Mathieu va faire prendre vie, dans notre jeu et dans notre esprit, à l’ouvrage de Wekwerth et, à travers lui, à toute la vision brechtienne de la dramaturgie.

De quoi s’agit-il? D’un rafraichissement complet de notre conception implicite (et implicitement bourgeoise) de l’art dramatique. L’acteur n’est plus là pour divertir sans transformer mais pour se transformer lui-même en agent de changement social se mettant au service de la classe prolétarienne et de ses combats. Pour jouer le rôle d’un balayeur de planchers, il ne fallait plus discuter avec tel acteur ayant tenu le même rôle… mais avec un vrai balayeur de planchers. Pour ce faire, l’acteur devait s’imprégner du milieu social dont il émanait, se préparant non plus à y réagir ou à s’en démarquer mais bien à le reproduire, dans son jeu. Pour cela, l’acteur devait devenir un observateur ordinaire de la vie sociale… en toute précision et en toute modestie. L’acteur ne devait plus non plus se contenter de ses astuces et ficelles de jeu comme, disons, un musicien de cabaret fourbissait ses phrasés. L’acteur devait intérioriser en profondeur les conditions socio-historiques des drames qu’il prétendait évoquer. Pour cela, l’acteur devait lire.

Tout était en cause. Rien ne reposait sur les implicites antérieurs, rodés dans la vie de la société bourgeoise. Être un intellectuel n’était plus cette sorte d’enjeu autonome d’officine auquel on aspirait, pour être cultivé. On devenait, plutôt, l’acteur ou l’actrice qui lit… un peu comme l’ouvrier qui lit, du fameux poème de Bertolt Brecht. On montait une pièce de théâtre sur les prisons? On travaillait à partir d’un drame écrit par des prisonniers anonymes et on lisait et se renseignait sur la condition carcérale effective. L’acteur était avant tout le serviteur de la fable et des enjeux sociaux qu’elle véhiculait. C’était un travail de communicateur critique et d’animateur social progressiste… méthodiquement transgressif…

L’acteur n’en négligeait pas pour autant ses techniques. En toute discipline et en toute rigueur, il devait poser la voix, articuler sa disposition corporelle, apprendre un texte ou dominer des canevas d’improvisations. Simplement, il devait configurer l’intégralité de son action dans la conscience sociale. S’il chantait, il était Woody Guthrie. S’il jouait de la batterie, il était Max Roach. Les détails les plus fins de son jeu s’en trouvaient intimement déterminés. La fable ne fonctionnait plus comme du théâtre dramatique mais comme du théâtre épique, au sens brechtien de ces deux termes. Il ne s’agissait plus de serrer un nœud et de déployer spectaculairement un dénouement (théâtre dramatique) mais d’évoquer tous les détails contradictoires d’une tranche d’histoire (théâtre épique).

Rodrig Mathieu était très intimement habité par la dramaturgie brechtienne. Elle vivait en lui. Cela faisait ressortir cette analyse profonde et inégalée de l’art dramatique avec un singulier relief. Tout, dans une mise en scène de Rodrig Mathieu, subvertissait nos représentations ordinaires et y substituait une permanente analyse critique du monde, une analyse de classe. Être dirigé par Rodrig Mathieu ne vous redéfinissait pas seulement comme acteur, mais aussi comme intervenant social. J’ai eu la chance de jouer dans quelques productions mises en scène par Rodrig Mathieu. Elles me firent entrer dans une mutation intellectuelle durable. Sans malice et sans affectation, je suis devenu marxiste au contact du metteur en scène Rodrig Mathieu.

La quête sans concession de Rodrig Mathieu s’exprimait en faisant face à des forces formidables. Il en avait pleinement conscience. Éduquer de jeunes acteurs et actrices qui rêvaient de brûler les planches et en faire des intervenants sociaux cohérents et avancés ne tombait pas sous le sens, même dans les belles années des luttes sociales théorisées de notre jeunesse. Je ne vais pas nommer de noms mais une portion de nos confrères et consœurs sont entrés au Palais des Glaces, par la porte de service. Certains ont décroché des petits rôles dans des dramatiques, des séries télévisées ou des films, d’autre sont devenus hommes et femmes de théâtre sur leurs scènes locales respectives. D’autres se sont tout simplement engloutis dans le cycle ordinaire de la vie civique. J’ai la certitude sereine qu’aucun d’entre elles et eux n’a oublié l’apport rigoureux, doctrinaire et exigeant de Rodrig Mathieu.

Dans l’esprit de ce que Rodrig Mathieu m’avait solidement inculqué, j’ai vécu mon propre cheminement face au théâtre. Et voici qu’une manière de paradoxe du comédien s’installait en moi. Les formulations intellectuelles élevées, la priorité de critique sociale, l’exigence d’une analyse soutenue de la société de classe, implicite à la représentation théâtrale… tout ça ne rayonnait pas très loin, une fois l’acteur et l’actrice extirpés du laboratoire de dramaturgie sociale qu’avait mis en place Rodrig Mathieu. On se retrouvait vite embringués dans des productions avec des metteurs en scènes qui vous utilisaient plus comme des pantins sans fils que comme des animateurs sociaux. Ces metteurs en scènes du monde bourgeois, dans leur bonne foi un peu carrée, vous associaient à des productions théâtrales qui véhiculaient un discours et des idées que vous n’endossiez pas nécessairement. Vous vous retrouviez à sautiller sur scènes, disant et faisant des choses qui trahissaient ouvertement vos vues et perspectives sur le monde. D’ailleurs, les metteurs en scènes s’avéraient souvent des petits dictateurs peu soucieux d’associer leurs acteurs à la pensée (articulée ou non) qu’ils véhiculaient. On comprenait souvent ce qu’un show racontait vraiment, le lendemain de la première… trop tard. J’ai vite perdu le goût de m’associer à des productions qui m’utilisaient comme porte-parole des conceptions des autres, souvent simplettes, nunuches et passablement ronrons et réacs.

Rodrig Mathieu, tant dans son cheminement artistique personnel que dans ses formulations doctrinales les plus explicites, démontre fondamentalement que l’art dramatique est un mode d’expression auquel inexorablement, on renonce. Rien de socialement durable n’y percole vraiment. Un film, une pièce de théâtre sont fatalement la voix d’un temps. Y jouer, s’y engager, les mettre en scène, les produire, cela parle de ce temps, sans plus. Et rien ne se décide vraiment alors. Tout est ballotté par l’air du temps, les modes, les conjonctures, les tendances, le marché bourgeois de l’art. Un film ou une pièce de théâtre, c’est de les voir que j’en tire quelque chose de durable, percolant derechef en un acide critique. Au théâtre et au cinéma, désormais, je suis public. De ne plus jouer, se jouer, mon intégrité s’en sort, sinon exprimée, au moins préservée.

Je lis toujours mais je ne suis plus acteur. Comme bon nombre de ses autres élèves d’autrefois, Rodrig Mathieu m’a finalement fait entrer, conscientisé, dans la vie sociale effective de cette foutue tranche historique au sein de laquelle on doit faire notre affaire, sans jamais cesser de transmettre le relai des luttes.

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Comment le professeur Henri Gazon m’a (bien involontairement) enseigné la circonspection intellectuelle

Posted by Ysengrimus sur 1 juillet 2020

Une des pochettes de disques du Professeur Henri Gazon (1973)

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Le professeur Henri Gazon (1909-1982) est un fameux charlatan de ma jeunesse, un petit peu oublié aujourd’hui. C’était un astrologue ou plutôt, libération sexuelle de l’époque oblige, un sexologue-astrologue. Il œuvrait, avec une ostentation toute flegmatique, à corréler la libido de ces dames avec quelque chose comme leur carte astrale. Et ça fonctionnait. Ça roulait sur les chapeaux de roues. Le public féminin, des dames de la génération de ma mère (1924-2015), marchait à fond dans la combine. Les bonnes dames se présentaient aux conférences du professeur Henri Gazon, suivaient ses émissions de télé, achetaient ses livres et même ses disques. Rationaliste au ras de mottes et cartésienne des plus terre à terre, ma mère, elle-même, ne poissonnait pas une seule seconde dans le baratin du professeur Gazon. Je l’entends encore expliquer à notre voisine, par-dessus la haie, avec une conviction non feinte: Ben voyons donc! Vous vous laissez avoir parce qu’il a de la prestance et qu’il s’habille bien. Ça vous fait le même effet que les curés d’autrefois… Et tout était dit.

Le professeur Gazon s’habillait effectivement en noir et cultivait jusqu’à l’affectation une prestance bonhomme à l’ancienne. On aurait dit une sorte d’Edgar Cayce francophone. Il avait un sens discrètement efficace de son image médiatique. C’était un sphinx. Il était littéralement impossible de le démonter ou de le faire sortir de ses gongs, sur un plateau de télévision. Toujours impavide, onctueux, la voix grave, le geste à la fois ample et économique, il captivait. On le voyait très souvent dans les émissions estivales de semaine, les émissions s’adressant de fait à la clientèle féminine, encore largement domestique à l’époque. Faussement éminent, il exposait, dans ces programmes du midi, ses analyses sexologiques bidons et son astrologie fumeuse. Parfois, il répondait à des questions de lignes ouvertes, parfois on le confrontait à d’autres invités, moins charismatiques que lui et qui cherchaient habituellement, sans trop y parvenir, à démonter ses diverses charlataneries à la mode.

En 1973, j’avais quinze ans. On me pardonnera le caractère lacunaire du contexte du souvenir, pourtant vif et tangible lui, que je vais évoquer. Il y avait à l’époque une sorte de boutefeu télévisuel de service que nous appellerons, faute de mieux, monsieur Piquet. Hargneux, vif, roué, habituellement efficace dans ses réparties, Piquet servait souvent d’avocat du diable de service, à la télé du midi. Il avait lui-même une émission de lignes ouvertes dont j’oublie le titre mais que je ne ratais pas (j’en entend encore la musique de générique dans ma tête). La hargne de Piquet et sa couverture hoqueteuse de l’actualité nationale et internationale, en compagnie de ses téléspectateurs redondants au téléphone, s’accompagnaient parfaitement d’un bon sandwich jambon fromage, les jours pluvieux ou même ensoleillés d’été.

Alors, un jour, quelqu’un d’autre a l’heureuse idée d’inviter monsieur Piquet à débattre sur son émission avec le Professeur Henri Gazon. Je n’allais pas rater cette joute. Sans trop me soucier de son contenu, je me demandais surtout lequel des deux, l’irascible Piquet ou le flegmatique Gazon, aurait le dessus. Cela s’annonçait comme une savoureuse empoigne entre Woody Woodpecker et Yogi Bear, si vous voyez ce que je veux dire. Ça promettait d’être à la fois parfaitement divertissant et sans grandes conséquences. J’étais à mille lieux de m’apprêter à vivre une des révolutions intellectuelles majeures de ma vie, qui me détermine encore pleinement aujourd’hui.

Dès le début, la joute remplit superbement ses promesses. Piquet attaque Gazon avec virulence et ne le lâche pas d’une semelle. L’aptitude habituelle de Gazon à occuper et dominer l’espace est promptement déstabilisée par la virulence de Piquet. Le Professeur Gazon ne perd fichtre rien de sa bonhomie usuelle mais il est clair que son monologue tranquille est échancré voire déchiqueté par l’action argumentative, corrosive et interruptive, de Piquet. On en est encore autour de la fameuse corrélation entre pulsions libidineuses et impact des astres. Piquet mène la charge (je reproduis approximativement le dialogue).

Piquet: Mais enfin, à peu près n’importe quoi, dans notre quotidien, peut impacter sur la libido et en incurver les tendances.

Gazon: Que voulez vous dire?

Piquet: Eh bien… je me réfère ici à la fameuse Méthode de Psychologie Populaire du grand psychologue français Lecarnaie. Vous connaissez le docteur Pierre Lecarnaie.

Gazon: Oui, oui.

Piquet: Ses travaux sur la psychologie des masses font autorité.

Gazon: Absolument, c’est incontestable.

Piquet: Eh bien le docteur Lecarnaie corrèle la libido de certains de ses patients avec leur activité de jardinage. Dans d’autres cas, il y a rapprochement entre le rythme sexuel et le rythme des parties de tennis de la patiente. Ou de ses périodes de lecture.

Gazon: Bon, je veux bien.

Piquet: De là à pieusement conditionner sa charge libidineuse à la lecture des Horoscopes du Professeur Gazon, il n’y a qu’un pas, vous ne me direz pas.

Gazon: Ah non. Je vous demande pardon, mon brave. C’est totalement différent. Les prédictions que je propose dans mes cartes du ciel sont faites longtemps à l’avance. Pas à la petite semaine, comme dans vos exemples.

Etc…

Et le débat se poursuit encore ainsi pendant une bonne quinzaine de minutes. Seize minutes plus tard, au beau milieu de tout et de rien, Piquet s’exclame, triomphal: Quoi qu’il en soit, Professeur Gazon, je détiens la preuve irréfutable de votre malhonnêteté. J’ai fait référence tout à l’heure aux travaux inexistants d’un docteur Lecarnaie de mon invention, en vous demandant si vous connaissiez cet être totalement imaginaire. Et vous m’avez répondu oui, sans frémir. Comment peut-on alors faire confiance à un menteur aussi frontal et aussi impudent que vous. Futé, Gazon reste de marbre, ne se laisse nullement démonter et opte, sans frémir, pour la feinte par extinction. Entendre qu’il continue de débattre sur le sujet principal du moment comme s’il ne venait tout simplement pas d’entendre cet aparté assassin de son adversaire. Comme l’émission touche déjà à sa fin, Piquet ne dispose pas de l’occasion de replanter le couteau en cette plaie perfide. Gazon s’en tire donc parfaitement indemne. Les choses continuèrent, comme si de rien n’était, de bien se passer pour lui, ce jours-là et les jours suivants. Ses ventes de livres et de disques ne se trouvèrent nullement altérées par un tel flagrant délit. Ses conférences ultérieures ne furent nullement désertées.

Par contre le petit Po-pol, lui, il était intégralement sidéré, devant son poste. Je découvrais littéralement cette stratégie argumentative perfide. On vous fait croire à l’existence d’une réalité imaginaire et lorsque vous acquiescez, patatras, on vous prend au piège dans le gluau fatal de votre propre cuistrerie. Avant ce chemin de Damas télévisuel fatidique, j’avais souvent fait semblant de connaître des choses dont j’ignorais tout, notamment face aux tikus de la rue. Oh, je m’étais bien fait pincer une ou deux fois, à faire croire aux epsilons du coin que j’avais vu un épisode de Batman dont je ne connaissais pas le premier mot. Profits et pertes de ma petite vie sociale neuneu de ce temps. Cela n’avait pas vraiment porté à conséquence. Je n’y avais jamais vraiment repensé. Mais subitement, ici, en quadraphonie, un digne monsieur vêtu de noir qui vendait des livres et des disques venait de se faire capturer en flagrant délit d’ignorance mal gérée par un adversaire argumentatif, en direct, dans le collimateur du téléviseur, devant les masses. Cela me fit une très grosse impression.

Bien abruptement et bien involontairement, le professeur Henri Gazon venait de m’enseigner la circonspection intellectuelle. C’est dit et cela résonne encore au jour d’aujourd’hui. Il n’est pas payant de prétendre connaître quelque chose qu’on ne connaît pas. Cela pourrait toujours être un piège. Je me le tins pour dit. Je m’efforçai, suite à cette leçon édifiante, de ne plus jamais faire semblant de savoir ou de connaître des choses que je ne savais pas ou que je ne connaissais pas. Ce fut difficile, en ouverture de partie. Le cuistre ado se piquant d’ardeur intellective souffre toujours un peu, au début, d’admettre frontalement qu’il ne sait pas. Mais je tentai, par douloureuses étapes, de tourner le désavantage de mes béances en avantage. Le fait de ne pas connaître un truc qu’un Diafoirus quelconque m’enseignait me permettait de pieusement m’en imprégner, pour la fois suivante. Et graduellement, comme imperceptiblement, l’envie de montrer qu’on sait céda pas à pas le pas devant le simple plaisir d’apprendre, pur, nu et vrai. Au jeune Alcibiade se substituait tout doucement le vieux Socrate.

En commettant cette erreur de gros cuistre opaque, Henri Gazon ne m’avait pas vraiment prouvé sa malhonnêteté, disons la chose comme elle est. Cette dernière se nichait ailleurs, dans ses livres, dans ses disques, dans ses conférences. Sur le coup, c’est Piquet qui me parut bien plus malhonnête, vicieux et retors d’entraîner ainsi, dans le feu de l’action, sa lourde victime, sa dupe repue, dans un piège aussi grossier et facile. C’est nul autre que le cartésianisme de ma mère qui m’avait prévenu, d’assez longue date, contre l’astrologie à la Henri Gazon… oui, oui, longtemps avant cette algarade télévisuelle un peu vide avec ce monsieur Piquet bien oublié. Le jour où je syntonisai ce programme, je jugeais déjà en conscience que le bon et affable Professeur Gazon n’avait plus rien à m’apprendre. Ce fut une grande surprise de découvrir ainsi le contraire. Ce fut aussi une leçon de modestie supplémentaire. On a toujours besoin d’un plus cuistre que soi…

 

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Soixante questions sur nos belles chansons québécoises du fin fond du fond

Posted by Ysengrimus sur 24 juin 2020

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Sans transition, pour la Fête Nationale, testez vos connaissances de notre beau terroir sonore, dans un guilleret jeu-questionnaire de soixante (60) questions. Si —sans cyber-recherche aucune— vous obtenez 20/60 dans ce petit examen, c’est que vous êtes vraiment des mélomanes québécisants de haute tenue. Les RÉPONSES, sommairement commentées, sont ici infra, après le questionnaire, juste en dessous du second violon.

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  • 1- En début de carrières, Clémence Desrochers et Jean-Pierre Ferland ont fait équipe avec d’autres artistes dans un petit groupe de chansonniers-fantaisistes. Quel était le nom de ce groupe?

Les Flagosses

Les Gonzagues

Les Bozos

Les Gnochons

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  • 2- Qui est le créateur du personnage de Léopold Gibouleau?

Gilles Vigneault

Yvon Deschamps

Plume Latraverse

Richard Desjardins

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  • 3- Une romancière ou un romancier québécois/e à la plume moderniste et incisive ayant écrit des paroles de chansons pour Robert Charlebois.

Nicole Brossard

Hubert Aquin

Marie-Claire Blais

Réjean Ducharme

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  • 4- J’AI VU LE LOUP, LE RENARD, LE LION: Charlebois, Vigneault, Leclerc ensemble devant public, pour un spectacle-culte donné en plein air, à l’occasion de la Superfrancofête, en l’an de grâce…

1973

1974

1975

1976

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  • 5- Chanteur humoriste, auteur d’une chanson tendre et émue sur un pianiste virtuose et visionnaire dont les camarades découvrent éventuellement qu’il est aveugle. La chanson s’intitule LES IMBÉCILES DU COIN et son auteur-interprète est…

Tex Lecor

Jérôme Lemay

Jean Lapointe

Raymond Lévesque

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  • 6- Peu après avoir quitté CORBEAU, Pierre Harel s’associe à un groupe de rock au nom percutant, mais à la vie éphémère. Ça s’appelait…

Guérillero

Phénix

Patriote

Condor

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  • 7- Repérez la personnalité politico-historique qui N’EST PAS nommée (avec ou sans calembour sur son nom) dans la chanson MON AMI FIDEL, sur le disque LONGUE DISTANCE, de Robert Charlebois.

Golda Meir

Moshe Dayan

Arafat

Sadate

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  • 8- Le groupe BEAU DOMMAGE a, dans son livret, une chanson évoquant le Saint-Laurent comme lieu d’appartenance. Elle s’intitule:

Le bord du fleuve

Le vent du fleuve

Le Saint-Laurent

Fleuve Saint-Laurent

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  • 9- Dans son premier album, PREND UNE CHANCE AVEC MOÉ, l’orchestre du tonitruant Lucien Francœur nous sert la version «salle de danse» d’un instrumental cinématographique célèbre. C’est:

Le thème du Godfather

Le thème de Love Story

Le thème de Midnight Cowboy

Le thème du Graduate

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  • 10- Qui était Gilles Rousseau?

Le batteur des Hou-Lops

Le leader des Classels

Le batteur des Classels

Le leader des Hou-Lops

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  • 11- Une chanson du groupe CORBEAU porte comme titre le nom d’un secteur d’activité économique. Il s’agit de:

Agriculture

Industrie

Commerce

Banque

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  • 12- Dans la chanson SUITE 16, Marjo campe le personnage affirmé d’une jeune femme se définissant solidement dans le Rock’n’roll, et se voyant dans l’obligation impérative de congédier son «chum» qui, d’évidence, ne fait pas le poids dans cette nouvelle dynamique. Quel est le nom du malheureux éconduit?

Tristan

Chuck

Roméo

Jerry

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  • 13- À la toute fin d’une chanson de Lucien Francœur apparaît une allusion directe à un important philosophe de l’ère moderne. Il s’agit de:

Fichte

Novalis

Hegel

Nietzsche

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  • 14-Dans l’album-culte À QUI APPARTIENT L’BEAU TEMPS, Paul Piché coule le propos incisif de sa protest song dans le moule textuel et rythmique de la chanson folklorique BONHOMME, BONHOMME SAIS-TU JOUER. La chanson ainsi construite est alors réintitulée:

La gigue à Mitchounano

Réjean Pesant

Jean-Guy Léger

Mon Joe

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  • 15- C’ÉTAIT UN QUÉBÉCOIS, NARQUOIS COMME TOUS LES QUÉBÉCOIS… La chanson débutant sur ces vers est de:

Révolution française

Felix Leclerc

Luc de la Rochellière

Louise Forestier

.

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  • 16- Campée avec brio et tendresse par Sylvain Lelièvre, cette jeune femme incarne le vague à l’âme de la génération qui avait la vingtaine au milieu des années 1970. Elle s’appelait:

Marie-Hélène

Marie-Chantal

Nancy Beaudoin

Marie-Lou

 

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  • 17- J’ME DIS ANDRÉ, LAISSE-TOÉ PAS NIAISER… cette ferme résolution en forme de refrain est l’œuvre d’un chanteur portant le nom coloré de:

Plastique Bertrand

Capitaine Nô

Pierre Gauthier de la Vérendrye

Wézo

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  • 18- Qu’a fait LE GRAND SIX PIEDS à son «foreman» du chantier de coupe de bois, dans la célèbre ballade de Claude Gauthier?

Il lui a chauffé les semelles à coups de pelle

Il lui a labouré l’échine à coups d’égoïne

Il lui a gossé la moustache à coups de hache

Il lui a brassé les culottes à coups de bottes

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  • 19- Qui était Jean-Baptiste Beaufouette?

Un vieux chanteur folklorique trifluvien appelé ainsi à cause de sa haute taille

Un personnage d’une chanson de la Bolduc, doté d’une pilosité luxuriante

Nom d’emprunt de Gilles Vigneault à ses débuts

Un tenancier de boite à chanson dont Pauline Julien fut amoureuse à ses débuts

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  • 20- Yvon Deschamps en début de carrière était musicien. Il était:

Pianiste

Guitariste

Contrebassiste

Batteur

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  • 21- Le nom Les B.B. est un acronyme de l’ancien nom du groupe. Ce nom d’origine était:

Les Bleuets Bioniques

Les Braves Bêtes

Les Beaux Blonds

Les Boqueux Bacul

.

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  • 22- Madame Mary Rose-Anne Travers, épouse Bolduc (1894-1941), surnommée, selon la tournure un peu abusive du temps, «La» Bolduc, était avant tout musicienne. Joueuse de guimbarde et d’harmonica, elle accompagne, à la fin des années 1920, dans une série de spectacles au Monument National, un de nos plus grands musiciens folkloriques. Le bien nommé:

Aimé Césaire

Alfred Montmarquette

Narcisse-Eutrope Dionne

Jean Carignan

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  • 23- Ils n’ont possiblement qu’un seul point en commun: celui d’avoir mis en musique, chacun sur son ton et dans son style, l’inévitable SOIR D’HIVER de Nelligan. Ce sont:

Mario Pelchat et Léandre

Pierre Harel et Claude Dubois

Claude Léveillé et Lucien Francœur

Jim Corcoran et René Simard

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  • 24- Il jouait de l’harricana sur la rivière Harmonica…

Richard Desjardins

Jean Leloup

Mario Pelchat

Raôul Duguay

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  • 25- Sur la pochette de l’album-culte AMÈRE AMERICA, Luc de la Rochellière est photographié

Sur le boulevard d’une grande ville

Dans un restaurant

Sur scène

Dans une chambre à coucher

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  • 26- L’inamovible baladin anglo-saxon Roger Whitaker a déjà enregistré avec une chanteuse québécoise. Il s’agit de:

Céline Dion

Isabelle Pierre

Emmanuelle

Ginette Reno

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  • 27- Il a évoqué l’étroitesse et la rigidité des années 1950 en les qualifiant de «temps du Pape Pie XII».

George Dor

Jean Pierre Ferland

Claude Léveillé

Raymond Lévesque

.

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  • 28- Elle a écrit une chanson mordante sur les compulsions boulimiques comme compensation des troubles affectifs.

Edith Butler

Angèle Arsenault

Jo-Anne Blouin

Marjo

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  • 29- Qui était Jo Laframboise?

Le personnage d’une chanson de Raymond Lévesque

Le personnage d’un monologue d’Yvon Deschamps

Le personnage d’un monologue de Raymond Lévesque

Le personnage d’une chanson d’Yvon Deschamps

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  • 30- Elle a aligné la plus mélodique et inoubliable colonne de «Christ!» de toute l’histoire musicale du Québec, sur une version tardive du LINDBERG de Charlebois.

Louise Forestier

Christiane Monfette

Diane Dufresne

Angèle Arsenault

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  • 31- QUAND ON A DU FOIN, ÇA VA BEN. QUAND ON EN A PAS, ÇA VA PAS. À qui doit-on la formulation de cette vérité implacable.

Yvon Deschamps

Raymond Lévesque

Cassonade Faulkner

Marjo

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  • 32- Qui est le principal parolier de Laurence Jalbert?

Luc Plamondon

Pierre Carter

Guy Rajotte

Laurence Jalbert

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  • 33- Il a pâmé tout le Québec avec son langoureux et irrésistible MISERERE.

Mario Pelchat

Léandre

Bruno Pelletier

Jean Leloup

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  • 34- Son label d’éditions c’est les Éditions Édition, et son label de Production, c’est les Productions Production.

Plume Latraverse

Léandre

Sylvain Lelièvre

Marie-Denise Pelletier

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  • 35- Sur l’album de musique de Noël de Jo-Anne Blouin, un des cantiques est amorcé, en semi-récitatif, par une très jeune chanteuse sur laquelle Blouin enchaîne en fondu. Il s’agit de:

Adeste Fideles

Sainte nuit

Dans cette étable

Il est né le divin enfant

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  • 36- Une seule des chansons de l’album-culte RENDEZ-VOUS DOUX du regretté Gerry Boulet porte un titre anglais. Il s’agit de:

Deadline

Timetable

Dead end

Time travelling

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  • 37- Dans cette chanson de BEAU DOMMAGE, la jeune femme à laquelle l’interprète s’adresse incarne la classe bourgeoise, ses angoisses, ses condescendances, sa méconnaissance de la réalité sociale. Inévitablement, elle se nomme:

Marie-Hélène

Marie-Chantal

Nancy Beaudoin

Marie-Lou

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  • 38- Cette pétaradante chanteuse est nulle autre que la petite-fille de l’acteur qui incarna jadis TI-COQ.

Nathalie Simard

Nanette Wortman

Diane Dufresne

Mitsou

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  • 39- Groupe musical connu à peu près uniquement pour le phrasé lyrique suivant: COMME IL FAIT SOLEIL AUJOURD’HUI! COMME IL FAIT BEAU! COMME IL FAIT CHAUD! AUJOURD’HUI! AUJOURD’HUI!

La Température

Le Temps

Aujourd’hui

Météo

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  • 40- Un groupe de pures laines qui faisaient du blues.

Le Repentigny Blues Band

Le Saint-Donat Blues Band

Le Ville-Émard Blues Band

Le Shawinigan Blues Band

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  • 41- Il a popularisé le PETIT PAPA NOËL de Tino Rossi au Québec.

Fernand Gignac

Patrick Zabé

Michel Louvain

Paolo Noël

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  • 42- Maintenant qu’ELVIS est mort, on voudrait qu’il soit vivant. Or, du temps où ELVIS était vivant, cette chanteuse québécoise lui disait qu’il aurait dû mourir…

Pauline Julien

Diane Dufresne

Ginette Reno

Renée Claude

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  • 43- Spécialisé dans le vidéo-clip théâtral avant la lettre, ce trio féminin popularisa une chansonnette badine et coquine intitulée MONSIEUR DUPONT.

Les Scarabées

Les Miladies

Les Midinettes

Les Ladybugs

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  • 44- Quel est le nom du personnage à qui est posée, en chanson bien sûr, la question suivante sur son beau pays, la Gaspésie: C’EST-TU VRAI QUE PAR CHEZ VOUS, ON VOIT DES POÈTES PARTOUT, ET QUE ERNEST HEMMINGWAY SERAIT UN GARS DE CHEZ VOUS?

Monsieur Ti-Franc La Patate

Monsieur Léopold Gibouleau

Monsieur Marcoux Labonté

Monsieur Zidor le prospecteur

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  • 45- Qui est le hockeyeur pour lequel l’interprète avait cherché à se faire passer cette année-là, dans la chanson 23 DÉCEMBRE?

Henri Richard

Toe Blake

Jean Béliveau

Doug Harvey

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  • 46- Ce brillant auteur-compositeur-interprète réalise un suicide ostensible et sanglant dans la série télévisée SCOOP.

Plume Latraverse

Michel Rivard

Jean Leloup

Claude Dubois

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  • 47- Il a chanté le WE SHALL OVERCOME du Québec, intitulé, fort judicieusement, ON VA S’EN SORTIR.

Raymond Lévesque

Jean Lapointe

Claude Léveillé

Yvon Deschamps

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  • 48- Un groupe québécois portant fièrement le nom d’une ville française.

Nancy

Toulouse

Bordeaux

Narbonne

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  • 49- QUÉBÉCOIS, NOUS SOMMES QUÉBÉCOIS. LE QUÉBEC SAURA FAIRE S’IL NE SE LAISSE PAS FAIRE. Qui a dit ça?

Le groupe Charles De Gaulle

Le groupe Patriote

Le groupe Révolution française

Le groupe Sauvons Montréal

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  • 50- Et, dans le même ordre d’idée, qui tient à «faire de la Nouvelle-France, la terre promise de l’espérance»?

Madame Bolduc

Le Soldat Lebrun

Felix Leclerc

Robert Charlebois

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  • 51- Une superbe protest song, beaucoup plus sociale que nationale, malgré son titre: DRÔLE DE PAYS. On la doit à:

Gilles Vigneault

Robert Charlebois

Sylvain Lelièvre

Richard Desjardins

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  • 52- Ils co-animaient énergiquement l’immortelle émission yéyé culte du Québec, commanditée par 7up et Humpty Dumpty: JEUNESSE D’AUJOURD’HUI.

Pierre Marcotte et Joël Denis

Pierre Lalonde et Claude Boulard

Pierre Marcotte et Claude Boulard

Pierre Lalonde et Joël Denis

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  • 53- À la Saint-Jean Baptiste de 1975, Gilles Vigneault va réaliser un exploit extrêmement difficile: implanter une coutume ethnoculturelle. Il va suggérer aux québécois (qui vont emboîter le pas avec enthousiasme) une nouvelle chanson d’anniversaire: GENS DU PAYS. Quel était le titre de ce spectacle de la Saint-Jean où cette coutume fut lancée?

Bonne fête

Bon anniversaire

Gens du pays

Happy birthday

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  • 54- Un groupe à la musique extrêmement songée, portant le nom distordu d’une texture de sol humecté.

Bouette

Sloche

Agadou

Frasil

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  • 55- On lui doit une chanson amicale et tendre rendant hommage au chanteur français Charles Trenet.

Jean-Pierre Ferland

Claude Léveillé

Plume Latraverse

Richard Desjardins

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  • 56- On lui doit une chanson violemment xénophobe intitulée sans complexe L’OUVRAGE AUX CANADIENS.

Ovila Légaré

Le Soldat Lebrun

La Bolduc

Juliette Pétrie

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  • 57- Égal à lui-même, Lucien Francœur hurle à l’amour pour cette jeune femme en lui demandant: VEUX-TU ÊTRE MA BARBIE EN VIE? C’est nulle autre que:

Marie-Hélène

Marie-Chantal

Nancy Beaudoin

Marie-Lou

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  • 58- Dans la chanson LE CROQUE-MORT À COULISSE, Sylvain Lelièvre nous raconte l’histoire d’un tromboniste amateur qui, le soir, après son travail, allumait son système de son, y posait son disque favori, s’installait avec son instrument et PRENAIT DES CHORUS AVEC

J.J. Johnson

Charlie Parker

Tommy Dorsey

Duke Ellington

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  • 59- Le chanteur-imitateur Jean-Guy Moreau nous a laissé un album-culte intitulé:

Tabarnouche!

Tabarouette!

Tabaslak!

Tabarnique!

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  • 60- Dans son enfance, le jour de son anniversaire, Plume Latraverse dessinait au châssis d’en haut des petits cœurs de brume qu’il adressait à sa cousine, au souffle de bonbon, la bien nommée:

Marie-Hélène

Marie-Chantal

Nancy Beaudoin

Marie-Lou

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RÉPONSES

Rappelons, pour mémoire individuelle et collective, que si vous avez obtenu 20/60 dans ce petit examen, c’est que vous êtes vraiment des mélomanes québécisants de haute tenue. Vous pouvez aussi vous reporter au Commentaire 1, infra, intitulé CORPUS AUDIBLE pour écouter la majorité des chansons et orchestres dont il est ici question. Comptabilisez bien vos résultats. Accrochez vos tuquons bleus, on part.

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  • 1- En début de carrières, Clémence Desrochers et Jean-Pierre Ferland ont fait équipe avec d’autres artistes dans un petit groupe de chansonniers-fantaisistes. Quel était le nom de ce groupe?

Les Bozos

Les autres choix ne sont que des insultes inanes.

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  • 2-Qui est le créateur du personnage de Léopold Gibouleau?

Plume Latraverse

C’est un personnage de Plume qu’on retrouve dans une chanson plutôt sanglante.

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  • 3- Une romancière ou un romancier québécois/e à la plume moderniste et incisive ayant écrit des paroles de chansons pour Robert Charlebois.

Réjean Ducharme

Notamment les chansons LE RÉVOLTÉ et INSOMNIE, sur l’album SOLIDARITUDE.

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  • 4- J’AI VU LE LOUP, LE RENARD, LE LION: Charlebois, Vigneault, Leclerc ensemble devant public, pour un spectacle-culte donné en plein air, à l’occasion de la Superfrancofête, en l’an de grâce…

1974

«…et à la guitare ordinaire: Félix Leclerc!» diront, ce soir-là, les deux autres.

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  • 5- Chanteur humoriste, auteur d’une chanson tendre et émue sur un pianiste virtuose et visionnaire dont les camarades découvrent éventuellement qu’il est aveugle. La chanson s’intitule LES IMBÉCILES DU COIN et son auteur-interprète est…

Jean Lapointe

«Il jouait du piano tellement bien que nous, les imbéciles du coin, disions: il sait lire la musique.»

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  • 6- Peu après avoir quitté CORBEAU, Pierre Harel s’associe à un groupe de rock au nom percutant, mais à la vie éphémère. Ça s’appelait…

Patriote

Et les fusils de chasse étaient des guitares. Les tuquons de laine du pays, des tignasses hirsutes!

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  • 7- Repérez la personnalité politico-historique qui N’EST PAS nommée (avec ou sans calembour sur son nom) dans la chanson MON AMI FIDEL, sur le disque LONGUE DISTANCE, de Robert Charlebois.

Moshe Dayan

«Golda Meir embrasse Arafat. Dansons, dansons, dans nos forêts d’asphate parce que les présidents ça date [Sadate] et les révolutionnaires, c’est Fidel.»

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  • 8- Le groupe BEAU DOMMAGE a, dans son livret, une chanson évoquant le Saint-Laurent comme lieu d’appartenance. Elle s’intitule:

Le vent du fleuve

L’interprète l’entend partout lui siffler dans les oreilles.

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  • 9- Dans son premier album, PREND UNE CHANCE AVEC MOÉ, l’orchestre du tonitruant Lucien Francœur nous sert la version «salle de danse» d’un instrumental cinématographique célèbre. C’est:

Le thème du Godfather

Parle plus bas… qu’on joue plus fort!

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  • 10- Qui était Gilles Rousseau?

Le leader des Hou-Lops

Avec sa cravate en triangle isocèle.

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  • 11- Une chanson du groupe CORBEAU porte comme titre le nom d’un secteur d’activité économique. Il s’agit de:

Agriculture

Une sorte de difficultueuse perpétuation du terroir.

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  • 12- Dans la chanson SUITE 16, Marjo campe le personnage affirmé d’une jeune femme se définissant solidement dans le Rock’n’roll, et se voyant dans l’obligation impérative de congédier son «chum» qui, d’évidence, ne fait pas le poids dans cette nouvelle dynamique. Quel est le nom du malheureux éconduit?

Roméo

«Roméo, le blanc-bec du quartier. Juliette d’amour, qu’i m’avait surnommée.» Ça arrangera pas son cas!

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  • 13- À la toute fin d’une chanson de Lucien Francœur apparaît une allusion directe à un important philosophe de l’ère moderne. Il s’agit de:

Nietzsche

Dans BLUE JEANS SUR LA PLAGE, Francœur s’exclame, au beau milieu de tout et d’autres choses: LA NAISSANCE DE LA TRAGÉDIE! LA NAISSANCE DE LA TRAGÉDIE! LA NAISSANCE DE LA TRAGÉDIE! Il s’agit là (une seule fois, pas trois!) du titre d’un célèbre essai de Nietzsche, écrit en 1872.

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  • 14- Dans l’album-culte À QUI APPARTIENT L’BEAU TEMPS, Paul Piché coule le propos incisif de sa protest song dans le moule textuel et rythmique de la chanson folklorique BONHOMME, BONHOMME SAIS-TU JOUER. La chanson ainsi construite est alors réintitulée:

Réjean Pesant

«Je ne suis pas maître dans ma maison car vous y êtes…»

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  • 15- C’ÉTAIT UN QUÉBÉCOIS, NARQUOIS COMME TOUS LES QUÉBÉCOIS… La chanson débutant sur ces vers est de:

Félix Leclerc

Il s’agissait fort probablement, à l’époque, d’un québécien, un citadin de la ville de Québec.

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  • 16- Campée avec brio et tendresse par Sylvain Lelièvre, cette jeune femme incarne le vague à l’âme de la génération qui avait la vingtaine au milieu des années 1970. Elle s’appelait:

Marie-Hélène

«C’est pas facile d’avoir vingt ans, c’est plus mêlant qu’avant.»

 

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  • 17- J’ME DIS ANDRÉ, LAISSE-TOÉ PAS NIAISER… cette ferme résolution en forme de refrain est l’œuvre d’un chanteur portant le nom coloré de:

Capitaine Nô

Suite du refrain: «KÉ-KIKÉ-KIKÉ-KIKÉ». Profond.

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  • 18- Qu’a fait LE GRAND SIX PIEDS à son «foreman» du chantier de coupe de bois, dans la célèbre ballade de Claude Gauthier?

Il lui a gossé la moustache à coups de hache

Il ne l’a pas raté de toutes façons!

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  • 19- Qui était Jean-Baptiste Beaufouette?

Un personnage d’une chanson de la Bolduc, doté d’une pilosité luxuriante

Qui s’étouffe avec son repas dans des circonstances dignes des Marx Brothers.

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  • 20- Yvon Deschamps en début de carrière était musicien. Il était:

Batteur

Et il s’est mis à faire des plaisanteries entre ses numéros musicaux…

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  • 21- Le nom Les B.B. est un acronyme de l’ancien nom du groupe. Ce nom d’origine était:

Les Beaux Blonds

Beaux, blonds mais devenus modestes avec le temps. D’où la pudeur acronymique possiblement.

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  • 22- Madame Mary Rose-Anne Travers, épouse Bolduc (1894-1941), surnommée, selon la tournure un peu abusive du temps, «La» Bolduc, était avant tout musicienne. Joueuse de guimbarde et d’harmonica, elle accompagne, à la fin des années 1920, dans une série de spectacles au Monument National, un de nos plus grands musiciens folkloriques. Le bien nommé:

Alfred Montmarquette

Un véritable surdoué musical.

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  • 23- Ils n’ont possiblement qu’un seul point en commun: celui d’avoir mis en musique, chacun sur son ton et dans son style, l’inévitable SOIR D’HIVER de Nelligan. Ce sont:

Claude Léveillé et Lucien Francœur

Ah comme la neige a inspiré!

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  • 24- Il jouait de l’harricana sur la rivière Harmonica…

Raôul Duguay

Le champion de l’inversion!

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  • 25- Sur la pochette de l’album-culte AMÈRE AMERICA, Luc de la Rochellière est photographié

Dans un restaurant

Un resto assez chic d’ailleurs.

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  • 26- L’inamovible baladin anglo-saxon Roger Whitaker a déjà enregistré avec une chanteuse québécoise. Il s’agit de:

Ginette Reno

Et c’était en français d’ailleurs.

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  • 27- Il a évoqué l’étroitesse et la rigidité des années 1950 en les qualifiant de «temps du Pape Pie XII».

Jean Pierre Ferland

«Moi je viens du boogie-woogie, du Pape Pie Douze, je suis un enfant de la guerre.»

 

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  • 28- Elle a écrit une chanson mordante sur les compulsions boulimiques comme compensation des troubles affectifs.

Angèle Arsenault

Avec son désormais célèbre MOI, J’MANGE

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  • 29- Qui était Jo Laframboise?

Le personnage d’un monologue de Raymond Lévesque

«Fak un jour, j’ai réalisé que j’m’appelais Joe Laframboise.» Le pauvre, ça lui a pas porté chance!

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  • 30- Elle a aligné la plus mélodique et inoubliable colonne de «Christ!» de toute l’histoire musicale du Québec, sur une version tardive du LINDBERG de Charlebois.

Louise Forestier

Déclenchée, chez cette choriste inspirée, par la CHRIST DE CHUTE EN PARACHUTE du couplet.

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  • 31- QUAND ON A DU FOIN, ÇA VA BEN. QUAND ON EN A PAS, ÇA VA PAS. À qui doit-on la formulation de cette vérité implacable.

Raymond Lévesque

L’histoire d’un petit proxénète miteux, qui s’en tire toujours par des combines, même lors de son service militaire.

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  • 32- Qui est le principal parolier de Laurence Jalbert?

Laurence Jalbert

Aidée parfois de Guy Rajotte.

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  • 33- Il a pâmé tout le Québec avec son langoureux et irrésistible MISERERE.

Bruno Pelletier

J’en pleure encore et c’était en 1997.

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  • 34- Son label d’éditions c’est les Éditions Édition, et son label de Production, c’est les Productions Production.

Plume Latraverse

Mais son prénom ce n’est pas Prénom, ni même Plume, mais Michel.

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  • 35- Sur l’album de musique de Noël de Jo-Anne Blouin, un des cantiques est amorcé, en semi-récitatif, par une très jeune chanteuse sur laquelle Blouin enchaîne en fondu. Il s’agit de:

Il est né le divin enfant

Avec mes meilleurs vœux!

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  • 36- Une seule des chansons de l’album-culte RENDEZ-VOUS DOUX du regretté Gerry Boulet porte un titre anglais. Il s’agit de:

Deadline

«Mon deadline à bout de bras qui déchire le ciel pour sa survie.»

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  • 37= Dans cette chanson de BEAU DOMMAGE, la jeune femme à laquelle l’interprète s’adresse incarne la classe bourgeoise, ses angoisses, ses condescendances, sa méconnaissance de la réalité sociale. Inévitablement, elle se nomme:

Marie-Chantal

L’interprète lui recommande de bien barrer sa porte, le soir.

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  • 38- Cette pétaradante chanteuse est nulle autre que la petite-fille de l’acteur qui incarna jadis TI-COQ.

Mitsou

Celle que Normand Brathwaite avait surnommé: la Madonna du Québec! Mitsou Gélinas, petite fille de Gratien Gélinas.

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  • 39- Groupe musical connu à peu près uniquement pour le phrasé lyrique suivant: COMME IL FAIT SOLEIL AUJOURD’HUI! COMME IL FAIT BEAU! COMME IL FAIT CHAUD! AUJOURD’HUI! AUJOURD’HUI!

Le Temps

Deux ou trois de leurs textes évoquent les conditions météo!

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  • 40- Un groupe de pures laines qui faisaient du blues.

Le Ville-Émard Blues Band

Une sonorité urbaine et racée, qui ne s’oublie pas.

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  • 41- Il a popularisé le PETIT PAPA NOËL de Tino Rossi au Québec.

Paolo Noël

Quand tu portes un nom pesamment prédestiné!

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  • 42- Maintenant qu’ELVIS est mort, on voudrait qu’il soit vivant. Or, du temps où ELVIS était vivant, cette chanteuse québécoise lui disait qu’il aurait dû mourir…

Diane Dufresne

«Tu vieillis mal, Elvis. T’aurais ptêt du mourir, comme Marilyn ou Janis. T’avais pas l’droit d’vieillir.» Hum… tu vieillis mal, chanson!

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  • 43- Spécialisé dans le vidéo-clip théâtral avant la lettre, ce trio féminin popularisa une chansonnette badine et coquine intitulée MONSIEUR DUPONT.

Les Miladies

Leurs numéros musicaux servaient d’intermèdes, les jours de semaine. Surtout l’été.

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  • 44- Quel est le nom du personnage à qui est posée, en chanson bien sûr, la question suivante sur son beau pays, la Gaspésie: C’EST-TU VRAI QUE PAR CHEZ VOUS, ON VOIT DES POÈTES PARTOUT, ET QUE ERNEST HEMMINGWAY SERAIT UN GARS DE CHEZ VOUS?

Monsieur Marcoux Labonté 

Dans une ballade inoubliable de Lawrence Lepage, MONSIEUR MARCOUX LABONTÉ.

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  • 45- Qui est le hockeyeur pour lequel l’interprète avait cherché à se faire passer cette année-là, dans la chanson 23 DÉCEMBRE?

Doug Harvey

En portant une tuque d’hockey, pendant toutes les vacances…

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  • 46- Ce brillant auteur-compositeur-interprète réalise un suicide ostensible et sanglant dans la série télévisée SCOOP.

Michel Rivard

Il s’ouvre les veines devant son amoureuse. Du vrai SCOOP, quoi!

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  • 47- Il a chanté le WE SHALL OVERCOME du Québec, intitulé, fort judicieusement, ON VA S’EN SORTIR.

Yvon Deschamps

Sur l’album incluant le célèbre monologue L’INTOLÉRANCE.

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  • 48- Un groupe québécois portant fièrement le nom d’une ville française.

Toulouse

Un trio vocal féminin, très tonique.

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  • 49- QUÉBÉCOIS, NOUS SOMMES QUÉBÉCOIS. LE QUÉBEC SAURA FAIRE S’IL NE SE LAISSE PAS FAIRE. Qui a dit ça?

Le groupe Révolution française

C’est leur seul hit connu, mais quel hit!

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  • 50- Et, dans le même ordre d’idée, qui tient à «faire de la Nouvelle-France, la terre promise de l’espérance»?

Robert Charlebois

Dans QUÉ-CAN BLUES.

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  • 51- Une superbe protest song, beaucoup plus sociale que nationale, malgré son titre: DRÔLE DE PAYS. On la doit à:

Sylvain Lelièvre

«Drôle de pays comme un grand jeu de Monopoly, sauf qu’on joue pas, on regarde les boss faire la partie.»

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  • 52- Ils co-animaient énergiquement l’immortelle émission yéyé culte du Québec, commanditée par 7up et Humpty Dumpty: JEUNESSE D’AUJOURD’HUI.

Pierre Lalonde et Joël Denis

L’émission fut éventuellement rebaptisée JEUNESSE, avant d’être engloutie dans le tube de Cleracil du temps…

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  • 53- À la Saint-Jean Baptiste de 1975, Gilles Vigneault va réaliser un exploit extrêmement difficile: implanter une coutume ethnoculturelle. Il va suggérer aux québécois (qui vont emboîter le pas avec enthousiasme) une nouvelle chanson d’anniversaire: GENS DU PAYS. Quel était le titre de ce spectacle de la Saint-Jean où cette coutume fut lancée?

Happy birthday

Il s’agissait de faire comprendre, par ce titre ironique, le caractère anglo-américain du souhait «Happy Birthday» et de sa traduction «Bonne fête».

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  • 54- Un groupe à la musique extrêmement songée, portant le nom distordu d’une texture de sol humecté.

Sloche

Une musique délicate, progressive, mystérieuse… trop vite oubliée.

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  • 55- On lui doit une chanson amicale et tendre rendant hommage au chanteur français Charles Trenet.

Plume Latraverse

«Salut Trenet! Vieille branche!»

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  • 56- On lui doit une chanson violemment xénophobe intitulée sans complexe L’OUVRAGE AUX CANADIENS.

La Bolduc

Elle exige des employeurs qu’ils n’embauchent que des canadiens, et déplore que Montréal soit remplie d’immigrés. Une vraie catastrophe, digne du Goglu et des Bérets Blancs.

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  • 57- Égal à lui-même, Lucien Francœur hurle à l’amour pour cette jeune femme en lui demandant: VEUX-TU ÊTRE MA BARBIE EN VIE? C’est nulle autre que:

Nancy Beaudoin

«Ma blonde steadé?» La réponse de Nancy ne nous est pas parvenue.

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  • 58- Dans la chanson LE CROQUE-MORT À COULISSE, Sylvain Lelièvre nous raconte l’histoire d’un tromboniste amateur qui, le soir, après son travail, allumait son système de son, y posait son disque favori, s’installait avec son instrument et PRENAIT DES CHORUS AVEC

Tommy Dorsey

Pas mon instrumentiste favori du lot mais bon, s’il s’agit de faire cuivres…

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  • 59- Le chanteur-imitateur Jean-Guy Moreau nous a laissé un album-culte intitulé:

Tabaslak!

Ta-paronymique en TA…

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  • 60- Dans son enfance, le jour de son anniversaire, Plume Latraverse dessinait au châssis d’en haut des petits cœurs de brume qu’il adressait à sa cousine, au souffle de bonbon, la bien nommée:

Marie-Lou

«Marie-Lou, c’est la cousine que je préférais. C’était mon cadeau intime, rubané de soie.»

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RENCONTRE ONIRIQUE (par Claude Bolduc et Paul Laurendeau)

Posted by Ysengrimus sur 1 juin 2020

SIMÉLIDONTE, LE POÈTE ET LE PEINTRE VENUS D’EN BAS (RENCONTRE ONIRIQUE) de Claude Bolduc, 2019

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The poet and the painter
Casting shadows on the water
As the sun plays on the infantry
Returning from the sea…

Ian Anderson, Thick as a Brick, 1971

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Presentation. L’ouvrage Rencontre onirique articule la fécondation mutuelle de deux modes d’expression: peinture et poésie. Soixante-dix tableaux par le peintre Claude Bolduc ont mené à l’engendrement de soixante-dix poèmes par le poète Paul Laurendeau. Le lieu de rencontre est l’espace onirique. Les deux artistes ont fusionné leurs hantises et obsessions et les ont amenées à opérer de concert, dans deux dispositifs créatifs distincts. Le principe volontaire guidant ce travail est que l’hermétisme n’est pas une fin en soi mais un moyen de lacérer le propos artistique de toute la densité voulue de sa douleur. Aussi, l’hermétisme d’un des modes d’expression se résout souvent dans la clarté de l’autre. Les deux arts s’arc-boutent et s’entraident pour livrer l’image aux preneurs de mots et susurrer le mot aux capteurs d’images. Rencontre de deux arts vénérables, rencontre de deux artistes impétueux, rencontre onirique tant dans l’espace de l’irréel que dans le monde des faits.

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De la pictopoésie dans l’univers visuel de Claude Bolduc. Le principe pictopoétique tel que nous le développons ici vient de Guillaume Apollinaire (1880-1918). La dernière partie du recueil Alcools (1913), intitulée Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée présente trente images (qu’on appelle techniquement des bois) du dessinateur Raoul Dufy (1877-1953) suivies chacune d’un titre et de quatre vers du poète, en octosyllabiques ou en alexandrins. Plus d’un siècle plus tard, nous avons complexifié la démarche en rallongeant et modernisant le bout rimé et surtout en travaillant plus dynamiquement le titrage. Si Apollinaire commentait le lapin, l’image et la petite épigramme s’intitulaient tout simplement Le lapin, sans plus. Nous avons enrichi le jeu, en lui insufflant une dimension plus aléatoire et plus automatiste de déclencheur poétique. Ici, le titre du poème vient tout simplement du peintre, de son monde, de son processus d’engendrement. En procédant ainsi, en plus de fournir le crucial cadre visuel, mon imagier, qui est aussi un solide concepteur de récits, avance d’un cran dans le projet poétique en formulant sans tergiverser la direction déterminante de ce que fera le poème. Ajoutons que les connaissances picturales, ethnoculturelles et thématiques manifestées et exprimées ici viennent aussi de l’imagier.

Outre ses qualités plastiques spécifiques, le travail de Claude Bolduc déploie, de fait, une grande richesse narrative. Le trait précis, voire ciselé, construit des univers interactifs complexes, peuplés de figurines étranges aux modus operandi multiples et fréquemment indéfinissables. L’œuvre picturale de Bolduc se prête ainsi, par plusieurs de ses aspects, à un compagnonnage avec l’écriture. D’abord les tableaux de Bolduc, qui sont souvent conceptualisés comme des récits visuels, font fréquemment l’objet de scripts ou de synopsis, rédigés par le peintre, antérieurement à la mise sur toile de l’œuvre. De plus, les œuvres de Bolduc, sont souvent des fresques polymorphes, faisant appel à un large héritage ethnoculturel. Mythologie, paganisme, imagerie judéo-chrétienne, tarots etc… toutes ces facettes visuelles et symboliques sont mobilisées et forment régulièrement le fond allusif ou la trame centrale des tableaux de Bolduc. Plusieurs des toiles se répondent entre elles, comme le ferait, par exemple, un chemin de croix ou une tapisserie médiévale. Claude Bolduc lui-même a, d’autre part, dans certains cas, produit des textes descriptifs et explicatifs visant à fournir le décodage herméneutique des fables ou des trames de ses propres œuvres. Parfois hermétiques, parfois explicites, il est indéniable que les tableaux de Bolduc sont logogènes (en ce sens qu’ils sont des déclencheurs de parole, verbale ou textuelle).

La pictopoésie acquiert donc, dans notre travail, une configuration méthodologique très précise que l’on peut résumer en trois points: 1) le tableau ou le dessin préexiste au pictopoème et est l’exclusive source d’engendrement (ou source d’inspiration) du texte. 2) Le tableau ou le dessin est intitulé par le peintre et le titre du tableau ou du dessin devient automatiquement le titre du pictopoème. Le seul élément de discours passant du peintre au poète, avant la rédaction du pictopoème, est le titre du tableau ou du dessin. 3) Le pictopoème est court, subordonné. Il ne revendique aucune dimension justificative ou explicative du tableau ou du dessin (l’explication interprétative de l’œuvre du peintre reste la prérogative du peintre). Si le pictopoème retient des éléments descriptifs et narratifs du tableau ou du dessin, il les mobilise au sein d’un travail textuel alternatif, distinct, et qui préserve intégralement l’autonomie de l’œuvre peinte ou dessinée par rapport à l’œuvre écrite.

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Claude Bolduc. Claude est peintre et dessinateur. Sa vision résulte exclusivement de son imagination. Son œuvre présente des figures zoomorphes et anthropomorphes qui sont souvent enchevêtrées dans des collectifs complexes autant que dans des formes et des structures géométriques. Un symbolisme très riche émane de son travail. La dimension religieuse de certains de ses tableaux et dessins procède habituellement moins du sacré que du profane. Sexualité, mythologie et onirisme sont aussi des éléments clefs de son œuvre.

Paul Laurendeau. Paul est co-auteur de l’ouvrage collectif Entretien avec quatre philosophes, (Éditions Hurtubise HMH). Il a aussi publié un certain nombre de romans, d’essais et de recueils de poésie aux Éditions ELP. En pictopoésie, il a notamment travaillé avec le photographe français Allan Erwan Berger pour produire des imagiaires (sous le pseudonyme-valise LauBer). Il a produit avec le peintre Namun le recueil de pictopoésie picturale en fascicule Imagiaire Tshinanu. Il anime et rédige le blogue d’opinion Le Carnet d’Ysengrimus.

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Claude Bolduc, Paul Laurendeau, (2019), RENCONTRE ONIRIQUE, Les Éditions du Grand Élan, coll. Vues d’Artistes, 166 p.

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