Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Archive for the ‘Poésie’ Category

Poème (réédité ou inédit) et/ou commentaire poétique

LE JOUET

Posted by Ysengrimus sur 25 décembre 2019

LE JOUET de Hélène Beck (1973)

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LE JOUET

Si ce jouet est à moi
Ce n’est pas si banal
Ou si évident que ça
Car ce jouet est un joual.

Si ce jouet est un joual
Eh bien il partira brouter.
Foires agricoles, carnavals
Le verront sourire et trotter.

Pourtant, il y a aussi ma sœur
Qui se l’est bien fait arracher
Or, si ce joual est un jouet, oh horreur
Je me devais de le partager.

Mais si ce joual est un jouet
Il en a encore à dire
À hennir, à exprimer
À s’en tanner le cuir.

Battons nous, donc, dans l’enfance
Pour cet objet cardinal
Et apprenons vraiment le sens
De ce jouet, de ce joual…

Il se donne à jamais
Il se fait et se défait
C’est ça aussi être un jouet.

Il est peint et il parle
Il est dépeint et il déparle
C’est ça aussi être un joual.

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ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — clarinette

Posted by Ysengrimus sur 21 décembre 2019

Clarinette
Tu es si compliquée
Parce que sophistiquée
Et vraiment vraiment pas simplette.
Tu me tourmentes la comprenette.

Tu me hantes
Tu me vibres dans le ventre
Je cherche ton système
Je te veux et je t’aime
Et toi, tu te déjantes.

Archaïsme
Tu chantes dans le temps
Le temps d’avant le temps des premiers schismes.
Tu es un instrument à vent
Un atavisme.

Allumette
Du grand brasier du port
Qui mit tant d’eau dans mes mirettes.
Il est altier, ton port,
Ma clarinette.

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TU NE ME DONNES JAMAIS TON ARGENT (v.f. de YOU NEVER GIVE ME YOUR MONEY des Beatles)

Posted by Ysengrimus sur 15 décembre 2019

You Never Give Me Your Money

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Tu ne me donnes jamais ton argent.
Tu me files toujours tes papiers sans valeur.
Et au moment où le débat prend ardeur,
Tu lâches tout…

Je ne te donne jamais mon adresse.
Je ne te file jamais mes coordonnées.
Et quand tu te mets à vraiment insister.
Je lâche tout…

L’argent dépensé ailleurs.
Devient pour nous sans valeur.
Le coffre est vidé. Où irons nous?
Un caissier l’a défoncé
Lundi dans la matinée.
Six ou sept huissier se ruent chez nous.

Mais, oh, sublime sensation! Où irons nous?
Oh, sublime sensation! Où irons nous? Où irons nous?

[solo]

Cauchemar doux!
Prend les valises, balance-les dans la limousine.
Vite nous serons loin de tout ça.
Le gaz au fond et sèche ces beaux yeux là.
Un cauchemars doux…descend sur nous… prend corps pour nous… existe en nous…

1, 2, 3, 4, 4, 6, 7, 8
Les bons enfants, au ciel, vont vite…
1, 2, 3, 4, 4, 6, 7, 8
Les bons enfants, au ciel, vont vite…

Il y a cinquante ans et des poussières, YOU NEVER GIVE ME YOUR MONEY de Quatre Géants dans les Stries de Couleurs…

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LE SCULPTEUR

Posted by Ysengrimus sur 7 décembre 2019

LE SCULPTEUR de Claude Bolduc, 2016

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Le sculpteur

Le sculpteur est badin
Car il n’est pas un mage.
Il émerge de loin
Il est dans une cage.

Un aréopage le suit
Et prend corps par sa force.
Un gorille pousse des cris
Et une chimère atroce

Se mire béatement
Dans notre œil atterré.
Pulsions et battements.
Grand collectif sculpté.

Le sculpteur a un petit peu peur
Des univers qu’il crée.
C’est que sa lassitude se meurt
En cet espace armaturé.

Rien ne s’y laisse éteindre.
Rien ne cessera de pendre.
C’est que sculpter, c’est prendre,
C’est que sculpter, c’est peindre.

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Tiré de Claude Bolduc, Paul Laurendeau, (2019), RENCONTRE ONIRIQUE, Les Éditions Vue d’Artiste, 166 p.

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COMME DEUX CERFS-VOLANTS (Anna Louise Fontaine)

Posted by Ysengrimus sur 1 décembre 2019

Anna Louise Fontaine

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La hantise d’Anna Louise Fontaine se poursuit, implacable. Je suis aussi tourmentée par des démons, qui me semblent toujours terribles. Du moins, ceux que je n’ai pas encore toisés. J’ai si longtemps eu peur que ma rage ne puisse être contenue et qu’elle blesse les autres malgré moi. Que je ne puisse la retenir, qu’elle détruise ceux qui m’entourent (p. 72). Le déchirement, individuel et collectif, qui mène à la configuration fondamentale de la réalité de vivre ne s’arrêtera pas. Et on continue de l’exprimer, inlassablement. Il s’agit d’oser le plus vrai de soi, dit le petit incipit personnalisé de la copie de l’ouvrage remise à Ysengrimus.

Ici la narration se trouve très solidement polarisée. La mère de la narratrice va mourir. C’est le dernier droit. En perte d’autonomie physique et intellectuelle, la vieille dame restera silencieuse. Silence lancinant, non voulu, contraint, objectif. La mise au point champion qui s’esquisse prendra donc fatalement la forme d’un monologue. Seule. Orpheline même si tu n’es pas morte encore. Mon deuil commence. J’ai perdu ma mère. Tu es devenue mon enfant. Qui désormais me consolera? Qui d’autre sera toujours là pour moi? Qui aura jamais pour moi cet amour inconditionnel? (p. 45) Les rôles se sont à la fois désaxés et inversés. La métaphore guide de l’exposé, c’est celle de deux cerfs-volants qu’inexorablement le vent sépare. Le déchirement est insondablement douloureux.

C’est que la relation humaine la plus profonde, la plus radicale, la plus cruciale, c’est celle d’une femme avec sa mère. On est ici dans une dynamique micro-méga. Tout ce qui est infime devient gigantal, tout ce qui est savoureux devient amer, tout ce qui est onctueux devient abrasif, tout ce qui est calinet devient perfide. On attend tout et on n’obtient rien. On se veut libre et tout nous enserre. Mourir de vouloir dire se meurt dans le mutisme. Parler de vouloir vivre se joue dans l’étranglement renouvelé du cycle de la vie. Il faudrait rager, on ne peut que s’alanguir.

Aussi, à partir du point de départ initial, on va se mettre à circuler. C’est que la dynamique monologuante qui se campe a un coût inévitable. Tout remonte, tout griche, tout s’enchevêtre. Et cet acte terminal de communication vire insidieusement à l’examen de conscience. Le bilan de vie est personnel, en fait. C’est celui de la narratrice. Tout ce qui fut et aurait dû être, toutes les errances, toutes les diffractions, l’ensemble bigarré et contrasté des fausses libérations, le rapport au père, aux hommes (mari raplapla, amants furtifs), aux sœurs, aux enfants, s’imposent et se surimposent en de sourds effets de réverbération. L’intégralité de l’existence d’une femme (la narratrice) se pose en saillie, se dresse en chat noir, se hérisse, devant le livide gisant maternel. Il est tout simplement impossible de s’investir en elle sans s’investir en soi. La planète Pluton et son satellite Charon sont tellement immenses l’un par rapport à l’autre que leurs orbites mutuelles s’influencent radicalement et ce, éternellement. La planète, trop racornie, empêche le satellite d’être un vrai satellite. Le satellite, trop imposant, fait perdre à la planète son statut astronomique officiel de planète. Le drame de ces deux cerfs-volants, c’est rien de moins qu’un grand désastre des astres, en fait. Et le sentiment dominant qui se présente au rendez-vous, c’est la déception, une profonde déception des consciences et des existences. Euh… vraiment? M’as-tu vraiment déçue? J’aurais voulu qu’on trouve ensemble la clé de tous les mystères. J’aurais voulu que jamais, on ne se blesse. J’aurais aimé ne retenir qu’une belle chanson pour endormir mes petits-enfants. Mais nul amour ne se décline au parfait toute la vie durant. Avant, je t’admirais. Maintenant, tu me touches. C’est ce que je garderai pour l’album aux souvenirs. Je devrai me pardonner de déchirer l’image et de renverser le piédestal. De nommer les ombres et d’étaler les secrets sur la place publique. J’apprends à t’aimer dans ta nudité. Dans ta vérité. J’apprivoise ma mère aux derniers instants de sa vie. Et j’ai peine du peu de temps qu’il nous reste (p. 77). C’est que bientôt, très bientôt, il va falloir se retrouver seule. Et, au cœur de cette solitude, comme dans un silo ou dans une capsule, on se tortillera entre ses constats et ses attentes. Cette problématique de la déception dans la relation dégoulinante et odoriférante parent-enfant doit continuer de se dire. C’est la déception même qui est la catégorie centrale de la réflexion en ébauche ici. Qu’est-ce donc que décevoir sinon donner à appréhender l’être effectif s’arc-boutant sur l’allégorie imaginaire? Décevoir c’est rendre toute sa flamboyance de braise au droit fondamental de n’avoir été qu’une femme ordinaire, sans envergure particulière. Cela se constate en passant, et en déchirant ce feuilleté démiurgique de croyances infantiles, en serrant aux ouïes l’imaginaire trop exigeant, trop doctrinaire, trop épigone des progénitures.

Le court récit Comme deux cerfs-volants est suivi d’un recueil de treize poèmes qui reprennent la thématique et en enrichissent la problématique. Dans ce court recueil en vers libres, intitulé La mort de l’Amazone, le drame s’amplifie. On se retrouve devant l’imprévisible frémissant et angoissé. Ce qui est bien connu n’est pas connu (disait Hegel) et, oh bondance, on prenait maman pour acquis. Et puis la mort, la vie… c’est pas comme si ces atavismes nous prenaient par surprise. Alors, pourtant, on se retrouve devant le Sphinx, symbole de l’énigme. Et c’est la patatras. Pataquès philosophique, de fait… gnoséologique. Une crise des savoirs… de l’absence de savoir.

je ne savais pas

Quand je l’ai invitée chez moi
je ne savais pas qu’elle arriverait
avec sa suite de spectres muets,
dévorés de secrets

qu’elle amènerait plus de questions
que le sphinx le plus perfide
n’en poserait jamais
et plus d’énigmes
que n’en pouvait supporter
ma pauvre raison

qu’elle s’accrocherait à moi
de ses doigts maigres
comme à une bouée
effarée du peu de temps
que lui laissait la Vie

que la peur l’aurait déjà investie
avant de réclamer son dû
et que son dieu l’aurait désertée
dès le premier doute

qu’elle resterait empêtrée
dans les débris
de son piédestal
et qu’elle me demanderait
la seule chose
que je ne pouvais lui donner:

la tuer

(pp. 99-100 — typographie et disposition modifiées)

 

Mourir et faire mourir, cela se rejoint mais cela ne s’assimile pas, comme ça, l’un à l’autre, sans explications explicites. Et, justement, emporté par l’intensité du propos, tant du récit que du recueil, on regrettera son caractère volontairement esquissé, furtif, fugitif, brumeux. La narratrice annonce un ensemble de raccords entre le centre d’attraction maternel et l’intégralité rhizomatique de sa vie. Mais cette toile reste pendue dans l’air comme une nébuleuse ou une grande tache sanglante et acide. On ne la voit pas bouger, girer, on ne sent pas les raccords s’animer. L’urgence de la situation esquisse, esquive et minimise l’urgence du propos. La gorge est restée nouée. Le monstre a frémi mais il n’est pas vraiment sorti de son antre.

On se serait plu aussi à imaginer l’effet en retour, nommément un dialogue galiléen entre nos deux géantes. Salviati-fille aurait donner la mesure de la douleur astronomique qui bouge, s’échancre, grince. Simplicio-maman aurait tenu mordicus à la raideur et à l’étroitesse de sa doctrine, en faisant parler la voix de son temps, dans ses amplitudes comme dans ses limitations. Ce dialogue effectif, qui pourtant n’y est pas, l’ouvrage, dans sa fluidité labile, nous donne à l’imaginer et nous fait anticiper-regretter la réplique armaturée de la mère, qui reste à faire et qui pourtant existe, quelque part, y compris en nous. Surtout en nous.

Anna Louise Fontaine (2014), Comme deux cerfs-volants, suivi de La mort de l’Amazone, chez l’auteure, Montréal, 127 p.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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Petit bureau

Posted by Ysengrimus sur 7 novembre 2019

Table-de-travail-de-mon-enfance

Petit bureau de mon enfance
Infime et tout égratigné,
Que ne m’as-tu pas enseigné
Sur nos vieillesses qui s’avancent?

Tu es menu comme un bibelot
Démodé, poupin, ordinaire.
Une guitare aux cordes de fer.
Une rhapsodie de vieux grelots.

Oui, tu étais mon écritoire
Avec tes clowns et tes chevaux,
Ton manège et ton chapiteau
Et ta chaisette et tes tiroirs.

Mais, un matin ou bien un soir,
Je me suis levé, sans faconde
Pour aller dans le vaste monde
Et ne plus jamais me rasseoir

Devant toi, mon petit bureau.
Tout ton cirque s’en est étiolé
Comme le plus beau rêve, au lever
Ou comme la lune, au fil de l’eau…

Mais demain, on la refera
La bureautique de nos enfances.
On réactivera les danses,
Les dominos, la fantasia.

Tiré de mon recueil de poésie de 2019, RESSACS POÉTIQUES.

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ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — Célesta

Posted by Ysengrimus sur 21 octobre 2019

Infime petit célesta,
Qu’est-ce que tu fais là?
Espèce de petit clavier
À la voix métallisée,
Tu ne seras, toi, tsointsoin,
Ni piano ni orgue d’église.
Les Fanchon et les Denise
Te joueront matin
En riant comme des taquines.
Tes ballades et tes béguines
Ne seront ni laides ni belles.
Elles monteront vers le ciel
Puis s’y perdront en lambeaux.
Tu distilleras le beau
Dans l’oubli fugace.
Non, les textures irisées
De tes douces sonorités
Ne laisseront nulle trace…

Célesta, tu pleures?
Il faut pas le prendre comme ça.
Tu égrènes les heures.
Tu fais tourner ton compas.
Tu es miniature.
Ton pire ennemi, c’est le temps.
Je le sais, c’est contrariant
Et c’est un peu dur.
Mais console toi, célesta
On est tous un peu comme toi.
Tu nous symbolises en fait,
Éphémères marionnettes…

Souffles en entrelacs,
Tu vas pas mourir de ça,
Ni de peur, ni de tristesse,
Ni de froid, ni de vieillesse,
Ni de rire, ni de panique
Car tu es la musique.

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QUELQUE CHOSE EN ELLE (v.f. de SOMETHING des Beatles)

Posted by Ysengrimus sur 6 octobre 2019

Something-en-francais
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Quelque chose, quand elle m’approche
Me suscite une cuisante attraction.
Quelque chose, quand elle chuchote…
Je ne veux pas te quitter,
Je veux y croire et t’aimer…

Quelque part, dans son sourire
Je sais qu’elle sent mon intense passion.
Son ton, sa dégaine me font me dire:
Je ne veux pas la quitter,
Je veux y croire et l’aimer…

L’amour va-t-il s’intensifier?
Je ne sais… Je ne sais…
Où cela va-t-il nous mener?
Je ne sais… Je ne sais…

Quelque chose en elle saisit
Que je pense à elle. Nous nous comprenons.
Quelque chose… ce secret qu’elle m’a dit…
Je ne veux pas la quitter,
Je veux y croire et l’aimer…

Il y a cinquante ans, SOMETHING des Quatre Titans dans le Vent.

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ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — Castagnettes

Posted by Ysengrimus sur 21 août 2019

Castagnettes capiteuses
Vous accompagnez la danseuse
Dans son vigoureux froufou
Coloré, vif, andalou
Les taches crues d’une vive vignette
Et le clac! des castagnettes
Nous redonnent le ton d’un temps
Et nous revoici contents.

Derechef il faut le dire
Sans le pleurer ni le rire:
Quand le rythme se cliquette
Au tempo des castagnettes
Ça annonce quelque chose
Un atavisme qui impose
La dure pulsion de sa loi
Un et deux et un, deux, trois.

Et dans le torrent des âges
Sur le sable et dans la vase
Comme dans le plissé des jupes
C’est bien la musique qui lutte
Contre l’eau de la nuit noire
Buvant nos brasiers à tiroirs
Et le feu dans les larges mirettes
De la joueuse de castagnettes.

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Requiem pour Capharnaüm

Posted by Ysengrimus sur 21 juillet 2019

Capharnaüm
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Requiem pour Capharnaüm

Entends ton requiem, Capharnaüm grotesque
Au pavé abreuvé de cervelles à képi.
Vers ton corps, fourmillant de noire soldatesque,
Un canon tire sans répit.
Le vent a charrié sur ton front de muraille
Des poudreries brûlantes, des odeurs de sang.
Ton minaret pointu, baïonnette en bataille,
Déchire le soleil levant.

Entends ton requiem, Capharnaüm symbole.
Dans tes rues, des gamins (ils ont la mort au front!)
Comme Gendarme sots, violents comme Guignol
Se chamaillent pour un ballon.
Ta matrice est pourrie, tes seins saignent de guerre.
Quand même ton enfant essuie un vieux couteau.
À quoi bon te l’emplir de finesses cachères
S’il se vide pour un drapeau?

Entends ton requiem, Capharnaüm humaine,
Riche bourg de l’Honneur et bas-fond de la Plaie.
Si, du canon, bientôt s’envolera l’haleine
Au parfum d’éphémères paix,
S’éteint, s’allume, meurt et brûle ton brasier
Où se fondent fusils, où se cuisent chairs blêmes.
Tu ne guérira pas ta peste dédoublée.
Attends ton dernier requiem.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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