Le Carnet d'Ysengrimus

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Archive for février 2009

INTOXIDENTALE (intox occidentale)

Posted by Ysengrimus sur 15 février 2009

René Magritte (1898-1967).Titre (passablement méconnu) du tableau: LA TRAHISON DES IMAGES, 1929

René Magritte (1898-1967). Titre (passablement méconnu) du tableau: LA TRAHISON DES IMAGES, 1929

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Mon fils Tibert-le-chat me montre l’entrefilet suivant, tiré d’un canard torontois qui collige des dépêches de presse internationales, et me demande de chercher la bizarrerie (je traduis le texte):

Attaqué par un panda –   Un panda du jardin zoologique de Pékin a mordu son troisième touriste en deux ans et, cette fois-ci, il a fallu lui desserrer les mâchoires de force pour libérer sa victime, un homme qui avait sauté dans la fosse de ce panda pour y récupérer un jouet de son fils.  –    Gu Gu, un panda de 240 livres a saisi dans sa gueule les jambes de l’homme et a refusée de démordre jusqu’à ce que ses gardiens le forcent à ouvrir les mâchoires à l’aide d’outils, a indiqué une porte-parole du jardin zoologique, portant le nom de Gong. La porte parole n’a pas fourni son nom complet, selon une habitude qu’ont les officiels chinois.   –   Gu Gu avait déjà défrayé la chronique en 2007 quand il avait mordu un touriste en état d’ébriété qui avait sauté dans sa fosse pour tenter de le câliner. Le touriste avait alors répliqué en mordant l’animal à son tour.

Mon sursaut est instantané. Je dis: Pourquoi ont-ils besoin de signaler que la porte-parole du zoo ne fournit pas son nom entier? Ils auraient simplement pu dire Madame Gong, ou ne pas mentionner son nom. Mon fils Tibert-le-chat répond: Exactement. C’est de la propagande. Voici, au milieu d’un fait divers qui n’a rien à voir avec rien, qu’on nous claironne que les officiels chinois manifestent une étrange discrétion sur leur identité individuelle. Ah, il faut bien qu’il y ait quelque chose qui cloche, hein, puisque cela se passe à Pékin (où, en plus, évidemment, même les pandas sont méchants – je vous épargne un retour sur la couverture occidentale de la Chine en 2008, avec les Jeux Olympiques etc. Ce fut une insulte hurlante à l’intelligence la plus élémentaire). On pourrait citer des dizaines de milliers de petits exemples ordinaires de ce type, à propos de la couverture occidentale de la quasi-intégralité des événements du monde…

J’appelle INTOXIDENTALE toutes les manifestations de biais occidentaux dans la couverture journalistique, ayant pour effet de transformer, ouvertement ou insidieusement, l’info en intox. Cette intox occidentale est un mélange fin et subtil de propagande et d’ethnocentrisme. Pour la décrire plus précisément encore, il faut dire en fait qu’il s’agit d’une communication faussement neutre (et en fait toujours orientée) misant sur l’ethnocentrisme du lecteur occidental et mettant la surprise condescendante de ce dernier au service d’un biais propagandiste. Ici, on ne dit rien d’ouvertement faux au sujet de Madame Gong, sauf que l’incongruité (dans un regard spontanément ethnocentriste) de ses pratiques patronymiques se trouve gauchie insidieusement dans un angle qui fait que cela a l’air bien louche. Ce genre de discrétion «excessive» sur son identité, ça la fout mal, comme on dit.

Il est important de bien voir que l’intoxidentale n’est pas un ethnocentrisme pur, innocent et niais. Le journalisme contemporain, mondial depuis un bon siècle désormais, est de fait à peu près exempt de cet ethnocentrisme simplet de jadis, qui reposait sans malice sur l’ignorance étonnée de celui qui n’est jamais sorti de ses pénates culturelles. Les journalistes contemporains savent parfaitement se surprendre correctement et se laisser dépayser décemment par la diversité et la complexité de notre vaste monde. Il ne faut pas les prendre pour des idiots. Ils prennent souvent leurs lecteurs pour des idiots, eux, par contre, et confirment sciemment les préjugés les plus myopes du petit peuple tertiaire de nos bonnes villes si, et seulement si, cela sert la propagande, de plus en plus ferme et unilatérale, qu’ils mettent de l’avant.

Mon premier contact personnel, direct et indubitable avec l’intoxidentale eut lieu au début des années 1980, lors de la ci-devant Guerre des Malouines, un conflit de théâtre paradoxal (selon la logique rigide du temps de la Guerre Froide) qui avait opposé brièvement la Grande-Bretagne à l’Argentine pour la main mise sur un petit archipel au large de cette dernière. Les radios et télés francophones canadiennes parlaient alors d’Îles Malouines, sans complexe… jusqu’au déclenchement du conflit. Ils se mirant alors, d’un seul bloc et du jour au lendemain, à parler d’Îles Falkland, simplement parce que le nom espagnol donné aux dites îles autrefois et utilisé ouvertement par les argentins (Islas Malvinas) dérive du nom français, et qu’il fallait éviter de connoter ce toponyme hispanisant le moindrement… le tout, naturellement, en affectant d’autre part de ne jamais prendre parti dans le conflit comme tel. C’était d’un grossier qui m’édifia durablement. Vers la même époque, pour tout dire, un camion-suicide avait fait sauter un bâtiment bourré de soldats français au Liban. Cri d’horreur dans les journaux hexagonaux à l’époque. Ils titrèrent tous: Les soldats de la paix (Même l’Humanité du temps, qui avait conclu que la France devait se retirer de ce conflit… le chauvinisme n’a pas de couleur dans les moments de panique). Les soldats de la paix (qui sont, bien sûr, toujours les nôtres), vous imaginez… L’intoxidentale ne craint certainement pas les oxymorons…

Je vous cite ici, un peu au petit bonheur de mes souvenirs, des exemples datés, à dessein. Leur grossièreté hirsute semble frapper bien plus les imaginaires contemporains… mais c’est un pur et simple effet du temps qui passe, sans plus. L’avenir jugera l’intoxidentale de notre temps avec la même sévérité agacée. D’ailleurs l’intoxidentale n’a pas toujours la subtilité, comme dans l’exemple du panda Gu Gu et de Madame Gong, d’être insidieuse. C’est parfois un pur et simple mensonge plat, frontal, ouvert et direct. Lors de la guerre Iran-Irak, qui succéda de peu à la révolution iranienne de 1979, on nous simplifiait, dans les médias, les axes du conflit (escamotant de ce fait la manipulation américaine téléguidant l’Irak) en racontant que l’Iran était shiite et que l’Irak était sunnite. Maintenant que Saddam Hussein est un oligarche minoritaire (sunnite) déchu qu’il a fallu dézinguer pour servir le Souverain Bien Pétrolifère, on nous avoue finalement que l’Irak est aussi… à majorité chiite… Durablement édifiant… On se serait cru revenus aux temps blêmes et factices du baratinage interminable de la guerre du Vietnam… Le très beau film Good Morning, Vietnam de Barry Levinson (1987) justement, est une superbe dénonciation en règle de l’intoxidentale. Il n’a pas pris une ride. Il faut absolument le revoir et le méditer. Et, en attendant, plus de cent militaires canadiens sont morts en Afghanistan, «pas» dans des zones de combats intensifs sur un théâtre dont ils perdent graduellement le contrôle, non, non, non… en roulant malencontreusement et presque par hasard… sur de ci-devant bombes artisanales… Communication faussement neutre (et en fait toujours orientée) misant sur l’ethnocentrisme du lecteur occidental et mettant la surprise condescendante de ce dernier au service d’un biais propagandiste. Les résistants artisanalement organisés d’un vague pays montagneux du tiers monde, planter des soldats canadiens dans des épisodes de combat? Pas possible!!! Dites-nous que ce n’est pas vrai.

L’intoxidentale se charge justement de nous «dire» exactement cela, tant pour nous conforter que pour faire passer sa ligne doctrinale… et ce, désormais, à la guerre, comme au jardin zoologique, comme dans la totalité de la vie… car l’intoxidentale est de plus en plus… totalitaire, justement.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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États-Unis: rédemption, piège à con

Posted by Ysengrimus sur 1 février 2009

Saint Obama

Obama, figure rédemptrice, joue à fond le jeu de la pureté éthique et de la candeur intellectuelle.

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Je trouve finalement l’un dans l’autre que notre bon vieil impérialisme américain l’a pas mal facile au bout du compte en remplaçant ainsi, sous les viva! planétaires, un président mannequin (terme limpide) par un président acteur (terme volontairement ambivalent) et en se tapant la formidable rédemption que cela entraîne…

C’est un spectacle cyclique, en fait. Un manège circulaire des symboles. Une scintillante poudre aux yeux tricolore. Regardons de plus près cette «nouvelle donne» du fameux retour du président qui agit par lui-même (par opposition, croit-on, au président qui se laisse ballotter par les groupes d’intérêts). Dans les derniers soixante ans, le Parti Démocrate a produit les grands présidents acteurs. Tu ne peux pas aligner FDR, JFK, WJC et BHO sans que les astres ne bougent un peu… Chez le Parti Républicain, marionnettiste invétéré ayant piloté beaucoup plus de présidents, deux autonomies ressortent: celle de Richard Nixon et celle de George Bush Senior. Ces deux figures fétides ont d’ailleurs en commun d’être deux vice-présidents devenus ensuite présidents en un tout nouveau mandat (donc pas comme Harry Truman, Lyndon Johnson ou Gerald Ford qui finirent le mandat du président précédent, mort ou démissionnaire, ce qui, sauf dans le cas de Ford, les fit rebondir aux commandes). Signe criant de comment ces gars de droite marchent, le marionnettiste des débuts finit, avec eux, par attraper le manche et devenir (un peu) acteur… Ces Républicains sont des manipulateurs de grands pantins sans complexe et leur peuple le sait parfaitement. Le dernier grand président mannequin avant George W. Bush fut incidemment Ronald Reagan (un ancien acteur… de cinéma, je veux dire). Cet ample président vide, qui fut surnommé le président de 9 à 5 (avec sieste l’après-midi) reposait lourdement sur l’équipe et surtout sur son VP et futur successeur, Bush Senior… Il est certes piquant de constater que de placer le fils de l’éminence grise de jadis sur le trône du vieux mannequin d’autrefois s’avéra la suprême combinaison ratée de la dernière décennie. Ils ne la referont pas de sitôt, la passe de la marionnette aux commandes, on peut dire cela sans risque… Et subitement, aujourd’hui, patatras, les USA ridiculisent haut et fort ce George W. Bush Junior, poupée à la tête creuse… mais, ce faisant, ils n’effacent en rien son action catastrophique. Cette dernière ne s’inversera pas pour autant. Salvador Allende ne revint pas en vie après la démission de Richard Nixon

Nos bons ricains se tapent tout simplement une petite table rase émotionnelle en mondovision, une petite rédemption à grand déploiement centrée sur ce retour «nouveau» du président acteur. Ils diffusent quelques rubans YouTube bouffons du bouc émissaire politique du jour et continuent de rouler, droits dans leurs bottes. Oh, oh… Méfiez-vous de ce genre de défoulement rédempteur inane. George W. Bush, agneau pascal, moi, je ne mords pas. Son départ laisse le vivier washingtonien (sans parler de celui de Wall Street) parfaitement inaltéré… C’est d’ailleurs pour cela qu’Obama compose tant… C’est un vieux truc de politicien de centre-droite que de faire ridiculiser le prince droitier déchu par les nouveaux thuriféraires. Une figure publique très modérément progressiste attise les réactionnaires extrêmes sur cette cause spécifique en leur jetant des morceaux de viande ironiques bien poivrée pour les faire aboyer dans leur clos, chiens hurleurs qu’ils sont. Les idiots mordent, gueulent et réitèrent leur cause foutue que le prince droitier déchu ne peut plus porter et notre personnalité publique de centre droite parait soudain fort avancée en se projetant devant ce choeur d’arrière-garde, manufacturé et entretenu par elle. L’art discret de ne pas avoir à trop innover, en inculpant en sous-main le prédécesseur.

Obama, figure rédemptrice, joue à fond le jeu de la pureté éthique et de la candeur intellectuelle. Toujours aussi générique sur les affaires non-domestiques, il incarne sereinement l’ignorance abyssale que l’Amérique a du monde. Son atout majeur, pour le moment, est que, comme Socrate, il sait qu’il ne sait rien et il l’admet… et il dit à ses émissaires diplomatiques de commencer par écouter. Il veut laisser les idées préconçues bien entassées dans le placard du passé tragique. Nouveauté fondamentale d’un impérialisme en amorce de rétrécissement? Oui? Non? Cela fait nouveau, nouveau, nouveau, certes, mais il reste qu’Obama est fondamentalement un centriste, donc, en fait, un chef cuisinier matois qui apprête les restes en les amalgamant en un subtil mélange réchauffé, qui fait nouveau… Il ménage la viande et les patates, la chèvre et le chou, la gauche et la droite, le Likoud et le Hamas, les tartuffes et les athées, le capitalisme et le socialisme. C’est une balançoire, un pendule qui oscille au dessus des questions. Ce n’est pas qu’il brette ou hésite, c’est qu’il englobe, qu’il embrasse. Or, qui trop embrasse, mal étreint… Obama admire tout le monde (du moins en parole), n’a pas d’ennemi (du moins en apparence). Tout le monde est beau, gentil et un génie. De par cette dynamique, très Nouveau Monde primesautier dans le style, très Amérique joyeuse dans le ton, Obama est bien plus américain et bien moins impérialiste que plusieurs de ses prédécesseurs, du moins, encore une fois, en apparence. Et que fait Obama de fondamental dans la dynamique qu’il tente de mettre en place ainsi? Il manifeste, publiquement et politiquement, de l’HUMILITÉ. La même humilité qu’il avait justement annoncée dans son discours inaugural. De là, deux choix s’offrent à l’analyse. Soit il s’agit d’une humilité de Tartuffe et qu’on a affaire, comme du temps de Jimmy Carter, à l’insertion de la vieille main de fer de l’impérialisme américain dans un nouveau gant de velours. Soit il s’agit d’une humilité effective, symptôme sociopolitique réel et profond du fait que l’impérialisme américain du siècle dernier s’approche le plus en douceur possible de la piste d’atterrissage de ce siècle-ci. Deux choix possibles. Le charme d’Obama nous masque subtilement l’option effective… alors gardons l’œil ouvert.

Car, dans les faits, si le vaste dispositif militaire US cessait simplement de tuer des gens un peu partout au monde, de ci de là, de gauche et de droite pour des raisons qui, on l’a souvent dit,  ne correspondent même pas à la volonté effective du peuple américain, ce serait déjà un développement bien plus effectif que tout le flafla rédempteur auquel on assiste en ce moment. Ils peuvent même garder leur collets cravates si ça les amuse, mais simplement qu’ils cessent de reporter la paix au calendes, en changeant les soldoques de place, en rebrassant le paquet de cartes et en maintenant le bellicisme de service bien actif sans vraiment s’informer d’avantage… De fait, à ceux qui voudraient nier l’ignorance que les américains ont de la complexité du monde qu’ils oppriment, je dirai simplement ceci. Les élites «savantes» de ce pays l’ont mis dans le fossé et l’ont enfoncé dans le discrédit international le plus profond de son histoire moderne. Obama, lui, c’est clair, s’inscrit en faux devant ces «savants» que le tout venant admire tant. Il se rapproche de son peuple, lui ressemble, le sert, l’incarne même, en disant: «Je n’y voit goutte, je ne crois pas savoir, je ne sais pas. Il y a là une complexité qui m’échappe, il me manque des éléments. Informons nous d’abord car notre savoir antérieur est probablement un faux savoir». Obama tombe la veste (y compris au Bureau Ovale) et joue de mimétisme populaire. Je ne sais pas s’il agit, mais il montre qu’il agit. Cela, d’ailleurs, avec la stricte rigueur de sa doctrine centriste, n’est pas sans rappeler Juan Domingo Perón (1895-1974). Perón (un peu d’ailleurs comme René Lévesque) fut d’abord un homme d’état oeuvrant au beau risque de mélanger gauche et droite, un peu comme on mélange soufre et salpêtre dans la poudre à canon. Dans le cas de Perón, cela a fini par péter de travers, d’ailleurs, populisme, militarisme, dictature, etc. Ici, l’affaire est inévitablement à la fois plus compliquée et plus grandiose, mais il reste que le jeu d’Obama (aussi au sens de son jeu d’acteur…) engage un risque politique qui n’a pas grand-chose à voir avec de la nouveauté neuve, neuve, neuve… Il veut camper une Unité Nationale, comme le voulait le Perón des débuts (c’est habituellement un indice du poids de l’adversité extérieure…). Souffre – Salpêtre. Il faudra voir où ça ira, mais c’est ça.

Sauf que, Rédemption Globalisante d’Extrême Centre ou pas, le monde ne s’arrête pas de tourner pour autant. Les Talibans résistent de mieux en mieux et il va falloir dix mille fois leurs ressources pour espérer les planter. Pourquoi? Est-ce comme au Vietnam? Et pourquoi avoir oublié le Vietnam? Et pourquoi tous les esprits savants, expérimentés et subtils des états-majors n’ont-il pas vu celle-là venir non plus? Mais que sait-on du monde, finalement, bon sang? Approfondir ce conflit, comme Obama prétend le faire, est-il une nouvelle erreur, à la fois impérialiste et moraliste, résultant directement de l’ignorance qu’il a eu la candeur de nous avouer? Quelle est la profondeur de sa mécompréhension du genre de racaille locale sur laquelle, en tant qu’occupant, il s’appuie pour gouverner indirectement un pays qu’il tient sous sa botte. La rédemption obamesque ne peut tout simplement pas demander à son segment compradore afghan de se dé-corrompre quand son propre dispositif d’occupation repose crucialement sur le segment corrompu de la société. Prier les collabos de se dé-corrompre c’est les prier de s’autodétruire, vu que le fond de leur corruption repose sur le service à l’occupant… et que c’est parce qu’ils sont corrompus à la base qu’ils collaborent! Les USA tournent leur marionnette en bouc émissaire de leur propre impérialisme, en faisant cela… S’en rendent-ils compte seulement? L‘action d’Obama masque t’elle l’inaction implicite de la force d’inertie de l’immense machinerie qu’il chevauche? Silence planant de ses critiques et de ses suppôts. Et ce silence planant est un solide indicateur de tendance. Soudain, sous la rédemption d’Obama, l’Amérique lave plus blanc. Il ne faut plus la critiquer, elle est purifiée. Holà, holà… Non merci. La rédemption US est le plus formidable des pièges à con imaginable de ce début de siècle… et veut veut pas, Obama construit gentil sur les acquis salauds de ses prédécesseurs…

Le 20ième siècle s’est terminé en septembre 2001 sur une brutale légitimation. Le 21ième siècle s’est amorcé en novembre 2008 sur une doucereuse rédemption. À chacun son piège à con et les réveils seront douloureux mais, au moins, lucides.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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