Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Que penser des penseurs salariés?

Posted by Ysengrimus sur 7 septembre 2019

Bon, parler directement des minus institutionnels en les nommant explicitement, c’est pas trop mon truc. Ça donne rien de plus au fond des débats et ça leur alloue, à eux, ces minus, des bâtons pour me battre, en mobilisant leur petit système judiciaire pour plouto-baillonneurs de merde. C’est pour ça que, comme Montesquieu, comme Voltaire, moi j’affectionne particulièrement les romances ruritaniennes. En plantant ton histoire dans un passé lointain, dans un duché montagnard improbable, dans une Turquie de fiction, ou dans un Orient de toc, tu dis tout ce que tu as à dire, bien à l’abri des lâches, des pense-petit et des enquiquineurs.

Une honnête romance ruritanienne pour le genre de description du monde contemporain à laquelle je vous convie aujourd’hui, c’est encore le monde du passé pré-tertiarisé. Royaume de France, première moitié du dix-neuvième siècle. Nous sommes sous la Monarchie de Juillet. S’industrialisant rapidement, la France est en plein progrès social mais son pouvoir politique est en pleine réaction. Et l’université, dominée par la Philosophie de l’Éclectisme de Victor Cousin, sert docilement ses maîtres réacs. Un petit franc-tireur de bretteur de philosophie politique du nom de Joseph Ferrari écrit, puis publie tout juste après la chute de Louis-Philippe, un pamphlet rageur intitulé Les Philosophes salariés. Sa réflexion, toute prosaïque, consacre le grand remplacement savant, pas trop surprenant au demeurant, des valeurs de conviction par les valeurs d’argent. Impuissant à faire des prosélytes, l’éclectisme en créa de vive force par la grâce du salaire. Il confisqua l’école normale, il confisqua les concours d’agrégation, il siégea au conseil de l’université; il forma une faction à l’Institut, et la perfide combinaison de ces quatre mesures accapara toutes les places, et assura à l’éclectisme le revenu net d’un million et demi. Aucun sentiment, aucune considération n’arrêta l’éclectisme: il sacrifia Bac réduit au désespoir du suicide; il mutila Jouffroy, qui se réhabilita en mourant. (Joseph Ferrari, Les Philosophes salariés, p 161). Quoi de nouveau sous le soleil, hein, hein?

Alors patatras. J’ai pas besoin de vous faire un dessin. Opérons la transposition contemporaine dans les sciences universitaires subventionnées du moment, où nos petits carriéristes égomanes, noyautés par les industries, pétrochimique, militaire ou autre, publient ou périssent en se tirant dans les pattes les uns les autres… et goûtons la suave transmissibilité de l’ire et des constats de notre philosophe politicailleur tirailleur d’autrefois.

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Hommes de collèges, hommes de salaires, que voulez-vous que je dise de vous? J’ai parcouru vos thèses, vos préfaces et vos commentaires; depuis de longues années, vous vous êtes consacrés à la philosophie, aux frais de la France. Qu’avez-vous fait? Vous avez été impuissants et stériles; avouez-le, le maître et la place vous ont tué. Pas un éclectique qui ait tendu la main à une théorie proscrite, pas un éclectique qui ait défendu un collègue frappé par un ministre; l’école a toujours manœuvré à l’unanimité contre les vaincus. Les plus libéraux parmi les professeurs se sont réunis pour nourrir une revue qui s’intitule: La Liberté de penser. Quelle en est la pensée? Quelle en est la liberté? J’y ai lu toutes les pensées rétrogrades qui ont préparé la réaction.

Ferons-nous l’honneur à l’éclectisme de le comparer aux doctrines qu’il combat? Ce serait comparer la mort à la vie. Saint-Simon, dans la misère, inspirait toute une société d’hommes nouveaux: il écrivait, et l’on prodiguait des millions à la propagande de son idée. Vingt hommes d’élite se jetaient dans le mouvement: arrêté de mille manières, le mouvement se propageait encore, et conduisait la France à la révolution de février. Charles Fourier vit dans la pauvreté; il est victime d’une théorie qui le subjugue par les hallucinations de la folie. Mais il est convaincu, et la conviction seule fonde à elle seule toute une école. Le maître la compromet, et l’école redouble de ferveur pour joindre avec son drapeau le saint-simonisme dans la révolution de février. Buchez crée d’autres convictions; sans intrigue, sans argent, il compte comme une puissance. Lamennais veut être seul; il se suffit. Pierre Leroux inspire George Sand, le grand poëte de la démocratie; il éclaire par la lumière qui jaillit de son cœur. Il faut que toute la bourgeoisie se coalise pour imposer silence à Proudhon; sa voix ébranle la société. Qui l’a payé? Quelle est l’intrigue qui lui a donné des disciples? Quel est le salaire des proudhoniens? Ce salaire, dira-t-on, c’est la révolution. Restons dans la science. La philosophie allemande a fait plus pour l’humanité en cinquante ans, que toute la philosophie officielle de France depuis trois siècles. Où était sa force? Dans les ministères, dans les gouvernements? C’est à peine s’ils la toléraient, et la vérité créait des légions de prosélytes; elle dictait mille travaux d’histoire et d’érudition; elle renouvelait l’Encyclopédie toute entière, depuis les sciences physiques jusqu’à la vie de Jésus Christ.

Ne nous étonnons pas de voir l’éclectisme si stérile; on l’a payé pour se taire, et il s’est tu; on lui a dit de marcher en silence et il a formé une bureaucratie philosophique; on lui a dit d’exposer, de compiler, de commenter, il a exposé, compilé, commenté. Le maître tenait les engagements pris avec le juste milieu; les disciples tenaient les engagements contractés avec le maître. Ils ont été admirables de discipline, d’obéissance; ils ont formé une confrérie plus exemplaire, plus unanime que celle des jésuites; ils ont été tous inaccessibles à la double révolution du socialisme français et de l’idéologie allemande.

(Joseph Ferrari, Les Philosophes salariés, Slatkine Reprints, 1980, Collection Ressources [ouvrage paru initialement en 1849], pp 116-117)

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Notre université ruritanienne de jadis fut donc l’usine à saucisses des conformismes et des soumissions scolastico-politiciennes. Encore une fois: quoi de neuf, docteur Boniface? Le boursouflement parasitaire actuel est un peu nouveau, peut-être. Les penseurs salariés d’autrefois étaient payés par l’état et travaillaient servilement pour l’état. C’était presque cohérent. Aujourd’hui, les penseurs salariés sont payés par l’état mais le résultat de leur travail docile est chapardé par l’entreprise privée qui se l’accapare ouvertement, au nez et à la barbe des administrations universitaires, et aux frais du contribuable. Faiblardes et timorées, les facs s’émeuvent de plus en plus des conflicts of commitment de leurs corps enseignants. Notre petit prof de pétrochimie est payé à 70% par sa fac et à 30% par l’entreprise qu’il sert… et ce, pour une implication aux pourcentages diamétralement inverses, vu qu’il trouve toutes les combines pour ne jamais se présenter devant ses étudiants et pour passer le clair de son temps dans son labo d’usine.

Les penseurs salariés sont au jour d’aujourd’hui toujours des suppôts. Ils servent de front leur arrivisme académique et les entreprises qui les noyautent (cette double priorité carriériste et entrepreneuriale ne fait tout simplement qu’un, dans leur esprit). Ce double service de forbans se fait au détriment du public (contribuable) et des étudiants qui eux, se tapent les chargés de cours, le cyber-enseignement, les supports de cours cryptiques, les TP absurdes, et les amphis surchargés. Le monde universitaire est, aujourd’hui plus que jamais, un monde de soumission veule et de conformisme feutré. Un aréopage de ronds de cuir aux pratiques confidentielles. La foire aux esquives devant la société civile. La cornue fumante du capital.

Mais si le parasitisme institutionnel ceinturant les penseurs salariés s’aggrave, se provigne, son principe intellectuel de fonctionnement, lui, reste parfaitement stable, dans cette version modernisée de notre temps. Les penseurs salariés sont des petits rouages d’entreprises payés avec de l’argent public. Ils se couvrent le cul, vivent sous la houlette patronale, ne font pas de vagues, n’innovent pas, tremblent comme des feuilles. Ils exposent, ils compilent, ils commentent. La tyrannie putative du patron s’est simplement substituée à celle du maître d’autrefois. Les écoles de philosophie de Victor Cousin sont devenu les écoles d’administration de monsieur ou madame le Ministre de la Conformité Économique et du Plan Industriel Aplani.

Conséquemment, le pronostic est relativement infaillible. Aujourd’hui comme autrefois, rien de vif, de novateur, de radical ou de révolutionnaire ne sortira du monde universitaire. Cette machine à fagoter du conformisme et de la soumission va continuer de ronronner, sans intermittence. Une telle moissonneuse laminoir a d’ailleurs ses effets directs sur le militantisme étudiant contemporain. Observez effectivement le militantisme de campus. Toutes ces causes réformistes sociétales semi-fachisées à base de moi-je et de ma-cause-est-plus-louable-que-la-tienne. De la concurrence publicitaire en tenue de ville. Il n’y a rien là de vraiment distinct ou démarqué par rapport au consensus sociétal contemporain AINSI QU’au ronron machinal et dociliste du tout du monde universitaire même. L’autorité victimaire a maintenant ses chaires universitaires. Et on se polochonne comme des bons pour s’asseoir dessus. Carriérisme victimaire ou carriérisme entrepreneurial: même combat. On ne lutte plus pour changer la société mais pour altérer le regard de la société envers ego. Ego sert le capital mais voudrait tellement qu’on l’adule comme dépositaire du souverain bien.

Alors, que penser des penseurs salariés, actuels ou futurs? Ce qu’on voudra, tiens. Mais… pas ce qu’ils pensent d’eux même en tout cas. Et pour ce qui est de les juger, ça, bien, l’histoire l’a déjà fait. Conférer Les Philosophes salariés, 1849…

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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22 Réponses to “Que penser des penseurs salariés?”

  1. Caravelle said

    L’inévitable solennité de la rencontre entre l’histoire et le présent.

    [À laquelle s’ajoute la solennité du fait que ceci est le 500ième billet du Carnet d’Ysengrimus. — Ysengrimus]

  2. Mouflet said

    Les penseurs salariés, c’est des fumiers. Je seconde.

    • Sismondi said

      Je seconde.

      Ils pensent pour servir la soupe au pouvoir et enterrer tout ce qui est radical… radical, i.e. de la racine. Mais ça prend racine quand même, dans les masses, et ce, malgré eux, et hors d’eux.

      • Denis LeHire said

        Les intellectuels servent le pouvoir. C’est pour ça qu’on les paye. Ceci dit, les anti-intellectuels sont habituellement des populistes et des fascisants. La quadrature est circulaire en titi…

  3. Tourelou said

    En plus, ces hauts salariés qui échouent ne sont jamais redevable des échecs… jamais punis.

    Vous êtes, avec votre 500ième billet, le libre penseur que j’ai agréablement exploité le plus, et j’admire votre grande générosité, c’est toujours fortement apprécié! Et cela, ça n’a pas de prix.

    Longue et belle vie Ysengrimus!

  4. Magellan said

    Aujourd’hui comme autrefois, rien de vif, de novateur, de radical ou de révolutionnaire ne sortira du monde universitaire. Cette machine à fagoter du conformisme et de la soumission va continuer de ronronner, sans intermittence.

    Exact et brillant. La fac est une machine à tenir les (très éventuels) vrais penseur hors d’accès de ceux qu’ils pourraient servir. Et aussi, hors d’accès des médias, peuplés eux-mêmes de faux intellos et de petits polémiqueurs nombrilistes minables.

  5. Serge Morin said

    Un intellectuel franc-tireur, je seconde. Un administrateur intellectuel, ayoye…

  6. Line Kalinine said

    Jean-Paul Sartre avait bien vu la chose, déjà…

    • Batelier said

      L’humanisme bourgeois comme humanisme de classe et faux dispositif universel. Ahhh, ça fait du bien là où sa passe…

      • Julie Soulange said

        Aussi, l’intellectuel est sans pouvoir. Ça fait de lui ou elle la marionnette parfaite…

  7. Hibou Lugubre said

    Dans le mille, Ysengrimus! J’adore quand tu leur envoie la mayonnaise! Qu’ils puissent tartiner leurs sandwichs au pain complet et aux mouches! 🙂 Une feuille de laitue avec ça ? 🙂 Et du coup, c’est le pompiste en uniforme qui se tape toutes ces salopes masculines barbues et bourrées d’égo «Ouiiiii vas-y lèche moi! Suce moi encore ma ptite salope barbue! C’est grâce à moi que tu ronronne dans le coin avec ton salaire à six chiffres, ton costume chic et ta monture de lunettes de luxe» 🙂 Combien sont-ils? nombreux en tous cas à sucer le pompiste! Universitaires mon cul! Ce sont les minières, les pétrolières, les pharmaceutiques, les fabricants de capotes et de lubrifiants qui se tapent cette pauvre université et ses «respectables académiciens» par la même occasion, par tous les orifices! Bunga bunga jusqu’à la mort comme dit la blague!:)

    • Lys Lalou said

      Oh, mais vous nous la baillez crue, aujourd’hui, Monsieur Hibou Lugubre

      • Hibou Lugubre said

        Navré d’être tombé aussi bas chère Lys Lalou… mais la réalité hélas est aussi crue que ma description! Et c’est le gouvernement et ses ministres qui jubilent, mouillent et s’excitent devant un tel spectacle! Ça les arrange, c »est comme ça que ça doit fonctionner! le partenariat public-privé, c’est torride des fois ! 🙂

  8. Cymbale said

    Moi, c’est la photo. Un amphi défraîchi, oui, oui, oui. Ça dit tout, je trouve.

  9. Hibou Lugubre said

    Bon, on ne va tout de même pas aller jusqu’à se faire traiter d’ignares, ou nier que le sujet de la collaboration entreprises et universités est aussi vaste, sensible que extrêmement complexe pour une foultitude de raisons dont la moindre est que l’université est considérée comme outil de développement économique et social, et d’autres raisons qui font qu’on s’abstiendra surtout de taxer n’importe quel chercheur universitaire impliqué dans ce genre de collaboration, d’opportuniste ou de mauvaise graine! Déjà du fait que cette collaboration est inévitable depuis des lustres, qu’elle fonctionne, et qu’elle est surtout très demandée ou insuffisante faute de financements suffisants en Recherche et Développement ou en commercialisation. Bref, la complexité de ce sujet vient surtout du fait que même les lois sur les conflits d’intérêts, ou celle sur la propriété intellectuelle ne sont pas suffisantes pour y voir plus clair! Parfois, ce sont les universités qui sont demandeuses du partenariat avec les entreprises pour financer une partie de la recherche ou pour commercialiser un brevet ou un produit, voir une molécule, et parfois, ce sont les entreprises qui demandent cette collaboration, et quelles entreprises? Nationales, internationales, PME… etc! Dans les deux cas, les conflits autour des brevets ou de la propriété intellectuelle sont légion! Sans oublier que historiquement, on a de tout temps rappelé les universités à l’ordre pour se consacrer à leur métier, celui de bien former les étudiants, et mettre le focus sur les connaissances et la science fondamentales, et pas uniquement les sciences appliquées qui intéressent le secteur privé, comme l’ingénierie… Bref, dans ce méli-mélo, il faut retenir une chose, c’est que cette collaboration université-secteur privé est aussi vieille que ma grand-mère que je n’ai jamais connu, et que bien qu’elle ne constitue qu’une petite part du financement en recherche, elle est aussi courante, que complexe, que primordiale pour la continuité de certaines disciplines scientifiques universitaires… tout comme elle est aussi un peu «salutaire pour l’emploi» depuis qu’on a pris l’habitude de profiter de cette manne pour placer des étudiants, leur donner une expérience à mettre sur leur CV, et bâtir une réputation à l’université du même coup!

    Par ailleurs, on nous dit que le Québec est mieux placé que les autres provinces canadiennes en matière de financement gouvernemental à la recherche universitaire à travers trois sociétés de «valorisation de la recherche», et il y contribuerait selon des études à hauteur de 2.2% de son PIB, et qu’il est paradoxalement à la traîne en étant sixième en termes de publications scientifiques, et afficherait une faible croissance des brevets et innovations scientifiques. Et alors qu’on se plaint du manque criant de financement encore, on loue son modèle de «regroupement sectoriel de recherche industrielle» qui table justement sur le partenariat «recherche-privé»… d’après un article du Devoir sur le sujet… Bref, ce qu’on ne nous dit pas, c’est que le Québec a surtout traditionnellement développé des partenariats Universités-PME dans le domaine de l’ingénierie, des sciences biomédicales et des sciences naturelles, ou qu’il n’a pas toujours eu le dessus lorsqu’il a développé des partenariats avec les grandes entreprises ou les multinationales, étrangères en l’occurrence… puisque pas plus tard que l’année dernière on apprendra qu’un géant des télécoms chinois (qui fait l’actualité) lui aurait raflé 40% de ses brevets, en finançant la recherche à coups de millions de dollars, et que toutes les universités canadiennes auraient refusé ce partenariat avec la même firme pour justement éviter se de se faire «acheter» ou céder ses brevets! Et ceci n’est qu’un exemple infime de ce qui se trame dans ce milieu occulte et complexe, comme le souligne très justement Ysengrimus, la multiplication de «Chaires» universitaires, la compétition, le carriérisme, les coup bas et les peaux de bananes, le narcissisme, le fric, le pouvoir, le commerce, les ambitions et la prédation, les subventions, les dons du secteur privé, les projets lointains et les voyages d’études au frais de la princesse avec les vacances qui vont avec, les intérêts en conflits pour ne pas dire le conflit d’intérêts! Et ne parlons même pas du phénomène des publications scientifiques plagiées, incomplètes ou précipitées, qui tombent à l’eau cinq ans ou dix ans plus tard lorsque le pot aux roses est découvert, ou des combines de commercialisation des brevets, des molécules, des montages financiers et des entreprises qui se créent, et encore moins des études d’impact environnementaux qu’on «minimise» pour limiter les frais et permettre à des miniers fortunés d’échapper à la justice en refilant l’ardoise au gouvernements et aux contribuables!

    Bref, il faudrait littéralement mettre sur pied un «UPAC» dédié avec une armée de vérificateurs-enquêteurs pour y voir plus clair juste pour ces partenariats universités-secteur privé! Et surtout, gardons-nous d’accuser quiconque en le nommant comme le dit si bien l’auteur de ce billet, nous abordons ici un terrain miné et à haut risque, et vous ne savez jamais qui appuie qui, et de quoi ils sont capables! Motus et bouche cousue! Ceci est un sujet tabou! Circulez, y a rien à voir!

    • Brigitte B said

      Je seconde ceci. C’est très bon, monsieur Lugubre, très juste.

      • Hibou Lugubre said

        Loin du Québec qui n’est pourtant pas exclu des crimes environnementaux des minières et de la duplicité du gouvernement pour couvrir les boss et endosser ou plutôt refiler l’ardoise aux contribuables, mais toujours au Canada, ceci me rappelle l’effroyable exemple de Giant mine, juste à cinq kilomètres au nord de Yellowknife dans les beaux et vierges territoires du nord-ouest. C’est depuis trente ans que le gouvernement fédéral et donc le contribuable que nous sommes financent et engloutissent des centaines de millions de dollars pour en fait «condamner» et renforcer la couverture de béton des chambres souterraines contenant pas moins de 250.000 tonnes de tri-oxyde d’arsenic mortel en faible quantités pour l’homme et la faune, et stocké par l’ancienne proprio originaire de l’Ontario qui s’est faite la malle et une fortune colossale entreposée j’imagine dans les paradis fiscaux depuis 1992 date de la fermeture de la mine pour un conflit de travail jamais résolu! Pourquoi et comment le gouvernement Canadien et le contribuable devront injecter ces centaines de millions jusqu’à récemment et c’est pas fini, on ne le saura jamais! Et dire que j’ai toujours imaginé le grand nord Canadien préservé de toute contamination humaine, alors que c’est plutôt là que vous risquez le cancer si ce n’est l’empoisonnement mortel aux produits chimiques plus qu’ailleurs au Canada! Pas plus tard que la semaine dernière, c’est au Québec et à Rouyn Noranda que les résidents et les écoliers se sont révoltés suite à la haute contamination de l’air par le même foutu arsenic encore largement autorisé en grandes quantités pour les usines du coin!

        Quant aux publications scientifiques dans le monde médical en tous cas, c’est rendu la «roulette russe» depuis belle lurette on dirait. On hésite plus depuis trente ans à valider des études et des publications pour mettre sur le marché de nouveaux traitements, et quinze ou trente ans plus tard, on découvre qu’on s’est trompé sur toute la ligne depuis le début, (on plutôt on a fermé les yeux), ce qui fait qu’aujourd’hui, les recours en justice ne suffisent plus et ne concernent qu’une petite portion des recours collectifs qui ont été possibles partout en Occident. Bref, il n’y a rien qui tue et rend malade autant que les médicaments breveté depuis les quarante dernières années, et c’est encore le grand public qui en fait les frais!

        Très honnêtement, j’aimerais pas être un ours, un loup, un chevreuil ou un élan caribou… etc dans ce pays! J’irais me rendre à la SPCA avec les pattes sur la tête et demanderais à ce qu’on me lise mes droits! 🙂 C’est pas marrant, je vous assure! C’est triste, et ça remet pas mal en question tout ce foutu monde de fond en comble!

        Bon dimanche à vous Madame Brigitte B. !

      • Catoito said

        Le jeu de corrélations informatives établi par Hibou Lugubre est un complément fort utile à la réflexion fondamentale d’Ysengrimus. Merci et bonne continuation participative, Mr Le Hibou…

      • Hibou Lugubre said

        @ Mr Catoito,

        Merci, mais je n’irais pas jusqu’à me considérer comme complément à un calibre comme celui de notre hôte Ysengrimus, ni que j’oserai la moindre comparaison, sans fausse modestie et en toute sincérité! Le billet à parfaitement exposé le cœur du problème, cerné le sujet et avec une grande classe, un style de fin limier intellectuel et une approche historique et philosophique qui confirme la signature du maître… comme d’habitude… et il n’aurait jamais eu besoin de mes «compléments techniques» et autres collectes documentaires que j’ai voulu justement pour éviter qu’on nous taxe tous ici de trolls sur la recherche tout simplement!

        je suis très heureux de pouvoir m’exprimer sur ce blog, et j’en serai éternellement reconnaissant à son détenteur, pour qui j’ai une grande estime et un respect sans faille, autant pour tous les visiteurs et visiteuses commentateurs et commentatrices du blog, mais mon point au fait sur le sujet, est que nous abordons ici les limites de notre système! Le capitalisme dans toute sa splendeur comme aime à nous le rappeler notre hôte à travers une multitude de billets savants et éclairés! Lorsque vous réalisez que le gouvernement avec ses deux paliers et ses institutions agissent comme des concierges dans ce genre d’intérêts du capital et de la science, et qu’ils sont autant que les universités de simples otages du capital et ses innombrables combines, vous savez que vous avez atteint le plafond et les limites du système! Celui qui régit notre vie de A à Z, et sous lequel, nous ne pouvons en fait qu’espérer dans l’état actuel du troupeau!

        Gloire et longue vie au maître Ysengrimus! Sans lequel, nous serions probablement en train de manger des sandwichs aux mouches nous aussi! 🙂 moi en tous cas! Recette: tranches de pain, mayonnaise, mouches vertes, noires et bleus et feuille de laitue! 🙂

        Amicalement.

        [Grand merci pour vos bons mots, le Hibou. — Ysengrimus]

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