Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Sur la RÉFUTATION DE L’ÉCLECTISME de Pierre Leroux (1839)

Posted by Ysengrimus sur 1 mars 2019

CRAZY PATCHWORK de Sharon Boggon

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On part d’une critique formulée, il y a cent-quatre-vingts ans, dans les premières décennies du dix-neuvième siècle, par le philosophe déiste et socialiste Pierre Leroux (1797-1871) à l’encontre de la philosophie institutionnelle française, représentée alors par l’école psychologisante de Victor Cousin (1792-1867). Ce dernier, philosophe de la chaire, universitaire bon teint, est un bidouilleur patenté qui varnousse pompeusement entre la gauche socialisante et la droite cléricale. Pas vraiment aligné, finasseur, verbeux mais globalement superficiel, il pêche de ci de là des idées philosophiques qui le bottent chez les grands philosophes de son temps et il en fait de la soupe. Après l’avoir personnellement rencontré outre-Rhin, Hegel a dit de Victor Cousin qu’il faisait ses commissions philosophiques en Allemagne. Ledit Victor Cousin a cependant aussi picoré chez Descartes, chez Locke, chez Malebranche, chez Condillac etc… sans jamais vraiment systématiser… ou même radicalement comprendre ce qu’il reprenait aux auteurs qu’il traduisait, glosait ou fréquentait. Aussi, comme il n’avait pas de système de pensée très original ou très précis, son adversaire idéologique Pierre Leroux le voyait, en fait, comme rien d’autre qu’une sorte de crypto-sceptique.

Il [Victor Cousin] est sceptique en effet, et jamais en vérité on ne le fut davantage. Seulement il n’ose pas le dire; en quoi il a vraiment tort, car il faut toujours paraître ce qu’on est. Mais, réduit à l’impuissance de comprendre la raison des diverses philosophies, il a fait de cette impuissance même un système, et il a appelé cela éclectisme. Dans sa bouche, ce mot équivaut donc à cette proposition: Il y a fatalement quatre systèmes de philosophie qui comprennent tous les systèmes, et qui sont également légitimes, savoir: le matérialisme, le spiritualisme, le mysticisme, et le scepticisme; prenez celui que vous voudrez, et ne m’en demandez pas davantage.

Pierre Leroux, Réfutation de l’éclectisme, 1839, p 273.

On se retrouve donc avec une philosophie de la picosse magasineuse. On ramasse ce qui fait notre affaire et on l’organise grosso modo, pour le show institutionnel, sans trop s’inquiéter des contradictions internes que ça charrie. En cordant linéairement ensemble ce que Pierre Leroux appelle quatre systèmes divergents nécessaires (le matérialisme, le spiritualisme, le mysticisme, et le scepticisme), on restreint la complexité du déploiement philosophique, on écrase des nuances cruciales, on interrompt le débat trop vite, en enchevêtre des problématiques, on fait du cherry-pick en se pensant intelligent, alors qu’en réalité, on produit à la fois de l’esquinte douloureuse et du mélange confus. Pour remettre (brièvement) ces quatre catégories —quatre désignations de courants philosophiques, en fait— en bon ordre, il faut rajouter celles qui manquent et remettre en place un certain nombre de niveaux étagés de la pensée fondamentale (ceci n’est en rien exhaustif — j’ai mis les catégories de Victor Cousin en gras italique, pour bien faire sentir l’effet de saupoudre éclectique):

 Au niveau de la philosophie ontologique (doctrine de l’être), le Matérialisme s’oppose en fait à l’Idéalisme (ce que Cousin appelle Spiritualisme). La question posée est alors celle de savoir si le monde matériel détermine le monde idéel ou spirituel (c’est la position du Matérialisme) ou si le monde idéel (ou spirituel) détermine le monde matériel (c’est la position de l’Idéalisme). Ceci est le débat ontologique fondamental de toute l’histoire connue de la philosophie et, de ce fait, cela sert d’assise à toute autre facette pouvant figurer dans un système de pensée fondamentale, vernaculaire ou savant.

Au niveau de la philosophie gnoséologique (doctrine de la connaissance), le Rationalisme s’oppose au Mysticisme (qui, lui-même, n’est jamais qu’une forme restreinte d’Irrationalisme). La question posée est alors celle de savoir si la connaissance de ce qui n’est pas immédiatement perceptible doit reposer sur des démonstrations corrélantes, éventuellement vérifiables (c’est la position du Rationalisme, comme doctrine mobilisant la Rationalité) ou sur des pulsions certifiantes de l’affect, ou encore des croyances traditionnellement reçues, mais invérifiables (c’est la position de l’Irrationalisme, prenant des dimensions de Mysticisme s’il se formule dans le cadre spécifique de certains dispositifs religieux restreints).

Au niveau de l’attitude critique (qui n’est jamais qu’un des segments de la gnoséologie), le Dogmatisme (il est possible de tout savoir vu que, justement et incidemment, je sais tout — on notera que le Mysticisme incorpore habituellement un forte tendance dogmatique) s’oppose au Scepticisme (mal préparé, je doute de tout, donc je ne sais rien et, en fait, je crois qu’on ne peut pas vraiment connaître les choses). Ces deux postures sont à renvoyer dos à dos, au profit d’une attitude dialectique tierce, concernant le mouvement contradictoire de la progression historique et collective de la connaissance (tout peut s’apprendre, rien n’est inconnaissable en soi, mais l’on ne sait pas tout encore, donc il faut prévoir que nos systèmes seront amplement à revoir).

Bon, je vais éviter de m’étendre. En effet, pas besoin de touiller la tradition philosophique très longtemps pour s’aviser du fait que ces ci-devant quatre systèmes divergents nécessaires (le matérialisme, le spiritualisme, le mysticisme, et le scepticisme) de Victor Cousin sont disposés, côte à côte sur une tablette, chez lui (en attendant d’être intempestivement immergés dans la soupière). Cela se joue de façon parfaitement lacunaire, bizounée et incohérente. Mais laissons plutôt Pierre Leroux continuer de s’insurger et d’exprimer son agacement.

De l’idée même de l’éclectisme comme moyen d’arriver à la vérité.

L’éclectisme système, consistant dans la constatation de quatre systèmes divergents nécessaires, est une si énorme absurdité que ni M. Cousin ni ses élèves n’ont pu s’y tenir. Aussi n’est-ce réellement pas à titre de système, mais plutôt à titre de méthode, que l’on a répété le mot d’éclectisme après M. Cousin. Lui-même, en 1829, après ses Préfaces et ses Cours, en est venu à déserter l’idée de système pour définir l’éclectisme une sorte de tentative d’accommodement entre des idées diverses. «Qu’est-ce que l’éclectisme» dit-il en tête du Manuel de Tennemann; «c’est ne repousser aucun système, et n’en accepter aucun en entier; négliger ceci, prendre cela, choisir dans tout ce qui parait vrai et bon, et par conséquent durable. Il est évident que chacun des systèmes que nous ont légué les dix-septième et dix-huitième siècles (systèmes aussi anciens que la philosophie et inhérents à l’esprit humain) n’est pas absolument faux puisqu’il a pu être; mais il est de toute évidence aussi que nul de ces systèmes n’est absolument vrai, puisqu’il a cessé d’être, à l’encontre de la vérité absolue, qui, si elle paraissait, éclairerait, rallierait, soumettrait toutes les intelligences.» Voilà donc, en 1829, M. Cousin qui reconnaît qu’il y a une vérité qui pourrait rallier les intelligences. Que devient, je le demande, son système de la nécessité absolue des quatre systèmes?

Considéré comme méthode, l’éclectisme ne supporte pas l’examen. Car pour choisir entre plusieurs systèmes, il faut avoir un motif de choisir, c’est-à-dire qu’il faut savoir d’une certaine façon ce que l’on cherche. M. Cousin lui-même a reconnu quelque part cette vérité: «Pour recueillir et réunir les vérités éparses dans les différents systèmes,» dit-il (Préface de 1826), «il faut d’abord les séparer des erreurs auxquelles elles sont mêlées; or pour cela il faut savoir les discerner et les reconnaître; mais pour reconnaître que telle opinion est vraie ou fausse, il faut savoir soi-même où est l’erreur, et où est la vérité; il faut donc être ou se croire déjà en possession de la vérité, et il faut avoir un système pour juger tous les systèmes. L’éclectisme suppose un système déjà formé qu’il enrichit et qu’il éclaire encore.» Malheureusement pour l’éclectisme de M. Cousin, son système consistant dans la nécessité de l’existence et du développement de plus en plus large de quatre systèmes inconciliables puisqu’ils sont nécessaires, il s’ensuit que M. Cousin est vraiment incompréhensible lorsqu’il parle de conciliation entre les systèmes!

Qu’est-il donc résulté de tant de contradictions? C’est que le public n’a entendu par éclectisme qu’une disposition à accepter indifféremment toutes sortes d’opinions. «L’éclectisme» dit un disciple de cette école, «s’applique aussi au goût tant physique qu’esthétique. Un gastronome qui, acceptant les jouissances de quelque part qu’elles lui viennent, ne dédaigne pas un mets par la seule raison qu’au lieu d’être un produit de la cuisine française, il appartient à la cuisine anglaise, italienne, espagnole, mérite la qualification d’éclectique, aussi bien que le littérateur qui, sachant bien qu’aucune nation n’a le monopole du génie des lettres ou des arts, et que les formes de la beauté peuvent varier, admet des genres divers, Shakespeare et Corneille, Racine et Schiller, Voltaire et Milton, à condition seulement que ces genres soient raisonnables et dignes d’intérêts. On connaît le charmant dessin de Charlet qui exprime ainsi cette idée:Déjeunons avec le classique et soupons avec le romantique: il y a d’excellents morceaux à manger dans les deux écoles (Encyclopédie des gens du monde.

Je ne connais pas, en effet, une meilleure définition de l’éclectisme.

Pierre Leroux, Réfutation de l’éclectisme, 1839, pp 261-263.

 Méfions-nous, si vous le voulez bien, des exemplifications (littéraires ou gastronomiques) un peu trop digestes. Comme philosophe —et comme philosophe strictement—, il faut bien voir comment Victor Cousin en est venu à ce genre de conception picosseuse et touristique de la philosophie. Il est une sorte de compilateur scolaire. Il a traduit des grands philosophes, glosé des grands philosophes, rencontré, même, des grands philosophes. Il a magasiné la philosophie comme on magasine de la bouffe, justement (sans s’en méfier, lui, de cette analogie comportementale). Or, ça marche pour la bouffe, justement, cette attitude. Il n’y a rien de nocif à tout essayer, en gastronomie. Cette dernière est une discipline pratique, concrète et empirique. On peut goûter des mets achevés, dans l’ordre ou dans le désordre, cela ne nous tuera pas car, en cuisine et en gastronomie, si tout n’est pas obligatoirement harmonieux, tout est nécessairement comestible. Les erreurs, les maladresses, sont donc soit voulues, soit hardies, soit innocentes. Et les possibilités d’empoisonner sont beaucoup plus rares que les possibilités de dissoner. C’est cela —cette sérénité multidirectionnelle du goûteur— qui épuise rapidement la métaphore culinaire en matière de pensée fondamentale.

C’est que, sur la question des catégories fondamentales, justement, l’erreur radicale de Victor Cousin consiste à partir des philosophes et à aller (dans un contexte de traduction textuelle, de dissertation universitaire, ou de rencontre mondaine) à la pêche aux choses intelligentes, donc aux catégories (qui passeront par là, si tant est). Or, en bonne méthode, il faut faire exactement le contraire: il faut partir des questions fondamentales (qui, elles-mêmes, émergent du monde) et aller, par la suite, plus tard, à la pêche aux philosophes ayant, au cours du développement des crises historiques, abordé les problèmes qu’elles nous posent, ces idées problématiques de fond. Le principe de départ ne doit pas être une démarche (scolaire, notamment) de collection de penseurs intelligents, de grosses bolles, d’amis savants, de grands sages (et, corollairement, de leurs conceptions philosophiques) mais bien un travail de synthèse philosophique (et, corollairement, l’approche des cohortes de penseurs ayant militer pour les idées incorporées au sein de notre synthèse). C’est de cette façon qu’il faut renouveler la pensée, tant dans l’empirique que dans le logique.

Oui, il doit y avoir un nouvel instrument logique, un nouvel organum, comme parlent Aristote et Bacon. Mais son nom est SYNTHÈSE, et non pas éclectisme. Il ne consiste pas à opérer mécaniquement pour ainsi dire sur les idées; mais il consiste à recueillir la vie cachée sous les idées, pour faire revêtir à cette vie d’autres idées, pour lui donner une nouvelle forme, une nouvelle manifestation.

Pierre Leroux, Réfutation de l’éclectisme, 1839, p 264.

Le ferment critique sous-tendant l’ouvrage Réfutation de l’éclectisme va beaucoup plus loin que le simple rapport de force, daté lui, entre Pierre Leroux et Victor Cousin. Il y a ici, sur la question de l’éclectisme et de la dialectique problématique de l’esprit de système, une crise gnoséologique permanente qui traverse radicalement l’intégralité de l’attitude philosophique et des méthodes (spéculatives ou heuristiques) s’y rattachant.

Aussi, restons à la fois modestes et prudents… comme le serait, éventuellement, je sais pas, moi… un automobiliste éléphant.

Paru aussi (en version remaniée) dans Les 7 du Québec

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22 Réponses to “Sur la RÉFUTATION DE L’ÉCLECTISME de Pierre Leroux (1839)”

  1. Caravelle said

    Archi-spécialisé mais quand même très intéressant.

  2. Odalisque said

    Je sens, en lisant ceci, que je commence à comprendre l’ennui que j’ai vécu dans mes cours de philosophie. L’erreur radicale consiste à partir des philosophes. Je sens que je seconde… confusément mais comme fatalement…

    • Pierre Lapierre said

      La différence entre philosophie et histoire de la philosophie. La différence entre sagesse effective et ressassement de la sagesse. La différence entre autorité immanente et autorité transcendante. Voilà.

  3. Tourelou said

    Vous êtes le penseur de Rodin incarné de notre époque. Une parole de bronze, si le silence est d’or. Poursuivez …

  4. Casimir Fluet said

    On rencontre souvent des philosophes de toc qui font de la soupe comme ça. Je suis très content de trouver la critique de ce comportement questionnable chez des penseurs majeurs et plus anciens que les gens que j’ai connu.

    • Marie Verne said

      C’est souvent l’apanage des dépositaires de connaissances superficielles. On lui demande: Vous aimez quel genre de musique? Et il répond: Oh, moi, j’aime tout. Je me me restreint pas et je touche à tout.

  5. Le Boulé du Village said

    Mème dans la vie ordinaire, quand on parle de goûts éclectiques ou de choix éclectiques, habituellement, c’est pas vargeux, vargeux…

    • Mirmille Marbre said

      Tiens, ça me fait rire. Je viens soudain de comprendre l’image de frontispice. Mais pourquoi s’en prendre ainsi aux mélanges?

      • Magellan said

        Le problème c’est pas le mélange, c’est l’incohérence qu’il peut engendrer. Pour filer la métaphore gastronomique: oui à la salade de légumes, non aux pommes de terre frites avec de la chantilly…

  6. Fridolin said

    Question un petit peu perfide: Le Carnet d’Ysengrimus n’est-il pas un blogue éclectique?

  7. Herbe et Neige said

    Magellan est en feu. Faites passer.

  8. Camarade said

    Cousin serait à rapprocher de Macron, si ce dernier en avait les capacités intellectuelles, ce dont je doute fort (pas que Cousin soit si particulièrement brillant, d’ailleurs).

    [Je seconde. — Ysengrimus]

  9. Hibou Lugubre said

    Ce que j’aime et apprécie par dessus tout chez Ysengrimus, c’est cette honnêteté qu’il a d’exposer ses convictions à travers les sujets qu’il aborde, en gardant la porte ouverte à l’introspection, préservant ainsi l’humilité intellectuelle qui ne prend rien pour acquis, une manière courageuse de vouloir exposer ses doutes aussi sur la place publique pour sonder, jauger, expérimenter et tester, et ne pas trancher pour autant! Qualité essentielle je dirais chez tout philosophe à la recherche de la vérité.

    Mon humble avis est que nous sommes quelque part tous éclectiques sur le plan intellectuel, nous aimons tous magasiner les idées n’est-ce pas! Nous le faisons par nécessité, et n’hésitons pas à contourner nos règles et nos idéaux, en étant peu ou pas mal sélectifs, pour nous adapter et adapter nos idées, et pour affronter la réalité, et pas qu’en gastronomie! Certes, Ysengrimus ne dévie pas du matérialisme et de sa rigueur rationaliste lorsqu’il nous explique des facettes des religions; syncrétisme, totémisme, shinto, islam etc, ou lorsqu’il nous parle d’histoire, d’art, de lettres et de poésie, de féminisme, de sexualité ou de rapports entre sexes. Mais son rationalisme n’est pas totalitaire, il tolère, comprends et peut même se dissiper dans sa passion! Pierre Leroux est un franc-maçon, critique, matérialiste, un peu marxiste avant l’heure (il décède en 1871) sans être radical, et surtout un socialiste convaincu, il admet une légitimité pour ces quatre systèmes de pensée en philosophie; matérialisme, spiritualisme, mysticisme, et scepticisme, comme nous explique ce billet. Et j’y vois un aveux d’éclectisme en soi! puisqu’il ne réfute aucun des trois systèmes qui s’opposent au matérialisme pur et dur, totalement! Est-ce par souci de rigueur intellectuelle, de rationalisme, et d’engagement politique ou choix intransigeant pour un socialisme qui parait nécessaire et incontournable à l’époque déjà, qu’il ne tolère pas le mélange de genres, qu’il nomme et considère cet éclectisme comme frivole, superficiel, dangereux, quelconque, opportuniste, incapable de trancher ou prendre position de manière courageuse, honnête, et frontale face aux défis sociaux de l’époque? Peut-être bien! Et c’est aussi la position claire d’Ysengrimus si je ne m’abuse… ce billet ne fait pas dans les fleurs pour Victor Cousin!

    je dirais à l’envers et contre cette idée: est ce que la philosophie matérialiste, ne peut être sceptique, voir spirituelle? voici je crois une question de fond que pose ce billet! Le doute est permis, même si pas toujours souhaitable, ni aussi facile qu’on le pense, mais il est! Il subsiste en ce sujet, sinon, le matérialisme et le rationalisme seraient totalitaires, intolérants… certains sont allé loin dans cette conception du matérialisme jusqu’à devenir nazis, scientistes, eugénistes et aliénés! Oui la discipline, la rigueur, la méthode et la philosophie se doivent d’être matérialistes, tout comme l’étude de l’histoire, la sociologie, l’économie, la science, mais pas la finalité! Est-ce que l’amour est matérialiste ou rationnel? La passion? La compassion? Même le socialisme en fait? Absolument pas! Le socialisme est humain et humaniste!

    Bon, je me casse, avant qu’Ysengrimus ne ramène le tuyau pour m’arroser et le balais… c’est que je peux être ‘’bidouilleur, verbeux et superficiel ‘’des fois, si ce n’est sur toute la ligne!

    [Te lire ainsi ici, le Hibou, me remémore la devise vernaculaire du grand penseur matérialiste Karl Marx: DOUTE DE TOUT! — Ysengrimus]

  10. Magellan said

    [Pierre Leroux] admet une légitimité pour ces quatre systèmes de pensée en philosophie; matérialisme, spiritualisme, mysticisme, et scepticisme, comme nous explique ce billet.
    (Hibou Lugubre)

    Je ne suis pas du tout certain que Pierre Leroux fasse cela. Je pense en fait, au contraire, qu’il fait exactement le contraire… au contraire, au contraire, au contraire.

    • Hibou Lugubre said

      En effet Magellan, j’ai mal lu et j’ai pas hésité à enfiler mon armure de Don Quichotte pour aller en croisade contre ce pauvre Pierre Leroux, et l’accuser d’éclectisme! :))))

      @ Ysengrimus: l’idée de départ après avoir lu ton billet, était de me demander si on est pas tous éclectiques après tout… sur le plan intellectuel et philosphique! Mais comme tu constate, j’ai fini dans la soupe que j’ai concocté moi même! 🙂 Mais ma foi en ta miséricorde est inébranlable, autant que peuvent l’être mes idées farfelues qui me font écrire des conneries à 3 heures du mat! 🙂

      mea culpa ! 🙂

      [L’idée de l’omniprésence inévitable d’un tendanciel éclectique dans la pensée fondamentale est le principal mérite de ton intervention, le Hibou, et je la seconde. Personne, même des très gros calibres comme Spinoza ou Hegel, n’est arrivé à constituer un système de pensée intégralement homogène. Les scolies de l’Éthique de Spinoza sont aussi, pour reprendre ton mot, de la soupe. Or, je bois ce potage tous les jours, comme du petit lait… — Ysengrimus]

  11. Hibou Lugubre said

    Merci Ysengrimus de m’accorder le bénéfice du doute! Et pour ceux et celles qui auraient douté de mon intégrité mentale ou intellectuelle, gare à vous! J’ai certes un côté Don Quichotte de la Mancha, mais je ne suis pas maboule pour autant, et d’ailleurs toutes les femmes me courent après! Il est admis que bien des rationalistes furent sceptiques… modérément mais assez. Descartes, Hume et Kant, et plus généralement, à partir du moment qu’une philosophie et ses théories sont soumises à la critique, l’adversité et l’opposition, son auteur ne sera pas à l’abri d’accusations d’éclectisme ou de bricolage… à tort ou à raison, ne serait-ce que partiellement!

    Du coup, il n’y a que cette erreur de lecture et ma fausse synthèse d’un supposé éclectisme de Pierre Leroux dans mon commentaire, relevée par le vaillant Magellan, qui mérite d’être ignorée! Mais pour le reste… je persiste et je signe! Chuis pas si con que ça vous savez! 🙂

    Happy End! Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants! 🙂

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