Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Revenu, gain, profit. Ne pas confondre

Posted by Ysengrimus sur 21 octobre 2018

L’argent change de mains. Pas de surprise. Il monte vers les extorqueurs et les accapareurs. Pas de surprise, là non plus. Mais par contre là, bonjour les efforts pour dissimuler le caractère inélégant et amplement truqué de la chose. On va regarder ça un petit peu parce que notre pensée vernaculaire —avec l’aide de l’idéologie bourgeoise dominante qui continue de ne pas lui faire de cadeaux— cultive sur ces questions un présentoir qui confine, sur des réalités pourtant simples dans leur radicalité, au grand enfumage.

La notion qui se fait le plus sciemment galvauder, c’est la notion de PROFIT. On va donc commencer par elle. Sans entrer dans les chipotages byzantins que cultive le ronron des économistes suppôts, on va proposer que le profit apparaît dans des contextes sociaux où se produit de la VALEUR. Un investisseur à l’ancienne engage de l’argent dans des usines d’assemblage de machines à coudre. Ces susdites usines exploitent un prolétariat sous-payé pour raccorder des morceaux épars produits ailleurs qui, sans l’action organisatrice de ce prolétariat, ne seraient que du bric-à-brac et qui, par ladite action organisatrice, deviennent un appareil précis qui se vend bien et, surtout, qui est civiquement utile. Le revenu tiré de la vente des machines à coudre est détourné du prolétariat productif (c’est l’extorsion de la plus value) et, via un certains nombre de phases d’accaparement, ce revenu remonte vers notre investisseur. Mais ce revenu reste un profit. Il apparaît parce que de la valeur ajoutée a été condensée dans une marchandise par le travail (et son pendant capitaliste: le surtravail). L’objet usiné vaut mieux que la somme de ses parties. Il restera et servira la vie matérielle (valeur d’usage). Toute l’activité engendrant un profit est utile au plan civique. C’est le détournement systématique dudit profit par les accapareurs qui est socialement nuisible.

Arrivons-en au GAIN. J’en ai déjà parlé dans Le symptôme usuraire. Une banque constate que ses profits (au sens défini ci-haut) diminuent. Il n’est plus aussi payant qu’avant (pour l’extorqueur) d’investir dans les secteurs industriels traditionnels. C’est que la richesse s’y répartit de façon de plus en plus diversifiée, diffuse, purulente, quasi-collectivisante. Le capital constant y est de plus en plus lourd à faire fructifier, bref, la baisse tendancielle du taux de profit, analysée autrefois par Marx et toujours active, se fait lourdement sentir. Notre banque décide donc de ne plus miser uniquement sur ses investissements (agraires, commerciaux, industriels) profitables. Elle décide de se mettre à charger des frais directs à ses usagers. C’est un moyen simple, massif et fulgurant de lever de l’argent frais en quantité pharaonique. On parle alors —improprement— de profit des banques. Or il n’y a pas ici profit, au sens technique du terme, mais gain. L’argent a tout simplement changé de place sans avoir été associé à aucune forme de productivité organisatrice avec impact matériel ou civique. On se contente de relocaliser des petits bouts de papiers ailleurs, en se croyant très fort.

Il est donc parfaitement fallacieux et impropre de parler de profit des banques. Il vaudrait mieux parler de revenu des banques. Ce revenu se subdivise alors en profit (ristournes sur investissements agraires, industriels ou commerciaux effectifs) et en gains (extorsions improductives sous forme de frais de toutes sortes, de spéculations sur le change, et de montages financiers divers). Le cœur de la crise actuelle du capitalisme est là, toute simple. Il fonctionne de plus en plus en trompe l’œil, sur la question limpide (quoique pesamment opacifiée) de ses revenus. Ainsi, par exemple, la proportion profit/gain des banques ne nous est jamais avouée. Il serait pourtant hautement intéressant de prendre la mesure du recul durable (par baisse des profits) de leur rôle dans l’activité productive effective (au sujet duquel recul, leurs gains colossaux et spectaculaires ne doivent surtout pas faire illusion). Sur les grandes compagnies d’assurance: même commentaire. Les banques et les compagnies d’assurance ne sont d’ailleurs pas les seules entreprises cultivant, volontairement ou non, la confusion dénoncée ici. Une entreprise industrielle classique peut parfaitement s’enfumer et enfumer les autres dans ce genre de brouillage de la différence cruciale entre profit et gain. On se souviendra des mésaventures d’une certaine compagnie d’avionnerie canadienne dont nous tairons pudiquement le nom. Après avoir obtenu une subvention gouvernementale copieuse (gain extorqué, ne résultant d’aucune productivité particulière), les hauts cadres s’étaient alloués des bonus, totalement sur le party, comme s’ils venaient de lever un efficace et merveilleux profit (revenu productif effectif). Comme ce n’était pas le cas, la société civile avait très mal réagi à ce comportement nostalgique des temps de la productivité de cette classe aujourd’hui parfaitement parasitaire. On avait ouvertement le sentiment que ces rupins mal lunés, dans leur bonne foi sidérante, chapardaient ouvertement l’argent public en se prenant encore pour des entrepreneurs. Le gain n’est pas un profit. La société civile le sent, qui tolère tout juste l’extorsion du profit (vu qu’elle veut encore croire au capitalisme et au bourgeois sensé en être le maestro) mais qui perçoit nettement le gain comme un vol.

Prenons un autre exemple prosaïque. Le prix de l’essence. Économistes vernaculaires et besogneux, on comprend parfaitement que l’essence qu’on met dans notre bagnole résulte d’un long et complexe processus productif. Et (en postulant qu’on est aussi un petit conformiste qui pense encore beaucoup de bien du capitalisme) on admet sans problème qu’un profit soit levé par un produit industriel comme l’essence et que ce soit à la pompe que ce profit se touche, en bout de piste. Mais il suffit d’un ouragan au Texas (état pétrolier, à tout le moins dans l’univers de nos symboles) pour que les stations-service misent (noter ce mot) qu’il sera possible de faire un gain conjoncturel supplémentaire. Le gain d’extorsion subit et occasionnel se malaxe donc intimement avec le profit fatal, pompé usuellement, lui, par l’essence à la pompe. Et les prix font un bond. Ce bond dure un temps, dont la longueur ou la brièveté seront directement proportionnelles à la résistance ou à l’absence de résistance des consommateurs. Après un temps, ils ne se mettront à consommer que chez le pompiste le moins coûtant et le gain conjoncturel (dont on peut disposer — ce qui n’est pas le cas du profit qui, lui, est dicté par le marché et dont la survie du commerce dépend comme fatalement, en contexte capitaliste) sera éventuellement sacrifié par tous les commerçants, en dominos. Qui sait, des pompistes honnêtes refuseront peut-être même parfois de jouer ce petit jeu douteux, dès le départ. Le capitalisme équitable fait son chemin, il parait. Perso, je n’y crois pas trop… Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses (Audiard).

Au chapitre de l’exemplification, on peut pour le coup encore mentionner la Poupée Poupette, qui coûte moins cher le 5 juillet que le 5 décembre, attendu que le 5 décembre on est à vingt jours de Noël (période de consommation intensive pour des raisons ethnoculturelles aussi imparables que parfaitement arbitraires), et qu’il est donc envisageable de pouvoir tirer un gain supplémentaire de ce produit industriel dont le coût (et le profit à la vente) restent pourtant relativement stables. Dans cette transaction composite (à la proportion profit/gain soigneusement opacifiée) qu’est justement la vente, les sacro-saintes fluctuations de l’offre et de la demande font amplement varier la corrélation entre gain et profit dans le revenu des masses de ventes. Ce qu’une marchandise coûte diffère de ce qu’elle vaut et cette différence joue sur le dosage entre profit productif tendanciel et gain parasitaire conjoncturel. Encore une fois, le détail fin de cette corrélation ne nous est pas connu. On pourrait même ajouter qu’il nous est soigneusement caché. Inutile de dire qu’on pourrait multiplier les exemples de camouflage du gain dans le sein du profit et de brouillage généralisé de la nature effective des revenus dans la société marchande contemporaine.

Voyons maintenant le salaire. Le salaire n’est pas un profit. Si c’était le cas, le salarié s’enrichirait vu que —tout simplement—il toucherait la plus-value qu’il produit. Ce n’est pas le cas. Redisons-le: la grosse argent monte et, quand un prolo fait trente mille dollars par année, son patron fait trente millions par semestre. La question ne se pose donc tout simplement pas sur où vont les profits: pas (encore) dans les poches du travailleur (un jour, peut-être). Le salaire n’est pas non plus un gain vu qu’il est échangé pour une force et un temps de travail, les deux précieuses sources motrices de la valeur qui, elle, continue de s’accumuler dans nos sociétés. L’idée que le salaire du travailleur serait un gain improductif est une idée réactionnaire. On va la laisser aux patrons et aux cadres qui cherchent implicitement à faire croire au tout venant qu’ils font la charité au prolétariat qu’ils exploitent, au sein des structures administratives qu’ils parasitent eux-mêmes. On dira donc que le salaire est un revenu. Comme il est ni profit ni gain, il confirme, crucialement, que le travail n’est pas un élément nécessaire du capitalisme mais un élément conjoncturel de ce dernier. Il sera un jour possible de travailler et d’en tirer des revenus longtemps après que les gains auront disparu et que les profits feront l’objet d’une répartition adéquate dans le tout de la société civile. Un jour viendra. Alors, pour le moment, si nous nous résumons, nous disons:

Revenu: appropriation d’un avoir financier au sens le plus large du terme. Dans le revenu, l’argent change de mains, tout simplement, sans qu’on se prononce sur le statut socio-économique de la transaction. Quelqu’un paie et quelqu’un touche vu que quelque chose (un produit ou un travail) change de propriétaire. Le salaire est un revenu.

Profit: appropriation d’un avoir financier résultant de la production agraire, industrielle ou commerciale de valeur. Extorqué (ou non, il serait alors collectivement redistribué), le profit est le résultat d’une activité de conséquence, engendrant des changements se ramenant en dernière instance à des progrès matériels. Le profit est un revenu productif. Il est le seul vrai indice d’une structure économique menant à une accumulation stable de valeur utile à la société civile (capitaliste ou non).

Gain: appropriation d’un avoir financier sans qu’il y ait production de valeur. Extorqué (ou non, il est alors gagné), le gain est le résultat d’une activité improductive (spéculation boursière, héritage, frais afférents, change monétaire avantageux, pari, loterie, jeu au casino, schème de Ponzi, cambriolage). Habituellement parasitaire, le gain est un revenu improductif. Il peut faire changer de place des monceaux colossaux d’argent sans que quoi que ce soit d’utile pour la société civile (même capitaliste) en découle.

Revenu, gain, profit. Ne pas confondre. La notion de revenu est pré-capitaliste, capitaliste et éventuellement post-capitaliste. La dialectique foireuse malaxant insidieusement la proportion profit/gain est, elle, typique du capitalisme (notamment dans sa phase terminale). Dans une société socialiste, le profit agraire, commercial et industriel sera possiblement maintenu (quoique réparti civiquement et non plus extorqué au bénéfice des accapareurs. Paul Newman, nous montre timidement la voie sur ce point). C’est le gain improductif qui sera fermement saisi puis éventuellement banni. Sa disparition entraînera celle de pans entiers de la spéculation financière dont une classe bourgeoise de moins en moins productive et de plus en plus parasitaire fait encore son sel… pour un temps.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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18 Réponses to “Revenu, gain, profit. Ne pas confondre”

  1. Caravelle said

    Lumineux. C’est simple et net et ça me donne l’impression de mieux comprendre des segments important de ce qu’on appelle, un peu pompeusement… économie.

    • Cymbale said

      Moi aussi. J’ai toujours trouvé qu’on nous mettait l’économie plus compliquée qu’elle n’est vraiment et ce, pour nous bluffer et nous faire taire.

  2. Magellan said

    …le travail n’est pas un élément nécessaire du capitalisme mais un élément conjoncturel de ce dernier.

    Étonnante sur le coup, cette idée s’impose graduellement, à la lecture. C’est aussi simple que de dire qu’on travaillait sous la féodalité et qu’on travaillera encore sous le socialisme. Unir intimement travail (et salaire) au capitalisme, c’est reprendre un des poncifs les plus profonds de l’idéologie bourgeoise dominante.

    • Perclus said

      C’est vrai que ce serait tellement bien de simplement travailler… sans être l’otage pécuniaire de son travail.

      Ceci dit, il est important de bien signaler que si le travail a pu (et pourra) exister sans le capitalisme, le capitalisme lui, ne peut pas exister sans le travail. Il s’en nourrit parasitairement, dans son fonctionnement interne. Tenter d’éloigner le capitalisme du travail, cela donne la financiarisation, soit le plus intégral des pièges à cons imaginable (même pour les capitalistes).

  3. Line Kalinine said

    Si le salaire n’est pas un profit, comment expliquer la disparition graduelle de la paupérisation prolétarienne depuis, disons, 1870 (période ou 50% des citadins de Londres vivait sous le seuil de pauvreté)?

    [Corollaire de cette importante question: d’où vient donc la fameuse baisse tendancielle du taux de profit des entreprises capitalistes? Réponse: du fait que le profit descend de plus en plus dans la société civile. Cela est le résultat de luttes sociales immenses et centenaires qui ont lentement amené les travailleurs à graduellement commander un revenu supérieur (donc une répartition supérieure des profits). Sauf que cela est minime en proportion des extorsions capitalistes et strictement quantitatif. Le capitaliste, de plus en plus parasitaire en fait, préfère se transformer en forban et littéralement aller cacher ses gains extorqués dans une île plutôt que de réformer le système de la répartition de la propriété dans un sens civique, le seul sens viable à terme, le sens socialiste. — Ysengrimus]

    • Caracalla said

      Le capitalisme marche vers le contraire de sa logique. D’appropriation privée des richesses il en devient appropriation collective. On comprend les bourgeois de bloquer des quatre fers sur tout!

  4. Mistral Simoun said

    J’aime bien aussi, vraiment beaucoup, dans la notion de GAIN, le rapprochement tout naturel entre boursicote, loterie, casino, et vol (changer des avoirs de place sans production effective). Le jeu est une sorte de microcosme gagne-petit de la finance spéculative.

    • Vernoux said

      Je seconde. Ça marche d’ailleurs dans l’autre sens, cet argument. Les capitalistes ne sont pas automatiquement des voleurs. Ils volent leurs GAINS quand la panique leur prend mais leur rôle me parait plus légitimable dans le cas de leurs PROFITS. Surtout s’ils paient leurs impôts (sans fuite fiscale) et augmentent leurs employés à un rythme décent (genre un peu supérieur à l’inflation).

      Il y a bien une sorte d’objectivité froide, dans toute cette économie marxiste, finalement…

  5. Marie Verne said

    En lisant ce billet, je vois une nette distinction entre production et propriété des résultats de la production. C’est dans le second cas qu’on triche, me semble-t-il.

    [Eh comment… — Ysengrimus]

  6. Batelier said

    Le salaire du travailleur n’est pas un profit… sauf que le jour où les salaires d’administrateurs supérieurs d’entreprises deviennent partiellement des profits (ou des gains, sur ce point, j’hésite…), une autre crise du capitalisme s’installe. Sur ce point, voir ICI.

    Noter aussi que les salariés sont aussi partiellement des capitalistes, vu qu’ils touchent des profits d’investissement productifs (ou improductifs), eh oui… à travers leurs fonds de pension.

  7. Belle Orangeraie said

    En vous lisant tous et toutes, je découvre que le productif n’est pas un jugement de valeur (comme le serait, disons, le positif) mais une simple expression rendant compte du fait d’organiser notre espace matériel (comme quelque chose d’aussi bébête que de mettre des morceaux de machine à coudre ensemble et la partir).

    Je me rend compte qu’il y a quelque chose de neutre dans tout cela et qu’il faut faire l’effort d’y voir clair malgré la forte colère que cela engendre en nous.

    • Gudule said

      Je seconde et ajouterai que cette forte colère nous vient du fait qu’on sent, notamment dans les analyses qu’on lit ici, que ça serait finalement pas si compliqué que ça de répartir la richesses adéquatement entre tous et toutes.

  8. Tourelou said

    Et si nos échanges se transformaient en bénéfices humains non monétaire?

  9. Hibou Lugubre said

    Bien vu Ysengrimus ! Sur la définition du profit, revenu et gain, il serait difficile de prétendre à autre chose… ce rappel à l’ordre est d’autant plus instructif lorsqu’on se penche sur la réalité qui fait que je ne partage pas cet optimisme qu’on se dirige globalement vers une définition et une répartition plus justes des revenus et des profits ou que les pressions exercées par l’activisme social et démocratique finiront par y parvenir… hélas. Déjà, l’épisode des primes aux dirigeants de l’avionneur hautement subventionné par l’argent public n’a pu être possible que cette fois-ci exceptionnellement parce que le gouvernement précédent, et libéral pourtant, fut forcé d’adresser l’avertissement lui-même à une heure ou le bilan des subventions en plus de la prise de participation colossales s’imposait face aux perspectives commerciales plutôt faibles du produit phare et celles de l’emploi plutôt catastrophiques. Ils annonçaient en même temps des suppressions de milliers d’emploi pour l’exercice! Signalons qu’après cet épisode, et malgré la cession historique de parts majoritaires du produit en défaut à l’avionneur européen pour un dollar symbolique la hausse des salaires des dirigeants a repris de plus belle cet été. C’est depuis les années quatre-vingt-dix que cette histoire se répète. Des centaines de millions en subventions publiques suivies de dizaines de millions détournés sous forme de vente d’actions (car la rémunération des dirigeants se fait en actions pour éviter les taxes) ou sous forme de primes ont depuis été transféré dans les comptes off-shore sans qu’aucun gouvernement Péquiste, Libéral, Conservateur y voient quoique ce soit de mal!

    Je ne partage pas cet optimisme d’autant plus que le capital détenu majoritairement par les banques, les assurances, les fonds privés et les méga-entreprises et qui traditionnellement contrôlaient nos économies, forçant les capitaux étatiques à s’évaporer en subventions et autres règlements de crises monétaires, sociales, environnementales, humanitaires etc, ne se contentent plus de leur rôle d’investisseurs traditionnels mais se sont tournés vers les modes de ‘’gestion alternatives’’ avec une panoplie de fonds ‘’alternatifs’’, ou ‘’d’arbitrage’’ et ‘’couverture’’ qu’ils disent et qui ne sont rien d’autre que des fonds spéculatifs et de sécurité destinés à lever des gains, revenus et profits par tous les moyens envisageables principalement à travers les marchés financiers et donc la bourse, mais aussi en coulisses à travers un travail concerté de lobbying, d’influence, de corruption et de contrôle. Le peuple n’y voit que de la poussière! D’autant plus qu’on a convaincu le travailleur lambda de confier ses économies de retraite à ces ‘’hedge funds’’ et autres fonds de pension, banques et assurances en lui faisant miroiter les gains en capital et autres rêves en couleurs de devenir plus riche, fait de cette nouvelle culture dominante un nouvel élément quasi-insurmontable pour les classes prolétariennes vivant en marge, petits boulots, revenus modestes, artisans et ouvriers à leur compte, salariés de secteurs en décrépitude ou d’entreprises frivoles et incertaines, chômeurs en mal de réinsertion et de recyclage de plus en plus nombreux… etc

    Cerise sur le gâteau, les lanceurs de monnaies virtuelles ayant parfaitement compris la valeur éphémère des billets de banque et la volatilité des marchés financiers aux mains d’initiés qui font tourner le monde, sont maintenant en pourparlers avec les banques centrales et les décideurs économiques pour déterminer et garantir leur avenir dans le tableau. Ainsi, les riches de demain n’auront même pas à se crever le cul au boulot comme ceux d’hier, puisque la spéculation est devenue une discipline économique en soi qu’on enseigne aussi bien en ligne aux nuls, que dans les meilleures universités d’Amérique et d’ailleurs. Il suffit d’une initiation à la bourse, l’ouverture d’un compte en courtage avec aussi peu que cent ou cinq cent dollars et vous êtes fin prêt pour conquérir les marchés… et si l’envie vous prend d’acquérir une quelconque monnaie virtuelle pour la revendre au plus fort, pas de problème. L’autorité des marchés financiers s’est assurée d’autoriser quelques entreprises dans chaque pays pour vous vendre ou racheter votre monnaie, aussi bien les plus connues comme le Bitcoin, Ethereum et autres… que les moins connues qui valent aujourd’hui un cent l’unité.

    Bref, c’est l’Eldorado version 3.0, jamais ô jamais dans l’histoire de l’humanité il y a eu une telle hystérie et ruée vers l’or. L’argent lui-même ne vaut plus rien sauf pour les prolétaires qui comptent les dollars, les pesos et les roupilles durement gagnés, les dettes des états de même ne valent plus ce qu’elles valaient hier et ne font plus peur comme avant. Les nouvelles règles s’imposent, que l’on produise encore plus, on exploite un max, on spécule, on joue et se laisse prendre au jeux, on se moque des règles, on se laisse corrompre et on corrompt, on trompe et se laisse tromper sans scrupules, sans regrets, sans philo ni prise de tête! Et y a qu’à se fumer un joint légal et relaxer. De toute façon, c’est le gouvernement qui assure la distribution en partageant les profits avec les méga-producteurs légaux eux aussi! La population est d’ailleurs accro à la loterie qui en passant réalise des gains (extorsion) gigantesques et gratuits à chaque semaine en s’assurant de redistribuer un pour cent des mises à un gagnant éphémère à chaque fois !

    Si ce système aboutit à la redoutable crise du siècle crainte par tous les économistes sérieux et peu nombreux qui restent… on en reparlera… mais pour l’instant…  »tout baigne », tout le monde il est beau comme dirait l’autre, et ça roule Raoul ! 🙂

    • Casimir Fluet said

      Ce que vous décrivez, mon bon Lugubre, est un bel indice de déclin boursicotard des petits billets qui transigent. Ça fait une peu Emprunt russe, tout ça. Ça sort graduellement de la vie réelle, comme chez des aristos d’autrefois se pinaillant pour des titres fonciers sur armoiries n’ayant plus cours.

      Ne soyez pas pessimiste, Hibou, mais optimiste. Le système malodorant et financiariste que vous décrivez si bien n’échappera pas à la mutation que vous annoncez aussi, peut-être, dans ce second cas, sans le savoir…

      • Hibou Lugubre said

        Je vous ferais un aveux cher Casimir Fluet. Je suis réellement un optimiste de nature… bien que je me fasse appeler lugubre… et que je sois capable de dresser de sombres tableaux de la réalité, je le fais par devoir et conscience… et par souci pour les autres, nombreux autour de nous, qui peinent à s’en sortir. Cet optimisme est tributaire donc de la bonne santé de ma conscience, c’est quasiment non négociable… car on a beau dénoncer, gueuler à qui veut l’entendre, accuser et s’émouvoir… òn est forcé d’admettre qu’à la fin de la journée, c’est chacun pour soi! Il m’arrive de m’en vouloir devant un copieux repas, et ils furent nombreux en ce qui me concerne, et je peste à l’idée de ne pas pouvoir en faire plus pour les autres… mais force est de constater que je ne suis pas si bien loti après tout… comme nous tous!

        Bref, mon souhait est que ces enfoirés qui jonglent avec les profits, les revenus et les gains faciles, merci de nous le rappeler Ysengrimus, se prennent la grosse claque qu’ils méritent… dans la gueule! Et ça ne saurait tarder… qu’ils sachent donc qu’on leur survivra, c’est certain!

        Sinon merci d’évoquer l’emprunt russe que je ne connaissais que très peu… et qui en dit long sur ce qui fit le lit de la révolution! on y est presque!

        Mes amitiés cher Casimir Fluet.

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