Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

La cyber-provoque fallacieuse et réactionnaire du féminisme (de droite) de la SIMILI-MILITANTE

Posted by Ysengrimus sur 15 novembre 2010

L’authentique hypocrisie contient toujours une solide touche de sincérité…

Attribué à Marie Catherine Sophie de Flavigny, comtesse d’Agoult (1805-1876)

.
.
.

Bon, notons d’abord que la distinction entre gauche et droite en matière de représentations idéologiques, ce n’est pas juste une affaire de convictions personnelles ou de jargon journalistique. C’est, plus fondamentalement, une question de programme social, de vision de l’avenir collectif, sinon de vision du monde tout court. C’est en fait la classe sociale qu’on sert qui détermine si on est de gauche ou de droite… Et chercher à obscurcir les susdites descriptions par «étiquettes» n’est pas nécessairement un bien bon signe… Ces «étiquettes» sont des capteurs notionnels, des abréviations conceptuelles. Cela les rend aussi cruciales dans le débat que n’importe quelle autre idée s’y inscrivant. Pourquoi les craindre tant, alors? Serait-ce parce qu’il s’agit moins de débattre que de vendre, en douce? Je dis cela, en préambule, comme ça, d’arquebutte en blanc, parce que certaines mirettes délicates semblaient un peu pas mal écorchées l’autre fois, quand j’ai introduit la notion de féminisme de droite. Donc, soyons on ne peut plus clair. Est féministe une personne qui considère que les hommes et les femmes sont sociologiquement égaux malgré les différences naturelles et ethnoculturelles qui, ÉVENTUELLEMENT, les distinguent et ce, à l’encontre ferme d’un héritage historique fondé sur une division sexuelle du travail non-égalitaire. Sociologiquement égaux signifie, entre autres, égaux en droits, et cela n’est pas acquis. Il faut donc réaliser cette égalité… dans le strict cadre capitaliste (selon le féminisme de droite)… ou (plutôt!) en instaurant un ordre social nouveau, non-capitaliste, qui comptera l’égalité entre les hommes et les femmes au nombre de ses axiomes (selon le féminisme de gauche). Notons aussi, et c’est capital, que je dénonce le féminisme de droite non pas parce qu’il est un féminisme mais bien parce qu’il est de droite. La lutte des femmes pour leur égalité sociale intégrale ne tombe PAS, ici ou ailleurs, sous le coup de ma critique. Remember…

Légende de ce superbe aphorisme de la grande féministe de droite Faith Whittlesey (née en 1939): SOUVENEZ-VOUS QUE GINGER ROGERS A FAIT TOUT CE QUE FRED ASTAIRE A FAIT, SIMPLEMENT ELLE L'A FAIT DE RECULONS ET EN TALONS HAUTS.

Sur la base de ces postulats objectifs fermes, nous nommerons l’astucieuse agente de cyber-provoque analysée ici du nom de Simili Militante. Femme de média, solidement imprégnée d’une large cyber-culture, Simili Militante est une féministe mur à mur et sans ambiguïté aucune, mais, nuance capitale, c’est justement une féministe de droite, comme il y en a de plus en plus sous nos hémisphères, graduellement influencée, sans l’admettre ou se l’avouer, par les vues du Independent Women’s Forum et de groupes similaires. Elle sert donc, sans rougir et en toute sérénité, le programme politique et social de le droite. Simili Militante, qui, soit dit en passant, n’aime pas trop trop qu’on ose ouvertement la dé-sanctifier en la décrivant sociologiquement, se réclame en toute sincérité de la toute légitimisante rhétorique du plafond de verre. Sauf qu’il s’agit ici d’un plafond de verre bien soudé sur l’édifice d’un capitalisme de fer. L’axiome est alors: chipotons pour le verre et perpétuons hargneusement le fer. L’activisme «féministe» de Simili Militante est l’indice d’une tendance sociologique qu’il faut avoir attentivement à l’œil, celle du graduel dégauchissage du féminisme. Moi personnellement, un féminisme qui dit que les révolutions n’ont rien apporté aux femmes, que voulez-vous, j’ai de sérieuses réserves. Ce type de féminisme s’approprie et accapare une cause auto-sanctifiante et la met sciemment au service du Patron Fric. C’est donc un féminisme d’ajustement au capitalisme qui a su, avec un brio roué et subtil, moderniser (et verrouiller) son discours et aussi la diffusion et la promotion de ce dernier. On va essayer ici de décrire brièvement le mécanisme d’horlogerie pendulaire de la fort matoise et adroite doctrine de cyber-provoque de Simili Militante

.
.
.

PHASE 1: LES CAUSES FALLACIEUSES. Donc Simili Militante est une réformiste intra-muros de choc. Tout doit se jouer dans la petite boite capitaliste. Ne lui parlez surtout pas de remise en question de l’ordre établi, c’est parfaitement inutile. Elle est solidement étanche à ce genre de réflexion… Intra muros, donc, Simili Militante oeuvre sur les signes, pas sur la crise sociale. Les dénominations, les titres, les prérogatives, les écarts verbaux sexistes de politiciens rétrogrades, les hommes d’église à la «doctrine sociale» ouvertement misogyne et arriérée, la déglingue comportementale du phallocratisme aussi foutu qu’évident, les success stories de femmes d’affaires novatrices et les résistances d’arrière-garde qu’elles combattent encore courageusement, en catimini ou tapageusement, les éructations d’éditorialistes conservateurs iraniens théocrates et hyper-réacissimes à la crédibilité intellectuelle parfaitement inexistante, le désordre des chaises sur le pont du Titanic, en somme, préoccupent hautement Simili Militante… Aussi, en plus, le sens tactique toujours en éveil de Simili Militante s’intéresse au plus haut point à l’univers polymorphe et mouvant des «pages féminines», nommément tout ce qui permet aux femmes (d’en haut) de tourmenter les femmes (d’en bas). Mentionnons, par exemple, le thème en haute vogue du nouvel hédonisme contraint des femmes «de notre temps» (entendre: occidentales, montées en graine, positionnées, «tendances» et bourgeoises, genre héroïnes de Sex and the city, rédactrices de Jezebel ou encore thuriféraires enthousiastes de Madonna & Lopez). Cette question, exemplaire et hautement culpabilisatrice, du nouvel hédonisme féminin fait l’objet d’une attention soutenue de la part de Simili Militante car le potentiel de cyber-provoque de cette problématique sexy-sexiste est maximal. Simili Militante adore justement ce genre de question pseudo-sensibles car, sans suggérer le moindre changement social fondamental, cela fait tout plein soumission, femme-objet, macho-sots, ma-fille-c’est-de-ta-faute-de-pas-voir-les-fautes-des-gars, etc et donne à Simili Militante une cause sécurisante et supériorisante, enrobée dans le (bon) sentiment qu’elle n’est pas enferrée dans un univers de réformettes circulaires et stériles. Donc Simili Militante tonne, par exemple, contre l’effeuillage généralisé des starlettes et aspirantes starlettes contemporaines et, plus insidieusement, contre la dérive des mœurs et la batifole tous azimuts, genre femmes jeunes avec vieux politiciens flétris. Mais attention, oh attention, n’allez pas commettre l’erreur sotte (comme tant d’hommes le font pour se sécuriser l’ego) de confondre Simili Militante avec une bigote, une mal baisée, une moraliste exaltée ou une arriérée sociologique qui pèterait un câble antique et perdrait le contrôle. Oh non, que non, j’insiste sur ce point, Simili Militante est une cyber-communicatrice aguerrie qui sait parfaitement ce qu’elle fait. Sagace, manipulatrice et observatrice, elle comprend sciemment que le web est un nid compact à petits frelons androhystériques et elle tape à grands coups de pieds dedans pour bien faire lever dudit nid ses nuées bourdonnantes d’astineux anonymes tout grotesques et tout insécures. Nos petits porte-bites 4chaneux niaiseux se rameutent alors par paquets compacts, et lui postent disons, pour filer l’exemple, sur la question de la dérive hédoniste des mœurs en politique, un genre de mème comme celui-ci:

Monica Lewinsky dit: JE VOTE MAINTENANT RÉPUBLICAIN CAR LES DÉMOCRATES M’ONT LAISSÉ UN GOÛT AMER DANS LA BOUCHE. La légende dit: LE FÉMINISME, PAS SEULEMENT POUR LES LIBÉRAUX. La description du féminisme de droite en émergence est valide ici, mais ce trait sexiste, facile et grossier, discrédite son auteur (masculin), notamment aux yeux des lectrices, et joue, en fait, le jeu victimisant et auto-sanctifiant de SIMILI MILITANTE

Petits cyber-mecs anonymes, je ne vous dis pas ce que vous devez faire avec votre liberté d’expression. Simplement, j’observe qu’en postant ce genre de défoulements mesquins, vous tombez directement dans le piège malodorant du T’AS DIT CACA de la cyber-provoque institutionnalisée que vous tend sous les pieds Simili Militante. Vous la servez pleinement, totalement, intégralement, avec ce genre de boutade idiote. C’est justement pour cela que son carnet, ses billets, ses cyber-interventions sont SCIEMMENT CONFIGURÉES pour justement lever, par bouffées malodorantes, du sexisme crétin, au premier degré, dans ce genre. Et plus c’est phallo-miso, cru et charrié, mieux c’est. C’est qu’elles lui servent d’écrin promotionnel, à notre fine mouche, vos conneries masculinistes là. De fait, on a toujours besoin d’un plus réac que soi et un élément droitier qui se fait mousser trouve toujours un élément plus droitier, dont il se démarque, qui le recentre en apparence et qui, ainsi, facilite une promotion élargie de sa doctrine. Aussi, avoir eu à censurer les pires commentaires, c’est crucial et cardinal pour Simili Militante. Cela légitime ET sa démarche anti-libertaire ET la censure médiatique proprement dite, tout en faisant vachement «débat social». Cela recycle et réactive en permanence l’auto-sanctification définissant Simili Militante. Cela dissimule et camoufle le caractère viscéralement conservateur de sa vision du monde. Cela sanctionne son action et, surtout, ses prémisses fondamentalement conformistes, affairistes, bobo-cadres, moralisatrices, culpabilisatrices, normatives et bien pensantes. Disons, plus prosaïquement, que c’est là de la grande provoque visqueuse en bloc pour lever de la petite provoque naïve en rafale. Et disons aussi que toi, mec neuneumèmeux anonyme qui se croit comique, séditieux et subtil, bien, tu te fourres le pied direct dedans… Phase 1, donc: un type insidieux de manipulation des masses est né, oui, oui, oui… et ici, c’est bel et bien le cyber-provocateur (troll) qu’on manipule à son tour.

.
.
.

PHASE 2: LES CAUSES RÉACTIONNAIRES. Ceci dit et bien dit, l’activisme de Simili Militante ne s’arrête pas là. Il n’est pas uniquement une intervention auto-sanctifiante, une chausse-trappe sociologique, onctueuse mais un peu gratuite, pour attitrer l’attention, toujours aussi captivante et magnétisante, des frelons du web. Suivez bien la phase 2 du mouvement. Le sentiment féministe que s’approprie Simili Militante, et dans lequel elle drape sa dignité, est, en fait, désormais largement sociétal et consensuel. Il est donc pas mal ardu de questionner les prémisses d’une voix s’en réclamant bruyamment, sans faire face à des accusations, explicites ou implicites, hautement discréditantes. La sémantique de Simili Militante est une sémantique fondamentalement auto-protectrice et elle vous attend dans le tournant. Tout le féminisme de droite interagis comme ça, du reste. Ce sont des causes ouvertement reconnues dont on affecte de perpétuer le modernisme, strictement pour se faire mousser. Redisons-le: c’est visqueux au possible… et c’est justement hors de cette fange toxique que va pointer la véritable arme doctrinale de Simili Militante: la propagande réactionnaire, la manipulation droitière, le service docile de l’ordre établi, sous couvert féministe. Voici donc, par exemple, qu’un «taliban» chronométrique coupe le nez et les oreilles d’une femme afghane au moment où, comme par hasard, la guerre d’Afghanistan est au plus profond de son discrédit. Plus tard ou plus loin, un «régime iranien» s’apprête à lapider (jusqu’à ce que mort s’ensuive) une femme adultère au cœur des tensions politiques entre l’occident et l’Iran. Pétard planétaire. Le visage mutilé est en première page du Time. La personne menacée de lapidation est appuyée par de grandes personnalités occidentales, toutes femmes, ardentes, célèbres et riches. Sanctification aussi cardinale qu’imparable. Qui osera contester la gravité de ce type de drame? Mais absolument personne, évidemment. Forte d’un tel consensus, Simili Militante monte aussitôt au créneau. Son analyse (implicitement servile envers l’impérialisme US): il faut aller casser du Taliban, de l’Iranien, c’est urgent. Pourtant, la violence (incluant, sans s’y restreindre, la violence arriérée et rétrograde) contre les femmes est mondiale. Longtemps avant d’être des iraniens, des afghans et/ou des «talibans», les auteurs de ces crimes sont de hommes patriarcaux. Les indubitables hommes patriarcaux du grand Moyen-Orient Fantasmé sont-ils vraiment les seuls sur terre à se mériter tant de couverture médiatique? Pourquoi pas une clitoridectomisée africaine, ou une enfant-putain asiatique, ou une femme battue européenne, ou une divorcée assassinée américaine, ou une soldate canadienne violée et tuée par son commandant, en première page du Time et dans les appels à solidarité de nos occidentales riches et célèbres? Non, non, non, le féminisme ayant droit de citée dans le portail monumental de la presse mainstream, par les temps qui courent, c’est celui qui sert la propagande guerrière et xéno, de droite, du moment. Or, depuis septembre 2001, intoxidentale oblige, la violence sexiste n’est soudainement planétairement visible que si elle se manifeste dans les portions arriérées du monde que l’impérialisme US et/ou l’euro-xénophobie dardent de leur haine. Le trucage propagandiste est archi-grossier ici mais, implicitement militariste (contrairement à bien d’autres femmes) jusqu’à l’inconscience, Simili Militante relaye sans critique. Il faut d’urgence envoyer nos futurs petits batteurs de femmes, bien blancs, bien soldoques, bien réacs, encadrés par leurs officiers maladivement, psychotiquement, criminellement, misogynes, CASSER DU TALIBAN OU DE L’IRANIEN à gros tarif. Et aussi, par-dessus le tas, puisqu’on en parle, Simili Militante juge en conscience qu’il faut interdire le voile aux immigrantes effarouchée, qu’il ne faut pas négliger la «merveilleuse et rafraîchissante vitalité» du phénomène sociopolitique Sara Palin, que les adolescentes contemporaines sont hypersexualisées et, au fond, trop libérées avec leurs ordis incontrôlables et leur Edward Cullen impénétrable, que les femmes devraient pouvoir être ordonnées prêtres (au sein d’une église implicitement perpétuée, endossée et, avouons-le, pieusement aimée), que les femmes doivent faire carrière quitte à ne pas enfanter, que les mères doivent allaiter quitte à ne pas faire carrière, que les organismes institutionnels féminins/féministes gauchizoïdes ne «représentent pas toutes les femmes», que, pour le bien des mineures, la prostitution adulte doit rester illégale, que l’internet devrait être strictement modéré/censuré (car il y a de ces grossiers personnages, vous comprenez, sexistes en plus) et le cyber-anonymat aboli, que tu dois maigrir car tu es obèse et tu dois grossir car tu es anorexique, que les femmes pourraient tout à fait avoir une arme à feu pour se protéger de ces mâles violeurs, dont le subtil propagandiste Oleg Volk nous brosse un portrait si terrifiant. Et le reste à l’avenant. Il n’y a ici absolument rien d’improvisé. Les causes de Simili Militante sont limpides, solides, cohérentes et articulées. Même leurs contradictions pendulaires sont, en fait, des instruments pour dérouter, culpabiliser et déstabiliser les lectrices angoissées. Comme dans un programme politique politicien classique, on œuvre méthodiquement  à infléchir les mentalités, sous camouflage progressiste… Et retenez bien que si vous osez contester ceci, vous crevez le halo sanctifiant, le plafond de légitimation, et devenez hautement suspect(e)s de rouler pour le chauvinisme mâle hyper-arriéré de la pampa de grand-papa. Dire que la cause féministe est désormais une cause largement subordonnée, manipulée, déformée, trahie par la droite sociale et économique est toujours implicitement interdit. C’est pourtant là ce que la toute bourgeoise et toute réactionnaire Simili Militante a bel et bien accompli.

Légende de cette affiche d’Oleg Volk: UNE VRAIE FÉMINISTE N’A PAS BESOIN DES HOMMES POUR LA PROTÉGER. QU’EN EST-IL DE VOUS? Le fait est que SIMILI-MILITANTE sait parfaitement comment «se» protéger justement, et protéger les causes (manipulées) qu’elle endosse et promeut…

.
.
.

Publicités

19 Réponses to “La cyber-provoque fallacieuse et réactionnaire du féminisme (de droite) de la SIMILI-MILITANTE”

  1. Caravelle said

    Une réflexion extraordinairement fascinante et troublante. Excuse mon ignorance Ysen, mais qui est Faith Whittlesey et qui sont Fred Astaire et Ginger Rogers?

    [Faith Whittlesey est une femme politique américaine du Parti Républicain (ce qui n’empêche nullement ce petit aphorisme d’être tout simplement brillant). Fred Astaire (1899-1987) et Ginger Rogers (1911-1995), sont un acteur-danseur et une actrice-danseuse du siècle dernier, qui forment le grand couple archétypique de l’âge d’or de la sublime claquette américaine – Ysengrimus]

  2. I am Pam said

    Oh, oh, oh! This is so timely for me, because I am at the end of my canoe with the notion of career as synonym for equality. If you are a young woman not pursuing the career route with the other lemmings, you are branded as, variously, lazy, lacking in intelligence, lacking in social awareness and, worst of all, retrograde. In my estimation, it is far more regressive for women to chase after an idea of success completely and wholly created by men, the product of a capitalist patriarchy. For whom has the bourgeois existence ever been liberating? What precise freedoms does the Eldorado of career afford us? The freedom to be as alienated as men, the freedom to have all of our energies absorbed by an employer who has no compunctions about eliminating us whenever he/she feels the impulse, the freedom to be torn from our families and those we love, the freedom to do all this and yet have no guarantee of security?! I will, therefore, be so bold as to assert that, in my estimation, capitalism is wholly and fundamentally incompatible with feminism. We must be equal on our terms, not by mimicking the worst qualities of men and by accepting the patriarchal order.

    [Oh, oh, oh! Cela tombe tellement à pic pour moi car je suis au bout de mon rouleau, sur la notion de carrière comme synonyme d’égalité. Si vous êtes une jeune femme ne poursuivant pas la route carriériste en compagnie des autres lemmings, on vous étiquette, au petit bonheur, flemmarde, dénuée d’intelligence, dénuée de conscience sociale ou, le pire du pire, rétrograde. Or, il me semble bien plus régressant pour les femmes de courir après une idée du succès complètement et intégralement configurée par les hommes, un pur produit du patriarcat capitaliste. L’existence bourgeoise libère qui donc, exactement? En quoi l’Eldorado carriériste est-il donc libérateur, exactement? Il procure la liberté de s’aliéner comme le font les hommes, la liberté de voir nos énergies drainées et absorbées par une employeur qui n’a pas le moindre état d’âme lorsqu’il, ou elle, vous saque après usage, la liberté d’être arrachées de nos familles, la liberté de se taper tout cela sans la moindre garantie de sécurité? Je vais pousser mon audace jusqu’à affirmer ma position qui est que capitalisme et féminisme sont fondamentalement incompatibles. Nous devons acquérir l’égalité sur des bases qui sont les nôtres, pas sur celles qui nous dictent de singer les pires traits des hommes, et pas par l’acceptation servile de l’ordre patriarcal.]

  3. Sophie Sulphure said

    Ysengrim, pourrais-tu nous donner des exemples de SIMILI-MILITANTES?

    [Je ne nomme pas de nom, pour des raisons de prudence judiciaire élémentaire. Mais cyberpresse en a deux solides, une culinaire et une maternisante. Branchez-vous en a une tendancielle (un peu plus au centre, au demeurnant) et Télé-Québec en a une carabinée qui a aussi une maison de production et qui s’auto-décrit « post-féministe » et ce, depuis un bon quart de siècle. En France, Il y a Olympe de Olympe et le plafond de verre (je ne la nomme pas, hein, puisque c’est un pseudo), la chevalière des causes réformisto-tataouines par excellence. Depuis que j’ai osé écrire mon billet sur le féminisme de droite, je suis implacablement banni de ses pages. Elle m’y caviarde sans ambages aussitôt que j’ose y intervenir. On ne critique tout simplement pas l’entité sui-sanctifiée, surtout pas sur sa gauche… – Ysengrimus]

  4. Tourelou said

    Au fil du temps, l’affluence des luttes féministes est tellement devenu complexe et le nombre d’organismes est si cyber-grand qu’il est difficile de trouver le féminisme à l’état pur comme au départ qui consistait en cette réplique: «Je ne peux pas définir ce qu’est le féminisme mais je sais que c’est ainsi qu’on me définit chaque fois que mon comportement ne permet pas qu’on puisse me prendre pour un paillasson» Rebecca West, 1920. Pas compliqué là.

    Alors la pure gauchiste ou droitiste, centriste… se devrait de militer féminisme local, international, santé, politique, enfants, maternité, travail, syndicat, pauvreté et j’en passe. Donc un travail à temps plein, ce qui pourrait donner à une féministe tranquille le titre de simili militante, de faux diamant dans son comportement. Marie-Claude Lortie (journaliste à Montréal) a bien soulevé la question dernièrement: qui représente vraiment les femmes au Québec, quel organisme? Faite une recherche google et vous trouverez des milliers sites clinquants féministes, vous en trouverez bien un qui vous convient.

    Je n’aime pas trop jauger ou qualifier le degré de féminisme. Je crois qu’il faut entretenir les luttes pour l’avancement de la cause des femmes. Alors il faut comprendre et respecter le volume que les humains peuvent encaisser et agir pour aider à diminuer l’angoisse d’avancer dans notre vie terrestre. Dans ma vie, je laisse place à mon propre comportement féministe sans me mesurer, et cela pour assurer qu’on ne puisse me prendre pour un paillasson. Déjà là, il faut du courage et le respect de ces hommes sur deux qui sont des femmes.

  5. Hibou Lugubre said

    Il se trouve bien des simili-militantes comme vous les décrivez à la tête de syndicats, et d’autres à la tête de partis gauchisants, d’autres à la tête d’organismes sociaux qui flambent un paquet d’argent qui provient de nos poches au même titre qu’un patron de parti, de syndicat, un maire sympathique qui sont et font de même… et donc ces simili militantes n’ont rien à envier à leur homologues qui se réclament ouvertement de la droite!

    C’est pour dire que je ne suis pas du tout à l’aise avec cette conception gauche-droite fondamentaliste qui à mon sens se trouve totalement dépassée à notre époque, bien que l’on s’y accroche encore pour des raisons que nous serons sûrement en mesure d’expliquer dans dix ou vingt ans seulement…

    Bref, partant du fait qu’une femme peut être aussi médiocre qu’un homme lambda peut l’être, aussi rapace, aussi faux cul, aussi complexée, aussi…etc, il serait difficile pour elle de tromper aussi facilement d’autre femmes et hommes qui ne se laissent pas facilement berner par les bannières de gauche ou de droite… et ne jugent plus que par l’incidence que les foutaises de la politique ont sur leur moral, leur santé ou leur porte-monnaie… à moins de s’adresser à des banlieusardes qui crèvent d’ennuis, qui ont fini de payer le 4×4 SUV en 24 mois, sont abonnées aux magazines à potins et dont le mari, le chum ou le conjoint est aujourd’hui un animal domestiqué qui excelle dans l’art de péter dans le salon, et celui de brasser les affaires… 🙂

    La cause féministe, je présume, à été cuisinée à toutes les sauces, incorporée dans toutes sortes de discours idéologiques, politiciens et électoraux, servi comme aphrodisiaque dans les médias, servant d’alibi à d’autres femmes et hommes pour doper leurs carrières, se lancer à leurs propre compte, bref, doper le commerce en tout genre et l’économie diversifiée, (eh oui y a pas que les vendeurs de jouets pour plaisir solitaires qui en profitent). Le problème à mon avis est que le débat autour à la base, continue d’être contraint, verrouillé, soumis à la pression de faux progressistes, de charlatans et autres diseurs de bonnes aventures qui n’en ont rien à cirer en réalité! Pas étonnant que cette cause comme vous dites soit déformée, manipulée, ou se soit embourgeoisée (encore faut-il préciser que c’est une valeur très prisée chez pas mal de néo militantes), il faut craindre à mon avis qu’avec les nouvelles générations de pokémons, ce débat ne s’enlise dans quelque chose de plus sado maso dans le futur, à moins qu’il y ait un véritable changement de l’ordre mondial vers plus d’équité universelle, pour espérer que les femmes du nord et du sud s’unissent enfin dans un même combat: celui de la dignité et l’égalité…

    …Et espérer enfin que certaines se calment, et se remettent à nous aimer comme on les aime 🙂

    [À vous lire, Hibou, on est gagné par le sentiment que c’est moins le clivage gauche/droite qui disparait que la gauche elle-même. Elle est… embourgeoisée justement, pour reprendre votre mot, fort juste. Cet embourgeoisement généralisé n’a pas fait disparaitre le féminisme mais nuit considérablement à sa dimension crucialement transversale, trans-nationale ou universelle et en fait une petite démarche de lobbyiste, de publicitaire ou de promoteur/trice de réformettes cataplamesques. Ce n’est pas le clivage gauche/droite qui crosse le monde, mon Hibou, c’est sa dissolution droitière effective qui, elle, en contaminant syndicats, groupes sociaux, action communautaire et militantisme, paralyse et retarde pour un temps la mise en place des changements sociaux radicaux qui, pourtant, s’en viennent. – Ysengrimus]

  6. Hibou Lugubre said

    Un exemple de l’histoire récente, celle de l’après guerre froide nous a appris que la gauche a pu continuer, a pu se redéfinir, se restyler, se requalifier, (se réhumaniser?)… je dirais redorer son blason et sa crédibilité. Depuis qu’elle s’est féminisée massivement, et que des femmes plus nombreuses y sont apparues un peu partout avec un nouveau discours moins démagogue, plus conciliant… et responsable… et mon dieu, tellement séduisant! Alors que du côté de la droite, le même phénomène est apparu, et cela a pu repositionner la droite si on peu dire un peu plus au centre… et même au delà des espérences dans certains cas! Bref, c’est pour dire que la confusion crée par la fin des bloc(ages), et l’arrivée massive de femmes au centre du pouvoir politique a complètement remodelé le discours, les priorités, les conceptions, tout en coincidant avec les changement qui s’opèrent dans le monde. Tout en relevant un point important et commun entre ces femmes de gauche et de droite qu’à été celui d’un programme commun quasiment en ce qui a trait à l’activisme pour améliorer les conditions des femmes… Chose qui a forcé et la droite et la gauche à reconsidérer leur priorités, à reconsidérer le volet social sous un angle plus actuel et qui permet de mieux comprendre les problèmes de cette société… et on en est qu’au début en effet.

    Sauf que les choses on bien vite évolué, et la gauche n’est plus celle d’il y a à peine quelques années… ce qui fait que l’opposition et la résistance se redéfinissent et se positionent plutôt face aux nouvelles ‘matrices’ et aux ‘systèmes’. en règle générale la ‘socio-démocratie’ partisane, ou appelons la ce qu’on veut, n’arrive pas vraiment à suivre le rythme, ne pouvant rien face aux matrices socio-économiques ‘évolutives’ mises en place dans les sociétés occidentales libérales qui ont pris le dessus et sont aujoud’hui copiées et calquées dans les pays en voie de développement (imposées aussi). Du coup, la démocratie, cette idée géniale… (idéologie de gauche? doctrine conspirationiste? canular?) doit se redéfinir constamment au même titre que la résistance s’organise… ailleurs qu’on le croit, soit dans le mental, soit dans le foyer! Et surtout pas à la chambre des députés 🙂 Pas étonant que le prix à payer soit plus grand, vu les gens qui pètent les plombs sous la pression, les plus fragiles en tous cas, et les femmes, en font partie… les prêteurs ne faisant pas de distinction sexiste, pas plus que les caissières et les caissiers, ou les collecteurs d’impôts et autres factures à l’appuis. Bon j’exagères un peu là peut-être mais on y est presque… et d’autres nous diront qu’on y est tout court 🙂

    Ceci donc rejoint parfaitement ce que vous dénoncez à travers cet exemple féministe, et encore plus lorsqu’on sait que la droite y est pour quelque chose dans cette histoire qui ne fait plus bander personne! Et qui pose cette question, pertinente aux yeux de beaucoup de gens: est ce que la gauche existe encore ou est-ce une illusion? La réponse c’est l’avenir et notre capacité à nous resaisir qui le dira…

  7. Jimidi said

    Perso, même comme producteur de testostérone bio, je suis assez content de lire sous la plume d’Ysengrimus (et les vôtres) qu’un certain travestissement féministe peut n’être qu’un masque de plus du capitalisme et donc de l’exploitation d’une partie du genre humain à son profit par une autre. Dès lors, je suis assez d’accord pour penser que la question de savoir comment se répartissent les proportions et les rôles hommes/femmes dans la partie qui exploite l’autre, est une diversion.

    [Et sa rectification, sans changement social fondamental, un accomodement, un aménagement (valide, mais cruellement incomplet et structurellement fragilisé). – Ysengrimus]

  8. LE MÂLE ÉPILÉ

    Progressivement l’homme dans notre société féminisée, aseptisée, attendrie s’est rapetissé sur tous les plans: sexuel, intellectuel, physique, moral. Le mâle est devenu un minable. La plupart des hommes ne sont plus que des faibles. Et pour justifier leurs comportements dénaturés ils invoquent l’évolution des moeurs, le progrès de la pensée, l’affinement des sensibilités, confondant humanisation avec dévirilisation, galanterie avec soumission aux lobbies féministes, respect avec lâcheté…

    Le garçon est né grand, fort, noble, glorieux. Le caractère masculin est un principe solaire, royal, divin ! La créature virile a de la noblesse dans le coeur, de la vigueur dans le sang, de l’or dans sa cervelle créatrice, de la beauté dans son corps vaillant… De la lumière jaillit même de son sexe dressé ! Le mâle par essence est admirable (la femme aussi est admirable, quand elle reste à sa place et non quant elle singe son maître).

    Le générateur de semence est par nature un astre mais cette société frileuse sottement égalitaire, faussement respectueuse, imbécilement stérilisée l’a fait descendre de son ciel. L’incarnation de la virilité ainsi désacralisée, détrônée, châtrée n’est plus désormais qu’un sexe commun, sans saveur ni valeur.

    La femme (qui a évolué tout comme lui contre sa pente naturelle), étant devenue son égal dans l’insignifiance, l’ineptie et la bêtise, il n’ose plus lui affirmer sa virilité. Le symbole stellaire n’est plus qu’un toutou docile qui a appris à faire le beau devant Eve, laquelle lui demande de s’épiler, se raser, se toiletter, se pommader…

    Et d’avoir des idées conformes à sa nouvelle peau de caniche bien tondu, c’est à dire lisses. Soumis, mou, fade, l’imberbe de cette société hyper protégée ne supporte plus les rigueurs climatiques qui burinaient avec éclat la face âpre de ses aïeux : lui se protège l’épiderme avec de la cosmétique, surchauffe ses appartements en hiver, prend froid au printemps, avale des vitamines en comprimés pour se prémunir des « agressions » et autres « rudesses » survenant dans sa petite existence d’angoissé.

    Abruti par la mollesse, détestant les fromages forts, gavé de boissons gazeuses sucrées, manucuré, parfumé, protégé, bien assuré, fier de sa voiture climatisée, le héros est devenu fragile, prudent, peureux, timide. Ses ancêtres étaient des chênes phalliques, lui est une brindille toute tremblante sous la brise.

    Ecrasé par le mépris des femmes, il fait profil bas et prend son humiliation pour une marque de politesse, un signe de bonne conduite sociale, la preuve par le retrait de la scène de l’intelligence de son sexe ! Il partage respectueusement les valeurs dévoyées imposées par la femme castratrice…

    L’idée d’avoir des opinions contraires à la volaille dominante ne l’effleure surtout pas : c’est que le coquelet déplumé revendique son esprit moderne. Adoptant sans rechigner les hérésies lénifiantes d’un féminisme souverain, il en est même arrivé à mépriser son propre phallus, le machisme, la virilité! Il a une opinion misérable quant à sa véritable sa place de prince qu’il fait volontiers descendre dans la fosse de la médiocrité, à son rôle de dominant qu’il refuse d’assumer au nom de l’intérêt des femmes, à sa position de seigneur qu’il nie de toutes ses forces de poltron, effrayé à l’idée de devenir un paria de cette société féminisée !

    L’émasculé s’efforce de devenir de plus en plus invisible, asexué, pâle afin de ne pas déplaire au poulailler, faire honneur à l’époque, épargner les sensibilités décadentes de ses pairs… Tous annelés par les femmes comme des taureaux pour mieux se faire castrer en douceur, insidieusement.

    Trop heureux d’être l’égal de la femme, fier d’être assimilé à la gent caquetante, le délicat sans crinière raille ses rares congénères demeurés incorruptibles, entiers, membrés, musclés, musqués. Et c’est là que, ridicule, misérable, déchu, le mâle épilé ressemble le plus à un caniche aboyant contre un lion.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

    [Ce genre de provoque tombe un peu à plat par ici, Raphaël. gardez cela pour le cyber-carnet de Simili Militante. Elle, elle adore… Vous devriez aussi, surtout, prendre connaissance de la petite leçon d’andro-modestie exposée par la dynamique équipe du site JE SUIS FÉMINISTE, cruciale pour nous tous, hommes. – Ysengrimus]

  9. Lien vers cet article du Carnet d’Ysengrimus.

    [Une dame autochtone de Terre Haute en Indiana exprime, avec force et courage, son inquiétude devant la montée du féminisme de droite. Un texte remarquable (cliquer sur cette entête rouges de JE SUIS FÉMINISTE) – Ysengrimus]

  10. Hibou Lugubre said

    Ce témoignage est réellement touchant, courageux et juste. on ne peut plus direct! (bon elle aurait pu t’éviter la pub pour ton blog 🙂 ) mais ça évoque justement le combat de millions de femmes à travers le monde qui font preuve de determination… c’est sûrement grâce à bon nombre d’entre elles qui font partie des minorités vulnérables à qui revient le véritable mérite de faire avancer cette cause dans la bonne direction.. et elles sont nombreuses!

    Ces simili militantes donc, il faudrait leur interdire surtout d’exploiter l’autre façette de ces femmes qui crèvent d’injustices, d’oubli et de mépris… par millions dans les quatre coins du globe, (y compris au sein de nos démocraties dites libérales)… surtout lorsqu’elles restent dans l’anonymat le plus total…

    Quoique… à quoi bon s’acharner contre Mme Untel, néo-bourgeoise de son etat, cultivant les convictions au même titre que les plantes exotiques au rabais? Selon moi, ce témoignage remet surtout en question une certaine gauche à qui il s’adresse: politiquement sénile, socialement pédante et intellectuellement blasée… qui ne se soucie plus que de son nombril…

  11. dicave ste meuf elle est trop bonne ! said

    Il faudrait savoir si le féminisme est combat idéologique ou combat pour une politique sociale. Dans un cas avec le féminisme de droite on associe deux idéologies et il y a forcément des contradictions, dans l’autre on associe politique et idéologie ce qui se fait depuis toujours. Votre article illustre peut être le passage du féminisme idéologique au féminisme « politique ».

  12. Sébastien le Goff said

    Je ne suis pas nécessairement d’accord avec tout l’article, mais je trouve salutaire de lire autre chose que la soupe réchauffée idéologique que l’on nous donne à boire tous les jours. Donc rien que pour cela, MERCI!

  13. Sébastien le Goff said

    Par contre je veux bien vous expliquer pourquoi je ne suis plus féministe. Mais d’abord, peut être vais-je vous expliquer pourquoi je l’ai été. Le féminisme semblait pour moi découler d’un bon sens élémentaire. Dans ma famille, il n’y avait pas de tâches considérées comme masculines, ou de tâches considérées comme féminines, de même pour les qualités. Celui qui devait s’occuper de telle ou telle tâche était celui qui était en position de le faire au moment où il fallait le faire. Il est normal que si on est seul à 11h à la maison, que l’on s’inquiète de faire à manger pour midi. Personne ne s’est jamais entendu dire des choses du type « c’est normal parce que tu es un(e) fille/garçon ». Enfant, fille et garçon, ont reçu la même éducation militaire, « phallocratique » si on en admet une définition biaisée, en comparant le phallus dressé à un pouvoir qui se dresse sans nuance, et non pas à un pouvoir exercé par les hommes. Tous les enfants, garçon et fille se sont retournés contre cette autorité. À l’extérieur, je faisais figure d’extraterrestre, car les filles se réclamaient sans cesse de leur qualité de fille, les garçons de leur qualité de garçon, et d’une répartition des rôles en conséquence. C’est donc face au monde extérieur que je suis devenu féministe.

    Le féminisme n’est pas la norme, et au bout d’un certain temps on se demande si on doit effectivement jouer perpétuellement les évangiles (je taquine), face à des gens qui se complaisent dans leur rôle normé et sexuo-différencié. Si j’ai mis peu à peu de l’eau dans mon vin prosélyte, je me suis également rendu compte qu’être homme et féministe conduisait souvent à être finalement presque toujours le dindon de la farce. De la même façon qu’il y a un certain nombre de salops, il y a un certain nombre de garces (oui, une salope n’est pas sémantiquement un salop de sexe féminin). Un homme féministe est pour ce genre d’individu le bon pigeon (décidément entre le dindon et le pigeon, les volatiles en prennent pour leur grade). Sans aller jusqu’à ce type d’individus caricaturaux, nous avons tous notre opportunisme et notre égoïsme ordinaire et nécessaire. Un rapport homme-femme pris sous une lecture féministe conduit à penser que l’homme est artificiellement avantagé par rapport à la femme du fait d’une construction sociale tout aussi artificielle. Aussi, quand bien même on s’inscrit dans un rapport d’égalité, on se trouve toujours confronté à des femmes qui se prévalent tantôt comme notre égale, tantôt comme des victimes, et ceci toujours dans l’intérêt de ces dernières. Je vous entends déjà dire qu’il ne s’agit pas de véritables féministes. Seulement, je ne vis pas dans ce monde idéal des idées tel que le voit Socrate, mais dans une réalité concrète où sévit non pas un féminisme universitaire, mais un féminisme ordinaire, un féminisme féminisant. Face à ce féminisme, le macho s’en sort beaucoup mieux.

    Je ne suis pas masculiniste, et je ne deviendrai pas. Pour autant, je constate qu’il n’y a pas de place dans le féminisme pour une revendication autonome des hommes dans une perspective d’égalité. Par contre le modèle féministe considère que le standard des droits des femmes est non seulement les droits dont disposent tous les hommes, mais réclament également des droits spécifiques pour les femmes, droits desquels les hommes doivent également être écartés. Le parallélisme, toujours dans une perspective d’égalité, voudrait donc soit que les hommes disposent également de ces droits, soit qu’ils disposent eux aussi de droits spécifiques.

    [Perso, je ne me suis jamais senti pigeon ou dindon d’être féministe. C’est l’égalité homme/femme qu’on vise et on l’aura. Vive la femme libre, point barre. – Ysengrimus]

    • Sébastien le Goff said

      Et bien j’en suis heureux pour vous. En revanche, je ne pense pas que l’on puisse nier que le féminisme sert d’alibi à certaines femmes pour maquiller leur opportunisme et pour décrédibiliser celui des hommes. Je suis tout à fait de votre avis concernant la femme libre. En revanche, je trouve de plus en plus agaçant de me faire donner des leçons de féminisme, par des femmes qui, à défaut d’avouer un égoïsme qui peut être ou ne pas être légitime, sont addictes aux stéréotypes de genre. Je veut m’adresser à mon égal, et non à de pseudo guerrièrosses urbaines jouant sur la scène médiatique de revendications et de fuites.

      Par ailleurs, le discours féminisme, tel qu’on le retrouve généralement dans la société, consiste souvent à contourner les questions techniques au profit d’un débat ésotérique et obscurantiste sur des illégalités réelles ou fictives. J’aime les hommes et les femmes libres, et qui se veulent comme tel, et non ceux qui me disent tantôt de me taire au nom de respect de leur liberté, et qui tantôt me culpabilise par l’exhibition de leur chaîne, de fer ou de broc, pour me rappeler à une tare supposée originelle, celle d’être né affublé d’un pénis. Ce n’est peut être probablement pas le féminisme tel que vous le concevez, mais c’est le féminisme quotidien, représenté dans les médias, celui qui est présent dans les esprits. Je ne suis pas confronté dans ma vie au féminisme universitaire.

      Le féminisme que je côtoie c’est celui qui lorsque les femmes s’accaparent les pires codes machistes, ceux que n’assumerai pas 80% des hommes, trouvent que les homme qui s’en choquent sont des machos qui ont peur de la femme libérée. Le féminisme que je côtoie trouve honteusement macho tous l’humour grivois masculin. Le féminisme que je côtoie trouve les hommes trop macho mais pas assez virils.

      D’ailleurs, lorsque le féministe de droite défend des causses réactionnaires ou fallacieuses, où est le féminisme de gauche? Lorsque le féminisme de gauche défend des causes progressistes, où est le féminisme de droite? Je suis d’accord avec le fait qu’il existe plusieurs féminisme, mais il est temps que le féminisme assume ses contradictions, parce que pour l’instant le féminisme de gauche pêche par défaut et par silence.

      [Parlons, donc… Et ce que je vous dis ici, d’un porte-bite à l’autre et en toute sérénité, c’est: attention à la dérive masculiniste qui nous guette tous et tous au coin de la rue boueuse de nos agacements divers. Je dis non au féminisme de droite pas parce qu’il est un féminisme mais bien parce qu’il est de droite et que la patronne est autant un patron que le patron est une patronne – Ysengrimus]

      • Sébastien le Goff said

        Tout d’abord merci de votre réponse. Je n’ai pas votre bagage intellectuel, et l’occasion d’avoir un échange avec quelqu’un qui a votre parcours est pour moi une occasion rare. Par contre, je ne partage pas nécessairement cette défiance vis-à-vis des masculinistes, enfin je la nuancerai. J’ai parcouru certains de leurs écrits, et effectivement cela n’est guère glorieux. Toutefois, j’ai aussi le sentiment qu’ils ont surtout les arguments et les méthodes extrémistes de ceux qui sont acculés. Je suis issu d’un milieu plus ou moins cultivé, mais pas vraiment populaire, de cette classe moyenne confortable de province, de parents de gauche avec des méthodes de droite. D’où une césure, et un conflit. J’avoue mes conflits et vicissitudes affectives, mais je refuse qu’on m’y résume. J’ai quitté ce milieu, et me suis retrouvé parmi ces gens que l’on qualifie de populaires, ceux que l’on excite parfois à coups d’arguments simplistes et sensationnels. Les pauvres ne sont pas plus bêtes que les autres, ils choisissent les chemins les plus courts pour parvenir aux destinations qui leur semblent disponibles Je crois que l’on peut appliquer au machisme, certains raisonnement du racisme.

        Ma candeur, et ma virginité face au racisme, ont fait que j’ai souvent été choqué par les propos racistes et xénophobes que j’entendais fréquemment dans mon milieu d’adoption. Il y a un film qui illustre très bien cette situation, La Crise où un pauvre type de cité vivant des minimas sociaux se retrouve chez un député qui pourrait très bien être de la gauche caviar. Ce brave type explique au député de manière tout à fait décomplexée qu’il est raciste, qu’il n’aime pas les arabes car ils piquent le travail aux français, et qu’on leur donne tous les logements sociaux. Le député est choqué, mal à l’aise, et tente de convaincre son interlocuteur. À la fin de l’histoire, on se rend compte que cet habitant des cités a pour mère une femme arabe, que ses potes sont arabes, et qu’il a un racisme très sélectif puisqu’il est raciste sauf en ce qui concerne sa famille, ses potes, et les occupants de tel ou tel immeuble. C’est à ce moment que l’on se demande qui est finalement le moins tolérants, celui qui affirme son racisme franchement et naïvement et qui partage le sort des immigrés, où celui qui vit protégé dans sa grande et belle demeure. Le système de l’immigration, tel qu’il est conçu, ajoute souvent de la misère à la misère, et c’est les miséreux qui en portent la charge. Ces gens ne rêvent plus du grand soir, ils voient qu’ils doivent partager avec les immigrés, et ces immigrés ,en position de faiblesse, sont des cibles plus abordables que les grandes fortunes. On a traité ces gens avec mépris et condescendance avec un anti-racisme naïf, faute d’être capable de leur proposer une solution (peut être que l’envie en manque tout simplement). Pour se dédouaner de notre impuissance, on a cherché à les culpabiliser. Ils se sont radicalisés. Désormais, en France, le racisme est totalement décomplexé dans ces milieu. Il ne se passe pas un jour où j’entende des propos généralistes à l’égard des arabes et des africains.

        Le féminisme ordinaire participe à un mouvement similaire, « c’est la faute des hommes ». J’ai parfois des frissons lorsque j’entend des femmes s’exprimer avec ce côté revanchard: «Désormais c’est nous qui avons le pouvoir!» me disait une femme avec qui je travaillais sur une chaine de production pour le même salaire merdique, dans les mêmes conditions merdiques de travail.

        Et puis je me trouve con parfois d’aimer ces femmes libres, de préférence intelligentes et cultivées parce que moi aussi je suis parfois un crétin de pauvre et je ne suis pas sûr que ce snobisme intellectuel soit dans mes moyens. Regardez moi ce gros con de macho, incontinent et inconséquent, elles frétillent devant lui, lui trouverons des excuses, elles chercherons à composer avec lui, puisqu’il ne cherchera pas lui à composer avec elles. Il ne cherchera pas à les comprendre, c’est donc elles qui en auront la charge. On a besoin d’un nègre lorsque l’on soit même le nègre de quelqu’un. «On a toujours besoin d’un plus petit que soit». A quoi va me servir une femme indépendante si elle choisie elle même sa voie, et que lorsque l’on est pauvre on n’a pas les moyens de construire deux routes. Il faut que l’on construise ensemble une même route, qu’on décide ensemble de cette route, mais on nous dit qu’elle doit être libre et que lui est un macho potentiel. Oui je me dis souvent que j’ai trop de scrupules, mais on nous juge. Lorsque c’est moi qui décide je suis un macho et elle une victime, lorsqu’elle décide elle est libre et moi un faible. Il n’y pas de place pour le parallélisme en bas, enfin c’est ce que l’on nous dit, c’est ce que l’on croit, et on ne décrète pas tout seul l’égalité, on ne prêche pas l’égalité dans le désert.

        Tous les jours, les classes hautes condamnent le machisme ambiant, même les machistes s’y mettent, surtout les machistes, ça ne coûte rien et ca rapporte. On nous dit que la femme est l’avenir de l’homme, on nous proclame la fin de l’homme, la supériorité de la femme. On nous refait l’histoire. Sous prétexte de rétablir la vérité sur la place des femmes dans la résistance, on nous présente des femmes toutes intrépides et lumineuses entourées d’hommes tous aussi pleutres que lâches. On ne nous parle plus que des droits de la femme dans ces pays où règne des dictatures. Les hommes sont coupables, jamais victimes, à croire qu’ils bandent devant ces régimes totalitaires qui leur cogne dessus, la matraque devient l’allégorie du phallus, ou l’inverse. Donc si je crois que les masculinistes ont tort, leurs torts sont les mêmes que ceux d’un certain féminisme, d’un féminisme qui n’est pas celui auquel j’ai souscrit.

        J’ai bien compris que vous ne faites pas la promotion du féminisme que je conteste, mais je ne pense pas que vous soyez représentatif du féminisme. Et je vous remercie très sincèrement d’apporter des éléments de complexité dans un discours ambiant qui en manque cruellement.

  14. La Gaïagénaire said

    http://www.ledevoir.com/culture/theatre/321468/affaire-bertrand-cantat-wajdi-mouawad-critique-l-opportunisme-politique

    Vous utilisez le terme crypto-misogyne. L’extrait qui suit correspondrait-il aussi à cette définition: La Théogonie d’Hésiode

    http://zeus.montki.com/Assets/theogonie.htm

    « Il faut dire que tous ceux qui naquirent de la Terre et du Ciel
    étaient les plus terribles des enfants et portaient le fardeau de la haine de leur géniteur 155
    depuis le commencement. Sitôt que l’un d’eux naissait,
    tous autant qu’ils étaient, il les cachait —leur fermant tout chemin vers le jour—
    dans les replis de la Terre. Et en plus, il se réjouissait de son œuvre mauvaise,
    le Ciel ! Mais elle, en ses entrailles, elle gémissait, l’énorme Terre,
    qui devenait trop étroite, oppressée —et rusé, mauvais, fut le savoir-faire dont elle eut la pensée. 160
    Créant, en un instant, la race de l’indomptable gris ,
    elle forgea une grande faucille et fit part de sa pensée à ses enfants.
    Elle leur dit, cherchant à leur donner courage —la colère la tourmentait :
    « Ô mes enfants —les miens, mais aussi ceux d’un père d’une présomption folle—, si vous le voulez bien,
    laissez-vous persuader ; peut-être qu’à ce père nous pourrions faire payer ces sévices mauvais, 165
    bien qu’il soit votre père : c’est lui qui, le premier, a eu l’idée d’œuvrer en toute malséance. »
    Ainsi parla-t-elle ; et les autres furent tous sais de peur. Pas un d’entre eux
    ne souffla mot. Enfin, prenant courage, le grand Cronos aux idées retorses
    trouva soudain quel langage tenir en réplique à sa noble mère :
    « Ô mère, pour ma part, peut-être que ce que tu dis —oui je m’y engage— je pourrais l’accomplir, 170
    cette œuvre-là. Car d’un père qui porte si mal ce nom, je ne me soucie pas,
    bien qu’il soit notre père : c’est lui qui le premier, a eu l’idée d’œuvrer en toute malséance. »
    Ainsi parla-t-il à la grande joie de l’énorme Terre.
    Elle le posta —le cacha— en embuscade, elle lui mit en main
    la serpe aux dents aiguës et en tête, sournoisement la ruse entière. 175
    Il s’en vint, amenant la nuit, le grand Ciel ; autour de la Terre,
    dans son désir de bonne entente, il se répandit et s’allongea
    entièrement. Mais l’autre, de son embuscade —son fils— tendit la main,
    la main gauche : de la droite, il saisit l’énorme serpe,
    la grande serpe aux dents aiguës, et, du sexe de son propre père, 180
    avec élan, il fit moisson, avant de le rejeter, d’un geste inverse, pour qu’il fût emporté au loin,
    derrière lui. Certes, ce ne fut pas sans effet que la chose s’enfuit de sa main.
    Car toutes les éclaboussures qui, d’un élan jaillirent mêlés de sang,
    la Terre les reçut : toutes. Et au long de la ronde des années,
    elle donna naissance aux Érinyes puissantes et aux grands Géants, 185
    resplendissants sous leur armure, de longues javelines en main,
    et aux Nymphes que l’on nomme Méliennes, Nymphes des Frênes , sur la Terre sans borne.
    Quant au sexe, sitôt qu’il l’eut tranché d’un coup du métal indomptable
    et lancé, loin de la terre ferme, dans le flot marin qui baigne tant de choses,
    il était emporté au large, et cela dura longtemps. À l’entour, une blanche 190
    écume sourdait de la chair immortelle ; et en elle une fille
    prit corps. En premier lieu, ce fut de la divine Cythère
    qu’elle s’approcha ; de là ensuite, elle parvint à Chypre au milieu des flots.
    Puis elle sortit de l’eau, la belle déesse vénérée —et à l’entour l’herbe,
    sous ses pieds vifs grandissait. —Celle-là c’est Aphrodite, 195
    [déesse née de l’aphros, de l’écume, et encore : Cythérée à la belle couronne.]
    Voilà comment l’appellent Dieux et hommes parce que c’est dans l’écume, l’aphros, qu’elle prit corps ; ou encore Cythérée, parce qu’elle toucha à Cythère,
    Cyprogénée, parce qu’elle naquit à Chypre baignée des flots.
    et encore Philommédée, Amie du sexe , parce que c’est du sexe qu’elle sortit pour faire son apparition. 200
    Elle eut Amour pour compagnon et le beau désir à sa suite,
    dès sa naissance, dès le premier moment où elle partait rejoindre la tribu des dieux.
    Et voici ce que, depuis le commencement, elle possède comme honneur qui lui reviennent,
    la part qu’elle reçut du sort parmi les humains et parmi les dieux immortels :
    tendres entretiens virginaux, sourires et duperies complètes, 205
    plaisir suave, bonne entente et douceur apaisante.

    voilà celles qui, couchées aux côtés d’hommes mortels,
    immortelles, mirent au monde des enfants pareils aux dieux. 1020

    Et maintenant chantez la tribu des femmes —ô Muses aux douces paroles,
    Muses Olympiennes filles de Zeus porte-égide…]
    ________________________________________________________________
    Est-ce la crypto-androgynie qui a été mise en place par les romains et les chrétiens?

  15. Merci,

    pour cette analyse plus originale qu’à l’habitude. Oui, en effet, le féminisme prend un nouveau virage…

    http://affairesfamiliales.wordpress.com/2012/01/17/reponse-dun-homme-au-feminisme-lache/

    [Je ne partage pas les valeurs véhiculées dans le site mis ici en lien. Je suis féministe et m’en prend exclusivement à la droitisation du féminisme, sa récupération mainstream et conservatrice – Ysengrimus]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s