Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Les révolutions du futur ne seront pas marxistes

Posted by Ysengrimus sur 9 mai 2008

revolution

La « faillite » de l’activité révolutionnaire n’est pas une exclusivité millénariste

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Révolution, oui, encore et toujours. La première erreur à ne pas commettre à son sujet c’est de penser que la «faillite» de l’activité révolutionnaire est une exclusivité millénariste. La génération du philosophe et économiste Karl Marx (1818-1883) a vécu dans sa chair et son âme le reflux de la grande euro-révolution de 1848 sous la forme de la spectaculaire et brutale remontée de la réaction de 1850-1852. La Commune de Paris (1870-1871), grand espoir révolutionnaire du dix-neuvième siècle s’il en fut, s’est enlisée dans le bourbier sanglant de la germanophilie versaillaise. On peut aussi citer la massive poussée du ci-devant social-chauvinisme qui précéda l’incroyable boucherie de 1914-1918. République de Weimar, Russie des Soviets, Chine, Kampuchea démocratique, Iran (la première grande révolution historique post-marxiste). La «liste de faillite» des phases révolutionnaires serait tout simplement trop longue à énumérer. Donc, essayons de ne pas hypertrophier la conjoncture présente sous prétexte qu’elle s’impose à nous, plutôt qu’à nos aïeux. Voyons le tableau comme une série de poussées dans la vaste crise du capitalisme industriel mondial. Il n’y a pas de grand soir. On a plutôt affaire à un ample mouvement par phases, qui nous dépasse comme individus, comme c’est inévitablement le cas pour tout développement historique.

Avant de commenter sur ce qu’il faut espérer des révolutions à venir, un mot sur notre attitude politique ordinaire face à l’héritage «marxiste» toujours en ardente liquidation. Il y a quand même un vice de raisonnement dans notre approche… de la figure historique bannie de Karl Marx. On tend très candidement à imputer à Marx rien de moins que la capacité de faire naître des espoirs de changements sociaux en dictant littéralement ce que sera le déploiement des événements. Une part importante de notre siècle investit encore Marx en démiurge du développement historique selon la doctrine du «Qui sait, peut». Or, même un génie, un Hegel, un Mozart, un Shakespeare ne peut, ne pourra jamais, commander les forces de l’Histoire. Elles sont objectives, collectives, titanesques. Foudroyés dans nos espoirs par le caractère terriblement implacable de cette erreur de fond (de notre fond de liquidation…), on passe alors à la phase suivante, toujours aussi clairement. On érige d’office Marx en thaumaturge qui a raté, qui a serré le tsarevich contre son sein mais n’a pu lui éviter la mort. Démiurge, thaumaturge, voilà une phantasmagorie bien irrationnelle que l’on perpétue à propos des meneurs révolutionnaires et des figures politiques en général, de Marx en particulier. Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ne nous faisons pas une image très «marxiste» de Marx et de ses semblables. Nous sommes en cela de fort conséquents anarchistes. En effet, l’Anarchisme, au plan théorique, hypertrophie l’individu, ici, le Sujet, le Meneur, le Chef. Or, comme ce démiurge imaginaire a failli, comme ce thaumaturge de fantaisie a raté, nous exprimons alors notre déception, comme le parterre, privé de la chute de la comédie, le soir de la mort de Molière. Par là, nous canalisons cette cuisante douleur qui est celle des éléments sociaux progressistes, subversifs, remuants, tenus en laisse. Marx et les contemporains qui partageaient ses vues ont fait tout ce qui était humainement possible pour la chute du capitalisme, et la révolution mondiale, quand on est simplement une individualité. Ils auraient vécu dix vies, ils l’auraient refait dix fois. Mais Marx n’est rien à l’Histoire. Les reproches que lui font notre époque ne sont pas illégitimes, mais ils sont théoriquement erronés. Ni Karl Marx ni personne ne peut vous produire la révolution, parce que la révolution ne se décide pas subjectivement chez l’individu. Elle éclate objectivement dans les masses, quand les conditions sont en place. Et les progrès qu’elle entraîne émergent par bonds, ce qui n’exclut en rien les interminables phases, d’ailleurs non-cycliques, de reflux… Au regard de l’Histoire, absolument aucune révolution ne fut une «erreur». Simplement, elles subirent toutes un type ou un autre de régression.

Arrivons-en maintenant au coeur de la durable question révolutionnaire. Que faire? Qu’espérer? Comment abattre cet incroyable ploutocratisme qui réunit le budget d’états entiers dans les mains de quelques nababs? Si, conséquents dans nos pulsions velléitaires, nous posons la question à l’échelle de nos vies individuelles, cela n’ira pas bien loin. Le capitalisme émerge au coeur de la société féodale aux environs de 1200. Nous sommes maintenant en 2010. Croyez-vous vraiment qu’il lui reste un autre 800 ans d’existence? Moi pas. Je dis: 70, 100, tout au plus. Maintenant comment contre-attaquer? Eh bien, je vais répondre à la Marx, et non à la facon de ces enfleurs d’individus que furent jadis les suppôts de Bakounine. Une recherche volontariste et spéculative ne nous mènera qu’au désespoir. Il faut partir de la contre-attaque qui est déjà objectivement en action au sein du mouvement historique lui-même, observable, sinon observée. La réponse que nous inspire toujours Marx est donc que, quoi qu’on en dise, les forces destructrices du capitalisme se développent aussi prodigieusement. Les masses sont plus instruites, plus informées, plus méfiantes à l’égard de la propagande des grands, plus aptes à échanger leurs vues mondialement. Les femmes, les peuples non-occidentaux, même les enfants, détiennent en notre temps un statut et une audience historiquement inégalés. Le monde s’unifie. Le caractère collectif de la production s’intensifie. La baisse tendancielle du taux de profit continue, s’accélère. Le grand capital, d’allure si hussarde, est en fait aux abois. Mettons-nous un peu à sa place! Malgré le fait qu’il est, en ce moment, le seul joueur sur le terrain, il accumule les bévues, les crimes, les malversations à grande échelle, les milliards de créances douteuses, les guerres sectorielles absurdes, les plans sociaux FMI irréalisables. Il jette des états entiers dans le marasme. Il spolie de facto sa propre prospérité. Car le capitalisme n’a plus d’ennemi subjectif contre lequel il peut mobiliser les masses. Plus d’«alternative», plus d’ «état socialiste». Les «terroristes» qu’il se fabrique en vase clos ne tiennent pas la route historique. Le capitalisme ne peut tout simplement plus affecter de lutter contre quelque hydre imaginaire. La catastrophe actuelle, c’est son produit intégral. Le seul vrai ennemi qu’il reste au capitalisme, c’est son ennemi objectif: lui-même, dans son propre autodéploiement. Maintenant, prenons ces masses instruites, éclairées, organisées. Ces masses dont on ne peut plus faire de la chair à canon pour guerre mondiale. Ces masses cyniques, réalistes, dévoyées, qui méprisent copieusement leur employeur, leur maire, leur président, et la totalité des institutions de la société civile à un degré inouï, jamais atteint dans l’histoire moderne. Prenons ces masses rendues sans foi et sans pitié, sans naïveté et sans espoir, par la logique même qui émane des conditions nivelantes de l’économie marchande. Faisons-leur alors subir un effondrement économique planétaire. Un Krash de 1929 à la puissance mille, comme celui qui percole en ce moment. Elles vont s’organiser dans la direction révolutionnaire en un temps, ma foi, très bref, même à l’échelle historique, ces masses planétaires nouvelles…

Maintenant, la seule chose que l’on peut dire avec certitude de ces révolutions de l’avenir, c’est qu’elle ne seront pas «marxistes». Le marxisme, comme cadre révolutionnaire, a vécu. Il ne sortira pas plus du vingtième siècle, que la pauvre petite personne de Marx ne sortit du dix-neuvième. Et c’est justement parce que les révolutions de l’avenir ne seront pas marxistes, qu’elles… le seront plus profondément que jamais dans l’Histoire…

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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9 Réponses vers “Les révolutions du futur ne seront pas marxistes”

  1. Romu said

    Bonne analyse de la situation! Il ya un livre qui vous intéressera sûrement si vous ne l’avez pas lu: Altermarxisme de G. Dumenil et J. Bidet. C’est un ouvrage qui en arrive au final à une conclusion similaire; que l’effondrement du capitalisme viendra de lui même, une implosion par les mouvements sociaux résultants des externalités du capitalisme!

    Enfin, espérons le!

  2. berdepas said

    Depuis l’apparition du Marxisme, et de ses multiples dévoiements, on n’a cessé de prévoir que le « Capitalisme s’autodétruirait ».Le capitalisme qui s’est avéré comme le système économique le plus apte à préserver la démocratie parlementaire,secrète naturellement les antidotes à sa disparition du fait de sa capacité à se réformer et à « autocorriger  » ses excès, contrairement à la « dictature du prolétariat » qui se présente derrière le masque de la « démocratie populaire »,qui dans sa logique implacable va jusqu’au bout de ses excés et a montré au cours des décades passées sa capacité d’autodestruction……

    • Veig said

      « Le capitalisme qui s’est avéré comme le système économique le plus apte à préserver la démocratie parlementaire »…

      Hem…

      Allez expliquer ça aux réfugiés chiliens et argentins des années 70. Mieux, allez expliquer ça aux dissidents chinois, qui bénéficient donc, si l’on en croit votre théorie, de la plus belle démocratie du monde en RPC…

  3. Bru-Dr said

    Marx n’étant pas lui-même selon lui-même un marxiste, il est clair que l’illusion que les révolutions aient pu être marxistes était une illusion religieuse contraire au rationalisme (religion laïcisée). Cela étant, cet article ne nous dit pas encore vraiment qui est le sujet historique, même s’il en trace les contours. Ces contours sont malgré tout de classe en soi, et il faudra bien, si révolution il y a, qu’elles deviennent des classes pour soi …ce qui nous ramènera à Marx d’une certaine façon, plus « prophétique » sans doute mais moins religieuse. En tout cas plus rationnelle. ???
    Bruno

  4. ysengrimus said

    J’appouve tout souci de dé-religiosiser la vie civile. Marx, un « prophète », vous avez parfaitement raison: la barbe.

  5. Dominique Garand said

    Très intéressant! Le seul problème avec les révolutions est qu’elles ne profitent pas à ceux qui les font, toujours soumis à de nouveaux maîtres. Mais, comme tu le signales, les mécontents d’aujourd’hui sont instruits et possèdent une solide conscience politique.

  6. Robert Bibeau said

    @ Ysengrimus

    Un texte magistral – Bravo – limpide – qui met le doigt sur la contradiction principale – le mode de production capitaliste (que Marx a simplement décrit efficacement et donc démystifié et c’est cela son grand mérite) a fait son temps – il a livré les forces productives – les moyens de production et les rapports sociaux de production requis pour et par l’époque historique.

    Ce mode de production a fait son temps et il est aujourd’hui décadent et les masses prolétariennes ont missions (même s’ils sont peu nombreux à le savoir) de l’éradiquer pour en construire un nouveau.

    J’ajoute à la merveilleuse synthèse que tu présentes le point suivant: Toutes les révolutions marxistes qui ont précédés la révolution prolétarienne à venir ont été des essais – des test – des épreuves de l’histoire tentant d’ébranler le carcan des rapports sociaux de production capitaliste inadéquat.

    Tant que les forces productives et les moyens de production capitalistes n’étaient pas développés à maturité – comme ils le sont aujourd’hui – l’histoire irrépressible ne pouvait accoucher que de Révolutions marxistes ou bourgeoises comme tu le décris si bien. Aujourd’hui les rapports sociaux capitalistes pleinement développés imposent une révolution prolétarienne (du nom de la classe émancipatrice de toute l’humanité).

    Nous avons aimé le marxisme et nous respectons Marx, un être humain génial qui a marqué et qui a fait son temps… Place au prolétariat.

    Merci Ysengrimus pour cet excellent texte.

    Robert Bibeau

  7. Sam said

    Excellent billet Ysengrimus…! Votre billet est la preuve éclatante que le Marxisme est utilisé aujourd’hui par toutes sortes de régimes véreux et leurs réseaux de taupes et rats de gouttières intellectuels qui foisonnent en occident et partout ailleurs pour nous faire croire que Poutine est l’héritier de Marx! 🙂 ou son liquidateur testamentaire, ou son disciple ou que le grand banditisme, le racket international et le crime de masses qu’il poursuit comme mode de gouvernance et géostratégie sont en phase avec les idées de Marx!!! N’importe quoi!!! Ou encore pire, que le régime Iranien et celui de Assad ou le Hezbollah sont aligné avec de quelconques idées du marxisme alors qu’ils représentent le pire cauchemar d’un type comme Karl Marx et les pires criminels avec Poutine de leurs propres peuples et des plus fervents marxistes purs et durs même en Russie!

    Si toute révolution est forcement marxiste dans son essence et sa définition ou des facteurs qui la déclenchent, il reste que l’immense écran de fumée déployé par les agents de Poutine et leurs disciples en occident ont pour but et intention claire de faire croire qu’ils représentent l’idéal marxiste ou socialiste et essaient donc cette foireuse recette pour «soulever» les peuples… alors que c’est pour cette même raison que cela ne fonctionne pas! C’est à cause de toute cette fausse mobilisation, et cette fragmentation des radicaux nourris à l’intox et les intérêts géostratégiques de Poutine qui font qu’ils errent tantôt avec l’extrême gauche, tantôt avec l’extrême droite, ou pire, ils radotent dans leurs coins et prônent des discours qu’ils se font sur mesure sur la base de leur ignorance et fantasmes en révolutionnaires de pacotille ou apocalyptiques en tous genre!

    La révolution à laquelle vous faites allusion Ysengrimus est un processus bien plus rigoureux et attaché aux bases solides de l’histoire et de la société et qui se déclenche sans qu’aucun charlatan puisse exercer le moindre contrôle dessus ou sur ceux qui la font! Ces fantasmes à la con de révolution «cuisinée» dans les labos idéologiques de ceux qui ont vendu leur âme aux oligarques de Russie et leurs régimes tiers-mondistes qui leur servent de sous-fifres, ne peuvent aboutir qu’à des crimes, des génocides du peuple, et des guerres et haines dévastatrices comme celles qu’on voit au moyen-orient! Pendant qu’on se chamaille avec des mots sans risquer sa peau en occident, mais on veut bien voir les tiers-mondistes s’entretuer pour nos «idéaux» et nos «causes sacrées» en tant que spectateurs bien au chaud dans le ptit confort occidental… comme ces faux culs qui défendent Assad ou les Ayatollahs depuis la suisse et les états-unis sans jamais vouloir admettre ce que ces régimes représentent pour leurs populations!

    Il y en a marre franchement de toute cette merde de fausse gauche, de fausse extrême gauche, de tous ces hurluberlus qui cogitent leurs haines dans leur ptits coin et croient que c’est en supportant la politique de Poutine le criminel que «l’on créera les conditions d’une révolution mondiale»! De fichus faux «marxisants» à la con qui ne tiennent ni de Marx ni d’une quelconque philosophie rigoureuse et sérieuse et qui palabrent à longueur de journée et accusent «l’Occident» autrement dit leur propres patries et gouvernements pour se donner bonne conscience en fait et ça s’arrête là!

    Les gens qui respectent Marx et comprennent ses idées sont à mille lieux de ces fouteurs de zizanie qui encouragent le despotisme et la dictature dans le tiers monde tout en veillant à leur ptit confort et liberté d’expression là ou ils se planquent en occident!

    Merci encore pour ce billet Ysengrimus, mais il fallait que je la sorte celle-là et c’est fait… (J’aurais voulu que ce soit plus réfléchi et que je prenne le temps de mieux le formuler mais en fait je n’ai plus la patience devant tous ces charlatans, c’est comme si vous vous faites approcher par un escroc que tout le monde connait, sauf que lui il se croit plus malin, et ils essaie de vous vendre la vertu)! 🙂

    Tout compte fait, et afin de tenter d’expliquer cette grave dérive de toute cette gauche occidentale dans les bras de l’oligarchie russe, je crois qu’on a jamais voulu tourner la page ou croire à l’éclatement de l’ex-URSS et sa tombée dans les bras de cette oligarchie mafieuse qui a pris la relève! À la base, le régime soviétique était déjà en déconfiture dans les années 1970! Lorsque les plus fervents communistes de l’hémisphère continuaient de lui faire cadeau de leur allégeance depuis Castro et Mao dix ou quinze ans ans auparavant, en passant par les non alignés au lendemain de leurs indépendances des années 1960, et tous les pays satellites de Moscou hérités de Yalta, tous en réalité comptaient sur sa persuasion et riposte nucléaire, sur son «rétablissement de l’équilibre», et n’hésitaient pas donc de lui accorder une sorte d’allégeance et d’hommage comme mère patrie du «modèle socialiste» ou communiste… pendant que elle, nageait déjà dans la corruption et la déroute idéologique, et n’avait rien d’autre à leur offrir en retour, sauf son armement et sa ferraille, qui ne servit pratiquement que pour réprimer les peuples ou les monter les uns contre les autres! En réalité les deux blocs Est et Ouest recrutaient à tour de bras et avec la plus cynique des politiques et des propagandes depuis les années 1960, et tous les deux ont largement polarisé et surtout monopolisé le discours politique dans le monde, n’offrant aucune alternative à quiconque, on est soit avec l’un ou avec l’autre, et si on bascule de l’un on tombe chez l’autre! Or ces deux doctrines ont commencé à s’effriter sérieusement depuis les années 1980, et encore plus à la chute du mur… sauf que… à certains endroits, bien embourbé dans la merde et les résidus de la guerre froide, comme le monde Arabe ou l’Afrique, les sous-développés qu’ils sont ont continué à faire allégeance aveugle à un camps ou à l’autre, forcément… pour des enjeux de politique intérieure cette fois et de maintien du pouvoir entre les mains des mafias qui se soient enrichies et renforcé et anoblies en prêtant allégeance à un camps ou un autre et prétendant être soit avec le camps qui défend «la liberté et le liberalisme» ou celui qui se dit «patrie du socialisme» qui défend les opprimés! alors que ni les uns, ni les autres dans ces contrées n’avaient d’autres buts que siphonner les caisses, garder le peuple sous sédatif, et sous bonne garde policière!

    Je crois qu’on ne réalise pas encore que Vladimir Poutine justement à tiré sa popularité, légitimité et une bonne part de sa «baraka» grâce à tous ces régimes tiers-mondistes corrompus qui au lendemain de la chute de Yeltsine, eux se sont réjouis de voir Poutine prendre les rennes de la Russie, un type qui leur ressemble en réalité, un flic inculte et vorace qui adore le fric et la brutalité en affectionnant les discours vieux jeu à saveur socialiste et anti-impérialiste en apparence, le type qui n’a pas hésité à jouer un rôle de premier plan dans l’ex-Yougoslavie en aggravant le conflit, le type qui a mis la Tchéchénie à feu et à sang et toutes les républiques russes qui ont osé croire à une indépendance de la Russie, et le type qui leur promettait de renforcer les programmes militaires pour leur offrir des armes pour pas cher et redoutables afin de les utiliser contre leur propres rivaux politiques et fermer le clapet au peuple! Poutine partage en réalité avec ces régimes une vérité encore plus choquante: leur doctrine fasciste et anti ou contre-révolutionnaire!!! Architecte de l’état policier le plus brutal par excellence, sa doctrine les séduit du premier coup, et il n’a aucun mal à l’exporter ou les assister pour se maintenir en place tant qu’il peut quoi… car lui comme eux savent que lorsque ce sont les occidentaux qui décident de déboulonner un régime quelconque, lui lèvera la main et les abandonnera à leur sort comme il a fait avec Saddam, Kadhafi, les Africains, les Serbes etc… mais si c’est les peuples «vous inquiétez pas, on se charge de vous aider à liquider le peuple… c’est un jeu d’enfants pour nous»!

    Et donc tout bêtement, et faute d’alternative, on a continué à croire dans cette gauche occidentale et décrété avec l’ensemble des régimes tiers-mondistes faisant allégeance à Moscou que Poutine est naturellement la continuité de la Russie communiste, socialiste, marxiste-léniniste etc… alors qu’on sait qu’il n’en est rien! Et qu’on ferme les yeux ou on cherche désespérément une issue «socialiste ou marxisante» dans cette posture d’une Russie pugnace. militariste, prête au pire et «défendant les causes justes encore »!!!!

    le moins drôle dans tout ça est que toute cette extrême gauche et même extrême droite occidentale, et ses très nombreux comptoirs sur Internet ou politiques ayant pignon sur rue, ses médias alternatifs très nombreux et nébuleux souvent, n’ont pas le moindre impact sur la politique réelle tel qu’elle se déroule sur le terrain, ils n’ont aucun pouvoir discrétionnaire ou autre pour influer sur les politiques ou sur le cours de l’histoire, il s’agit tout au plus de palabres infinies, de discours, de dissertations et autres affichages d’intentions qui ne représentent que dalle dans la réalité et encore moins sur le plan politique, sauf peut-être de bénéficier à la montée de l’extrême droite cette fois, et contribuer à sa visibilité à travers le discours refuznik de cette gauche!!!! Et c’est d’ailleurs pourquoi, je ne m’énerve plus à la lecture des plumitifs de Poutine, car ils ne représentent que dalle en réalité, et ils ne font qu’exhiber leur culs, leur plumes (d’oiseaux), et leur «style» d’écrivains et d’intellos ou revendiquant ce titre pour leur propre petit ego bien entretenu dans toutes ces histoires… 🙂 pendant que les peuples se font égorger vivants avec leur femmes, leur vieux et leurs bébés par des régimes qu’on qualifie ici de «marxisant», ou socialiste, ou résistant ou chez pas quoi, tout en exhibant son cul dans la galerie… et quand vient le moment de retourner à ses vieilles pantoufles de péteux, son p’tit verre de vin et son ptit carré de fromage, on ferme internet, on oublie ses épopées… donquichottesques du marxisme et on se met un bon ptit film sympa avant de s’engouffrer dans son lit… heureux et pétant un ptit coup pour bien revendiquer le confort du combattant bien mérité … 🙂 Bref, tout ceci est pour une bonne part une histoire d’intellect et de beaux causeurs qui reste loin des réalités du terrain, celui du tiers monde et ses problèmes infinis… et il serait probablement temps de réveiller toute cette gauche péteuse et la faire sortir de sa bulle… si elle veut vraiment contribuer à faire quoique ce soit d’utile dans sa vie comme elle prétend!

    Et pour ce qui est des révolutions, encore là, il ne s’agit pas de les revendiquer ou se les approprier, car elle appartiennent à tous ceux qui la font dans un objectif précis et pas si étendu que ce qu’on passe notre vie à croire qu’elles feront ou transformeront le monde, la révolution se fait souvent pour une seule idée et elle se déclenche lorsque les conditions que personne ne contrôle ou connait sont réunies! Et la révolution n’est que le début du défi et de la transformation à venir, on peut prendre le printemps arabe comme exemple, le processus déclenché en 2011, n’en est encore qu’à ses débuts, et malgré l’interférence de Washington ou de Moscou, on est encore loin de pouvoir juger des transformations dans le monde Arabe, la seule chose qui soit certaine, c’est que ces changements sont permanents, se succèdent, sont profonds, rapides et déboucheront forcément sur un monde arabe totalement transformé et pas toujours comme certains espèrent ou appréhendent ou imaginent même!

  8. Sam said

    Pour ceux qui attendent «la révolution» en occident comme une rupture totale avec la réalité occidentale perçue encore aujourd’hui, je dis vous faites fausse route! Car la révolution tectonique est déjà en marche depuis la fin de la guerre froide, et elle n’est pas toujours celle qu’on croit! Cette révolution historique déjà en marche en occident englobe en effet aussi bien la société, que les centres de prises de décision politique, que la fronde populaire contre le système que d’autres phénomènes totalement nouveau affectant l’intégrité même de cet occident!

    Sur le plan démographique, l’occident a d’abord bien changé entre les années 50-80 et 90-2020! L’immigration massive, et sa capacité à combler le déficit occidental en nouveaux né et nouvelles générations est bel et bien là comme une réalité incontournable et colorée du nouvel occident! Et ce n’est qu’une question de temps avant de voir les nouvelles générations d’immigrants nés en occident qui ne soient pas tout à fait assimilés mais plutôt imposant leur genre et culture nouvelle et ayant largement conquis leurs pairs de générations de «blancs», atteindre presque une parité et une visibilité quasi généralisée dans les grands centres urbains en tous cas.

    Sur le plan social, faute de moyens et de priorités économiques, l’occident à cessé de protéger sa classe moyenne majoritaire jusqu’à il y a trente ans, et l’abandonner ou la livrer à elle même et à la compétition sociale! Ceci à eu pour effet de brasser les cartes et recommencer à zéro pour les classes sociales aussi bien moyennes qu’inférieures ou hier marginalisées! Dans le bon sens donc, on voit depuis les trente dernières années les enfants des classes inférieures et prolétaires ou sur la rente des allocations sociales faire un bon quantitatif et qualitatif et prendre leur revanche sociale si on veut, pendant que les classes moyennes hier supérieures ou ayant pris pour acquis leur avantages se retrouvent pour une bonne partie en perte de vitesse et de status social comme hier! L’éducation et la résilience des classes défavorisées ont fini par payer on dira, et en dépit des inégalités imposées par le modèle ultra libéral ou capitaliste, cette conquête et revendication des «pestiférés» d’hier de nouveaux status sociaux est d’ailleurs ce qui alimente la fronde des bourgeois et des intellos à la noix aussi bien à gauche qu’à droite!

    Sur le plan politique, l’occident a encore remis les clés et la plupart des décision aux grands décideurs économiques et symboles du capitalisme cette fois! Le système financier et les banques, les grandes entreprises et les instituts de statistiques et d’économie sont ceux qui prennent la majorité des décisions politiques! Une bureaucratie gigantesque travaille derrière pour «guider» ou aider les décideurs politiques de toutes couleurs à maintenir le bateau à flot et ne pas couler! Avec tout ce que cela implique comme injustices sociales et incohérences économiques, le système mis en place et qui inspire le reste du monde est pratiquement le même, et il évolue très vite aussi en s’adaptant aux réalités économiques en ayant la capacité d’anticiper les mesures pour chaque secteur de l’économie! Cette nouvelle donne est une révolution en soi dans le capitalisme même si rejetée ou résisté sans grande vigueur par des pans de population! C’est en effet ici que se situe le discours de gauche qui cherche à renverser cette tendance mais qui ne présente aucune alternative, ni n’agit réellement pour ce faire! Et c’est encore là que le constat de gel de ces initiatives se fait, et qu’une multitude de gens passe son temps à tergiverser sans pour autant ramener aucune alternative.

    Sur le plan des mœurs aussi bien politiques que autres, l’occident en mode «hybride» il y a trente ans, a du évoluer vers des formes encore plus insolites de mœurs politiques et sociales, désormais tout le monde couche avec tout le monde à gauche comme à droite, et même à l’extrême de celles-ci, et pas que dans le milieu des politiciens comme on aime croire, mais dans la société! et ce n’est pas qu’une question de capitalisme qui impose ses lois et ses règles, mais les occidentaux ne le réalisent pas tout à fait, ils ont atteint intellectuellement des plafonds et des niveaux si «avancés» pour dire explorer les possibilités et les limites de l’être humain au point qu’aujourd’hui on relativise toutes les formes d’expression et de mode de vie ou d’injustices aussi, on les banalise et on hausse les épaules que plus rien ne choque, ni n’émeut, ni ne surprend et c’est la conscience de soi même qui en est atteinte! Tout ceci bien entendu sur une vague sans précédent de scientisme, de philosophie matérialiste pure et dure, de déni total de la religion (justifié ou pas), mais en tous cas sur la base aussi d’une implosion sociale sans précédent qui affecte tout le monde sans distinction y compris les communautés immigrantes récentes avec leurs concitoyens blancs de souche!

    Alors si c’est pas une révolution tout ça… qu’on me dise c’est quoi?! Le discours pseudo-marxiste dans ces réalités est on ne peut plus décalé ou irréaliste même! Il relève d’une nostalgie intellectuelle presque (sans y croire moi même bien entendu)… mais, il est indéniable que la révolution espérée ou attendue par cette frange de gauche a toutes les chances pour ne jamais avoir lieu! Soyons rationnels et arrêtons d’utiliser la théorie d’il y a cent ans non pas marxiste en réalité mais pseudo-marxiste pour analyser ou comprendre cette nouvelle époque! Et bien que le prolétariat moderne existe bel et bien et constitue la majorité des travailleurs et des chômeurs aussi, il fait face cette fois, non pas au patronat uniquement, mais à ses compères qui soient pragmatiques et scolairement avancés qui ont largement légitimé le capitalisme nouvelle mouture et relégué même le patronat au rang d’entreprises et entrepreneurs en compétition constante dans l’espoir de perdurer! Il faut donc admettre aujourd’hui que ce qu’on appelle les «talents» dans le milieu professionnel, sont ceux qui font les règles ou les imposent à tout le monde y compris au patronat, aux gouvernements dont ils sont les technocrates en arrière scène, et les multinationales qui les paient des fortunes pour leur savoir faire ou leur capacités managériales!

    La compétition individuelle, sociale et du savoir est désormais le mot d’ordre dans le nouveau capitalisme, aussi injuste et discriminatoire que cela est en réalité, car ceux qui prennent les rennes aujourd’hui sont de brillants caméléons aux compétences avancées, et dont le flair et le nez pour les affaires et pour les opportunités est quasi imbattable! Et ils ne sont pas peu comme on peut croire ou imaginer, ils sont nombreux, et ils doivent probablement compter pour 30% de la population active d’un pays occidental, et qui soient en compétition pour l’ascension sociale et le status d’élites! Ce qui relègue le 70% de la population restante moins spécialisée, moins qualifiée, moins futée aussi, ou tout simplement disqualifiée et mise sur la touche, dont bon nombre d’entrepreneurs et d’entreprises hier fervents porte étendards du capitalisme, aujourd’hui qui ferment leurs portes aussi ou font faillite tous les jours, et pousser tout ce beau monde dans la précarité sociale sans pour autant se sentir solidaires ou égaux ou cultivant les mêmes aspirations sociales entre eux! Car disons-le encore, dans cette jungle moderne de population, il doit y avoir tout au plus 10% de gens qui considèrent l’égalité et les principes de parité sociale comme une priorité pour eux ou y travaillent ou actent dans ce sens!

    Au final, ce nouvel occident normalisé, adouci, survitaminé et suralimenté enclenche une révolution d’un autre genre, mais totale cette fois, et en rupture avec les considérations humaines des siècles derniers, puisque l’humain dans ce nouvel occident n’est rien de moins qu’un individu attendu qu’il soit hautement compétitif sur le plan aussi bien biologique que scolaire que professionnel, et c’est effectivement le résultat escompté par toutes les sociétés occidentales aujourd’hui vis à vis de leurs propres enfants! Quant à cette histoire de se projeter dans les problèmes du tiers-monde ou des résidus EST-OUEST qui affectent directement ce tiers-monde, le manipulent et le gardent sous bonne garde, ceci n’est pas l’apanage des nouvelles générations, sauf un petit nombre de révoltés! Hélas!

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