Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Le confirmationnisme

Posted by Ysengrimus sur 7 mai 2014

restez-calme-et-confirmez-le-tout

Il fut un temps (ma jeunesse!) où la pensée critique, notamment celle engageant des remises en question de nature sociopolitique et/ou sociohistorique, ne rencontrait jamais qu’une seule objection: la répression. Tout débat d’analyse se jouait sur le mode de la lutte ouverte et les pouvoirs répondaient à leurs objecteurs en les faisant tout simplement taire. Cela existe toujours, indubitablement, quoique, souvent, sur un mode plus feutré. Mais à la répression directe, frontale, assumée, s’est ajouté un tout nouveau jet d’encre doctrinal, remplaçant sciemment le répressif par l’argumentatif. C’est la Théorie de la Confirmation. Révolution des savoirs, interdit d’interdire et explosion des dispositifs d’information aidant, la pensée critique voit maintenant une pensée anti-critique s’articuler, se déployer, relever le gant, occuper le terrain.

J’appelle confirmationnisme une attitude descriptive visant à remettre sur pied la version convenue de l’analyse d’une situation sociopolitique ou sociohistorique donnée, en affectant de critiquer ceux qui la critiquèrent et ce, en se comportant comme si la version critique ou alternative se devait, comme urgemment, d’être dessoudée (debunked). Le confirmationnisme est une anti-critique post-critique. Son intervention, toujours réactive, est faussement innovante. En fait, tout ce qu’il fait, c’est remettre la version convenue sur pied, sans approfondissement original, mais en la rendant habituellement plus difficilement critiquable qu’auparavant. Toute l’apparence d’approfondissement du confirmationnisme provient en fait, par effet de rebond intellectuel, des analyses critiques qu’il cherche à parer. Le confirmationnisme est un colmatage descriptif et un verrouillage argumentatif, sans plus.

Commémoratif jusqu’au bout des ongles, on peut fournir, par exemple et pour exemple, l’exemple (entre mille) du documentaire THE KENNEDY ASSASSINATION: BEYOND CONSPIRACY, de la BBC (2003), qui reste, à ce jour, l’articulation la plus achevée de la version confirmationniste de l’explication de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy (bien noter, justement, le beyond…). Un tireur isolé, le «marxiste» Lee Harvey Oswald, a fait le coup dans l’ambiance exacerbée de la Guerre Froide, par strictes convictions personnelles (sans implication soviétique ou cubaine) et par narcissisme romantique exacerbé (le documentaire fournit une biographie troublante et détaillée d’Oswald). Il fut ensuite tué par un tenancier de cabaret d’effeuilleuses impulsif, Jack Ruby, qui voulait venger le président. L’exposé de cette remise sur rail de la version convenue des choses est brillant, crédible, indubitablement convainquant et il contrebalance solidement et efficacement la thèse d’un assassinat politique de nature intérieure impliquant plusieurs tireurs. Les dimensions politique (la Guerre Froide, entre autres) et même artistique (le film JFK de 1991 d’Olivier Stone, avec Kevin Costner) sont analysées, toujours dans l’angle confirmationniste. L’idée d’une «conspiration d’assassins» est donnée ici, en gros, comme une croyance collective, frondeuse, années-soixantarde, relayée et futilement perpétuée par quelques tribuns politiques et des artistes. Il faut visionner cet exposé confortablement articulé d’une heure trente (en anglais) pour prendre la mesure du degré de perfectionnement acquis désormais par le discours des anticorps conformistes. On a ici une application imparable de la Théorie de la Confirmation.

Bon, alors, comment fonctionne le confirmationnisme, cette anti-critique contemporaine, de plus en plus répandue, résolue et active? Je dégage cinq facettes à son modus operandi:

1-     Isoler et parcelliser l’événement analysé. Le confirmationnisme dispose confortablement des postulats de la version convenue des choses. Ceux–ci sont sur place, disponibles à chaque point du développement. Il s’agit donc de reprendre ces derniers, de façon étapiste et isolée (surtout isolée d’un tableau sociopolitique ou sociohistorique général), de les enrichir et de les étayer, en monade, pas à pas. On rebâtit calmement cette version des choses dont aucun des morceaux ne manque vu qu’elle était déjà là, avant qu’on ose la questionner. En affectant de tout revoir, de tout astiquer, de tout mettre à plat, comme en s’adressant à un auditoire qui n’aurait pas bien compris, on reprend, insidieusement et sans les nommer ouvertement, les arguments de la version critique qu’on attaque en douce, en en faisant les nouvelles étapes d’un développement neutre en apparence, discrètement influencé par la critique en fait. Le déploiement est donc solidement crypto-argumentatif. La charpente invisible de la version critique le balise. Une par une, monade par monade, les idées reçues, inévitablement présentes à l’esprit, comme lancinantes, retombent en place et la calme sagesse revient. Il s’agit de confirmer et d’étayer, froidement, sereinement, en laissant l’énervement dialectique et le beau risque de l’originalité juvénile, bouillante et tirailleuse se tortiller dans les pattes de l’objecteur, éventuel ou réel.

2-     Prestige et crédibilité implicite des sources conventionnelles. Le confirmationnisme est fondamentalement un conformisme. Il mise sur notre bonne vieille fibre conservatrice et scolastique. Vous pouvez être assurés qu’une description confirmationniste des faits verra à ouvertement (mais toujours discrètement, hein, sans tapage ostensible, comme quelque chose allant de soi) citer une batterie de sources rassurantes et confortantes. Le New York Times, la revue Times, la BBC, National Geographic, Anderson Cooper, le journal Le Monde. On évitera pudiquement certaines sources d’informations senties comme excessivement suspectes ou matamores: Wikipédia, la CIA, Voice of America, Michael Moore, Al Jazeera, et, bien sûr, nos bons vieux soviétiques, dont le fond de commerce ès discrédit reste toujours indécrottablement intact. Ronald Reagan reste un président de qui rien de faux ne peut sortir et Richard Nixon un président de qui rien de vrai ne peut sortir. On utilise ces deux sources à l’avenant, quand c’est possible. Un corollaire patent de cette citation compulsive et doucereusement ronflante de toutes les sources trado comme implicitement valides, sans recul ni questionnement sérieux, c’est la mobilisation ad hominem des éléments de discrédit afférents. Ainsi si votre penseur critique ou votre objecteur alternatif est un citoyen ou une citoyenne ordinaire, s’il est une sorte de franc-tireur et n’est pas bardé de diplômes ou de distinctions, s’il n’a que ses bras noueux, ses jarrets noirs et son intelligence de charbonnier, d’altermondialiste ou de syndicaliste, à brandir pour revendiquer une analyse citoyenne ou alternative d’un fait donné, on contourne prudemment ses arguments (surtout s’ils sont solides) et on l’attaque, lui ou elle. Jugeant l’arbre à son pedigree plutôt qu’à ses fruits, on nie très calmement à ce citoyen roturier le droit à la parole, sans se gêner pour lui signifier qu’il ne fait tout simplement pas partie du cercle des maîtres penseurs. Oui, on en est encore là. On en est revenus là.

3-     Ignorance ouverte ou simplification caricaturale de la version critique. Le discours confirmationniste reste un discours institutionnel et affecter d’ignorer l’existence d’une critique alternative des faits reste un réflexe, justement institutionnel, vieux comme le monde. Même quand certaines analyses critiques alternatives d’un événement ont pignon sur rue et gagnent solidement en crédibilité, les instances confirmationnistes, les journaux et la téloche notamment, n’en parlent tout simplement pas. C’est comme si ça n’existait pas. Si l’explosion de l’internet a pu, un temps, faire croire à une disparition de cette propagande par le silence, force est de constater que l’ordre établi s’est singulièrement ressaisi. Soif de visibilité et twitto-narcissisme obligent, le fameux journalisme citoyen se transforme graduellement en un gros télex des pouvoirs de communication conventionnels. La loi du silence dans le tapage s’y restaure, doucement mais implacablement. Si, la mort dans l’âme, le confirmationnisme se doit d’en venir à faire mention explicitement de la version critique alternative de l’événement, ce sera alors pour la désosser, la désarmaturer, y faire un cherrypick sélectif de traits épars, n’en retenir que les éléments les plus aisément caricaturables et susceptibles d’alimenter la cyber-vindicte implicite qui, elle, n’en rate pas une pour démarrer au quart de tour.

4-     Expansion hypertrophiante de la notion de «Théorie de la Conspiration». Ici, calmons-nous un peu et souvenons nous de la fameuse Commission Trilatérale de notre jeunesse, instance bouffonnement occulte mais surtout obligatoirement OMNIPOTENTE (sans concession aucune — ceci NB). Nos Théoriciens de la Confirmation sont bien prompts, au jour d’aujourd’hui, à oublier que le vrai conspirationnisme du cru pose toujours l’instance qu’il mythologise comme intégralement démiurgique sur le tout du développement historique. Une vraie Théorie de la Conspiration est une analyse fondamentalement totalitaire, une parano absolue, ronde, entière et sans aspérité. Elle postule que l’intégralité des événements historiques, incluant les crises et tout ce qui éclate sans avertir, est froidement décidé par une instance occulte de prédilection (Commission Trilatérale, Groupe Bilderberg, Secte des Illuminati, Sages de Sion, Rosicruciens, Templierspick your favorite, il en faut une en tout cas). Or, le confirmationnisme actuel importe massivement le ridicule paranoïaque de la Théorie de la Conspiration, tout en l’éviscérant de son contenu essentiel. Le programme confirmo ne retient de l’illusion conspiro que ce qui sert sa propre démarche de salissage: la grogne sceptique, le rejet réflexe de l’analyse superficielle des choses, l’ardeur critique en pétarades et la méfiance envers l’ordre établi. Tant et tant que, pour la vision désormais imposée par la Théorie de la Confirmation, quiconque doute un tant soi peu de la version officielle des choses est aussitôt un conspiro hirsute et farfelu. Et pourtant, le citoyen averti n’a pas besoin de croire, mythiquement, de par je ne sais quelle envolée parano stérile et si aisément discréditable, en quelque société secrète mégalo pour flairer le musc banal et peu reluisant de la magouille généralisée. Il est de ces chausse-trappes sociologiques et on en a une vraie bonne ici: la Théorie de la Conspiration 2.0, version édulcorée, multiforme et tout usage. C’est rendu aujourd’hui que la moindre observation critique est immédiatement étiquetée conspiro. Il y a là un baillonnage évident de la subversion intellectuelle collective qui ne dit pas son nom et qui ne se gêne pas pour ratisser large. Conformisme trouillard oblige, oser dénoncer une conspiration (une vraie, une toute petite, une ordinaire, une conspiration avec un petit «c») devient de nos jours un exercice risqué, un effroyable flux d’arguties, plus nuisible pour l’image de celui qui le fait que pour l’activité de celui qui conspira. C’est tout de même un monde.

5-     Se réclamer de la «science» et des «scientifiques». La Théorie de la Confirmation est très ouvertement scientiste. Elle se réclame tapageusement de la «science», souvent d’ailleurs plutôt les sciences de la nature, hein. Les sciences humaines et sociales ne font habituellement pas partie de son fond de commerce prestige (on connaît la chanson: Darwin est partout, Marx est nulle part). Le confirmationnisme se donne donc comme professant des «faits scientifiques», en imputant, très ouvertement, les «croyances» et les «opinions» à ses objecteurs critiques. Il argumente ouvertement ainsi, très abruptement, malgré le fait que le caractère scientifique de ses assertions est souvent hautement questionnable. Par dessus le tas, le confirmo n’est pas une seconde foutu, en plus, de s’aviser du fait que la science est, de fait, en crise. Bien oui… force est d’observer que la «science» contemporaine barbotte pas mal son grand œuvre. Elle peint des petites souris au crayon feutre en faisant passer ça pour de la greffe de peau, pour obtenir les subventions. Elle prouve «chimiquement» qu’il n’y a pas de corrélation entre tabac et cancer. Elle se crochit comme un croupion au service des intérêts industriels et politiques. En un mot: elle existe socialement. De plus, une somme phénoménale de ce qu’on nomme «science», dans le discours confirmo comme ailleurs, n’est jamais que technique, technicité, plomberie. Chers confirmationnistes, votre «science», elle ment. Elle sert ses employeurs et ses maîtres, elle n’est pas indépendante, abstraite, angélique, laborantine. Elle se déguise en vérité, mais n’est qu’un dogmatisme servile positionnant dans le champ une certaine version des choses. Et, ce que vous percevez comme une absence de débat vite clos par la science, n’est que le reflet, dans votre esprit, des certitudes de ce dogmatisme et de cette version. Douter, investiguer, ne jamais trop se fier aux connaissances indirectes, au diktats, à la fausse neutralité des sources, voilà pourtant le fondement radical de toute science. Qu’avez-vous fait de cette attitude? Vous l’avez ligotée, pour servir tous les pouvoirs et toutes les docilités.

Telle est la tactique d’attaque des confirmationnistes. Ils ont compris que le ridicule ne tue pas. Pire, il congèle, il intimide, il effarouche. On n’approche donc plus la pensée critique avec une matraque. On l’englue dans la gadoue onctueuse du dénigrement raisonné. Faites l’expérience. Essayez-vous à critiquer la version reçue des choses, sans parano totalisante, en toute sincérité, ponctuellement, juste pour la vraie raison honnête qui vous motive: vous la sentez pas et trouvez que ça cloche, un peu ou pas mal. Les confirmos vont se rameuter en rafale. Ils sont collants comme des mouches, en prime. Vous allez vite observer que la nuée grouillante des arguties de la Théorie de la Confirmation vous attend dans le tournant. Libre pensée, vous disiez? Conformisme lourdingue, oui…

.
.
.

Paru aussi dans Les 7 du Québec

.
.
.

Advertisements

24 Réponses to “Le confirmationnisme”

  1. Robert Huet said

    N’en dites pas plus sinon on va vous accuser de corrompre la jeunesse et on va vous obliger de boire la cigüe.

    [Vous me rappelez à certain des mimétismes de ma jeunesse… SOCRATE – Ysengrimus]

  2. Louise Miller said

    Ouf! Quelle envolée! Je me suis sentie portée par un souffle. Celui de l’esprit? Moi, je fais partie des roturiers qui cherchent la vérité, mus par la force du gros bon sens. Tout ce que vous avez décris, je l’ai bien reconnu, point par point. Je cherchais un mot, un concept pour circonscrire ce que je percevais. Maintenant je l’ai. Et j’ai même la fiche descriptive détaillée. Grand merci.

    • Fridolin said

      Il fait souvent ça, notre Ysengrim. Il concentre et organise des pensées qu’on a déjà mais flottantes. Moi c’est sur les Conspiros, je savais pas exactement ce qui les caractérisait. Je l’avais sur le bout de la langue mais je pouvais pas le pogner. C’est la parano organisatrice qui définit la Théorie du Complot (avec une société secrète dans le fond du trou, qui tire les fils). Croire qu’une crise économique et/ou une révolution des mœurs est décidée par la Trilatérale pour foutre la merde, c’est ça, être Conspiro.

      Si on croit pas ce qu’on nous raconte, tout simplement, sans rien imputer aux Illuminati, on est pas conspiro pantoute. On est juste très très sceptiques et peu naïfs. Qui veut croire ce qu’on nous raconte aux nouvelles de toutes façons?

      [Dans le mille, mon Fridolin – Ysengrimus]

  3. Demian West said

    Mieux que le comprendre, pour bien vivre votre texte, il faudrait fiche le camp aux Sud Moluques ou dans la forêt de Nullepart. Là toute cette boutique de trucs et de fils et de liens qui nous enchaînent prendraient toute leur confirmation.

  4. Denis LeHire said

    Je me souviens d’avoir lu un développement (que je ne retrouve malheureusement plus) au sujet de la possibilité « scientifique » qu’un passeport ne se pulvérise pas dans l’explosion d’un avion frappant une tour. C’était exactement ce que tu dis: du confirmationnisme pur, abstrait, sans critique. On légitimait pas à pas le délirant, juste parce que c’était la version officielle.

    • Mura said

      Ça me rappelle quelque chose moi aussi, ce genre de démonstration avec force arguments empiriques et « scientifiques » à l’appui… Pour ceux qui lisent l’anglais, je crois que c’est ceci:

      http://www.911myths.com/html/passport_recovered.html

      • Catoito said

        Quand on lit ça par le menu, soudain on hésite. C’est vrai que ça sonne incroyablement convainquant, de fil en aiguille…

        [Restez calme et confirmez le tout, telle est leur devise. – Ysengrimus]

      • Fridolin said

        The passport was recovered by NYPD Detective Yuk H. Chin from a male passerby in a business suit, about 30 years old. The passerby left before being identified, while debris was falling from WTC 2. The tower collapsed shortly afterwards. The detective then gave the passport to the FBI on 9/11. [Le passeport fut récupéré par le détective Yuk H. Chin de la police municipale de New York. Il le tenait d’un passant dans la trentaine en complet veston. Le passant est parti avant de pouvoir être identifié, tandis que des débris tombaient de la tour 2 du World Trade Center. La tour s’effondra peu après. Le détective remit ensuite le passeport au FBI, le 11 septembre même.]

        Pardon? On nous raconte sans blêmir que le passeport a été remis dans la rue à un flic par un inconnu en costard qui ne fut pas retracé et c’est ÇA le passeport du terroriste Satam al-Suqami retrouvé dans les débris du World Trade Center? Non mais oh, si c’est pas ça « planter » une fausse preuve, c’est quoi?

        [Tu as bien lu et bien traduit, Fridolin. Et on nous plante cette info plus que douteuse au milieu de l’argumentaire pour « démontrer » qu’il n’a pas fallu fouiller dans les ruines de la tour pour trouver ce passeport. L’art de changer un défaut argumentatif en « qualité ». – Ysengrimus]

      • catoito said

        On arrive à faire sentir que retrouver des cartes plastifiées et des objet de ce genre après un écrasement d’avion de lignes est plausible. Mais ce confirmationnisme par l’exemple plante complètement quand il s’avère que le passeport du terroriste en question a été remis à un flic sur la rue, dans la pagaille, par un quidam non identifié.

        Que sert le fait que le beurre soit comestible dans mille plats divers si l’argent du beurre n’a pas quitté ma poche?

      • Sophie Sulphure said

        « Que sert le fait que le beurre soit comestible dans mille plats divers si l’argent du beurre n’a pas quitté ma poche? »

        Super bien dit, Catoito.

        [Je seconde – Ysengrimus]

  5. Ysengrimus said

    Excellent exemple, Denis LeHire. Tandis que tout ce que le regard critique citoyen revendique c’est son droit, parfaitement légitime et ferme, à une petite grimace à la Yao Ming de temps en temps au sujet de tout ce qu’on nous raconte…

    yao-ming-911-sans-la-moindre-complicite-interieuret

  6. PanoPanoramique said

    Mais alors, tu dis quoi, toi sur l’assassinat de Kennedy?

    [Je me renseigne. Je m’instruis. Je garde l’esprit en alerte et je médite toutes les versions… VOIR ICI mon texte commémoratif sur la question. Tu devrais pourtant t’en souvenir, tu avais commenté sur le « gibus » de Joe Kennedy, cette fois-là. – Ysengrimus]

  7. Sophie Sulphure said

    C’est vrai, quand on y pense, que les choses certaines n’ont pas besoin d’être si lourdement « (re)confirmées ».

    [En effet. Qui va chercher à « confirmer » les voyages de Jacques Cartier ou la bataille de Gettysburg. On investigue les détails fins mais pas besoin de tout redire. C’est reçu. – Ysengrimus]

  8. Caravelle said

    Excusez-moi tous et toutes de revenir avec mes hantises mais… ceux qui nient l’Holocauste n’auraient-ils pas besoin qu’on leur tienne des propos de type confirmationniste?

    [Ma réponse, Caravelle, est froide. Elle n’est pas brouillée par la souffrance de votre héritage, comme l’est votre question. Je dis: non. Pas de blablabla confirmationniste pour défendre l’existence de la Shoah. Laissez-les parler dans le vide, ceux qui n’y croient pas. Dignement. J’ai écouté des confes de négateurs de chambres à gaz. Franchement, c’est juste trop toc. Pas besoin de contre-argumenter sur de tels développements. Il suffit d’en prendre connaissance (ou de les ignorer). Ils se coulent par eux-mêmes. Il faut laisser ces pseudo-historiens dégoiser et s’exposer par le menu. Les failles de leurs conceptions, ils en sont vraiment les meilleurs serviteurs. Elles n’ont pas besoin qu’on les combatte par autre chose qu’un silence attentif. Un discours confirmationniste sur la Shoah serait une simple injure à l’histoire. « Laissez-moi vous expliquer pourquoi ceux qui nient l’Holocauste se trompent ». Vraiment? Vous vous voyez faire ça? C’est faire trop d’honneur à la provoque de ces boute-feu qui n’attendent que ça pour se victimiser et vous traiter de « sioniste », d’un air entendu. Ils ne cherchent que ça. Je me fais un plaisir de les en priver, par la terre brulée argumentative, justement. Qu’ils écrivent. je les lirai (ou pas) et ne relaierai tout simplement pas leurs bobards. – Ysengrimus]

    • Caravelle said

      Votre position, Ysengrimus, est la seule rationnelle. Et je comprend (abstraitement, mais aussi pour l’avoir observé) que quand on défend l’existence historique de la Shoah, on se fait accuser de se justifier ce qui parait affaiblissant. Vous avez raison, mais c’est difficile.

      [Mon argumentation ici est que le confirmationnisme est de fait une démarche ratiocinante de fourbe. N’en ont besoin que les redresseurs conformistes de cas historiques douteux, critiquables. Façon respectueuse mais ferme de vous dire, Caravelle. que le drame de la Shoah n’a pas plus sa place ici que la mort de De Gaulle en 1970 ou la défaite du Parti Québécois aux élections de 2014… – Ysengrimus]

  9. Ysengrimus said

    Trouvez ici, Caravelle, le double portrait-robot du bébé-lala négateur de la Shoah contemporain (c’est un mème):

    success-kid-tous-ceux-qui-la-prennent-pas-crypto-reac-comme-mes-potes-et-moi----sont-de-sales-sionistes

    success-kid-le-tout-nouveau-bebe-soi-disant-antisioniste-a-une-ligne-doctrinale-bien-brune-au-fond-de-la-couche

    Ceci est la seule réplique qu’il me verra lui servir…

    • Caravelle said

      J’en ris aux larmes. Vous avez tellement raison. C’est rassurant de pouvoir rire ainsi.

      • Sissi Cigale said

        Vous avez raison de rire d’eux, madame Carava. Ils ne méritent que notre rire sardonique et notre mépris. Le défaut c’est pas d’affirmer ou de nier. Le défaut, c’est de mentir sur les faits historiques.

        [Je seconde. – Ysengrimus]

  10. Gudule said

    Tu sembles voir dans le confirmationnisme un phénomène relativement récent. Qu’est-ce qui peut expliquer son apparition?

    [Les cinquante dernières années ont eu beaucoup de fil à retordre avec le conformisme. On ne croit plus aux élites, on doute fortement des instances, on ne prend plus rien pour bon argent et les occupants de l’espace de pouvoir sont des suspects automatiques. On vit dans une ambiance constante et tendue de résistance intellectuelle. Les promoteurs de la version reçue des choses ne disposant plus des implicites autoritaires d’autrefois, ils ont donc du se mettre à finasser, à sembler démontrer, à paraitre vérifier. C’est dans un tel vivier que le confirmationnisme est né. il est la rhétorique casuiste de la réaction rampante et de la soumission « informée » qui vous la joue copain-copain. – Ysengrimus]

    • le boulé du village said

      Tiens, je te lis juste ici pis ça me fait penser au comportement verbal des curés, quand yz’etaient au boutte de leu corde.

      [Excellente analogie, mon petit Boulé. – Ysengrimus]

  11. Tourelou said

    Effectivement il faut laisser retomber la poussière, et encore… Votre phénomène conformiste est bien représenté ces jours ci avec l’affaire Lewinsky. Sur le fait c’est une jolie fille consentante avec un important personnage, faire une fellation comme bien des amants n’est pas si rare? S’amuser à des jeux sexuels n’était plus faire l’amour. Dix ans plus tard c’est le complot pour piéger un amant car elle garde toujours les preuves de son bord. Si les morts pouvaient parler probable qu’on reculerait dans les faits jusqu’à la préhistoire.

    [Ma position sur la question ici. – Ysengrimus]

  12. Line Kalinine said

    Tiens, Ysengrimus, on retrouve ton fameux CONFIRMATIONNISME autour de la narration officielle de la traque des assaillants de Charlie Hebdo.

    [Oui, Line Kalinine. De fait, si on se résume à ce point-ci. Les terroristes « Charlie Hebdo » abattus sont les «vrais» parce qu’ils ont laissé trainer leur carte d’identité dans une bagnole volée (ah bon – un autre passeport du onze septembre!) et/ou ont été reconnus par un témoin à Charlie Hebdo (un témoin qui peut voir à travers les cagoules, bon!). Sitôt morts, au top-chrono, un site américain dit que ça vient du Yemen (par de l’EI du Levant, hein, ça les ferait paraître trop fort). Les pantins morts l’on d’ailleurs déclaré eux même en une entrevue radio limpide digne des années Mesrine. Ils sont entretemps passé en Picardie (aperçus par un employé de station service, bien ostensibles avec encore cagoule et lance roquette etc, bon), puis retour de Picardie à la banlieue de Paris avec (quoi?) les hélico du GIGN au dessus de la tête, mais sans se faire cueillir sur la route…Suggestion : plusieurs pantins meurtriers se sont soulevés en différents points juste après l’attaque de Charlie Hebdo pour couvrir la disparition discrète du vrai commando. On le saura jamais. Tout ceux qui pouvaient parler sont morts pour soi-disant protéger des otages qui sont morts aussi (les quatre du commerce cachère) où n’étaient pas vraiment des otages (le planqué de l’imprimerie du baroud final). Où vont nos taxes? – Ysengrimus]

    • Mura said

      Coup confirmationniste majeur sur Rue89, les faux jeunes et vrais suppôts. LE CONFIRMATIONNISME PAR HONTE GAUGAUCHARDE INTERPOSÉE!

      Les sites qui parlent de « complot » dans l’attaque de Charlie Hebdo sont (comme fatalement) des sites fachos. Donc: critique la version officielle, t’es automatiquement un crétin facho, ho, ho, ho… honte, honte, honte (d’oser critiquer)… La gaugauche émotive et sans analyse tombe dans cette chausse-trappe sociologique à tous les coups. Et ici, justement, ils ont fait fort.

      http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/23/charlie-hebdo-sont-sites-parlent-complot-257284

      [Bien vu, Mura. – Ysengrimus]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s