Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Sur notre «civilisation» québécoise…

Posted by Ysengrimus sur 2 mai 2008

ChateauFrontenac

Le Château Frontenac, construit en 1897 par un architecte américain et qu’on prend pour un château français…

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Une civilisation fondée sur son patrimoine agricole, ruraliste et cléricaliste, ghettoisée dans un dispositif socio-économique et colonial où l’agriculture n’a jamais été un secteur économique porteur, engendre inévitablement le type de sentiment mi-misérabiliste mi-triomphaliste qui semble l’affectation la plus inévitable de nos compatriotes. Avec nos pommes de terres et violonistes irlandais, nos giques écossaises, notre parlementarisme et notre cheddar anglais, nous prouvons que la civilisation française n’est en rien une humeur transcendante, et peut se contenter de devenir la lie d’une culture de résistance plus apte à dériver vers le populisme que vers le socialisme, au moment de sa phase d’urbanisation. La France sans république, l’Angleterre sans marine, le presbytère sans bibliothèque, la plaine à fourrage recouverte de neige.

Oh, on essaie bien d’avoir nos villes bien à nous, notre folklore urbain. Voyez la ville de Québec. Voyez son Château Frontenac, construit en 1897 par un architecte américain, dans un style qui foisonna sur toute l’Amérique du Nord à l’époque, mais qu’on prend envers et contre tous pour un château français. Et admirez ses remparts, qu’on prend pour des remparts français aussi mais qui furent érigés par les Britanniques en 1775, par peur de la Révolution Américaine (le vieux mur français fut détruit après la Conquête – il n’en reste rien). Et visitez le restaurant LES ANCIENS CANADIENS, qui sert une nourriture chic gorgée de faux folklore mais qui a la pure beauté simple d’être situé dans une des dernières vraies maisons datant du Régime Français encore debout (le reste des si belles maisons du vieux Québec est britannique – eh oui). D’ailleurs, pendant tout le 19ième siècle, Québec était une ville de garnison à majorité anglophone (vous avez bien lu). C’est seulement vers 1870 que les canadiens-français descendant des campagnes inversèrent le rapport démographique de cette ville portuaire, ville ouverte où, on l’a vu encore lors des cérémonies de son ci-devant 400ième anniversaire, l’armée d’occupation peut parader quand bon lui semble. Pas à dire, on revient de loin… Enfin bref, la ville de Québec est bel et bien un de nos traits civilisationnels forts, parce que c’est l’un dans l’autre un espace réapproprié, reconquis, le témoignage de la survivance qui s’enrichit de son héritage lancinant, parfois peu avouable à ses fantasmes présents, même en les déformant un peu des fois… ça aussi, c’est le mythe et la force du mythe dont se sustente une «civilisation»…

On cite bien, comme trait «civilisationnel», notre très grande sagesse antireligieuse contemporaine, vraie et effective au demeurant. Il faudrait pourtant se donner les moyens d’observer de quoi elle sort… Le clergé fut, surtout de 1840 à 1960, le relai servile de l’occupant anglais. L’athéisme militant québécois, pour reprendre certaines formulation en vogue, est aussi une sorte de matérialisme philosophique au ras des mottes, en ce sens qu’il plonge ses racine dans un anticléricalisme dont la cuisante virulence échappe à maint citoyens de pays souverains. Le cléricalisme compradore québécois a cherché à perpétuer l’idée mensongère qu’il était «gardien» d’une foi foutue et d’une langue qui, elle, a survécu. Ce qui fit ce qui fut, c’est simplement l’explosion démographique due à des conditions socio-économiques similaires à celles du tiers monde et à la circonscription, par l’occupant, des québécois sur un territoire restreint (vallée du Saint Laurent) et dans un secteur socio-économique paupérisant (agriculture – trop pauvre pour payer son propre prolétariat agricole, il fallait le procréer). Charpente intime, conservatrice et réactionnaire de ce cadre colonial en capilotade, l’église fut laminée avec, quand il s’effondra, et sa camelote spirituelle tomba avec elle, quand cette population, dense, concertée et homogène par pur artefact colonial, entra, à la presse car fort en retard, dans la modernité. Oh, que oui…

Oh, on essaie bien d’avoir des auteurs bien à nous. Des trèfles aussi pesants que prolixes comme -par exemple- le glauque et tendancieux Victor Lévy Beaulieu, qui, de nos jour, débloque plus souvent qu’à son tour. Pour parler franchement, j’ai lu seulement un de ses romans: LES GRANDS-PÈRES. Une estie de platitude foireuse qui se passait chépuquand sur une vieille ferme branlante, avec de la zoophilie et de la déchéance dans tous les racoins. Phrases interminables, gros vasage, longues parenthèses niaisantes dont certaines même pas fermées. Ça va pas passer à l’Histoire ce genre de verbiage auto-édité. Le mérite d’éditeur de ce gogo dépasse de loin son mérite d’auteur, justement, en fait. J’ai bien aimé son feuilleton MONTREAL P.Q., par contre… si c’est lui qui l’a vraiment faite… Oh et, en y repensant, il y avait bien aussi un court essai intitulé MOMAN, POPA, L’JOUAL PIS MOÉ publié sous forme d’article chépuoù du temps de la Querelle du Joual. Pas mal du tout, un essai en joual, pensez-vous… Contenu un peu creux mais passablement hurlant à lire. Civilisationnel en diable… Parlant, pour tout dire… Bien tartiné, dans le genre Joual en révolte au ton infantile. Bien exempt des inepties racistes qu’il dégobilla par la suite. Du temps qu’il avait de quoi à dire, en gros. Enfin toutes ces merveilles à prendre de fort haut…

Au moins -cependant, il faut le dire- nous avons un peintre: un certain Paul-Émile Borduas, dont j’ai vu un jour une oeuvre intitulée L’ÉTANG RECOUVERT DE GIVRE. C’était ailleurs, dans le musée continental quelconque qui l’avait pillée… Saisissant. Il y a de l’art américain là-dedans ou je m’y trompe. Nous avons aussi, l’un dans l’autre, un roman. Il s’intitule L’AVALÉE DES AVALÉES et est de Réjean Ducharme. Sublime et, c’est le cas de le dire: unique.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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33 Réponses to “Sur notre «civilisation» québécoise…”

  1. fred said

    Saviez-vous que la bibliothèque du Parlement du Canada à Montréal fut brûlée en 1842? La majorité des livres (des miliers) quelle contenait venait de la bibliothèque du Bas-Canada, qui elle avait été une des toutes premières bibliothèques nationales fondée en Occident, avant celle du Royaume Uni. Ces livres étaient cruciaux pour la reconnaissance de notre patrimoine culturel, mais on nous l’a volé. C’est ce qui fait, entre autres, que nous croyons parfois à tort que notre culture était faible et importée.

  2. ysengrimus said

    Merci de cette information hautement VLBesque, pour ce que cela change… J’ai toujours atrocément mal partout quand des livres passent au feu… mais aussi… quand lesdits livres restent sur les tablettes à s’empoussiérer. Je demande alors simplement, comme Gilles Vigneault autrefois: « Les lis-tu souvent? »

  3. Simon Deschenes said

    Si mon travail me le permettait d’avantage, je relirais probablement tous mes livres de manière acharnée.

    Par contre, en ce moment, et dans la société de « sur-travail », je n’ai malheureusement pas tellement le temps.

    J’ai par contre le temps de vous lire sur l’heure du diner. Ce que j’apprécie beaucoup.

  4. Pierre G. ROY said

    @Fred.
    Vous saviez sûrement que cette bibliothèque était l’oeuvre de généreux donateurs anglophones pour permettre aux francophones du Canada d’avoir accès à des écrits que la sainte église catholique ne permettait pas ou si peu à ses ouailles de lire, et cette restreinte durera jusqu’à circa 1965.
    Fascinant notre histoire.

  5. JP.ca said

    J’aimerais vous référez à un excellent article à propos de… l’oubli, tiens. Relisez-vous vous-même : faut en avoir oublié un sacré bout pour décrier l’attitude «mi-misérabiliste, mi-triomphaliste» du Québec! Elle existe, oui, mais elle n’est surtout pas omniprésente. Par contre, vous, vous en faites bien partie des ces misérabilistes, qui croient encore que l’histoire du Québec se résume à une série de défaites et à un vivotement au milieu de réussites qui ne sont jamais les nôtres. Vous essayez de vous en distancer juste pour retomber en plein dedans. Si vous vous teniez un peu au courant des recherches qui se font présentement, celles qui tâchent de se rappeler (hé oui! on combat l’oubli, justement!), il s’avère qu’on se rend de plus en plus compte que la société québécoise a suivi une trajectoire particulière, certes, mais tout à fait conforme à la trajectoire qu’a suivie la majorité des sociétés occidentales au cours des derniers siècles, le même avènement à la modernité, même industrialisation, et tout ça à peu près au même moment. Et venez pas me rabattre les oreilles avec des histoires de Révolution tranquille suivant la Grande noirceur, c’était partout en Occident comme ça! Courants conservateurs suivis de Mai 68 et tous leurs amis, c’est connu.

    Du côté de vos références culturelles… Sérieux, vous me faites penser à cet autre qui me disait récemment que le Moulin à images (si on veut des exemples du 400e) «ce n’était pas du vrai Robert Lepage»… il le savait, sous prétexte qu’il avait déjà vu UNE de ses pièces avant, bien meilleure à son goût. Non seulement vous jugez d’après des fragments, en tout cas quand vous nommez Borduas apparemment, mais en plus vous jugez d’après des vieilles idées dix-neuviémistes que l’art doit toujours être nouveau, de la création pure, etc. Genre Borduas c’est le meilleur sous prétexte qu’il a tout cassé. C’est la bonne vieille idée du progrès triomphant, quoi! Vous êtes drôle, vous, à retomber exactement dans les mêmes pièges que vous combattez. Et Borduas, il est sûrement bon pour plus que ça, enfin j’espère!

    Bon, c’est assez, je comprends d’ailleurs pas comment j’ai pu tomber sur votre site en cherchant des lunettes de soleil, enfin… Désolé!

  6. ysengrimus said

    Revenir de loin n’est pas un défaut. Occulter, involontairement ou non, qu’on revient de loin est un défaut. Le Québec est un syncrétisme ethno-culturel. Assumons-le et voyons plus clair…

    Force est cependant d’admettre que certains «historiens» messianiques québécois sont en fait des négationnistes qui s’ignorent. Publicitaires convulsionnaires pour leur terroir contemporain, ils ne veulent pas voir en face le dur traumatisme colonial et ses profonds effets syncrétiques. Ils sont occupés par un occupant qu’ils méconnaissent, veulent bel et bien se libérer, mais refusent catégoriquement d’admettre l’existence durable de leurs chaînes. Corollairement, pour ces manichéens compulsifs aux préjugés sommaires, si vous êtes de Toronto, de Vancouver ou du Yukon (endroits parfaitement fortuits – Il faut bien bosser quelque part), vous êtes automatiquement le Grand Satan qui marche avec les grands bourgeois et leurs folliculaires. Le Parti Québécois fut expulsé de l’Internationale Socialiste en 1981 à cause du courant représenté par ces éléments, et depuis lors, il ne va nulle part, politiquement et historiquement.

  7. stoni said

    Étant Français et ayant vécu deux ans au Québec (de 2003 à 2005), je dois ademttre que je reconnais parfaitement ce que j’ai vu, expérimenté et un peu subi lors de mon immigration.

    A l’internaute qui dans son commentaire, vous chapitre sur la notion de « l’oubli », je transmets l’anecdote suivante. Quand j’étais au Québec, j’avais remarqué que, sur les plaques d’immatriculation, il était écrit « je me souviens ». Curieux, j’interrogeai les québécois de mon entourage pour connaître l’origine de cette devise « vous vous souvenez de quoi au juste? ». Personne n’a été capable de me répondre.

    Les Québécois ont un petit souci de mémoire, apparemment.

    [Réponse: JE ME SOUVIENS QUE JE SUIS NÉ SOUS LE LYS ET QUE J’AI GRANDI SOUS LA ROSE… – Ils ont effectivement oublié ce petit aphorisme, ainsi que son symbolisme floral – Ysengrimus]

    • Monique D Proulx said

      J’espère que vous avez lu l’article de Gaston Deschênes, car d’affirmer ainsi cette fausseté, ça fait mal au coeur, surtout venant de vous! La devise «Je me souviens» a toujours contenu trois mots seulement. L’autre partie de la phrase n’a rien à voir avec notre devise. J’en profite pour remercier M. Deschênes pour son excellent article.

      [Et l’apocryphe qui circule, vous l’expliquez comment donc? Le nier n’est pas l’expliquer – Ysengrimus]

  8. stoni said

    Ah merci, cela dit j’aurais aussi pu aller voir sur Wikipédia où tout est expliqué! Quel gros flemmard, je suis.

    [Bah, Wikizinzin, la barbe. C’est bien plus marrant d’en parler entre nous… – Ysengrimus]

  9. Lorraine said

    @ Stoni

    Je conviens avec vous que cette méconnaissance de la devise intégrale du Québec est le reflet d’un certain manque, d’une « mémoire collective » défaillante.

    J’espère que votre questionnement aura suscité l’intérêt chez les personnes concernées, ne serait-ce que pour combler cette lacune.

    Le fait que votre entourage immédiat ne connaisse pas la provenance du Je me souviens sur les plaques d’immatriculation ne témoigne pas d’une ignorance de la source de la citation par une majorité de québécois.

    J’allais vous citer la devise dans son intégralité avant de constater que Ysengrimus l’avait fait à la suite de votre envoi.

  10. David said

    Cette histoire de devise incomplète est fausse. Je trouve plutôt ironique que vous dénonciez notre manque de mémoire en répétant encore une fois ce mythe..

    Une petite lecture s’impose:

    http://agora.qc.ca/Documents/Quebec_-_Etat–La_devise_Je_me_souviens_par_Gaston_Deschenes

    Bonne journée!

    [Fausse ou vernaculaire? Erronée ou apocryphe? En tout cas, n’en déplaise à Monsieur Deschênes, on la colporte toujours explicitement dans les écoles francophones du Grand Montréal. C’est mon ado de 15 ans qui me l’a rapportée, dans la forme que je vous cite ici et aucune autre. Voulue ou non, elle dégoudine donc bel et bien quelque part dans les tuyaux, cette devise rallongée… On s’entend sur le fait que cette rose ne sent pas les roses, mais de là à mettre l’étymologie élitaire stricte au service du déni du triste… Je le redis: il n’y a absolument aucune honte à revenir de loin… – Ysengrimus]

  11. Demian West said

    Cher Ysengrimus,

    La nostalgie de la France c’est déjà la France elle-même.

    Cette nostalgie anticipe les sociétés futures et leurs transformations. Car elle met en mouvement…

    Dans l’avenir, et grâce aux précipités des techno-sciences et du langage sms, quand la langue française aura bien avancé sa transformation en langage phonétique tout comme l’anglais (ce qui est son principal avantage), elle pourra devenir la langue mondiale de la culture et du trashé chic ! Et comme les pays seront éclatés à cause de l’internet qui dissout, toutes les nations et tribus francophones seront réunies dans une sorte de joyeux bordel, comme c’est déjà le cas pour ceux qui savent voir… 😀

    Hagège enseigne que le sentiment d’appartenir à une communauté, une culture ou une nation, c’est la langue elle-même, et jusqu’aux dialectes qui sont des langues les plus savoureuses.

    Et tout le monde en France sait qu’on parle mieux le Français, à Genève, au Québec et dans beaucoup de pays d’Afrique, et vous en êtes un fameux exemple.

    Salaud de Louis XV ! 😀

    Demy

    [Je me plains pas spécialement de mon sort. Simplement, je reste descriptif. je fais pas de la pube ou de la relation publique pour KWEH-BEC INC… – Ysengrimus]

    • Demian West said

      Vous savez ce que c’est, Andy Warhol voulait faire un art le plus descriptif possible et la critique puis tout me monde y a vu l’art le plus critique des Etats-Unis qui se puisse exprimer.

      Demy

  12. Denis Gélinas said

    Oufff ! Quelle provocation!

    Pour le Château Frontenac; terminé en 1893 (et non 1897) l’architecte Bruce Price a utilisé les plans originaux de Eugène-Étienne Taché inspirés des châteaux français du XIVe siècle par ses tours rondes, style français exigé par le Canadien Pacifique spécialement pour Québec, ville francophone. La tour centrale rajoutée plus tard est aussi d’inspiration française imitant la grande tour du château de l’Isle Savary (France) ayant appartenu à Louis de Buade comte de Frontenac. Et les ouvriers étaient pour la très grande majorité des francophones de la ville de Québec. C’est pas des anglais de Toronto qui l’ont bâti, pierre par pierre venant des carrières de Beauport.

    L’Hôtel du Parlement du Québec et le Manège militaire de Québec sont aussi de l’architecte Québécois francophone Eugène-Étienne Taché.

    Les remparts furent érigés sous le régime français, elles incorporent la poudrière et la section du mur défensif français de 1745 entourant la haute-ville, ainsi que les bastions et le polygone aménagés sur le cap, le tout approuvés par Louis XIV. Les fortifications seront ensuite intégrés à celles construite en forme d’étoile de la Citadelle visible et terminés en 1831 sous le régime Britannique et sont inspirés de l’ingénieur français Vauban, conforme à la stratégie définie par le duc de Richmond en 1812. Ici aussi les ouvriers étaient pour la grande majorité des francophones de la ville de Québec.

    On voit ton vrai visage Laurendeau, celui d’un prof bouffi de prétention et hargneux ayant fait carrière à Toronto et revenant finir ses jours au Québec pour nous chiez dessus.

    C’est pas un pied de nez! c’est le pied dans la bouche et un doigt dans le nez!

    Salaud de Voltaire ! nous sommes pas que « quelques arpents de neige ».

    • Demian West said

      Ce château est d’un pur style dit « historiciste », qui fut le style le plus en vogue après le néo-classicisme né juste avant la Révolution Française. L’historicisme est né des suites du romantisme français. En effet, après avoir retrouvé les lignes des ordres antiques dans le néo-classicisme et qu’elles ont été épurées, le romantisme est né des exigences de l’inspiration pure et de l’émotion du génie individuel. C’est Baudelaire qui l’a théorisé dans sa critique créatrice et même qu’il l’a incarné. Mais avant tout il a fait Delacroix.

      Aussi, des thèmes plus médiévaux ont été explorés par les artistes, et par une manière moins rigoureuse et photographique. Ce fut, dans l’architecture, le retour des châteaux mais avec tout le confort. Dans un style international qu’on peut encore admirer en Bavière, en des rêves construits dus au roi fou d’art Ludwig II.

      En Angleterre, le parlement est en pur style historiciste néo médiéval, et tous les architectes anglo-saxons se mirent à ces constructions nostalgiques.

      L’anecdote veut que lorsqu’on installa des télégraphes Chape sur les tours de l’église Saint-Sulpice à Paris, Baudelaire et Victor Hugo s’insurgèrent contre cette modernité qui dénaturait la beauté laissée par l’histoire dans l’architecture. Et en réaction, Victor Hugo rédigea « Notre-Dame de Paris » et Baudelaire milita pour le retour au médiéval.

      Ainsi, même si des architectes anglo-saxons ont bâti des édifices néo-médiévaux, ils ont été inspirés directement par un courant né en France à Paris, c’est d’abord un style Français, car à l’époque c’est Paris qui était capitale mondiale des arts et pas encore New York.

      Il faut se méfier de méprises dans la lecture de l’art, par exemple, il y a encore trop de gens qui pensent que l’art gothique est né en Allemagne, alors qu’il est né en France à Saint-Denis et c’est l’abbé Suger qui l’a créé.

      Pareil pour le romantisme que beaucoup pensent d’origine Allemande, alors qu’il est d’abord Français. Et le plus grand nombre imagine que le style néo-médiéval est né avec la construction du parlement de Londres, ce qui est faux, c’est un style né en France à Paris.

      Il faut voir dans ces méprises, une lutte d’hégémonie culturelle entre le monde anglo-saxon et germanique qui a commencé bien avant Napoléon, et selon la domination de l’un ou de l’autre la propagande a fait son oeuvre. On en constate encore les dégâts. L’Allemagne hégémonique a longtemps tenté de faire croire qu’elle était à l’origine du Gothique, et le monde Anglo-saxon n’a eu de cesse de tenter coucher le néo-médiévisme du côté qu’il voulait. Il reste les faits historiques, qui sont tous archivés et indéniables.

      Tout ceci fait partie de la lutte pour être capitale mondiale de l’art et de la culture, autrefois elle avait lieu entre Paris gallicane et les ultramontains de Rome, et depuis le XVIII, elle a lieu entre Paris et le pangermanisme puis New York. Laquelle New York est actuellement la capitale des arts. Mais il y a des cycles et l’histoire ne fait que commencer.

      Quand on veut parler de style ou d’art ou d’Architecture, il faut être renseigné complètement au préalable, c’est la seule façon de pouvoir en débattre, car c’est une matière des plus ardues et buissonnantes, c’est l’histoire de la culture et donc l’histoire de tout ce qui a existé et laissé des traces. On n’entre pas dans ce temple sans en avoir étudié chaque pierre. Mais, on est toujours libre d’exprimer son goût personnel qui reste une toute autre affaire laissée au bon choix de chacun.

      J’ajoute que le modèle de cette architecture néo-médiévale fut la restauration du Château de Pierrefonds par Viollet-le-Duc. Et que cet engouement naquit dans les tableaux des artistes historicistes, lesquels avec une technique quasi photographique reconstituaient des scènes médiévales, comme aujourd’hui le cinéma et la 3D oeuvres en des reconstitutions néo-historicistes.

      Ces restaurations par Viollet-le-Duc étaient empreintes elles-mêmes de rêveries parfois approximatives. Et elles ont nourri tout le langage du néo-médiévisme dans l’architecture anglo-saxonne.

      Pour un expert dans l’art, il est évident que le château que vous montrez en illustration est d’un style éminemment Français, et sans considération de qui en aurait été l’architecte, un simple coup d’oeil en donne l’origine évidente.

      Dire le contraire, reviendrait à dire que le Capitol Building aux USA n’aurait rien d’Antique quand il est une pure expression de l’art néoclassique et Romain, avant même d’être une expression de l’ordre Grec Antique, puisque si écrasant et gigantesque, quand les ordres Grecs étaient à échelle humaine, plus harmonieuse.

      Et on ne peut parler d’art Américain natif, puisque ce n’est pas la naissance d’un style propre et détaché.

      Tout comme les Buildings et toute l’architecture de la skyline de New York proviennent directement du néo-classicisme aux formes épurées et de la diaspora surréaliste et du Bauhaus qui a fui le nazisme en Europe, et depuis de nombreux pays aux cultures bien différentes.

      Gropius, Mies van der Rohe etc. Ils ont créé le Style International du XXème siècle. Parce qu’il n’était plus originé quelque part, il était et pour la première fois espacé dans le monde entier.

      Même Disney est un avatar du style néo-médiéval (le château de Disneyland inspiré par les châteaux de Ludwig II), et inspiré par tout le style Biedermeier germanique et illustratif dans les arts et l’architecture qui a su reprendre les expressions historiées de l’architecture médiévale.

      Donc, ce n’est pas la nationalité d’un architecte qui déterminerait l’origine stylistique d’un bâtiment. C’est le style qui est exprimé dans l’oeuvre, que l’architecte l’ait cité ou qu’il ait fait partie d’un groupe exprimant cette tendance. Car les styles en architectures ont toujours été créés par des artistes plasticiens avant d’avoir été bâtis dans la pierre.

      Demy

  13. Ysengrimus said

    Lis bien attentivement ce que dit ici Demian West. Le style château est un trip romantico-anglo… C’est pas moi qui décide ça.

    Gélinas. Typique nombrilisme québéciste mytholâtre et factice. Tout de notre «civilisation» y est, faussetés factuelles frontales du Disneyland de Ben Béland et satanisme torontois inclusivement…

    On voit ton vrai visage, Gélinas. Habitant-chien-blanc, jusqu’au bout des dents… et menteur comme un petit voleur…

    • Demian West said

      Non, je n’ai pas dit ça.

      J’ai dit que c’est une création et un style né en France et que les Anglo-saxons ont voulu le préempter pour installer leur hégémonie sur le monde culturel. Car il convenait bien pour qu’ils expriment leur singularité historique.

      Le néo-médiévisme est Français d’origine : Baudelaire le premier et Victor Hugo et en architecture Viollet-le-Duc.

      Ce qui définit ce type même d’architecture néo-médiévale, c’est le mixte entre murailles et tours de châteaux de type défensif et le nombre invraisemblables de fenêtres ouvertes sur l’extérieur.

      Ce qui est un non sens médiéval.

      Car les châteaux forts n’avaient pas de fenêtres de ce type puisqu’ils étaient conçus pour défendre les habitants contre les agresseurs.

      Le premier qui fait construire des bâtiments avec de grandes fenêtres fut Louis XIV, parce qu’il voulait dire au monde qu’il ne craignait plus aucun agresseur. Ce qui fut entendu par tous les ambassadeurs de l’époque, le message était dissuasif.

      Aussi, il aimait beaucoup qu’on ouvrit les fenêtres tout le temps, car il avait un besoin constant de s’aérer pour sa bonne santé.

      Donc, votre château en illustration photographique ici, est tout ce qu’il y a de plus Français et originé dans la culture Française.

      Je vous dis tout ça sans m’immiscer dans la querelle, car vous avez tous les deux raisons, puisque les deux cultures Anglo-saxonne et Française sont à l’oeuvre dans le bâtiment, avec toutefois une prééminence bien Française.

      Le grand malentendu vient toujours du fait que les Francs qui firent la France parlaient un langage francique assez anglo-saxon, et ce fut toujours le prétexte pour coucher Clovis du côté des Goths. Alors que Clovis était un général Romain et bien intégré à la Rome Antique. Tout est vraiment plus complexe et mêlé qu’il n’y paraît et la plus grande circonspection est exigée si on veut savoir de quoi il retournait, si jamais quelqu’un en venait à bout jamais. 😀

      Pour être complet, il faut aussi rappeler que toute cette architectures aux faux airs anciens est en réalité une façade, un parement illusionniste.

      Car derrière ce sont briques accumulées sur des bases et structures en fer puis en acier, puisque cette architecture parlante a été rendue possible par le fonctionnalisme qui est ce style autorisé par le métal.

      En fait, dès l’origine, les architectes de Chicago pouvaient construire les premiers gratte-ciel sans ce décor de pierre en façade, mais ce décor est essentiel, puisqu’il est le discours ou le message idéologique de la puissance politique qui construit.

      Ces bâtiments sont comme des tours Eiffel dont on aurait caché la structure en métal centrale pour l’orner avec un décor de façades évoquant les ordres et la puissance romaine ou le féodalisme médiéval.

      Donc, lorsqu’on observe un de ces bâtiments il faut lire son discours en façade. Et ce château au Québec exprime avant tout un discours clairement… Européen ou de l’ancien monde. C’est ça le message.

      Comme s’il disait, nous sommes le nouveau monde mais nous venons de l’ancien, nous sommes les mêmes. Le lien est rétabli.

      Car il exprime surtout la peur devant les grands espaces vides qu’il fallait coloniser derrière cette façade, même s’il s’agissait dans le même temps d’un enthousiasme. Cette façade, retirez-là et c’est un saut dans le vide…

      Cette grande recherche d’ancrage historique par le nouveau monde, c’est cette chance qui a su revitaliser les anciennes valeurs républicaines de la Rome Antique et de la Vertu ! maintenant un peu perverties par les errements de la politique mondialiste, même un peu beaucoup 😀

      • Ysengrimus said

        «les Anglo-saxons ont voulu le préempter pour installer leur hégémonie sur le monde culturel.»

        Voilà, voilà… comme des sortes de Viollet-Leduc-Porridge. Et comprenons nous bien sur leur « hégémonie culturelle ». Elle s’est cassée la figure, hein, sans ambivalence… puisqu’on est ici et qu’on en cause…

  14. Patrice-Hans Perrier said

    Me revoici avec un commentaire synoptique et a-historique.

    Le billet d’Ysengrimus est morne à souhait, ça ne vaut pas la peine d’y apporter quoi que ce soit.

    Par contre, Demian West soulève de très importants points en faisant la lumière sur le rôle historique de Viollet-le-Duc.

    Viollet-le-Duc ne fut pas seulement un nostalgique de l’époque médiévale. Il est question d’un chercheur et d’un penseur qui s’est démarqué à l’époque où les luddites s’opposaient violemment aux surgeons de la révolution industrielle. William Morris, industriel passé du côté des Métiers d’Art, aura tenté de libérer une poignée de fidèles de l’emprise de la matrice industrielle afin de jeter les bases d’une Renaissance des métiers d’art (Arts & Crafts).

    Le courant est passé de la France à l’Angleterre, puis a pris un tournant en Allemagne et dans les plats pays. Puis, un second tressaillement s’est produit en France sous la houlette d’Émile Gallé et de l’école dite de Nancy.

    Le digne héritier de Gallé, Jean Prouvé, allait donner leurs lettres de noblesse à la ferblanterie et à la ferronnerie. Le très puriste Le Corbusier devra s’adjoindre les services de l’équipe de recherche de Prouvé afin d’être en mesure de résoudre certaines problématiques constructives l’empêchant de … construire des édifices réels.

    Le Moyen-Âge recèle un esprit structuraliste avant la lettre. Mais, le travail sur la matière est indissociable du travail spirituel.

    C’est ce qui va inspirer les tenants du modernisme pur et dur.

    Les nihilistes du mouvement De Stijl (Pays-Bas), du Bauhaus (Allemagne) ou du Suprématisme (Russie), sont les successeurs du travail négatif des loges noires.

    Ils questionnent, comme Viollet-le-Duc les propriétés de la matière et rejettent les faux-semblants de l’art du pastiche. Mais, s’il faut ouvrir une parenthèse, ouvrons-là:

    – la Renaissance, le Romantisme et le Post-Modernisme ne sont pas que des époques factices. La donne est plus complexe et intriquée.

    Donc, Viollet-le-Duc tentait, par un retour sur l’art médiéval, d’échapper à l’emprise de l’empire machiniste. Les tenants du modernisme ont plutôt rêvé d’associer l’homme et la machine (MAN MACHINE – KRAFTWERK). L’idée étant d’abolir le spirituel pour ne plus conserver que le temporel.

    un lien: http://vimeo.com/62708386

    Malevitch avec son tableau «carré blanc sur fond blanc» jette les bases du nihilisme culturel dès 1918.

    Les futuristes idolâtrent le progrès, la vitesse, la machine et la violence.

    Du Dadaïsme aux Femens, c’est la même continuité satanique qui s’impose: détruire par tous les moyens possibles la TRAME MÉDIÉVALE d’une culture chrétienne si prolixe et charnelle.

    Parce que derrière les défécations des Femens sur les autels de nos églises, se cache une subtile manipulation:

    Le culte du sexe, de l’idolâtrie et des victimes propitiatoires est un rituel qui mène à la mort.

    D’où l’importance suprême du fameux Crâne incrustés de diamants, oeuvre de Damien Hirst, grand maître d’une obédience factice.

    L’Oroboro des satanistes se mort la queue, nous avons fait le tour de la question.

    YSENGRIMUS, tel un pauvre convers, incapable de réussir sa probation d’écuyer novice pérore à hue et à dia.

    Le Québec revient, certes, de loin. Mais toutes les obédiences du monde ne parviendront jamais à effacer le disque dur de sa mémoire catholique.

    À bon entendeur, au plaisir de vous lire, mes frères et sœurs convers 😉

    • Demian West said

      Finalement, nous avons réussi à embrouiller plus encore la question, et par le biais de toutes nos explications. C’est ça qui est bien !

      Ce château c’est un truc comme le Louvre dans le roman de Dan Brown, il y a je ne sais quel mystère à l’œuvre.

      Pour moi, c’est une des portes ou trou de verre dans l’espace. Et si on observe bien, le Québec est une étrangeté unique dans l’Histoire. D’ailleurs on y parle encore le même langage que Louis XIV parlait et avec le même accent.

      Tout ça est cousu de fil blanc.

      Mieux encore, j’habite tout près d’une voie vers Paris qui s’appelle «Le pas du Roy» et ça sonne terriblement Québécois !

      Bon je retourne à mes machines à explorer les idées délaissées par tous les autres. 😀

      Bonne journée.

  15. Ysengrimus said

    «Ce château [Frontenac] c’est un truc comme le Louvre»…

    Ayoye, Achille et la tortue…

    • Demian West said

      Le Louvre c’est un drôle de binz, plein de boutiques et ce copies, de cantines et d’escaliers. Même des taureaux et des passages qui sentent l’urine des touristes, et j’y ai même rencontré un enfant que sa mère sud-américaine avait perdu, un touriste Australien qui n’a pu voir la Joconde car il avait sa jambe dans le plâtre (des milliers de bornes pour ça), et des vendeurs de sandwiches assiégés par des Japonais qui jettent les emballages dans tous les coins, et des flashes et des flashes de photos tous interdits mais constants, des guides, des gardiens de musée alcoolos, des bijoux de la couronne de France tous faux, et une belle fenêtre tout près pour les balancer au complice, des dragueuses venues du monde entier et une foule qui pue des pieds le Chanel devant la Joconde derrière sa vitre blindée contre les effluves de camembert et de Maroilles YSL… C’est un peu le sort de tous les Châteaux Frontenac de nos jours…Achille serait le passé, et notre présent la tortue, dans ce paradoxe du cruel Zénon plagié par Dan Brown.

      Laurendeau, vous ne trouvez pas que Louvre sonne comme le bruit des pas dans la neige, alors que Frontenac ça claque comme un coup de fouet ? Vu comme ça sur ce grand pied d’oreille, Frontenac fait plus Français et même du Sud que Louvre qui fait assez Québequois et en hiver. Tout est manière de sens déréglés, comme Rimbaud osait le penser…

      [Fronte-tabar-nac, ça joue aussi dans les sonorités locale. Et Louvre c’est aussi Douvres… Tout est dans tout si ce qui est est… – Ysengrimus]

      • Demian West said

        Ben quoi ? 😀 Douvresland ça nous rappelle juste que toute la cour de la première Elisabeth causait français et que cette nôtre langue était même la langue maternelle de Charles Quint, bref où est-elle cette culture Anglo-saxonne l’hégémonique, Monique Monique ? 😀

  16. Denis Gélinas said

    Laurendeau nous dit :

    « Et admirez ses remparts, qu’on prend pour des remparts français aussi mais qui furent érigés par les Britanniques en 1775, par peur de la Révolution Américaine (le vieux mur français fut détruit après la Conquête – il n’en reste rien) »

    Voici les faits:

    « Le mouvement de conservation démarre vraiment au départ de l’armée britannique en 1871 et avec l’arrivée d’un nouveau gouverneur général en 1872, lord Dufferin. Devant le projet de démolition des murs des fortifications, Dufferin intervient avec succès auprès du conseil de ville de Québec pour leur préservation et la reconstruction des portes permettant de les franchir dans le style des châteaux médiévaux que le Français Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc avait contribué à faire apprécier des Québécois. »

    référence: La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) – Bulletin |32, Memoires-Vives, Le Vieux-Québec : haut-lieu de l’Amérique française, témoin de l’héritage français.

    DG

    [Ce «mur de fortification» de 1871 était, lui aussi, anglais. Renseigne toi au lieu de faire du KEBEK-PR de bas calibre. Il ne reste plus rien du mur français. Ça m’amuse pas plus que toi. Mais faut être complexé en criffe-de-criffe de le nier aussi abruptement… – Ysengrimus]

  17. Denis Gélinas said

    Laurendeau nous dit:
    « D’ailleurs, pendant tout le 19ième siècle, Québec était une ville de garnison à majorité anglophone (vous avez bien lu). »

    Il laisse sous-entendre que la ville est à majorité anglaise en ajoutant:
    « C’est seulement vers 1870 que les canadiens-français descendant des campagnes inversèrent le rapport démographique de cette ville portuaire »

    Voici les faits historiques:

    « En 1790, la population de Québec s’élève à 6700 âmes, population qui comprend 1200 Britanniques et 5500 Canadiens (français). »

    « 1820-1850, l’on assiste à l’arrivée massive d’Irlandais à Québec »

    « En 1861, 44% de la population de Québec était de langue anglaise ». (Principalement due à l’immigration Irlandaise et Ecossaise)

    » Entre 1861 et 1871 départ des soldats Britaniques des exploiteurs et des fonctionnaires anglais vers Montréal et Ottawa »

    « En 1871, les Canadiens français forment 70% de la population contre 20% pour les Irlandais et 9% pour les Anglo-Écossais ».

    « En 1901, 7% de la population est anglophone ». (8 ans plus tôt on construit de Château Frontenac)

    « En 1971, 95,84% de la population de Québec est de langue maternelle française contre 0,83% de langue maternelle anglaise ».

    reférence: Marie-Odile Magnan-Mac Kay, 2005, Université Laval

    Laurendeau devrait s’informer avant de faire du « Québec bashing » avec un tel procédé littéraire.

    [Les lecteurs s’informeront aux sources et jugeront… Et la « muraille française » actuelle de la ville de Québec, tu l’attestes avec quelle source? – Ysengrimus]

  18. Denis Gélinas said

    Celle ci:

    La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) – Bulletin |32, Memoires-Vives, Le Vieux-Québec : haut-lieu de l’Amérique française, témoin de l’héritage français.

    [Envoye la citation qui dit texto que la muraille actuelle de la ville de Québec est celle d’avant 1760. Vas-y mon Gélinas, mythologise et civilise en grande… qu’on exemplifie un peu ta culture Coué de réappropriation in vivo… Et toi, Lionel Groulx: sors de ce corps! – Ysengrimus]

    • Denis Gélinas said

      Bon, ça suffit les insultes, Laurendeau.

      Je suis pas le premier que tu insultes quand on te contredit même poliment.

      Au revoir.

      DG

      [Donc pas de citation? Juste du « papa a dit, ça va faire »? C’est parce que les murs français de Québec ont été abattus par le conquérant britannique, brutal et odieux, tel qu’en lui même. Québec fut ensuite ré-fortifiée circa 1775 par les même susdits occupants par peur des troubles de Nouvelle-Angleterre. Y a pas de mal à ça, mon Gélinas. Ils sont à nous-autres quand même… Se remythologiser une appropriation « civilisationnelle » française de son être. Y a pas de mal à ça non plus. Même les ricains sont suavement venus nous aider à la faire avec le Chateau Frontenac, tabar… Le nier et ne pas l’admettre sereinement, par contre là, moi, non. Là, moi, je dis à Ludger Duvernay: sors de ce corps… Ça va comme ça? Parce que ton histoire de toc et tes statistiques bidons, ça, oui, ça, ça suffit… – Ysengrimus]

      • Denis Gélinas said

        Tiens pour la statistique bidon:

        ref: http://theses.ulaval.ca/archimede/fichiers/23079/ch02.html

        DG

        [Toujours rien sur les «murailles françaises»? – Ysengrimus]

      • Denis Gélinas said

        Pour les murailles française va te renseigner sur Google si le Bulletin 32 de La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) ne te suffit pas.

        Et pour les contruction Britanique «circa 1775 par les même susdits occupants par peur des troubles de Nouvelle-Angleterre» que tu affirmes avec aplomd je te signale ceci, on les entreprend qu’en 1808:

        « Au début du XIXe siècle, les Britanniques craignaient que les Américains, par suite de l’obtention de leur indépendance (1776), ne tentent d’annexer le Canada à leur territoire. Devant cette menace, Gother Mann, commandant des ingénieurs royaux du Canada (1785-1804) préconisa la construction de tours à Québec pour empêcher l’envahisseur de s’approcher des fortifications existantes. Ralph-Henry de Bruyères, successeur de Gother Mann, entreprend la construction de quatre tours à l’été de 1808. James Henry Craig, alors gouverneur de la colonie, fait exécuter les travaux sans l’autorisation de Londres qu’il met devant le fait accompli. En 1812, les tours sont terminées, prêtes à servir.

        Grâce à leur architecture propre, les tours Martello sont peu coûteuses à construire et faciles à défendre. Elles sont disposées à peu près parallèlement à l’enceinte sur toute la largeur du promontoire et se protègent mutuellement. Le mur ouest, qui fait face à l’ennemi, est plus épais alors que le mur est, plus mince, peut facilement être détruit à partir de l’enceinte en cas de prise par l’ennemi. Les deux tours du centre (no 2 et no 3) et celles situées aux deux extrémités, plus petites (no 1 et no 4), devaient abriter respectivement une garnison d’à peu près 20 et 12 hommes du régiment du Royal Artillery. Ces garnisons devaient prévoir leur subsistance pour une période d’environ un mois, soit jusqu’à leur relève. L’unique accès à la tour est situé à l’étage et est orienté vers l’est, c’est-à-dire vers l’enceinte. L’échelle amovible, une fois tirée à l’intérieur, rendait la tour inaccessible à l’ennemi. Il pouvait y avoir un crochet ou un palan au-dessus de la porte extérieure pour entrer et sortir les objets lourds. »

        Quatre petites tours « cheap » à l’anglaise.

        DG

        [Les lecteurs se documenteront et jugeront. Au fait Gélinas, merci. Ce débat de contenu te doir beaucoup. Et Vive le Québec Libre, hein. Pas d’ambivalence la-dessus… – Ysengrimus]

  19. Patrice-Hans Perrier said

    L’essentiel du sujet, ici, ne concerne pas les origines des fortifications de la ville de Québec. On parlait de civilisation, de Joual et de Pôpa et de Môman. Comme je me trouve face à une cohorte de sourds, je n’ai d’autres choix que de sortir mon argument exhibitionniste:

    le Québec n’existe pas. Point barre. C’est un diminutif qui nous a été conféré par les conquérants britanniques.

    Nous, de la Vallée du Saint-Laurent et des terres qui réverbèrent autour sommes les véritables canadiens.

    Le PQ – avatar maçonnique des socialistes français (la charte des valeurs en étant une preuve éclatante), pousse le concept révolutionnaire-tranquille de Kwébek à bout de bras et à bout de souffle.

    Nous n’avons pas besoin de nous séparer du Canada, il faut, à contrario, reprendre nos droits sur le Canada, puisque nous sommes, de facto, les authentiques canadiens.

    Les autres sont des sujets de la «British Crown Corporation».

  20. Denis Gélinas said

    Mon propos, mes commentaires et les sources que j’ai transmises n’avaient qu’un objectif, celui de rétablir certains aspects du texte proposé par Laurendeau/Ysengrim. Je n’ai pas de site web ou de blog à promouvoir ni de livres à vendre ni de notoriété à mousser. Ma carrière est derrière moi.

    Merci Demian West pour ton apport culturel sur l’architecture dans cette discussion, j’ai apprécié.

    Au revoir.

    DG

  21. HOUFFFF… alors, à propos des insultes : « On voit ton vrai visage Laurendeau, celui d’un prof bouffi de prétention et hargneux ayant fait carrière à Toronto et revenant finir ses jours au Québec pour nous chiez dessus.» (msg @ #comment-78970) Hâ mais fallait pas commencer ! C’est quoi ce salmigondis ? Pourtant, votre commentaire commençait bien, et ouvrait sur un débat qui fut, par la suite, joliment porté par quelques intervenants. Le camarade Ysengrimus en a, du reste, salué quelques uns, avant de vous renvoyer la bouse, monsieur Gélinas.

    Merci @ D.West d’avoir invoqué les mânes de Viollet-le-Duc dans cette affaire, le gars y est tout à sa place.

    • Denis Gélinas said

      Oui je sais, je réagis quelques fois sur un coup de feu quand un texte me provoque à ce point, voulu ou pas, par un auteur qui sait bien écrire. Je n’aurais pas pris la peine de réagir s’il avait été un quelquonque vulgaire.

      De gauche vive lui aussi, enfin je crois, j’ai perdu un peu mon sang froid nordique lorsque qu’il attibue la construction de fortifications et du château aux architectes plutôt qu’aux ouvriers. De surcroit l’écriture laisse à penser que ce sont les Britaniques qui ont cassé et porté les pierres, puisque supposément en majorité dans la ville, alors que ceux-ci, minoritaires, exercaient des professions libérales, de marchands avec des privilèges sur toute les importations que n’avaient pas les Canadiens français et de fonctionnaires.

      La moutarde vous monte jamais au nez vous? Donnez moi le talent de Laurendeau et je vous écris un article du même style sur la Normandie occupée et vous m’en donnerez des nouvelles, sur le coup.

      DG

      [Je n’ai évidemment jamais laissé entendre que le prolétariat québécois n’avait pas porté les blocs de pierre et fait la job sale sous l’occupant ou avant. – Ysengrimus]

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