Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

About FLQ [À propos du FLQ]

Publié par Ysengrimus le 15 septembre 2009

NOTE LIMINAIRE D’YSENGRIMUS:
DOMINIQUE GARAND,
DANS LE COMMENTAIRE INFRA INTITULÉ CET ARTICLE EST ERRONÉ,
A DÉMONTRÉ
QU’EFFECTIVEMENT CE DÉVELOPPEMENT
REPOSE SUR UNE ERREUR DE SOURCE.
ON M’A D’AUTRE PART SIGNALÉ
QUE C’EST EN FAIT LE RAPPORT DUCHAINE
QUI CONFIRME LA THÈSE
DE L’INNOCENCE MATÉRIELLE DE PAUL ROSE
(Marc Laurendeau dixit ici, entre 2:33 et 3:15).

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There are more and more of us who know and suffer under this terrorist society… FLQ Manifesto

[Nous sommes de plus en plus nombreux à connaître et à subir cette société terroriste… - Manifeste FLQ]

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Tiens, bondance, on reparle enfin du FLQ, un autre trait hautement parlant de notre civilisation québécoise. Je vais donc (re)faire ma part, et, cette fois-ci, en anglais, pour le fun, les pisse-froids, les becs fins et la bonne bouche mondaine:
[La traduction française suit]

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With the Front de libération du Québec as with anything else, you choose your party and you choose your historian. In 1970, I was twelve. The October Crisis contributed to the shaping my consciousness and my political understanding of the modern reality. I was from a people of water-carriers living under the yoke of a colonial oppressor. Fine… But everybody was saying that at the time, even the nationalist right: Union Nationale and Creditists. But the FLQ in their Manifesto were the very first to make understand to quebequers an analysis of their social reality they were not used to. Beneath national oppression, beneath Francos against Anglos, was a struggle more fundamental and more crucial: class struggle, the struggle between the capitalist class and the working class, of whatever nationality or ethnicity. That was most unusual in our local political folklore, stuffed with MAÎTRE CHEZ NOUS and garbage of that type. It had a major impact at the time. The FLQ Manifesto was a smashing hit, a big surprise for many. Hence, on Pierre Laporte‘s fate, I have chosen my party and my historian.

In his superb book titled POUR EN FINIR AVEC OCTOBRE, Francis Simard, one of the activists of the Cellule Chénier which abducted Laporte, explained that, during his captivity, the attitude of the Minister of Unemployment, as he is called in the Manifesto, was arrogant, degrading, vicious, and violent. He was screaming at them, lecturing them, bashing them. He had tried several times to escape, and his awareness of the political gravity of the situation was totally distorted by his obvious class condescendence. During one of his escape attempts, one of us, says Simard (presumably Jacques Rose) caught Laporte by the neck and threw him to the ground, and that was it. He was dead. Afterward, the Cellule Chénier decided that it was to be a collective action of the FLQ, and handled it as an execution. Even bullied at the trial, they never gave in the hands that had made the fatal gesture, because they did not accept their action to be trivialized as a common law crime. Paul Rose carried the burden for his brother, and held himself together all the way until today.

So, as far as I am concerned, Laporte got what he deserved for two reasons: 1- he behaved like an inconsistent empty headed French Canadian Elite Bully believing that all was owed to him, that he could interact with them as if he would with children, whereas the modest British diplomat James Cross, and several other politicians in Europe in the 1960′s and 1970′s who also were abducted by youths in revolt, kept their cool, handled the delicate situation they were in for what it was: an act of terrorist guerilla, and survived it. 2- more fundamentally Laporte got what he deserved because he, as all his lookalikes, is a criminal involved in a class war where for one casualty in the leisure class, foghorned everywhere in the media, you have hundreds of casualties in the working class swept under the carpet. The militants of the FLQ cellules Chénier and Libération have all my respect. They are major figures of Canadian history, crucial actors in the demonstration of the uselessness of narrow nationalist fights, and in the demonstration of the reality of class struggle as the motor force of history. This is my deep conviction, and the day I will not express it anymore, send flowers to my family: it will be because I am dead.

Source: SIMARD, Francis (1987), TALKING IT OUT: THE OCTOBER CRISIS FROM INSIDE, translated by David Howel, Guernica, Montréal, 191 p. [The French original, titled POUR EN FINIR AVEC OCTOBRE, and written in collaboration with all the members of the Cellule Chénier, was published in 1982 by Stanké.]

pour en finir avec octobre

Sur le Front de Libération du Québec comme sur quoi que ce soit d’autre, tu choisis ton parti et tu choisis ton historien. En 1970, j’avais douze ans. La Crise d’Octobre a contribué à configurer ma conscience et ma compréhension politique de la réalité moderne. J’étais issu d’un peuple de porteurs d’eau vivant sous le carcan d’une oppression coloniale. Bon… très bien… Mais tout le monde disait ça à l’époque, même la droite nationaliste: Union Nationale et Parti Créditiste. Mais le FLQ dans leur manifeste furent les tous premiers à faire saisir aux québécois une analyse de leur réalité sociale qui ne leur était pas très familière. Aux tréfonds de l’oppression nationale, en dessous du conflit des Francos contre les Anglos se niche un conflit plus profond et plus fondamental: celui de la lutte des classes, de la lutte entre la classe capitaliste et la classe ouvrière, quelles que soient les origines nationales ou ethniques des uns et des autres. C’était vraiment des plus inusité, ça, au sein de notre folklore politique, surchargé de MAÎTRE CHEZ NOUS et autres détritus dans le genre. L’impact fut majeur, à l’époque. Le Manifeste FLQ fit un tabac pas possible, et cela fut une surprise pour bien des gens. Conséquemment, sur le sort de Pierre Laporte, j’ai choisi mon parti et j’ai choisi mon historien.

Dans son superbe ouvrage, intitiulé POUR EN FINIR AVEC OCTOBRE, Francis Simard, un des activistes de la Cellule Chénier qui avait enlevé Laporte, explique que, lors de sa captivité, l’attitude du Ministre du Chômage, comme on le désigne dans le Manifeste, était arrogante, baveuse, vicieuse et violente. Il leur criait par la tête, leur faisait la leçon et les bousculait. Il avait tenté à plusieurs reprises de fuir et sa compréhension de la délicate situation politique dans laquelle il se trouvait était complètement brouillée par son évidente condescendance de classe. Lors d’une de ses tentatives de fuite, l’un d’entre nous, dit Simard (on présume que c’est Jacques Rose), attrapa Laporte par le cou et le jeta fermement sur le sol. Et ce fut tout. Il était mort. Après coup, la Cellule Chénier décida que ça serait un acte collectif du FLQ, à traiter comme une exécution. Même quand on chercha à les intimider au procès, jamais ils ne fournirent l’identité de la personne qui avait posé le geste fatal, car ils jugeaient inacceptable que leur action soit banalisée en crime de droit commun. Paul Rose porta le poids du geste de son frère, et tint le coup, ferme et solide, jusqu’à nos jours.

Alors, en ce qui me concerne, Laporte a eu ce qu’il méritait pour deux raisons. 1- il s’est comporté comme un gros bras petite tête incohérent de l’élite canadienne française, en s’imaginant que tout lui était du, qu’il pouvait agir comme s’il avait affaire à des enfants, tandis que le modeste diplomate britannique James Cross, et plusieurs autres hommes politiques européens des années 1960 et 1970 qui furent aussi enlevés par des jeunes en révolte, restèrent bien calmes, gérèrent la délicate situation dans laquelle ils se trouvaient pour ce qu’elle était vraiment: un acte de guérilla terroriste, et s’en sortirent vivants. 2- plus fondamentalement, Laporte a eu ce qu’il méritait parce que lui, et tous ses semblables, sont des criminels impliqués dans une guerre de classe où, pour une perte dans la classe élitaire, claironnée partout dans les médias, des centaines de pertes de vies de la classe ouvrière sont glissées en douce sous le tapis. Les militants des Cellules Chénier et Libération ont tout mon respect. Ce sont des figures majeures de l’histoire canadienne, des acteurs cruciaux dans la démonstration de la futilité des luttes nationalistes étroites, et dans la démonstration de la réalité de la lutte des classes comme force motrice de l’Histoire. Ceci est ma conviction la plus profonde et le jour où je cesserai de l’exprimer, veuillez envoyer des fleurs à ma famille: ce sera que je serai mort.

Source: SIMARD, Francis (1982), en collaboration avec tous les membres de la Cellule Chénier, POUR EN FINIR AVEC OCTOBRE, Stanké, 221 p. [La version anglaise, intitulée TALKING IT OUT: THE OCTOBER CRISIS FROM INSIDE, traduite par David Howel,  est parue chez Guernica à Montréal]

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18 Réponses à “About FLQ [À propos du FLQ]”

  1. Bordel. C’est intéressant!

  2. Faut dire que l’auteur est bien plus un témoin qu’un historien…

    [Les témoins ne sont pas obligatoirement les meilleurs historiens, mais ils en sont souvent de fort bons... - Ysengrimus]

  3. Euh… il méritait de mourir parce qu’il protestait et n’est pas resté calme. Il "méritait" de mourir? Vraiment?

    • ysengrimus a dit

      Pierre Laporte méritait de mourir mille fois plus que nos 130 petits gars morts brutalement en Afghanistan au sortir de l’enfance, parce qu’on leur a ouvertement menti sur "la vie dans les forces", et, ce, sans guillemets sur mériter encore. Il méritait de mourir un million de fois plus que le très méconnu caporal Dumas, au milieu d’un groupe de chauffeurs d’autobus en grève. Voyez pas c’est qui le caporal Dumas? Relisez votre Manifeste FLQ:

      …le monopole exclusif de l’écœurant Murray Hill et de son propriétaire-assassin Charles Hershorn et de son fils Paul qui, à maintes reprises, le soir du 7 octobre, arracha des mains de ses employés le fusil de calibre 12 pour tirer sur les chauffeurs et blesser ainsi mortellement le caporal Dumas, tué en tant que manifestant…

      C’est ça la guerre de classe, madame…

  4. Personnellement, je n’arrive pas à croire qu’aucun média nous a rappellé le rôle de la GRC dans toute cette Histoire.

    «Laporte a eu ce qu’il méritait»

    Un meurtre reste un meurtre. On a privé Laporte de son droit de vivre, point. Par contre, certaines personnes pensent que c’est la mafia qui l’a fait disparaître et qui a juste profité de la Crise d’Octobre comme prétexte pour faire porter le chapeau au FLQ. Laporte devait beaucoup d’argent au Parti libéral, suite à sa campagne à la chefferie.

    Laporte était le chum de William O’Grant, un mafiosi dont le nom a sorti dans le scandale sur la viande avariée en 1975. Laporte aurait emprunté 300 000$ au Parti libéral en promettant de les rembourser, parce qu’il était sûr de gagner contre Bourassa. Là, il était un peu mal pris, ça fait que pour rembourser le 300 000$, il semblerait qu’il servait de boîte postale pour l’argent sale entre la mafia et le Parti libéral.

    Il se serait servi à même l’argent et la mafia s’en serait débarrassé et, ça adonnait bien, c’était la Crise d’Octobre.

    • ysengrimus a dit

      Les victimes afghanes des exactions contemporaines de l’armée canadienne ont été un peu pas mal privées de leur droit de vivre, depuis 2002. On n’en parle JAMAIS. On ne sait même pas leur nombre exact. Pourtant… un meurtre reste un meurtre…

      Votre analyse contre-terroriste du sort de Laporte est intriguante (des idées de ce type ont circulé à l’époque, je m’en souviens parfaitement). Je ne la retrouve cependant pas sous la plume de mon historien, Francis Simard…

      • Dominique Garand a dit

        C’est Vallières et Ferron qui ont lancé cette hypothèse.

        Ysengrimus, je ne suis pas d’accord avec l’idée de choisir son historien et de s’en tenir à lui (ce qui vous pousse presque à dire: puisque mon historien n’en parle pas, ça n’existe pas pour moi). On se doit au contraire de confronter les historiens et les témoins entre eux, voir d’où ils parlent, quels sont leurs intérêts dans l’affaire, être attentif aux lacunes de leurs récits. S’en remettre à un seul sans le mettre à l’épreuve, c’est lui donner d’emblée trop d’autorité.

        [Bien évidemment qu'il faut comparer avant de choisir. Comparaison faite. Retenu: Francis Simard. Des objections de contenu précises? - Ysengrimus]

      • Dominique Garand a dit

        Simard est un témoin, pas un historien. Pour l’historien, la parole d’un témoin est toujours capitale, surtout s’il s’agit d’un témoin de première ligne comme Simard. Mais une certaine circonspection s’impose. D’abord, le témoin ne peut rendre compte d’un fait que depuis la perspective individuelle qui est la sienne; et même s’il était un acteur de premier plan, bien des choses peuvent lui avoir échappé. Deuxièmement, la mémoire n’est pas toujours fiable et le témoin peut (pour diverses raisons, parfois à son insu) réarranger les faits.

        Le récit de Simard cache quelque chose au sujet de la mort de Laporte; il est tenu par un secret, c’est patent. Le titre même de son livre, Pour en finir avec octobre ne me plaît pas (comme tous les titres qui commencent par «pour en finir avec»): il se confère inconsidérément une position d’autorité, la prétention d’avoir le dernier mot. Mais ça ne demeure que SON récit et un bon historien ne peut s’en remettre qu’à lui.

        [Tu raisonnes formellement, en hypertrophiant abstraitement la distinction témoin/historien. La converse abstraite de ton raisonnement est la suivante: tu ne peux pas, dans l'absolu ainsi, affirmer qu'un témoin du temps ne peut pas être historien. Il peut parfaitement l'être s'il rencontre les critères requis d'adéquation aux faits historiques. Pour sortir de l'abstraction unilatéraliste ("Il n'est pas historien"... "Je n'aime pas le titre de son ouvrage"...) que tu cultives ici, il faudrait répondre à la seule question qui discréditerait effectivement Simard comme historien. La suivante: qu'y a t'il de non factuel, de non valide, en un mot, de faux, dans ce qu'il nous rapporte? - Ysengrimus]

  5. Bonsoir, ces articles ne laissent personne indifférent…

    Pascal.

  6. Lucie a dit

    Je ne sais pas si je suis d’accord avec le fait que Laporte ai *mérité* de mourir, mais je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il a couru apres le trouble, de par son arrogance et son attitude.

    Il n’y a qu’à voir ceux qui ont survécu: Ingrid Betancourt et cie.

    filleduroi

  7. Dominique Garand a dit

    Cette idée de mériter sa mort est odieuse, même si manifestement Laporte a «cherché le trouble». Et l’argument justifiant ce mérite en évoquant des morts plus injustes est un sophisme. Ce n’est pas parce que Monsieur Dumas a été tué injustement que ça m’autorise à tuer Laporte sous prétexte qu’il serait moins innocent. Cette logique n’a pas de fin et, en bout de ligne, il faut se demander qui est légitimé à décider du mérite de tout un chacun. Dumas était peut-être un meilleur homme que Laporte, mais d’autres étaient de pires crapules que ce dernier et n’ont pas été tuées, ce qui peut sembler bien injuste pour Laporte…

    [Dominique, fais pas ton Tartuffe. Un clin roule à 250 km/h en cacassant sur son portable, prend le clos et capote. Un autre descend dans la cage au tigre pour lui papouiller le gras du menton. Les deux en meurent. Ont-ils eu ce qu'ils méritaient? Un peu quand-même... - Ysengrimus]

    • Dominique Garand a dit

      Pas une once de tartufferie dans mon commentaire. La comparaison avec l’automobiliste n’est pas acceptable. Laporte jouait au ballon avec son fils quand il a été enlevé. Relis les témoignages des ravisseurs: ils avaient en tête quelqu’un d’autre et se sont rabattus sur Laporte de manière presque aléatoire.

      En bout de ligne, on pourrait s’interroger sur le fait que le représentant de l’ennemi (Cross) a été épargné et que c’est le semblable (Laporte) qui a été tué. Laporte, jusque dans ce côté «arrogant» que tu épingles, était le miroir de ses ravisseurs. Et sa mort a beaucoup nui au mouvement séparatiste.

      Moi, j’abonde dans le sens de Ferron (relire son texte: «Une mort de trop», où il s’en prend au gouvernement et non aux felquistes, mais sans condamner Laporte). Simard, trop préoccupé de sauver sa figure de héros, ne veut pas admettre qu’il a été manipulé et qu’en bout de ligne, lui et sa gang ont agi en cons.

      [L'aléatoire aurait été de ramasser n'importe quel citoyen. Le terrorisme d'assassinat de masse contemporain est aléatoire... Ici, ils ont changé le plan initial certes, mais ils n'ont pas cueilli un type qui jouait au ballon, mais bel et bien le ministre du travail du Québec, le ministre du chômage, comme dit le Manifeste. Je ne vois pas en quoi un diplomate est plus "différent" qu'un ministre, sauf à ethnicisier excessivement la notion de différence. Et... si quelqu'un a agi en con, c'est Laporte lui-même. Pas con, il aurait justement fini comme Cross, c'est-à-dire qu'il serait encore dans le coin et s'en ficherait bien. - Ysengrimus]

      • Dominique Garand a dit

        Je poursuits l’échange commencé au point 4.

        Le témoignage de Simard est un document inestimable, que tout historien doit prendre en considération. Mais c’est avant tout un plaidoyer et un ouvrage de légitimation. Vous me défiez de prouver que le témoignage est faux. Telle n’est pas la question! Avez-vous vous-même prouvé que les autres livres sur Octobre étaient faux avant de choisir celui de Simard? Je ne conteste nullement la véracité du témoignage de ce dernier, qui d’ailleurs fait des pieds et des mains pour qu’on croie à sa sincérité. De fait, je le crois. Mais l’histoire n’est pas un travail de croyance. Et tout aussi vrai qu’il soit, ce témoignage ne permet pas une compréhension large de ces événements. Là-dessus je vous renvoie à Paul Veyne qui dit à peu près que le témoignage que Napoléon pourrait nous donner sur la bataille de Waterloo ne ferait pas autorité pour un historien, qui ne rend pas compte des événements du point de vue de l’individu singulier. Ainsi, le témoignage de Simard ne nous dit rien des actions et des volontés du gouvernement, des manigances de la police, des pourparlers entre Trudeau, Bourassa, Drapeau, la GRC. Des États-Unis pas loin, sur le pied d’alerte et prêts à intervenir. Etc etc.

        Autre point. Il est faux de prétendre que Laporte n’a pas eu la bonne réaction et qu’il était resté tranquille, il serait encore en vie. Je vous rappelle Aldo Moro, qui est resté parfaitement tranquille, auquel les Brigades rouges, ses ravisseurs, s’étaient attachés, et qu’ils ont tué quand même. Pour Laporte, relisez Simard, p. 193-195 : ils l’ont tué parce que le libérer c’eût été donner raison au Pouvoir. Ils l’ont tué pour des raisons de logique politique.

  8. Jean-François Belliard a dit

    À tous ceux que la présente concerne,

    Mon nom est Gilbert Belliard. Le nom de ma mère est Jeanne d’Arc Bolduc. Le nom de mon père est Marcel Belliard. Je suis né en 1960, dans l’atmosphère du " Maître chez nous". Malgré des drames en petite enfance, le directeur de l’école Sanguinet de Montréal implora ma mère de m’inscrire à l’école privée pour surdoué.

    Au printemps 1980, avant le premier référendum, durant une partie de hockey au Forum de Montréal, je déambulais dans les gradins avec une pancarte " OUI ". Des policiers du Forum m’ont battu, m’ont donné arrêté et à battre par les policiers du poste de police voisin lesquels m’ont transporté au Quartier général de la Sûreté du Québec rue Parthenais où je fut à nouveau battu, humilié, placé nu dans une cellule puis gardé à l’infirmerie par le Docteur Claude Frenette.

    Ma mère ayant signalé ma disparition, m’y découvrit détenu pendant trois semaines, sans communication avec l’extérieur ni droit à l’avocat. La jurisprudence de la Loi sur les mesures de guerre de 1970 s’appliquait. Près d’une année plus tard, en cour municipale, la couronne n’avait pas de preuve à déposer.

    J’ai laissé dans le deuil, en plus de mes parents, cinq frères et trois sœurs, depuis mon suicide le vendredi saint de 1983.

    Par Jean-François Belliard, le 7 octobre 2010

  9. Dominique Garand a dit

    CET ARTICLE EST ERRONÉ

    Ysengrimus, ça va mal parce que vous n’êtes même pas fidèle à votre historien! Je viens de relire le passage du livre de Simard où il parle de la captivité de Laporte et de sa mort (tout le chapitre deux, et un court passage à la fin). Nulle part je n’ai trouvé le bout que vous mentionnez, je vous cite:

    «Dans son superbe ouvrage, intitiulé POUR EN FINIR AVEC OCTOBRE, Francis Simard, un des activistes de la Cellule Chénier qui avait enlevé Laporte, explique que, lors de sa captivité, l’attitude du Ministre du Chômage, comme on le désigne dans le Manifeste, était arrogante, baveuse, vicieuse et violente. Il leur criait par la tête, leur faisait la leçon et les bousculait. Il avait tenté à plusieurs reprises de fuir et sa compréhension de la délicate situation politique dans laquelle il se trouvait était complètement brouillée par son évidente condescendance de classe. Lors d’une de ses tentatives de fuite, l’un d’entre nous, dit Simard (on présume que c’est Paul Rose), attrapa Laporte par le cou et le jeta fermement sur le sol. Et ce fut tout. Il était mort.»

    Jamais Simard ne dit qu’ils l’ont jeté fermement au sol. Vous avez dû piger ça ailleurs. Par ailleurs, jamais Simard ne dit que Laporte était arrogant. Au contraire, il le présente comme une personne abattue, qui a eu un moment de joie au moment où il a pensé que le gouvernement accepterait les conditions du FLQ. Et Simard ajoute que Laporte proposait des solutions pour les «gars de Lapalme». Et il leur a payé le lunch (du poulet qu’ils ont fait venir). Jamais Simard ne dit, comme vous, que Laporte a mérité sa mort. Au contraire, il ne cesse de dire que c’est une horreur d’y repenser et que c’est quasiment par panique, vraiment pas à l’aise avec ce qu’ils faisaient, qu’ils en ont fini avec lui.

    Bref, votre conception du travail de l’historien est tellement lousse (voir mon intervention plus haut) que vous déformez même votre principale source, le livre qui fait pour vous autorité.

    [J'ai vérifié. Tu as raison. Mon article est erroné - Ysengrimus]

  10. Georges Langlois a dit

    L’attitude de Laporte pendant sa captivité n’est décrite que par un seul témoin, qui a intérêt à montrer que le captif a bien couru après son sort. C’est ça que vous considérez comme un témoignage valable? Et c’est lui que vous choisissez comme "historien"?

    Vous pourriez aussi mieux vous renseigner auprès de sources plus fiables: vous dites qu’on "présume que c’est Paul Rose" qui a posé le geste fatal, alors que tout le monde sait, de façon absolument certaine et depuis plus de trente ans, que Paul Rose n’était pas dans la maison de la rue Armstrong depuis plusieurs jours au moment du meurtre. Vous devriez choisir de meilleurs historiens!

    [Des recommendations? - Ysengrimus]

    • Georges Langlois a dit

      Me Jean-François DUCHAINE, Rapport sur les événements d’octobre 1970, Gouvernement du Québec, Ministère de la Justice, 2è édition, 1981.

      Louis FOURNIER, F.L.Q. Histoire d’un mouvement clandestin,, Montréal, Québec-Amérique, 1982.

      Marc LAURENDEAU, Les Québécois violents, 2è éd., Montréal, Boréal, 1975.

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