Le Carnet d'Ysengrimus

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Il y a vingt ans, THE WEDDING PLANNER

Posted by Ysengrimus sur 15 septembre 2021

wedding_planner

Partons de Jennifer Lopez. C’est une artiste foutue, de tous les points de vue. Sa musique début de siècle est déjà démodée, ses lignes de parfums coulent en cascade dans le caniveau fétide de nos oublis hâtifs et n’y sentent pas spécialement bon, ses photos fixes sont déjà les fleurons flétris d’une époque surfaite, ses affaires de cœur inanes n’intéressent plus, et sa propension compulsive à s’associer artistiquement à tout ce qui est sociologiquement réactionnaire la voue à une pérennité inexistante. À trop vouloir jouer les vedettes affairistes, on finit complètement étouffée par la boucane opaque du feu de paille de sa propre petite œuvre, tapageusement manufacturée. Je n’attendais donc rien de Jennifer Lopez, quand j’ai vu The wedding Planner. Les esprits chafouins se demanderont, fort légitimement d’ailleurs, comment j’ai pu m’asseoir devant un film mettant en vedette une personnalité que je juge sans ambivalence si peu artistiquement intéressante. Réponse: j’ai pris l’avion. Un voyage en avion est l’opportunité parfaite de se mettre en contact avec ces échantillons de cinéma de masse que l’on fuirait à toutes jambes autrement. C’est en avion que j’ai donc vu, entre 2001 et 2005, l’intégralité de mon corpus cinématographique me commettant avec Jennifer Lopez: Angel Eyes (trop sidérant, il faudra qu’on en reparle), Maid in Manhattan (promo frontale et explicite du vote républicain chez les petites gens), Monster-in-Law (où elle donne la réplique à Jane Fonda. Une torture), et Enough (qui porte vachement bien son titre). J’ai eu la sublime chance d’éviter Gigli, son four suprême (un jour peut-être. Le plus tard possible). Bref, comme ma loi de fer en avion est de ne jamais prendre le repas et de toujours regarder le film (absolument TOUT est valable pour tuer le temps en avion), j’ai donc vu The wedding planner, un peu après sa sortie en 2001, et je le revois aujourd’hui, vingt ans plus tard, en compagnie de Reinardus-le-goupil. Et… et c’est ici que Lopez acquiert une dimension vivement paradoxale qui mérite tout de même un petit arrêt. Ces films auxquels Jennifer Lopez s’associe (car il faut toujours qu’elle touche un peu à tout, hein: production, écriture, casting  – c’est son petit drame pragmatiste. Elle se croit douée pour tout, vue que douée pour faire du fric) sont donc irrémédiablement mauvais. Ce sont des petites catastrophes, des navets ineptes, plats et rebattus. Aussi, ah, si Jennifer Lopez avait la cohérence émotionnelle et intellectuelle d’être mauvaise actrice, comme Madonna ou Julia Roberts par exemple, tout serait dans le bon ordre des choses… Et c’est ici que la bizarrerie jaillit. Quand on scrute un peu la trajectoire de Lopez, on découvre qu’elle a, en fait, débuté comme actrice, pas comme danseuse, choriste, ou chanteuse. Cela pourrait ne rien vouloir dire, et pourtant… bon, lâchons le morceau, je suis absolument ébloui par Jennifer Lopez, actrice.

Je vous convoque donc à un fort bizarre exercice de curiosité. Il n’est pas dans mon habitude de cultiver ou de promouvoir le visionnement cinématographique sélectif mais ici, autour de cette personnalité qui reste, bon an mal an, une bien insolite icône, c’est vraiment trop intriguant. Il faut isoler les plans, isoler Lopez (et les acteurs et actrices qui l’entourent) du reste du marasme auquel elle contribue. Il faut visionner par plans, et c’est alors un étonnement complet. Quelle extraordinaire comédienne, juste, sentie, capable de nous éclabousser en plein visage, avec force et sobriété, des émotions les plus nuancées. Quel talent et quel gaspillage de talent… Car Lopez est lumineuse et poignante dans ce ratage cinématographique d’une bonne vingtaine de films qui ne valent rien, absolument rien, une ineptie intégrale, si bien qu’elle coule irrémédiablement avec. Bon, The wedding planner, si tant est qu’il faille en dire quelque chose. Début de notre siècle, les mariages des représentants du gratin huppé de San Francisco sont des réalisations pharaoniques à grand déploiement qui doivent faire l’objet d’une planification aussi méticuleuse et détaillée que cynique et insensible. Mary Fiore (Jennifer Lopez) est une planificatrice de mariages, ayant pignons sur rue. Compulsive, contrôlante, manipulatrice, arrivée, «professionnelle» jusqu’au bout des ongles, elle aligne ses cartes de crédit par ordre alphabétique dans son portefeuille, aspire à devenir partenaire principale dans la firme de planification des cérémonies de mariage dont elle est la tonitruante locomotive, et est célibataire, orpheline de mère, solitaire et, dans le fond, triste comme les pierres. Maria va se retrouver au centre de deux tensions, l’une progressiste mais impliquant un dilemme, l’autre sans dilemme, mais tristounettement rétrograde. Dans des circonstances se voulant romanesques mais, en fait, parfaitement inopérantes ici, comme dans le reste de ce navet, Maria rencontre, au hasard des rues de Frisco, Steve Edison (Matthew McConaughey, insupportable d’un bout à l’autre), un médecin pédiatre qui la fait danser et rêver, dans un petit cinéparc calme et tamisé. Manque de bol, Maria travaille en ce moment sur le mariage le plus cyclopéen de sa carrière, celui de la richissime socialite de la Cité sur la Baie, Fran Donolly (Bridgette Wilson) avec un epsilon inconnu qui s’avèrera être nul autre que… Steve Edison, le médecin pédiatre dont Maria vient de faire si fortuitement la connaissance. Dilemme: trahir et aimer ou rester professionnelle et souffrir une seconde grande peine d’amour à vie. Maria est déchirée et chaque échancrure de son déchirement nous saisit à la gorge. Voilà le dilemme qui forcerait Maria à progresser dans la direction d’une prise de distance critique face au cynisme mondain de sa profession. Dans l’autre direction, plus vernaculaire, pointera son dilemme rétrograde. Le vieux papa veuf et gentil de Maria, le doux Salvatore (campé fort suavement par Alex Rocco) vient de ressortir, de la naphtaline du passé, le bon Massimo (Justin Chambers, acteur capable mais, ici, tellement mal dirigé). Salvatore s’est mis dans la tête de convaincre sa fille Maria d’épouser Massimo, dont elle ne veut pas spécialement. À son premier dilemme, flamboyant, mondain, à la Hélène de Troie, Maria voit s’en ajouter un second, feutré, familial, à la Maria Chapdelaine. Opter pour l’homme que vous aimez, mariage passion, ou y aller pour l’homme qui vous aime sans réciprocité, mariage arrangé. Cette dualité biscornue des situations donne à notre incroyable Lopez l’opportunité de faire ressortir le thème le plus saillant de ce difficultueux exercice, celui du clivage des origines de classes. Maria passe de son rôle aseptisé de planificatrice hyperactive du centre-ville, donnant la réplique à son assistante, la bouillante Penny (July Greer, actrice très capable, mais dont le rôle est écrit au ballet à chiottes) à celui de la fragile italo-américaine solitaire, orpheline de mère, jouant au scrabble avec Massimo, son bon papa Salvatore, et leur sympathique bande de petites gens, modestes et patients, des bas quartiers. Lopez domine cette variation si américaine du registre social des rôles avec un brio étonnant et en rend les traits parfaitement crédibles. Cela révèle indubitablement la mine d’or non exploitée d’un vaste registre. Pas vedette pour deux sous en plus, Jennifer joue soutien aussi, avec un solide sens du métier. Les acteurs et les actrices lui donnant la réplique sont magnifiquement mis en valeur par son beau travail discret, direct, toujours intense et senti. C’est purement et simplement sidérant. Jennifer Lopez, actrice, frappe juste à tous les coups, orchestre superbement nuancé et tempéré, sur le pont du Titanic…

Ce scénario, dans le registre circonscrit de la comédie sentimentale, pourrait être parfaitement honorable, mais le traitement est raté, raté, raté. Je vous préviens à corps et à cris: The wedding planner, c’est un film raté. Un exemple parmi mille: bien… l’inévitable scène équestre, tiens. Il faut évidemment que, lors d’une randonnée équestre, Steve sauve Maria, dont le cheval a pris le mors aux dents. Reinardus-le-goupil, cavalier émérite, a aussitôt poussé les hauts cris. La scène est une insulte frontale à l’intelligence élémentaire de quiconque s’est assis ne fut-ce qu’une seule fois sur le dos d’un cheval. Point final. Toute l’écriture de ce navet dérisoire est à l’avenant de ce simple exemple concret. Seul le jeu, à la fois fin et dentelé, rude et populaire, d’une Lopez qui s’engloutit intégralement dans son personnage, présente de l’intérêt et cela, claironnons-le encore et encore, ne sauve en rien l’entreprise. Je vous fais une prédiction, pas contre. Jennifer Lopez, qui a eu cinquante ans en 2019 et dont le vedettariat planétaire décline à bon rythme désormais, nous reviendra bien, un jour, plus modeste, moins étoile foutue, plus naturelle. Et surtout, elle nous reviendra en tant qu’actrice… Si elle peut rencontrer un metteur ou une metteuse en scène potable, et, surtout, se laisser porter un peu par un script qui se tient, se contenter de jouer, et laisser le reste de la production faire son boulot par elle-même, elle nous réserve une ou deux surprises cinéma pas piquées des hannetons, dans un avenir pas trop lointain. Parole d’Ysengrim.

The Wedding Planner, 2001, Adam Shankman, film américain avec Jennifer Lopez, Matthew McConaughey, Bridgette Wilson, Alex Rocco, Justin Chambers, Judy Greer, 103 minutes.

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BEWITCHED, toujours ensorcelant envers et contre tous

Posted by Ysengrimus sur 7 février 2015

bewitched

Il y a des films qui méritent mieux que leur sort au guichet ou face à cette mitraille de stéréotypes biaisés que peut parfois éructer la critique cinématographique de nos folliculaires papiers et électroniques. Vieux déjà de dix ans, Bewitched est un de ceux-là. Équarri par la critique, boudé du public, cette réminiscence de la fameuse série télévisé Bewitched (Ma sorcière bien aimée) fait l’objet de mon approbation entière, joyeuse, amie et inconditionnelle. Mais un mot d’abord sur ce qui fit sa perte. J’y vois trois causes. D’abord ces films réminiscences de vieilles séries télévisuelles marchent toujours sur des œufs. La phalange dense et rigide des admirateurs de la série télévisée originale va se rameuter, en marchant au pas de l’oie, et campera sans concession un paradoxe insoluble: si le film s’éloigne trop de la série initiale il aura trahi, s’il colle trop à la série initiale il aura fait preuve d’un suivisme sans imagination. Aussi, on ne gagne pas bien souvent à ce petit jeu là. Ici c’est la première condamnation qui se manifestera, Bewitched, le film, sera accusé d’avoir trahi l’esprit de la série télévisuelle d’origine. Second problème: la comédie sentimentale est un genre qui n’a pas que des amis. Les hommes s’y ennuient, les intellectuels la méprisent, les critiques en vivent, tout en la raillant. Elle est l’équivalent cinéma du vieux vaudeville boulevardier, et les comédies sentimentales qui font des succès au guichet sont presque toujours des films cendrillon qu’on n’attendait pas et dont, d’une certaine façon, l’industrie cinématographique, qui cible encore passablement un bon gros public masculin bien couillu, ne veut pas vraiment. Bewitched ne bénéficia pas de cette chance largement imprévisible qu’ont eu certaines comédies sentimentales, cette fois. On y verra un chick flick (film de filles), au pire sens du terme, sans plus. Troisième et ultime problème: madame Nora Ephron (1941-2012), la réalisatrice. Pour toutes sortes de raisons tataouinantes procédant des arcanes fumeuse et byzantines du bottin mondain, la critique journalistique était braquée contre cette réalisatrice. Tant et tant que, dans certain cas, la critique du temps semble avoir vomi son fiel sur madame Nora Ephron en personne plutôt que d’avoir effectivement regardé le film. Bewitched est, disons la chose comme elle est, un des films où mon jugement personnel s’est inscrit le plus ouvertement en faux face à celui des critiques à la mode qui le commentèrent.

Jouons le jeu s’il vous plait et laissons nous ensorceler, sans autre forme de procès. La toute ingénue, mais fermement déterminée, Isabel Bigelow (une Nicole Kidman éblouissante et pétillante comme un champagne fin) monte sur son balai et quitte le monde des sorciers et des sorcières. L’omnipotence des pouvoirs magiques, dont elle est bien plus dépendante qu’elle n’accepte de se l’admettre à elle-même, la lasse. Elle veut vivre sur terre et connaître et découvrir les vertus de l’effort réel et du travail effectif. Elle veut, d’une certaine façon, sortir de l’enfance de la féminité mythologique traditionnelle. Son père, Nigel Bigelow (Michael Caine, toujours aussi juste), homme à la fois doux et insistant, se lance à ses trousses, dans un effort visant à lui démontrer le caractère futile et irréalisable d’un renoncement à quelque chose d’aussi indécrottable que l’omnipotence magique. Tandis que le débat entre ces deux là nous emplis déjà de toute la tendresse chafouine et chamailleuse des relations père-fille, nous découvrons les déboires et arguties, celles-là toutes terrestres, auxquels est confronté un autre protagoniste. L’acteur cinématographique Jack Wyatt (Will Farrell, parfaitement supportable pour une fois, parce que très bien dirigé) vit la crise majeure de sa carrière. Les navets ineptes, cabotins et creux, dans lesquels il joue depuis quelques années, font bides par dessus bides et son agent le convainc de se tenir loin du grand écran et de prendre un prudent tournant télévisuel. La combine qu’on lui recommande est donc la suivante: mettre sur pied une reprise télé du grand succès du siècle dernier Bewitched (Ma sorcière bien aimée) mais en recentrant l’histoire sur le protagoniste masculin, par le simple fait de donner le rôle titre d’autrefois, celui de la sorcière Samantha, à une parfaite inconnue. En travaillant au niveau du script, on amènera la linotte sélectionnée à œuvrer inconsciemment à faire mousser le vedettariat de ce partenaire masculin dont elle est vouée, dès le départ de toute cette entreprise, à devenir la faire valoir involontaire. Désormais prévisible, la suite n’en reste pas moins parfaitement savoureuse. Isabel Bigelow, sorcière incognito, est sélectionnée pour le rôle de Samantha, évente le pot au rose, se fâche, fait tonner la magie qu’elle devait ne plus mobiliser et craque, malgré tout, pour la vulnérabilité (toute mentale et intellectuelle) du cabotin Jack Wyatt. Loi du genre oblige: l’idylle des deux personnages principaux percole puis éclot. Le sorcier Nigel Bigelow, toujours sur les basques de sa fille, s’empêtre les pinceaux dans les jupons de la mystérieuse Iris Smythson (Shirley MacLaine), l’actrice jouant Endora, mère de Samantha, dans la série télé qu’on œuvre à reproduire. L’idylle des deux personnages de soutien percole puis éclot, elle aussi. Le tout se termine sous le globe de la série télé qu’on a finalement mis en branle et qui semble refermer son monde magique sur les acteurs et les actrices de plus en plus ferrés par l’ensorcellement inhérent à leurs personnages.

Un délice, mais un pur et simple délice. Une portion significative de cet extraordinaire délice tient à la superbe, à l’irrésistible prestation fine, nuancée, toute en dentelle, de Nicole Kidman. Cette fragilité, cette ingénuité, solidifiées magistralement par le fait que c’est une femme qui tient la caméra, nous transporte, nous coupe le souffle, nous plante sur la gueule un sourire indéfectible. Et que les sceptiques méditent simplement ceci. Un film où les acteurs de soutien sont Michael Caine et Shirley MacLaine ne peut quand même pas se porter si mal que cela… On entre si joyeusement dans ce monde de filles: son papa, ses copines, sa maison, ses problèmes de boulot, son idylle chancelante. Filles, filles, filles, magie pétillante du film de filles. Ne visionnez pas Bewitched si vous n’aimez pas les filles, les femmes, les vieilles tantes, les belles-mères, les toutous affectueux, les tangos langoureux, les bonshommes qui tombent à la renverse et se font remettre à leur place, les femmes d’âge mûr qui trouvent la combine imparable pour que leur vieil amoureux cesse de mater les petites jeunes, les copines de filles qui sautillent et poussent des hurlements de joie quand votre idylle prend. Tout est là. Rien ne manque. Même le balai télescopique de la sorcière et la sorcellerie lui permettant de raccorder magiquement, aériennement, tous les fils de son complexe DVD/téléviseur sans se lamenter pour qu’un homme le fasse pour elle. Magique. Jouissif. Transcendant. Autant le Bewitched de jadis enfermait son principal personnage masculin dans une sorte de panique misogyne sourde et durable, manifestée abruptement par le fait que sa femme, sa belle-doche et sa gamine étaient des sorcières en sabbat permanent et, de ce fait, déplorait sournoisement ce mélange subtil d’omnipotence et de fragilité féminine qui fait que la sorcière bien aimée est tant aimée… autant le Bewitched contemporain est un hymne ami à l’affranchissement de la femme fluette, distraite, éperdue mais déterminée, dans son abandon d’une omnipotence mythologique factice au profit d’une affirmation de soi bien réelle, dans le monde concret de la vie effective des humains, des hommes et des pères…

Ah, que la critique est dont vite sur la gâchette quand les femmes s’amusent un peu sans façon, dans le cercle rose et parfumé de leur culture intime, sans concéder ni rendre de comptes. Si une vie grisâtre et tristounette ne voit qu’un seul de ces chick flicks (films de filles) qui sont en train de devenir véritablement un genre en soi, il faut que ce soit Bewitched, et cette vie renouera sans arrière pensée avec la douceur frivole et folâtre de la magie la plus légère, la plus féroce, la plus coquine et la plus gratuite qui soit.

Bewitched, 2005, Nora Ephron, film américain avec Nicole Kidman, Will Ferrell, Michael Caine, Shirley MacLaine, Carole Shelley, 102 minutes.

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