Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

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Posts Tagged ‘Beatles’

OB-LA-DI, OB-LA-DA (en v.f.)

Posted by Ysengrimus sur 22 novembre 2018

obladi - Copy

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Edmond tenait un étalage au marché
Émilie chantait dans l’Harmonie
Edmond dit à Émilie: «J’aime ton sourire!»
Émilie le prend par la main, sourit, et dit:

Obladi Oblada, la vie qui bat – Lala, ainsi va la vie!
Obladi Oblada, la vie qui va – Lala, ainsi bat la vie!

Edmond sort du bus devant la bijouterie
Y acquiert une bague de vingt carats
La rapporte à Émilie sans coup férir
Alors elle entonne, quand il la lui passe au doigt:

Obladi Oblada, la vie qui bat – Lala, ainsi va la vie!
Obladi Oblada, la vie qui va – Lala, ainsi bat la vie!

Après quelques années ils ont fondé un foyer
Avec quelques petits perchés au balcon
d’Émilie et d’Edmond Dupont.

À jamais guilleret, les jours de marché
Edmond se fait aider des petits
Émilie, coquette, se pomponne au foyer
Le soir, elle fait toujours chanteuse dans l’Harmonie

Obladi Oblada, la vie qui bat – Lala, ainsi va la vie!
Obladi Oblada, la vie qui va – Lala, ainsi bat la vie!

À jamais guillerette, les jours de marché
Émilie est aidée des petits
Edmond, fort coquet, se pomponne au foyer
Le soir, il fait toujours chanteuse dans l’Harmonie

Et pour rire aux éclats, ha, ha, ha, ya qu’Obladiblada!

Il y a cinquante ans pilepoil aujourd’hui, OB-LA-DI, OB-LA-DA des Quatre Titans dans le Vent.

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obladiblada

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AUTREFOIS (v.f. de YESTERDAY des Beatles)

Posted by Ysengrimus sur 6 août 2015

Beatles-yesterday
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Autrefois
Pour moi les problèmes n’existaient pas.
Maintenant j’en ai tellement. Je crois
Oh oui, je crois
En Autrefois.

Subitement
Je n’suis plus celui qu’j’étais avant.
Je me sens dans un brouillard pesant.
Oh reviens-moi
Mon Autrefois.

Sans même s’expliquer elle m’a quitté. Mais pourquoi?
J’ai fait un faux pas… et là je regrette Autrefois.

Autrefois
L’amour était un jeu si plaisant
Maintenant je cherche des faux-fuyants.
Oh oui, je crois
En Autrefois.

Sans le moindre mot elle me quitta mais pourquoi?
J’ai fait ce faux pas… et là je regrette Autrefois

Autrefois
L’amour était un jeu si fripon
Maintenant je cherche des solutions.
Oh reviens-moi
Mon Autrefois

Il y a cinquante ans pilepoil aujourd’hui, sortie du 45 tours YESTERDAY des Quatre Titans dans le Vent.

Traduire les Beatles. Convertir les Quatre Titans dans le Vent dans la langue de Brassens. Qui oserait oser…. C’est que c’est la musique pure. Mais aussi, le rythme, la dérision, l’anecdotique, la fraîcheur anodine d’un texte si badin qu’on n’ose y croire. L’allemand est la seule langue dans laquelle les Fab Four d’origine se sont traduits eux mêmes. I want to hold your hand devint Komm, Gib Mir Deine Hand et She loves you devint Sie Liebt Dich en 1963-1964 (cette dernière pièce décevra les quatre musiciens au point de les décider à ne plus jamais s’autotraduire – vous avez bien raison, les gars, laissez ça à ceux que ça excite). Les textes des Beatles sont encore un chantier de découverte pour le francophone. Et comme il faut bien commencer quelque part. À vos guitares, à vos semelles pour taper du pied (le rythme est cardinal, crucial). Chantons en cœur. Ce n’était pas des dieux psychédéliques. C’était des baladins. Eh bien en français aussi on peut faire le baladin…

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Il y a cinquante ans: le film de demi-fiction A HARD DAY’S NIGHT mettant en vedette les Beatles

Posted by Ysengrimus sur 15 décembre 2014

hardaysnight

Quand Mademoiselle Lindsay Abigaïl Griffith, une élégante de Toronto dans la trentaine, se vit proposer un visionnement du premier long métrage mettant en vedette les Beatles, elle fronça sérieusement les sourcils. Venue au monde six ou sept ans après la dissolution officielle du légendaire quatuor, admiratrice de U2, de R.E.M. et des opéras de Mozart, Mademoiselle Griffith, dont la mère est une inconditionnelle de vieux films d’Elvis merdiques, juge sans ambivalence que les longs métrages mettant en vedette des idoles de la chanson du siècle dernier ne peuvent être indubitablement que de navrants navets. De fait, il serait difficile de lui donner entièrement tort, même dans le cas des Beatles (dont le reste de la carrière cinématographique fut mémorablement… non mémorable). Il fallut donc assumer le fardeau de la démonstration. Il fallut expliquer à Mademoiselle Griffith que ce petit bijou en noir et blanc était une demi-fiction et, en fait, une remarquable mise sous globe de la vie trépidante des Beatles pendant les années folles de la Beatlemania. Les sourcils de Mademoiselle Griffith se froncèrent davantage à l’idée saugrenue et peu enviable du visionnement d’un documentaire ethno-musical… Ce qui lui vendit l’idée fut la réplique suivante: Je vous convoque à un moment de cinéma qui vous placera entre l’euphorie joyeuse d’un vieux concert des Beatles en direct et une fiction absurde et enlevante à l’humour surréaliste et pince sans rire digne des Marx Brothers ou des Monty Pythons. Le froncement de sourcil disparut…

Et le visionnement eut lieu. Quatre très jeunes idoles de la chanson populaire anglaise du nom de John, Paul, George et Ringo sont en tournée nationale. Trains, voitures, hôtels, repas sur le pouce, fuites devant des hordes d’admiratrices hurlantes. Rencontres aussi imprévues et furtives que froidement délirantes. Entrevues déjantées avec une presse partiellement déboussolée. La chose, déjà en soi assez délicate du strict point de vue logistique, va se trouver, en plus, compliquée par le fait que le vieux Johnny McCartney (joué par un Wilfrid Brambell déchaîné dont le puissant accent irlandais amusera beaucoup Mademoiselle Griffith), grand-père paternel de Paul McCartney, accompagne son petit fils partout, pour des raisons familiales aussi inaltérables que non élucidées… Calme et docile en apparence, le vieil homme s’avère porter en lui toutes les tares durcies et racornies du monde adulte. Il est un délinquant de la pire espèce: menteur, voleur, sensuel, enjôleur, roublard, retors, médisant. Ce semeur de zizanie teigneux et impénitent arrive presque à créer des divisions dans la structure, badine mais solidement armaturée, des Beatles, suscitant notamment une disparition de Ringo, juste avant un important concert télévisé. Le vieux McCartney note en effet que le jeune batteur aux doigts bagués a une sorte de petit complexe d’infériorité face à ses prestigieux confrères de la section mélodique (complexe parfaitement non fondé, vu qu’il est en fait, lui, celui qui reçoit le plus de courriers d’admirateurs). Mélodramatique et grimaçant, le perfide vieux Johnny McCartney convainc donc le candide Ringo de faire une escapade. Cela donne la fameuse fugue de Ringo (Ringo’s fugue – construite en image comme une fugue musicale), qui fut saluée comme un moment de cinéma prouvant que Richard Starkey aurait fait un acteur de tout premier ordre (on le compara, dans ce segment du film, à Jackie Gleason et à Charlie Chaplin – Mademoiselle Griffith fut très touchée par ce moment et confirma ces analogies avec enthousiasme). Ringo finit par être retrouvé par les trois autres et tout rentre dans l’ordre. Le vieux Johnny McCartney, qui a, entre temps, contrefait la signature des Beatles sur des photos du quatuor, produisant ainsi les premières fausses photos dédicacées de toute l’histoire cinématographique, voit ces dernières éparpillées du haut de l’hélico qui monte, monte, monte (Oui… oui… oui…) emportant les Quatre Titans dans le Vent vers la destination de leur prochain concert.

Mademoiselle Griffith observa vite que, pour vraiment apprécier les brillantes séquences humoristiques de cette demi-fiction, il faut s’y aventurer avec en tête une idée que le film n’arrive plus vraiment à faire sentir avec autant d’acuité qu’au temps de sa sortie. Cette idée, c’est celle du contraste des âges, de l’inquiétude adolescente face à l’entrée dans le monde adulte. Le pépin, en effet, est qu’il n’est plus tellement facile de voir les Beatles comme des ados… Il faut se dire et se redire constamment que ces quatre hommes jeunes, aux cheveux «longs» selon les critères de l’époque, sont un scandale permanent pour tous les adultes qui les côtoient ou se trouvent confrontés à eux. Mademoiselle Griffith explique que ce qu’elle voit elle, au jour d’aujourd’hui, ce sont quatre hommes, jeunes certes, mais dont les cheveux ne sont pas si long que cela, et surtout qui, avec leurs complets vestons, chemise blanche et cravates, sont particulièrement bien mis, stylés, discrets, vieillots même… Un demi-siècle plus tard, les excentricités capillaires et vestimentaires des Beatles ont monté en graine. Elles ne font plus saillie, pour un auditoire contemporain. Les Beatles renouent, par la force de l’Histoire, avec leur temps. Ils apparaissent moins démarqués de leurs contemporains, pour nous, qu’ils devaient l’être pour le public de 1964. La confrontation ado/adulte, jadis sujet central de cet enlevant exercice, est désormais en grande partie édulcorée. Cette thématique a indubitablement mal vieilli.

Ce qui a très bien vieilli par contre, c’est leur extraordinaire musique. De nombreuses scènes du film sont tournées en concert réel, ce qui donne un résultat époustouflant, visuellement et musicalement, pour une fulgurante clarification de notre compréhension des quatre musiciens et de leurs enthousiastes admirateurs et  admiratrices. Mademoiselle Griffith le confirma sans réserve. Elle voyait une contrebasse-violon des années soixante pour la toute première fois, en plus. Elle fut enchantée de cela aussi.

La réaction positive de Mademoiselle Lindsay Abigaïl Griffith, élégante de Toronto dans la trentaine qui n’a jamais eu de sentiment particulier pour la musique des Beatles, au visionnement de A hard day’s Night confirme, si nécessaire, que voici un film qui, comme The Dictator de Chaplin, ne pourra jamais vraiment sortir de l’époque qui l’engendra… mais que, en même temps, c’est ce qui fait toute la force descriptive et le charme joyeux de cette irrésistible petite cavalcade dans le corridor du temps.

Et… le Beatle favori de Mademoiselle Lindsay Abigaïl Griffith est désormais… Ringo.

A hard day’s night, 1964, Richard Lester, film britannique avec John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Richard Starkey (Ringo Starr), Wilfrid Brambell, Norman Rossington, John Junkin,  87 minutes.

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