Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — Célesta

Posted by Ysengrimus sur 21 octobre 2019

Infime petit célesta,
Qu’est-ce que tu fais là?
Espèce de petit clavier
À la voix métallisée,
Tu ne seras, toi, tsointsoin,
Ni piano ni orgue d’église.
Les Fanchon et les Denise
Te joueront matin
En riant comme des taquines.
Tes ballades et tes béguines
Ne seront ni laides ni belles.
Elles monteront vers le ciel
Puis s’y perdront en lambeaux.
Tu distilleras le beau
Dans l’oubli fugace.
Non, les textures irisées
De tes douces sonorités
Ne laisseront nulle trace…

Célesta, tu pleures?
Il faut pas le prendre comme ça.
Tu égrènes les heures.
Tu fais tourner ton compas.
Tu es miniature.
Ton pire ennemi, c’est le temps.
Je le sais, c’est contrariant
Et c’est un peu dur.
Mais console toi, célesta
On est tous un peu comme toi.
Tu nous symbolises en fait,
Éphémères marionnettes…

Souffles en entrelacs,
Tu vas pas mourir de ça,
Ni de peur, ni de tristesse,
Ni de froid, ni de vieillesse,
Ni de rire, ni de panique
Car tu es la musique.

.
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13 Réponses to “ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — Célesta”

  1. Tourelou said

    Joli. Nous sommes tous musique.

  2. Caravelle said

    Superbe réflexion sur le caractère éphémère de la beauté de la vie. Oh, j’en ai les larmes aux yeux.

  3. Catoito said

    Le voici. Il est si petit mais si magique, en effet…

    • Mirmille Marbre said

      Il sonne joliment, en effet. On dirait une eau cristalline. J’adore.

      • Cymbale said

        Il est joué ici par une Fanchon ou par une Denise?

      • Julien Babin said

        On dirait qu’il pleure mais on dirait aussi, un petit peu, que Noël s’en vient…

      • Mirmille Marbre said

        Oui. Et, un peu partout dans ce solo (surtout entre 3:00 et 4:00 et 7:35 et 8:00), j’ai incroyablement l’impression d’entendre, derrière la musique, tapoter la pluie contre un toit ou une persienne.

  4. Marie Verne said

    Tes ballades et tes béguines
    Ne seront ni laides ni belles.
    Elles monteront vers le ciel
    Puis s’y perdront en lambeaux.
    Tu distilleras le beau
    Dans l’oubli fugace.

    Poignant. C’est tellement vrai de tous nos artistes.

    • Serge Morin said

      Il faudrait composer une musique de célesta pour ce beau poème versifié. Ça ferait une chanson très passable.

  5. Piloup said

    Ce sont des petits marteaux qui tapent des lamelles de métal. on est à mi-chemin entre un pianoforte et un xylophone.

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