Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Ode au Carlin

Posted by Ysengrimus sur 5 septembre 2017

ode-au-carlin

.

C’est qu’il est sympa, il pouffe et il grogne.
Il veut être aimé, il a les yeux tendres.
Il tourne en tous sens sa noiraude trogne,
Tenu lâche en laisse par quelque élégante.

Il a l’air songeur, il a l’air fripon
Quand il freine sec, l’œil contemplatif,
Pondant lentement quelque déjection
Si tôt capturée en un sac plastique.

Il est tout petit, mais il est dodu.
Il monte à l’assaut et il cherche noise
À trois papillons au flanc du talus
D’un parc verdoyant, à la torontoise.

Il est le Carlin, on le dit de Chine.
Son intelligence est élaborée.
Son esprit poupin, subtile machine
Aime et aime tant, qu’on reste pâmé(e).

On l’a façonné pour la compagnie.
C’est qu’il est sympa, il grogne et il pouffe.
Il a les yeux tendres, il aime en ami.
Il boit, il défèque, il dort, et il bouffe.

C’est lui le Carlin, il mérite une ode.
Il ne mord jamais, aboie rarement.
On le dit de Chine, pays des pagodes,
Du millet, du jade, des monts et des vents.

Il a l’air songeur, il a l’air fripon.
Il est tout petit, mais il est dodu.
Il est le Carlin, il est simple et bon
Comme la Sagesse du vieux Lao Tzu…

.

Publicités

26 Réponses to “Ode au Carlin”

  1. Caravelle said

    Très mimi et merveilleusement figuratif.

  2. Sophie Sulphure said

    Mais il fait caca et même son caca est évoqué poétiquement!

  3. Emma Riveraine said

    Un poème sur un petit chien. Mais que c’est fin.

  4. Julien Babin said

    Très beau. Touchant.

  5. Casimir Fluet said

    Il a l’air particulièrement liant et sympa, ce clébard

  6. Les Chiens et leurs humains said

    Ma-gni-fique. Aussi inspiré, charmant et délicieux que l’œuvre que vous avez si généreusement composée pour mon blogue et dont je vous serai toujours extrêmement reconnaissante.

    • Ysengrimus said

      Merci du tendre rappel, les Chiens. Pour la bonne bouche, revoici cet hymne cynophile:

      La Cynophile (sur l’air de: La Marseillaise)

      Oh moi, je suis une mémé à chien
      Ma raison d’être: les toutous
      Je câline leur poil de satin fin
      Je gratouille la chair molle de leur cou,
      Ma raison d’être c’est les toutous!
      Entendez vous dans mes fantasmes
      Grogner ces capiteux carlins
      Frissonnant jusque sous ma mains…
      Oh, ces yeux ronds, Oh, ces babines flasques.
      Dans mes rêves les plus fous
      Frétillent des toutous.
      Carlins, câlins, mignons bichons,
      Dévalez mon sillon
      Pon pon pon pon

  7. Herbe et Neige said

    Il ne mord pas et n’aboie pas. C’est un ange.

  8. Chloé said

    Vous avez évoqué si précisément et si éloquemment la nature bienveillante et noble de ces petits paquets d’amour.

  9. Tourelou said

    Ils sont aussi des figurants mignons dans Se travestir, se dévoiler… 🐾

    • Ysengrimus said

      Je seconde. Pour exemple:

      Ce premier jour, donc, la châtelaine Griffith, la meilleure amie de Dominique Baume-Lockhart entre, s’assoit sur la chaise qu’on lui désigne et croise élégamment la jambe. Elle est accompagnée de son petit carlin intégralement noir, le bien nommé Arthur. Ce dernier porte un collier vert pomme assorti aux chaussures à talons courts et aux gants verts pomme de Mademoiselle Griffith. Autrement, cette dernière est complètement vêtue de blanc, pantalon, chemisier et veste de tailleur immaculés, certainement pour contraster avec le noir éclatant du pelage lustré et du visage clownesque du petit animal d’accompagnement. Ce dernier, le plus affectueux des petits chiens de compagnie qu’on connaisse au monde, se met à agiter la queue et à renifler fortement les pieds et les mollets de Meredith. Celle-ci, un peu intimidée mais aussi amusée, retire ses lunettes de lecture pour mieux regarder le petit animal, rit un peu et dit des choses tendres à son frère en Papiamento à propos du gentil chien. Lindsay Abigaïl sourit à la timidité placide de Meredith face au toutou renifleur et prend l’initiative de l’échange:

      «Vous plaisez beaucoup à Arthur. Allez-vous daigner vous asseoir?
      – Non pas. Je reste toujours debout quand je travaille.
      – Tiens donc! Comme Henri Troyat, donc. C’est bien dommage. Si vous vous étiez assise, Arthur vous aurait certainement sauté sur les genoux. Arthur, mon chouchou, laisse madame… euh… madame…
      -Vandenvondel.
      – Laisse madame Vandenvondel tranquille, mon mignon, elle travaille et elle n’a pas le temps de te câliner. Éloigne-toi.»

      Le petit carlin s’éloigne aussitôt des pieds de Meredith, mais ne retourne par auprès de Lindsay Abigaïl. Il se met plutôt à fureter de-ci de-là dans le grand bureau en musant, reniflant, soufflant et crachotant. À certains moments, on dirait carrément que ce qu’il y renifle le fait éternuer. Lindsay Abigaïl regarde Meredith de ses grands yeux intenses, dont on ne sait pas s’il sont gris acier, bleu océanique ou vert émeraude. Elle se touche une joue de la main et demande:

      «Dites voir un peu. N’y a-t-il pas eu des chiens dans ce bureau récemment?
      – Ah oui. Les maîtres chiens de la firme Vandenvondel, Marcotte, Cooper & Vandenvondel ont inspecté hier tout le manoir pour rechercher des indices concernant la disparition de votre amie Dominique. Bien infructueusement, je dois l’admettre. Votre adorable petit carlin a repéré leur passage, je suppose? Il est mignon et sagace.
      – Oui. Dites donc, c’est très ennuyeux ce qui arrive à mon amie Dominique. Croyez-vous que vous allez vite nous la retrouver?
      Nous y travaillons avec toute notre énergie et y mettons le meilleur de nos ressources. Votre aide, châtelaine Griffith, nous sera des plus précieuses. Nous voudrions…
      – Excusez-moi, juste une seconde. Bon, Arthur au pied!»

      Le petit carlin dresse la tête, se retourne et trottine tout de suite en direction de sa maîtresse, pendant que Meredith se penche un peu et lui sourit tendrement. La conversation entre les deux femmes sera ponctuée par le souffle caverneux du petit chien renifleur, qui ne bougera pas de sa position aux pieds de Lindsay Abigaïl et qui, bien sûr, selon l’habitude des carlins, n’aboiera jamais. Il regardera Meredith de ses gros yeux noirs globuleux pendant tout l’échange et agitera la queue doucement et affectueusement plusieurs fois pendant que Meredith parlera. Il est clair que Lindsay Abigaïl entend donner son entière coopération à la détective privée et ce souci coopératif se canalise entièrement dans l’attitude de son petit chien.

  10. Odalisque said

    C’est de la poésie concrète?

    [Entre les déjections, les reniflements, les trois papillons et l’évocation fulgurante de la Chine, je vous répondrais oui, Odalisque… — Ysengrimus]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s