Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Logique d’engendrement du courant rouge-brun

Posted by Ysengrimus sur 7 août 2017

Rouge-brun-un

Le courant rouge-brun n’est ni homogène ni nouveau. On se souviendra du national-bolchevisme des années trente. On peut aussi mentionner, dans une arabesque plus bourgeoise et plus large, Perón et Duplessis. Il faudrait en fait un copieux traité pour rendre compte du développement historique fourmillant, polymorphe et multinational du courant rouge-brun. Quand je parle de courant, d’ailleurs, je le conceptualise plutôt en termes de tendance ou de mouvance que de quelque chose qui serait articulé dans l’unicité politique. De fait, pour bien faire sentir le caractère non-unitaire du courant rouge-brun, il convient de bien s’aviser du fait qu’il n’est pas (ou pas encore) une bannière de ralliement. Personne ne dit Nous, les Rouges-bruns et il n’y a pas de Manifeste Rouge-brun. Le mouvement rouge-brun existe moins en saillie qu’en creux. C’est plus une dérive qu’une articulation. C’est un phénomène sociologique plutôt qu’un mouvement politique.

De quoi s’agit-il, en fait. Disons, en évitant de se formuler de façon trop tranchée, qu’on est dans le rouge-brun quand la formulation doctrinale d’un mouvement politique allie, de la façon la plus fluide possible, si possible, des éléments théoriques et pratiques communistes (lutte des classes, révolution prolétarienne, anti-capitalisme progressiste, doctrine historique élaborée, égalitarisme citoyen) et fascistes (populisme réactionnaire, putchisme autoritaire, ethnocentrisme radical, phallocratisme patriarcal, militarisme). Les rouges-bruns rebrassent les cartes et font opérer ensemble les éléments disparates d’un cadre d’analyse et d’une doctrine d’action dont on s’attendrait à ce qu’ils soient politiquement et sociétalement incompatibles. Cette attente d’ailleurs, fatalement un peu ahurie, envers la monstruosité du rouge-brun s’appuie tant sur un héritage historique ou historiographique (souvent mal dominé et passablement idéalisé) que sur une analyse un peu schématique. La ligne théorique sous-tendant ladite analyse mangue justement cruellement de prise sur la situation concrète, attendu que le courant rouge-brun se manifeste, qu’il existe et qu’il agit. On est donc bien obligés de dire que c’est désormais simplement dans l’abstrait que le rouge-brun serait une impossibilité logique.

L’est-il tant que ça, au fait? Force est, la mort dans l’âme (et qu’importent nos âmes), d’admettre que l’illogisme du courant rouge-brun est imperturbablement infirmé par son existence factuelle contemporaine autant que par sa récurrence historique tendancielle. S’il y a une réalité du courant rouge-brun, c’est inévitablement qu’il y a une logique concrète d’engendrement dudit courant rouge-brun dans la vie sociale. Nous nous devons donc de la comprendre, pour mieux la voir venir devant nous, comme derrière nous et même en nous. Au niveau des principes de fonctionnement, et par delà la cuisante contrariété que cela avive en nous, nous devons prendre froidement connaissance des facteurs de convergence qui favorisent le courant rouge-brun. J’en discerne cinq.

1- Caractère généralisable du cadre marxiste. Le cadre d’analyse marxiste du développement historique et des sociétés tient la route. On a voulu maintes fois le traiter en chien crevé, notamment après la chute de l’Union Soviétique (1991), il perdure et continue de parfaitement s’appliquer à la description de la crise du capitalisme crépusculaire. On ne va pas épiloguer, le marxisme tient et s’il tient c’est qu’il représente l’analyse adéquatement scientifique (selon la logique non positiviste des sciences humaines et sociales) de la crise contradictoire de l’existence sociale dans l’Histoire. Mais un cadre scientifique, c’est comme de la poudre à canon. On peut s’en servir pour percer des routes utilement ou pour faire des  guéguerres inutilement. Un cadre scientifique, ça circule, s’implante, se répand, devient mainstream, lot commun, monnaie courante. Il est du domaine public. On peut se l’approprier. Il peut donc tomber entre de mauvaises mains et continuer de tenir, comme un flingue, une pelle, de l’aspirine ou un boisseau de blé. Une des grandes illusions militantes du siècle dernier a été celle de croire que le matérialisme historique (le marxisme) était, comme magiquement, chevillé à la pensée progressiste et au militantisme révolutionnaire. Non, ce n’est pas le cas. Preuves en main, on peut observer que le cadre scientifique du matérialisme historique a servi des intérêts réactionnaires. Sa force et sa pertinence opèrent à tout coup. Le matérialisme primera sur l’idéalisme, quels que soient vos objectifs politiques de dernière instance. Le recul du temps permet maintenant à des penseurs d’extrême-droite d’invoquer Marx, Marcuse, Debord, Clouscard, Baudrillard et compagnie et de mettre leurs analyses au service de leurs objectifs. Le caractère généralisable du cadre marxiste transforme les historiens et les philosophes marxistes en éléments du lot commun de la culture universelle. Les fachos peuvent parfaitement en mobiliser les acquis intellectuels et ils s’en privent de moins en moins (en les tronquant à leur guise). Ils ne font pas de complexes sur cette question, contrairement à leurs prédécesseurs du siècle dernier, qui pliaient plus devant le prestige révolutionnaire du marxisme. Aujourd’hui, la gauche devient la droite, la droite devient la gauche et tout s’entrecroise, dans le grand hocus-pocus théorique rouge-brun.

2- Délabrement théorique de la pensée d’estrême-droite. Sans coût symbolique particulier désormais, l’extrême-droite pillera donc allègrement des théoriciens marxistes et communistes en perte accélérée de leur acuité connotative révolutionnaire ou prolétarienne. Elle les pillera d’autant plus qu’elle trouvera dans ce cadre qui tient, une formulation doctrinale à même de plâtrer au mieux son propre délabrement théorique. Jugement de valeur à part, on doit observer que c’est le lot fatal des modèles intellectuels réactionnaires de souffrir d’obsolescence chronique à répétition. L’extrême-droite tend à s’appuyer sur ce qui est arriéré, retarde, et bloque des quatre fers. Religion, nationalisme, ethnocentrisme, hétérosexisme, régionalisme, ruralisme. Or, le progrès social objectif (qui, même au ralenti, reste inexorable) force souvent l’extrême-droite à bazarder des pans entiers de sa ligne doctrinale irrationnelle de souche, l’obligeant à subrepticement se recycler et à renouveler le fond de commerce de ses idées. Pas facile quand on est exemplairement rétrograde de faire jouer la corde de la pensée avancée. Paradoxal en diable, en plus. Un exemple: le racisme. Maintenant que la clientèle réac est largement d’origine ethnique, pas le choix, il faut bien pieusement ranger des pans entiers des doctrines raciales et racialistes d’autrefois sur les prudentes étagères de l’Histoire. Ça ne collerait tout simplement plus, avec les clientèles contemporaines… Les différents courants du féminisme de droite font que le fond sexiste réac est sur le point de subir le même type de mise au rancart, accroissement de la clientèle féminine oblige. Les philosophes, sociologues, historiens et théologiens réacs font vieux, vioques, foutus, ringards, datés, excessivement parcheminés. Leurs idées faisandées ne collent plus à la réalité contemporaine et s’ajustent souvent fort mal à l’espèce de faux modernisme clinquant et toc que brandit la culture d’extrême-droite, dans ses affectations populistes actuelles. Non, c’est vraiment pas facile de se donner une galerie d’ancêtres irrationalistes, fachos et délirants. Hitler dit tellement de mal des français et des africains dans Mein Kampf que c’est carrément pas présentable (la version française de cet ouvrage est d’ailleurs souvent expurgée de pans entiers de ses développements francophobes). La majorité des éventuels grand ancêtres maîtres penseurs d’extrême-droite sont atteint ici ou là du même mal. Et comme tout n’est pas dans la Bible et qu’il faut bien trouver un cadre d’analyse quelque part…

3- Soucis syncrétique et messianique du tercérisme. À ces phénomènes nouveaux (disponibilité de plus en plus idéologiquement neutre du marxisme) ou constamment renouvelés (obsolescence répétée des penseurs d’extrême-droite) va s’ajouter un facteur lourd plus traditionnel. On appelle tercérisme (recherche de la troisième voie) l’attitude intellectuelle de courants politiques cherchant une solution tierce entre capitalisme et communisme (au siècle dernier) ou encore entre social-démocratie inopérante et néo-libéralisme rapace (au siècle présent). Traditionnellement, le tercérisme est d’extrême-droite et usuellement nostalgique, passéiste, traditionaliste. Mais une autre de ses caractéristiques fondamentales est son messianisme syncrétique. Le tercérisme aspire habituellement à réunir et à envelopper toute la constellation disparate des voix dissidentes, pour tendre au mieux à en faire une force de coalition susceptible de peser sur son ennemi principal du moment. C’est dans le cadres de cette sorte de tradition implicite du vieux militantisme de résistance qu’apparaissent des Unions Sacrées ou des Union Nationales ayant en commun de faire primer le fait de s’unifier (pour frapper mieux un ennemi commun) au dessus des éventuelles radicalités irréconciliables susceptibles de lézarder le mouvement. Le souci syncrétique va mettre en relief les traits fatalement communs au rouge et au brun: résistance, dissidence, appui sur les classes populaires, recherche de simplicité anti-consumériste, retour à la nature ruraliste et/ou écologiste, grogne ploutoclastique, militantisme de la rue. Des passerelles idéologiques tendront alors à se construire. Une clientèle largement commune, des objectifs fondamentaux superficiellement proches et la permanence d’une culture de résistance mi-victimaire mi-frondeuse, tout cela tend à faire du tercérisme un constant creuset de rapprochement et de mélange des poudres rouge et des poudres brunes.

4- Tactiques trublionnes internationales. Un facteur actif en solide émergence est le fait que de nombreux groupes politiques du courant rouge-brun sont internationalement financés. Il y a, ici aussi, toute une tradition en mutation. Le vieux stalinisme reste le champion incontesté de la pratique assez ancienne consistant à faire fleurir des partis ou groupuscules trublions dans le sein de la vie politique des pays occidentaux. Héritière parfaitement décomplexée de la longue et solide tradition de noyautage stalinien, la Russie actuelle continue de faire jouer des mécanismes similaires, en les mettant désormais au service de ses intérêts nationaux propres. Aujourd’hui, le régime russe se pose ostentatoirement en sauveur des peuples mais il finance et s’appuie lourdement sur tout ce qui est d’extrême-droite, en Europe occidentale notamment. La Russie non-soviétique choisit donc de jouer la réaction pour déstabiliser son ennemi. Elle le fait en bonne partie par conviction, en plus. C’est socialement régressant et, effet aussi indésiré qu’inavouable, ça donne aux Américains (qui restent l’impérialisme de loin le plus nuisible) une solide base d’autolégitimation, notamment dans le vaste cloaque du centrisme occidental. Mais surtout, ces tactiques trublionnes internationales actuelles fonctionnent comme la plus insensible des realpolitiks. La Russie non-soviétique ne cultive plus cette fameuse unicité doctrinale dia-mat qui avait fait du stalinisme un si beau faux champion de la révolution prolétarienne mondiale. Plus de ça, aujourd’hui. Les masques sont tombés et c’est maintenant l’efficace trublion qui prime. Aussi, le fait que les visions rouges-brunes se mélangent, que la recette soit bizarre et que ça gâte la sauce doctrinale, c’est pas si grave finalement aux yeux du bailleur de fonds international. Si le facteur trublion joue à plein et que son efficace déstabilisateur opère, il sera rouge, brun, carreauté ou rayé, peu importera. Les bailleurs de fonds trublions, genre Russie ou Iran, se soucient finalement assez peu de l’efficace sociologique effectif des mouvements qu’ils entretiennent. Les retombées sociétales ne se manifesteront pas chez eux de toute façon, donc, qu’importe. Tant que ça fout la merde, c’est bon à prendre. Les bailleurs de fonds internationaux du courant rouge-brun ne sont pas en train de construire des grandes mosquées blanches et unitaires, genre Arabie Saoudite. Le cynisme russe et le cynisme américain se rejoignent ultimement ainsi aussi, dans l’intendance des germes politiques qu’ils inoculent sans scrupule et sans soucis du lendemain, dans les pays des autres.

5- Blocage bourgeois. Ceci dit et bien dit, il reste que l’émergence de la pensée rouge-brune, notamment à gauche, est déterminée par un facteur capital. La solidité (toute relative mais encore malheureusement effective) de la société bourgeoise même. S’arc-boutant sur le bloc de granit du capitalisme bourgeois, les bruns d’un bord, les rouges de l’autre, buttent, plient, flageolent, mais n’arrivent pas à faire bouger grand-chose. Leur substance doctrinale et militante, trop molle, fusionne alors autour de l’obstacle inamovible et les conceptions théoriques se mélangent. Autrement dit, en ahanant avec peine sur l’obstacle encore trop solide du tout de la société bourgeoise, le militant et la militante de gauche sentent monter, avec le découragement et les piétinements, une sourde fureur fasciste en soi. Perdant sa perspective analytique et embrouillant les crayons de son marxisme dans la rage irrationnelle du brun qui, lui, pousse de l’autre bord en gueulant ses slogans, notre combattant rouge exacerbé se met, presque involontairement, à chercher lui aussi des boucs émissaires (communautaires, bancaires… on connaît la chanson) et il bouffe sans joie la soupe froide des lendemains qui déchantent. Comme disait Mao, chauffe un caillou, cela restera un caillou. Chauffe un œuf, cela deviendra un poussin. Tant que le libéralisme bourgeois aura la dureté d’un gros caillou, le rouge et le brun s’échineront dessus en vain, se loveront autour, et se perdront l’un en l’autre, ce faisant.

Tant et tant que la putréfaction interne du capitalisme bourgeois sera la vraie cause déterminante d’une nouvelle et radicale séparation du brun et du rouge et de la remise en marche d’une perspective révolutionnaire authentique, non corrompue par la frustration délétère des passéistes, des ethnocidaires et des phallocrates si représentatifs des époques résurgentes et des perspectives sociétales désespérées parce que bloquées. Aussi, la disparition du rouge-brun ambiant ne sera pas la cause du changement fondamental en cours au sein du capitalisme tardif. Il en sera le symptôme. Un jour viendra.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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18 Réponses to “Logique d’engendrement du courant rouge-brun”

  1. Marie Verne said

    Tu pourrais nous exemplifier bien concrètement l’action d’un penseur rouge-brun?

    [Exemple représentatif du gâchis rouge-brun. Robert Bibeau (rouge) souhaite tapageusement la bienvenue à Montréal à l’humoriste anti-juif Dieudonné (brun), au nom de la liberté d’expression (concept bourgeois aussi fallacieux qu’inamovible). — Ysengrimus]

    • Robert Bibeau said

      Bonjour à tous.

      J’ai lu le laïus de Ysengrimus. Un bon texte qui pêche par deux fautes mortelles à mon humble avis.

      1) Nulle part il n’est fait d’analyse de classe des fondements du national-socialisme, ou du national-communisme-bolchevique (car l’expression brun-rouge n’est que la métaphore de ce courant politique unique – divergent – et en guerre constante – comme deux sectes s’entredéchirant). Une analyse des origines de classe de ce courant unique et divergent aurait permis de savoir s’il risque de resurgir.

      2) L’auteur tombe dans le panneau du sectarisme-marxiste tellement à la mode en ces temps (Attention MARX n’a rien à voir avec cette tendance qui s’est développée après sa mort sous la direction d’Engels) de crise économique et sociale systémique – systématique – qui nous mènera à une nouvelle guerre mondiale puis à l’insurrection sociale puis à la révolution prolétarienne.

      3) Pour ma part il m’importe très peu de connaître le degré – le niveau de conformité de Engels, Lénine, Staline, Hitler, Mussolini ou tout autre penseur – idéologue – homme politique – bobo bourgeois de la gauche déjantés et sectaires – dogmatiques. Sans aucune importance – Je cours de ce pas l’écrire sur un autre texte ici publié (:-))

      4) La seule et unique préoccupation que doit avoir un militant prolétarien révolutionnaire, ce n’est pas de savoir si MARX AURAIT POSER SON IMPRIMATUR SUR son texte ou intervention ou action mais de savoir si LA CLASSE PROLÉTARIENNE RÉVOLUTIONNAIRE EST DÉFENDUE – SOUTENUE – PAR SES PROPOS ET SES ACTIONS. ATTENTION ce ne sont pas les gauchistes qui organisent et conscientisent la classe – C’est la classe qui sélectionne – désigne et propulse l’avant-garde qui est totalement dépendante de ses racines et de ses sources dans la classe pour avancer.

      [La classe prolétarienne est-elle guidée par les chamailleries inter-ethniques (ce germe indispensable de la guerre impérialiste) et le pointage de doigt anti-communautaire? Non. Elle est endormie par le blabla anti-juif, anti-noir, anti-arabe, anti-palestinien, qui revient au même substrat intellectuel superficiel, d’un clan à l’autre. Quiconque cultive cette propension chez la classe ouvrière n’est pas le bienvenu (noter ce mot) dans le cercle de ceux qui continuent de miser sur la révolution. Le prolétariat est sans race, sans ethnie, sans nation. Et… l’opinion personnelle de Marx me laisse de glace. Mon texte d’ailleurs n’en parle tout simplement pas… — Ysengrimus]

  2. Mura said

    Des forces incompatibles, régressantes et progressistes, poussent sur l’ordre bourgeois un peu en vain. C’est l’inertie pesante de ce dernier qui force les alliances contre-nature qu’on observe aujourd’hui. Ceci est finement analysé ici.

    • Julie Soulange said

      Le rouge-brun serait-il une sorte de centrisme des extrêmes?

      • Mura said

        On peut le dire, je suppose. Mais les extrêmes sont loin les uns des autres. Un centrisme les unissant ne peut être que conjoncturel. Des vues non-racistes (basées sur une analyse en terme de lutte des classes) ou internationalistes et des vues recistes-racialistes ou étroitement nationalistes ne peuvent pas travailler ensemble bien longtemps. le mélange donne de la poudre à canon. Ça ne se rejoint pas, au niveau des principes. Ça finit par péter et chacun revole dans son coin…

      • Julie Soulange said

        Je comprends et je seconde. De toute façon dans le rouge-brun, c’est fatalement une union de rouge opportuniste et de brun opportuniste. Rouge opportuniste: j’aime pas. L’idée de s’allier avec les fachos pour une victoire momentanée de rafistole de bouts de ficelles, non et non. Ça me répugne. Tout rouge tendant la main aux bruns pour quelque raison que ce soit me parait malhonnête, donc politicien, donc suspect. Non, la fin ne justifie pas les moyens. Rien ne légitime l’abandon de principes radicaux progressistes.

      • Mura said

        Je seconde Julie Soulange. Très bien vu, très bien dit.

  3. Vernoux said

    Le rouge-brun Alain Soral est rejeté par le brun foncé Daniel Conversano (voir le commentaire numéro 17 sous le texte d’Ysengrimus sur Soral). L’apparition d’un facho suprémaciste conventionnel comme Coversano confirme l’instabilité vacillante de la solution rouge-brun de type Soral (ancien membre du Parti Communiste Français devenu Front National)… Les rouges-bruns ne tiendront pas face à la polarisation des luttes. Quant aux fachos, ils sont à la fois moins ambivalents-hypocrites et plus dangereux.

    • Catoito said

      Bien vu Vernoux.

      D’ailleurs la genèse du rouge-brun est justement à rechercher dans le pourrissement historique des options militantes fondamentales du PCF. Il est assez net que la déroute, toute temporaire, de l’idéal et du programme communiste a littéralement nécrosé la pensée politique du PCF. Celui-ci s’est REMBRUNI, dans tous les sens du terme. Son recroquevillement national a eu les tristes conséquences que l’on sait, compensées uniquement par la nette diminution de son impact politique.

  4. Line Kalinine said

    Pas facile quand on est exemplairement rétrograde de faire jouer la corde de la pensée avancée. Paradoxal en diable, en plus. Un exemple: le racisme. Maintenant que la clientèle réac est largement d’origine ethnique, pas le choix, il faut bien pieusement ranger des pans entiers des doctrines raciales et racialistes d’autrefois sur les prudentes étagères de l’Histoire. Ça ne collerait tout simplement plus, avec les clientèles contemporaines… Les différents courants du féminisme de droite font que le fond sexiste réac est sur le point de subir le même type de mise au rancart, accroissement de la clientèle féminine oblige.

    Ceci est très exactement ce qui va fracturer le rouge-brun mais cela se fera sur sa droite. On va voir des sections suprémacistes et hypermachistes quitter l’enceinte rouge-brune parce qu’elles ne supporteront plus l’audience ethniquement mixte et le féminisme implicite. Les auditoires de Dieudonné sont voués à finir par s’empoigner. Il n’est pas possible qu’un noir raciste travaille avec un blanc raciste pour le racisme. Et une femme hétéro et soumise ne s’entendra jamais avec une lesbienne insoumise. C’est l’huile et l’eau. Cette synthèse du rouge-brun ne peut qu’être à la fois éphémère, centrifuge et exogène, potentiellement explosive en fait.

  5. Magellan said

    Le plus triste, dans toute cette affaire, c’est l’incroyable difficulté que semble avoir le ROUGE pur et vif à s’exprimer librement et pleinement… alors que ses vues gagnent de plus en plus en pertinence et en adéquation descriptive.

    Il va falloir que ça change à un moment ou à un autre.

    [Je seconde. — Ysengrimus]

  6. Égérie said

    Le rouge-brun, en un mot, ça fonctionne moins dans le sociétal que dans le capillaire et le vestimentaire… Je m’en doutais un peu, figurez-vous…

  7. Camarade said

    Fort intéressant! J’ajoute ça dans ma mijoteuse.

  8. cp100500 said

    Il y a qu’un progressiste bourgeois pour nous parler de « rouge-brun » pour discréditer les voix prolétariennes qui ne conviendraient pas à monsieur.

    [Les voix prolétariennes ne sont pas une question de convenance ou d’absence de convenance (dont je me fous souverainement). Le fait est que quand le prolo promeut racisme, ethnocentrisme, phallolâtrie, et petit capitalisme national-extorqueur à la papa, il est tourné ouvertement fachisant, symptomatique du poids des pouvoirs mondiaux et idiot utile du système autopromotionnel desdits pouvoirs. Mon opinion personnelle sur la question a fort peu à y faire. — Ysengrimus]

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