Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Emprunts de «bon aloi», faux amis et traductions dites «littérales». La vieille chanson geignarde de l’anglicisme québécois

Posted by Ysengrimus sur 7 décembre 2016

Tardivel_L'anglicisme_voilà_l'ennemi

Ah, sicroche de tornom! Les choses ont-elles changé tant que ça dans l’opinion des clercs-neuneus du Nouveau Monde depuis la causerie L’Anglicisme, voilà l’ennemi de Tardivel en 1879? C’est pas certain, pas certain pantoute. On rencontre encore bien des baîllonneurs impénitents et autoritaires qui racontent n’importe quoi et autres choses en se donnant des grands airs sur le fameux franglais d’ici. Je suis personnellement bien tanné de voir se perpétuer sans cesse l’hydre grimaçante de la vieille peur complexée et colonisée de l’anglicisme au Québec. On va donc se faire sans s’énerver une ou deux petites mises au point linguistiques et sociolinguistiques. Hmm, entre bons (vrais) amis.

.
.

yao-ming-faut-pas-dire---tuxedo---faut-dire---smoking---sil-vous-plait----mais-sil-vous-plait

L’EMPRUNT SOI-DISANT DE BON ALOI. Il y aurait des anglicismes de «bon aloi» et d’autres non. On nous baille ça depuis des décennies. Or la notion de «bon aloi» n’a aucun statut analytique ou opératoire. C’est une formulation crypto-normative servant exclusivement à donner une apparence de légitimité descriptive au détenteur d’une compétence corrective trop souvent autoproclamée et biaiseuse. Plus le corpus des «mots de bon aloi» s’étend, plus la stabilité des critères sensés les légitimer s’estompe. Le seul critère qui reste finalement, c’est celui de la préférence subjective, habituellement émotive et fort peu imaginative, du personnage en position d’autorité dictant le «bon aloi». Ce personnage, dans la majorité des cas, s’aligne sur ce qu’il fantasme comme étant le choix français (entendre: étroitement hexagonal) et s’abdique devant ce choix ou pseudo-choix. Je ne vois vraiment pas pourquoi je dirais smoking (au lieu de tux ou tuxedo) ou bifteck (au lieu de steak) sous le prétexte, réel ou hallucinatoire, que les Français le font ou le feraient. Mes anglicismes directs, acculturés et bêtes valent bien ceux des autres et la formule selon laquelle il n’est de bon aloi que de Paris est parfaitement faisandée et dénuée des moindres qualités dialectologiques. Même les Parisiens d’ailleurs n’en veulent plus et la parisianité linguistique, notamment en matière d’anglicismes, est largement une fabrication coloniale (une fabrication de nous, donc). D’autre part, le xénisme, cet anglicisme un peu conjoncturel et ad hoc utilisé strictement pour faire smart ou pour «faire anglais» ne se cultive pas de la même façon d’un côté et de l’autre de l’Atlantique et il n’est certainement pas question de donner un chèque en blanc à nos amis Français (ou à leurs thuriféraires locaux) sur cette question. Je vais donc continuer de dire commenditaire et primeur et leur laisser sponsor et scoop, si ça les amuse tant (le cas échéant — n’oublions pas qu’on surestime largement la crispation des Français sur ces questions) de faire ricain à la manque quand ils disposent d’un mot parfaitement français pour ce dire. Le «bon aloi» n’est pas issu de papa commandant. Il n’en chuinte pas comme une humeur, n’en émane pas comme une vapeur, n’en jaillit pas subitement comme un vent. Il faut démontrer la validité de ce qu’on assume de défendre. Et, de fait, pour tout dire, le «bon aloi» absolu et transcendant n’est pas. Chaque formulation identifie une strate sociale et en émane. Et, variation sociolinguistique oblige, il n’y a pas d’autorité absolue en matière de langue et… surtout pas en matière d’anglicismes.

.
.

yao-ming-faut-pas-dire---mannequin---faut-dire---top-model---sil-vous-plait----mais-sil-vous-plait

LA TRADUCTION DITE LITTÉRALE. C’est là un autre serpent de mer souvent invoqué pour fustiger mais, de fait, fort mal décrit. Ainsi, par exemple, contrairement à ce qu’affirment certains olibrius, le tour téléphone intelligent n’est pas une «traduction littérale» d’usage. C’est d’abord un terme. En ce sens que c’est une unité retenue par une instance officielle de terminologie (québécoise). Son défaut n’est pas dans sa soi-disant dimension de «traduction» mais bien dans son intelligibilité en tant que syntagme (si vous me pardonnez le jargon). Les Français (qui restent numériquement majoritaires en francophonie) n’ayant pas retenu ce terme, ils le décodent au sens littéral analytique (plutôt que comme syntagme synthétique) et le résultat est inintelligible et, de fait, ridicule (on semble imputer de l’intelligence à un objet). C’est ça et rien d’autre qui rend le tour téléphone intelligent difficilement utilisable (surtout dans du texte visant un public hexagonal). Exemples converses en français: carte orange, fromage blanc. Les Québécois, ici, n’attrapent pas le syntagme et pensent à n’importe quelle carte de couleur orange ou n’importe quel fromage de couleur blanche et ça semble inintelligible, imprécis ou redondant. Pour le ridicule en matière de décodage littéral des syntagmes, il faut aller chercher le français glace à l’eau, qui ne remplacera jamais le terrible popsicle au Québec attendu que de la glace à l’eau, quand on la décode au mot à mot, surtout dans un pays nordique, c’est fatalement aussi imbuvable que de l’eau aqueuse ou du sel salé. Ces syntagmes québécois et français n’ont strictement rien à voir avec de la traduction, littérale ou autre. Au contraire, c’est leur irréductibilité franco-française ou franco-québécoise qui les rend difficiles à faire circuler en francophonie. Ce sont des tours régionaux, sans plus. L’anglais n’y est pour rien. La notion de traduction littérale ne doit pas être utilisée à tort et à travers, chaque fois que ça nous arrange, mais vraiment au sens précis, fort et… littéral, justement. Exemple: Fait sûr d’adresser les issues (sur: make sure to adress the issues) pour «assure toi de traiter les questions importantes». Ce tour surprenant existe chez les francophones de l’Ontario. Voilà une vraie traduction littérale. Un mot pour un mot, au mot à mot et, surtout, à syntaxe stable et sans aucun résidu. Pour l’anglais smartphone ou le plus rare intelligent (mobile) phone, une traduction littérale serait *intelligent téléphone (comme on disait autrefois paie-maitre pour pay master). C’est pas ça qu’on observe. Le fait est, l’un dans l’autre, que fin de semaine et téléphone intelligent ne sont aucunement des traductions littérales. Ce sont simplement des solutions françaises plus ou moins heureuses à un problème lexicologique ou terminologique spécifique. Exemple dans l’autre sens de traduction littérale: lily of the valley (sur lys de la vallée, le nom anglais du muguet) est une traduction complète dont la syntaxe est maintenue intégralement (traduction ici vers l’anglais — en plus on change de fleur, ce qui arrive plus souvent qu’on pense, dans ce genre de mésaventure). Autres exemples de traductions littérales (lexicales et syntaxiques) dans notre belle culture: tomber en amour (sur to fall in love) pour «tomber amoureux», à la fin de la journée (sur at the end of the day) pour «arrivé au bout du compte», y a rien là (sur there is nothing there) pour «c’est simple comme bonjour », qu’est-ce que tu penses que tu fais là (sur what do you think you are doing) pour «tu joues à quoi là?» Certains cas de traductions littérales sont strictement lexicaux (en ce sens qu’ils affectent un mot unique): plombeur pour «plombier», exploder pour «exploser», paquet (sur package) pour «liasse de documents». Redisons-le: au mot à mot, dans une traduction effectivement vraiment littérale, tu as tous les mots et la syntaxe reste constante. Noter, dans le cas de qu’est-ce que tu penses que tu fais là, que le final affaiblit la cause littérale. C’est du dégradé, tout ça. En tout cas, et quoi qu’il en soit de la légitimité réelle ou voulue du fait universel de passer d’une langue à une autre, nos bons compatriotes qui utilisent ces tours font de la traduction, c’est certain. Littérale ou non, peu importe finalement. Quand ces tours sont intelligibles en francophonie et qu’ils me bottent bien, je les utilise sans frémir. Ceux qui me barbent, je les laisse de côté. Tant qu’à américaniser son style, autant le faire par la traduction malicieuse que par le xénisme béat. Pensez-pas?

.
.

yao-ming-faut-pas-dire---chefferie---faut-dire---leadership---sil-vous-plait----mais-sil-vous-plait

LES FAUX AMIS: PARFOIS DE BONS VIEUX AMIS. Les cas comme avatar, éventuellement ou figurer, des classiques aussi, je les décrirais, sans rougir, avec la notion de faux amis (vieille désignation colorée et vive, mais descriptivement plutôt heureuse, pour attaquer l’anglicisme sémantique). C’est patent dans le cas, par exemple, de application au sens de «candidature» qui nous rappelle l’époque héroïque où on appelait un chef de gare un agent (sur station agent) et du pain grillé des rôties (en traduisant toast). Des cas comme image en mouvement sont plus difficiles à catégoriser. Comme balle molle (pour soft ball) ou chien chaud (pour hot dog) c’est un cas mixte faux amis et/ou traduction. On sent en tout cas que l’anglais ravaude l’affaire et que le français résiste. Le Dada de Troie, en somme. Le critère d’intelligibilité auprès des locuteurs est finalement un bien meilleur guide que tous nos cadres descriptifs, toujours plus ou moins défaillants quand les corpus s’élargissent. Souvenons-nous quand les vieux disaient Moi, pour un… (sur I, for one), moi tiku j’y comprenais rien. Je trouvais ça confusant (pour reprendre un beau monstre créé autrefois par mes étudiantes anglophones sur confusing) et l’expression a fini par mourir avec ma génération. L’intelligibilité française a prévalu, sans trompettes. Parfois, en plus, le fustigeage [sic] de ces tours se complique de préjugés enfouis pas vargeux-vargeux pour personne et qui n’ont absolument rien à voir avec l’adstrat anglais. Il y a des têtes croches partout, pour reprendre un mot bien de chez nous. Les Français aiment pas chandail (lui préférant pull, qui n’existe même plus en anglais, ayoye) pourtant bien présent dans leurs dictionnaires et français au boutte, à cause du souvenir de l’étymon marchand d’ail. Ça rend une odeur populaire. Certains de nos compatriotes tournent le dos à barbier (à cause de barber et malgré Figaro, pourtant barbier de Séville) pour des raisons tristement analogues. En plus, ça rendrait une odeur archaïque. Moi, entre populaire/archaïque français ou chic/tendance anglais, vous vous doutez que mon choix est fait… Mais cette partie là est une opinion strictement personnelle, n’est-ce pas. L’un dans l’autre, pour tout dire comme il faut le dire, j’accepte pas de me faire dire qu’il faut pas dire chien chaud (qui est attesté, marrant, un brin surréaliste et savoureux… surtout avec de la moutarde jaune fluo et vapeur —certainement pas steamé), que c’est une traduction fausse amie de mauvais aloi et que le mot français «est» hot dog. Pouah… c’est quoi le critère, autre que celui du conformisme rampant, veule et sans imagination?

.
.

Insistons pour dire que ces classifications descriptives (calques, faux amis, traductions littérales, emprunts directs) n’ont aucune validité normative, de la même façon que les désignations normatives (barbarismes, solécismes ou le monstrueux «anglicisme de culture») n’ont aucune validité descriptive. Tant et tant que, finalement, souple et sans complexe, ma solution est sereinement subjectivée. J’invoque des critères descriptifs certes. Mais je les maintiens lâches, moirés, souples, pour arriver à des solutions empiriques, colorées, sociologiquement marquées, mais toujours intelligibles. Et je me méfie comme de la peste des grandes explications normatives improvisées pour faux savants roides et mal avisés en mal de psychologie des profondeurs et de nature des choses dans les mots. Elles ne sont habituellement que la légitimation de ce qui est usuel (pour moi) et le rejet (fallacieusement) documenté de ce qui est dépaysant (venu de l’autre). Il n’y a pas si longtemps, les baîllonneurs au «bon aloi» nous disaient, au Québec, de ne pas dire à cause que, une soi-disant traduction littérale (dans l’utilisation descriptivement impropre de cette notion) de because. Voilà des oiseaux qui n’avaient pas lu Le Discours de la Méthode où la majorité des causales sont introduites sans sourciller par à cause que. Si on ne peut plus invoquer le modèle de Descartes ès langue française, je vous demande un peu ce qu’on va manger l’hiver prochain… Tintouin…

Chien chaud, Hot dog, Westmister de Carole Spandau

Chien chaud, Hot dog, Westminster de Carole Spandau

.
.
.

Paru aussi dans Les 7 du Québec

.
.
.

Publicités

27 Réponses to “Emprunts de «bon aloi», faux amis et traductions dites «littérales». La vieille chanson geignarde de l’anglicisme québécois”

  1. Serge Morin said

    Excellent. Et le critère américain, l’invoque-tu? Les américain disent déjà vu et cela nous amène à oublier que nous on dit impression de déjà vu. Une prudence s’impose là aussi, non?

    [Absolument. On pourrait dire coupé de ville parce que les américains le disent mais on pourrait pas dire maison de ville (faudrait dire townhouse) pour éviter l’anglicisme? Le reste à l’avenant. Marre. — Ysengrimus]

  2. Demian West said

    C’est pas «Plus le corpus des «mots de bon aloi» s’étend, plus la stabilité des critères sensés les légitimer s’estompe» c’est «…censés les légitimer…»! Pour un linguiste, vous ne maîtrisez pas tant ! 😀

    [Eh ben on va laisser ça comme ça, hein… Pour que tu médites. Et un peu de lecture pour toi, en prime… — Ysengrimus]

  3. Denis Gélinas said

    Je déplore l’odeur de clystère que dégage l’esprit aigre de vos textes en forme de French Bashing. Monsieur West en a fait une analyse parfaite.

    [Tiens, le chanoine Groulx qui vient encenser son grand ami Drieu La Rochelle. — Ysengrimus]

  4. Demian West said

    Laurendeau vos propos sont xénophobes et ils injurient toute une culture. Vous faites comme ceux qui haïssent ceux à qui ils doivent tant. Vous aimeriez tant que le Québec ne doive rien à la France. Au lieu de vous réjouir d’appartenir à une des plus grandes cultures. Et je me demande bien qui vous ne traiteriez pas de Drieu puisque ça vous arrange. Vous êtes impulsif, aigri et querelleur. Bref vous éructez tout seul et il ne vous reste plus que vos pires détracteurs comme seuls et derniers lecteurs car il faut bien s’amuser de la chute des destructeurs.

    [Gélinas, lis ceci attentivement, c’est à toi que ça s’adresse, en fait. Surtout le boutte: Vous aimeriez tant que le Québec ne doive rien à [placer l’instance valorisée ici]. Moi j’aime la France: MA FRANCE. — Ysengrimus]

    • Bobino said

      Le gars veut pas reprendre les anglicismes des autres francophones. Il veut obtenir la langue française de vous-autres, sans plus MAIS sans moins, et tu le traites de xénophobe? Tu peux pas être si cave au premier degré… Tu dois avoir une sorte de parti pris maladif contre Ysengrimus. Quoi qu’il dise, tu fais la mouche du coche et l’autre niaiseux, ton chien de poche, te suit, pour les mêmes raisons certainement. C’est incohérent et stérile, De l’obstruction intellectuelle…

  5. Denis Gélinas said

    Laurendeau vous tombez dans l’incantation, ce qui n’exorcise pas votre pensée profonde qui se lit en filigrane. Thiers aussi disait aimer la France il le criait sur les tribunes tout comme l’autre Adolphe (l’autrichien) qui hurlait son amour de Deutschland.

    [Restons dans le sujet du billet et résumons-nous. J’entends fermement dire chien chaud vapeur et non hot-dog steamé et cela fait de moi un xénophobe qui n’aime pas la France? Ça s’arrange vraiment pas dans les transistors à Ti-Oui-Ouest et à Gégé-la-Picosse… — Ysengrimus]

    • Catoito said

      En tant que français, je témoigne qu’Ysengrimus n’a absolument rien d’un francophobe. Si ces messieurs les fachos lisaient le billet avant de commenter (ce qu’ils ne font visiblement pas), ils y verraient une référence explicite au prétexte parisien, ainsi que l’analyse de ce dernier…

      le prétexte, réel ou hallucinatoire, que les Français le font ou le feraient. Mes anglicismes directs, acculturés et bêtes valent bien ceux des autres et la formule selon laquelle il n’est de bon aloi que de Paris est parfaitement faisandée et dénuée des moindres qualités dialectologiques. Même les Parisiens d’ailleurs n’en veulent plus et la parisianité linguistique, notamment en matière d’anglicismes, est largement une fabrication coloniale (une fabrication de nous, donc).

      Je seconde pleinement cette fine analyse, notamment dans sa dimension fort justement autocritique…

      • Bobino said

        J’entends fermement dire chien chaud vapeur et non hot-dog steamé et cela fait de moi un xénophobe qui n’aime pas la France? Ça s’arrange vraiment pas…

        Exactement. Je seconde pleinement. ils sont incohérents, ces deux boutefeux.

  6. Sophie Sulphure said

    La solution suisse et québécoise à la terrible problématique du popsicle:

    SUCETTE GLACÉE

    Plus intelligible pour toutes les cultures… et délicieuse en toutes saisons.

    [Je seconde. — Ysengrimus]

  7. Perclus said

    Attendez que je me synthétise les trois phénomènes et les recommandations d’Ysengrimus les concernant:

    EMPRUNTS DIRECTS: si on les garde on les garde et les miens valent bien les vôtres. Si vous avez que smoking pour repousser tuxedo, je garde tuxedo, tant qu’à être colonisé, inutile de l’être doublement.

    TRADUCTIONS LITTÉRALES: si c’est pas du mot à mot parfait et strict, arrêtez de nous raconter que c’est de la traduction littérale de l’anglais. C’est jamais qu’une expression… traduite ou pas. Ce qui compte alors c’est si elle est intelligible pour le reste des francophones et son origine anglaise ou autre importe peu. Tomber en amour, les français comprennent et ils adorent.

    FAUX AMIS: il faut les pogner quand ils sont vraiment de faux amis. Application et agent sont des traîtres mais qu’on vienne pas me raconter que barbier ou miroir le sont, sinon je réponds: cf Figaro, cf Blanche-Neige et allez vous faire voir par les turcs, les crétois, les albanais… pardon… les grecs. J’ai bon?

    [Tu as excellent, mon Perclus — Ysengrimus]

    • Le Boulé du village said

      Et certaines expressions viendront d’où elles voudront, elles disent parfaitement ce qu’elle ont à dire. La BALLE-MOLLE c’est quelque-chose de très précis et d’ancien. On explique ce que c’est et ça fait de l’échange culturel. Arrêtons de complexer, sibolaque.

      [Je seconde. — Ysengrimus]

  8. Batelier said

    C’est vrais que me faire dire que fin de semaine et traversier sont des anglicismes, qu’il faut dire week-end et ferry parce que les Français le disent: PUKAPAB!

  9. J’adore les exemples de cet article. L’étymologie de chandail est très étonnante et j’ai bien aimé apprendre que le mot rôtie en tant que nom est une traduction directe de toast. Ça va relancer le débat amical entre mon conjoint qui dit rôtie et moi qui dit toast. Les deux termes sont certainement rentrés dans la langue parlée de la même manière, c’est-à-dire pour trouver une forme plus courte que tranche de pain grillée qui est franchement trop longue.

    Je n’ai généralement rien contre les anglicismes en général mais je ne supporte absolument pas l’anglicisme adresser un problème. Je me demande si ce n’est pas simplement parce qu’il est arrivé dans ma vie sur le tard et non pas quand j’ai appris à parler/écrire.

    [C’est le faux amis type et il est un quasi-antonyme du vrai sens français qu’il contamine. C’est un peu comme avatar, devenu, par anglicisme, une petite icône concrète sympa quand en fait c’est, en français, un grand problème abstrait regrettable… Comme dirait Batelier: PAKAPAB! — Ysengrimus]

    • Odalisque said

      Je suis une francophone des Caraïbes. Pour nous rôti pour du pain grillé c’est extrêmement bizarre. Nous, un rôti, c’est un gros morceau de viande cuit au four ou sur la flamme… et une rôti, c’est une faute de genre.

      [Les Français feraient grosso modo le même commentaire que vous, Odalisque. — Ysengrimus]

      • Maintenant que vous m’y faite penser, on dit pain grillé, et non pas pain rôti, ce qui fait que la traduction mot-à-mot de toast (de toasted bread) devrait être une grillée, c’est affreux! Et j’imagine que c’est exactement ce que vous penser quand vous voyez une rôtie.

      • Odalisque said

        Pas affreux, je dirais… Mais bizarre, étonnant, déroutant. Et aussi: exotique…

  10. Caravelle said

    glace-a-leau

    Sans basculer dans l’énervement de vos premiers intervenants, j’aimerais bien, Ysengrimus, me faire expliquer ce qui ne va pas avec glace à l’eau

    [Le Québec est un pays couvert de glace. La glace recouvre les patinoires, coule des gouttières, immobilise les rivières, enveloppe les arbres même, après une pluie verglaçante. Si bien que glace, ici, pour des raisons empiriques, maintient fermement son sens originel («eau gelée»). On ne mange pas de glace (c’est de la crème glacée), on ne se regarde pas dans la glace (c’est un miroir), et dans nos verres on met pas des glaçons (car ceux-ci pendent du toit ou, par métaphore, dans les arbres de Noël) mais bien des cubes de glace. Le mot glace n’est entré ici dans aucune des évolutions qu’il connaît dans l’Hexagone. Ici, il est gelé dans son sens d’origine, ni plus ni moins. Aussi, avec une notion comme glace à l’eau, on vit l’impression absurde d’être en train de se faire dire que l’ingrédient principal de la glace c’est l’eau. C’est aussi bizarre que le serait sel salé ou sucre sucré. Cela a longtemps favorisé l’anglicisme popsicle… jusqu’à ce que la solution Sophie Sulphure se mette en place au Québec, comme en Suisse, pays des neiges éternelles. — Ysengrimus]

    • J’aime bien l’explication d’Ysengrimus, même si par ici on met des glaçons dans nos verres, mais je vous aurais répondu d’emblée que le problème est qu’une glace à l’eau n’est pas faite avec de l’eau mais bien du jus. C’est parce que je sais ce qu’est une glace en France, parce que sinon, je n’y aurait rien compris, effectivement.

      Ça me fait penser à une question de jeu de société que mes parents avait bien du mal à comprendre. Nommer des parfums de glace. Pour mes parents, du parfum est un truc que tu mets sur ta peau pour te parfumer, et de la glace est bien vous savez ce que c’est.

      [Excellent exemple sur le problème de l’intelligibilité, Coccinelle. parfums de glace pour essences de crème glacée. Je le retiens. Il est magnifique. — Ysengrimus]

      • Julien Babin said

        Acceptez un peu d’eau au moulin de la glace à l’eau: Glace à l’eau spéciale canicule – d’Élodie

        [Ah ben, rigolo et très étonnant, Julien. Cela fait bien sentir que le malaise pléonastique de ce syntagme ne se restreint pas nécessairement au Québec. Vaut le clic… peut-être pas pour la recette mais certainement pour le petit coup de jus sémantique. — Ysengrimus]

      • Herbe et neige said

        Magnifique. je découvre ce blogue. je vais y revenir…

  11. Fridolin said

    Ce que je comprends dans tout ça, c’est qu’Ysengrimus est horripilé par les anglicismes directs genre hot dog, softball, trailer, carter, bumper, ousider, sparring partner. Alors Ysengrimus, pense vite: ta traduction françaises pour T-SHIRT?

    • Ysengrimus said

      Mais GAMINET, quoi d’autre?

      gaminet-creatif

      • Fridolin said

        Mais GAMINET, c’est une option… parisienne…

        [Ben… Et alors? Les parigots sont pas des cons principiels. Si leur idée est la bonne, je prends. Gaminet, c’est imaginatif, c’est marrant, ça marche et, doucement, ça s’installe… — Ysengrimus]

  12. Tourelou said

    Beau dommage le disait « faire tourner des ballons sur son nez ».est ce que cela vaut la peine? ….l’hiver et le prochain…faudrait essayer de ne pas trop manger de misère. Tiens une expression de chez nous! Manger de la misère, son prochain, son pain noir, né pour un petit pain, notre pain quotidien, POM proud of Montreal… la langue… une belle histoire sans fin😜😛

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s