Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

La «démocratie» électorale américaine comme obstruction bourgeoise systématique

Posted by Ysengrimus sur 4 juillet 2016

Sur les questions électorales, la constitution américaine fonctionne comme une horlogerie abstraite implacable. Tout y est organisé de façon à ce que la classe politique ne puisse pas faire dépôt, comédon, caillot, et, ainsi, coller, se déposer, perdurer. Les élections sont à dates fixes (si un président meurt ou est destitué, son vice-président termine le mandat — impossible, donc, soit d’étirer un mandat pour affronter une conjoncture contraire, soit de déclencher des élections anticipées pour profiter d’une conjoncture favorable), les mandats présidentiels sont restreints à deux (Franklin Delano Roosevelt tira sur la corde un peu trop dans les années de guerre et on vit, par le 22ième amendement, à ce que ça ne se reproduise pas), le dispositif bicaméral est intégralement électif (pas de sénat nommé et inamovible, donc), le bipartisme est solidement institutionnalisé (fausse alternance politique, centre-droitisme et continuité de fait). Tout, dans ce dispositif, semble conçu pour assurer un roulement bien huilée de la classe politique. À cela s’ajoute, et la notion n’est pas banale, le fait que le président, un civil, est le commandant en chef des armées (ce rôle ne revient à un militaire que si ce dernier troque la gabardine galonnée pour le costard présidentiel — notons d’ailleurs qu’il y a eu un bon lot de bidasses gradés devenus de non-négligeables présidents: George Washington, Andrew Jackson, Ulysse Grant, Dwight D. Eisenhower, pour ne nommer que les plus éminents). La constitution américaine est un automate transcendant, hautement perfectionné, visant, sans malice apparente, à protéger la république des putchs, des juntes, des grands guides politiques inamovibles, des patriciens non-élus, des politburos de sarcophages sempiternels, des dictateurs parano et tentaculaires genre Richard Nixon… On veut que le personnel politique roule, change, se renouvelle. Et il le fait effectivement. C’est que la machine le broie, le concasse, le remplace, le redeem, le reconfigure.

Fondamentalement bourgeoise, affairiste, yankee trader et toutim, la culture politique américaine véhicule une longue tradition de rejet convulsionnaire face à tout ce qui est appareil étatique, classe politique, carcan gouvernemental. Les stentors du mouvement de droite du TEA PARTY sont très explicites et très ostensibles sur cette question. Leur pesante référence au fameux BOSTON TEA PARTY (équivalent américain de la Prise de la Bastille ou de la mutinerie du cuirassé Potemkine) est particulièrement malhonnête, au demeurant. En 1773, du thé anglais en ballots arrive par navires dans le havre de Boston. Ce thé, provenant des Indes en passant par le centre de l’Empire, est déjà taxé. Tu l’achètes, la taxe est automatiquement intégrée dans le prix de vente et c’est non négociable. Les bostonnais du temps sont hautement réfractaires à l’idée de payer des taxes à des personnages qu’ils n’ont pas élu. Ils exigent —comme d’autres ports coloniaux du continent l’avaient fait auparavant avec succès d’ailleurs— que ce thé pré-taxé soit tout simplement rembarqué pour l’Angleterre. Devant le refus des autorités coloniales, un commando jette nuitamment les ballots de thé dans la rade de Boston. On préfère détruire le produit de consommation plutôt que de payer dessus une taxe implicite à une puissance (déjà perçue comme) étrangère. Sauf que les bostonnais de 1773 ne refusaient aucunement de payer la taxe si les avoirs financiers allaient aux personnages qu’ils avaient élu ou allaient élire. En se référant abusivement à cet incident historique symbolique, la grosse droite ronflante contemporaine fait donc passer une appropriation du pouvoir de taxation par un état républicain naissant pour un rejet sans alternative ET de la taxation ET de l’état. C’est du bricolage historique médiocre et de la calomnie pure. En un mot, les tea-partiers contemporains transforment le fameux slogan, tonitruant mais malgré tout subtil, NO TAXATION WITHOUT REPRESENTATION en NO TAXATION tout court, biaisant totalement, de ce fait, l’idée d’organisation et de répartition des richesses fondant leur si chère république… Inutile de redire que, ce faisant, ils mettent leur rejet hargneux et égoïste des responsabilités les plus élémentaires de la vie civile au service, encore une fois, de la sempiternelle bastonnade à l’américaine du politique, de l’étatique, du gouvernemental.

Culture politique de l’anti-politique, donc… on ne se refait pas. Et on a bel et bien une situation où une machinerie constitutionnelle précise et perfectionnée, conçue au départ pour protéger les institutions électives du dépôt encrassant et freinant d’une classe politique nomenklaturesque, finit par basculer dans un autre type d’obstruction, bien plus lourd et nuisible: celui de la classe bourgeoise même. Il est d’abord assez évident, quand on regarde la facture électorale (grosso-modo un milliard de dollars par candidat présidentiel en 2012, le chiffre montant à six milliards quand on inclut les diverses aventures électorales de représentants et de sénateurs, lors du même scrutin), que l’électoralisme américain est désormais profondément et durablement ploutocratisé. Ce qu’il faut bien voir, c’est combien la structure fondamentale du dispositif constitutionnel, conçu initialement pour protéger la bourgeoisie coloniale de jadis du frein du politique, s’inverse et sert aujourd’hui à la bourgeoisie même pour contrôler les leviers politiques. Il faut du fric, et conséquemment des amis puissants, pour arriver à émerger dans un système constitutionnel si glissant, si fluide, ne donnant prise à aucune assise politicienne durable, se présentant devant l’électorat tout les vingt-quatre mois, sans faute (une législative, une présidentielle, une législative, une présidentielle – même les guerres mondiales n’ont pas empêché cette clepsydre de continuer de palpiter sans heurt). La constitution américaine, dans son intendance électorale permanentisée, se protège bel et bien d’un Tito ou d’un Perón, mais c’est au prix de rendre un Barack Obama, élu puis réélu tout à fait dans les formes, totalement inopérant. Il est bloqué, certes, par l’électorat sudiste crétin, qui roule pour le Parti Républicain en confondant niaisement conservatisme social et conservatisme fiscal. Il est coincé, certes, par l’obstruction systématisée émanant du bras de fer bicaméral (sénat démocrate, chambre républicaine – cohabitation à rallonge, souque à la corde sempiternel). Mais ne vous y trompez pas. Ce qui rend le plus sciemment un président de la trempe d’Obama totalement inopérant, c’est la collusion fondamentale de l’Horloge (le temps) et de l’Horlogerie (la machine constitutionnelle américaine abstraite servant, sans délai et sans répit, le constant plouto-recyclage des cadres politiques).

Avez vous dit Constitution Bourgeoise? Je réponds: passage de l’anti-monarchisme méthodique des pères fondateurs au court-circuitage affairiste de l’état, par certains de leurs impudents héritiers… Et notez finalement que, comme tous les dispositifs bien-pensant à autolégitimation translucide, ce système politique pervers se protège parfaitement des objecteurs superficiels. Personne de sérieux ne voudrait qu’on revienne à un sénat nommé, que le président soit élu à vie, ou que sa camarilla de laquais colle au pouvoir pour une décennie, comme en Chine! La «protection de la constitution» (une des ci-devant cruciales responsabilités présidentielles) est donc un enjeu faisant massivement consensus, du simple fait qu’il est impossible de s’y objecter sans sortir de la roue. Et c’est justement cela qui fait de la «démocratie» électorale américaine une obstruction bourgeoise systématique. Tout le caramel que la bourgeoisie fait passer dans la structure pour bien l’engluer à son avantage exclusif (action feutrée des intérêts spéciaux, ploutocratisation électorale, obstruction camérale, philibuster médiatique) n’a pas d’existence constitutionnelle. Tout ce qu’on a devant soi, c’est une classe politique, obligée constitutionnellement de se glisser dans le dispositif, en dansant la gigue sur un parquet toujours penché et bien luisant, devant une bourgeoisie à qui rien n’interdit de coller, elle, au susdit dispositif. La solution de cet immense problème structurel sera peut-être politique (socio-politique) mais elle ne sera certainement pas politicienne ou «démocratique» (au sens truqué, électoral et bourgeois de ce terme chausse-trappe).

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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16 Réponses to “La «démocratie» électorale américaine comme obstruction bourgeoise systématique”

  1. Pierre JC Allard said

    Encore un de ces textes dont vous avez le secret, où les choses sont dites avec beaucoup de finesse. Permettez moi d’ajouter un mot du Macédonien, celui qui appelle une casserole une casserole.

    Ce que nous avons n’est pas une démocratie et ne conduit pas à une démocratie. Il va falloir rebrousser chemin jusqu’au dernier carrefour et prendre une autre voie. Rebrousser chemin, hélas, c’est revenir pour un temps à un autoritarisme pur et dur. On ne fera pas l’économie d’une dictature. Souhaitons-nous qu’elle soit éclairée et que ce qui doit être fait le soit vite.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/15/un-mauvais-moment/

    Pierre JC Allard

    • SylDess said

      Ceci n’est aucunement ce qu’Ysengrimus laisse entendre. La solution dictatoriale ne donnerait strictement rien, comme à son habitude.

  2. Gaëtan Pelletier said

    Une analyse en finesse, déterrant ou détressant la complexité du système. Tout ça dans un texte aussi court… Bravo! Bravo, parce qu’il faut la saisir cette réalité, mais savoir également l’écrire.

    Bonne journée!

  3. Mura said

    Tout le caramel que la bourgeoisie fait passer dans la structure pour bien l’engluer à son avantage exclusif (action feutrée des intérêts spéciaux, ploutocratisation électorale, obstruction camérale, philibuster médiatique) n’a pas d’existence constitutionnelle. Tout ce qu’on a devant soi, c’est une classe politique, obligée constitutionnellement de se glisser dans le dispositif, en dansant la gigue sur un parquet toujours penché et bien luisant, devant une bourgeoisie à qui rien n’interdit de coller, elle, au susdit dispositif.

    C’est en plein ça. Dans le mille. Super bien vu.

  4. Caravelle said

    La créature qui broie ses créateurs. C’est le golem, ce système politique.

  5. Fridolin said

    Ysengrimus, pense vite. Pourquoi Donald Trump se comporte-t-il comme s’il voulait perdre ses élections?

    [Tout simplement parce qu’il incarne le fait que les réacs ont bel et bien renoncé au pouvoir présidentiel. Ce qui compte pour eux désormais, c’est de contrôler les chambres et de continuer d’étrangler les initiative d’un président (ou d’une présidente) qui finit par prendre le discrédit de sa propre impuissance et passe pour un(e) autocrate en cherchant à s’en affranchir. — Ysengrimus]

    • Fridolin said

      L’illusion du pouvoir est présidentielle, donc.

      [Plus précisément, l’acteur présidentiel cultive l’illusion progressiste et pendant ce temps, les chambres, bien ploutocratisées et cernées par les intérêts spéciaux, s’occupent de l’intendance réactionnaire à la petite semaine. Obama a passé sa fin de second mandat à râler contre les chambres qui le bloquent de tout faire. Il cultive le prêt-à-rêver pour les masses et les chambres s’occupent des réveils difficiles. Il n’y a strictement rien de démocratique dans tout ça. C’est la lanterne magique de gestion générale de la grande bourgeoisie. — Ysengrimus]

      • Fridolin said

        Ah, ah, ah… C’est dans les chambres que se font les réveils difficiles. Est triste mais est bonne…

        [Vaut mieux en rire, en effet… — Ysengrimus]

  6. Perclu said

    C’est marrant aussi tous ces anciens officiers rendus populaires par des victoires militaires et qui deviennent présidents mais alors, en costard-cravate. Un autre élément de l’illusion démocratique de ce spectacle de guignols.

    [Totalement… — Ysengrimus]

  7. Julien B. said

    Un (court) exemple parmi des dizaines d’Obama s’insurgeant contre le Congrès ploutocrate et pro-bourgeois.

  8. Magellan said

    Que voulez vous. Un certain drapeau flotte…

    corporate_flag

  9. Tourelou said

    C’est flagrant, Barack est pris dans ce piège et j’ai bien hâte de voir ce qu’il fera après…

  10. Robert Bibeau said

    @ Paul

    Excellent texte que je voudrais prolonger si te me le permets.

    L’air de rien Tu poses quelques points d’interrogations à travers ton réquisitoire.

    1) Tu constates qu’aux USA il n’y a pas de « classe politique indépendante », pas de dictateurs à vie, pas de Politburo inamovible.
    En effet, Les États-Unis se sont forgées dans le NEUF (une fois exterminées les tribus amérindiennes). Ils ont rejeté les traces du passé aristocratique britannique et européen, ce que la bourgeoisie du vieux continent n’a pas eu l’opportunité ou la volonté de faire. En Europe, règne à la fois l’histoire, la guerre, et les puissances multiples intervenant les unes les autres dans leurs affaires nationales de l’autre. En Amérique rien de tel, ni le Canada, ni le Mexique, -tous les deux matés par l’impérialisme US- ne font le poids.

    2) Cependant tu dois réaliser que si la classe bourgeoise américaine rejette le concept et la pratique de « classe politique » tel que vécu en France par exemple, c’est pour mieux imposer son pouvoir de CLASSE. En effet, à travers cette structure démocratique bourgeoise complexe et complète la classe capitaliste américaine s’assure que c’est bien toute la classe bourgeoise qui est au POUVOIR POLITIQUE à travers ses officiers politiques, essentiellement des produits de sa classe et au service de sa classe sociale. Le réseau des grandes universités réputés se chargeant de formater les prochains larbins présidentiables. Et, pour s’en assurer, chaque représentant y compris le Président (Nixon et Kennedy l’ont appris à leur dépend) est assis sur un siège éjectable. La classe fait consensus sur tel personnage ou alors le personnage est écarté.

    Bref, les USA entretiennent la plus solide classe politique qui soit, totalement INFÉODÉE-CHEVILLÉE- DÉPENDANTE DE la classe capitaliste d’argent détentrice du pouvoir économique réel. Et cela aucun candidat ne doit jamais l’oublier.

    3) Voici que surgit dans l’arène politique américaine un dénommé Donald Trump, soi-disant anti-establishment. Aussitôt une large section de l’establishment économique a lancé ses chiens de garde politiques et médiatiques aux trousses du malappris. Et nous assistons depuis quelques temps aux élucubrations de la petite bourgeoisie aux États-Unis (et au Canada !?…): féministes, LGBT, écologistes, ONG stipendiés, « progressistes éperdus » arrachent leur chemise sur les parvis contre l’homme à la main baladeuse, comme si la mascarade électorale américaine visait à choisir un marguillier de salle paroissiale.

    Ce que voyant, les éternels opposants, souvent des gauchisants, se croyant interpellés, ou par simple réflexe pavlovien, se précipitent à la rescousse du multimilliardaire exorcisé « s’ils l’attaquent ce doit être un bon gars, je dois le défendre » pensent-ils, oubliant que le rêve américain de l’homme super héros seul contre tous les méchants est un mythe.

    4) La classe capitaliste américaine est la classe capitaliste ayant la pus forte conscience de classe bourgeoise qui soit. Si Donald Trump est là où il est c’est que toute une faction de la classe capitaliste le soutien solidement, sinon même avec sa fortune il n’aurait pas été plus loin que Ross Perot (candidat indépendant malheureux en 1996). Songe qu’un candidat doit aligner un milliard de dollars USD pour mener campagne, de la première primaire jusqu’à l’investiture. Il y a là un filtre monétaire infranchissable pour s’assurer de la fidélité de l’élu aux intérêts de la « classe politique » toute entière, fonctionnaire politique de la classe capitaliste américaine hégémonique.

    4) Une mascarade électorale démocratique bourgeoise a trois objectifs: a) Faire croire au peuple qu’il possède un réel pouvoir et que régulièrement on le consulte par voie électorale… c’est construire l’illusion. b) De la sorte, par le vote, compromettre le peuple et construire du consentement. « Tu as été consulté, tu dois donc vivre avec les conséquences du CHOIX majoritaire (Trump ou Clinton = blanc bonnet = bonnet blanc). c) Enfin, à travers cette joute, sélectionner la marionnette la plus apte à suivre sans regimber les directives du pouvoir des banquiers, des industriels, des rentiers multimilliardaires détenteurs du véritable pouvoir économique.

    5) Voilà le problème avec Donald Trump. Une forte proportion (mais pas la totalité) de l’establishment se sent soi-disant « insécure » avec cet homme qu’il prétend « imprévisible » ce qu’il n’est pas du tout. Trump déclare clairement qu’il souhaite sortir du guêpier moyen-oriental, s’entendre avec la Russie, négocier avec la Chine plutôt que de l’attaquer militairement, maintenir l’entente avec l’Iran, exiger un règlement de l’affaire israélo-palestinienne, cette chiquenaude de type 3e priorité d’un Président américain en pleine crise économique sévère, renégocier tous les traités de libre-échange (pas les abolir, les renégocier) à l’avantage des manufacturiers américains, réduire les dépenses militaires, réduire les taxes et les impôts et abolir l’ObamaCare qui s’apprête à tripler ses tarifs et jeter sur le pavé des millions d’américains de la soi-disant classe moyenne. Et enfin il propose de poursuivre la politique de Barack Obama d’expatrier les millions d’immigrants illégalement entrés aux États-Unis.

    6) Ce ne sont pas les frasques sexuelles de Trump qui dérangent une large portion de l’establishment financier -ils ont tous fait pire- mais ce sont ces mesures gouvernementales qui réorientent la politique américaine et vont à l’encontre des intérêts d’une faction alors qu’elles favorisent les intérêts de l’autre faction.

    La « faction » prolétarienne, elle, n’a rien à faire dans cette galère.

    Robert Bibeau Éditeur. http://www.les7duquebec.com

  11. Serge Morin said

    Tiens, tiens… voici qu’on en parle…

    La démocratie américaine prisonnière d’un système byzantin et archaïque

    Ysengrimus a été entendu…

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