Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Pour une masculinologie non-masculiniste

Posted by Ysengrimus sur 1 septembre 2015

Pere-fils

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Tombons d’abord d’accord sur deux définitions qui n’ont rien de neutre et qui expriment une prise de parti ferme et ouvertement féministe (ce qui n’empêche en rien une critique amie et respectueuse dudit féminisme). Les voici:

MASCULINISME: Attitude du sursaut androhystérique consistant à démoniser l’augmentation du pouvoir social des femmes et le lent rééquilibrage en sexage en faveur du positionnement social et socio-économique des femmes. «Lutte» anti-féministe explicite et virulente, le masculinisme se formule habituellement dans la polémique, la provoque, la bravade pseudo-novatrice et la toute patente obstruction néo-réac. Comme tous les combats d’arrière-garde, le masculinisme ne dédaigne ni la violence physique (non-armée ou armée, domestique ou médiatique) ni la mauvaise foi intellectuelle. Cette dernière se manifeste, avec une vigueur soutenue, dans les diverses tentatives faites par les semi-doctrinaires du masculinisme pour présenter leur vision du monde comme une converse symétrique et faussement progressiste du féminisme (qu’on accuse, du même souffle, d’être à la racine de tous les maux sociaux contemporains). La recherche de légitimation que se donne le masculinisme en se posant en pourfendeur des «abus» féministes est une promotion feutrée de la myopie micro-historique au détriment d’une compréhension du développement historique large (et effectif). La micro-histoire réparatrice-restauratrice, c’est là une vieille lune réactionnaire et les masculinistes ne diffèrent guère, en ce sens, des dénonciateurs tapageurs et gluants du «racisme anti-blanc» de «l’athéisme anti-chrétien mais (soi-disant) islamophile» ou de la «discrimination positive». S’il y a tension interne entre un féminisme de gauche et un féminisme de droite (ce dernier parfaitement répréhensible), le masculinisme, lui, est exempt de la moindre tension interne de cette nature. Il est, en effet, inévitablement de droite, nostalgique et rétrograde, donc intégralement répréhensible. La fausse richesse dialectique que le masculinisme affecte de porter à bout de bras dans le débat social n’existe tout simplement pas. La seule attitude que je vous recommande ici, le concernant, c’est celle de le combattre.

MASCULINOLOGIE: Attitude de recherche et d’investigation aspirant à produire une compréhension explicite, descriptive et opératoire des éléments spécifiques de la culture intime masculine qui seront susceptibles de perdurer au-delà des ères phallocrates et machiques. La masculinologie est appelée à se développer à mesure que les postulats masculins seront de moins en moins pris pour acquis et/ou automatiquement implicites dans la société. On voit déjà que la civilisation contemporaine commence à exprimer l’urgence d’une masculinologie proprement formulée. Cela s’observe notamment de par la perte de repères et le désarroi des petits garçons à l’école. Il est indubitable que la masculinologie était inexistante aux temps du phallocratisme tranquille, attendu que ce dernier n’en avait pas plus besoin en son heure de gloire que le colonialisme occidental n’avait eu besoin d’une doctrine multiculturelle… Cette situation de dissymétrie historique (cette surdétermination historique, dirait un althussérien) fait que la masculinologie est appelée à se développer dans l’urgence et, bien souvent, sur le tas. Les masculinologues les plus assidues pour le moment sont encore les mères monoparentales de garçons et les éducatrices en contexte scolaire mixte. Pourquoi les meilleures masculinologues sont-elles pour le moment des femmes? Parce que leur non-initimité avec les implicites mecs, que détiennent imparablement les hommes, les forcent comme inexorablement à produire une connaissance de tête. Si je sais que je ne sais rien, je ferai en sorte d’en savoir d’avantage (Lénine). La masculinologie repose sur le postulat selon lequel une égalité intégrale des droits n’est pas une identité intégrale des cultures intimes. Entendre par là, entre autres, que, même hors-machisme, les gars ont leurs affaires/lubies/bibites de gars et que comme les affaires de gars ne sont plus automatiquement les affaires de la société entière (et comme l’hystérie, cette culture intime freinée, frustrée, rentrés, change doucement de bord), il va de plus en plus falloir une discipline descriptive rendant les affaires de gars discernables et compréhensibles aux non-gars…

Notre réflexion sur le tas débute donc ce jour là au supermarché. Mon fils de dix-neuf ans, Reinardus-le-goupil et moi, Ysengrimus-le-loup, au milieu de tout et de rien, nous bombons subitement le torse, portons les ailes vers l’arrière et nous arc-boutons l’un contre l’autre. Nos regards se croisent, nos deux torses se percutent et nous poussons, face contre face. Reinardus-le-goupil est plus grand que moi et au moins aussi fort, mais je suis plus lourd. Misant méthodiquement sur mon poids, j’avance lentement, inexorablement. Comme je ne l’empoigne pas, il ne m’empoigne pas. C’est une sorte de règle implicite et improvisée. Il faut pousser, torse contre torse, sans impliquer les bras. J’avance, il recule, et le Reinardus se retrouve le cul dans une pyramide de boites de conserves. Implacable, je l’assois bien dedans pendant qu’elle se démantibule avec fracas et nous rions tous les deux aux éclats. Nous interrompons cette brève escarmouche et Reinardus-le-goupil se relève, crampé de rire. Le préposé qui vient nous aider à rebâtir la pyramide de boites de conserves commente et rit comme un sagouin, lui aussi. Nous allons ensuite rejoindre mon épouse et, un peu interdit moi-même, je dis: Affaires de gars. Elle répond, sereine, sans se démonter: Je ne m’en mêle pas… mais maintenant que vous avez vu à vos affaires de gars, on peut continuer l’épicerie? Et nous la continuons, et tout le monde est de fort bonne humeur. Je suis certain que toutes mes lectrices qui vivent avec des hommes, conjoint et/ou fils, ont, à un moment ou à un autre, pris connaissance de ces curieux comportements de gars, en apparence inanes et (souvent) un peu brutaux ou rustauds. La signification psychologique et intellectuelle de ces petites saillies masculines de la vie quotidienne serait justement un des objets de la masculinologie. L’étude de l’impact de leur manque (et corollairement de l’erreur fatale consistant à chercher à les éradiquer intégralement) en serait un objet aussi, crucialement. Les ancêtres maternels de Reinardus-le-goupil, qui étaient des hobereaux russes, ses ancêtres paternels, qui étaient des cultivateurs et des bûcherons canadien-français, trouvaient tout naturellement les modes d’expression de ces traits de culture intime dans l’ambiance dominante, couillue et tonique, des activités ordinaires des hobereaux russes et des cultivateurs et bûcherons canadien-français d’autrefois, entre le lever et le coucher du soleil. Ce genre de petit outburst, manifestation sereine de la vie banale de nos ancêtres mâles, pétarade pour nous ici, un peu hors-cadre, entre deux allées de supermarché, en présence d’une mère et épouse à l’œil glauque. Un film remarquable de la toute fin du siècle dernier évoque les désarrois de mon fils et de moi en ce monde tertiarisé contemporain. Il s’agit de Fight Club (1999) de David Fincher avec Brad Pitt et Helena Bonham Carter. À voir et à méditer. La masculinologie des temps contemporains s’y annonce.

Un petit traité de masculinologie à l’usage des non-mâles de tous sexes et de tous genres serait indubitablement à écrire. Un jour peut-être. Pour le moment contentons nous de l’invitation à une refonte de nos attitudes que portent les allusions subtiles, voulues ou non, au besoin naissant et pressant pour une masculinologie. Cela sera pour vous recommander un autre film remarquable, Monsieur Lazhar (2011) de Philippe Falardeau. Ceux et celles qui ont vu ce film subtil, aux thématiques multiples, avez-vous remarqué la discrète leçon de masculinologie qu’il nous sert? Oh, oh… Je ne vais certainement pas vous éventer l’histoire, il faut impérativement visionner ce petit bijou. Sans risque pour votre futur plaisir de visionnement, donc, je peux quand même vous dire qu’un réfugié algérien d’âge mûr est embauché, dans l’urgence, dans une école primaire québécoise, pour remplacer au pied levé une instite qui vient de se suicider. L’homme n’est même pas instituteur lui-même (c’est son épouse, temporairement coincée en Algérie, qui l’est). Monsieur Bachir Lazhar (joué tout en finesse par Mohamed Fellag) va donc s’improviser prof au Québec, avec, en tête, les représentations scolaires d’un petit garçon nord-africain de la fin des années soixante. Sans complexe, et avec toute la ferme douceur qui imprègne sa personnalité droite et attachante, il enseigne donc, ouvertement à l’ancienne. Cela va soulever un florilège de questions polymorphes, toutes finement captées et  traitées. Et on déniche alors, perdue, presque planquée, dans cette flopée: la problématique masculinologique. Outre monsieur Lazhar, il y a deux autres hommes dans cette école, le concierge et le prof de gym. Ce dernier, pédophobe grinçant mais assumé, a capitulé sous le poids de la bureaucratie scolaire et civilisationnelle. Il fait tourner les gamins en rond dans le gym et évite soigneusement de les toucher ou de les regarder dans les yeux. Le concierge, pour sa part, ne se mêle de rien et proclame haut et fort son respect inconditionnel pour la petite gynocratie scolaire tertiarisée de notre temps. Dans ce contexte de renoncement masculin apeuré, monsieur Lazhar va involontairement représenter le beau risque du retour serein de la masculinité paterne et droite, en bois brut. L’impact sur les petits garçons et les petites filles sera tonitruant. Sans passéisme mais sans concession, on nous fait solidement sentir le manque cruel résultant de l’absence masculine, en milieu scolaire. C’est magnifiquement tempéré et imparable. Je meurs d’envie de vous raconter la trajectoire de la principale petite fille (au père absent et à la mère pilote de ligne) et du principal petit garçon de cette fable. Ils vivront un changement de polarité issu du magnétisme bénéfique de monsieur Lazhar. Je vais me retenir de trahir leur beau cheminement. C’est qu’il faut le voir. Un mot cependant sur une importante assertion masculinologique de ce brillant opus. C’est que cette assertion là, vous risquez de la rater car il se passe des tas de choses et, elle, elle est bien planquée dans les replis du cheminement d’un des personnages secondaires. J’ai nommé, le grand & gros de la classe. Le grand & gros de la classe a un grand-père chilien qui a subit les violences policières sous Pinochet et a plus ou moins fait de la guérilla, dans le temps. Le grand & gros de la classe, que tout le monde ridiculise et conspue pour ses bêtises quotidiennes, ne sait même pas qu’il détient un trésor narratif mirifique, hautement susceptible de le rendre super cool, en l’héritage de son grand père guérillero. Le grand & gros de la classe ne pourra jamais devenir cool avec cet héritage parce que, dans le milieu scolaire aseptisé contemporain, t’as pas le droit de parler de: guérilla, terrorisme, guerre, soldats, officiers, tank, mitraillettes, canons, pirates, cow-boys, indiens (il faut dire amérindiens et ne jamais parler de leurs conflits), boxe, lutte, guerre mondiale, révolution, insurrection, répression, foire d’empoigne de quelque nature, esquintes, accidents violents, meurtres, deuils ou… suicides (y compris le suicide odieux que tous ces gamins et gamines ont sur le cœur – tabou suprême, ils doivent se planquer pour en discuter). La violence, même dans les arabesques de témoignages, de narrations, de littérature orale, de lettres ouvertes ou de fictions, est prohibée. So much pour l’héritage guérilléro du grand & gros. Plus tard, le grand & gros de la classe accède presque, sans le savoir toujours, au statut cool tant convoité. Sur l’immense banc de neige du fond de la cour de récréation, les petits gars jouent au Roy de la Montagne. Le grand & gros est arrivé à se positionner au centre de la citadelle-congère et parvient à repousser l’offensive de tous ses adversaires. Tout le monde se marre comme des bossus, en cette petite guéguerre hivernale spontanée et folâtre. On a là une sorte de version multidirectionnelle de ma bataille de coq de supermarché de tout à l’heure avec Reinardus-le-goupil. Le grand & gros de la classe pourrait en tirer un leadership de cours d’école et une popularité imprévus. Mais non. Les enseignantes, outrées et myopes, interrompent abruptement ce «jeu violent» et le grand & gros de la classe finit derechef conspué. Un jour (j’extrapole ici), GrandGros se retrouvera dépressif, veule, imprévisible et violent… et ni sa maman, ni sa nuée d’instites ne comprendront ce qui lui arrive. Et son père absent, seule solution implicite et (encore trop) mystérieuse à cette portion de son faix, n’en reviendra pas pour autant.

Des réflexions masculinologiques nuancées comme celles du film Monsieur Lazhar (2011) vrillent doucement leur chemin dans nos sociétés. Elles représentent la portion intelligente, articulée et critique de ce que l’androhystérie masculiniste actuelle fait irrationnellement jaillir, sans le savoir ni le vouloir, de crucialement révélateur par rapport au phallocratisme tranquille, au machisme et à la misogynie «classiques» de jadis (qui, eux, sont foutus et ne reviendront plus dans l’espace légitime). Il y a une crise aiguë de la masculinité de par l’arrachement à vif qui décante, sans régression possible, le phallocratisme hors d’elle. Personne ne veut d’un retour au passé. L’ordre malsain des boulés de cours d’école et de la fleur au fusil n’est pas ce qui est promu ici. Ce sont là d’autres temps. Même les masculinistes les plus virulents l’ont de fait en grande partie oublié, cet âge d’or mystérieux et fatal, en cherchant encore à y croire. Ce qui se joue en fait ici c’est que nous en arrivons carrément à Égalité des sexes 2.0. Et cette ère nouvelle ne pourra pas se passer de cette description adéquate des spécificités irréductibles de la masculinité que sera obligatoirement une masculinologie non-masculiniste encore totalement à faire.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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15 Réponses to “Pour une masculinologie non-masculiniste”

  1. Caravelle said

    Très touchant et très intelligent.

  2. Sophie Sulphure said

    Il y a une perte des repères des garçons, c’est évident. Et le père absent, ouf, ça n’arrange rien.

    [En effet. – Ysengrimus]

  3. Marie Verne said

    Monsieur Lazhar, en version intégrale…

    À visionner pour comprendre l’argumentation subtile d’Ysengrimus, ici. Et pour sa beauté et son intelligence de film, tout simplement.

    [Grand merci, Julie. – Ysengrimus]

  4. Fridolin said

    Quel serait l’axiome UN de la masculinologie non masculinisme?

    [La fin du phallocratisme ne signifie pas la fin de la spécificité des cultures intimes masculines. Une portion de l’univers mec n’est décodable que par d’autres mecs. Ne pas tenir compte de cet irréductible impondérable mènera à des éclats violents, désordonnés et stériles. L’égalité juridique des sexes n’est PAS leur identité factuelle. – Ysengrimus]

  5. Vanessa Jodoin said

    Pour ceux et celles qui douteraient de l’existence effective des masculinistes, en voici un exemple virulent ayant ouvertement pignon sur rue. Tout y est…

  6. Catoito said

    Sur Fight Club, nous ne disposons que de la bande annonce:

    [Comme toutes les pubes, c’est une distorsion qui cherche à racoler toujours le même segment de cinéphiles. Elle ne rend pas justice à la finesse masculinologique et au sens de l’anticipation sociologique de cet opus de 1999. – Ysengrimus]

  7. Miranda Delalavande said

    Je suis mère monoparentale avec deux fils qui ont cinq ans de différence. Ils se battent souvent. Le plus petit pleure. Quand je cherche à le protéger de son grand frère, il pleure encore plus et me dit de le laisser tranquille. Pourquoi les garçons font ça? Éclairez-moi.

    [Le tiraillage (pour employer le nom que donnait mon père au phénomène) entre garçons est une façon de s’évaluer l’un l’autre. En interférant, vous humiliez le puiné de façon cuisante et rendez l’ainé inapte à prendre personnellement la mesure de quand poser ses limites. L’éducation phallo-orientée de jadis encadrait ce phénomène mais l’hypertrophiait aussi. Aujourd’hui, on l’étouffe et les Fight Clubs fleurissent un peu partout, sauvagement. – Ysengrimus]

    • Miranda Delalavande said

      Que faire?

      [Mettez vos fils en contact avec un adulte de sexe masculin. Il saura quoi faire. La monoparentalité, dans un sens ou dans l’autre, est une solution mitoyenne, une option du moins pire. Les garçons ont besoin de modèles masculins. Je ne peux malheureusement pas dire grand choses de plus, comme ça, dans un blogue. – Ysengrimus]

      • Miranda Delalavande said

        Leur père est un idiot. J’ai pas eu le choix que de passer monoparentale.

        [Évidemment. Je ne suis pas en train de vous juger. Simplement, cette solution par ablation qui vous a dispensée de certains problèmes vous en engendre graduellement d’autres. Le manque de modèles masculins reste un emmerdement endémique. Le puiné, il est balèze, son grand frère est là pour lui. Mais l’ainé, il pédale les guiboles dans le vide. Et quand il passera le cap des treize ans, ça va pas s’arranger. – Ysengrimus]

      • Miranda Delalavande said

        Il en a quatorze et les choses s’aggravent, en effet.

        [Courage. – Ysengrimus]

  8. Agathe Davray said

    J’aime beaucoup cet article parce qu’il y a des définitions. Les choses sont claires dès le départ. Je suis féministe mais assez jeune. Alors je change souvent de positionnement c’est assez compliqué.

    Le problème que je rencontre en tant que féministe est que beaucoup de femmes et d’hommes en France pensent que l’égalité hommee-femmes est un fait. Alors que des chiffres et situations montrent bien le contraire! Mais il est vrai que le processus est en marche! Alors en France, il devient de plus en plus difficile de savoir, lors de chaque action féministe, si c’est une action qui vise l’égalité entre les sexes ou l’identité… Il va falloir définir les choses et c’est horriblement compliqué!

    Il y a des petites choses que seuls les hommes comprennent et idem pour les femmes (de toute manière, les hommes n’auront jamais leurs reds, des seins, etc. Et les femmes n’auront jamais un phallus qui se réveille le matin et des choses dans le genre…). Ici, vous en avez décrit deux exemples. Mais le problème dans tout ça ce sont les interprétations que l’on en fait. Et les conséquences sociales qu’elles ont. Et puis il faudrait les définir.

    Par exemple, de nombreux mecs pensent sincèrement que les filles aiment bien s’occuper des vêtements, les laver, les repasser et qu’elles sont plus douées que les garçons pour ces choses là car elles s’y intéressent depuis toujours! Et de nombreuses filles sont d’accord. Conséquences: elles lavent, elles repassent et c’est tout naturel… Bon ce sont des cons, OK… Mais ça fonctionne. (Et parfois des hommes et des femmes forment des couples égalitaires comme cela, ils ont une forme de contrat et certes, la femme s’occupe des lessives et du repassage, mais lui fait autre chose, considéré par la femme comme très ennuyeux aussi et donc ils sont à égalité 🙂

    Alors souvent, en combattant une inégalité comme celle concernant les tâches ménagères, je me trouve coincée face à ces identités féminines différentes des identités masculines. Je me trouve forcée de justifier mon féminisme par le fait que « tout est social » alors que je sais très bien que non! Mais où est la limite? Entre l’innée et le construit? Et est ce qu’il faut détruire tout le construit social (et historique, culturel) pour obtenir l’égalité? Ou est ce que l’égalité est envisageable en acceptant qu’il est existe certaines choses typiquement masculines et d’autres typiquement féminines? Est ce qu’on doit se contenter de la célèbre complémentarité hommes/femmes?

    Aussi j’ai très peur, car la frontière entre masculinologie et machisme est parfois très fine… C’est une impression, je n’ai pas d’exemple, là comme ça.

    Anecdote liée à l’article: Je me suis rendue compte que mon mec s’était forcé d’être « pro-féministe » pour me plaire et parce que ça l’arrangeait (car en tant que féministe, je n’exigeait pas de lui la même chose que les autres filles) puis il s’est senti inférieur (car il a un caractère moins marqué que moi) et à commencé à vouloir marquer sa virilité. Ce que j’ai accepté, car j’aime bien les mecs « virils » (mais certainement pas machos ou violents ou autre caractéristiques associées à l’idée de virilité) un peu musclé et buvant de la bière (avec moi). Et c’était très bien! Mais ça s’est très vite dégradé et il est devenu limite masculiniste c’est quand même un comble! Donc maintenant il passe son temps à critiquer mon féminisme et à m’expliquer que je lui coupe les couilles… Tout en cherchant à être un « vrai mec » et en échouant tout le temps (ben oui un « vrai mec » ça a un meilleur salaire, c’est fort, ça a de l’assurance et de l’éloquence et surtout ça tiens sa meuf en laisse ce qui n’est pas si facile). C’est énervant car avant j’avais le droit de roter devant lui (oui c’est spécial je sais) et maintenant « je le dégoûte » mais lui, par contre, il a le droit! Et d’autres choses comme cela … Des petites choses, qui comptent pour moi… C’est quand même très con non? Bref…

    Tout cela est tellement compliqué!

    Merci pour cet article. J’ai découvert ce blog en tombant sur un article de 2008 sur les Talibans qui est très bien aussi (même si je ne suis pas tout à fait d’accord). J’aime beaucoup votre écriture et je trouve votre démarche très saine par rapport à celle d’autres blogs. Il y a une recherche de justesse dans la vision du monde et des choses que je trouve remarquable. Je viens de créer un blog … C’est vraiment dur d’écrire des articles en fait… Je trouve tout très compliqué… Vous devez beaucoup travailler pour en arriver à ce résultat!

    [Merci de ces bons mots et de cette série de fort intéressantes observations. Continuez de roter, c’est votre droit… avec ou sans texte dans ledit rot! – Ysengrimus]

    • Emma Riveraine said

      Par exemple, de nombreux mecs pensent sincèrement que les filles aiment bien s’occuper des vêtements, les laver, les repasser et qu’elles sont plus douées que les garçons pour ces choses là car elles s’y intéressent depuis toujours! Et de nombreuses filles sont d’accord.

      Ah bon? Moi je dis qu’on aime surtout les PORTER et encore: seulement s’ils ont du style!

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