Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

GONE WITH THE WIND: partie au vent, la si paradoxale civilisation du Vieux Sud

Posted by Ysengrimus sur 22 juin 2015

scarlett

There was a land of Cavaliers and Cotton Fields called the Old South… Here in this pretty world Gallantry took its last bow… Here was the last ever to be seen of Knights and their Ladies Fair, of Master and of Slave… Look for it only in books, for it is no more than a dream remembered. A Civilization gone with the wind… [C’était le pays des hardis cavaliers et des immenses champs de coton. On l’appelait le Vieux Sud. Dans ce beau monde, la Distinction joua son tout dernier acte… Ce fut là, l’ultime Foire aux Chevaliers et aux Belles Dames, aux Maîtres et aux Esclaves… Ne cherchez plus ce monde ailleurs que dans les pages des vieux bouquins, car il n’est plus qu’un rêve que l’on se remémore. Une civilisation partie au vent…]. Le titre français de cette œuvre immense devrait être justement cela: Partie au vent… (et non Autant en emporte le vent, mauvais sens qui fausse le ton et la perspective de l’idée du propos).

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Il y a cent cinquante ans pile-poil était tiré le dernier coup de feu de la Guerre de Sécession américaine (American Civil War – 1860-1865). Le film sublime et ultime évoquant ce drame historique couvre la période 1860-1875 et se passe en Georgie, dans la grande campagne avoisinant Atlanta, USA, ainsi que dans cette ville même. Le développement repose sur un certain nombre d’implicites qu’on peut résumer ainsi. Le Sud des États-Unis produit quasi-exclusivement du bétail et du coton, en grande partie pour le marché européen (principal port d’exportation: la Nouvelle-Orléans, dans le Golfe du Mexique). Les noirs y sont en esclavage et il faut bien distinguer les house negroes des field negroes, les gens de maison des journaliers des champs. En 1860, les vingt-cinq états du Nord yankee ont décrété que les onze états esclavagistes du Sud sont illégaux, et ceux-ci ont aussitôt fait sécession et créé leur propre Confédération. Et la Guerre de Sécession éclate ainsi, brutale, imprévisiblement catastrophique. Ce sera la première grande guerre moderne. Elle se jouera en trois phases. En ouverture, les sudistes, vifs, exaltés, mobiles, disposant de talentueuses brigades de cavalerie légère à l’ancienne, sont avantagés et se glorifient de victoires rapides que le nord n’a pas le choix que de concéder tactiquement, le temps de déplacer son imposante armée et sa lourde artillerie moderne vers le théâtre du conflit. Seconde phase, la bataille de Gettysburg (Pennsylvanie), tournant de la guerre, représente la fin de la guérilla, le vrai début de la guerre de positions, et la première défaite majeure du sud. S’installe alors la terrible prise de conscience du fait que la supériorité économique et militaire du nord industriel sur le sud agricole est, comme un haut fourneau, lente à faire démarrer mais d’une puissance à la croissance inexorable. Troisième phase, les bombardements menant à l’incendie d’Atlanta (synthèse d’effondrement, visuellement magistrale dans le film), la débâcle des troupes sudistes et la course du général nordiste William Tecumseh Sherman vers la mer. L’opération ne consiste plus alors seulement à neutraliser le sud militairement, mais à le détruire économiquement. Les champs de coton et les grandes haciendas seront pillés, dévastés et incendiés, avec une cruauté et un esprit de système qui se graveront profondément dans les mémoires locales. La guerre se termine en 1865 et, entre 1865 et 1875, c’est la ci-devant Reconstruction. Des aventuriers nordistes entreprenants et triomphalistes, les carpetbaggers, viendront s’installer dans le sud occupé pour le réactiver économiquement, selon la vision et les options du capitalisme affairiste moderne. On cherchera à convertir les noirs affranchis en petits fermiers, en leur promettant le fameux forty acres and a mule! Les house negroes souffriront plus de l’émancipation que les field negroes, mais n’en apprendront pas pour autant à cueillir le coton. Les anciens propriétaires terriens blancs devront remplacer leurs journaliers affranchis, s’ensanglantant les mains eux-mêmes dans les immenses champs en quasi-friche. Et un vent de fausse modernité soufflera sur le Vieux Sud, pour une petite décennie. Ensuite, dans une ambiance de pagaille sociale miséreuse, criminalisée et confuse, ce sera la mise en place de la ségrégation raciale, les vigilantes, les lois Jim Crow, le chacun pour soi et la course au fric.

Voilà la toile de fond, dont on ne nous parle qu’indirectement, mais qui pèse de tout son poids lancinant, terrible, implicite. On ne nous en parle qu’indirectement parce que nous percevons le monde indirectement, vu que nous l’appréhendons à travers la vie et les priorités de mademoiselle Scarlett O’Hara (Vivien Leigh — notre photo), fille de Gerald O’Hara, immigrant irlandais enrichi, et d’Élaine Robillard, aristocrate coloniale de souche, tous deux grands propriétaires terriens du Vieux Sud. Scarlett, de la maison Tara, qui a seize ans au début du drame, est insouciante, frivole, coquette, fantasque. Elle est entichée de son voisin Ashley Wilkes (Leslie Howard), de la maison Twelve Oaks, qui, lui, épousera, selon la coutume cliqueuse de sa maison, sa cousine Melanie Hamilton (Olivia de Havilland). De son côté, et d’autre part, Rhett Butler (Clark Gable) est un forceur de blocus prospère. Il traverse la forteresse maritime nordiste avec son schooner, petit voilier mobile et furtif, et approvisionne la Nouvelle-Orléans, au détriment de l’ennemi. Après sa radiation de l’école militaire de West Point pour insubordination, Rhett Butler a circulé, voyagé, bourlingué. Il connaît bien le Nord, sa froide détermination, sa tranquille puissance. Il est originaire de Charleston en Caroline du Sud, vit à la Nouvelle-Orléans dans des milieux peu fréquentables, bref, c’est un individu de sac et de corde, enrichi dans le négoce et la spéculation, qui n’est pas vraiment un gentleman (farmer) du pays, mais qui bénéficie du prestige tout frais et tout neuf que lui apporte, au sein de cette société fermée, son indispensable efficacité dans les choses de la guérilla maritime. Le Capitaine Butler, comme on l’appelle, ce jours là de 1860, à Twelve Oaks, a un peu forcé sur le brandy et s’est étendu sur un canapé tournant le dos à la porte d’un des vivoirs de la grande demeure d’Ashley Wilkes. Évidemment, c’est le jour et l’endroit que Scarlett choisit pour coincer Ashley en souricière et lui faire sa déclaration d’amour illicite, frondeuse, égoïste, folle et déphasée, en le priant, bec et ongles, de ne pas épouser sa satanée cousine, la bonne, la douce, la généreuse, la pure, la magnanime, l’immaculée Melanie Hamilton. Ashley se défile, vide les lieux et Rhett Butler se présente alors à Scarlett, plumes de coq au clair. Ce petit moment voyeuriste l’a amené à s’enticher aussi sec de la future maîtresse de Tara, qui le rebuffe tout aussi sec. C’est que Scarlett ne s’intéresse qu’aux hommes qu’elle peut directement manipuler. Un cadre social ancien, vieux sud, et tout et tout… mais un homme et une femme à la dynamique d’interaction singulièrement vive, tendue, biscornue et moderne. J’irais même jusqu’à dire que Scarlett O’Hara est probablement le tout premier personnage féminin vraiment moderne au cinéma. C’est extraordinaire de force et de naturel. C’est éblouissant de complexité et de justesse. L’impact et l’influence de cette figure anticonformiste, débrouillarde, rouée, novatrice, cynique et pugnace seront immenses. Ces deux hommes et ces deux femmes (Rhett, Ashley, Melanie, Scarlett) traverseront la tempête torrentielle de la guerre civile et le drame cruel, douloureux et dangereux de l’après-guerre. Ce faisant, il deviendront une partie les uns des autres mais surtout, je vous le jure, il deviendront une partie de vous, profondément, et pour toujours. J’ai vu ce film de quatre heures, six fois. Je le revois demain matin avec n’importe qui d’entre vous, autant de fois que vous le voudrez. C’est purement et simplement le plus grand film de tous les temps. De l’or fin. Je n’en dis pas plus sur ce scénario complexe, polymorphe, gigantesque, poignant, tragique, universel, documentant magistralement la douloureuse et cuisante transition de la vie terrienne à la vie bourgeoise. On pourrait en parler pendant des pages et des pages. Il faut simplement voir et s’imprégner… Rhett, Ashley, Melanie, Scarlett, c’est moi, c’est nous tous.

Le (seul et unique) roman de Margaret Mitchell (1900-1949), écrit en 1936, fait 733 pages. Ce fut un succès de librairie tonitruant. Le film qu’on en tira l’abrège inévitablement. La documentation nous apprend en plus que la production du film avait initialement intronisé Madame Mitchell en conseillère spéciale de la réalisation. Quand elle vit les façades monumentales des décors des deux haciendas du film, la maison familiale Twelve Oaks et la maison familiale Tara, elle jugea que cela était bien trop grandiose pour se conformer à ce qu’elle avait imaginé, sur la base des souvenirs des vieux vétérans de la Guerre de Sécession ayant hanté et obsédé son enfance. Elle signala la chose à la production qui, déjà bien hollywoodienne, s’empressa de faire la sourde oreille. Madame Mitchell décida donc qu’elle ne voulait plus perdre son temps à s’impliquer dans cet exercice tendancieusement mythologisant, tant et tant que, quand on lui demanda, lors d’une entrevue radiophonique, qui elle souhaitait voir retenu pour le rôle de Rhett Butler, elle répondit: Groucho Marx… La documentation nous apprend aussi, par contre, qu’elle exprima un net satisfecit sur la prestation de Vivien Leigh, que d’aucun trouvaient pourtant trop affirmée, incisive, déliée et puissante, pour l’interprétation du rôle d’une jeune Belle du Sud déclassée, en tout début de carrière…

On a aussi beaucoup dit que Gone with the Wind véhiculait une nostalgie du Vieux Sud implicitement raciste. Le fait que Hattie McDaniel, absolument époustouflante dans le rôle de l’intendante de Tara, fut la première afro-américaine à être nominée pour un Oscar et à l’obtenir, n’excuse que partiellement cette thématique et ce traitement risqués de la dernière grande civilisation de l’esclavage. J’hésite toujours un peu sur cette question. Racisme du Vieux Sud même, évoqué descriptivement sans concession, ou racisme insidieux du discours du film sur ledit Vieux Sud? Pas facile… Ce qui réhabilite passablement le discours du film pour moi, c’est le fait que la production ait refusé de faire explicitement référence au Ku Klux Klan, comme le fait le roman (parce que le roman est plus copieux, plus exhaustif et descriptif, plus soucieux d’une méticuleuse et riche précision historique). La production du film avait pour position, sur la base de certains souvenirs récents et amers de films mentionnant explicitement le KKK dans les années 1930, que la moindre mention de ces fachos racistes, même négative, leur faisait une pube implicite et que les thématiques profondes et fondamentales de Gone with the Wind pouvaient et devaient se passer de ça. C’est déjà ça…

Comme dans le cas de plusieurs des films d’Abel Gance de la même époque (on pense, entre autres, à J’accuse, 1938), Gone with the Wind nous dit fondamentalement ceci: N’idéalisez pas la guerre. La guerre détruit irrémédiablement tout ce qui fit nos bonheurs et le remplace par un cynisme cruel, un vide affamé, une blessure vive, puis une froideur et une peur latente qui font que le bonheur folâtre d’antan ne revient jamais, même avec le retour de la prospérité matérielle. Cadre ancien, leçon moderne… Je vous chuchote un secret en point d’orgue: il faut implacablement corréler ce chef-d’œuvre titanesque à la date de sa sortie en salles, elle aussi tristement titanesque: septembre 1939…

Gone with the Wind, 1939, Victor Fleming, film américain avec Vivien Leigh, Clark Gable, Hattie McDaniel, Butterfly McQueen, Olivia de Havilland, Leslie Howard, Evelyn Keyes, Ann Rutherford, 238 minutes.

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30 Réponses to “GONE WITH THE WIND: partie au vent, la si paradoxale civilisation du Vieux Sud”

  1. Tourelou said

    Effectivement le vent souffle fort sur nos mémoires…

    Cette romancière fait une puissante fresque pour nous mettre à l’abri de ce vent, à sa manière et comme vous aujourd’hui, pour encore bien se souvenir que la guerre est loin d’être terminée. Pendant que les politiciens craignent pour l’économie, les autres cherchent les groupes les plus dangereux. Ceux qui en cas de trouble sont prêts à laisser la vie et la liberté pour une sécession…. La situation n’a que très peu évoluée.

    [En effet… – Ysengrimus]

  2. Denis LeHire said

    Cette grande nostalgie lyrique et épique ne légitime pas les tueries dans des églises du Vieux Sud Noir.

    [Absolument pas. Tu as raison de le mentionner. Ce film et le roman sur lequel il se base sont des discours et, de ce fait, ils ont droit de cité, et leurs paradoxes avec eux. Le crime au flingue de Charleston, par contre, est une écoeuranterie meurtrière et raciste inconditionnellement condamnable. – Ysengrimus]

  3. Caravelle said

    Excellent exposé, qui me fait revoir les images de ce film que j’avais adoré… et mieux en comprendre les implications historiques ainsi que les répercussions contemporaines.

  4. Sophie Sulphure said

    « Le Capitaine Butler, comme on l’appelle, ce jours là de 1860, à Twelve Oaks, a un peu forcé sur le brandy et s’est étendu sur un canapé tournant le dos à la porte d’un des vivoirs de la grande demeure d’Ashley Wilkes. Évidemment, c’est le jour et l’endroit que Scarlett choisit pour coincer Ashley en souricière et lui faire sa déclaration d’amour illicite, frondeuse, égoïste, folle et déphasée, en le priant, bec et ongles, de ne pas épouser sa satanée cousine, la bonne, la douce, la généreuse, la pure, la magnanime, l’immaculée Melanie Hamilton. Ashley se défile, vide les lieux et Rhett Butler se présente alors à Scarlett, plumes de coq au clair. Ce petit moment voyeuriste l’a amené à s’enticher aussi sec de la future maîtresse de Tara, qui le rebuffe tout aussi sec. »

    [En plein dans le mille, Sophie Sulphure. – Ysengrimus]

  5. Sophie Sulphure said

    Et revoici le couple immortel…

    gone-with-the-wind

    [Tel qu’en lui-même… – Ysengrimus]

  6. Caracalla said

    Un schooner comme celui de Reth Butler…

    Schooner.Butler

    [Noter qu’on ne voit pas le bateau du forceur de blocus au grand cœur dans le film. – Ysengrimus]

  7. Odalisque said

    Madame Hattie McDaniel

    Butterfly

    [Brillante actrice de soutien. – Ysengrimus]

    • Sissi Cigale said

      Je me souviens de cette force à la fois tranquille et épuisée. Le personnage meurt de vieillesse dans le film, non?

      [Je le crois, oui. – Ysengrimus]

  8. Brigitte B said

    Scarlett-pire que la mort

    « J’irais même jusqu’à dire que Scarlett O’Hara est probablement le tout premier personnage féminin vraiment moderne au cinéma. »

    Je seconde Ysengrimus ici. Pour 1939, c’est vraiment extraordinaire.

  9. Fridolin said

    N’oublions surtout pas la bande sonore…

    [Effectivement absolument époustouflante. Chantons: « Partie au vent, partie au vent, chouan! Partiiiiiie au vent! ». – Ysengrimus]

  10. Magellan said

    Donc, Ysengrimus, tu fais dans la nostalgie du Vieux Sud?

    [Non, Magellan, plutôt dans la CRISE IRRÉSOLUE du Vieux Sud… dont ce roman et ce film restent des poutres maitresses archétypiques. Le racisme est une cause criminelle et foutue et Scarlett O’Hara fut et reste du mauvais bord de l’histoire. C’est bien pour cela qu’il faut la regarder bien en face et lire tout ce qu’elle nous donne à lire. – Ysengrimus]

    • Magellan said

      Donc, tu me recommandes ce film?

      [Inconditionnellement. La problématique de son symbolisme va te tournebouler. – Ysengrimus]

  11. Le boulé du village said

    Mon opinion sur toute cette question:

    Confedere stupide

    [Elle n’est certainement pas sans mérite, surtout dans la conjoncture actuelle! – Ysengrimus]

  12. Caravelle said

    Avec mes excuses, il faudrait qu’on m’explique ceci. Je ne comprend pas l’anglais et ne suis pas assez familière avec la civilisation américaine pour saisir…

    [Imitant certains gaminets ironiques, le panneau dit JE SUIS AVEC LE CONNARD et pointe une flèche vers le drapeau confédéré, symbole ouvertement nostalgique et raciste et qui, pourtant, flotte encore aujourd’hui dans de nombreux états du Sud, notamment sur des édifices publics et gouvernementaux (non-fédéraux). Ensuite le panneau dit BIENVENUE À RICHMOND [capitale actuelle de la Virginie et ancienne capitale de la Confédération Sudiste]. NOUS NE SOMMES [POURTANT] PAS TOUS DES EMMERDEURS RÉTROGRADES. C’est très humoristique mais grinçant, sardonique, tristounet aussi. – Ysengrimus]

    • Serge Morin said

      Excellente description. J’y ajoute, pour madame Carava, le gaminet d’origine, dont la fonction ludique est de se moquer d’un pair ou d’un camarade (ce que ce panneau sudiste fait aussi, fatalement).

      Stupid-gaminet

      [Excellent complément d’information. Merci Serge. Pour le meilleur et pour le pire, ce gaminet est effectivement iconique et le panneau sudiste du Boulé y fait nettement allusion. Dire comme qu’on dit: only in America. – Ysengrimus]

  13. Piloup said

    Moi c’est leur traitement de l’incendie d’Atlanta (Georgie). Immense symbole de l’effondrement du Vieux Sud.

    [Je seconde à fond, Piloup. Un des moments extraordinaires de ce long-métrage. – Ysengrimus]

    • Gudule said

      Tout va mal. Et elle a l’air d’avoir son caractère, ton héroïne, Ysengrimus. C’est qui la femme dans le charriot avec le nourrisson?

      [C’est la cousine de Scarlett, Melanie Hamilton (jouée par Olivia de Havilland) qui vient tout juste d’accoucher. Et le babi c’est celui d’Ashley Wilkes qui n’est pas encore revenu de la guerre. – Ysengrimus]

  14. Cymbale said

    Tiens, AUTANT EN EMPORTE LE VENT, c’était aussi le titre de la VF du roman!

    Autant-le-vent-roman

    [Je note. Ce vieux document que tu nous montres pourrait parfaitement précéder le film en existence. Intéressant. – Ysengrimus]

  15. Sylvie des Sylves said

    Voici la susdite portion du chef-d’œuvre en VERSION FRANÇAISE.

    • Catoito said

      J’ai vu le film en v.f. il y a peu. Ouf, ça a le débit torrentiel et la tonalité de jeu des très vieux doublages. Et les voix des acteurs noirs (possiblement imitées par des blancs) sont limite gênantes. Ceci dit, merci Sylvie de ce savoureux extrait, trop court. Je vais revisionner ma copie en v.f. par parties et je vous en reparle.

  16. Constance said

    Que diriez-vous à ceux qui considèrent que ce film légitime ou idéalise l’esclavage et le racisme?

    [Je répondrais que la peinture de mœurs qu’il instaure laisse un point d’interrogation savoureusement lancinant sur cette question. Nostalgie sans distance du discours du film ou nostalgie distanciée des personnages du récit? En tout cas, aussi paumé que soit le Vieux Sud en conclusion de cette fresque, on ne souhaite pas pour lui, au fond de nos cœurs, qu’il recouvre son «glorieux» passé esclavagiste. On juge plutôt, en conscience, que son arrogance roide et sa désinvolture myope cernées dans un dispositif féodal de toc foutu et rétrograde ont bien finalisé sa perte. – Ysengrimus]

  17. Lys Lalou said

    Je n’oublierai jamais le fameux escalier de la maison Tara, car il est celui de mes rêves les plus romantiques…

    Scarlett-Stairway

  18. Mura said

    Un grand moment d’émotion, très important, dans le Vieux Sud contemporain (service funèbre du Révérend Clementa Pinckney):

    [Grand merci, Mura. Discours poignant, sublime, même quand on est athée. Notons ici que, contrairement à certains dires mal avisés, le président ne chante pas “faux” (vers la fin de ce discours, en 35:31). Il prend cet hymne traditionnel en contre-chant, sur une tonalité d’attaque respectueuse mais aussi séditieuse, comme Louis Armstrong dans 12th Street Rag (version de 1927)… C’est comme ça dans le jazz et le blues. Ceci dit, la dignité afro-américaine est saisissante. La leçon de droiture civique que nous donnent ces gens laisse tout simplement admiratif. Chapeau, les noirs, on vous doit immensément pour ce qui est d’apprendre à devenir tout simplement plus humains. – Ysengrimus]

  19. Line Kalinine said

    Le Vieux Sud:

    Map-USA-South

  20. Lys Lalou said

    Un souvenir attendri de notre belle Mélanie Hamilton.

    Olivia de Havilland fête ses 100 ans vendredi

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