Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Athanase et moi (Pavillon Athanase-David, Montréal)

Posted by Ysengrimus sur 5 mai 2015

Pavillon Athanase-David (rectorat de l’UQÀM), Rue Saint-Denis, Montréal

Pavillon Athanase-David (rectorat de l’UQÀM), Rue Saint-Denis, Montréal

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Athanase et moi

.

J’ai visité Athanase.
Il était tout renfrogné.
Il avait cet air un peu naze
Des grands souvenirs un peu oubliés.

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Dans son pur style Art Classique
Post-Néo-Ravala-Plapla,
Il m’est apparu insondablement sympathique
Une sorte de Normale Sup’ à la papa.

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Il contenait un rectorat
Qui succédait à l’École
Polypatatechnique Artisticompliquée
Et au Cégep de Faribole
Du Montréal d’Autrefois.

.

Construit en mil-neuf-cent-trois
Par des Mistigris brossés,
J’y ai vu un patrimoine
Chamarré d’austérité.
En tout cas, c’est de la cabane.

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Sur son pur ton bureaucrate,
Athanase m’a inscrit au fichier.
Il m’a fredonné sa petite chanson plate
Après m’avoir prié de m’essuyer les pieds.

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Lui et moi, on s’est découvert par phases.
Et on a appris à s’entre-aimer.
Aussi allez pas trop le graffiter,
Mon vieux poteau Athanase.

.
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21 Réponses to “Athanase et moi (Pavillon Athanase-David, Montréal)”

  1. Caravelle said

    Votre insolite poème rend service à cette façade qui serait bien peu sans…

  2. Fridolin said

    C’est devant la façade église de l’UQÀM sur Saint-Denis, non?

    [Oui. Exact. De l’autre bord de la rue. – Ysengrimus]

  3. Lys Lalou said

    Lui, en hiver.

    Athanase-en-hiver

  4. Sophie Sulphure said

    C’est pas un peu fétichiste, ce genre d’hymne à un immeuble?

    [Ce serait plutôt facadiste, hu, hu, hu. Boutade. Ceci dit, je vous cabotine au calembour, Sophie, mais techniquement votre observation est absolument exacte. Personnifier un objet, même immeuble, est du fétichisme (de la marchandise). L’antinomie de la réification qui, elle, consiste à chosifier un être humain (ce qu’on fait toujours un peu en nommant des immeubles du nom des gens du temps qui les virent construire, ou autres). – Ysengrimus]

    • Sophie Sulphure said

      Les deux procédés intellectuels se répondent donc. Tu viens d’en boucler la boucle.

      [Voilà. – Ysengrimus]

  5. Tuquon Bleu said

    Tiens, je suis un ancien du Cégep de Faribole du Montréal d’Autrefois et je confirme qu’il eut jadis ses locaux dans l’Immeuble Athanase-David.

    [Une de nos respectables institutions progressistes. Le Nanterre des cégeps, rien de moins. – Ysengrimus]

  6. Sissi Cigale said

    La carte de l’emplacement de cet immeuble, et son historique:

    PAVILLON ATHANASE-DAVID

  7. Tourelou said

    Les vieux ont toujours beaucoup de jasette. Belle rencontre.

  8. Denis LeHire said

    Savais-tu, Ysengrimus, qu’avant d’être devant l’immeuble Alcide-Chaussé (coin Sherbrooke et Saint-Denis), ton grand amis Le Malheureux Magnifique était sur la Place Pasteur, juste devant le Pavillon Athanase-David. Sur cette photo de 1974, on immortalise ces deux incontournables du Quartier Latin montréalais, aujourd’hui séparés.

    Athanase et le Malheureux Magnifique

    [J’ai su ça, oui. mais j’avais jamais vraiment visualisé la chose. Merci, Denis. – Ysengrimus]

    • Denis LeHire said

      Aujourd’hui libre de toute intervention durable, la petite esplanade du Pavillon Athanase-David (qui EST la Place Pasteur) peut parfois être utilisée, par exemple, pour des évènements de cirque.

      Montreal-cirque

      [Absolument. sans oublier que Le Malheureux Magnifique faisait choc éclectique avec le vieux buste de Pasteur, qui, lui, attend toujours qu’on se préoccupe de lui dans un des coins de sa place. Maudite ville encombrée. – Ysengrimus]

      • Denis LeHire said

        Le voici, le buste de Pasteur. Inutile de dire qu’il est beaucoup moins évident sur le tout de la place.

        Place_Pasteur_Detail

        [Absolument exact. Il est sur bâbord (notre gauche), de profil, quand on fait face au Pavillon Athanase-David. Il saute pas aux yeux tout de suite. – Ysengrimus]

  9. Odalisque said

    Ça parait très convivial et invitant, tout ça. Une façade initialement rébarbative, austère, peu invitante, est ré-investie par des gens cordiaux et gentils, dont Ysengrimus. J’aime beaucoup.

    • Catoito said

      Je seconde Odalisque. Voyez Normale Sup’ à Paris, à laquelle on fait ironiquement allusion dans le poème. Il y a certainement une certaine analogie dans l’austérité des façades (je suis pas un spécialiste d’architecture)… mais je vous assure que, soigneusement clôturée et fliquée, la petite esplanade de Normale Sup’ ne ferait PAS l’objet d’un évènement de cirque urbain!

      Ecole-Normale

      • Le boulé du Village said

        Donc c’est Normale Sup’ qui est un Athanase-David à la papa?

        [Quelque chose comme ça. – Ysengrimus]

  10. Serge Morin said

    Ah, là je vois ce qui est gravé dans la façade: INSTITUT DES ARTS APPLIQUÉS. C’est l’ancienne École du Meuble.

    Athanase-IAA

    [Exact, Serge. Tu connais ton folklore. Comme de quoi allez pas trop vite graver vos dénominations dans la pierre. On sait comment ça commence, on sait pas comment ça finit (aujourd’hui c’est des bureaux administratifs universitaires qu’il y a sous ce fronton de jadis)… – Ysengrimus]

  11. Constance said

    La relation que vous entretenez avec cette ville qui m’est si chère me fascine, me charme et me touche profondément. Montréal, pour moi, est une ville d’une magnifique tristesse, d’une langueur inconsolable et, de ce fait, d’une beauté qui m’émeut au plus profond de mon être.

    • Sissi Cigale said

      Qu’y a -t’il de si triste en Montréal, pour vous, Constance?

      • Constance said

        Je ne suis pas du tout certaine. Je ne suis pas capable de l’identifier d’une manière précise, la source de cette tristesse, d’oû exactement elle provient. Montréal a ses beautés et ses laideurs, et elle ne cherche pas à cacher ces dernières. Montréal met à nu ses vulnérabilités et il y quelque chose de si, si beau, de si, si humain et de si magnifiquement triste en cela. Le Malheureux Magnifique, c’est la ville elle-même. Pour moi, tout ce qui est beau est toujours doté d’une certaine tristesse.

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