Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Alain Soral: labilité des thèmes et stabilité des thèses

Posted by Ysengrimus sur 7 septembre 2014

De par le jeu des implicites de Dieudonné ceci est désormais un crypto-signal anti-juif d’autant plus imparable qu’il est anodin. Qui vous poursuivra pour avoir brandis un ananas?

Alain Soral (né en 1958), intellectuel franc-tireur, «dissident» et martyr médiatique, se donne comme dénonçant la «suprématie américano-sionisto-bancaire». Ce «théoricien» est ce qu’on appelle en bon québécois un piton collé (littéralement: une touche coincée, c’est-à-dire quelqu’un avec une idée fixe, un leitmotiv, une hantise, une lubie): la «domination par la communauté juive organisée» du monde contemporain. Mais, en fait, pour tout dire, on hypertrophie catastrophiquement la dimension d’agitateur de marotte de monsieur Soral. On voudrait ne voir en lui qu’un anti-juif à redites. C’est ce qu’il est, bien sûr. Mais il est autre chose aussi. Quelque chose de pas plus original mais de beaucoup plus articulé, insidieux et construit. Alain Soral traite d’un foisonnement de questions sociétales et il faut attentivement le suivre pour bien dégager la stabilité de ses thèses à travers le flux chatoyant de ses thèmes. Alors, s’il-vous-plait, laissons le dada «antisioniste» de monsieur Soral (et de ses objecteurs) de côté un petit peu et intéressons nous tout simplement à ce qu’il dit d’autre, très globalement. Fouillons un peu dans ce qui fascine tant ceux et celles qui se laissent séduire par le discours d’Alain Soral. Les formulations en italiques ici sont des citations explicites de monsieur Soral même.

Il faut dire merde au «système».  Alain Soral critique le «système». Il l’emmerde et lui fait une quenelle. Promoteur explicite de la parole gauloise, il évite pourtant soigneusement certains mots, trop crus pour lui, sans doute. Le mot «prolétariat» est rare dans sa bouche (pas complètement absent, cependant). Il se tient aussi à bonne distance du mot «athéisme» ainsi que des mots «impérialisme» ou «hégémonisme» qui font trop marxisants. Il évite aussi de parler de «capitalisme» sauf quand il critique en sous-mains ceux qui le critiquent (Le Monde Diplomatique ne mérite absolument pas son prestige de journal indépendant critique de la société capitaliste). Le ton de monsieur Soral fait, par contre, vachement intellectuel (fallacieusement) gauchisant. La tonalité théoricienne entendue est solidement en place. Il sonne savant et vachement éclairé et calé, sans faire pompeux, dédaigneux ou médiatique-baveux. Il explique souvent la genèse historique (largement imaginaire) des phénomènes qu’il prétend décrire et a une remarquable aptitude à introduire comme nouvelles, vachement songées, et résultant d’une réflexion apparemment profonde, les idées sociopolitiques ou socio-historiques les plus rebattues. C’est un excellent mélodiste de la pensée. Il sait bien arpéger, varier et jouer d’harmonies astucieuses, tant et tant qu’il faut quand même creuser un peu dans le kaléidoscope musical pour la retrouver, la rengaine des implicites peu louables qu’il est en train de réactiver en nous, souvent épidermiquement, spontanément. L’axe Soral-Dieudonné, une insoumission je dirais un peu libertaire, un peu punk, souvent jeune séduit indubitablement. Et la dénigrer primairement et injurieusement ne rime à rien. Il faut l’analyser pour ce qu’elle indique. Les révoltés qui prennent Alain Soral pour un des leurs parce qu’il promeut la quenelle et dit vous nous faites chier gagneront à ne pas se laisser trop bercer par son séduisant flux verbal. Stop, c’est magique! Sommes-nous vraiment ici dans une pensée si subversive que ça, sous prétexte qu’elle fustige la finance mondiale inique, l’impérialisme militaire ricain putride et le gouvernement français incompétent (comme un peu tout le monde le fait en ce moment)?

La vraie synthèse black-blanc-beur, c’est nous. Outre sa «révolte anti-système», l’autre élément susceptible d’éveiller un illusoire et superficiel enthousiasme chez Alain Soral, c’est son antiracisme déclaré. Il interpelle en permanence, en leur tendant ostentatoirement la main, les français originaires de l’immigration, les vrais musulmans du quotidien (voire même, de temps en temps, les Français de confession juive ou juifs du quotidien). Alain Soral juge, sans frémir, qu’on a organisé l’islamophobie en France et que cette mascarade de préjugés (qui seraient fabriqués de toutes pièces et instillés de haut en bas chez les petites gens) est en fait une invention des socialistes (qui, au passage, auraient aussi inventé le colonialisme). Il dit ensuite: si les français veulent avoir moins peur des musulmans, le mieux qu’ils aient à faire c’est de donner la parole aux musulmans que nous avons chez nous à Égalité & Réconciliation c’est-à-dire des musulmans intégrés, des musulmans patriotes. Il y a donc maintenant —c’est une observation empirique qui n’a pas échappé à Alain Soral— des musulmans bien pénétrés de valeurs réacs (et qui ne font en fait que réactiver à la sauce française celles qu’ils détiennent déjà). Ce sont ces musulmans de droite que l’on cherche désormais à rejoindre. Alain Soral est un tacticien social qui a compris que la xénophobie genre Le Pen père est désormais nuisible à l’extrême-droite. Il a saisi le fond récupérable des Français musulmans et entend sereinement établir sa jonction avec eux. Suave, il leur dit: c’est à vous de décider par votre intelligence et par la façon dont vous allez dialoguer demain si vous voulez participer à ce renouveau du peuple de France et à la reprise du pouvoir du peuple de France sur lui-même ou si vous voulez être les harkis de l’anti-racisme institutionnel. Ceci est crucialement le seul trait authentiquement original et novateur de la mouvance Alain Soral. Il prétend que Dieudonné (qui est antiraciste dans sa chair) et lui apportent un rire de réconciliation susceptible de rabibocher le peuple de France, tout le peuple de France, français de souche, français de branches. Cette option doctrinale dispose de ses médias alternatifs (Il faut aller sur Égalité & Réconciliation si on veut de la bonne info alternative) et ses théoriciens. Albert Ali, Farida Belghoul et Mathias Cardet qui eux incarnent la France black-blanc-beur, la France antiraciste et même la France multiraciale qui est un constat et dont il faut se sortir par le haut. Voilà. C’est l’histoire de France. Elle est comme ça. L’antiracisme a la qualité imparable d’être profondément consensuel. Qui réprouvera Alain Soral ici? Plus personne. C’est une dynamique d’intégration à laquelle même l’extrême-droite accède dorénavant. Il le prouve. Le réac théorique et tactique du modèle Soral ne compte plus pour sa blancheur de peau mais pour ses idées. Quand on prend attentivement connaissance des vues sociales d’Albert Ali, de Farida Belghoul et de Mathias Cardet, on s’en avise. Il y a des gens d’extrême-droite dans tous les groupes ethniques… et ils sont tous électeurs.

La gauche est nécessairement une gauche «caviar», vieillotte, bobo (et sionisée). Quand Alain Soral affirme qu’on impute la colonisation à la droite alors qu’elle a (dit-il) été faite par la gauche, il vise surtout le socialisme institutionnel français des deux derniers siècles. Mais toute la gauche est dans son collimateur. Alain Soral est très adroit pour faire sentir les travers et les traits ridicules, guindés et mesquins de ceux qu’il nomme les rentiers de la gauche politico-culturelle. S’ils passent à la télé, ils sont foutus car les médias conventionnels sont magnifiquement instrumentalisés par Alain Soral comme marqueurs du discrédit qu’ils méritent d’autre part. Et si votre gauchiste ne passe pas à la télé et n’a pas pignon sur rue dans les journaux ou chez les éditeurs, il ne sera pas pour autant épargné par Alain Soral. Le plus obscur trublion de gauche, noyauteur ou pas, sera nécessairement un trotskyste (jamais un léniniste, ou un maoïste, au fait. Encore moins un stalinien). En un amalgame martelé et martelé, les juifs (vraiment ou illusoirement) de gauche sont systématiquement visés. Monsieur Soral n’a d’ailleurs plus du tout besoin de radoter qu’ils sont juifs. Les noms suffisent. Trotsky, Blum, Hollande, Fabius, Vals etc. Le plus solide des magmas est celui qui colle dans l’implicite. «Sionisée» ou non, la gauche caviar institutionnelle est toc, vioque, chnoque, et Alain Soral ne se gène pas pour le signaler, le réitérer, l’exemplifier. Il n’a d’ailleurs qu’à se pencher. Que voulez-vous, Alain Soral n’échappe pas à la sociologie qu’il prétend dominer. Il est un indicateur de crise, à gauche inclusivement. Celle-ci devrait en prendre de la graine autocritique. C’est hautement improbable qu’elle le fera. Et ce dogmatisme avachi de tous nos bobos rouges-roses est un autre des facteurs qui font qu’Alain Soral joue sur du velours quand il fustige la gauche.

Le secret de la crise sociale est «bancaire». Alain Soral se donne comme menant un combat contre l’oppression bancaire et la spoliation bancaire. Il se pose en promoteur du sursaut authentiquement démocratique de défense des peuples opprimés par la puissance bancaire. Encore une fois, qui s’objectera? Les banques sont des bandits en cravates aux abois, tout le monde le sait. C’est là un autre de ces confortables truismes dont Alain Soral sait si bien intellectuellement s’alimenter. On commence à tiquer quand on observe que le gros de l’économie politique critique version Alain Soral est, l’un dans l’autre, bancaire. Pouvoir bancaire, logique bancaire, racket bancaire, oligarchie bancaire (dont il dira, en un souffle, qu’elle est un défilé de francs-maçons et d’agents impériaux), oligarchie atlanto-bancaire-sioniste, Le modèle économique dont monsieur Soral fait la dénonciation pourrait de fait se résumer en une phrase tonitruante: l’oligarchie mondialiste atlanto-sionisto-bancaire est le fascisme contemporain. Alain Soral est ici beaucoup plus proche des doctrinaires de l’extrême-droite classique, issue directement de la crise de l’entre-deux-guerres. Cette dernière en effet puisait le gros de son fond de commerce dans le ahanement des agriculteurs et des petits commerçants contre les banques qui les extorquaient. D’ailleurs monsieur Soral rejoint discrètement cette clientèle plus traditionnelle de l’extrême-droite française en faisant la promotion de la petite entreprise dans un système mixte similaire à celui qu’on aurait soi-disant parachevé sous De Gaulle. Ce penseur est, de fait, très explicite dans sa valorisation de l’esprit d’entreprise et du droit d’entreprendre. Non-marxiste (plutôt qu’anti-marxiste, en ce sens qu’il ne combat pas le marxisme, il l’ignore, tout simplement), Alain Soral n’a pas une analyse très perfectionnée de la crise des structures du capitalisme actuel. Comme le firent Poujade et Le Pen père avant lui, il se contente de tonner contre les riches et les banques. Cela est une ficelle consensuelle toujours facile en temps de crise et ça a aussi le grand avantage de laisser sous le boisseau toute la portion du capitalisme commercial et industriel qu’Alain Soral laisse solidement en place dans son «utopie». Il n’en parle tout simplement pas. Ici, ce sont les mouvements d’extrême-droite post-1929 qui fournissent le blueprint schématique autant de l’analyse «compréhensive» (économiquement régressante) de l’oppression que de la rhétorique «contestataire».

Le féminisme est une affaire de bourgeoises. La foire aux idées rabattues dans la pensée d’Alain Soral va particulièrement s’accentuer quand il parlera de féminisme. Sans être devant un masculiniste explicite, on observera vite qu’on a affaire à un solide crypto-conservateur en matière d’égalité des hommes et des femmes. Les femmes ne se sont pas libérées d’elles-mêmes au cours du développement des forces historiques, selon monsieur Soral. C’est une astuce, un truc, un bon tour inter-subjectif que leur a joué la société marchande pour les faire passer de l’oppression du mari à celle du patron. On manipule les revendications féministes, enfin de libération des femmes, qui sont souvent légitimes, pour en réalité les mettre au service de la société marchande et de la société du salariat, ce qui est la même chose. De toute façon pour acheter faut un salaire. Et en fait on s’est servi des revendications féministes d’émancipation pour mettre les femmes au travail salarié, pour en faire des travailleuses salariées et des consommatrices, ça été en deux temps. C’est le revendications féministes souvent légitimes qui est piquant ici (pourquoi pas: toujours légitimes?). En tout cas, à cette analyse-esbroufe, qui masque soigneusement tout ce que l’oppression matrimoniale à l’ancienne de la femme servante domestique sans revenu pouvait avoir de limitatif et de contraignant, on jouxte, en le présentant comme une découverte issue de soigneuses recherches, le poncif réactionnaire de l’origine bourgeoise du féminisme. L’intérêt de l’émancipation féministe a souvent été l’intérêt des bourgeoises, des femmes de la bourgeoisie et elles l’ont rarement identifié comme tel. En réalité les trois quarts des combattantes féministes sont des bourgeoises. Et, de plus, le féminisme ne vous vaut pas grand-chose si vous êtes de droite. Ça correspond à la sensibilité de la bourgeoise de gauche. Et de bien démolir cette cible pathétique et facile qu’est de toute façon Simone de Beauvoir. Confondant féminisme objectif sociétal et féminisme (corporatiste) de droite, Alain Soral nous sert comme résultat d’analyse une dynamique d’oppression pendulaire inextricable pour les femmes. Se libérer pour une femme de classe populaire c’est se libérer du travail en devenant femme entretenue. Se libérer pour une bourgeoise, c’est sortir du foyer où elle s’ennuie et aller faire un travail intéressant. Cette situation est donnée comme résultant du féminisme qui conséquemment ne peut que tourner en boucle dans l’illusoire roue de la cage. L’affirmation suivante: Est féministe une personne qui considère que les hommes et les femmes sont sociologiquement égaux malgré les différences naturelles et ethnoculturelles qui, ÉVENTUELLEMENT, les distinguent et ce, à l’encontre ferme d’un héritage historique fondé sur une division sexuelle du travail non-égalitaire. Sociologiquement égaux signifie, entre autres, égaux en droits, et cela n’est pas acquis. Il faut donc réaliser cette égalité dans les luttes sociales… n’est PAS d’Alain Soral (elle est en fait de moi, Paul Laurendeau).

Valorisation de la Russie non-soviétique (et de l’Iran). On commence de plus en plus, en compagnie de monsieur Soral, à bien s’installer dans les idées principielles de la tradition écrite et non-écrite de l’extrême-droite française. Avant de s’y engloutir irrémédiablement, notons un autre trait original de la pensée politique d’Alain Soral: son opinion sur Vladimir Poutine. Vladimir Poutine s’est battu de façon très très intelligente sur le plan diplomatique pour éviter pratiquement le déclenchement de la troisième guerre mondiale en Syrie. Alain Soral juge, en conscience, que Poutine fut rien de moins que le De Gaulle de la crise syrienne. On ne va pas épiloguer ou, comme il dirait lui-même, en rajouter (sur le retour de l’emprunt russe —privé et dans l’autre sens cette fois-ci— ou autre chose). On ne va pas ricaner non plus (ou se faire pro-ricain pour autant)! Simplement, il y a dans ce choix de valoriser si ouvertement les dirigeants russes des indices historiques nouveaux, hautement révélateurs, et très intéressants (qui mériteront éventuellement des développements ultérieurs). Voici d’ailleurs, pour curiosité, la liste, courte mais non exhaustive, des pays ou états qu’Alain Soral et Dieudonné ménagent toujours très soigneusement dans leurs analyses: Russie non-soviétique, Iran, Syrie, Libye khadafiste. Toute une nouvelle géopolitique de l’extrême-droite européenne et de ses provignements internationaux s’en dégage, en pointillés pour l’instant.

Il y a un irréductible esprit français. Les francophones (africains et québécois inclusivement) en sont. Malgré la géopolitique qu’il se donne ou affecte de se donner, Alain Soral n’est certainement pas un internationaliste. De fait, quand Alain Soral parle de géopolitique, il la formule habituellement de façon finalement très franco-centrée et insidieusement néo-coloniale. Nous avons intérêt à développer nos relations européennes à l’est avec l’Allemagne et la Russie. Nous avons intérêt à maintenir, à potentialiser sur le plan économique et culturel cet axe nord-sud qui est la Francophonie et qui est les liens que nous avons avec notre ancien empire colonial qui sont des gens qui parlent français et qui partagent beaucoup de nos valeurs. Je parle de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie, d’une partie de l’Afrique noire francophone. Et c’est l’intelligence française et l’intelligence de ces français d’origine immigrée de mettre en avant ce qu’ils apportent à la France et non pas de s’opposer de façon absurde en niant effectivement qu’il y ait une France majoritaire européenne on va dire même blanche et catholique culturelle. Toujours deux poids, deux mesures, donc, finalement, quand on avance dans la compréhension du rapport à l’immigrant… La grandeur de la France n’est vraiment pas morte, pour monsieur Soral. La France a un certain génie qui s’appelle le génie français et ce génie n’est pas mort. Et, il le dit très explicitement: on vit bien en France, beaucoup mieux, disons, qu’en Arabie Saoudite. Monsieur Soral est finalement très candidement crypto-cocardier. Quand on le dénude un peu de son grand costume de flafla théorique, on retrouve le franchouillard du cru bien ethnocentriste, blanc cassis, et finalement aussi bleu-blanc-rouge que Mireille Mathieu.

Nous sommes catholiques. Comme Dieudonné, Alain Soral n’a aucun scrupule à s’ériger en moraliste. Je me bats pour la morale, pour le bien, pour la dignité. Mais plus que d’une valorisation du moral, Alain Soral se réclame d’une valorisation du sacré. Il affirme qu’il y a une mauvaise dualité des libéralismes. Il y a, d’une part, un libéralisme philosophique entraînant un irrespect du sacré et, d’autre part, il y a une absence de libéralisme économique issu d’un oligarchisme hiérarchisé et mondialiste, tuant le petit commerce et la petite entreprise… Il faudrait, toujours selon monsieur Soral, inverser cette situation. Il faudrait éliminer le libéralisme philosophique et restaurer le sacré. Il faudrait restaurer le libéralisme économique et la libre entreprise. Après l’agriculteur, le petit patron de manufacture et le tenancier du magasin général, voici donc nul autre que le curé du village qui pointe l’oreille. Monsieur Soral déplore qu’on vive dans un monde destructeur du sacré. Il insinue souvent que l’idée catholique traditionnelle reste encore celle qui serait la meilleure à suivre, notamment sur les questions éthiques. Mais —on l’a vu— notre curé de village a su se moderniser, se mettre à la page. Il veut aujourd’hui tenir compte des autres monothéistes théocrates, dont il admire tant l’efficacité réactionnaire. Catho mais pragmatique, il observe que les musulmans vivent dans un monde qui a encore un sens du sacré. Il rêve donc d’une manière de panthéisme militant. Nous, nous le vérifions à Égalité & Réconciliation. Nous le démontrons que la réconciliation nationale se fait parfaitement entre français catholiques et français musulmans, des lors qu’on est pas manipulés par cet intermédiaire sioniste. Les curés et les imams pourraient parfaitement s’unir pour reprendre leurs ouailles bien en main. Et Alain Soral ne se gène pas pour le dire et le promouvoir. Depuis sa chaire, il dit ouvertement aux musulmans de France: la communauté majoritaire française européenne culturelle catholique est tout à fait prête à vous tendre la main et à partager la France avec vous parce que vous en êtes et vous avez la légitimité beaucoup plus que les sionistes, puisque vous êtes issus de l’ancien empire colonial. On a donc aussi affaire, en compagnie du néo-colon de bon ton, à un théocrate de terrain, un négateur implicite de la déréliction sociétale contemporaine, avec tous les dangers rétrogrades, fumistes et intellectuellement nuisibles que cela entraîne.

Un compagnon de route du Front National 2.0. Communiquant directement sur internet avec le peuple de France, Alain Soral croit très candidement à l’authenticité de l’implication politique et parlementaire de l’extrême-droite et ce, pas seulement en France. Par exemple il juge, en conscience, que le parti d’extrême-droite grec Aube dorée est un parti qui défend les intérêts du peuple grec. Et comme il souhaite une reprise de pouvoir du peuple français par lui-même, il croit aux vertus politiques et parlementaires du parti populiste Front National. Alain Soral fait très ouvertement valoir que le Front National est un mouvement d’opposition au pouvoir oligarchique inique, à l’occupation de la France par des élites corrompues qui travaillent pas pour les intérêts du peuple de France, on l’a bien compris. Ceci dit, même si finalement [Jean-Marie] Le Pen est le plus sympa des hommes politiques, le Front National qu’Alain Soral endosse de plus en plus explicitement, c’est le Front National 2.0. En tant que français de souche, patriote, je sais profondément que le Front National incarne le peuple de France et que c’est le peuple de France qui va finir par se révolter contre l’oligarchie européiste, bancaire, communautaire etc. Ce peuple de France sait que sa voix est portée aujourd’hui par le Front National de Marine LePen et [Florian] Philippot. Dans cette version javellisée, crédibilisée et proprette du FN nouveau, la xénophobie grognassière et goguenarde qui avait fait la gloire flamboyante d’un Jean-Marie Le Pen est ouvertement retirée du calcul. Ceci permet au compagnon de route Alain Soral de faire des appels d’alliances de fonds qui, de fait, au plan idéologique et théorique apparaissent de moins en moins improbables. Le Front National a un grand avenir politique en France, c’est une évidence. Et je dis moi aux musulmans, il est temps que vous disiez à ce parti du peuple que vous faites partie du peuple, que vous en êtes, que vous aimez la France et que vous en êtes, et que vous dialoguiez avec le parti qui représente le peuple de France. La nouvelle bataille du cyber-espace ne fait jamais trop vite oublier à Alain Soral qu’il y a aussi la bonne vieille bataille des urnes. Marine Le Pen, pour sa part, garde soigneusement ses distances de ce théoricien frondeur… sans se tenir trop loin non plus. La suite sera du plus haut intérêt.

Alain Soral dans son espace de communication internet

Alain Soral dans son espace de communication internet

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Et… qui finance les activités de communication d’Alain Soral? Euh… Ce ne sont pas les ricains ni les occupants de la Palestine, en tout cas… Pourtant tout ça, ça coûte pas des clopinettes. De par le travail de communication très perfectionné d’Alain Soral, l’extrême droite française et européenne se retrouve littéralement en situation de redite intelligente. Elle ânonne toujours mais ne matraque plus. Elle s’articule, s’explicite, se vend… et, de par ces nouveaux arguments de vente, les préjugés sociaux les plus malodorants de l’occident se lavent plus blanc et se redonnent une légitimité toute fraîche. Cela ne rend pas l’extrême droite plus adéquate politiquement ou moins dangereuse socialement. Cela la rend tout simplement plus efficace dans l’art de faire sa com, d’assurer l’intendance d’une démagogie moderne et rutilante, en s’adaptant subtilement aux technologies autant qu’aux clientèles qu’on prétend attraper. Notons que ceci s’accomplit, pour le moment, sans flagornage hyper-relativiste, c’est-à-dire sans faire la moindre concession doctrinale, électoraliste ou autre. La labilité des thèmes respecte scrupuleusement la stabilité des thèses. L’attitude d’Alain Soral n’est pas libertaire, ardente, brouillonne ou révoltée. Elle est méthodique, froide, calculée et programmatique. Or, tout cela ne se fait tout simplement pas sans prévisions… prévisions budgétaires inclusivement. Comme j’en ai les oreilles un peu rabattues, la seule chose que j’aimerais entendre Alain Soral m’expliciter maintenant (car elle m’instruirait vraiment), ce sont ses sources de financement. Je sais qu’elles sont principalement françaises, allemandes, iraniennes et russes mais j’aimerais bien voir la fiche budgétaire détaillée de toutes ses activités de diffusion internet, de conférences publiques et d’édition. Comment s’assurent la couverture de ses frais de mise en scène vidéastique, le paiement du salaire de ses recherchistes, ses coûts juridiques etc. Découvrir les entrées et les sorties d’argent, avec les bailleurs de fonds, ce serait captivant. Ce serait là une autre «conspiration» fort intéressante à fouiller. Un jour peut-être.

Sources:

Couverture de l’actu d’octobre—novembre 2013 par Alain Soral

Alain Soral sur le féminisme

Alain Soral sur le libéralisme (et autres développements)

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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27 Réponses to “Alain Soral: labilité des thèmes et stabilité des thèses”

  1. Bernard said

    Où voulez-vous en venir? Je vais fréquemment sur le site de Soral et je vous lis aussi fréquemment… je m’informe à d’autres sources… on a pas le choix… TVA, LCN, RDI ne sont pas d’un grand secours… dans ma p’tite tête je me dis que Soral et Dieudonné font un bon travail… dans votre cas cé plus nébuleux… J’essaie de suivre… pourriez vous vulgariser pour l’ignoble vulgaire que je suis… parce que dans ma titttt tête… style amateur de hockey mettons…. cé Soral qui gagne… soit vous l’avez pas au niveau marketing (pi Soral y’l’a) ou chu l’roi des cons… à vous Jean-maurice.

    [Ceci n’est pas une compétition de com entre Alain Soral et moi. Je n’ai pas ses moyens financiers de toute façon. Tout ce que je vous explicite ici c’est pourquoi, moi, Alain Soral ne me convainc vraiment pas. Votre prise de parti, c’est votre affaire. C’est un penseur d’extrême-droite qui se donne un look à la page. Des vieilles idées des années 1930 en habits modernes. Catholique, patriote français, anti-féministe, anti-gauche, faussement respectueux envers les immigrés, favorable au Front National, à la Russie non-soviétique et à l’Iran (et évidemment, comme on le sait tous, super piton collé anti-juif, mais ça, c’est pas le sujet de mon article). Je bouffe pas de ce pain là. Alain Soral m’informe par ce qu’il révèle pas par ce qu’il affirme. C’est clair comme ça? – Ysengrimus]

    • Luc Prévost said

      Pour compléter votre analyse, on peut ajouter la vision monarchiste, le rejet fort de l’univers gay, l’éloge de la force (boxe, support supposé des différents corps d’armes, etc), un désir de réécrire (pas forcément une mauvaise idée) la grande histoire de la France (voir monarchie…) et finalement la réinvention du Schmilblick politik de salon (spécialité du jeune LePen, pupille de la nation) sur le net (la mise en scène très efficace dans son propre salon).

      [Excellent complément d’information. Merci. – Ysengrimus]

  2. Simon Valiquette said

    Pour vous, Paul Laurendeau, avec votre perception toute ontarienne de la politique, la nation Québécoise ou Francaise c’est du nationalisme extrémiste. Vous avez passé la majeure partie de votre vie à Toronto donc la francophonie et la politique se résume à vous-même, rien de plus, ou à de la fantaisie.

    [Wow, l’argument ad hominem inopérant par excellence. «T’as passé du temps en Ontario, t’es devenu idiot». Les ontariens savent RIEN d’Alain Soral et s’en foutent totalement. Alors lâche l’Ontario et traite un peu le sujet, parce que là, comme réponse à mon analyse de la pensée de Soral, ta petite diatribe de préjugés sommaires c’est pas fort fort… Mais c’est bien soralien, par contre, quelque part… Justement nos bons quenelliers québécois, qui, en fait, ne savent pas exactement dans quoi ils s’embarquent en suivant Soral, devraient méditer attentivement comment ce dernier récupère la révolte des Carrés rouges de 2012 (et tout le Québec dans le même mouvement) dans son dispositif autolégitimant d’extrême-droite néo-coloniale. C’est par ici. – Ysengrimus]

  3. J’ai bien ri en lisant l’attaque ad-hominem portée par Simon Valiquette contre notre auteur sionisto-ontario-marxisant bobo bien à l’ouest. C’est ce que j’appelle « prendre des borborygmes par soi émis pour de la pensée profonde ». Nul doute qu’avec de telles capacités, le camarade Simon puisse se sentir ébloui par le blabla soralien qui, lui, est quand même d’une teneur un peu moins… on va pas dire « profonde » parce que le gars est quand même le champion du survol péremptoire… mais voilà : Soral, c’est quand même moins intestinal que Valiquette. Raison pour laquelle Soral gagne plein de fric.

    Ceci dit, dans la catégorie des intellos de droite rude, Soral fait un peu figure de BHL : léger, inexact, flamboyant, affirmatif, stylé, soigné, mais creux, menteur et manipulateur (l’intoxication en cours auprès des musulmans pour les faire retirer leurs enfants de l’école et eux-mêmes de la république est emblématique). Non, pour de la pensée profonde et bien réac, chers amis je vous conseille un monsieur Patrick Buisson, qui a les honneurs de l’actualité en ce moment en France. Lui est un adversaire solide dans les débats, tandis que Soral, quand il flanche, ne trouve rien de mieux à faire que se dresser pour vous menacer de vous lâcher un pain (« Ça me fait pas peur de te foutre la gueule en vrac » est l’argument soralien ultime, que retiennent évidemment les vidéos rapides commises sur l’animal).

    Tout de même ! Il y a pas mal de français (de souche comme de branche) qui feraient bien de lire ce billet du loup marxisto-maçonnique ontarien. Il est concis, il me semble clair comme de l’eau de roche, il a la bonté d’être bien rangé par catégories et ses citations sont frappantes… Mais les liens qu’il donne épuisent : mes amis-amies, écouter du Soral quand on est de gauche, c’est vraiment pour s’entretenir les ulcères.

  4. Marie Verne said

    Cela fait longtemps que je n’avais pas apprécié un article de cette qualité. Vous cernez Soral et son ton fausse gauche superbement. Les citations sont dévastatrices. J’ai écouté attentivement les vidéos mises en lien. Les citations s’y retrouvent toutes.

    J’ai bien hâte de voir ce que ce bizarre va raconter sur l’affaire de Crimée.

    [Moi aussi. Il sert les russes en affectant de promouvoir la «liberté des peuples». Il va se trouver effectivement bien équarri. – Ysengrimus]

    • Caravelle said

      Merci madame et grand merci à toi, Ysengrim. Enfin un peu d’air frais dans la puanteur ambiante.

      Carava (juive, écœurée, apeurée, terrifiée même)

  5. Marie Verne said

    En tout cas, avec le récent résultat des municipales, Soral va certainement encore se rapprocher plus étroitement du FN. Derrière ses grands faux airs intello de frime, c’est un opportuniste, en fait.

    [Oui, mais la structure du Front National dont il fit partie et qu’il quitta lui a laissé une trace traumatique dont il ne parle pas mais qui est là. Cela et le trip standard pseudo-post-coco du «compagnon de route» va le tenir à distance respectable du FN. De plus, Dieudo et lui ont en commun, pour toutes sortes de raisons (fantasmatiques inclues), de préférer le père à la fille… – Ysengrimus]

  6. Carolle Anne Dessureault said

    @Paul Laurendeau

    Un article solidement bâti qui informe et fait réfléchir. Merci.

    Carolle Anne Dessureault

    [Grand merci, Carolle Anne. Il est important de faire cet effort de lecture et d’audition au sujet de ce personnage. Certains de nos compatriotes québécois sont un peu sous son charme sans détenir toutes les données sur les implicites idéologiques de ce virulent révélateur sociologique… – Ysengrimus]

  7. Vanessa Jodoin said

    Je viens d’écouter son développement sur le féminisme. Une condescendance misogyne la-dedans, les ami(e)s. Trop d’intellectuels nous regardent encore comme un cheptel paradoxal. Contestataires nous sommes des réformistes bourgeoises, dociles nous sommes des freins au progrès, Révolutionnaires, nous sommes remorquées par les Lénine et les Trotsky… La barbe.

    je seconde ceci (et fuck le reste): « les hommes et les femmes sont sociologiquement égaux malgré les différences naturelles et ethnoculturelles qui, ÉVENTUELLEMENT, les distinguent et ce, à l’encontre ferme d’un héritage historique fondé sur une division sexuelle du travail non-égalitaire. Sociologiquement égaux signifie, entre autres, égaux en droits, et cela n’est pas acquis. Il faut donc réaliser cette égalité dans les luttes sociales. » Et j’ajouterais, tout de suite. Sans attendre la révolution ou le lendemein qui chante ou déchante.

  8. Sophie Sulphure said

    Ysengrim, qu’est-ce que c’est que cet ananas, en ouverture?

    [Dans l’hystérie fétide ambiante et en se faisant largement porter par elle, Diendonné est arrivé à transformer un simple ananas en symbole antisémite (inattaquable d’ailleurs… qui vous poursuivra pour avoir arboré un ananas?). Moi, je le montre ici comme manifestation patente de la procédure de communication masquée de Dieudonné et de Soral. On programme un implicite en le dissimulant dans de l’inoffensif (souvent bouffon, mais pas toujours). Après on ne se sémiologise que dans le susdit inoffensif. Cela nous permet de dire toutes nos saletés illicites sans les avoir formulées (ce qui est le seul risque effectif, en droit bourgeois). – Ysengrimus]

    ananas-manif

    • Sophie Sulphure said

      Peux-tu donner un autre exemple de ce procédé de dissimulation?

      [Certainement. Le bébé lala « antisioniste » (qu’on pourra rencontrer plus avant dans MES MÈMES) t’en dicte un bon, juste ici:

      success-kid-ne-dites-pas-gauchiste-mais-trotskyste---a-fait-plus-sioniste

      En martelant toujours « trotskyste », tu burines « gauchiste-juif » mais sans jamais le dire. C’est un terme reçu, il est inoffensif, « faut pas paranoïer » etc… Mais, oh, oh, tes compagnons de la coterie brune attrapent solidement le ballon et le font passer en rond… – Ysengrimus]

    • Mura said

      Voilà qui est très exact. Plus fort, la personne de Dieudo elle-même se transforme en marqueur antisémite et ainsi une allusion elliptique à cette personne vaut comme formule (cachée, inattaquable) anti-juive. Ainsi Dieudo dit souvent, de quelque chose qu’il admire au premier degré ou ironiquement: « Plus haut que ça, c’est le soleil », avec un rictus stabilisé caractéristique et un doigt montrant le ciel. Comme ceci:

      Au dessus c'est l'soleil

      Désormais, refaire ce geste encode un renvoi direct à Dieudo qui, lui, est incontestablement le premier anti-juif de France. Tant et tant que maintenant, un doigt montrant le ciel (avec le rictus, et bientôt sans) devient graduellement un marqueur « j’aime pas les juifs », comme l’ananas et la quenelle… sans qu’on puisse rien dire… Qui vous poursuivra parce que vous levez un doigt?

      [Analyse rigoureusement exacte. – Ysengrimus]

    • Piko said

      Je suis avec toi, Mura. On regarde la bouffonnerie « Plus haut que ça, c’est le soleil » toute seule, ça parait parfaitement innocent. Plutôt amusant même. Le gars est drôle, c’est indubitable:

      Et pourtant, toute la pourriture de haine qui s’accumule dans cet humour gestuel (par référence tue et semi-secrète à ce qu’il a dit ailleurs, autour de ce geste ou non). Une grande réussite de propagande haineuse impalpable, insaisissable. Je comprends les minus qui le combattent de se prendre la tête.

  9. Catoito said

    En tant que Français, je suis touché et ému qu’un Canadien, un Québécois explique si bien et si clairement en quoi Soral et sa mouvance ne vont nulle part. Toutes ces conceptions n’ont engendré que guerres, massacres et déconvenues. Il faut méditer ce texte d’Ysengrimus. Il dit tout et le dit en plus avec un respect pour son adversaire idéologique et pour la France que peu ont manifesté, même en France.

  10. Tourelou said

    Connaissais pas ce Monsieur. Il me semble sur une lancée politique, genre campagne électorale sans élections…

    [Et conservatisme sans rien de bien valide à conserver… – Ysengrimus]

  11. Amina Amicale said

    En tout cas, c’est un pro-arabes-de-France qui a sérieusement de l’eau dans son gaz…

    Soral sur les beurs

    [En effet. – Ysengrimus]

  12. Égérie said

    Je lui trouve un peu une tête de nonce. Vraiment pas mon genre.

    alain-soral

    • Sissi Cigale said

      Alors là, Égérie, je te seconde à fond. Nos gouts en matière d’hommes se rejoignent au moins dans la négative!

      • PanoPanoramique said

        C’est donc confirmé, Égérie ne les aime pas tous. Faites passer.

      • Égérie said

        Non, celui-là, je vous le laisse, PanoPanoramique. Je suis d’ailleurs certaine qu’il y a incontestablement une grande harmonie de corps et d’esprit entre vous deux… surtout d’esprit, pour tout dire.

  13. Pierre Lapierre said

    Avec la capilotade des socialistes français (surtout: leur honteuse trahison néo-libérale), ce genre d’intellectuel triomphaliste de droite va fleurir et culminer à mesure que le Front National va se rapprocher du pouvoir. Si ce dernier prend finalement le pouvoir, il se recentrera encore plus (car son recentrage pragmaticien est déjà solidement amorcé) et, ayant perdu leur fonction essentielle de batteurs d’estrades préparateurs, ces intellectuels conjoncturels basculeront dans leur ultime dissidence qui sera aussi leur obscurité finale.

    [Je seconde. – Ysengrimus]

  14. Bobino said

    Informations complémentaires sur les promoteurs de Poutine…

    La Poutineuse

    L’armée invisible de Poutine sur les réseaux sociaux

    [Très intéressant.- Ysengrimus]

  15. Jujubelle said

    Soral très explicite et sans complexe. Ces dix minutes exposent clairement sa trajectoire (sauf sur son départ du FN sur lequel visiblement il ne dit pas tout).

    [Oui. Le passage sur les musulmans « patriotes » aux vues « classiques » est limpide. On peut pas reprocher à Soral de louvoyer ici, notamment dans le fragment de 2002 et celui de 2011. Très utile pour comprendre la mouvance. Merci Juju. – Ysengrimus]

  16. Ysengrimus said

    Soral-1

    Soral-2

    Soral-3

    Soral-4

    Soral-5

    Soral-6

    Soral-7

    Soral-8

    Soral-9

    Soral-10

    Soral-11

    Rouge-brun-un

  17. Vernoux said

    En tout cas là, il y a un nouveau caïd dans le quartier chez les fachos français, un certain Daniel Conversano… Il a fait sortir Soral de ses gongs…

    Différences de conceptions manifestées par cette très révélatrice fracture de l’extrême-droite.

    Soral: Facho universaliste pseudo-quasi-marxisant. prône une sorte de réconciliation ferme et hautaine avec les musulmans dits patriotes. Aspire à produire des musulmans réactionnaires qui, leur idéologie sociétale étant effectivement ce qu’elle est, grossiront les rangs de l’extrême-droite. Soutient la Russie et l’Iran. Antisémite maladif, anti-musulman mou (autour de la notion d’islamo-racaille) et complotiste. Prétentieux, phallocrate et paternaliste. Insidieusement politicien, il considère Conversano comme un boutefeu nuisible.

    Conversano: Facho quasi-suprémaciste plus classique et plus virulent. En a marre des Arabes et veut en revenir à la fierté ethnocentriste du blanc. Formule ses positions en termes racialistes (Arabes, Blancs, Noirs), prône le retour dans leurs pays d’origines des races non-blanches d’Europe et valorise les isolationnismes nationaux. Croit à la possibilité d’un submergement démographique arabe, d’une guerre civile et encourage ses compatriotes à s’armer. Anti-musulman maladif. Antisémite mou et anti-complotiste. Hargneux, juvéniliste et alarmiste. Ouvertement populiste, il considère Soral comme un bourgeois croulant.

    Dieudonné, lui, se tient entre les deux et ne dit non à personne… Il est évident que, par ce symptôme brutal (ils en sont venus aux mains), le fascisme petit-blanc-cassis français trado est en train de péter dans la gueule du pluralisme ethnique néo-facho de type Soral-Dieudo…

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