Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

L’antisémitisme comme indice de détérioration mentale

Posted by Ysengrimus sur 15 février 2014

Antisemitisme

NOTE LIMINAIRE: CECI N’EST PAS UN ARTICLE SUR ISRAËL ET/OU LA PALESTINE. CE CONFLIT RÉGIONAL NE SERA PAS COMMENTÉ ICI.

On partira, si vous le voulez bien, du portrait-robot de deux antisémites ordinaires que j’ai connu personnellement et en lesquels vous devriez arriver à reconnaître assez aisément deux cas-types clairement découpés et aussi navrants, au demeurant, l’un que l’autre.

Mon premier antisémite, c’est Yvan «Jean» Chouvalov (non fictif). Jean naît en 1904 de parents russes réfugiés en France. Il grandit dans le milieu des intellectuels russes français du quatorzième arrondissement à Paris. Lénine, réfugié à Paris circa 1908-1909 l’aurait fait sauter, enfançon, sur ses genoux, lors d’une rencontre sociale de réfugiés russes (c’est du moins ce que Jean racontera ad nauseam à ses petits-enfants jusqu’à ses vieux jours et, fatalement, de par l’insistance de Jean, la légende restera dans la famille). Bercé à la fois par les rouges et les blancs (un nombre significatif de ces bolchevistes de la première heure étaient en fait des aristocrates), très fier de son nom russe à saveur nobiliaire, Jean ne parle pourtant pas russe et ne se soucie en fait pas trop du brassage des nationalités. Dans une prise de bec restée mémorable avec une parente, il se fit un jour traité de «russe blanc». Cela le vexa beaucoup car il ne comprit pas cette injure, sans doute quelque obscure attaque sur les origines géographiques ou les vues idéologiques d’ancêtres dont il ne savait goutte et auxquels il ne s’identifiait pas spécialement. Jean est bien plus français que russe en fait et, jeune, il ne formule pas ses réflexions en termes ethniques ou nationalistes mais bien en termes universels. Les juifs, pour lui, ce sont des gens comme les autres et il n’en fait pas spécialement une question particulière. Il grandit dans une banlieue rouge des alentours de la capitale. Compagnon de route et électeur de base du Parti Communiste Français, Jean n’exercera jamais de fonctions politiques. Il pratique trente-six métiers prolétariens: cantonnier, outilleur, chauffeur de taxi. Sous l’Occupation, Jean s’occupe moins de résistance que de marché noir. Il fabrique des sandales avec du cuir non enregistré et confectionne du savon de contrebande. À la Libération, il redevient chauffeur de taxi à Paris. Il lit beaucoup, vote systématiquement PCF et s’associe à toutes les luttes sociales du Parti, en gardant l’œil bien fixé sur la ligne dudit Parti. Froidement anti-américain et sereinement prosoviétique, il pense souvent au jour où les chars conduits par ses «grands frères russes» paraderont sur la place de la Concorde et libéreront Paris du joug du grand Capital. Mai 68 le fera ricaner et les Accords de Grenelle le feront grincer des dents. Jean lit L’Humanité, joue aux boules avec les copains, siffle un petit ballon de rouge de temps en temps et regarde ses enfants puis ses petits-enfants grandir tranquillement. Vers 1980, à l’âge de soixante-seize ans environ, les petits-enfants de Jean lui font un beau cadeau, le genre de cadeau qu’en sa qualité d’intellectuel autodidacte de gauche, il adore: une splendide biographie illustrée de Jean Jaurès. Jean trépide d’enthousiasme et se met à raconter qu’il a sauté sur les genoux de cet homme politique dans sa toute petite enfance. Les petits-fils et les petites-filles de Jean froncent les sourcils et se regardent entre eux, un peu interloquées de voir la légende léninienne familiale se muer subitement en cette fadaise jaurésienne parfaitement ad hoc et que Jean d’ailleurs ne reprendra pas. Il semble assez patent, ce jour là, que notre bon Jean est en train de doucement perdre la boule. Peu de temps après, Jean se met à un nouveau hobby. Il recouvre patiemment une table de bois de ce papier doré que l’on trouvait autrefois dans les paquets de cigarettes. Il œuvre à transformer cette banale table en quelque chose ressemblant à un autel d’église orthodoxe. Non, indubitablement, dans de tels moments, l’entourage de Jean se dit qu’il n’a plus toutes ses facultés. Or c’est justement dans ces années là qu’un peu au milieu de tout et de rien, Jean va se mettre à délaisser la lecture de L’Humanité au profit de celle de France-Soir (qu’il prétendra lire exclusivement pour «prendre connaissance de la version de l’ennemi de classe pour mieux la combattre») mais surtout il va se mettre à tenir des propos ouvertement antisémites qui augmenteront en virulence et en incohérence et ce, jusqu’à sa mort en 1990. Il ressassera les développements obscurantistes usuels sur le contrôle des médias et de la politique par les juifs et sur la grande conspiration sioniste. Il se mettra à noter sur un calepin les noms des personnalités de la télé d’origine juive et se mettra à invectiver au moment de leur apparition sur le petit écran. Ce sera là une surprise catastrophée et hautement désagréable pour ses enfants et petits-enfants, tous des rouges ou des roses de bonne tenue, de voir ainsi le vieux cramoisi se coaguler, se rembrunir et se mettre à basculer, comme spontanément, dans la grosse parano conspiro obscurantiste. Outrés, les descendants et descendantes de Jean lui tiendront fréquemment la dragée haute dans des engueulades familiales qui deviendront de plus en plus épiques et amères à mesure que le poids des années se fera sentir et que l’antisémitisme de Jean prendra une dimension de pesante ritournelle en forme de chant du cygne malsonnant. Même après sa mort, ses enfants et ses petits-enfants n’en reviendront jamais vraiment, de la commotion causée par ce revirement aussi frontal que tardif du vieux coco.

Mon second antisémite, c’est Cyprien Morel (nom fictif). Né dans un village du Québec en 1919 de parents agriculteurs, élevé dans un milieu ethniquement homogène et ouvertement intégriste catholique, Cyprien est l’intellectuel de la famille. On lui fait suivre le cours classique, dans une congrégation de curetons dont nous tairons ici pudiquement le nom (c’est tous les mêmes de toutes façons). Il s’intéresse aux mathématiques et à l’histoire. L’histoire du Québec, telle que racontée par le chanoine Lionel Groulx, l’exalte. Il a aussi des talents de dessinateur et de sculpteur. Certains enseignants de Cyprien lui «expliquent», circa 1935, que la province de Québec est tenue par la juiverie anglophone et que cette dernière est l’ennemie jurée des coopératives agricoles, des caisses mutuelles «populaires» et de la petite entreprise canadienne-française. Cyprien adhère à un mouvement de jeunesses catho proche des Bérets Blancs, distribue de la propagande antisémite, lit Le Goglu, feuille antisémite de l’entre-deux guerre et participe, circa 1942, à la même manifestation qui vit un de nos théâtreux notoires arborer la svastika dans les rues de Montréal. Il soumet certaines de ses caricatures au comité éditorial du Goglu qui en retient deux, mais le journal sera fermé par les autorités canadiennes avant que les œuvres de Cyprien ne rencontrent leur public. Constatant que la ci-devant «cinquième colonne» se fait singulièrement serrer les ouïes, dans nos campagnes, pendant les années de guerre, Cyprien, réformé pour un léger boitillement congénital, décide de s’assagir. Il entre comme commis-comptable dans l’épicerie de son grand-père maternel. Il gravira patiemment les échelons, héritera de l’entreprise après-guerre et la fera fructifier en achetant ou ouvrant des succursales. Cyprien en vient à faire partie d’un solide petit conglomérat de magasins d’alimentation canadien-français. Lui et des compatriotes partageant son messianisme luttent pour empêcher un marché d’alimentation spécifique d’établir un monopole au Québec: le juif montréalais SteinbergLa quête pour la survie du petit commerce de détail et la hantise antisémite fusionnent étroitement en Cyprien. Il se fait remettre un certain nombre d’exemplaires du Protocole des Sages de Sion, imprimés nuitamment, circa 1957, dans une version française très passable, sur une des rotatives d’un petit éditeur catholique montréalais. Cyprien gardera pendant plusieurs années, dans une boite de carton au grenier de sa grande maison de campagne, l’ouvrage suavement séditieux. Il le distribuera parcimonieusement, sous le manteau, uniquement à des amis fiables, car, c’est bien connu, cet ouvrage secret est si imprégné d’une vérité précieuse et mirifique que la juiverie, qui contrôle la police et la justice, ferait un sort à ceux qu’on pincerait en flagrant délit de le distribuer ou de le lire. L’oecuménisme verra un accrochage sérieux entre Cyprien et le curé de son village. Pendant toutes ses années de dur labeur, Cyprien, maintenant père de sept enfants, a toujours maintenu son violon d’Ingres de sculpteur. Portraitiste compétent, il façonne, moyennant une rétribution strictement symbolique (Cyprien est désormais à l’aise, on l’aura compris), le portrait des notables du village, dans le granit blanc. Un jour, circa 1972, le curé du village lui fait une commande formelle: une madone en pied pour la facade de la nouvelle église du village. Enthousiaste, Cyprien sculpte sa madone en quelques mois, dans le plus grand secret, sans préalablement en soumettre les croquis au curé. Quand l’œuvre est terminée, Cyprien emmène le bon abbé soixantard dans son hangar et lui dévoile privément l’œuvre. Le petit calotin est atterré. La madone de granit blanc est magnifique. Mais elle est aussi tellement sérieuse, austère, roide, pieuse. Elle tient dans ses mains une croix de bonnes proportions qu’elle brandit comme une bannière. La croix et la bannière, tu me le dis… Le curé fait valoir que l’œuvre est un peu rébarbative, passablement pré-vaticane et qu’il aurait mieux valu une madone moderne, souriante, plus amène et tenant, par exemple, un bébé dans ses bras. Cyprien se drape dans sa dignité et tonne: «La croix, c’est le signe de ralliement des chrétiens. Vous m’avez commandé une madone, pas une déesse orientale enjuivée». Le curé proteste, fustige l’antisémitisme carré et explicite de Cyprien et se tire. La madone à la croix restera dans le hangar de Cyprien. Et ce dernier se fera de plus en plus doctrinaire au fil des années. Ses fils deviendront des ingénieurs, des hommes d’affaire, des politiciens municipaux. Ses filles deviendront des avocates, des techniciennes de laboratoire, des médecins. Certains des enfants de Cyprien (mais pas tous…) sont antisémites, comme leur père. Ils ne le disent pas trop fort, naturellement, car la juiverie contrôle tout et a le bras long, enfin, disent-ils… Cyprien Morel meurt en 2000, toujours en pleine harmonie avec ses idées, après de longues années d’une retraite tranquille à causer à voix douce au coin du feu, avec ses vieux amis et ses fils, des hauts et des bas de la foi catholique dans l’exécrable civilisation contemporaine et des victoires et des défaites du mystérieux «clan juif».

Dans mon petit exemple ici, Jean Chouvalov est un antisémite de la onzième heure genre Staline, militant internationaliste perdant la boule sur ses vieux jours, ou Marlon Brando, acteur absorbé par son art, qui se tape souverainement du reste, et ne se met à déconner qu’il y a des juifs à Hollywood qu’au soir de sa vie. D’autre part, Cyprien Morel est un antisémite de la toute première heure, genre Hitler, doctrinaire de souche, ou Mel Gibson, catho intégriste tournant même des films formulant ses élucubrations – autrement dit: fous raides aussi, mais, eux, dès le début. Il y a deux types bien distincts d’antisémitismes. C’est quand même pas anodin, ça. Et, de Louis-Ferdinand Céline (type: Cyprien Morel) à David Ahenakew, (type: Jean Chouvalov), on pourrait assez facilement classer les personnalités antisémites que l’on connaît sous ledit profil Jean Chouvalov ou sous ledit profil Cyprien Morel. Ça tiendrait parfaitement.

Ceci dit, quand on observe la résurgence antisémite actuelle, elle me semble être plus du type de celle de Jean que du type de celle de Cyprien. Cyprien est un antisémite historique, produit précis d’une époque obscurantiste, imprégnée elle-même de religion, de xénophobie ethnocentriste, de régionalisme corporatiste et de protectionnisme nationaliste. Il est un antisémite de doctrine et, même durable, pugnace, cette vision est vouée, l’un dans l’autre, à faire date sans plus, à rester cernée, encagée dans son époque (inique et criminelle, certes, mais limitée dans le temps). Jean, pour sa part, est un antisémite pathologique, récurrent, résurgent, tendanciel, un cinglé de fin de course qui formule sa démence paranoïaque naissante dans un gabarit historique, politique et collectif plutôt que familial, privé ou individuel. C’est le rejet convulsionnaire d’un groupe spécifique se coulant dans une forme historique spécifique. Mais pourquoi les juifs? me dirons les fins-finauds. Réponse: parce que, Cyprien Morel oblige, ce sont les juifs que notre horizon culturel du moment a encodés comme ça, en Jean Chouvalov. Notez d’ailleurs que si Jean s’en prenais aussi abruptement aux lombards, aux maltais, aux roms ou aux cinghalais, vous me demanderiez, sur le même ton biaiseux: «Mais pourquoi les maltais, mais pourquoi les roms?» Il est crucial de comprendre que c’est toujours historiquement déterminé ce genre de pathologie, tant et tant qu’on est toujours dans du «mais pourquoi tel groupe?» en fin de compte. Ces hystéries là ne peuvent pas rouler à vide. Elles se chopent un objet, une cible, au hasard de l’histoire (qui, lui, au demeurant, n’est jamais un hasard). Il n’y a rien de magique, d’essentiel ou de principiel dans le juif ou le lombard le vouant, comme fatalement, à la vindicte, éphémère ou durable, de certains segments des masses. Ce que j’affirme ici, c’est qu’historiquement les Cyprien Morel, qui sont des fous mais des fous durs, articulés, construits, doctrinaires, ont relayé une fixation antisémite multi-centenaire. Elle fait encore dépôt dans notre culture sociopolitique collective. Elle traîne comme un vieux rhume. Elle colle dans l’esprit comme une vieille pube ressassée. Les Jean Chouvalov passent alors par là, ne s’en soucient pas, traversent les émanations intellectuelles de leur temps comme on traverse un fin brouillard humide, n’en sentent pas la pression initialement… mais finalement, quand ils ramollissent intellectuellement et faiblissent mentalement, ils finissent par se les choper, dans leurs versions les plus grossières et stéréotypées imaginables et, redisons-le, à la grande surprise interloquée de leurs pairs.

Je pense vraiment que l’antisémitisme (le primaire comme le doctrinaire) est l’indice d’une détérioration mentale s’exprimant via un modèle intellectuel délabré, gâté, daté, régressant, irrationnel et foutu. On peut d’ailleurs élargir la réflexion en direction de la dimension collective et historico-sociale de cette idée. On peut effectivement faire observer que, dans notre histoire récente, l’antisémitisme comme option collective, comme psychologie de masse, si vous me passez l’expression, se manifesta dans des périodes, justement, de Grande Dépression… noter ce mot, et ceci n’est pas un calembour. Le discours antisémite est la manifestation d’un désordre mental irrationnel, individuel ou collectif, pulsionnel, défoulatoire, sectaire, quasi incantatoire. Lisez les échancrures de lisérés de commentaires parfaitement hystéros de certains blogues à la page que je ne nommerai pas ici (notamment quand ils parlent d’Israël et de la Palestine – ce que je ne fais jamais), à la lumière de cette modeste hypothèse. Vous serez sidérés de constater que l’antisémite est soit un fou doctrinaire (Cyprien Morel) soit un pauvre quidam ordinaire en état de détresse sociale qui déraille et se met subitement à délirer le politique (Jean Chouvalov). Il n’y a là rien, mais absolument rien, de plus.

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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26 Réponses to “L’antisémitisme comme indice de détérioration mentale”

  1. Robert Huet said

    J’ai connu dans mon enfance des admirateurs d’Adrien Arcand, tous des fous de la bêtise humaine. C’est plus facile d’accuser des bouc-émissaires que de prendre ses responsabilités et de reconnaitre ses erreurs et de les corriger. Mais il faut reconnaitre que l’idéologie du peuple élu est aussi une grave bêtise humaine et sa critique ne doit pas être confondu avec de l’antisémitisme ou de l’antiaméricanisme.

    • Peephole said

      Tout a fait d’accord avec vous Monsieur Huet.

      D’autant plus que cette idéologie du peuple élu ne peut qu’induire au racisme de la part de celui qui croit en faire partie.

      À la longue, l’effet miroir se fait ressentir.

      [Ce dernier est bien bilatéral, comme messieurs Huet et vous-même le prouvez ici… – Ysengrimus]

    • Marie said

      Mais « l’anti  » en découle aussi.

      L’histoire de Jean Chouvalov me rappelle qu’un nombre grandissant de personnes après soixante-dix ans avec des troubles de la mémoires vont voter. Doivent-ils être pour autant à leur tour marginalisés et exclus? La vie est compliquée. Peuvent-ils être socialement bien accompagnés en fin de vie sans être représentés politiquement? Ceci dit, ce n’est pas le cas actuellement. Mais la législation ou politique peut devenir aussi très anxiogène à cause d’une majorité d’électeurs diminués physiquement et parfois intellectuellement. C’est une hypothèse….

      Reprise: soit un pauvre quidam ordinaire en état de détresse sociale qui déraille et se met subitement à délirer le politique (Jean Chouvalov). « Il n’y a là rien, mais absolument rien, de plus. » Sauf que lorsque la société est composée d’un nombre croissant de pauvres quidams… Elle a, elle aussi, à se poser certaines questions de fond qui peuvent déranger les hauts-dignitaires de toutes catégories des exclusions sociales. Le déni de maltraitance professionnel peut devenir leur sport favori. « La Grande dépression » de 1929 avait elle aussi des origines financières boursières et technologiques. Les rééquilibrages dans la dérèglementation généralisée organisée de la société française depuis trente ans tenant compte des nouvelles données technologiques, scientifiques et commerciales peuvent paraître urgents pour ne pas faire payer toujours les mêmes, si l’on revendique une société démocratique humaniste équitable pour tous dont l’objectif ultime ne peut être celui de l’argent, celui-ci étant uniquement un moyen dans ce cadre-là.

      Compte-tenu des abus multiples et variés de plusieurs bords révélés depuis une dizaine d’année, il me semble que la frontière a été franchie depuis un certain temps par la majorité du monde, qui ne se réduit pas à l’occident, l’exclusion de la pauvreté concernant tous les pays. Je répète, la vie n’est pas simple.

      « L’anti » peut aussi être instrumentalisé. et les auteurs n’en sont pas davantage louables, il me semble.

  2. Article bien écrit, ce qui n’est pas une surprise et qui ne manquera pas de susciter un grand intérêt, mais sera-t-il commenté de bonne foi? Une des premières upanishads qu’on lance en Inde à la tète de ceux d’ailleurs qui se disent en «recherche de la vérité» – ce qui n’exige qu’une paire de sandales à enlever et une entente minimale sur le sens qu’on donnera aux mots pour décrire l’ineffable – débute sur cette phrase que je trouve apaisante. «On ne peut dire de la Réalité quelle est, ni qu’elle n’est pas, ni qu’elle est ET n’est pas, ni qu’elle n’est NI n’est pas»

    Apaisant. Comme la fille qui vous reçoit en peignoir avec un maquillage parfait en précisant quelle a une migraine terrible. On comprend qu’il y a du fantasme dans l’air, mais qu’il suffit de suivre les «instructions». Apaisant, je vous dis…

    Ainsi, nous savons tous que LE Juif n’existe pas, mais qu’il existe des tonnes de Juifs qui n’ont en commun que d’être tous différents. C’est à çà qu’on les reconnait, d’ailleurs… Car qui associe spontanément Raphaël et Mussolini, mais je vois des déplacements de pupilles à la PNL quand je dis que j’aime Mendelssohn dans un groupe où il y a des Juifs et des Gentils. Essayez, vous verrez…

    Est-ce que l’antisémitisme «est» ou n’est pas… etc.? Je n’en trouve pas trace en moi; pour le Juif comme l’autre, n’est-ce pas un rôle social assumé? (cf L’enfance d’un chef) Que dire au Juif susceptible que vous aimez bien? Suivez les instructions. Apaisant.
    PJCA

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/123-the-shoah-must-go-on/

  3. Byblos said

    Il n’y a pas longtemps, j’ai entendu à la Télé un célèbre pourfendeur de l’antisémitisme déclarer sans broncher : «il ne faut pas confondre racisme et antisémitisme, parce que l’antisémitisme est beaucoup plus grave».

    Depuis lors, je me méfie comme de la peste des ANTI-ANTISÉMITES.

    [Ne m’imputez pas les propos mal cités d’un personnage indéfini. Tenez-vous en à mon texte et relisez le bien. Indubitablement, il vous concerne… – Ysengrimus]

  4. C’est marrant, camarade Laurendeau, d’avoir reniflé ça! Je ne m’en étais jamais avisé!

    Il faut dire que j’ai passé mon enfance dans une marmite d’anti à peu près tout, qui m’a durablement inspiré le plus corrosif mépris pour tout ce qui radote contre un groupe humain ; de l’exécrable au pire, l’échelle de ces fous comportait les degrés suivants :
    – ressortissants du village voisin, dits « enculés »
    – habitants de la région voisine, dits « pédés de la vallée »
    – communistes, dits « sales rouges »,
    – Négros, dits « termites »,
    – Alsaciens , dits « traîtres »,
    – Arabes, dits « Salarabes »
    – Juifs, dits « juifs » (il faut cracher)
    – ressortissants des régions lointaines, englobé sous le vocable « Parisiens ».

    Étant né à 350 km dans le nord-ouest de Paris, j’étais un Parisien, c’est à dire bien plus immonde qu’un crapaud pourri.

    Ainsi donc, équipé d’un intérêt proche du zéro absolu pour les étiologies de ces élucubrations dont les conséquences sont extrêmement douloureuses pour les cibles, je n’ai jamais rien vu O_O, et je suis tout étonné qu’un quidam ait pu classifier les dingos en deux catégories qui, ma foi, ont l’air de bien se tenir! Bravo au quidam, je promets de vérifier dans les blogues les hypothèses du monsieur.

    [Distinguer les petits cyber-hitler des petits cyber-staline reste une priorité, mon camarade. Simple question de compréhension élémentaire de la chimie du cloaque. – Ysengrimus]

  5. Caravelle said

    C’est lumineux. C’est exactement cela. Je suis juive, née en 1942 en Roumanie et toute mon expérience de vie confirme ce texte.

    Et, non messieurs je ne me prend pas pour une représentante du « peuple élu » et, bien souvent, j’en ai eu tellement tellement marre d’être juive… Mais même quand on renonce explicitement au judaïsme ou à la judéité, ils nous pourchassent. La dernière mode c’est qu’on supporte tous Israël (on est « sionistes ») juste parce qu’on s’appelle Carava ou Golnich. Alors que moi, la politique au Moyen-Orient, qu’est-ce que j’en ai rien à foutre…

    • Sophie Sulphure said

      C’est de la discrimination ethnique, Madame Carava. Je suis d’accord avec le texte en ce sens qu’il faut le dire et le redire que c’est une sorte de folie. Une folie collective reste une folie. Nous ne vous traiterons jamais comme ça ici, nous. vous êtes notre Caravelle et on s’en fout de votre race.

      [Je seconde – Ysengrimus]

  6. Fridolin said

    J’ai vu des exemplaires du GOGLU sur microfilms dans ma jeunesses. Les caricatures, c’étaient des patentes dans ce genre là.

    Caricatures-antisemites

    Charrié pas mal dans le grotesque.

    • Caravelle said

      J’en ai tellement vu des choses comme ça. En français, en Allemand, en Roumain.

      Notez Monsieur Fridolin que la seconde caricature est plus moderne. Elle est la version « antisioniste » de l’obscurantisme classique de la première caricature…

  7. Tourelou said

    Le pogrom d’Hitler démontre bien le grave problème mental de cette race d’hommes conquérants. Les artistes en ont été les victimes collatérales tel que bien vu dans le dernier film de Clooney les monuments men. Quand détruire l’existence d’une race ne suffisait plus, ils allaient jusqu’à détruire la mémoire de ce peuple. Docteur, cet état d’esprit ne se soigne pas. Suffit de lire les nouvelles du jour. Triste.

  8. Serge Morin said

    C’est vrai que contrairement au racisme classique, l’antisémitisme incorpore un important élément parano. « Contrôle du monde », « conspiration sioniste ». Ça fait psychotique sur les bord, en effet.

  9. Catoito said

    L’antisémitisme à la canadienne est bizarre et intéressant (type Cyprien Morel). Il montre les variations et les constantes de ce trouble… tout en étant aussi navrant et décourageant que l’antisémitisme à la française.

  10. Le boulé du village said

    Cyprien Morel devait être le genre à appeler ses enfants tannants « mon ptit juif »…

    [C’est vrai que l’expression existait dans mon enfance québécoise, comme vocatif envers les enfants turbulents. Quelle connerie quand même… – Ysengrimus]

  11. Denis LeHire said

    Quant à Yvan Chouvalov, il est le grand ancêtre névrotique de tous les rouges-bruns contemporains qui sévissent un peu partout en ce moment…

  12. Bardou said

    Et la parano anti-antisémite, est-elle diagnostiquée?

    [Je sais pas… Qu’est-ce que tu nous en dis? – Ysengrimus]

    • Sissi Cigale said

      Oh, moi, j’aime pas trop cette histoire de anti-anti…

      [Moi non plus. Attendons voir s’il s’explicite… – Ysengrimus]

      • Bardou said

        « De cela, de leurs débats de vérité ou de mensonge, je dirai que le véritable enjeu est de ne pas apporter d’importance personnelle exagérée à une opinion plutôt qu’à une autre. C’est notre seule liberté possible, il faut la conserver. Après, on peut discuter, et c’est toujours l’interlocuteur haineux et plein de ressentiment qui montre son esclavage, celui de la croyance dont il ne peut pas se libérer. » (extrait de mon livre en préparation : L’espace intérieur par les arts incorporés)

  13. Batelier said

    Ouais, malheureusement, de tels personnages ont existé, existent et existeront. Je ne comprendrai jamais cette propension de l’être humain à rejeter sur autrui ce qu’il croit être la cause de la source de tous ses malheurs. Merci de ce partage.

  14. Martin Turquoise said

    Un facho (je répète: facho) belge démantibule complètement le mythe du grand complot sioniste. Étonnant. Ce gars détruit le complotisme juif sans espoir de retour et prouve magistralement (je répète: magistralement) que Les Protocoles des Sages de Sion sont une minable foutaise…

    • Caravelle said

      J’ai tout écouté (connaissant le sérieux de notre ami Martin). C’est effectivement vraiment convainquant. Les citations des Protocoles, fournies notamment dans les épisodes 3 et 4, sont dévastatrices. Sans insulter personne et avec beaucoup de politesse et de méthode, ce petit monsieur sympathique nous fait comprendre qu’une grande conspiration fomentée il y a des millénaires par le Roi Salomon pour contrôler le monde contemporain est une criante élucubration. Les épisodes 1 et 2 contiennent d’intrigantes digressions (sur Hitler, les Templiers) mais ne vous inquiétez pas, il ne perd jamais le fil et le complotisme en sort démonté, démoli, décrédibilisé. Comme dit Martin, c’est étonnant.

      • Line Kalinine said

        Si Martin Turquoise et Madame Carava recommandent, je vais devoir écouter ça. Ce monsieur, qui se dit national-socialiste, nie l’existence des chambres à gaz, est pas trop mon genre, sauf que… tel n’est pas le propos ici. Il faut juger chaque arbre à ses fruits. Je vais écouter ça…

      • Line Kalinine said

        Je seconde Martin Turquoise et Madame Carava. Ces deux heure d’analyse critique sont étonnantes. Un bon quatuor de vidéos. Je le recommande aussi. Sans commentaire sur les autres travaux (souvent douteux) de ce monsieur Vincent Reynouard.

  15. Sally Vermont said

    Mon opinion sur l’antisémitisme. Simple et clair.

    [Je seconde. — Ysengrimus]

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