Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Entretien avec l’auteure Anne Guélikos sur son roman mythologique LA NUIT DE TOUS LES MAUX

Posted by Ysengrimus sur 7 août 2013

Ce que tu me demandes nécessite réflexion. Si j’ouvre cette jarre, je changerai la face du monde, je serai à jamais l’unique responsable de la dispersion de ces maux sur terre. Pour l’éternité, je porterai l’odieux de cet acte. Ce n’est pas une destinée que je peux embrasser à la légère. Bien que tu sois l’instigateur de ma naissance, je ne t’appartiens pas et je ne te dois rien, car je n’ai pas demandé à naître. Je t’aiderai uniquement si je juge bon de le faire, que cela soit bien clair entre nous. Laisse-moi aller sur terre, laisse-moi évaluer par moi-même la situation. Si les êtres que tu honnis sont tels que tu me l’as dit, je me joindrai à ta cause, mais n’attends pas de moi que je soie ta servante, n’attends pas que j’obéisse à tes ordres.

Pandore à Zeus, dans La nuit de tous les maux.

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Ysengrimus (Paul Laurendeau): Anne Guélikos votre intérêt littéraire  j’ose dire: votre intérêt littéraire exclusif, c’est le monde vaste et diversifié de la mythologie grecque. Vous y trouvez la force pulsionnelle et vitale qui vous entraîne à écrire des œuvres de fiction. Avant qu’on parle directement de votre ouvrage, je vous convie à un petit jeu d’atrium de mon enfance. Dis-moi quel est ton dieu ou ta déesse favori/favorite. Il fallait s’inscrire obligatoirement dans la mythologie grecque pour participer à ce jeu et les héros, champions, nymphes et demi-dieux étaient interdits. Il fallait que ce soit un dieu-dieu ou une déesse-déesse. Alors Anne Guélikos, dites-moi quel(le) est votre dieu ou déesse favori(te) de la mythologie grecque et dites-moi pourquoi ?

Anne Guélikos: C’est probablement la question la plus difficile que vous puissiez me poser. Par principe, la féministe en moi voudrait arrêter son choix sur une déesse, mais puisqu’elles ont, en grande partie, été cogitées, modelées et représentées pendant des siècles par des hommes, elles affichent toujours certaines caractéristiques, des parodies de défauts, qui me les rendent toutes plus ou moins antipathiques. Je trouve les dieux beaucoup plus attachants. Donc, mon dieu chouchou, c’est Hermès. Il est intelligent, brillant même, opportuniste, il a un grand sens de l’humour, il est débrouillard et il n’hésite pas à se salir les mains ou à enfreindre les lois si nécessaire, tout en conservant un grand sens de l’honneur. Il est profondément grec à mon avis.

Ysengrimus (Paul Laurendeau): Voilà, bien sûr. Et cela nous amène tout de suite au cœur de votre premier roman mythologique, publié chez ÉLP en 2012, intitulé La nuit de tous les maux. Le fait est qu’Hermès y apparaît et y fait effectivement preuve d’un naturel irrésistible. Parmi ses nombreuses activités, aux contours toujours précis et ciselés, on le retrouvera notamment déguisé en humain, flanqué de son patron faire-valoir Zeus. Je les vois en train de circuler dans le souk d’une grande ville antique. Sans rien trahir, dites nous donc un peu ce que votre chouchou et le dieu des dieux sont venus faire parmi nous, cette fameuse fois-là ?

Anne Guélikos: Il faut d’abord rappeler que, dans la mythologie grecque, les dieux et déesses participent activement à la vie des hommes. Dans l’Iliade, ils interviennent constamment et si à la fin d’un chant, ils prétendent ne pas vouloir troubler leur existence pour de simples mortels, ils replongent dans l’action dès le chant suivant. Ils sont, malgré eux, fascinés par la race humaine. L’époque mise en scène dans mon roman dépeint les débuts de ce commerce entre dieux et hommes, les prémisses de cette relation mi-douce, mi-amère qu’ils partageront. Donc, cette fameuse fois-là, ce sont des prières, concernant la cruauté d’un homme, qui attirent Hermès et Zeus, sous forme humaine, et les amènent à enquêter à la surface de la terre. Ils sont là afin de décider si les hommes sont réellement des impies et s’ils méritent de goûter à la ferme justice du dieu des dieux.

Ysengrimus (Paul Laurendeau): Ce délié, cette fraîcheur des interactions entre dieux, demi-dieux, champions, héros, nymphes et humains se manifeste avec un remarquable naturel dans votre ouvrage et, nous dites-vous, cela ne fait que reprendre, en toute déférence, la façon labile et fluide que les anciens avaient de parler de leurs interactions avec leurs dieux et héros. Nous reviendrons là-dessus dans une minute. Arrêtons-nous d’abord, si vous le voulez bien, sur, si je puis dire, la gigantesque fourchette de la période mythologique couverte dans votre ouvrage. Cela va donc de la grande condensation cosmologique initiale jusqu’à… précisez-nous donc ça, un petit peu, en faisant ressortir les principales étapes.

Anne Guélikos: Gaia, la Terre, émerge du Chaos sous l’influence d’Éros et d’Antéros. Naissent ensuite la Nuit et les Ténèbres et d’eux une multitude de divinités. Ces enfants sont les fameux Maux, ces êtres que libèrera Pandore, la première femme, et qui causeront un grand tort à la race humaine, plus fragile que les autres immortels. C’est la descendance de Gaia qui se fera maîtresse du monde. On aura tout d’abord, Ouranos, le Ciel. Puis son fils, Cronos, le Temps, le détrônera pour lui-même être supplanté par son fils Zeus. Celui-ci est, à ce jour, le roi incontesté, partageant le dominion avec ses deux frères, Poséidon et Hadès. À l’époque du règne de Cronos, les Maux ou Enfants de la Nuit ont été enfermés dans une jarre pour soustraire la vie sur terre à leurs influences jugées néfastes, donnant l’opportunité à des races plus faibles, comme les êtres humains, de voir le jour. L’existence de ces êtres insignifiants passe relativement inaperçue des dieux, jusqu’à ce que le géant Prométhée décide, par bonté, de les aider à s’élever de leur condition primitive et les place, sans le vouloir, directement dans la mire de Zeus. C’est en cherchant à les exterminer que celui-ci fomentera une astuce pour libérer les Maux de la jarre qui les contient.

Ysengrimus (Paul Laurendeau): Voilà. Attardons nous d’abord à la figure de Prométhée. Bon, c’est un géant, un géant physique. Les êtres humains qui, comme vous nous le signalez, ne sont pas encore mortels, lui arrivent au genoux à peu près (n’hésitez pas à me corriger si je distors les proportions, ici). Tout cela est très concret, très visualisé. Une des nombreuses forces de votre texte est justement cette relation quasi-épidermique que le géant Prométhée va établir avec la multitude humaine, malgré les imperfections de cette dernière, ses pulsions infantiles, ses limitations, son primitivisme. Sans qu’on la joue au façonnement direct d’une terre ou d’une boue, comme dans d’autres mythes, on sent bien que le généreux géant malaxe et triture l’Humanité à bras le corps, en fait, sans crainte de se salir, pour finir de la dégrossir, de l’affiner, de la polir (et sans se soucier de l’ombrage terrible que cela porte aux dieux). Tout ça est beaucoup plus complexe et subtil que la fabrication de statuettes individuelles à la vie insufflées ex post, surtout que, vous nous le faites bien sentir, les humains forment déjà un collectif retors, labile et complexe. Aussi, cette idée de la générosité un peu apitoyée de Prométhée envers les humains, c’est une maldonne en fait. Sa fascination, dans votre présentation, ressemble plus à celle de l’artiste pur (et indifférent aux conséquences sur sa propre vie) passionné pour le matériau formidable qu’il travaille.

Anne Guélikos: C’est exact, le terme fascination est effectivement plus juste. Il faut dire que mettre en scène des mythes signifie faire des choix. Je n’ai pas créé de précédents en imposant les miens. Dans de nombreuses versions de ce mythe, Prométhée se contente effectivement de fabriquer l’humanité à partir de statuettes d’argile. Cependant, le risque qu’il encourt en défiant Zeus au nom des hommes – et il connaît très bien la violence dont est capable Zeus pour l’avoir affronté dans le passé – révèle une pulsion beaucoup plus forte que celle engendrée par une étincelle de création aussi banale que la fabrication d’une poupée de terre cuite. Prométhée fait beaucoup mieux que créer les hommes, il provoque l’éclosion de leur potentiel intrinsèque. Il représente l’évolution pour l’être humain. Il doit nécessairement être impliqué physiquement, participer directement et guider les premiers gestes qui les extirpent de leur condition stagnante de grands singes debout. Et pareillement à l’évolution, Prométhée n’a aucune vision à long terme, il agit par impulsions selon ce qui lui semble idéal à l’instant présent, il enclenche des processus et laisse les talents naturels se dessiner d’eux-mêmes sans plus chercher à diriger son héritage, il hésite, il se trompe, gâche tout par moments et est la cause de beaucoup de souffrances, mais il est également prêt à se sacrifier pour permettre à l’humanité de poursuivre l’œuvre. Il est définitivement un artiste.

Ysengrimus (Paul Laurendeau): Il est absolument vrai que mettre en scène des mythes signifie faire des choix. Vous, vous faites ces choix de façon éclairée, en ce sens qu’on sent vraiment que, crevant le stéréotype rebattu des petites encyclopédies roses et bleues, vous nous ramenez au sens vif, palpitant et, malgré tout, polymorphe desdits mythes. L’impression qu’on en a, notamment avec votre traitement du conflit entre Prométhée et Épiméthée sur ce qu’il faut faire de l’humain, mais aussi avec un tas d’autres développements de cette immense séquence mythologique, c’est que vous nous conviez à un sain rafraîchissement de conceptions, que l’on croyait pourtant connaître, par un pur et simple approfondissement des connaissances de cet héritage crucial de l’imagination des anciens Grecs. Parlons de vos choix, donc, et de leur amplitude. Il faut quand même faire observer que, dans le cas, notable et absolument remarquable, de Pandore, on sent, ou croit sentir, la force d’une intervention plus moderne, plus créatrice, plus autonome, moins doxographe ou traditionnelle. On semble soudain vous surprendre en train de faire un sort (un sort féministe, pourquoi pas?) à ce que vous fustigez si légitimement comme des parodies de défauts qui rendent les personnages féminins de cette mythologie hautement phallocentrique (initialement) si antipathiques. Alors, bon, Pandore, dans La nuit de tous les maux, rafraichissement de nos conceptions par une meilleure connaissance du mythe, ou coup de barre prométhéen (!) de l’artiste femme? On retrouve et redécouvre LA Pandore de la tradition ou on rencontre VOTRE Pandore ?

 Anne Guélikos: Bon, disons d’abord que j’embrasse tout de même certains stéréotypes et ce, avec une grande joie. Je n’hésite pas à faire de Zeus un couillu de première et d’Héra une manipulatrice égocentrique. Les mythes grecs sont complexes et si on veut écrire une fiction compréhensible, il faut parfois mettre de côté sa part de noblesse et faire, ce que certains jugeraient comme un crime odieux, de la mythologie de bandes dessinées. Or, par contre, dans le cas de Pandore, c’est tout le contraire. La caricature avait assez duré. Les explications des misogynes poussiéreux ne m’ont jamais satisfaite quant aux motivations de cette première femme à ouvrir la jarre et à libérer les Maux. Si les anciens n’avaient aucune gêne à la survoler sans s’y attarder, à traiter son implication de manière superficielle, s’ils n’avaient aucun scrupule à la réduire à une simple créature curieuse, ou plus tragiquement cruelle, je ne pouvais personnellement accepter cette conclusion aberrante. Logiquement, Pandore ne peut pas être à la fois dotée d’une multitude de dons, cadeaux des Olympiens, et être une écervelée. Seule une réflexion lucide et éclairée pouvait la mener à poser ce geste.

Ysengrimus (Paul Laurendeau): Indubitablement. Notons, par contre, que la jarre enfermant les Maux ne fait pas partie de votre traitement moderne. Je veux dire qu’elle procède, elle, au contraire, du mythe le plus ancien. On ne comprend pas qui l’a changé en cette boite hors d’ordre qui nous encombre tous. Enfin passons… Je vous assure Anne, qu’il n’y a, d’autre part, absolument aucun crime odieux à écrire de façon vivante et passionnante, comme vous le faites. Et si cela nous rapproche parfois du huitième art, pourquoi pas? Je suis certain que les Grecs, ces amis inconditionnels du plaisir folâtre, approuveraient notre sens contemporain de la petite fresque dessinée (souvent pas si petite que ça au demeurant). Revenons-en justement, si vous le voulez bien, à cette fraicheur des interactions entre les personnages, grands et petits de votre roman mythologique. Je la trouve particulièrement saillante et incisive, cette fraicheur de ton et de traitement, dans les dialogues que vous amenez. Évidemment on se fait une idée toujours bien trop ronflante de l’échange conversationnel entre tous ces êtres immenses de la mythologie grecque. Les versions françaises, toutes passablement parcheminées, des traductions d’Homère y sont évidemment pour quelque chose, entre autres… Naturellement, et on y pense constamment en vous lisant, ces personnages étaient aussi animés au théâtre, à la tragédie et même, on l’oublie trop souvent, à la comédie, et là ce devait être particulièrement vocatif, vociféré, agité, percutant et vivant de les sentir interagir. Mais même là, même en tenant compte du fait que ces êtres de rêves bougeaient et vivaient littéralement pour les Grecs, dans leurs arts, sur leurs agoras et dans leurs vies, il demeure que la conversation entre tous les protagonistes de ce monde mythologique est si naturelle, dans votre texte, que je ne peux me distancier de l’idée qu’en fait, c’est parce qu’ils vivent aussi intensément en vous. Qu’en est-il ?

Anne Guélikos: Je n’ai pas la prétention de faire mieux ou même différent de ce qui a été fait dans le passé, mais vous ne vous trompez pas, ils sont effectivement bien vivants en moi. Depuis l’enfance, je possède un compartiment cérébral consacré uniquement à la mythologie grecque, un univers parallèle à ma vie rangée et tranquille. Si je n’ai pas l’expertise d’une universitaire, j’ai l’expérience endurcie d’une histoire d’amour qui dure depuis plus de vingt-cinq ans. Je les vois, je les entends, je les comprends et je les aime infiniment, avec toutes leurs brillantes qualités et leurs travers, leurs facettes tragique et comique. Cette dualité est d’ailleurs la composante essentielle de mon intérêt envers ces dieux et déesses, qui sont au final très humains, le tout avec l’excès savoureux que leur quasi-omnipotence leur confère. Je préfère nettement cet héritage des Grecs à celui du bien et du mal des judéo-chrétiens. Ces héros aussi imparfaits qu’éloignés de l’idée même du repentir, il est si facile de leur insuffler la vie. Ils la saisissent d’eux-mêmes.

Ysengrimus (Paul Laurendeau): Alors là, je suis de tout cœur avec vous sur la supériorité de cette théogonie anthropomorphe de nos increvables Grecs. Comme on dit par chez nous : partez-moé pas sur les judéo-chrétiens… Et justement, je m‘en voudrais, avant de conclure, de ne pas dire un mot de votre approche, sainement non-universitaire justement, des sources de toute cette littérature mythologique hellénique. Vous les dominez allègrement, sans la moindre lourdeur savante et, par-dessus tout, sans complexe. Quand je suis entré, en compagnie de la poignée de protagonistes que vous y conviez, dans l’Hadès, je me suis dit: d’où nous viens cet espace extraordinaire, gigantesque, coloré, incroyable? Prenons simplement cet exemple: le tableau de l’Hadès, ou royaume des morts ou rappelez-moi comment il faut le nommer (pas enfer en tout cas, ou alors le sens de ce mot galvaudé est complètement retravaillé). Vous prenez celui d’un auteur spécifique? Vous fusionnez le tableau fait par plusieurs auteurs? Vous recomposez? Comment ça se joue en vous, la reconstruction du décor de ce vaste héritage?

Anne Guélikos: Les Enfers, gérés par l’intraitable Hadès, englobent l’intégralité des lieux souterrains. Le terme anglais est plus représentatif de cette caractéristique: the underworld. C’est également le séjour des morts. Pas question de l’enfer versus le paradis ici. Les deux concepts sont fusionnés et tous les morts descendent sous terre lorsque leur temps à la surface est expiré. Comme pour tous les aspects des mythes que je traite, je prends et conserve ce qui me semble cadrer le mieux. Je picore, sans complexe ou gêne, des éléments chez plusieurs auteurs, d’Homère à Virgile, et lorsque la cohérence, ou plus simplement mon goût personnel, l’exige, je n’hésite jamais à déconstruire et à rebâtir à la Guélikos. Je ne sais pas si c’est sain, mais c’est moi.

Ysengrimus (Paul Laurendeau): C’est vous et c’est super. C’est une lecture absolument passionnante que ce premier roman mythologique que nous vous devons, Anne Guélikos. C’est un bel avoir civilisationnel et culturel que vous réactivez pour nous, avec brio, joie, clarté et surtout, vous l’avez dit et bien dit, avec amour… On nous laisse entendre à ÉLP que, aussi par amour, c’est la grande déesse Déméter qui donne la charge dans votre second ouvrage, L’Enlèvement de Perséphone. Déméter est furax, semble-t-il, parce que des serviteurs de l’ombre bien mal avenants lui ont enlevé sa fille Perséphone. Je n’en dis pas plus… il faut juste lire… Surtout que moi, justement, pour boucler la boucle du point de départ ludique de cet échange, c’est justement Déméter qui est ma déesse favorite… et sa courageuse fille Perséphone ne vient pas loin derrière. Grand merci, Anne Guélikos.

Anne Guélikos: Je suis bien contente que cet ouvrage vous ait plu. J’ai écrit un roman que j’avais envie de lire et si d’autres y trouvent également leur compte, c’est encore mieux. Merci, Paul Laurendeau, pour cet échange très agréable.

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Anne Guélikos (2012), La nuit de tous les maux, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.

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15 Réponses to “Entretien avec l’auteure Anne Guélikos sur son roman mythologique LA NUIT DE TOUS LES MAUX”

  1. Caravelle said

    Cet échange est passionnant et son sujet me subjugue…

    Carava

  2. Sissi Cigale said

    « La caricature avait assez duré. Les explications des misogynes poussiéreux ne m’ont jamais satisfaite quant aux motivations de cette première femme à ouvrir la jarre et à libérer les Maux. »

    Tout à fait d’accord. Eve et Pandore qui foutent la merde en chipotant avec des serpents ou des mauvais génies dans des bouteilles, ca ira! Il est plus que temps de se faire raconter tout ça autrement. Et le lire à nos petites filles autrement aussi…

    [Je seconde – Ysengrimus]

  3. Le boulé du village said

    Moé mon dieu préféré, c’est Hercule.

    [Raté, le Boulé. Hercule est un demi-dieu. Essaie encore. – Ysengrimus]

    • Anne Guélikos said

      Tu sais Ysen, après sa mort, Héraclès, le Cœur-de-Lion, a finalement obtenu l’immortalité et a même épousé Hébé la déesse de la Jeunesse, la fille d’Héra. Il est un demi-dieu, pendant sa vie, mais depuis sa mort, il est un dieu entier, si on veut (officiellement depuis le 6e siècle av. JC.) On lui a longtemps voué un culte bien réel dans de nombreuses régions et donc, Héraclès est un choix valide.

      [Je m’incline sans amertume. tu vois bien, mon petit Boulé, que les savants et les savantes sont pas toujours contre toi! – Ysengrimus]

  4. Le boulé du village said

    Bon, ben Neptune d’abord. Avec la barbe blanche pis la fourche y fait puissance maritime.

    [C’est un trident et il faut dire Poséidon. Sinon, là, c’est bon. – Ysengrimus]

  5. Sissi Cigale said

    Moi, MINERVE (Athena)

    • Ysengrimus said

      Vous me faites penser à ce très beau poème de Corinne LeVayer:

      LE CASQUE DE MINERVE

      J’ai toujours rêvé d’avoir un grand casque, comme Minerve.
      Cette pulsion onirique s’accentue quand la cocaïne innerve
      Les extrémités névrosées de mes terminaisons nerveuses.
      J’ai toujours trouvé qui Minerve était une fameuse
      Gueuse.

      J’admire sa grande robe blanche et ses cheveux de nuit.
      Et surtout ce casque oblong, oh, ardeur de ma vie.
      Je me demande tout le temps s’il est en bronze ou en or.
      En tout cas ma déesse, elle a le cou super fort.

      Si je rencontrais Minerve, on te ferait de ces frasques.
      Je lui enlèverais tout. Je lui laisserais que le casque.
      Je lui ferais renifler une petite ligne, en amie.
      Histoire
      De voir
      Si ça fait
      Le même effet
      Que l’ambroisie.

      Une autre chose de Minerve à laquelle souvent je pense
      C’est que, dans son bras musculeux, elle emporte une lance.
      Je sais pas si ça prendrait de longues négociations.
      Pour la convaincre de me l’enfoncer bien profond
      Dans le con.

      Parfois, je vois Minerve, en déesse noire, comme ma copine Élouade.
      Alors là, c’est la folie. Je me sens tellement tribade.
      Pour frotter sa vulve à la mienne, je laisserais pas ma place.
      Et en guise de paiement, bien, j’exigerais le casque.

      Pour dire
      Ce qu’il faut dire,
      Je suis en manque de Minerve
      Et ça m’énerve.
      Surtout que la coke ne compense pas
      Cet insatiable
      Inextricable
      Manque là.
      Voilà.

      (dans Gouines coquines de ce monde, 2012)

      • Sissi Cigale said

        En plein ça, en plein ça. Tu est bien perceptif, Ysen.

      • Caravelle said

        Ah, il a du nez notre Ysen. Et qu’est ce qu’ils nous sert des entretiens intéressants…

  6. Catoito said

    Prométhée qui aime les humains et défie les dieux, c’est une superbe et puissante image. Le fait qu’il le fasse en artiste plutôt qu’en guerrier montant l’Olympe ou en petit voleur volant le feu. m’intrigue beaucoup. Ça change complètement la perspective.

    [Tout à fait – Ysengrimus]

  7. Susanna said

    L’ouvrage de Madame Guélikos m’intrigue énormément. Mon propre intérêt pour la mythologie grecque a été suscité, croyez-le ou non, par l’opéra-bouffe délicieusement irrévérencieux et iconoclaste (pour son temps) d’Offenbach, Orphée aux Enfers (1858). À l’époque, son traitement satirique de la mythologie (et du régime de Napoléon III) a provoqué pas mal de controverse et de réprobation.

    Pour ce qui est de mon dieu/ma déesee préféré/e, j’avoue un attrait distinct à Hécate. J’aime sa nature ambivalente, polymorphe (souvent CYNOmorphe, ce qui me plait vraiment beaucoup) et élusive. Et, comme moi, elle fut enfant unique.

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