Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Le nouveau totalitarisme du contrôle des appellations

Posted by Ysengrimus sur 1 juillet 2013

Notre sidérante affaire débute il y a quelques années, quand l’actrice et chanteuse Lindsay Lohan intente une poursuite de cent millions de dollars américains contre une agence de publicité, pour l’utilisation du prénom LINDSAY dans un commercial du Super Bowl portant sur une petite bébé turbulente ayant tendance, disons, à abuser du biberon… Insistons fermement d’abord –en ouverture– sur un point. Ici, ce n’est pas mademoiselle Lohan qui déraille. C’est, plus nettement, la notion de propriété privée qui s’emballe et qui devient follement totalitaire… Il faut prudemment voir à ne pas se laisser influencer par un titre ou un sous-titre de canard racoleur et populiste. L’affirmation “The world revolves around Lindsay. [Le monde gravite autour de Lindsay]” est un commentaire d’ouverture poudre aux yeux, dans le genre de cette image bien connue du président Obama, ce bourgeois raffiné et un rien hautain, s’amenant en bras de chemise dans ses meeting populaires pour faire peuple lui-même. En ouvrant ici l’exposé de la nouvelle dans cet angle du ci-devant narcissisme de mademoiselle Lohan, un certain journalisme vous oriente sciemment la pensée. On dévie ouvertement de l’enjeu critique en cause et on manipule le propos au départ, dans la direction du petit potin sans portée. Le commentaire d’ouverture correct serait: Le prénom de Lindsay Lohan fait-il partie de la propriété intellectuelle (privée) de sa marque de commerce? La réponse reste non, mais le topo n’est plus détourné dans le style ad hominem et creux des feuilles de chou mondaines. Qui donc veut confondre ici l’entreprise qui poursuit avec l’ego de la petite vedette en cause dans la poursuite? Personne de vraiment sérieux. Pendant qu’on tape sur les doigts de mademoiselle Lohan tous en choeur, le totalitarisme privé lui, reste, en douce, bien niché dans les implicites non questionnés. Cela vient vieux à terme, ce genre de journalisme de surface. Ceci était MON ouverture sur cette question.

Traitons ladite question dans sa dimension radicalement ethnoculturelle (plutôt que superficiellement potino-anecdotique). Le problème est assez ancien. Il rejoint (sans s’y confondre) la question, toujours sensible, de l’antonomase sur marques de commerce (kodak, kleenex, et, en anglais, les verbes to hoover, to xerox, pour n’égrener que de maigres exemples qui, vieillots, ont la qualité, fort prisée vue l’ambiance, d’être sans risque). Alors, bon, les prénoms MICKEY, ELVIS et MADONNA sont-ils associés à des objets culturels spécifiques? Personnellement, je pense que oui. Par contre, cette poursuite-ci de cent millions (cela ne s’improvise pas par narcissisme individuel, une poursuite de cette amplitude) tente tout simplement le coup d’ériger LINDSAY en objet culturel similaire… À tort, je pense… mais il ne serait pas si facile de formuler un net critère démarcatif. Le problème, déjà fort emmerdant, se complique ici, en plus, d’une facette diffamatoire. On découvre, dans l’article que j’ai mis en lien, un résumé de l’argument de la poursuite. Il se lit comme suit: “They used the name Lindsay,” Ovadia said. “They’re using her name as a parody of her life. Why didn’t they use the name Susan? This is a subliminal message. Everybody’s talking about it and saying it’s Lindsay Lohan [Ils utilisent le prénom Lindsay pour parodier sa vie, a déclaré Ovadia. Pourquoi n’ont-ils pas pris le prénom Susan? C’est un message subliminal. Tout le monde en parle en disant qu’il s’agit de fait de Lindsay Lohan].” Bon, la légende urbaine du subliminal, on a compris ce que ça vaut, depuis un moment, allez. Mais ce qui m’ennuie le plus ici c’est le “Everybody’s talking about it [Tout le monde en parle]”. J’aimerais bien qu’on me cite les sources datées qui établissaient cette corrélation AVANT le buzz de cette poursuite même, qui lui, justement, désormais, impose cette susdite corrélation. En d’autre termes, bien… moquez vous de Lindsay Lohan ici et ailleurs, en rapport avec cette affaire, et vous alimentez simplement l’argumentation malhonnêtement victimisante sur laquelle se fonde justement la toute rapace poursuite en diffamation. Bonjour, le piège à con…

Cette affaire, cette flatulente énormité juridique, n’est aucunement anecdotique. Elle est bien plus qu’un fait divers. Elle a une portée qui va beaucoup plus loin que la simple trajectoire artistique ou mondaine de Lindsay Lohan. Mon tout petit rédacteur de journaux à potin qui ne veut pas voir plus loin, laisse moi maintenant t’expliquer. Tu ramènes le tout de la chose à du fricfrac interpersonnel, prouvant ici que tu n’y vois goutte. Il y a une notion que tu ne comprends pas: celle de jurisprudence. Je vais d’abord t’inviter à corréler ce débat sur la propriété commerciale du (fort répandu) prénom LINDSAY à cette poursuite-ci, agression ouverte procédant d’une dynamique similaire (sans narcissisme personnel de petite vedette à pointer du doigt, cette fois). Une entreprise privée, le Marché Saint-Pierre, poursuit une autre entreprise privé, l’éditeur d’un polar, sur la base diffamatoire: ne parle pas de moi, tu me dénigres. Une entreprise privée, l’estate de Lindsay Lohan, poursuit une autre entreprise privée, le publicitaire E-trade, sur la base diffamatoire: ne parle pas de moi, tu me dénigres. Comme le diraient ces bons ricains que, cher rédacteur de journaux à potins, tu adores et que tu prétends si bien comprendre: is there a pattern here? Dans les deux cas, une réalité publique du tout venant (un prénom, un lieu) est l’objet du délit au sein d’une poursuite en appropriation… La manœuvre juridique est identique (le reste, c’est, au pire, de l’anecdote, au mieux, de la nuance). La jurisprudence, elle aussi, est identique. Si le forban qui poursuit plante le forban qui se défend, moi, dans mon petit coin, je me prends de toute façon les tessons dans la gueule PARCE QUE LE RÉSULTAT FAIT JURISPRUDENCE. Notons au passage qu’on est finalement bien loin du narcissisme, plus proche du totalitarisme. Je pourrais, demain, ne plus avoir le droit de dire ni MARCHÉ SAINT-PIERRE (ni, la peur jurisprudente jouant: LOUVRE, TOUR EIFFEL, TOUR CN, PLACE VILLE-MARIE, CANAL RIDEAU, CANADA) ni LINDSAY (ni, la peur jurisprudente jouant: MICKEY, ELVIS, MADONNA, BRANGELINA, BARACK, YSENGRIM ou le chiffre SEPT – des 7 du Québec). Que l’objet du délit soit vague (y a pas que mademoiselle Lohan qui se prénomme Lindsay) ou clairement cerné (c’est bien du Marché Saint-Pierre qu’il s’agit dans ce polar), la constante qui se stabilise est hautement inquiétante. On peut vous accuser impunément (surtout si on a les moyens de se payer un service juridique somptuaire) de DÉNIGRER du seul fait d’AVOIR NOMMÉ. Paniquant…

Alors maintenant, avançons encore d’un cran dans l’abus de droit du «droit». Au lieu d’une entreprise attaquant une entreprise, on a une entreprise attaquant un individu ordinaire, un simple pingouin de base sans défense. C’est le cas, tout récent tout chaud, de cette pauvre institutrice française, madame FIGARO, qui vient de se prendre sur le coin de la tête, pour son petit blogue personnel sans revenu s’adressant à ses élèves, une mise en demeure… du Figaro. Oh, oh, mais vous me direz pas, après ça, que les entreprises privées contemporaines ne sont pas littéralement atteintes d’un syndrome totalitaire. Oh, mais faites excuses, voici que je m’expose moi-même à une poursuite du Collège de Médecine pour dénigrement de la notion de syndrome… Enfin, bon, je préserve mes quelques chances de non-lieu, puisque les restaurateurs d’Italie ne sont pas (encore) parvenus à imposer une appellation contrôlée sur la notion de pizza (comme il y en a une sur les notions de bordeaux, de bourgogne, de champagne, qui ne se barouettent pas comme ça). Je m’efforce ici de vous faire un peu rire avec ceci mais, batince, je la trouve pas drôle du tout, en fait, pour dire le fond de ma pensée. Privé, privé, privé! Le privé s’empare d’objets physiques ou mentaux du tout venant et dit: “c’est à moi, taisez-vous, n’en parlez plus. Silence. Baillon.”. C’est atterrant.

Et, en plus, c’est outrageusement enrichissant. Car, en conclusion de ce petit billet fort marri (en attendant les prochains abus juridiques impudents de l’hydre entrepreneuriale sur ce front), il faut signaler que mademoiselle Lohan et son estate ont fini par abandonner leur poursuite peu après l’avoir intentée mais ce, non sans avoir tiré des revenus non précisés de l’entente hors cours s’étant conclue sans trompette (the actress made some money out of the deal – noter, encore ici, le traitement incroyablement potineux et creux, sciemment minimiseur, en fait). Bilan: dans le cloaque néo-libéral du laxisme légal contemporain, il y a toujours moyen, pour une entreprise puissante, de poursuivre, de gagner, de bâillonner, d’extorquer. Le principe fondamental est singulièrement répugnant. C’est la dictature du silence culturel imposée par les accapareurs possédants. C’est puant et cela s’étend. Je demande: qui donc mettra la bride à ce nouveau totalitarisme du contrôle des appellations? Et je signe:

PAUL (Newman’s Own me guette ici)
LAURENDEAU (ici c’est le journal Le Devoir)

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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24 Réponses to “Le nouveau totalitarisme du contrôle des appellations”

  1. PanoPanoramique said

    Ouais, c’est pas un peu un évènement anecdotique ça?

    [Le problème, mon Pano, c’est que c’est un « évènement anecdotique » qui semble de plus en plus se répandre… Dans un des ouvrages que j’édite chez ÉLP, j’ai changé le Guide du R***ard pour le Guide du Bourlingueur et, tu sais quoi, j’ai eu raison. Si mon auteur vend 50 ouvrages, on s’en tape. Mais si il en vend 500,000 ben là, les rapaces se rameutent et il arrive quelque chose comme ceci:

    SCARLETT JOHANSSON POURSUIT LES ÉDITIONS LATTÈS

    Vous avez bien lu. L’actrice à grosse machine juridique poursuit l’éditeur parce que le personnage du roman est son sosie. Continuons de nous méfier. Le gars va se faire détourner et vider son succès de librairie pour ce qui reste, en soi, une connerie mineure… – Ysengrimus]

  2. Caravelle said

    Dans mon enfance roumaine, on nous bassinait avec la liberté d’expression dans le monde occidental. Cela me semble de moins en moins évident en vous lisant…

    Carava

    [Les puissants font taire les faibles et gardent la main mise sur les produits culturels qu’ils les ont initialement forcés à bouffer. On gave ton enfance de Macdo et ensuite c’est: motus sur Macdo. Va camper ton roman ailleurs. Libéral-kafkaïen, tout plein… – Ysengrimus]

  3. Catoito said

    Vous censurez donc vos auteurs sur cette question?

    [Absolument, ouvertement, et sans vergogne. This could break us man! Mais on fait mieux que ça. On valorise l’initiative imaginative sur la question. On mousse nos auteurs qui ont la prudence élémentaire de faire jouer, en douce ou en grande, cette autocensure de notre temps, de façon créatrice. À nos petits auteurs popstar qui se lamentent comme des écorchés vifs parce qu’on leur refuse de dénommer tapageusement des monuments cruciaux et incontournables du capi fétide et juridiquement nuisible genre McDonald’s ou DisneyWorld, je me charge sans complexe de citer ce moment de superbe d’un de nos brillants auteurs hexagonaux, au sujet d’un jeune soulographe sans envergure aucune. Et je cite: « Comme à son habitude il s’est saoulé à la piquette à vinaigre d’une appellation commerciale quelconque du sud de la France ». La formulation est piquante, jouissive. On reconnait qui on doit reconnaitre (si on le peut) sans se salir en les nommant nommément. Talentueux et imparable. C’est de toute façon tellement plus grand quand on se les colle pas entre les omoplates, ces fichues appellations commerciales de merde. – Ysengrimus]

  4. Sophie Sulphure said

    Tu dis deux choses distinctes ici, Ysengrim. Tu dénonces l’emprise « culturelle » du privé sur les noms de produits et tu accuses les journaux à potins de dissimuler ça en égocentrisme de vedette. Les deux causes dénoncées sont reliées, tu dirais?

    [Eh comment! Sont toutes bibochés ensemble, cibole. Comment, pour un petit canard de merde, privé lui aussi hein, stigmatiser la hurlante grossièreté du geste de ces poursuites absurdes mais ce, sans déboucher sur la nécessaire dénonciation sociale qu’ils veulent pas faire et qu’ils abhorrent? Ben, en caricaturant, en déformant, en dissimulant les firmes juridiques à l’action et en mettant tout ça sur le dos de la petite vedette enflée. Il n’y a absolument aucun égocentrisme de vedette ici. De la rapacité, uniquement. C’est un take over de la culture de masse par des accapareurs occultes, point/barre. Et, pour le moment, part du feu oblige, il faut céder à leur violence juridique ouverte et se faire soi-même violence en s’autocensurant. Mais ça va pas pouvoir continuer comme ça sans fin. Ça déraille complètement dans l’abus. Un jour, il va falloir que le législateur mette un point d’arrêt à ce pillage de plus en plus tentaculaire de la culture collective en définissant fermement ce qui procède du domaine public. Parce que là, c’est le fascisme du fric, hostique. Sont rendus qu’ils mettent des copyright sur des segments du code génétique, hostique…. – Ysengrimus]

  5. Le boulé du village said

    J’en tombe su l’cul…

    [Pour ma part, j’en ai le fessier écarlate d’être tombé et retombé… – Ysengrimus]

  6. Tourelou said

    Et qui donc détient la vérité pure? Je doute que votre question ne trouve réponse, pourtant les vins ont biens des appellations contrôlées? Alors faudrait juridiquement une AOC sur tous les biens et humains de la terre maintenant… Faut faire gaffe. Ah ces bourgeois!

  7. Chloé said

    Ça me rappelle le cas du blogueur Leo Babauta, menacé de poursuite en justice pour l’utilisation, dans un des ses billets de carnet, d’une « marque de commerce » popularisée par l’auteure Susan Jeffers en 2009, quand il a osé reprendre l’expression ‘feel the fear and do it anyway’ (« sentir la peur et le faire de toute façon ») – phrase fétiche, ou catch phrase, pourtant très répandue dans le domaine de l’épanouissement personnel plusieurs années AVANT la sortie de l’ouvrage de Jeffers.

    THE PRIVATIZATION OF THE ENGLISH LANGUAGE

    [Excellent exemple, Chloé: on peut même plus parler, bondance, sans plier devant les pillards. Demain, quoi, l’adverbe ICI va devenir la propriété exclusive de Radio-Canada? – Ysengrimus]

    • Bombshell in a nutshell said

      Now we have this phenomenon of celebrities trying to trademark certain catchphrases that pre-existed them but have somehow become associated with them: Paris Hilton with the exclamation « that’s hot! », that pro wrestling announcer dude with « Get ready to rumble », Kris Jenner (mother of Kim Kardashian) with « momager », and plenty of other examples.

      As this Babauta said, it is nothing less than the privatisation of the English language.

      [Indeed, Bomb… Language, the final juridic frontier… to hijack it like that is simply to boldly go where no crook has gone before… (Now, will I get sued for this?)… – Ysengrimus]

  8. Ysengrimus said

    On peut ajouter le cas d’espèce de l’idée sens-commun certainement apparue en parallèle… mais dont le plus juridiquement fier-a-bras dit: « Touche pas, c’est a moi ». Bout de ciarge, ça n’en finit plus… ça tombe de partout…

  9. Le Boulé du village said

    Je trouvais ton mot de TOTALITARISME un peu fort en ketchup. Sauf qu’y s’applique à planche quand on lâche l’entertainement pour l’industrie lourde. Une famille ici a tout simplement pu le droit de critiquer une branche d’industrie. Baillon.

    UNE FAMILLE RÉDUITE AU SILENCE PAR L’INDUSTRIE DU GAZ DE SCHISTE

    [Ouf… Ça pousse de plus en plus, la dictature privée. Pour $750,000? C’est des cacahouètes ça pour te faire fermer ta boite à toi, ton épouse et toute ta couvée. Ça devient vraiment le fascisme du fric. – Ysengrimus]

  10. Serge Morin said

    Le mot de totalitarisme est vraiment pas trop fort:

    LE MOULIN ROUGE A MENACÉ DE POURSUITES UN SALON DE COIFFURE GASPÉSIEN

    Et le mot de ces deux coiffeuses gaspésiennes est bon aussi: David contre Goliath.

  11. Sissi Cigale said

    Une autre situation de limitation juridique des transpositions de la fiction.

    DSK POURSUIT LES AUTEURS DU FILM INSPIRÉ DE SON SCANDALE

  12. Tibert le chat said

    Le signe mathématique PI suivi d’un point est maintenant sous copyright…

    TO COPYRIGHT PI

  13. Odalisque said

    Quand tu contrôles le fric, tu contrôles les juristes, quand tu contrôles les juristes, tu contrôles la parole et la culture.

    C’est la fascisme du pognon.

  14. Ysengrimus said

    De très intéressantes informations subsidiaires fournies par Allan Erwan Berger:

    Dans l’affaire Groupe Village d’Orsel vs. Éditions Parigramme, le plaignant, propriétaire de la marque Marché Saint-Pierre, a intenté un procès contre la romancière Lalie Walker et son éditeur pour « diffamation, injure et préjudice à l’image ». Le groupe a demandé le retrait du livre et 2 millions d’euros de dommages et intérêts.

    Lalie Walker: « Beaucoup d’écrivains sont venus assister à l’audience, et ce n’est pas sans raison. On a tous été extrêmement préoccupés du fait qu’on puisse être cité à comparaître en correctionnelle pour avoir pris un décor. C’est quand même un des fondamentaux de notre travail. » Certes mais voilà, en ce début de millénaire ça va jusque là.

    Le procès a duré de longs mois, et a coûté une blinde à Parigramme, qui a heureusement gagné. Le Village d’Orsel a en effet été finalement débouté, condamné à payer 3000 euros d’amende, et a dû rembourser les frais du défenseur, qui s’élevaient à 24.000 euros, dont 18.000, dit-on, avaient été déjà réglés par la victime à ses avocats.

    La ville de Nice, mécontente qu’on la prenne pour décor dans une histoire de corruption et de magouilles électorale, vient de gagner son procès contre une maison de production TV dont il est, en plus, interdit de dire le nom sous peine de procès.

    La ville de Marseille, qui n’aime pas qu’on l’associe à des histoires de règlement de comptes, a très sérieusement, dans un de ses derniers conseils municipaux, émis le vœu qu’on étudie de près les recours disponibles pour protéger l’image de la marque Marseille contre les abus fictionnels qui l’égratignent.

    Les Restos du coeur, par l’intermédiaire de sa présidente Véronique Colucci, veuve de Coluche, sont très sourcilleux quant à l’utilisation qui est faite de la marque et de ses symboles. Autre chose: dernièrement, les Restos se sont vus eux-mêmes signifier d’avoir à ne plus utiliser la célèbre photo de Coluche signée du photographe Gaston Bergeret; un règlement à l’amiable a depuis été trouvé, et la photo est maintenant réutilisée, mais il faut savoir qu’un règlement à l’amiable n’est jamais gratuit, car c’est une transaction entre avocats, lesquels ne sont jamais bénévoles.

    Attention aux avocats, et aussi aux ayant-droits, et même aux ayant-droits des ayant-droits. L’affaire Gallimard vs François Bon le montre: Gallimard seul a le droit d’exploiter une traduction française du Vieil homme et la mer. Et ce droit concédé par l’éditeur américain d’Hemingway est aussi un devoir d’exclusivité: si l’éditeur français avait laissé circuler la version mise en ligne par François Bon, non seulement les héritiers du traducteur français d’Hemingway lui auraient sauté dessus, mais aussi l’éditeur américain, et encore les ayants-droits de l’écrivain, lesquels l’ont très clairement signifié à cette occasion.

  15. Casimir Fluet said

    Le drame se poursuit, de plus en plus totalitaire: le mot VISA n’est plus un nom commun!

  16. Piloup said

    Par contre SHERLOCK HOLMES est libre!

    Je sais pas pourquoi mais ça me soulage.

  17. Caracalla said

    Mais. par contre, le mot BOOK est maintenant dans la cage aux accapareurs.

  18. Perclu said

    Liberté pour les hymnes ringards d’anniversaires!

    CHANTER Happy Birthday EST DÉSORMAIS OFFICIELLEMENT GRATUIT

  19. Batelier said

    Par contre dans l’autre sens (les gros qui volent les créations des petits), c’est l’impunité. Des artistes indépendants affirment que des grandes marques copient leurs œuvres

  20. Ysengrimus said

    Plus fort que tout. Une corrélation entre tyrannie du copyright et lutte des classes. Vraiment, un summum:

    Le taureau de Wall Street charge la «petite fille intrépide»

    Une situation incroyablement originale et… une vraie de vraie lutte à finir.

  21. Pierre Lapierre said

    Le tyrannie se poursuit. Le réel ne peut plus s’inspirer du poétique: HOTEL CALIFORNIA

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