Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Louis XIV, le Minitel et le mariage pour tous

Posted by Ysengrimus sur 15 février 2013

Qu’ont en commun Louis XIV, le Minitel et le Pacte civil de solidarité (PACS)? Qu’ont en commun la Révolution Française, l’Internet et le mariage pour tous? Quelque chose de certainement français, me direz-vous. Et ce sera certainement bien dit. Mais mirons la chose par le petit bout de la lorgnette et méditons.

Dès la fin du Moyen-âge, début de la Renaissance, l’unification monarchique française est une des plus solidement assises d’Europe. Quand d’autres segments du monde occidental ne sont encore que principautés disparates, comtés mal conglomérés et duchés querelleurs, la France vit déjà sous un dispositif monarchique préfigurant l’état moderne. Les choses se poursuivent au XVIe et XVIIe siècles. Bien oui, on n’aligne pas Henri IV, Louis XIII et Louis XIV l’un à la suite de l’autre sans faire face à de solides et durables conséquences historico-sociales. La monarchie absolue (1660-1715) marquera le pinacle de la gloire française et surtout de son avance sur le reste du monde. Puis, apparaîtra le défaut de la qualité. Cet avantage se convertira en désavantage, cette solidité virera à la rigidité. Tandis qu’ailleurs la phase monarchiste reste cernée par la diversité industrieuse des cités-états (Italie), ou se parlementarise et s’embourgeoise de bonne heure (Angleterre), ou retarde ouvertement de plusieurs siècles en se sublimant en réforme religieuse (Allemagne), graduellement la monarchie française freine, chez elle, le mouvement des choses (elle a, un temps, la puissance totalitaire suffisante pour le faire). Elle ne bouge plus, pendant que les autres avancent chacun à leur manière, et de facteur de progrès elle passe en frein du progrès. Ancien gonflé devenu gonflant, le roy de France et toute la classe aristocratique qu’il avait si bien (et si rapidement) unifiée, solidement cimentée sous sa houlette autoritaire, finissent par former la croûte rigide et réactionnaire d’un état imparfait (trop féodalisant, notamment), un dépôt nuisible au reste de la société civile, un comédon historique. Il faudra la déflagration de la Révolution française pour faire voler en éclats ce plâtras devenu trop épais et trop lourd. Un progrès social trop hâtif s’était graduellement transformé en nuisance sociologique. Notons, et ce n’est pas anodin, que la dérive autoritaire de l’Ancien Régime reste, perdure, traînasse, sous forme de séquelles historiques, autoritaires aussi (robespierrisme, bonapartisme), dont la France sera longue à se défaire, si tant est qu’elle s’en défit jamais. Le jacobinisme français fut monochrome (blanc monarque) longtemps avant que d’être tricolore… Enfin bref, l’idée ici est que d’avoir été en avance trop tôt vous nuit éventuellement quand les autres en viennent à vous rattraper. La Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 est inévitablement moins moderne que la Charte Canadienne des Droits et Libertés de 1982… Prenons acte de ce paradoxal avantage moderniste du retardataire et passons, si vous le voulez bien, du Roy Soleil au Minitel.

Le Minitel est mis en place dans le grand public, en France, dès 1982. C’est un dispositif qui préfigure l’Internet d’une bonne grosse décennie. Il faut bien faire attention de ne pas réécrire l’histoire inadéquatement en ce qui le concerne. Du temps du Minitel, le public n’avait absolument pas la moindre notion de ce que serait l’Internet. On était totalement dans un monde sans web. En 1983, j’étais à Paris pour mon doctorat. Un copain m’avait montré son Minitel. C’était une sorte de petit terminal à l’ancienne, à écran verdâtre, qu’il avait dans sa maison (mais qui appartenait à la compagnie de téléphone). Il y consultait l’annuaire et d’autres réseaux de documentation fixe. Il achetait certains objets et payait avec sa carte de crédit, via Minitel. Il communiquait même avec d’autres abonnés (préconfiguration parfaitement inconsciente du courrier électronique – l’ordinateur personnel venait tout juste de prendre son envol. En 1984, à Paris toujours, j’allais manier mon premier mini Mac coffiot blanc à la Forrest Gump avec souris, icônes et, surtout, disquettes autonomes, sans connections terminales). Les types s’amusaient même à créer des faux comptes Minitel et à s’écrire des cornichonneries salaces sous des pseudos ambivalents. Signe des temps… Everything was there in a nutshell, en un dispositif qui, quand on y repense avec le recul, cumulait des traits archaïques issus des terminaux à l’ancienne et des traits inconsciemment avant-gardistes préconfigurant le net contemporain. Une fois de plus la France était en avance et une fois de plus elle allait payer pour avoir vu plus loin, plus vite, avec un lorgnon plus vieillot, donc, fatalement, moins performant. Solidement armaturé, le réseau du Minitel retarda significativement l’implantation de l’Internet, en France. Il y eut un flottement bivalent, une hésitation pendulaire. Cela instaura un retard qui, lui, n’est pas nécessairement complètement résorbé au jour d’aujourd’hui. La diapo que je joins ici (infra) montre le i-minitel, un service instauré en 2000 perpétuant la configuration et le modus operandi interactif du Minitel, mais via Internet. Il y a là une trace archaïque. Bon, il est un peu injuste de parler de séquelle ou de comédon ici, mais il est important d’observer que l’effet Roy Soleil se perpétue bel et bien. On paie du prix d’un retard et d’un encombrement (écologique notamment – il semble que les vieux terminaux du Minitel soient devenus des inadvertances environnementales) le fait d’avoir été progressiste avant les autres…

Le I-MINITEL (mis en place circa 2000)

Je sens désormais que vous voyez où je veux en venir. En 1999, à une époque ou l’idée que les gais et lesbienne se marient apparaissait encore largement comme une aporie frontale aux yeux myopes des masses, la France, qui, une fois de plus, voit plus vite et plus loin, instaure le Pacte civil de solidarité (PACS). Le PACS corrige le refus rétrograde des tribunaux français de reconnaître l’union de fait d’un couple homosexuel comme un concubinage (au sens juridique du terme) et vise à satisfaire la revendication déjà naissante du mariage pour tous. Mais le PACS produira des effets inattendus. Un nombre significatif d’hétérosexuels voulant éviter de se marier s’en prévaudront mais surtout, fait capital, extrêmement profond et riche en enseignement, les homosexuels (déjà pleinement conscients que le PACS incorpore et cristallise de jure une discrimination de fait) n’en cesseront pas pour autant de revendiquer le droit au mariage. Généreux, progressiste, articulé et astucieux, le PACS est tout doucement en train de devenir un emmerdement de taille. Il est savoureusement paradoxal d’observer que c’est la vieille institution patriarcale, phallolâtre, parcheminée et archaïsante (le mariage) qui fait aujourd’hui figure de progrès revendiqué et que c’est le pacte de solidarité moderne, novateur, récent historiquement, ciselé juridiquement, qui se transforme inexorablement et implacablement en ce mécanisme réactionnaire qui, demain, ne servira plus que comme instrument symbolique légitimant l’irrespect de l’égalité fondamentale des droits. C’est contradictoire, c’est contrariant, c’est emmerdant mais c’est un fait. Moi, le mariage, en 1978, l’année de mes vingt ans, je lui donnais encore, oh, six mois de survie, max. Aujourd’hui, tout le monde revendique, dans un fracas de tonnerre, le droit de se marier. Ce n’est certainement pas moi qui ai souhaité ou assuré la durabilité imprévue et le bricolage inattendu de cette patente antique… Ah, l’institution à la robe immaculée, on la croyait foutue, elle perdure, fait des boutures, se renouvelle et gagne donc, même, ce singulier relief séditieux. Les homosexuels la revendiquent et n’accepteront pas, et à raison dans la logique de la chose, de demi-mesures (justement genre contrat social, PACS ou autres entrées discriminatoires par la petite porte). Les monogames réactionnaires du cru crient alors, dans leurs manifs blanc cassis genre Juin 68, que cette généralisation du mariage et son ouverture à la diversité des orientations flétrit irrémédiablement leur propre contrat matrimonial hétéro. Et cette dimension critique, subversive et progressiste, aussi piquante qu’inattendue, du mariage co-existe en toute quiétude tant avec le divorce (qui tient parfaitement la route, lui aussi) qu’avec la continuation de la pharaonique vie commerciale du tout de ce cirque hautement codé de décorum matrimonial. Personne n’avait prédit un tel développement du mariage et, surtout, une obsolescence si rapide du PACS!

Donc, résumons-nous. Le Roy Soleil est un dictateur (Vive Robespierre! Vive Bonaparte!), le Minitel est une nuisance intellectuelle et matérielle (Vive les subtilités savantes d’Internet!), le PACS est un mécanisme juridique réactionnaire, un frein nuisible aux droits de tous (Vive le mariage!). Et pourtant le PACS, i-minitel et le jacobinisme comme traits culturels ne disparaîtront pas pour autant de notre douce France. Scories historiques, dépôts mentaux, traces en stries d’anticipations boiteuses, comédons ethnologiques, ils se spécialiseront dans leurs fonctions circonscrites (le pli est pris et on est pris avec). Le rapprochement tricéphale que je fais (entre la monarchie absolue, le Minitel et le PACS), admettez-le avec moi, fait bien sentir qu’il y a indubitablement ici une sorte de manière de mal français. Et, pour le commenter en toute impartialité sur un ton, lui aussi, bien français, il est capital de noter que c’est la faute à Pas de Chance et que, par delà les sempiternels clivages politiques et les inévitables aléas historiques, les résultats nuisibles de cette situation bancale sont la mise en place d’un lot bringuebalant d’impondérables dont on ne peut, de fait, accuser personne. Effectivement, on ne va quand même pas reprocher à une civilisation de voir trop loin trop vite et de faire de la précipitation progressiste! On ne va certainement pas suggérer à la pensée sociale française d’attendre les autres, sur le rebord pentu de je ne sais quel Chemin des Dames de l’ethnologie profonde. Ça n’a tout simplement pas de sens. Simplement, il y a là visiblement comme un grand pattern de prospective bancale, qui est aussi, admettons-le candidement, un net défaut dans la séculaire cuirasse plumeuse du vieux Coq. Voyons-le clairement, ce pattern, ce défaut, et laissons–le sereinement imprégner nos représentations critiques, notre conscience dialectique.

Vive le mariage pour tous, donc, et non aux retards et faux progrès de toutes natures… Et, surtout, souvenons nous (déférence obligée pour le PACS, le Minitel, et Monsieur Véto) que non, il n’y a pas de passéisme progressiste…

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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13 Réponses to “Louis XIV, le Minitel et le mariage pour tous”

  1. Caravelle said

    Ouf, vous accédez à une magnifique critique du fait français, sur cette question et ce, sans la moindre acrimonie. Un texte retentissant, à méditer pour la sagesse et aussi la sérénité qu’il nous instille.

    Carava

  2. Sophie Sulphure said

    En tout cas, la lumière de l’arc-en-ciel vient du nord en prenant une spirale par le sud. En Europe: Belgique et Hollande, spirale en Espagne puis France. En Amérique: Québec et Canada, spirale en Argentine puis on avance doucement aux USA.

    [Cocasse, en effet. Bien vue, cette théorie du maillon rose… – Ysengrimus]

  3. Catoito said

    Liberté, ÉGALITÉ, Fraternité…

    [Absolument exact… Liberté, Égalité, Sororité/Fraternité… qu’on se le dise. Un pas dans la bonne direction. Encore bravo, Clermont-Ferrand! – Ysengrimus]

  4. Tourelou said

    Après analyse de la période des trentes glorieuses, et de la fameuse… ‘En France, toujours pas de pétrole mais ont a des idées’ (citation de Valéry Giscard D’estaing). Serait-ce à ce point-ci que certains humains humains aiment toujours trop la guerre. Si nous ne sommes pas infini, alors, par la force des éléments, cette quête vers des innovations perpétuelles ne fait pas tout son sens. Cette même technologie qui a changée complètement notre situation familiale, démographique, notre comportement social nous dirige peut être vers une société majoritairement composée d’observateurs pour la prochaine cuvée de glorieuses? L’ère du ‘je, me, moi’ isme ? Car on peut toujours pas tout régler. La planète est habitée d’êtres vachement complexes, quand la distance n’y fait plus, pas facile de lire sur notre tablette les nouvelles du jour planétaires, les tits mots des amis Facebook, les textos, les courriels, les twitts les blogues… je les entends, les regardent ces SOS, souvent bien détendu dans mon lit, et il m’arrive de chanter ‘mais laisser moi manger ma banane’…. Coupable ou non coupable? Bien ou mal? Qu’est-ce qu’agir?

    Voilà une porte très grandement ouverte sur des milliers de nuits blanches de discussions monsieur! À saveur du jour votre réflexion, bravo.

  5. Luena said

    On a déjà oublié le Concorde – trop en avance pour son temps (d’ailleurs c’est toujours le cas…).
    [Voir cependant le point 8 ici – Ysengrimus]

    Bref les comparaisons sont intéressantes. Cependant, le débat est ailleurs. Quand une société n’a aucune valeur morale, ne croit en rien, elle accepte tout! La vieille dame indigne – s’amuse, se dévoile, avec ses préjugés – d’un côté de la bouche ÉGALITÉ! mariage pour tous et de l’autre côté… »DEHORS blacks et beurs ».

    Égalité? Mon œil!

    [Liberté (sauf sans papiers), Égalité (sauf en Françafrique), Fraternité (sauf quand tu portes un voile)… Oui, je comprends parfaitement ce que vous dites. – Ysengrimus]

  6. jimidi said

    Bon, tant pis, j’ai vais : Pour l’égalité oui, bien sûr et revendiquer que tous les couples, quelque soit leur composition, aient bien accès aux mêmes droits, ça finira par s’imposer également en France et c’est tant mieux. Reste que la photo illustrant l’article est ridicule, comme n’importe quel autre photo de mariage. Le serait-elle moins si les deux étaient en robe blanche ? Bah non. Verra-t-on des mariages où l’un des deux messieurs sera en robe ? Sans doute. Tous les mariages ont un côté grotesque.

    [Imaginons que j’ai le droit de m’habiller en bouffon inane et de m’adonner à une combinaison de simagrées codées parce que je suis poète et dilettante. Si quelqu’un te disait à toi que tu ne peux pas t’habiller ainsi, en bouffon inane, et ne doit pas t’adonner, de cette façon, à une combinaison de simagrées codées similaires parce que tu es, disons, romancier et éducateur, et qu’il te faut donner l’exemple de la bonne prose et de la bonne tenue, ce serait là une injustice vide, cruelle et autoritaire. Et ce, même si tu as pleinement l’intention de rester glabre, fringué impec, roide, hétéro et correct. Ton sens foncier de la justice élémentaire s’insurgerait contre ce diktat flatulent, dont le caractère traditionnel et implicite ne légitime en rien l’iniquité. Pour le droit POUR TOUS de faire un fou ou une folle de soi en quadravision, et de façon universelle. C’est la procédure pratico-intellectuelle la plus efficace pour faire avancer une pensée critique homogènement corrosive. Maintenant que le mariage n’est plus cette fausse nouvelle chasse gardée inexpugnable, son statut parfaitement paradoxal de fruit défendu va recommencer à doucement se fendiller… La pomme d’Éden va redevenir blette… et les divorces et les unions libres vont finir par nous revenir… – Ysengrimus]

    • jimidi said

      Tout à fait. Vive le carnaval pour tous. Mais sans moi. La dernière fois, j’avais la tête dans une citrouille (fils de fer et tissu). Puis on a arrêté d’aller quémander des friandises chez les voisins. C’est con, j’aurais été très bien en momie…

      • Odile Cuvelier said

        Moi, j’aime ce que l’écrivain et humoriste américain, David Sedaris, a dit au sujet du mariage gai :

        « Je souhaite que le mariage gai soit légal partout mais qu’aucune personne gaie ne passe à l’acte. Parce que, écoutez, personne ne veut assister à un mariage. C’est tout simplement vrai. Personne ne veut prendre un avion et parcourir la moitié du pays, et porter des vêtements dans lesquelles ils ne se sentent pas confortables, et choisir entre le poulet et le bœuf, et s’assoir dans une grande salle où un mauvais orchestre joue trop bruyamment, et où on prend des photos, personne ne veut ça. Alors, je souhaite que les personnes gaies luttent pour le droit de se marier et que personne d’entre eux ne passe jamais, jamais à l’acte. « 

        La bataille contre le mariage pour tous, de par son ampleur et sa férocité, fut très révélatrice au niveau des priorités sociales dominantes de ces milliers de français. Eux, ils ne sont pas sortis dans les rues pour protester contre les interventions impérialistes de leur gouvernement au Mali ou contre ces centaines de milliards de dollars qui échappent à l’état français grâce à un système massif d’évasion fiscale. Leur silence sur ces matières est hautement parlant.

        Quant à moi, le mariage est une force fondamentalement régressive et conservatrice, et un très efficace instrument de contrôle social. En même temps, sur le principe de l’égalité des droits, je ne peux que prôner le droit au mariage pour tous. Même la communauté gaie, dont je fais partie, n’est pas monolithique sur la question du mariage. Moi, j’ai toujours considéré le fait d’être libérée de la contrainte de se marier un des atouts de ma sexualité. Il existe un conflit interne à l’égard du but ultime de la lutte LGBT. Cherche-t-on simplement l’acceptation de la société hétéro ou, notre lutte, n’est-elle pas la création d’une nouvelle société, une société à notre image, une société libérée de toute forme de répression et de domination ?

  7. «la France, qui, une fois de plus, voit plus vite et plus loin, instaure le Pacte civil de solidarité (PACS).»

    Bien avant que que le PACS ne soit une réalité…

    PJCA

  8. Jennifer said

    Bonjour tout le monde. Même si nous sommes déjà au printemps, je prépare le mariage homo de ma meilleure amie et c’est à moi que sa future épouse a demandé de pouvoir inventer une idée de faire-part pour mariage.

    Caractéristique souhaitée: fantaisiste, moderne… gai (joyeux).

    Je suis preneuse de toute idée 😉

    Merci par avance.

  9. pierrot said

    En fait d’égalité, la révolution libérale qui s’est abattue sur la France dans les quarante dernières années a plutôt fait exploser les inégalités, notamment dans les revenus, l’accès à la santé, la justice et l’éducation.

    Ce sont des chiffres assez effarants: des écoles qui sont passées de 0€ à 8000€ l’année, des ratios de revenus entre PDG et ouvrier qui sont passés de 20 à 400, des gens qui dorment dans les rues alors que c’était inexistant en 1973, etc

    dans ce contexte, « l’égalité » du mariage pour « tous » n’est qu’une aimable plaisanterie. Déjà, seuls les homosexuels riches peuvent se marier…

    [Adroite légitimation socialisante du discriminatoire mais je ne mords pas. Toutes les injustices que vous énumérez ne vont pas disparaitre parce qu’on en maintiendrait une de plus par dessus le tas. Et ne me dite pas qu’on perd son temps sur la cause gaie. Si les réacs n’avaient pas bloqué des quatre fers si hargneusement et systématiquement, le sabre aurait glissé bien plus vite et aisément dans son fourreau et on en parlerait déjà bien plus, de ces autres choses… – Ysengrimus]

  10. Julien Babin said

    Ouf, je suis une homosexuel (pas encore marié mais qui sait…) et ceci est un des meilleurs textes qu’il me fut jamais donné de lire sur le mariage pour tous. Et pourtant, qu’est-ce que j’en ai lu. Un régal.

    Vous avez «raison» de le mépriser, le pauvre loup solitaire. Il est génial.

  11. Laurentv said

    Mouais, l’idée est intéressante mais je ne suis pas vraiment convaincu.

    D’abord, sur le fait que le minitel ait freiné l’implantation d’internet. Comme ailleurs, elle a surtout été conditionnée par le coût des ordinateurs (je ne crois pas que grand monde se soit dit «j’ai le minitel, pas besoin d’internet») et aujourd’hui, le pourcentage d’utilisateurs en France n’est pas tellement en retard sur ceux d’Amérique du Nord (un peu plus sur l’Europe du Nord par contre). Le réseau haut-débit français est notamment très performant et les offres d’abonnement très intéressantes (certains amis américains ont du mal à croire qu’on paye si peu, y compris pour la téléphonie)

    De même, je ne pense pas qu’avoir un forme de partenariat civil soit un frein particulier pour le mariage (ça ne l’a pas été pour beaucoup de pays qui l’ont adopté après avoir eu d’autres formes d’union) ni, inversement, que le fait de ne pas avoir d’union civile soit particulièrement un avantage pour obtenir le mariage plus vite. Oui, les opposants à l’ouverture du mariage utilisent l’existence du pacs comme argument… tout comme les partisans leur rappellent souvent qu’ils s’étaient, pour beaucoup, aussi opposés au Pacs. D’ailleurs, aussi impressionnante et organisée soit-elle, cette opposition n’est pas spécialement différente des manifs de Christine Boutin, ni plus violente que les propos qu’on a pu entendre à l’assemblée lors des débats sur le pacs. Le pacs permet surtout de montrer que malgré toutes les prédictions apocalyptiques, la reconnaissance des couples homosexuels n’a pas détruit le fondement de notre société. Mais Boutin avait raison sur un point, ça aura été un premier pas vers le mariage et l’adoption.

    Et sur de nombreux points constitutionnels, la France n’a pas non plus tout à envier aux pays qui ont gardé quelques vestiges monarchiques poussiéreux, où l’état n’est pas encore clairement séparé des églises, ni même à certains états fédéraux plus jeunes pour ce qui est du fonctionnement démocratique.

    Différentes cultures avancent simplement à différents rythmes sur différents sujets.

    [Mouais… Je ne pense pas (pour reprendre votre mot) que l’autoprotection chauvine déconstruise vraiment mon argument. Elle s’y objecte émotionnellement, sans plus. Différentes cultures avancent simplement à différents rythmes sur différents sujets comme l’eau tiède n’est ni chaude ni froide… Sauf qu’il faut aussi prendre le beau risque d’une description concrète des particularités de ces différences, sans le jugement de valeur dont vous semblez tellement vous protéger alors qu’il n’y est tout simplement pas. – Ysengrimus]

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