Le Carnet d'Ysengrimus

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  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Il y a cent ans: ROUE DE BICYCLETTE de Marcel Duchamp

Posted by Ysengrimus sur 1 janvier 2013

CECI N’EST PAS… (Oh, pardon, je me trompe de peintre). Il reste que ceci n’est pas l’original de ROUE DE BICYCLETTE de Duchamp (1913) qui est «perdu». Ceci est une reproduction, comme il y en a tant. Je ne peux pas garantir qu’elle est de Marcel Duchamp, même…

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Il y a approximativement cent ans, à une date indéterminée de 1913, le sculpteur et peintre Marcel Duchamp (1887-1968) retire le pneu et la chambre à air d’une roue avant de vélo et l’enchâsse inversée dans un trou percé au milieu du siège d’un tabouret quadripode en bois. C’est une sculpture. Comme la roue tourne librement, en plus, c’est même un mobile. Croyez-le ou non, le retentissement de la chose sera tonitruant. L’objet d’origine est «perdu» et c’est circa 1964, au moment d’une sorte de renaissance du ready-made, que Duchamp et d’autres confectionneront des reproductions de l’objet d’origine. Inutile de dire qu’une mythologisation à haute tension accompagnera ce réinvestissement tardif de l’increvable ROUE DE BICYCLETTE de Duchamp (1913). C’est fou tout ce que j’ai à vous dire à propos de cet objet, il me faudrait quatre bouches pour y arriver. Décortiquons un peu cette passionnante affaire.

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C’EST UN READY-MADE. Partant d’un lot d’objets industrialisés, usinés, ciselés, préexistants et prêts à assembler (ready-made), Duchamp cherchait des combinaisons qui élimineraient le beau et le laid au profit d’une instantanéité factuelle de l’objet qui, alors, serait perçu ou ressenti mentalement, mnémiquement, sans être contemplé, sacralisé ou admiré. Dans cette démarche spécifique, Duchamp aspirait à des installations qui seraient, simplement, sans moins (dérive utilitaire), sans plus (superfétation esthétique). En prenant l’option du ready-made, on entend donc s’adonner à la transgression des canons esthétiques ronrons usuels (c’est beau – c’est laid – j’aime – j’aime pas). Cette transgression court-circuitante, sentie comme hautement nécessaire et se voulant la plus radicale possible, dicte un changement de direction de l’exploration artistique et se combine, sereinement sinon joyeusement, à une sorte de fatalisme éclairé devant l’objet usiné, fabriqué-machine, que l’artiste ne peu plus surclasser (le peintre ne peut plus vaincre l’appareil photo, le sculpteur ne peut plus vaincre la machine-outil) et dont le fini industriel se substitue, sans complexe, au résultat douloureux, passionnel et héroïque du savoir-faire de l’artiste. Pas de chansons à se chanter. L’industrialisation, son horlogerie froide, sa finesse inhumaine, dictent une crise de l’art plastique qu’il faut regarder droit dans les yeux. L’exploration en art se voue donc à travailler à des compositions composites à partir d’objets tout faits (ready-made) qui se sont imposés socio-historiquement et que l’on décide d’assumer, ouvertement, carrément, comme matériau brut. Outre que les possibilités de compositions composites sur ready-made sont immenses, potentiellement infinies (le quotidien étant littéralement gorgé d’objets usinés), il est important d’observer qu’une composition spécifique n’est pas contrainte de se donner intégralement la stricte précision, littérale, unique et sacrée, d’autrefois. On peut y aller grosso modo, mollement, en mise en forme lâche, sans trop gamberger les incomplétudes du détail. On raboute une roue de vélo sur le siège d’un tabouret, formant base. Si c’est en gros ça, ben ça va… Même approximative, la composition en ready-made peut produire à peu près le même travail exploratoire anti-esthétique. J’en veux pour preuve le fait, par exemple (hein, puisqu’on en parle), que ROUE DE BICYCLETTE existe, de fait, en au moins deux versions. Voyez plutôt:

ROUE DE BICYCLETTE (version avec la fourche enchâssée dans le siège du tabouret)

ROUE DE BICYCLETTE (version avec la fourche posée sur le siège du tabouret)

Rarement (sinon jamais) mentionnée, cette distinction, cette fluctuation des versions de ROUE DE BICYCLETTE de Duchamp (1913) est tout sauf anodine (rien ne l’est). La version avec fourche enchâssée me rassure. Je la sens à la fois plus costaude et plus écrue, originelle peut-être (il n’y a aucune preuve de ça). Le siège du tabouret et le guidon du vélo y sont réellement effectivement sciemment sacrifiés. La jonction est solidement perceptible. Le choc logique est ferme. La radicalité factuelle de la composition est assumée et on sent son caractère irréversible. La version avec fourche posée m’angoisse plus. D’abord, sicroche, on sait pas trop comment ça tient en place et ça a un petit côté chafouin, chambranlant, non assumé, posé là comme si de rien, qui fait toc, comme un décor théâtreux hyperléger ou un mauvais joujou. Notons, et ce n’est pas anodin (rien ne l’est), que c’est cette seconde version qui est la plus présente dans les musées. Enfin bref, eu égard à la prise de parti anti-esthétique que formule le principe du ready-made, les deux versions s’indifférent l’une l’autre, en fait. À un distinguo d’angoisse ysengrimusienne prêt, ROUE DE BICYCLETTE assume pleinement sa fonction dans tous les cas et ce, par delà cette fluctuation du détail des versions…

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C’EST UNE PROVOQUE AUTODÉRISOIRE. Transgression institutionnelle pour artiste consacré sur le retour (et qui n’assume pas vraiment), une compositition comme ROUE DE BICYCLETTE de Duchamp (1913), se veut ouvertement un ready-made provoque. L’est-il vraiment? Là, faut voir… Le fait est que ce genre d’intervention artistique, disons la chose comme elle est, n’est pas à la portée du tout venant. Exemple probant ici: veuillez jeter un coup d’oeil ami et pâmé sur CASSE-GRAINE SUR LIT D’ALU – QUINTESSENCE SIMPLETTE, installation ready-made constituée en 2005 par mon fils Reinardus-le-goupil et moi (et perdue depuis, elle aussi).

CASSE-GRAINE SUR LIT D’ALU  –  QUINTESSENCE SIMPLETTE…  (Photo Reinardus-le-goupil – 2005)

Bon, figuratif en diable, je reconnais. C’est pas mal moins composite que ROUE DE BICYCLETTE mais bon, c’est pas plus con que la boîte de soupe Campbell, intégralement figurative elle aussi, d’Andy Warhol (1928-1987). Or, savez quoi, je pourrais, assez aisément, émettre une réplique approximative (une réplique matérielle, j’entends – la photo ici me tenant lieu d’esquisse-guide) de CASSE-GRAINE SUR LIT D’ALU – QUINTESSENCE SIMPLETTE et me pointer au Musée d’Art contemporain de Montréal avec. Que se passerait-il alors, vous pensez? Ben, cent ans après le premier ready-made de Duchamp, je ne passerais même pas le gardien de sécurité avec mon œuvre. Et mon ready-made à moi, eh bien, je pourrais bien m’asseoir dedans ou, encore mieux, me le bouffer tout cru, allez. Et pourquoi donc? MAIS PARCE QUE JE SUIS UN EPSILON, PARDI. L’institutionnalisation sur prestige d’auteur que le ready-made entendait pourtant transgresser, il en dépend pleinement, en fait.

Ainsi, avant de se lancer dans la brocante virulente et anecdotico-outrancière des ready-made, Marcel Duchamp avait magistralement pété le jet-set avec de remarquables peintures, qui firent époque. Matez-moi quand même un peu ça (échantillon fort incomplet):

DUCHAMP, À propos de jeune sœur (1911)

DUCHAMP, Les joueurs d’échec (1911)

DUCHAMP, Portrait de joueurs d’échec (1911)

DUCHAMP, Nu descendant l’escalier numéro 2 (1912)

Moi, pour le coup, j’aime beaucoup ces tableaux. La consécration et le positionnement institutionnel du cabot y sont pleinement, donc, hein, et en grande. Ces superbes croûtes, c’est pas de l’art straight ou conventionnel, certes, mais enfin tout le bazar sacralisable usuel s’y retrouve intégralement (technique, inspiration, exploration, talent, génie novateur, virtuosité). Le remarquable tableau Nu descendant l’escalier numéro 2 produisit d’ailleurs, en plus, à New York circa 1912-1913, le genre de succès d’admiration-scandale qui positionna le météore Duchamp aux côtés de Braque et de Picasso comme révélateur des tendances picturales fondamentales du précédent siècle. Rien de moins. C’est pas de la petite chique, ça. En 1913, DUCHAMP, c’est donc un nom. La discrète et peu publicisée confection de ROUE DE BICYCLETTE, dans le fond de son atelier de peintre, c’était donc, il y a cent ans, si vous me passez l’analogie, rien de moins que Lady Gaga chantant Turkey in the straw sous la douche, sans témoin (c’est folklo, c’est tsoin-tsoin, mais ça reste Lady Gaga – un enregistrement secret de la chose ferait du feu)… L’œuvre de Duchamp s’est ensuite déployée, notamment avec des sculptures et des installations.

DUCHAMP, Feuille de vigne femelle (1950 – petite sculpture)

DUCHAMP, La mariée mise à nue par ses célibataires, même (1923 – peinture-montage-installation sur plaque de verre)

L’installation La mariée mise à nue par ses célibataires, même (1923) est une autre de ses œuvres mythiques. Le tout est parfaitement sacralisable aussi, surtout en mobilisant les critères modernistes modernes des temps actuels et contemporains. Puis, vers 1964, quatre ans avant sa mort, on se remet subitement à parler des vieux ready-made des années 1913-1917, et les répliques de ROUE DE BICYCLETTE se mettent alors à pleuvoir comme à Gravelotte. Le Surréalisme, Dada, le Pop Art et les arachides Planters ont roulé sur le siècle et, pour ROUE DE BICYCLETTE, c’est une consécration années-soixantarde automatique, dont la dimension de provoque s’est quand même un peu perdue dans les capillaires du temps. On ne pose plus désormais ROUE DE BICYCLETTE de Duchamp (1913) que sur d’ostensibles piédestaux de musées. Vous suivez le mouvement? Vous voyez les tournants et courants ascendants que mon casse-graine n’a pas pris, lui? Vous voyez que Duchamp a pu et que d’autres non? Ça reste très ad hominem, finalement, toute cette affaire de consécration par l’art…

ROUE DE BICYCLETTE dans un musée quelconque

On peut donc mentionner, entre autres, les exemples du Hamburger Bahnhof, de Berlin et de la Boca, Fundación Proa, Marcel Duchamp, dont je vous laisse découvrir la localisation géopolitique. On notera, et ce n’est pas anodin (rien ne l‘est), que ces deux images spécifiques sont sous copyright et conséquemment parfaitement incopiables – avez-vous dit consécration artistique institutionnalisée? Eh ben, je vous le dis: vous avez bien dit. Ah, moi qui croyait tellement le contraire. Circa 1973, juste pour moi le petit naïf, un certain Podular (pseudo d’artiste) me griffonna sa vision/souvenance du fameux ready-made de Duchamp. Cela se fit sous mes yeux, hocus pocus, comme ça, au fusain de charbon qui poisse bien, dans un cours d’art, pour évoquer les soixante ans de l’œuvre. Plus précisément, dans la version dont Podular m’esquissa le croquis alors, fort bizarrement, ça s’appelait ROUE DE VÉLO et la roue était directement plantée sur le socle de musée, le tabouret s’étant mystérieusement évaporé. J’avais quinze ans et telle fut ma toute première appréhension de l’ouvre:

Réplique de la ROUE DE VÉLO de Podular, original au fusain sur papier ligné d’écolier (1973)

Ado bouillant, j’eus la candeur bien dentue de prendre cette œuvre frondeuse pour LA grande transgression universelle et fondamentale de l’intégralité de l’art institutionnel. Or, de fait, le recul nous oblige à sereinement le constater, il ne s’agissait jamais que d’une petite iconoclastie ex post pour grand artiste sur le retour, un peu las d’engendrer du mythe comme d’autres suent du sel ou débitent de la connerie. Comme je l’ai déjà fermement dit à quiconque s’en soucie, le ready-made provoque tombe un peu à plat à terme. Et l’intérêt de ROUE DE BICYCLETTE est indubitablement ailleurs.

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C’EST UNE ÉCLECTIQUE PLASTIQUE. Sa dimension provocatrice et (auto)dérisoire partie en quenouille en un petit siècle, l’objet ROUE DE BICYCLETTE n’en perd pas tout intérêt, il s’en faut de beaucoup. Il faut de fait y voir un dispositif éclectique et/ou anti-fonctionnel qui a l’effet (sinon le but) de déclencher des chocs logiques déstabilisants et déroutants. Une éclectique plastique, bien, pour tout dire comme il faut le dire, c’est ceci:

René Magritte, Le Thérapeute (1936)

Matez-moi un peu ce tableau, Le thérapeute, de René Magritte (1936) et goûtez sans esquiver son éclectisme criard (on pourrait aussi mentionner, du même peintre Les vacances de Hegel, déjà discuté). Composite logique douloureux que ce personnage masculin sans tête avec le chapeau posé directement sur la cape pèlerine et le bide comme une cage ouverte contenant deux colombes. Il n’y a pas à tergiverser ici, on percute deux ou trois objets ensemble, on les force en télescopage et on leur impose une coexistence thématique aussi intempestive qu’inattendue. Notre petit calculateur logique banaliseur s’emballe alors. S’agit-il de saluer la vertu thérapeutique du roucoulement des colombes en cage ou de rendre compte de la bonhomie reposante du silence verbal et cérébral du vieux promeneur sans bouche et sans tête? Les colombes ne se barrent pas par la porte ouverte, peur diffuse, paix sereine? C’est un marcheur mais il est assis, fatigue, empathie? Il n’a pas d’yeux mais les oiseaux en ont, distraction, attention? Les oiseaux sont séparés, tourment, sérénité? La cage, objet d’intérieur choque passablement, dans le ventre d’un promeneur en extérieur. On pourrait discuter la chose longuement. Composition composite, deux objets (ou plus) se tronquent et se raccordent, en imposant à notre conscience les enrichissements et les ablations que cela entraîne. ROUE DE BICYCLETTE de Duchamp (1913) fait cela aussi. La roue tourne encore mais elle a perdu pneumatique et chambre à air. Elle ne roulera plus. Le tabouret, on ne peut pas s’y asseoir. Les deux objets se nient mutuellement la fonctionnalité de l’un et de l’autre. Mais la roue, devenue hélice ou moulin, scintille, se déploie. On la voit enfin. Le tabouret, devenu socle, s’affirme aussi. le fait est que la roue et le tabouret ne sont plus en dessous de nous. Nous les voyons devant nous. La fusion abrupte des deux objets fait que de par cela, on les contemple. Il y a dissymétrie. Le vélo est tronqué, le tabouret est entier, la roue de vélo est inversée, le tabouret est sur ses pieds. Et ainsi de suite, ad infinitum. La réplique logico-matérielle de nombre d’artistes contemporains ne s’y est d’ailleurs pas trompée. L’aventure éclectique est solidement enclenchée. Restituer le vélo ne restitue la fonctionnalité ni de la roue ni du tabouret (nous dit Michael Gumhold), je verrouille bien mon vélo pourquoi ne pas verrouiller une merveille pareille, il ne faut pas qu’on me la vole (nous sussure Ji Lee) et, s’il est unique au monde, cela ne l’empêche pas de se faire des petits copains en ville (Ji Lee derechef dixit):

Michael Gumhold, Movement #1913–2007 (2007)

(Ji Lee, titre et date inconnus)

Ji Lee, Duchamp Reloaded (2009)

Le nombre des continuations logiques du dispositif visuel et tactile désormais parfaitement imparable de notre ROUE DE BICYCLETTE (analogies, métonymies, métaphores) ne fait que croître et se multiplier. Il est rien de moins qu’un embrayeur créatif et cela fait de lui, cela n’est pas anodin (rien ne l’est), possiblement le plus fertile de tous les vieux ready-made de souche… Il est indubitable que ce susdit ready-made, plus que tout autre, est un déclencheur d’exploration plastique qui n’a pas fini de susciter le déploiement polymorphe, mais malgré tout en voie de stabilisation, de sa nouvelle orthodoxie formelle… C’est que, composite, il souffre, dans son éclectisme lancinant, biboche mal, rafistole moins bien, joue à fond d’incompléture, questionne, interpelle et transgresse. De fait, ce zinzin centenaire déclenche des tempêtes qui ne rendent que plus luisant et limpide le calme plat engendré par l’unicité thématique, figurative et nounouille, de la boite de soupe Campbell de Warhol ou du casse-graine méconnu d’Ysengrimus/Reinardus… Important, capital: une éclectique plastique, c’est quand le ready-made, devenu composite et perdant son univocité lisse, cesse subitement d’être une nature-morte…

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C’EST UN MULTIPLE. On a donc affaire ici à un objet d’art à la fois unique de conception et amplement reproductible. Mais, justement, c’est sur cette question de la reproductibilité du ready-made qu’on dégage alors une dimension de sacralisation imprévue, cardinale, fondamentale et, à toute fin pratique, jamais mentionnée. Il est rarissime de voir plusieurs ROUE(S) DE BICYCLETTE(S) de Duchamp (1913) installées/exposées ensemble. On la donne usuellement comme un objet isolé. Le ready-made reproduit, seriné et redit en nombre innombrable, comme industriellement, ça a bel et bien existé, d’autre part, et c’est Duchamp lui-même qui appelait ça des multiples et qui ne se gênait pas pour déclarer que ça lui semblait «vulgaire». Or, de fait, sinon de choix, ROUE DE BICYCLETTE est un de ces multiples. On ne la verra pourtant jamais apparaître dans un installation où elle se dénombrerait à six, à douze, à cent. Vous me direz pas, c’est quand même passablement piquant… Tiens, pour démonstration, matez moi ce beau portrait collectif-collectiviste, tiré au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en 1974:

Un MULTIPLE en assemblage, en production, en action, sinon en exposition… (au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1974)

Il ne s’agit nullement d’insinuer que, eh tornom, on les avais-tu les tignasses masculines de Frank Zappa dans ce temps là, mais bien de donner à voir une des rares attestations connues de plusieurs ROUE(S) DE BICYCLETTE(S) présentes ensemble dans le même espace d’intervention artistique. Je doute cependant qu’il s’agisse ici d’une installation effective. On semble plutôt assister à une sorte de création/manipulation collective (crypto-individuelle additionnée, s’il faut tout dire) d’une série discrète d’objets distincts. Chaque artiste ou intervenant semble s’affairer, en parallèle, de sa petite ROUE DE BICYCLETTE personnelle. De plus, ici, on est moins dans une salle d’exposition que dans un atelier de travail. C’est une photo de coulisse, ni plus ni moins. Bon, s’il faut tout avouer, il y a bien aussi la composition Complete de Sebastian Errazuriz (2005):

Sebastian Errazuriz, Complete (2005)

Elle incorpore, la chafouine, deux ROUE(S) DE BICYCLETTE(S). Sauf qu’au titre comme à l’installation même, on voit vite la pogne d’un retour insidieux du figuratif. Par compulsion métonymisante (et pourquoi pas?), l’artiste a décidé de faire passer les éléments clefs de toute la bicyclette dans le moule tyrannique d’une ready-madisation (du)championne. Il ne manque, en gros, que la selle, dont le vide criant est certainement plus ou moins compensé par la démultiplication des tabourets… Un vélo ayant deux roues donc, c’est fatal, compulsion référentielle oblige, il aura fallu transgresser, en dédoublant. Ceci n’est pas (si je puis dire) un multiple… Et, ceci dit, en dehors de ces deux savoureuses aberrations/confirmations, ROUE DE BICYCLETTE est toujours exposée, présentée, pâmoisée seule. Papa commandant Duchamp ne l’aurait pas accepté autrement, au fond, quelque part, dans nos subconscients. Ce petit ceci qui suit, que j’adore (bondance, j’en veux un!), consacre pourtant, inexorablement ROUE DE BICYCLETTE comme objet de consommation de masse tout autant que comme fameuse icône culturelle:

Je le savais bien quelque part que c’était un joujou hyperléger, reproductible. Pas de doute que (réels ou imaginaires/imaginés) ces petits paquets vendables au détail (n’)auraient (pas) rencontré l’approbation de feu l’artiste. Sauf qu’il reste que la dynamique, aussi tyrannique qu’insouciante, que ROUE DE BICYCLETTE instaure en nous, c’est bien qu’on en a rien à foutre finalement de l’approbation de feu (sur) l’artiste. Perso, je le trouve bien savoureux, ce paradoxe de l’unicité, perpétuée et re-sacralisée, de ce ready-made big star, qui, lui, est pourtant de facto un multiple (original perdu, dualité des versions, répliques en pagaille, florilège d’adaptations). On n’en parle jamais, lui non plus, et, de ce fait, il n’est pas banal de noter que les deux secrets bien gardés sur ROUE DE BICYCLETTE concernent justement ce que son auteur affectait de vouloir asserter le plus fermement: l’inexistence de son unicité d’objet d’art… Ah, le respect déférent pour le halo durable des grands artistes a cette opaque et onctueuse aptitude à bien se caser dans les brumes de tous nos non-dit. Il rebondit pourtant dans nos faces, le susdit paradoxe-clef entre objet industrialisé (fatalement multiple) et objet d’art (fatalement consacré dans son unicité). ROUE DE BICYCLETTE en est intégralement tributaire, et c’est une autre des multiples raisons qui font la durable jubilation que n’a vraiment pas fini de nous susciter ce vieux mobile étrange.

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Documentation complémentaire:

Un remarquable entretien de Philippe Colin, en 1967, avec Marcel Duchamp sur le ready-made (reportage d’une quinzaine de minutes incorporant de bons exemples visuels)

La fiche Wikipédia de ROUE DE BICYCLETTE (1913)

Un des nombreux cyber-relais spontanés dont continuent de bénéficier ROUE DE BICYCLETTE (1913) et ses provignements (texte en anglais)

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21 Réponses to “Il y a cent ans: ROUE DE BICYCLETTE de Marcel Duchamp”

  1. Tourelou said

    Le corpus des artistes mérite toute notre attention. Vous le démontré parfaitement avec  »Le casse machin sur alu » immortalisé sur une photographie qui deviendra l’inspiration d’une longue philosophie artistique à mesure que le jeune artiste développera son cheminement créatif… L’image sans les mots c’est l’art visuel pur, la nourriture de l’imagination, de la libre expression dans sa plus pure expérience. Si notre esprit est capable de voyager, d’illusionner, d’halluciner à travers l’art c’est déjà des moments de vie fort stimulants, excitants, nourrissants. Y a pas que des substances illégales pour y arriver. Bonne année l’artiste.

  2. PanoPanoramique said

    Ben Ysengrim, tu débutes l’année sur les chapeaux de… roue(s).

    [C’est un chapeau (de) roue sur un tabou. Oh, oh, bien vu PanoPano… – Ysengrimus]

  3. Caravelle said

    Ysen, ceci m’aide à mieux comprendre l’extase que me suscite cette sculpture/mobile spécifique depuis bien des années. Duchamp a complètement raté son coup pour éliminer l’opposition beau/laid. ROUE DE BICYCLETTE est beau. PORTE BOUTEILLES est laid. Les autres ready-made m’indiffèrent.

    Carava

    [Dans la perspective de Duchamp, partiellement ratée sur cette question on est parfaitement d’accord Caravelle, ce sont ceux qui vous indifférent qui justement sont les plus cruciaux et introduisent le choc anti-esthétique qu’il revendiquait… – Ysengrimus]

    • Caravelle said

      Sauf que c’est un paradoxe. Ceux dont on se fout, on les regarde jamais alors leur effet « anti-esthétique » passe pas trop la rampe!

      [En plein dans le mille. – Ysengrimus]

  4. Le plus bel article de l’année 2012 débarque en phamphâre le premier jour de 2013. Au moins, on aura pris ce plaisir-là. Grand merci messer Ysengrim. Je vais offrir ce billet en cadeau de Noël à une grande amie sensible, qui s’en tapera sur les cuisses encore plus que je ne fis.

    [Qu’elle commente librement, alors. Qui se tape sur les cuisses m’est ami(e)… – Ysengrimus]

  5. Capucine said

    Un billet tout a fait captivant. J’aimerais savoir ce que vous pensez d’une des œuvres les plus connues de l’artiste britannique Damien Hirst, The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living (1991):

    http://www.damienhirst.com/the-physical-impossibility-of

    Dites nous donc aussi comment, ou bien si, cette oeuvre se situe dans l’héritage artistico-intellectuel de Duchamp.

    • Ysengrimus said

      Traduction du titre de cette oeuvre en français: L’IMPOSSIBILITÉ PHYSIQUE DE LA MORT DANS L’ESPRIT DE QUELQU’UN QUI EST VIVANT. On se croit d’abord devant une nature morte. Je le dis sans jeu de mot facile. Puis un premier effet logico-composite se fait sentir, celui de l’angoisse de fabrication. On se dit que si ce requin est vivant, il n’est pas à son aise dans cet aquarium restrictif, tronçonné de surcroit en trois. Corolairement une question jaillit: les trois cubes dont est formé ce bassin sont-ils séparables ou non? On voudra vite s’approcher et le vérifier, car cela a une incidence cruciale et tragique sur l’unicité ou la non unicité du poisson enfermé. Mais quand alors on s’avise du fait que ce requin est mort, on pense tout de suite à une taxidermie, corruptible, putrescible. L’objet semble alors fondamentalement fragile et compromis, justement, par ce qui était l’habitat naturel de l’entité vivante. L’angoisse de fabrication culmine alors. La durabilité de l’œuvre semble de plus, elle aussi, compromise, comme si c’était une sculpture de neige ou une pièce montée. De par le titre, on sent de plus que cet être vivant qui mécomprend l’être mort, c’est nous qui contemplons cette installation, en fait. La question du caractère duchampêtre d’un tel travail rend un autre son, moins urgent, moins obligatoire mais nous ramenant comme implacablement à la thématique thanatique de cette susdite installation. Duchamp, sculpteur, n’a pas travaillé sur la matière vivante (en tant que peintre, il avait, très conventionnellement, des modèles vivants, humains habituellement, mais c’est autre chose). Il est donc difficile de penser immédiatement à un ready-made duchampêtre avec ce type de travail. Par contre, quand s’impose le fait que ce poisson est non seulement mort mais empaillé ou embaumé d’une façon ou d’une autre, l’idée d’un objet «usiné» pré-existant à l’intervention artistique (ready-made donc) revient un peu nous hanter, et Duchamp avec elle. Finalement, je présume qu’il est possible de se placer devant cette installation et de contempler la mâchoire ouverte de ce requin de bonne taille. Reviennent alors inévitablement les terreurs du monstre marin, de la dévoration, de l’attaque mortelle, des dents de la mer. Le dispositif acquiert alors une dimension symbolique plus convenue, presque romantique. On se prenait pour Warhol voici qu’on n’est que Ned Land. Situation analogue si, soudain ichtyologue écolo, on se prend à déplorer le sort de la pauvre bête, emprisonnée et/ou tuée. Ces dimensions (la symbolique du monstre ou le dépit écolo) sont, elles, parfaitement étrangères à la démarche hyperconcrétisante de Duchamp (ce sont même là les avatars d’une tradition de sensiblerie artistique à laquelle il tourne ostensiblement le dos), alors qu’elles apparaissent comme des quasi-inhérence ici. Dois-je ajouter que Duchamp et l’auteur d’une telle œuvre se rejoignent en Dada ou en la Provoque, mais ces deux propensions étant si génériques désormais (pour ne pas oser dire: rebattues), qu’on peut dire que voilà un point d’orgue aussi vide que les tuyaux de l’orgue même.

      • Capucine said

        Grand merci. En fait, la dégradation de son œuvre a posé des problèmes d’ordre pratiques et philosophiques à l’artiste. Quant à ses cubes, n’ayant jamais vu l’œuvre en chair et en os, si vous pardonnez l’expression, je ne sais pas s’ils sont séparables ou non. Je dirais que non, mais je ne suis pas du tout certaine.

  6. Le Boulé du village said

    C’te requin pourrissant dans son bac est plus comme le sandwich de ton fils: une œuvre éphémère, tandis que la ROUE DE BICYCLETTE et les autres petits ready-made de Duchamp sont en dur et durables.

    [Pas exactement, mon Boulé. Ce requin date de 1991. Il est certainement prévu pour ne pas pourrir si vite, siliconé, imperméabilisé, est-ce que je sais? Tandis que la ROUE DE BICYCLETTE d’origine est perdue, exactement comme CASSE-GRAINE SUR LIT D’ALU – QUINTESSENCE SIMPLETTE. Dans ces deux cas, on ne peut plus faire que des répliques, toujours inévitablement approximées… Ysengrimus]

    • Chloé said

      What you say is « pas exactement » as well, Ysengrim…

      The gallery that commisionned The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living (1991) poured bleach into the formol which fucked up the preservation of the original requin. So in 1993 the gallery gutted the requin and stretched his (or her, i think it may be a her – she was caught by a fisherman commisionned by Damien Hirst in australia) skin over a a fibreglass mold. It looked completely phoney and so in 2004, with the work about to be sold to some fucking hedge fund manager (who is now implicated in a huge insider trading scandal), Hirst comissionned another shark to be caught off the coast of queensland. this time he enlisted the efforts of a scientist to assist with the preservation. Here is an article on that saga.

      [L’intervention de Chloé et l’article qu’elle met en lien relatent les vicissitudes et emmerdements divers de préservation/conservation de l’œuvre requinesque de Damien Hirst… – Ysengrimus]

  7. Sophie Sulphure said

    J’adore la FEUILLE DE VIGNE FEMELLE

    [Il y a quelque chose là, en effet… – Ysengrimus]

    • Chloé said

      Apparently the Feuille de vigne femelle was molded on an actual model, a prostitute, the legend seems to have it. I don’t know what male sculptors and painters see in those things… Give me a dick over that any day. I fail to understand why so many women find male genitalia ugly. They should take a look at the beastly millefoglie between their own legs… This being said, I love the epitaph engraved on Marcel Duchamp’s tomb:

      D’ailleurs, c’est toujours les autres qui meurent

      but it is still not as good as the Enfin seul! engraved on the headstone of a musician buried in the Père Lachaise. Finaly, about the toy Bicycle wheel, Ysengrim, halas, it does not really exists in series.

      [Il semblerait que Feuille de vigne femelle ait été moulé à partir d’un modèle effectif, une prostituée. Du moins, c’est ce que prétend la légende. Je ne comprends pas ce que ces peintres et ces sculpteurs masculins trouvent tant à ce genre d’objet. Donnez-moi n’importe quand une bite en lieu et place de cela. Je n’arrive pas à piger pourquoi tant de femmes trouvent les parties génitales masculines laides. Elles devraient mieux mater le froufrou feuillant bestial qui se tient entre leurs propres jambes. Ceci dit, j’adore l’épitaphe gravée sur la tombe de Duchamp: D’ailleurs, c’est toujours les autres qui meurent. Mais elle sera toujours bien moins bonne que le Enfin seul! gravé sur la tombe d’un musicien enterré au Père Lachaise. Finalement, à propos du joujou Roue de Bicyclette, Ysengrim, hélas, il n’existe pas vraiment en série.]

  8. Merci. J’adore la logique de ton billet! Ça fait plaisir de lire un truc intelligent avec de l’humour.

    [Grand merci, Chris. – Ysengrimus]

  9. Jimidi said

    Quel plaisir de ton article, cher Paul ! Ça fait une brassée d’années que Duchamp me titille et je constate avec plaisir que je ne suis pas le seul.

    Tu sais ce que je crois ? Je crois que le premier à s’être fait un peu déborder par l’effet produit par les ready-mades, c’est Duchamp lui-même. Je le crois sincère dans sa démarche, qu’il expose tout à fait clairement dans cet entretien dont tu donnes le lien (à voir absolument) et que je résume exagérément : installer un objet manufacturé en situation d’objet d’art.

    Mais il n’aura échappé à aucun de tes lecteurs que vis à vis de ce cahier des charges, les ready-mades ne sont pas tous égaux : quand certains semblent échappés tout droit du catalogue Manufrance, d’autres (c’est le cas de la roue de vélo plantée dans son tabouret) semblent avoir requis un minimum d’intervention de l’artiste.

    Qu’est-ce qui se passe ? Je crois que dans tous les cas, ici, l’artiste intervient, bien sûr par le choix de l’objet (à aucun moment Duchamp n’évoque la possibilité qu’il ait confié ce choix au hasard), il intervient indirectement dans l’exposition finale, puisque l’intérêt émarge alors sur son crédit artistique, enfin, il intervient sur certains directement, par assemblage, ajout, titre.

    On percevra donc les œuvres dans leur dimension provocatrice, questionnant le statut même de l’œuvre (et de l’artiste), conformément à la volonté de Duchamp, mais d’autres aspects apparaissent à l’évidence. Certains ont été pressentis, comme leur étrangeté croissante au fur et à mesure qu’ils s’éloignent de leur contexte historique – quasi plus personne ne voit un porte bouteille dans ce machin hérissé – d’autres pas du tout puisque leur filiation à l’ensemble de l’œuvre étant largement inconsciente, elle n’apparait pas clairement à l’artiste lui-même, comme n’apparait pas non plus – c’est ce qu’il dit lui-même – ce que met en branle l’œuvre dans son public. Bref, il semble que Duchamp ne sache pas très bien ce qui lui a fait choisir tel objet plutôt que tel autre, ni pourquoi ses ready-mades ont de l’importance pour nous.

    Mais nous, on le sait. Ou du moins on peut en avoir des indices. Pour rester sur la roue de bicyclette et sans se tirer trop les cheveux, constatons au moins qu’il s’agit d’un assemblage de métal et de bois, matériaux «nobles» de la sculpture s’il en est. Idem pour la pelle à neige. Métal pour le porte bouteille. Céramique pour la «fontaine». Constatons également que l’ensemble roue+fourche+tabouret évoque, encore une fois sans trop aller chercher midi à quatorze heures, une silhouette humaine. Dans cette perspective là, que la roue tourne n’est alors pas du tout indifférent. «La tête me tourne» évoquera le vertige, peut-être celui-là même qui nous saisi et «La roue tourne» évoquera la métaphore classique de la vie même. Certes, il n’est pas certain que Duchamp ait pensé à ça, du moins avant. Mais l’objet, la sculpture, a cette magie supplémentaire par rapport au tableau de ne pas être une image. Quand la toile fait appel, en première approche, à une réalité figurée, l’objet impose la sienne. Si je voulais schématiser, je dirais qu’on adresse des questions à la toile, mais que l’objet nous adresse les siennes. Dès lors, on peut facilement imaginer Duchamp, avec sa sensibilité d’artiste, se laissant chuchoter des choses à l’oreille par certains objets et pas d’autres, certaines matières, certaines formes et, gardant néanmoins sont projet artistique en tête, faire encore du Duchamp. Ça va à la fois dans le sens de la reconnaissance de son génie propre et de l’importance de cette partie de son œuvre dans l’histoire de l’art.

    Encore une remarque sur Roue de bicyclette. Tu ne relèves pas ce détail, mais certains avatars de cette œuvre ont la fourche strictement verticale et d’autre la fourche courbe. Pour moi, seuls valent ceux à la fourche droite. C’est d’ailleurs un modèle «fourche droite» qu’on voit dans le reportage de l’INA. Je me demande d’ailleurs bien où il a été la trouver, cette fourche… Enfin, je note que tu fais l’impasse, comme l’INA d’ailleurs, sur «fontaine», cet urinoir qui perso, m’a toujours fait penser à une tête de robot. Tu dis ? Je vois des têtes partout ? Oui.

    Zut, j’aurais voulu donner également quelques conseils à votre sandwich pour accéder au statut d’œuvre d’art… Ce sera pour une prochaine fois. Un autre sculpteur qui me fait le même drôle d’effet que Duchamp : Maskull Lasserre.

    [Jimidi hésitait à mettre le lien vers chez lui. Pourtant, c’est dans mon protocole, ceux-ci sont toujours bienvenus ici. La seule chose qui me déplait les concernant c’est quand ils se brisent. Quoi, tu dis? Tu te demandes si je recommande ce texte de Jimidi. Que oui. Je me souviens d’en avoir pensé le plus grand bien… – Ysengrimus]

  10. Ysengrimus said

    Disons la chose comme elle est, la Roue de Bicyclette de Duchamp et le lot bringuebalant de ses semblables ès art concret ne cesseront jamais de m’inspirer…

    http://alabergerie.wordpress.com/2013/01/11/la-gourmandise-est-la-premiere-des-qualites/

    Merci Allan pour ce bel échange…

  11. Marioca said

    À quoi fait penser l’œuvre de Marcel Duchamp (roue de vélo)?

    [À un moulin à vent ou encore à une structure anthropomorphe (épouvantail, mannequin). Ceci dit, je n’y vois pas une œuvre figurative. – Ysnegrimus]

  12. Peintre inspirée said

    Ceci n’est plus un ready-made (juste une modeste nature-morte). Mais crois-moi, Ysengrim: c’est de bon coeur…

    casse graine

    [Magnifique. Merci, Peintre Inspirée. – Ysengrimus]]

  13. Magellan said

    Un magnifique diaporama d’œuvres de Duchamp:

  14. Ysengrimus said

    Roue-de-bicyclette-Tibert (2)

    Roue-de-bicyclette-Tibert (1) - Copie

    Agrégée-du-sourire (la conjointe de mon fils Tibert-le-chat) me fait gentiment parvenir ces deux photos prises récemment par elle dans un musée d’art moderne à New-York. Sur la première photo: un petit montage de reproductions de ready-mades de Duchamp (noter que la pelle qui pendouille au plafond et les faux morceaux de sucres en marbre en cage sont aussi des ready-mades duchampêtres). Sur la seconde photo: Tibert-le-chat (visage opacifié) laisse transpirer, de par une sémiologie gestuelle mi-ricaine mi-romaine sans ambivalence, le tout de ses vues esthétiques sur la démarche artistico-iconoclastico-contestataire du vieux dadaïste au cigare…

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