Le Carnet d'Ysengrimus

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  • Paul Laurendeau

  • Intendance

De la couverture journalistique d’une grève nord-américaine type: le conflit de travail des zipathographes de la Compagnie Parapublique Tertiaire Consolidée (essai-fiction)

Posted by Ysengrimus sur 15 juin 2011

en_greve

(Peut-être plus peut-être moins
Ces choses là se voient après)

Gilles Vigneault, «Les projets», dans Balises, 1964.

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La couverture-rengaine d’un conflit de travail continental, ainsi que le gestus social contraint, contrit, corseté et ligoté que ladite couverture-rengaine capte et régurgite, sont remarquablement codés de nos jours. Ils se déploient grosso modo comme suit. Les zipathographes de la Compagnie Parapublique Tertiaire Consolidée se sont prononcés le 31 janvier dernier en faveur de la grève générale illimitée, dans une proportion de 71%. Ils ont constaté que, depuis juillet de l’année antérieure, les négociations avec l’administration de la Compagnie Parapublique Tertiaire Consolidée avancent mal. Ils ont tout d’abord une première journée de grève tournante, le 15 février. Les 512 zipathographes d’un bled de province font une manifestation, ce jour là. Puis, le mercredi 24 février, l’intégralité des zipathographes nationaux déclenche la grève générale illimitée. Ils exigent un rattrapage salarial, un meilleur accès à la retraite et une diminution des engorgements dans la grande salle à cubicules. La dernière offre patronale, 3.8% d’augmentation et un accès cosmétiquement amélioré aux auxiliaires zipathopraticiens, a été rejetée par 86% des zipathographes. Autre point problématique: la sécurité d’emploi et le statut des accompagnateurs et accompagnatrices en zipathologie. Les clients du service consolidé, les zipa-consommateurs, ne veulent pas prendre parti mais cherchent à convaincre les deux instances en conflit de s’entendre. Fin mars, certains groupes de zipa-consommateurs vont exercer des pressions sur la capitale nationale en signalant que, sur un total transitoire de vingt-quatre jours de grève, il n’y a eu que six jours de négociations. L’appui des zipa-consommateurs au mouvement de grève est sporadique et mitigé. En effet, une clause réclamée par les zipathographes ne plait pas aux zipa-consommateurs. Quand la grande salle à cubicules est trop engorgée, les zipathographes voudraient SOIT un accès délocalisé à un auxiliaire zipathopraticien SOIT une prime salariale. Le poids en prestige symbolique de la grande salle à cubicules étant ce qu’il est, les zipa-consommateurs n’appuient pas l’idée de l’accès délocalisé à un auxiliaire zipathopraticien tandis que la Compagnie Parapublique reste hautement réfractaire à l’idée d’engager des avoirs financier supplémentaires pour perpétuer l’engorgement. Fin mars, devant la lenteur des négociations, les zipa-consommateurs envisagent de poursuivre la Compagnie Parapublique Tertiaire Consolidée en justice, si les activités cubiculaires assurés par les zipathographes sont prorogées. L’administration de la Compagnie Parapublique a menacé de procéder à cette prorogation dès le 5 avril si rien n’était réglé. Une manifestation de cent-dix-sept zipa-consommateurs a eu lieu sous une pluie battante et par un froid glacial, pour encourager les négociations, qui ont légèrement avancé. Au 7 avril, l’administration de la Compagnie Parapublique fait volte face sur sa menace de prorogation des activités cubiculaires et les négociations se poursuivent tandis que des zipa-consommateurs font une autre manifestation devant les bureaux citadins de la ministre des Ressources Zipathographiques, pour qu’elle force les deux parties à s’entendre. La ministre rappelle les deux parties à l’ordre et les enjoint de négocier, mais sans les forcer à le faire. Au 8 avril, vers quatre heure du matin, une entente de principe est finalement atteinte et, le lundi 12 avril, les 30,000 zipa-consommateurs affectés retournent se parquer en cubicules. Les activités cubiculaires sont diluées, étirées et tataouinées jusqu’au 9 mai. Les zipathographes obtiennent 6.55% d’augmentation (ils réclamaient 7.77%) et des seuils sur l’engorgement des coins et racoins de cubicules. Voilà, inutile de touiller. On ne vous en dira pas plus. Quoi? Les autres canards? L’internet? Forget it. Ils relaient grosso modo les mêmes fils de télex que nous ou alors, ils parlent d’autres choses. La couverture de la lutte des classes, c’est parox de l’intox en quadravox. Loi de fer. Loi du genre.

Et encore, hein, ici, ouf, la couverture journalistique de ce conflit de travail des zipathographes de la Compagnie Parapublique Tertiaire Consolidée n’est, l’un dans l’autre, vraiment pas trop mauvaise, si on la compare avec la couverture habituelle que les médias font des conflits de travail en province et au pays. Une fois n’est pas coutume, les principales revendications des syndiqués sont expliquées et le point de vue patronal n’est pas adopté d’emblée, comme si cela allait de soi. Les lamentations de la «clientèle», grand incontournable de la couverture de ce genre de conflit, sont bien là mais on s’efforce de rester factuel, sans en rajouter trop dans la couverture d’entretiens et les drames de vie des «pauvres victimes du conflit». La documentation photo des médias semble donner un aperçu vachement honnête des manifestations et du piquetage associés au conflit. Une fascination indue et réifiante semble cependant s’exercer envers les vastitudes blafardes de cubicules désertés. Ne nous illusionons pas. Les journaux bourgeois ne se referont pas. Le fétichisme de la marchandise, c’est ça aussi, que voulez-vous…

Cubicles

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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7 Réponses to “De la couverture journalistique d’une grève nord-américaine type: le conflit de travail des zipathographes de la Compagnie Parapublique Tertiaire Consolidée (essai-fiction)”

  1. Bombshell in a nutshell said

    Allow me to say, first off, that the image is beyond perfection. That is it: my own personal hell, and that of many, many others. Dante didn’t write about that one, but he would had he experienced it. The 8th circle of hell: eternal confinement to a cubicle.

    Now may I add that I am completely sickened by the response of the majority of working class to the struggles of their unionized confreres/consoeurs. the attitude is one of ‘if i cannot have it [« it » being job security, decent pay, fairness] then nobody should have it ad they are selfish those who think that they can have that in this day and age ». It is a race to the bottom. instead, they should be supporting their confreres and demanding the same equality and decency as they do.

    i hear that shit all the time here « they are crazy to think that they can have a « job for life »! I don’t have a job for life! They need to wake up and smell the coffee ». No, you brainwashed drone of capitalism. YOU need to wake up and smell the coffee, realize how you have been instrumentalized by your fucking employer, you defend him over your own interests, over those of your family!

  2. Le Boulé du Village said

    Excellent pattern d’opacité médiatique faussement informative, Ysengrim. Sous les Conservateurs majoritaires canadiens, il te manque une touche, par contre: celle du passage en rondeur de lois spéciales de retour au travail, 48 à 72 heures après le début du conflit. Il semble que ce soit sul’point de se planter dans l’pattern fixe, pour un bon boutte…

    [Bien vu, le Boulé. Lock out et Loi spéciale risquent en effet de devoir figurer en position solide, dans le copier-coller des descriptifs journalistiques de conflits de travail futurs au Canada. La belle époque! – Ysengrimus]

  3. Line Kalinine said

    Le public qui chiale sous les projos pour bien faire oublier que la grève revendique le respect de droits servant aussi… le public. Cercle vicieux d’intox en redite de ritournelle.

  4. Camarade said

    Comme ça me rappelle des souvenirs!

  5. Sam said

    En tous cas, ces Zipathographes sont tellement chanceux d’avoir snobé une augmentation de plus de 3.6% et obtenu 6.55%, en plus de la mobilisation et la couverture médiatique, choses impensables pour le commun des syndiqués, et leurs cubicules flanqués de vieux ordi lents et peu performants qu’on leur demande d’ailleurs de forcer au bout de leur capacités et augmenter la productivité sans que cela soit techniquement possible!

    Les très nombreux syndiqués autres que les Zipathographes bien entendu, ne peuvent rêver d’augmentation de plus de 1.2 ou 1.3% dans le meilleur des cas, ils savent aussi que leur représentant syndical du local 428, pourri et vendu au Management et la direction, n’est qu’un maillon dans la chaîne des autres représentants syndicaux des locaux 202 à 783, tout aussi pourris et trouillards, et que depuis que leur syndicat à fusionné avec celui des Zozocrates, celui des Zoukotistes et celui des Zinzinaristes et accompli tellement d’opérations et d’ententes suspectes et en connivence avec les patrons, le petit bouquin de la convention collective qu’on leur remet mis à jour à chaque année n’a pratiquement que peu de crédibilité ni effet sur la volonté des patrons de vouloir couper dans le gras, quand bon leur semble, et sous des prétextes de crise économique, ou de faible productivité, ou de mesures disciplinaires, le tout étant tellement aléatoire et à la tête du client comme on dit, et n’est que prétexte auquel le petit bouquin bible de la convention ne sert strictement à rien! Et c’est ainsi donc que les représentants syndicaux se transforment en entreprises de déménagement pour accompagner les malheureux candidats qui doivent quitter le navire et se jeter par dessus bord sous différends prétextes, et c’est ainsi qu’ils se transforment aussi en entreprise de nettoyage après sinistre une fois que le cubicule est évacué de son locataire, afin d’y effacer toute trace de son ex occupant! Et ce n’est que le quotidien bien banal de ces pauvres syndiqués, car lorsque le syndicat les convoque tous dans un hôtel de luxe du coin tous pour voter la nouvelle convention collective négociée, et qu’on les assomme dans des salles de réunion combles qui puent les pieds et ou un bon quart ne trouve même pas de chaises et doive se farcir les discours debout, on les assomme donc de discours et de promesses et on leur demande d’applaudir le président national de tous les syndicats réunis présenté comme le sauveur du prolétariat et des classes moyennes, avant de découvrir au final qu’il a passé des deals avec la grosse direction pour faire passer cette fumeuse nouvelle convention coûte que coûte, et que toute la soirée des votes avec le décorum et les gens qui se marchent sur les pieds n’était en fait qu’une mise en scène pour faire croire au caractère démocratique de toute l’opération!

    Et bien sûr, jamais ô jamais, ni les médias, ni les journaux, ni les gazettes, ni quiconque se soucie de ce qui s’est réellement passé cette année là pour tous ces syndiqués, et comment on a fini par virer la moitié d’entre eux dans les deux ou trois années qui ont suivi par intervalles, à chaque trimestre, par petits nombres, pour ne jamais attirer l’attention de quiconque, en s’assurant de leur verser un package de départ dérisoire et leur faire croire avant que ils se sont sacrifiés pour l’obtenir et dû batailler fort pour ça car il n’était pas garanti lui non plus!

    et toute la supercherie apparaîtra bien plus tard lorsque sur son bilan financier rendu public, sa publicité aux investisseurs, et autres campagnes de relations publiques, la compagnie milliardaire se vante surtout d’avoir adopté le «lean management», avoir allégé ses charges d’exploitation de plusieurs points, a pu optimiser ses ratio productivité – rentabilité, et comme une prostituée devant les nouveaux investisseurs, se livre à un strip-tease alléchant ou l’on voit son cul sous tous les angles possibles et imaginables! 🙂

    Je suis passé par là il y a un bout maintenant… donc je sais de quoi je parle forcément! 🙂

  6. Sam said

    Et J’ajouterai que secteur tertiaire ou pas, s’il y a un truc ou une expérience qui m’a personnellement marquée et a forgé ma conviction que la «démocratie» Canadienne ou Québecoise n’est que pipeau ou poudre aux yeux et que le tiers monde n’a rien à lui envier au final, et me fait crâner et pester comme vous avez sans doute dû le remarquer ici et sur les 7duQuébec depuis toujours, c’est bien ce monde professionnel, ses syndicats et ses lois… et ses fossés qu’on retrouve entre le secteur public ou semi-publique et le privée et son corporatisme d’un autre âge!

    N’ayant jamais été syndiqué en tant que cadre dans mon pays d’origine et avant mon arrivée au Canada, je ne connaissait que trop bien nos syndicats calqués sur le modèle français, tout aussi pourris, mafieux, clientélistes, et surtout puissants et au point que le cadre que j’ai été n’a pas pu améliorer la condition des salariés syndiqués lorsque l’opportunité fut présentée, car on m’a dit que cela «créerait une disparité inacceptable dans le secteur» et «ouvrirait la porte à des revendications systématiques» et autres trouvailles bureaucratiques en plus de me faire l’ennemi de la direction des ressources humaines, et que même les gros patrons qui m’appuyaient initialement dans ma démarche innovante ont fini par faire tout de suite marche-arrière et me demander d’en faire autant! Il était donc mieux pour le syndicat que l’entreprise continue de fonctionner avec des saisonniers, des sans status fixe, des contractuels payés deux sous et sur appel, et qu’il était hors de question d’innover dans n’importe quel aspect de ces relations de travail, ne serait-ce que pour instituer des facilités et aides ou même des prêts pour des salariés syndiqués qui vivaient des circonstances aggravantes et familiales! Qui êtes vous pour oser innover de la sorte me dit un jour le patron du syndicat?! Si vous voulez aider, vous n’avez qu’à aider de votre propre poche Mr untel! je n’en revenais pas! Et c’est donc avec des salariés syndiqués qui n’ont strictement rien pour les motiver alors que j’ai largement pu prouver le contraire, qu’il fallait continuer à mener le bateau… comme il fallait se contenter de se délecter de leur misère, et n’avoir le droit d’aborder le syndicat que lorsque c’est lui qui le décide, avec ses chantages minables, sur des cas précis, et ses codes même pas bureaucratiques mais culturels je dirais, comme celui de faire perdre à tout le monde un temps incroyable dans des palabres et des insultes et disputes avec les ressources humaines, qui sont leur interlocuteur et leurs meilleurs copains aussi!

    Heureux donc d’avoir laissé derrière tout ceci entre autres en arrivant au Canada, je ne me doutais pas que ce qui m’attendait ici était encore pire que tout ce que j’aurais imaginé, à commencer par ma propre résignation et obligation à prendre un job de syndiqué si je voulais vivre et payer les factures… bref, et au bout de très nombreuses années d’expérience, finir par comprendre toute la patente et ses subtilités. Dans le secteur public et semi public, clientéliste à la base dans le recrutement, les syndicats sont un état dans l’état, un ministère à part presque, et le tout est fortement soumis aux aléas politiques gouvernementaux, et compartimenté de la sorte, afin que le train ne déraille jamais et que les petites combines syndicales avec les cadres se fassent pépères et souvent protégées mieux que le job du premier ministre! Bref, toutes les réformes et restructurations qui se font au détriment des salariés syndiqués, sont menées et accomplies sans grande peine, réglées comme des horloges, et personne ni aucune loi ne peuvent les chahuter ou les déranger! Et qui fait donc comme à Québec ou Ottawa, vous retrouvez tout ce petit monde pépère et tranquille d’armées de fonctionnaires, ronrons, bourgeois, disciplinés, et parfois grassement payés pendant des lustres à ne rien faire, sont là à s’emmerder avec des vies monotones et sans surprises, sachant à l’avance de quoi seront faits les lendemains, calculant au cent près ce que sera leur pension à la retraite, et n’ayant jamais besoin d’aller chez la voyante pour prédire leur avenir! 🙂 On fait des enfants, on arrose et coupe le gazon, on traite le chien ou les chats comme des membres entiers de la famille avec courses hebdomadaires au magasin spécialisé, et on va aux même cinoches et aux mêmes restos, et on dort à 21 heures ou 22 heures max! 🙂 Les syndiqués comme les syndicalistes y sont si dociles que vous pourriez les adopter eux aussi et les installer dans votre salon! 🙂

    Mais alors dans le secteur privé là, c’est un autre monde! Bienvenu dans le corporatisme abjecte canadien… et je ne développerai pas plus juste pour dire que les syndicalistes dans ce secteur sont une race à part, certains encore plus bourgeois que les cadres, ne vivent que pour «profiter» de tels ou tels opportunités, les copinages avec les boss et autres ressources humaines sont la règle s’ils veulent faire long feu dans leur carrière, et les coups bas sont de mise aussi! Les syndicalistes qui peuvent être vos collègues vivent en tous cas mieux que beaucoup de cadres, sont rompu à toutes les trahisons, les coups de couteaux dans le dos, l’hypocrisie est dans leur ADN, et le mépris de leurs clients syndiqués est une tradition! Que voulez-vous, la sécurité d’emploi prime avant tout! Et les heures supplémentaires qu’ils s’accordent ou obtiennent et facturent à l’insu des syndiqués sont légion, autant que les heures faites pour les activités «syndicales» qui se résument à de la masturbation bureaucratique, et autres voyages de tourisme et d’agrément partout au Canada, tous frais payés, au point que ça frime au retour et ça raconte comment on s’est éclaté et visité tel ou tel endroit!

    Mais en règle générale on dira pour résumer, les deux, secteur public ou semi-public et secteur privé, s’il y a un truc qui cloche grave au Canada, c’est la gouvernance! Les Canadiens sont des champions incontestés du copiage sur papier de ce qui se fait ailleurs pour la forme et l’apparat, les règles d’éthique, les documents sur les conflits d’intérêts qu’on vous fait signer à chaque année, les codes de conduite à signer aussi, les discours, la frime, les jargon exemplaire… etc, mais dans les faits, c’est le tiers monde! La jungle et la loi du plus fort! Et beaucoup d’incompétence en passant, trop de copinages, trop de duplicité, au point qu’il y en tellement qui ne doivent leur ascension sociale que grâce à cela, sans qu’il y ait le moindre mérite dans leur parcours comme dans leurs personnes! Une culture de médiocrité qu’on ne trouvera même pas en France ou dans le tiers-monde! Car on ne fait même pas semblant d’être ou de représenter mieux que cela! Et si vous avez le malheur de vous interposer ou seulement représenter autre chose que cela, vous devenez l’ennemi de tout le monde! Grands et petits, syndiqués ou pas! Et ce sont les syndicalistes qui se paient votre tronche du matin au soir et ne manquent pas une occasion de vous dire justement que vous êtes hors-sujet, et on se demande ce que vous faites là dans ce système, au milieu de cette maladie! 🙂

    Le Canada se bat justement depuis toujours, et fait des pieds et des mains pour que jamais les règles strictes américaines, anglaises, françaises ou allemandes et autres sur la bonne gouvernance, la transparence dans celle-ci et l’abolition même de certaines lois qui le permettrait, soient instituées ici! On est pas concerné! Nous avons déterminé depuis longtemps nos propres règles de gouvernance! Jugez-les si vous voulez comme vous voulez mais vous n’y changerez rien! Car au Canada les intérêts des particuliers et autres groupes pourris priment sur les intérêts de la communauté, ou ceux de la société et c’est ainsi! C’est à prendre ou à laisser! Tous nos politiciens d’ailleurs sont rodés et rompus pour protéger cet état de fait! Et même s’il se trouve une société qui se désagrège à cause de cela, des travailleurs, des familles, et parfois même des entrepreneurs qui en souffrent et ne peuvent justement pas fonctionner dans un tel système, tant pis! Ils n’ont qu’à déménager du Canada!

    Je pense avoir résumé un peu ce que beaucoup de canadiens pensent tout haut, et ne disent jamais! Et pour s’en convaincre il n’y a qu’à voir ces campagnes électorales comme celle de maintenant! Même les politiciens ou les candidats sont incapables de dire ces vérités ou peuvent y changer quoi que ce soit! Et faute de mieux, matraquent la population par le biais des médias par des slogans vides et des dépenses énormes pour célébrer ensemble la médiocrité du système! Et le Québec n’est pas mieux loti dans tout ça… c’est quasiment la même chose, mais en pire sur tellement d’aspects!

  7. Sam said

    Et juste une petite anecdote en passant!

    Dans un vieux job, mon boss de deux paliers (boss de mon boss), et proche dans la hiérarchie des VP et autres gros bonnets de la boîte, bref, un type beaucoup moins âgé que moi, ignare, pistonné et sur-pistonné, boosté aux fonctions de la direction opérationnelle, faux cul, tricheur, sournois, bien entouré, copain des boss sur des transactions douteuses qu’il leur fait passer, en plus d’être leur confident et homme de main pour d’autres tâches n’ayant rien à voir avec son job, ayant pour toute formation son secondaire avec un certificat universitaire, et l’ancienneté, mais comme certains de ces immigrants de seconde génération anglicisés ou qui refusent de parler français, vous vendrait un bateau dans votre sommeil, affamé, rusé, branché et frimeur, bref, ce type me fera la guerre durant trois ans par sous-fifres interposés, il a tout tenté, tout essayé, lâché ses plus gros chiens, usé de la guerre bactériologique, les ragots, le harcèlement indirect, les pressions de mes boss directs, tout ça parce qu’il savait que je n’ignorait rien de ses combines et autres malversations, et que je faisait le con du matin au soir en faisant semblant que j’étais au courant de rien, en plus d’accepter de faire les tâches des autres, ses amis, juste pour qu’on me foute la paix, et ne pas créer de vagues… et surtout en leur tendant des perches pendant toutes ces années, tenter de me faire ami et envoyer des signaux pacifiques qu’ils ont tous ignoré! Mais au final, en bon procédurier et à force de coups bas, et rompu à l’art de la guerre avec ces gens là, je cultivais les amitiés autour de moi, je leur faisait face avec mon clan qui n’était pas des moindres en termes d’équipes, et lorsqu’ils ont cru pouvoir en découdre avec moi, avec l’aide directe d’au moins un VP, et surtout voyant l’ampleur de la chose si je décidais encore de continuer à me laisser faire, j’ai sorti le grand jeu et j’ai déstabilisé tout le pouvoir sur lequel ils étaient assis… j’ai fait une plainte à laquelle ils ne s’attendaient surtout pas et je me suis retrouvé assis avec les grands boss pour leur donner des leçons de gouvernance et leur expliquer pourquoi tout leur système est foireux de A à Z!

    Bien entendu, tout ceci n’a servi qu’à m’éviter de devoir les subir encore, et comme dans un film américain, dans un programme de protection de témoin, j’ai eu droit à la paix et l’engagement de la compagnie à me fournir la protection totale de toute tentative de vengeance qui bouillonnait en eux, surtout, surtout et surtout que je les avait pris en pitié et avais sauvé leur job en demandant formellement à la compagnie dans ce processus de les garder et les «réformer» ou les éduquer étant des parents avec enfants, et que toute la frime dont ils faisaient preuve n’empêcherait pas leur vies de s’écrouler comme des châteaux de cartes… car comme tout le monde, vivant de paycheck à paycheck! Et le pire est qu’ils ont jamais rien su de tout ça, ils croyaient que c’est leur boss qui les ont sauvé! C’est sûr que ça ne m’a surtout pas aidé vu le tremblement de terre que j’avais créé et dont les redondances pouvaient se ressentir au niveau national dans les branches de la compagnie sans que cela puisse être relié à moi, et donc au bout de ces années là, voyant qu’il était vain que je demande à me promouvoir aux postes de gestion vu la réputation qu’ils ont tenté de me faire à mon insu, je demandais une indemnité de départ lorsque l’occasion se présentait et foutais le camps! On m’a tout de suite signé le chèque et souhaité bonne chance!

    Et donc avec le recul, et non pas l’ironie ou l’amertume, j’ai tout de même un regret dans tout ceci, je ne sais pas pourquoi je leur ai fait cadeau avec les syndicalistes aussi de les blanchir ou couvrir ou les sauver, alors qu’ils étaient prêts à me sacrifier et me jeter dehors combien de fois! J’ai donc contribué à garder et maintenir le système intact pour une histoire de conscience humaine alors qu’ils en étaient dépourvus depuis toujours, et ont détruit combien de personnes avant moi! Et à cet instant, je ne sais toujours pas pourquoi est ce que les grandes entreprises canadiennes préfèrent encore utiliser des gens sous-qualifiés pour des postes à responsabilité et les payer moins bien sûr, alors que le coût qu’ils lui en font subir est bien plus élevé que les économies de salaire minable qu’elles tentent de réaliser! Rien que dans ce boulot, j’ai estimé à plusieurs millions les pertes subies à cause de ce genre d’énergumènes employé massivement en gestion alors que dans les équipes au bas de l’échelle, vous trouviez des gens qui ont des bac et des maîtrises et qui sont royalement ignorés! Et inutile de dire que ces profils sous-éduqués et pistonnés sont souvent ceux qui se permettent des maisons cossues, des trains de vie d’avocats d’affaires, roulent en voitures de luxe, se la pètent du matin au soir, et pour couronner le tout, entrepreneurs en immobilier dans leur temps libre, ils possèdent des logements à revenu à crédit et se font creuser des piscines de luxe chez eux pour épater la galerie!

    Un jour, un client et vieil avocat pointu de Montréal m’a dit, si tu veux te faire ta place ici, il ne faut pas avoir d’état d’âmes, personne ici ne te fera le moindre cadeau, et tu ne dois en faire à personne! Et si tu savais jusqu’où les gens sont prêts à aller pour nuire aux autres ici, si tu savais comment les gens s’empoisonnent et empoisonnent la vie des autres, tu ferais probablement tes bagages et déciderais de quitter ce pays! Et il avait parfaitement raison! Corporatisme ou pas, syndicalisme ou pas, fonction publique ou pas, nous sommes dans l’antre du loup! Le capitalisme en Amérique du Nord a appris aux gens à s’envier, se détester et se haïr malgré toute la mise en scène et les sourires jaunes, les copinages et autres clans et amitiés de façade, ici c’est chacun pour soi et le dollar pour qui sait aller le déterrer quitte à commettre les pires crimes!

    Le syndicalisme canadien ne déroge pas à la règle, ni d’ailleurs les syndiqués entre eux qui passent leur journées à se fliquer entre collègues, à se passer des ragots, à se haïr, à se moucharder les uns les autres, à vendre la mèche ou autres scènes de lèche-culisme et léchage de bottes, en plus de maîtriser l’art de l’hypocrisie et des calculs en tous genre, comme si au fait, on était dans une espèce de scénario de survie ou les uns doivent obligatoirement nuire, voir éliminer les autres! Et le pire est que même les tous jeunes, à peine vous les incorporez dans ces systèmes, ils les adoptent par cœur, et vous voyez bien leur inconfort et leur mauvaise humeurs et le fait d’être mal dans leur peau pour devoir se taper ce genre de relations sociales!

    Le tiers-monde c’est la même chose en tous cas, et vous ne trouverez pas de prolétaires, ni de cadres qui ait la paix au boulot ou chez lui, et après on se demande pourquoi les gens sont brûlés aussi jeunes qu’à trente-cinq ou quarante ans! C’est, on dirait, une tendance sociale! Et un destin auquel nous nous sommes tous condamné à l’avance, hélas!

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