Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Le syndrome du T’AS DIT CACA!

Posted by Ysengrimus sur 1 juin 2010

t-as-dit-caca-et-tu-vas-payer

«Regardez, oh,  il a dit ceci!». « Hon, haro, elle a dit cela!» « Il y a trente ans, vous avez dit que… est-ce que cela signifie que…? . Je vous dis que la liberté d’expression et la liberté d’opinion n’ont pas trop bonne presse par les temps qui courent. Le rigorisme superficiel de la parole, la soumission conformiste de la pensée et le syndrome du T’AS DIT CACA! perpétuent et amplifient leurs odoriférants ravages. De plus, déférence obligée pour les uns et les autres, force est d’observer que tout le monde mange de ce pain là, en fait, de tous les bords du ci-devant spectre idéologique. Il y a un T’AS DIT CACA! de droite et un T’AS DIT CACA! de gauche. Chacun y allant fort, fort, dur, dur, fonction de sa fantasmatique spécifique. N’épiloguons pas sur la caca dans sa superfétation doctrinale… Observons simplement qu’on assiste et contribue de concert à la grande baillonnade compulsive universelle. Pour utiliser un mot inventé jadis par René Lévesque: c’est vomissant… Pas le droit de changer d’idée dans la vie. Plus droit au moindre écart de langage, d’opinion ou de comportement. Obligation de s’expliquer tataouineusement et sans fin sur tout, autre chose et le reste, devant un auditoire véreux qui, du reste, ne vaut guère mieux que ce qu’il vient de vous accuser d’avoir juste dit… C’est bien notre époque ça. T’AS DIT CACA! y a un hostie de putain de baille, on va te le faire payer de toute éternité et salir tout ce qu’on peut salir avec ton «t’as dit». Ça devient subrepticement facho, ces pratiques de fausse moralité médiatique là, vous me direz pas…

Moi, de notre culture du T’AS DIT CACA! contemporaine j’ai envie de dire, pour ma part: LA BONNE DAME PROTESTE UN PEU TROP, IL ME SEMBLE. Mais il faut alors un peu s’expliquer. C’est dans Hamlet. Ce prince contrarié reproche à sa mère, la reine du Danemark, de s’être remariée trop vite, avec son oncle, qui a promptement remplacé le père de Hamlet sur le trône danois. Une troupe d’acteurs vient au château royal et Hamlet leur fait jouer une pièce dans laquelle une vieille reine proteste et se lamente sans fin à la simple idée de la mort de son roi. Hamlet se penche alors vers sa mère et lui demande son appréciation sur la pièce, justement au moment de cette scène spécifique, qui est en fait la formulation, par effet de contraste, du reproche qu’il lui fait à elle. La mère de Hamlet répond: LA BONNE DAME PROTESTE UN PEU TROP, IL ME SEMBLE («The lady doth protest too much methinks.» HAMLET, Acte 3, Scène 2). Par ce propos, la reine du Danemark exprime clairement son droit personnel à des comportements moins convenus, donc, ici, dans ce cas-ci, à un deuil plus bref. Autrement dit: ce spectacle, cet étalage, ce flamboiement de «vertu» n’est pas très fiable, trop poussé, trop charrié, trop empesé, trop artificieux… Or, le battage pépiant et cancanant des petites âmes soi-disant offensées par la licence toute minimale des comportements verbaux et sociaux contemporains nous donne à contempler et à subir une opinion publique braquée, creuse, vide, sans fond, sans perspective, sans vision, sans entrailles qui, franchement, justement, PROTESTE UN PEU TROP, IL ME SEMBLE. Tout se passe comme si la mère de Hamlet, ou toute personnalité, publique ou privée, de notre temps, de tous les temps, doit maintenant s’expliquer sans fin devant le grand collège des Diafoirus renfrognés anonymes sur son remariage rapide, son passé personnel, ses regrets, ses amours, ses envies, ses pulsions, ses croyances, ses orientations (dans tous le sens du terme). Faut-il aussi qu’elle soumettre pour approbation, au grand symposium nivelant, ses préférences artistiques et musicales, ses sports favoris, sa marque de tomates en conserve, ses hauteurs de talons, la teneur en fluor de son dentifrice, ses cauchemars les plus récurrents, son personnage favori dans Sésame Street, la couleur de la peinture de son premier char, la couleur électorale de son premier parti politique, si elle est Beatles ou Rolling Stones, Apollon ou Dionysos, Chips ou Fritos, Monet ou ManetMolière ou Shakespeare? Oh là là, la barbe. Il faut présenter patte blanche, conformette et doucereuse, à tous les huis et dans tous les tournants et il s’agit, c’est le cas de le dire, d’une patte blanche toujours de la même farine… Les idées qui dérangent tant les ergoteurs et les ergoteuses de nos galeries (de presses et de ruelles) ont indubitablement une longue tradition de pulvérisation silencieuse par le bon ton maladif… On prétend informer et éduquer? On bouche les bouches, on bouche les yeux. Maudite conformité fliquante. Cela ne se calme pas, n’en finit pas, et cela s’aggrave. Bon, attardons nous sur deux petits exemples, tirés de la nasse grouillante et opaque de la vindicte omniprésente. Ya qu’à se pencher. C’est qu’on dégage, de nos jours, deux grands types de T’AS DIT CACA!

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Le T’AS DIT CACA! de type «contenu choquant» (si tant est). Un petit politicien nationaleux québécois a le malheur, dans un de ces discours de thérapie collective autojustifiante dont il a le sirupeux secret, de parler de la résistance québécoise. Un gros ministre fédéral anglophone canadien se met aussitôt à pogner la Danse de Saint-Guy, à sautiller et à fortiller: «Oh, t’as dit résistance. T’AS DIT CACA! Tu nous traites implicitement, nous (anglo) canadiens, de miliciens, de pétainistes, de vilains, de nazis… etc… etc… caca… caca… ». C’est tellement typique des anglo-canadiens ça (mais oh, hein, ils ne sont pas les seuls!). Charrier plus loin, en faisant passer l’autre pour celui qui a charrié plus loin. Pourquoi la barouetter tout de suite d’un seul coup d’un seul dans le stéréotype «français» de la Résistance Française/Miliciens/Pétainistes/Nazi etc… Malhonnêteté criante de gouvernant gluant et veule. Accusations de T’AS DIT CACA! sur implicites déformants et fallacieux. Bon moyen –surtout!- d’esquiver le débat de fond qui vous placerait devant votre statut réel d’occupant multi-centenaire, tranquille, onctueux, et si faussement bonhomme. Solution de facilité rhétorique pour faire l’autre avoir l’air fou, excessif, extrême, abusif, délirant, impertinent, inane, devant les gogos en extase. Nous sommes en pays anglo-saxon, les plombs. Restons impériaux, mes beaux… Ainsi, la comparaison intellectuellement, ethnologiquement, sociologiquement et éthiquement adéquate ici, c’est celle de la RÉSISTANCE IRLANDAISE (Irish Resistance). Calmons nous le pompon folklorique un brin, et chantons en choeur…

Et que monsieur le tout petit petit gros ministre, inculte comme tous les ministres, s’informe un peu sur la longue et lancinante Résistance Irlandaise face à l’Angleterre. La ressemblance entre le Québec et l’Irlande, sur ces questions historiques et sociopolitiques est sidérale, et on a là, sans malice et sans fiel, une analogie pertinente, pondérée, utile, éclairante et, surtout, pas de nazis torves dans le tableau pour donner mauvais genre à quiconque. Qu’il se dépayse un peu, le petit politicard baillonneux qui proteste juste un peu trop (il me semble). Comme ça, en plus, bien, ses (éventuels) souhaits de la Saint Patrick aux québécois ne seront pas que du lip service multiculturel-oui-mais-seulement-si-vous-nous-imitez de toc… Bon, je m’arrête ici sur cet irritant exemple canadien. Partez-moi pas là-dessus, je n’en finirais plus et me mettrais moi-même en personne à vous la dégobiller sur votre liquette, mon Irlande intérieure bien raboteuse, vallonnée et verte vive. Les petites âmes offensées (et gros oppresseurs effectifs) de ce premier exemple sont de fait, aussi ridicules, vides et perfides que celles qui pépient dans le giron du second grand type.

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Le T’AS DIT CACA! de type «comportement verbal déplacé» (si tant est). Une autre manifestation omniprésente de notre cher syndrome contemporain du T’AS DIT CACA! c’est le fameux dirty talking, comme quand, disons, un vice-président américain susurre This is a big fucking deal! dans l’oreille de son président et que des micros renifleurs le captent inopinément. Alors là, les hauts cris (surtout dans l’autre famille politique): « Hon… T’AS DIT FUCKING! Haro… Haro…». Or pourtant, dans ce cas particulier, l’injure, la vraie, la “de contenu” aurait été si le vice-président en question avait dit: THIS IS NO FUCKING BIG DEAL, traduisible alors par: Y A PAS DE QUOI EN FAIRE UN FROMAGE PAREIL. Ce que monsieur le vice-président truculent a vraiment dit se traduit, en fait par: C’EST IMMENSE, C’EST GIGANTESQUE, C’EST FABULEUX, C’EST MERVEILLEUX… Linguistiquement, FUCKING n’est rien d’autre qu’un adverbe intensif, rien de plus, rien de plus… et il faut aussi noter que le susdit FUCKING est en train de devenir ce que les linguistes appellent un infixe, c’est-à-dire une forme dépendante qui s’enchâsse dans un groupe idiomatique pour en altérer le sens initial. BIG DEAL en anglo-américain c’est une expression figée signifiant «une grosse affaire» «une grosse histoire» ou (au sens figuré de ces traductions): «un foin», «un fromage», «un plat». Maintenant comparez:

(1) FUCKING CLINT EASTWOOD
(2) CLINT FUCKING EASTWOOD

en (1) FUCKING est péjoratif, on dénigre ouvertement monsieur Eastwood. En (2) FUCKING, infixé dans le groupe, comme dans la remarque de notre bon vice-président, est laudatif. On valorise monsieur Eastwood. Dans le film DUDES de Penelope Spheeris (1987), un premier personnage veut venger la mort d’un second en utilisant une arme à feu, genre western. Le troisième “dude” s’exclame: “There is no way you can do this, dude. You’r no Clint Fucking Eastwood”, signifiant clairement son admiration pour le grand cowboy mythique et son statut inégalable. Il est indubitable que le mot de notre vice-président qui, ici a, si ouvertement, dit caca, et face auquel on paniqua si vivement, protestant vraiment un peu trop (il me semble), sans jamais rien analyser, est, lui aussi, intégralement laudatif. Dans la mouvance de ce T’AS DIT CACA! mal décrit par les médias du temps, certaines personnes, moins délirantes que les autres, avaient vite fait d’imprimer les macarons (très) minimalement protestataires suivant:

On se donne les slogans-de-macarons des causes que notre époque nous dicte, me direz-vous, et ce sera effectivement fort bien dit. Le BIG en majuscule sur les macarons ici, tête du groupe BIG DEAL, représente un accent tonique. Cela réduit la valeur laudative de l’infixe FUCKING et nous ramène fermement vers le sens littéral de BIG DEAL, pour signifier qu’on fait vraiment effectivement tout un plat de ce petit mot de l’irlando-américain au sourire éclatant… En résumé, comparez (la majuscule représentant un accent tonique d’insistance):

(3) This is a big FUCKING deal (comme dans le mot de notre truculent vice-président)
(4) This is a BIG fucking deal (comme sur les macarons supra)

En (3) la valeur laudative de FUCKING tire le groupe vers la valorisation. En (4) la valeur littérale de BIG (+deal) ramène le tout vers le sens littéral du groupe, plus péjoratif, de «un foin», «un fromage», «un plat», «(toute) une affaire», «(tout) une histoire». Nos traductions :

(3)   C’est extraordinaire, c’est merveilleux (Implicite: cet événement politique)
(4)   Mais vous en faites tout un plat! (Implicite: de ce mot du vice-président)

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Oui? Tout un plat, oui? On se suit? Bon… Ouf… Ah, mais inutile de vous dire combien il serait fatiguant, épuisant, éreintant de devoir démonter ainsi, un par un, cas par cas, graine à graine, tous les T’AS DIT CACA! contemporains pour le bénéfice des petits esprits bien en place qui se gaussent tellement de la vérité, en fait, et ne cherchent qu’à flétrir et à discréditer, sans débattre, sans diffuser la moindre pensée, sans respecter la décence intellectuelle la plus élémentaire, en utilisant la bêtise ambiante comme porte-voix, et en s’appuyant simplement sur le genre de postulat de vindicte dont se nourrissent constamment les salisseurs professionnels. Il serait pourtant tellement plus simple de laisser les voix discordantes s’exprimer clairement, de relever le gant et de débattre sur le contenu, au contenu justement, ouvertement, frontalement, sans constamment souffler démagogiquement au tout venant suiviste ce que devraient être les lignes des uns et le babil des autres, au nom du bon ton bâillon du moment. Dosé, écoeuré de cela, moi, je me promène avec une lanterne, en plein jour, en murmurant: je cherche un débat de fond.

Je suppose qu’un jour (re)viendra sur l’une ou l’autre de nos agoras-extra-ou-intra-caca…

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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16 Réponses to “Le syndrome du T’AS DIT CACA!”

  1. JBM said

    Super intéressant comme article! Et j’avoue, à y réfléchir, donner dans le «T’as dit:…»… Sur ce je me prosterne et vois que j’en ai à apprendre.

    Néanmoins, quelque chose me tracasse. Lorsque quelqu’un donne dans le mauvais language en guise de débat, c’est souvent signe qu’il ne maîtrise ni le sujet ni ses émotions. D’autre part, lorsque quelqu’un tient des propos dogmatiques ou recours à la démagogie ou le populisme, y’a comme un bris de forme: le débat n’est plus ce qu’il devrait être… Il me semble que c’est tellement plus intéressant un débat lorsque chacun… débat justement…

    À l’extrême du ridicule rigorisme, on a une série de (combien sont-ils rendus? 140?) mots interdits à l’Assemblée Nationale du Québec. Les députés se sont perdus dans les méandres du language politiquement correct et ont préféré le ‘rigorisme superficiel’ à la liberté d’expression.

    Attention: je ne suis pas de ceux qui cautionnent comme toi l’usage de n’importe quel propos, il me semble qu’il y a des nuances à faire non? Je vois mal ce qu’un fucking apporterait lors d’un débat en assemblée nationale, mais retrancher des mots comme ‘fraude’ ou ‘falacieux’ c’est un comble…

    À l’autre extrème encore: Falardeau. Ce que je me demande c’est: aurait-il été écouté s’il n’avait pas entrecoupé ses messages chocs de grossièretés sans nom (mais oh combien drôles!)?

    Donc, la question est: où est la limite? Tant qu’à ça y’en a t’il une? Et s’il n’y a pas de limites à la liberté d’expression, alors que devient l’idée du respect et comment peut-on défendre son intégrité devant des gens au message haineux et diffamatoire?

    C’tun pensez-y bien, non?

    [Observe combien tu réponds sereinement et judicieusement au débat important que tu introduis. Tu critiques fort utilement, en pour et en contre, les excès verbaux gratuits et ce ouvertement, sans ambivalence mais… sans baillonner personne non plus. Tu ne me donnes certainement pas envie de causer grossier avec ce genre d’analyse… – Ysengrimus]

  2. ysengrimus said

    À l’extrême du ridicule rigorisme, on a une série de (combien sont-ils rendus? 140?) mots interdits à l’Assemblée Nationale du Québec.

    Indépendamment des positions politiques ou politiciennes qu’on adopte, le fait reste que ces baillons parlementaires bousillent pas mal l’accès des citoyens aux informations nerveuses et acrimonieuses du ci-devant débat-bla-bla-bla. Deux exemple:

    Au parlement québécois, le premier ministre désignait souvent le chef d’un obscur petit parti de droite de l’opposition du sobriquet de Girouette ou, mieux, de Girouette Nationale. Le président de la chambre a fini par bâillonner le premier ministre québécois là-dessus, en inscrivant ostentatoirement le mot girouette sur la liste noire du vocabulaire dit «non-parlementaire». Or, Girouette ici cristallise pourtant le tout d’une analyse de tactique politique, en rappelant, avec la constance requise, que les démagogues populistes sont opportunistes et suivent le vent de la vindicte publique, sans adhérer à un programme social effectif. Cette analyse est maintenant privée de son capteur-synthèse, du moins en chambre.

    Au parlement canadien, on vient tout juste de censurer l’expression Québécois de service, qui servait, et servira encore longtemps, à désigner les québécois chouayens qui siègent avec les grands partis de l’occupant, parce que celui-ci a besoin de rehausser sa crédibilité-spectacle, en se donnant une présence francophone de façade, présence effectivement impuissante et inopérante dans les structures internes du parti, et alignée sur l’estrade strictement pour fins électoralistes face au bien durillon «marché de l’est». Ce sont principalement les québécois PAS DE SERVICE (dans les deux sens du terme) que l’on musèle ainsi dans leur analyse politique, sous prétexte d’éviter les excès strictement verbaux.

    Encore une fois ceci est dit ici indépendamment des positions politiques ou politiciennes qu’on adopte. Moi, quand on censure quelqu’un quelque part, sur la gauche ou sur la droite (j’aime bien voir arriver mes réacs sur la plaine plutôt que dans le maquis), au bout de la ligne, c’est une information dont on me prive et, déférence obligée pour la simple promotion du savoir sociopolitique et pour la compréhension des débats de société, ça fait pas mon affaire de me les faire constamment couvrir par les bip-bip inutiles des petits esprits frileux de tous les camps.

    • Ophelia said

      Le président du Parlement fédéral musèle les québécois pas de service ainsi:

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      40e LÉGISLATURE, 3e SESSION

      Le lundi 31 mai 2010

      À l’ordre, s’il vous plaît. Je suis maintenant prêt à rendre ma décision sur le rappel au Règlement soulevé le 5 mai par la députée de Beauport—Limoilou au sujet de l’utilisation de l’expression «Québécois de service» ou «token Quebecker» pour désigner certains députés.

      [Français] Je remercie l’honorable députée de Beauport—Limoilou d’avoir soulevé cette question, ainsi que l’honorable député de Crowfoot, l’honorable député de Montmorency—Charlevoix—Haute-Côte-Nord, l’honorable député de Marc-Aurèle-Fortin, l’honorable député de Saint-Laurent—Cartierville, l’honorable député de Joliette et l’honorable secrétaire parlementaire pour les Langues officielles de leurs interventions.

      À la suite de la période des questions du 5 mai, la députée de Beauport—Limoilou est intervenue pour dénoncer la désignation de «Québécoise de service» ou «token Quebecker» utilisée à son égard par l’honorable député de Marc-Aurèle-Fortin. Elle a alors insisté sur la nécessité pour tous les députés de se respecter les uns les autres, malgré leurs divergences de convictions et d’idées.

      [Traduction] Le député de Saint-Laurent—Cartierville a abondé dans le même sens, qualifiant cette expression d’insulte. La secrétaire parlementaire pour les Langues officielles et le député de Crowfoot ont ajouté qu’il n’y a en fait aucun député de service.

      Le député de Marc-Aurèle-Fortin ainsi que le député de Montmorency—Charlevoix—Haute-Côte-Nord ont rejeté cette prétention, affirmant que seule l’expression française «Québécois de service» avait été utilisée, et non pas «token Quebecker» comme on l’avait laissé entendre, et que le député de Roberval—Lac-Saint-Jean avait déjà sciemment utilisé cette expression en parlant de lui-même.

      [Français] Pour sa part, l’honorable député de Joliette, reconnaissant que certains députés peuvent considérer l’expression comme une insulte, a fait remarquer que les députés de son parti font souvent l’objet d’insultes au cours des délibérations, sans qu’ils ressentent chaque fois le besoin de porter les propos offensants à l’attention du Président.

      [Traduction] L’utilisation de cette même expression a auparavant été portée à l’attention de la présidence. Le 31 mars 2009, à la page 2221 des Débats, le député de Bourassa a soulevé un rappel au Règlement similaire. Depuis lors, la présidence a constaté que l’expression a été employée plus d’une douzaine de fois, dont plusieurs fois au cours des quelques derniers jours.

      [Français] Bien que certaines personnes puissent juger acceptable l’expression «Québécois de service» ou «token Quebecker», la présidence estime que celle-ci est utilisée de façon répétée à la Chambre dans un but de provocation. Des députés contestant la tenue de propos à la Chambre ont par le passé cité La procédure et les usages de la Chambre des communes, deuxième édition, où il est écrit, à la page 618:

      [Traduction] Les délibérations de la Chambre sont fondées sur une longue tradition de respect de l’intégrité de tous les députés. Par conséquent, la tenue de propos injurieux, provocants ou menaçants à la Chambre est strictement interdite. Les attaques personnelles, les insultes et les grossièretés sont contraires au Règlement.

      Il est également écrit dans ce même ouvrage, à la page 619:

      Lorsqu’il doit décider si des propos sont non parlementaires, le Président tient compte du ton, de la manière et de l’intention du député qui les a prononcés, de la personne à qui ils s’adressaient, du degré de provocation et, ce qui est le plus important, de la question de savoir si oui ou non les remarques faites ont semé le désordre à la Chambre. Ainsi, des propos jugés non parlementaires un jour pourraient ne pas nécessairement l’être le lendemain. […] Même si une expression peut être considérée comme acceptable, selon le Président, il faut se garder d’utiliser toute expression qui pourrait semer le désordre à la Chambre.

      [Français] Dans le cas qui nous occupe, l’emploi de l’expression en question a clairement semé un certain désordre et a été largement perçu comme une insulte. Par conséquent, j’exhorterais les honorables députés de s’abstenir d’utiliser cette expression, de même que toute autre qui risquerait de semer le désordre.

      Comme je l’ai mentionné lorsque la question a été soulevée, les députés peuvent porter à l’attention du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre les questions qu’ils ont au sujet de l’utilisation de cette expression, et peut-être, de façon plus large, celles liées aux propos non parlementaires.

      [Traduction] J’aimerais également profiter de l’occasion pour rappeler à la Chambre, afin que ce soit bien clair, que tous les députés ont été élus légitimement, en bonne et due forme, et occupent leur charge à bon droit. Comme l’a judicieusement fait remarquer l’honorable député de Crowfoot, aucun député n’est «de service», dans aucun sens du terme. Laisser entendre le contraire minimiserait l’importance de notre système parlementaire, de notre système électoral et des décisions des électeurs mêmes qui ont mandaté les députés.

      Je remercie les députés de leur attention.

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  3. Tourlou said

    Vous me rappelez avec humour Le cours de sacres de ce groupe d’humoristes québécois des années 1970, Les Cyniques.

    Ou comment bien s’exprimer propre pour les beaux esprits.

  4. PeintreInspirée said

    Ysengrim, pour ton info et celle de tes lecteurs, je pense bien qu’ils sont rendus à 222 mots bannis au Parlement de Québec, désolant n’est-ce pas? Le chiffre du médicament qui soulage les maux de têtes mais pas les mots. C’est rendu que les politiciens traitent les mots comme des actes. Les voici:

    ______________________________________________________________________

    Absent (grand absent des régions)
    Acte criminel (pas seulement de l’incompétence, mais c’est un)
    Aigrefin
    Amis malhonnêtes
    Appuyer ses amis
    Arnaque (complice d’une arnaque, d’une astuce)
    Arrogance (un peu d’arrogance que de l’ignorance ou de l’insignifiance)
    Arrogant
    Aveuglement volontaire
    Avis de complaisance
    Bandits (quelle gang de…)
    Basse-cour
    Basses oeuvres
    Bebites
    Bigoterie
    Boîte (fermer sa…)
    Bonhomme sept-heures (jouer au)
    Bonne foi (ne pas négocier de)
    Boucher de Charlesbourg
    Bouffon
    Bouffonnerie
    Cabotin
    Cacher ce déficit (cet avis)
    Cacher dans le silence (Se)
    Cacher des études
    Cacher des informations (quelque chose)
    Cacher la réalité
    Cacher son bilan
    Cachette (signer un bail en)
    Cachotterie
    Camouflage
    Camoufler cette affaire
    Camoufler une manoeuvre politique
    Carpette (se comporter comme une)
    Cautionne les gestes qui avaient été posés
    Chantage (a décidé de faire du…)
    Cheap
    Cheap (et mesquin)
    Chien de poche
    Chien qui jappe d’un chien qui mord (distinguer un)
    « Cimenteur » (si menteur)
    Clown
    Cochon, Cochonneries
    Collusion
    Complice
    Complice de toute la manoeuvre (la Procureur général se fait)
    Con
    Conneries
    Connivence
    Contribuer à la caisse électorale
    Copinage
    Couillonner les citoyens du Québec
    Cover-up
    Crétinerie
    Culot
    Déformer la vérité
    Dégueulasse
    Démagogie
    Démagogique (bassement)
    Démagogue
    Demi-vérité
    Déshonorant (e)
    Détecteur de mensonge
    Détourner de l’argent
    Deux de pique
    Diffamer la réputation
    Dissimuler (des documents)
    Dupe de la fausse vertu dans laquelle le chef de l’opposition tente de se draper
    Duperie
    Encourager le député à tenir des propos diffamatoires
    Endosser (à moins que le gouvernement endosse une telle pratique)
    Épais
    Erreur
    Esbroufe (faire de l’)
    Espèce d’intolérance qui a fondé les propos du député
    Étouffer cette affaire
    Façon indue
    Faire du millage politique sur les règles de fonctionnement de l’Assemblée
    Faire honte à la population de son comté (en parlant d’une députée)
    Faire la grève, n’a pas voulu siéger
    Fanfaron (faire le)
    Faussaire (intellectuel)
    Fausse publicité
    Fausses représentations
    Fausseté
    Faux (fausse)
    Favoritisme
    Fin finaud
    Flouer les citoyens
    Folies
    Fou, Folles
    Fourberie(s)
    Fourbes (ils sont…)
    Fraude intellectuelle
    Fraudes électorales
    Fraudeuse
    Gang (des gens de votre) (l’autre) (la même)
    Geste antidémocratique
    Girouette
    Gorlots-là
    Gueuler
    Homme de paille
    Honnêteté (avoir l’honnêteté de dire)
    Honnêteté intellectuelle (avoir le moindredement d’)
    Hurluberlu
    Hypocrisie
    Hypocrite
    Idiot (son propos…)
    Ignorance (un peu d’arrogance que de l’ignorance ou de l’insignifiance)
    Imbécile
    Imbécilité
    Imposture
    Incompétence
    Incriminer
    Indécence
    Indécent
    Individu sinistre
    Induire en erreur
    Inflation verbale
    Ingérence politique éhontée (de sa part)
    Innocent
    Insignifiance (un peu d’arrogance que de l’ignorance ou de l’insignifiance)
    Insignifiant (discours…)
    Insignifiantes (insinuations) (réponses)
    Insinuation aussi basse que celle-là (une question reposer sur une)
    Intelligemment (parler de temps en temps)
    Intelligence (ça ne prend pas beaucoup d’intelligence pour comprendre cela)
    Intimidation (complicité dans l’) (cautionner l’)
    Inventer des lettres d’excuses t)
    Irrégularités dénotées dans le comté de Bertrand
    Jaune
    Joué dans les dossiers (premier ministre avait)
    Justicier de bas étage
    Lâche
    Lâcheté
    Mains sales
    Malade
    Malhonnête intellectuellement
    Malhonnête (interprétation…)
    Malhonnêteté intellectuelle
    Manipulation
    Manipulation un peu malsaine
    Manipuler
    Manoeuvre malhonnête
    Manoeuvres de maquillage
    Manque d’intégrité
    Marionnette (du bunker)
    Mascarades
    Matamores
    Mauvaise foi
    Mensonge
    Mensonger (irréaliste et irresponsable)
    Mensongers
    Menterie
    Menteur
    Mentir
    Méprisant (en parlant d’un député)
    Méprisante et mesquine (habitude…)
    Mesquin(e)
    Mesquin (cheap et…)
    Mesquine, hypocrite et sans courage (Question)
    Minable
    Moquer (se moquer des Québécois)
    Motifs indignes (ils ont des)
    Mousquetaire de Joliette (en parlant du député)
    Moutons (vote grégaire de ses moutons…)
    Népotisme
    Niaiseries
    Nono
    Omettre sciemment de dire la vérité
    Opinion de complaisance
    Opinion qu’elle aurait sollicitée (pour faire l’affaire du ministre des Finances)
    Os pour son chef (ne pas devenir un…)
    Parc des petits amis
    Paresseux
    Parler des deux côtés de la bouche
    Partitionnistes (les députés d’en face sont des…)
    Patronage qui se faisait à partir du bureau de Robert Bourassa
    Patronage
    Pernicieuse, attitude
    Petite et basse politique (faire de la)
    Petite politique
    Petit gouvernement
    Petits amis du Parti libéral empochent (les)
    Pickpockets
    Pleutre
    Plomb dans la tête (avoir besoin de…)
    Politicien patronneux
    Politicaillerie ( faire de la petite)
    Poltron (plus ou moins…)
    Poser un geste aussi cynique
    Pot-de-vin (lettre de…)
    Pyromane
    Règles d’éthique qu’elle aurait transgressées (en parlant d’une ministre)
    Ridicule (Chance que le ridicule ne tue pas, parce qu’il y aurait une députée de moins ici, à l’’Assemblée nationale)
    Ridicule (Si le ridicule tuait, le député de… ne serait pas très en vie en ce moment)
    Ridicule leader de l’opposition
    Salir la réputation
    Salissage (faire du)
    Salissage (victime du…)
    Sans coeur pour le faire (c’est parce qu’il est trop)
    Scandale Dionne-Marsolais
    Sciemment induire en erreur
    Sépulcre blanchi
    Servile
    Solde à la remorque du vice-premier ministre (la même ministre de la Justice est à la)
    Sottise et vanité sont les compagnons inséparables du chef de l’opposition
    Soupçon de sincérité
    Stupidités
    Supercherie (du ministre)
    Système mis en place pour enrichir ses amis
    Système qui récompense les amis du régime
    Tapis de porte
    Tartuferies
    Tata
    Tentative d’induire la population en erreur
    Tenté d’induire la Chambre en erreur (le député […] a)
    Ti-coune
    Torchon (en parlant d’un projet de loi)
    Tordu (ministre de l’Éducation)
    Tordue (interprétation…)
    Traficoter (un document)
    Trafiquer
    Trahir (promesses, façon de fonctionner)
    Trahis par le ministre
    Traîtres à la nation québécoise
    Travestir des règles parlementaires
    Tricher
    Tricherie
    Tripotage
    Tripoter
    Tromper cette Chambre
    Tromper la population (le peuple)
    Tromper les Québécois (les citoyens) (l’électorat)
    Tromperie
    Valet de…
    Vérité
    Vérité (ne pas dire la)
    Violé la Loi du ministère du Revenu (le ministre du Revenu a)
    Vol des surplus
    Voler
    Vomir
    Vote grégaire de ses moutons —
    Voter (empêcher les gens de…)
    Vrai (ce n’est pas…)
    Yes man

    Et voici la source :

    Le Recueil de décisions concernant la procédure parlementaire est publié sous l’autorité du secrétaire général de l’Assemblée nationale et préparé par le Secrétariat général adjoint aux affaires parlementaires et à la procédure.

    Assemblée nationale
    Édifice Pamphile-LeMay
    1035, rue des Parlementaires
    Québec, Québec
    G1A 1A3
    Dépôt légal
    Bibliothèque nationale du Québec, 1998
    ISBN 2-550-49075-3

  5. La Vache Enragee said

    En Ontario, on ne dispose pas d’une telle liste, le critère nébuleux pour établir ce qui constitue des propos non parlementaires étant le degré auquel la remarque peut susciter le ci-devant désordre dans l’Assemblée…

    Assemblée législative de l’Ontario
    le 18 mai 2010

    UNPARLIAMENTARY LANGUAGE
    Mr. Peter Kormos[NDP – LVE]: On a point of order, Mr. Speaker: We agree with the proposition that when the Speaker determines that offensive or disorderly language has been used, the member will be requested to withdraw the unparliamentary word or phrase and that the member must rise in his or her place to retract the words unequivocally.

    The Speaker has been particularly vigilant about addressing unparliamentary, offensive or disorderly language. The difficulty that we have, though, is that the Speaker, and for reasons I think I might understand, has not stated what language, what word or what phrase is unparliamentary. What that does from time to time is leave the person who’s asked to withdraw in confusion about what specifically they’re withdrawing. Second, it eliminates the instructive quality or aspect of Speaker’s rulings in this regard.

    Look, I understand that there’s a dilemma because, on the one hand, you have unparliamentary language that’s on the record, and you have unparliamentary language which everybody would agree is unparliamentary. For instance, if somebody were to address me by a reference to a body part, that would probably be unparliamentary. I may not necessarily be offended, but it would probably be unparliamentary. If it were on the record, it’s there, it’s too late. If it weren’t on the record-for instance, an interjection-the Speaker might be loath to put it on the record by virtue of drawing attention to it. But at the same time, the confusion around what people are being called upon to withdraw prevails.

    So I’m asking you Speaker-and I don’t know the views of other members of the House-if you could help us-seriously, help us-to identify what words are being deemed unparliamentary, offensive or disorderly, not just for the sake of the person who is being called upon to withdraw them but also for, I suppose, the educational function that those rulings ought to have when they’re made here in the chamber.

    The Speaker (Hon. Steve Peters): I thank the honourable member from Welland. I would say that there is no definitive list that the Speaker works from for what is unparliamentary. As I have said on previous occasions in here, often it is the context in which a word is used. Some may deem it to be unparliamentary, but in the context that it’s used I may find that it is parliamentary. By and large, I’m quite certain that when I ask a member to withdraw language that is unparliamentary, they understand why I’m asking them to do that. I will not, in my tenure as Speaker, be repeating what is unparliamentary. I will reserve that ability, that judgment, as my call as to what is unparliamentary. You may agree with me or you may disagree with me.

    For myself, an important thing when a comment is made is, does it cause disorder within the House? My goal is to endeavour to do what I can to maintain order in the House. I am also conscious of the tone and the content of what is actually said.

    I’m not going to repeat what I deem to be an offensive term. I come back to all members in the House that it does us all a disservice when unparliamentary language is used. We are working in the most unique work environment, and we are being closely watched by individuals.

    I do thank the honourable member. I’d just ask that all members be conscious of the language they use, and I will be endeavouring, to the best of my ability, to enforce that.

    • Le Gaïagénaire said

      Common Law vs Code Civil

      Pas de saints vs des saints

      Protestant vs catholique

      Impérialiste vs se sentant conquis

      Anglo-saxon vs toutes les autres langues

      ……….. appropriation mimétique par acculturation

  6. hibou lugubre said

    ‘Por qué no te callas?’ (pourquoi tu ne la fermes pas?) Célèbre invitation de Sa Majesté Juan Carlos à son excellence Hugo Chavez pour la fermer et cesser de critiquer! Ça a fait un tabac, on en a même fait des t-shirts et autres objets de culte! (sommet ibéro-américain en novembre 2007 à Santiago)… quoique Chavez n’avait pas eu de mots tendres envers le gouvernement espagnol pour susciter une telle colère!

    Que pouvons nous contre la censure en réalité? Encore plus navrante est celle qui s’attaque à ceux qui n’ont encore rien dit! Ou ceux qu’on sait bien le caca qu’ils vont dire si on les laissait faire! Bref, les rapports d’aliénation et de domination qui régissent le monde et les sociétés nous imposent de suivre la cadence ou de la fermer, quel que soit notre statut! Heureux est celui ou celle qui en toute sincérité peut exprimer son opinion sans mettre le monde en danger!

  7. decembre said

    Frank Zappa se retournerait dans sa tombe. Ce ne sont que des mots et les imbéciles qui censurent des mots puent.

    [Je seconde – Ysengrimus]

  8. insanity jane said

    J’ai dit caca et je m’en vante

    http://jaipasenviedenparler.hautetfort.com/archive/2008/08/21/l-art-de-bien-chier.html

    Le reste? Autant en emporte le vent.

    [Tout à fait dans le sujet. Superbe. Incontournable. Eschatologique… – Ysengrimus]

  9. Num said

    Un seul mot me vient en tête: merveilleux.

    Je suis ému…

  10. ysengrimus said

    Michael Ignatieff, t’as dit caca…

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/04/24/001-reax-mardi-ignatieff.shtml

  11. Fridolin said

    On peut juste plus rien dire:

    http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/dossiers/elections-federales/201508/26/01-4895658-mon-cell-un-penis-ben-des-chips-une-candidate-bloquiste-dans-lembarras.php

    [Excellent exemple, Fridolin. – Ysengrimus]

  12. Madame Gertrude said

    Une magnifique chanson de résistance irlandaise pour vous:

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