Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

L’orthographe, ce traumatisme culturel hautement bêtifiant

Posted by Ysengrimus sur 15 avril 2010

.

Non plausiblement sans quelque malice, l’obsession de la «langue correcte» peut être très bien vue comme une inaptitude (d’ailleurs acquise par dressage négatif) à l’originalité.

Claude Gauvreau

.

C’est ma faute
C’est ma faute
C’est ma très grande faute d’orthographe
Voilà comment j’écris
Giraffe.

Jacques Prévert (poème MEA CULPA dans le recueil Histoires)

.

L’orthographe est un artéfact inutile, un tic culturel malsain, une gangrène mentale, un cancer intellectuel. L’orthographe ne joue absolument aucun rôle dans mon évaluation de l’intelligence ou de la connerie de quelqu’un qui écrit… Quand quelqu’un, que j’estime intellectuellement, esquinte l’orthographe, mon cœur saigne intérieurement pour lui ou elle et je me dis: «Encore un ou une qu’on n’écoutera pas pour les mauvaises raisons et qui va se faire enguirlander sans fin par les con-formistes (trait d’union volontaire) franco(pas le)phones (infixe volontaire)». L’orthographe, moi, je la subit ou je la subis ou je la subi. Au choix, mon Précieux, ma Précieuse… Mais toi, Ô orthographiste bêtifiant, tu me niques, me juges, me conchies, si je colle la mauvaise lettre en embout de la formulation d’une idée pourtant tellement, si tant tellement exacte. Viens pas me dire qu’il n’y a pas là une sorte de consensus d’hystérie collective hautement malsain, aux vues des leviers fondamentaux de la ci-devant culture universelle…

L’orthographe exacte, parfaite, intégrale, intégriste, totalitaire est une idée pourtant bien peu vénérable. Moi, ici, devant toi, tel que tu me lis, je ne dispose plus de la marge de mou scriptesque dont disposaient, par exemple, Descartes, Voltaire et Madame de l’Espinasse. C’est hautement jacobin et licteur, cette ortho-affaire, en fait. Je ne suis pas pour, pas pour du tout. Pour sûr, nos bonnets cyber-phrygiens accuseront les noblaillons de jadis, dans la mise en place du chic et du ton scryptique (mot-valise!) de notre culture écrite. Et ils pointeront du doigt le souci aristo de distinction démarcative et de soumission des masses du bourg. C’est le contraire en fait! Les poudré(e)s des quelques siècles antérieurs, surtout les salonnières, écrivaient librement «mais sans excès». La faute n’existait pas pour eux, pour elles. Vous avez bien lu. Ce sont les LIBRAIRES et les IMPRIMEURS qui ont imposé l’exactitude, rigoriste, absolu et docile, à leurs typographes PEU INSTRUITS d’abord, très marginalement, puis, via l’appareil scolaire se tentacularisant au XIXe siècle, à toute la société française, poudrés inclus. Eh oui… C’est un fait qu’initialement l’orthographe exacte, inflexible, était une mesure intégralement coercitive, ciblant exclusivement les illettrés et les ignorants et épargnant les gens de lettres. C’est qu’ils ne la décodaient pas, eux, ces gueux, la ci-devant «souplesse sans excès»…

De nos jours, le dispositif oppressif implicite en cause ici s’est intégralement inversé. Ben oui! On traite les savants d’aujourd’hui comme on traitait les ignorants de jadis. Aussi, regarde-toi, juste une minute, toi qui sursaute en voyant des fôtes d’ortograf dans le cévé d’un de tes futurs séides tertiarisés. Observe-toi, une toute petite seconde. Ta position d’autorité est complètement ravaudée, taraudée, par le tout cuisant traumatisme orthographique des libraires, des imprimeurs et des instituteurs de jadis. Tu as la compulsion aux tripailles de te comporter comme un proviseur de village, simplement parce que te voici en position d’évaluer ces gens, pourtant compétents, qui postulent dans ta boite de sous-merdes. Mais tu devrais jauger leurs cheminements de carrière, pas leur conformité de scribouilles. Ceci n’est plus la petite école, ma fille, mon gars. Élève tes critères, un petit peu. Diversifie tes réflexes. Raffine tes compulsions. Un plombier peut parfaitement savoir raccorder des tuyaux même si sa lettre-parapluie a raté l’accord de deux participes parasitaires… Raccorder n’est pas accorder! Petit chef inane, cesse donc une minute de me juger sur des graffitis sans entrailles ni substance. Ton orthographe, je la tringle. C’est un implicite de soumission foutaisier et nuisible, qui discrédite l’intégralité de la culture française.

Bon, penchons-nous un peu, brièvement, sur la chose, en exploitant quelques petits exemples bien innocents mais aussi bien lancinants. On distinguera soigneusement l’écriture (le fait, fort ancien, de représenter les sons par des lettres, selon le principe pratique UN SON – UNE LETTRE) de l’orthographe (le fait, un tout petit peu moins ancien, de représenter les sons par des lettres, en perdant justement de vue le principe pratique UN SON – UNE LETTRE, au profit de l’apparition d’ornements codés, hautement valorisés culturellement, mais parfaitement inutiles). L’écriture est une orthographe dépouillée de ses fioritures inutiles. L’orthographe est une écriture surchargée de lettres inutiles et brouillonnantes, fatales pour le sens pratique le plus élémentaire. L’orthographe, quelque part, procède plus d’une calligraphie que d’une graphie, au sens strict. Voici un exemple à la fois sublimement extrême et tristounettement banal. Dans le mot suivant:

OISEAU

pas une seule des maudites lettres ne se prononce selon la règle d’écriture ordinaire du français! C’est la foutaise orthographique pure, maximale, cardinale. Oh, haro sur ce culte maladif de la combinaison de lettres archaïque. Raymond Queneau et moi, on vote:

WAZO.

Le mot OISEAU est intégralement orthographique et, pour que le principe pratique totalement bousillé UN SON – UNE LETTRE soit restitué, il devra s’écrire WAZO. Ce cas est extrême et, en fait, la pondération écriture/orthographe fluctue et se déploie par degrés, fonction des mots. Ainsi, le mot ORTHOGRAPHE est très orthographique (il pourrait s’écrite ortograf sans la moindre perte de compréhension). Le mot ÉCRITURE l’est un peu moins (seul le e final est en trop, le reste colle parfaitement aux sons).

Il est avant tout capital de verser au caniveau, sans compensation, la soupe d’arguties, utilisée, au sein de notre chère culture française, pour noyer un fait tout simple, celui du caractère parfaitement non nécessaire et non essentiel de l’orthographe, aux fins d’écriture. L’écriture française n’est pas la langue française. L’écrit n’est pas non plus je ne sais quel «langage» fondamental, logico-transcendantal ou quoi encore. L’écrit, c’est juste un CODE, parfaitement ancillaire et subalterne, qui capte l’oral et le fait, totalement ou partiellement, circuler sur un support, initialement selon la formule implacable UN SON – UNE LETTRE. Quand cette formule est brouillée, dans l’histoire de l’écriture, l’orthographe s’installe, avec son lot de carences sociologiques et, justement, d’incohérences pratiques. Il faut alors ramener l’orthographe à une toute simple et toute soumise écriture en «réformant l’orthographe». Les anglophones et les hispanophones font cela de temps en temps, de ci de là, sans pomper, sans paniquer, tandis que c’est justement ici que les licteurs français en tous genres bloquent des quatre fers, en dégoisant et déglutissant sur la grande cohérence fondamentale de tous les «langages». Un exemple hurlant du caractère hirsutement fallacieux de ces postures de satrapes: l’accord. Celui-ci s’analyse «cognitivement» en deux mots simples: réflexe conditionné. Comparez:

Les petites filles
The little girls

On nous brame qu’il FAUT, «cognitivement» ou «langagièrement», accorder l’adjectif et l’article sur le pluriel du nom en français mais qu’il FAUT, «cognitivement» ou «langagièrement» toujours, ne pas les accorder en anglais… Vous allez me dire que les ricains, les brasseurs d’affaires du monde, savent pas compter les quantités et les marquer dans le «langage fondamental»? Que la langue française «sait» le quantitatif  «cognitif» mieux que quiconque, Yankees inclus? Allons. Ce sont tout simplement deux conventions ethnoculturelles de scribouilles distinctes, pas plus «profondes» ou «langagières» l’une que l’autre… Le reste orthographique est tout en tout et pour tout à l’avenant… C’est l’orthographe qui est en faillite, pas ceux qui la «pratiquent» (la subissent)… Pan, dans les dents de la grande psycho-scriptologie cosmologique de troquet. Observons maintenant, si vous me permettez, le petit cri du cœur suivant, qui exprime si crucialement le fond de mon opinion sur la question:

Bien digne de Zazie, de Petit Gibus ou de Jean Narrache, cette sublime note est pourtant parfaitement LISIBLE. Je la comprends. Fondamentalement, c’est ce qui compte. Pourquoi devrai-je en juger sociologiquement l’auteur(e) pour quelques ND et quelques ST en saupoudre ornementales (socialement convenues), qui manquent? Il faut bien distinguer, au demeurant, sur ce petit billet, les «fautes d’orthographe» à l’ancienne du procédé calligraphe volontaire pk, en remplacement de pourquoi, effet plus innovant, dérivé de la culture du nouveau serpent de mer de nos orthographistes: le code SMS. Dans le fameux susdit code SMS (qui décline déjà un peu, au demeurant, avec la disparition de la contrainte technique courtichette qu’il comblait l’un dans l’autre au mieux), il y a un fait omniprésent, qui ne passe que fort rarement en écriture ordinaire (orthographique ou non): c’est l’abréviation… Cela fait du SMS une scribouille «argotique» pour initiés, plus identifiable à la sténographie du siècle dernier (morte ou moribonde) qu’à nos écritures ordinaires, du tout venant. Or, justement, comme la sténo, le SMS restera circonscrit à la sphère de l’écriture hyperspécialisée, soit rapide, soit contrainte en espace (et aux thuriféraires de ces contraintes, s’il en reste demain). Pas de cela entre nous donc (je le prouve souvent!)… La question du SMS, à mon sens, revient donc simplement à cette interrogation, fort gracile et simplette: favorisez vous les abréviations en écriture? Ma réponse (toute personnelle): non pas. J’écris vingt pas 20 et Parti Québécois pas P.Q. (et pas juste à cause du ridicule, dans ce second cas!). Le SMS donc, je respecte entièrement mais très peu pour moi. Je laisse cela à mes mouflets téléphoniaques, qui dominent bien mieux la chose. Par contre, si, alarmiste toujours à l’affût du dernier agneau pascal, l’orthographiste revêche début-de-siècle me brandit, sans analyse, le SMS comme nouveau scripto-croquemitaine légitimant la rigidité orthographique de grand-papa, je réponds: faux problème… Laissons donc le SMS dans la déchiqueteuse techno de l’histoire et/ou dans sa marge de culture intime de croquants urbains (crypto-promotionnnels ou non), et passons au cas suivant.

Un mot tout à fait de circonstance en matière orthographique, le mot TOTALITAIRE, est écrit ce jour là, me rapporte-t-on, par quelque élève paniqué: TAUTALITHAIRE. Ô, mon orthographiste hystéro, tu cries, une fois de plus, à l’ignominie râpeuse du déclin des écoles. Car, corolaire fétide ici, le coup de clairon fêlé du déclin scolaire, fait soixante ans qu’on nous le sert… Pourtant, monsieur, madame le savant/la savante à pédigrée, le cas TAUTALITHAIRE est le sublime produit scolaire pur sucre. Ce cas porte un joli nom bien explicite: c’est une HYPERCORRECTION. On rajoute trouillardeusement des lettres en saupoudre, parce que l’oppresseur l’exige fort souvent, férule en main, et on le fait au petit bonheur la chance, fautivement donc. Suis bien le mouvement. On te réclame hargneusement, ce matin là, le pluriel d’ANIMAL. Tu sais tout de suite comment se formule la sonorité de l’affaire, que c’est ANIMO et tu aimerais bien pouvoir l’écrire ainsi, sans malice, et passer à autres choses. Mais, c’est bien trop simple ça, bien trop pur. Il y a une astuce, une pogne, comme on dit dans mon beau pays, et tu le sens, à défaut de le savoir sans faille. Même s’il déraille plus souvent qu’à son tour, ton ortho-tic fait toc-toc. On t’a dressé sous le harnais à mépriser souverainement l’écriture «au son», à sentir cette pratique comme fautive, comme puant l’analphabétisme populacier. Alors? Alors, tu tâtonnes, tu en retartines une bonne couche corrective: ANIMOTS, ANIMEAUX, ANIMEAUS, ANIMAULTS, ANIMEAULTX. C’est chic mais ça cloche toujours. Les «règles» se bousculent et se télescopent dans ton esprit, en un vrai beau gâchis de mnémotechnie en déglingue, une émulsion mentale bien inutile, une vraie belle éclaboussure de matière grise foutue. Enfin, bon, hein, pendant que tu pioches comme ça, tu ne penses pas à autre chose, hein, bon. Tu n’envisages pas de te révolter. C’est déjà ça de pris… Dans une stricte écriture UN SON – UNE LETTRE, l’hypercorrection, cette tremblote institutionnelle de soumis peureux, disparaîtrait d’elle-même, emportant un tas d’autres «fautes» dans sa tourmente. La formule UN SON – UNE LETTRE, au fait, une culture mondiale majeure fait cela depuis des siècles: la culture hispanique. Cela ne lui a certainement pas nuit pour se répandre sur un continent entier… Pensez-y une seconde, du strict point de vue d’un non-francophone. Les apprenants francisants se forcent comme des dingues pour intégrer ces règles (calli)graphiques absurdes et insensées et, par-dessus le marché, se font regarder à cheval par les francophones. Les plus vexatoires ce sont encore ceux qui vous corrigent à tous bouts de champs, en vous coupant la chique d’un air régalien. Comme Gainsbourg, tiens: EN LISANT TA LETTRE D’AMOUR, JE CONSTATE QUE L’ORTHOGRAPHE ET TOI, ÇA FAIT DEUX… Au moins Gainsbourg avait la décence intellectuelle d’être bien conscient du mépris ostensible qu’il affichait, dans ce récitatif de rupture sentimentale…

Non, mes beaux francophones, l’orthographe, ce traumatisme culturel hautement bêtifiant, nous strangule la cervelle, nous lobotomise lentement, inexorablement. Il nous nuit mondialement (Oh!… French spelling is such a pain in the…!). Voyez l’affaire avec un regard neuf, épuré, purifié. Pensez-vous vraiment que Raymond Queneau était un idiot? Jugez-vous en conscience que son fameux roman ZAZIE DANS LE MÉTRO (1959) est «mal» écrit? Pas besoin, par dessus le tas, de nous la flatuler avec la peur du «chienglish». Nos propres auteurs francophones pavent la voie depuis un bon moment à la réforme effective et réelle de la structuration de l’orthographe française, dans une dynamique parfaitement franco-française! Qui dit structuration dit restructuration. Des réformes de l’orthographe, bien pudiques, bien minimales, bien déférentes et bien obséquieuses, ont été tentées. Il faudrait pourtant les épingler quelque part dans notre petit historique fantasmatique de la scripto-machin-chose… Elles ont été mises en échardes, par la Réaction Tonitruante, omniprésente, ces réformes. Or qui dit structure fixe dit fixation (pour pester avec Lacan)… L’internet (pour en dire un mot pudique, sans avoir besoin de vous faire un dessin) réintroduit de facto la graphie souple du poêle de Descartes et des fauteuils mollets des salonnières. Un espoir?

Finalement, l’expérience prouve aussi, et ce n’est pas rien, que les chercheux convulsionnaires de fautes d’orthographe sont souvent des objecteurs au contenu qui n’osent pas ouvertement tomber la cagoule. Crypto-astineux de toutes farines, prenez acte une bonne fois du fait que votre petite orthographe française absurde, s’il fallait la respecter intégralement, elle finirait pas parachever son rôle exclusif, qui est de bâillonner. Non, pisse-froid, je te le redis, ton orthographe, je la tringle. C’est un comédon culturel fétide, qui discrédite durablement la pensée française. Merci, si possible, lors de tes commentaires de ce billet, d’éviter d’exemplifier si généreusement le jacobinisme orthographiste crispé que justement, je t’impute ouvertement. Tu en magnifies les limites aux frontières du grotesque et c’est, ma foi, douloureusement utile, sinon agréable, aux fins de la démonstration en cours…

Des 6,000 langues et dialectes survivant encore dans le monde, il y en a, quoi, 350 avec une écriture. Effectivement, cherchez la là, l’arnaque ethnocentriste… Notre fameux colonialisme espagnol, pour en revenir à lui en point d’orgue, est celui qui a opéré la plus massive assimilation linguistique de toute l’histoire des Amériques et ce, truisme, sur des peuples initialement non hispanophones… Les autres envahisseurs européens, ni plus ni moins odieux que l’espagnol, ont procédé par comptoirs sans impact démographique (suédois, hollandais) ou par génocides sélectifs et déportations graduelles (français, anglais), plutôt que par assimilation linguistique ou ethnoculturelle. Cela s’explique par un ensemble de facteurs historiques. À sa place, ancillaire dans le tableau castillo-assimilateur, figure l’écriture non orthographique de la langue espagnole, facteur d’apprentissage hautement facilitant, aime, aime pas. Pour conclure justement, en compagnie de la langue de Sancho et de Che Guevara, observez, dans le panneau suivant, la petite lettre N, la première des deux.

Si le N se prononce ici, nous sommes dans un mot espagnol (qui signifie avec), si elle ne se prononce pas… eh bien… nous sommes, indubitablement dans un mot (orthographique: deux lettre pour un son, ça s’appelle un digramme) français, ah… si français. Cela dit tellement, tellement tout…

Bazardons l’orthographe, libérons l’écriture!

.
.
.

Paru aussi dans Les 7 du Québec

.
.
.

Publicités

73 Réponses to “L’orthographe, ce traumatisme culturel hautement bêtifiant”

  1. Tout à fait d’accord avec vous. Quand l’orthographe tue la création, alors je dis: « sus à l’orthographe ». Quand le français devient un outil de discrimination sociale, un moyen, entre autres, de bloquer l’accès à l’emploi de nombreux immigrés, alors je dis: « sus au français ».

    • A. Bécouarn said

      Je n’irai peut-être pas jusqu’à défendre intégralement vos positions mais je suis d’accord pour dire que donner comme critère suprême de la connaissance , l’orthographe, c’est tout à fait exagéré. J’étais professeur de français au lycée et pendant une vingtaine d’années j’ai été examinatrice pour le bac de français et je peux vous dire que pour certains collègues , la correction orthographique comptait plus que la clarté de la langue ou la richesse de la pensée ; j’ai vu ainsi certains de mes élèves assez médiocres mais bons en orthographe revenir avec un 12 et d’autres à la pensée plus claire et plus créative , lourdement sanctionnés pour leur orthographe .
      Quant aux chefs d’entreprise qui mettent systématiquement de côté les CV , comportant quelques fautes , tant pis pour eux , ils se privent sans doute de bons éléments en n’ayant pas fait l’effort d’aller plus loin que les clichés du genre : bonne orthographe = bon élément.

      • Raphael said

        Je voudrais rebondir sur l’histoire des CV. On a tous dans notre entourage quelqu’un qui sait, plus ou moins, écrire un français moyen sans faire de fautes d’orthographe. Il suffit de faire relire son CV par un personne compétente qui saura corriger les fautes qui ne pardonnent pas, c’est juste une question de bon sens.

        Si les entreprises sanctionnent les CV comportant des fautes (on ne parle pas d’une ou deux coquilles, mais parfois ça peut atteindre 50 fautes de tous types, cohérence, mise en page ou orthographe), c’est finalement pour se protéger de candidats peu consciencieux qui ne font même pas l’effort de comprendre et de s’adapter aux règles du jeux du recrutement.

        [C’est exactement cela. Description sociologique adéquate. L’orthographe ici est un instrument utilisé implicitement comme jauge présomptive à conformité (et non comme capteur d’intelligence critique ou d’originalité)… – Ysengrimus]

  2. Winston Smith said

    Et vive le novlang!

    [L’écriture n’étant pas la langue, il vaudrait peut-être mieux parler de NOVGRAPHIE – Ysengrimus]

  3. Tourelou said

    Après avoir été trop souvent castrés par des puristes sadiques qui n’en voulaient qu’à nos ‘fautes’ d’orthographes, et du reste, votre lucidité jette la lumière sur des incohérences flagrantes.

    Il faut moderniser le français et en faire un spectacle accessible à tous. Comme vos textes, le convertir en des scènes d’un raisonnement éloquent.

    • basicdesign said

      Pas d’accord pour une soit-disant « modernisation » dans ce sens on perdrait trop côté étymologie et donc sens premier (d’ailleurs opposé plus souvent qu’on ne le croit au sens présentement admis, seulement pour s’en rendre compte encore faut-il avoir suffisamment d’humour pour s’y intéresser assez). Ça n’empêche pas de se délecter avec notre cher Queneau, et d’ailleurs pourquoi pas Keno si on va dans votre sens, ben oui faut être logique.

      Une langue ça évolue « tout seul » et par voix de majorité. Ensuite l’académie ratifie. Ensuite seulement, heureusement. Je ne vois pas l’utilité (je vois même tout le négatif) de nous foutre des règles en plus, non merci vous pouvez vous les garder, pour contrebalancer l’effet de rigidisation par des règles imposées par les libraires et autres, comme si bien indiqué dans cet article.

      Par ailleurs il est faux de dire que le peu des ceusses qui savaient écrire il y a trois siècles-et-quelques, avaient plus de liberté que nous autres maintenant. Fabriquer des mots sur le moment et selon les besoins, est sinon académiquement (et qui donc a besoin d’emplumage verdisé si ce ne sont ceux qui veulent eux aussi du pouvoir sur les autres sans en avoir l’envergure), du moins parfaitement, admis. Seuls les ploucs nient cet effet de classe naturelle, si clairement sont-ils sous le coup de l’envie jalouse. Ceux-là écartés, for heureusement il y a encore (mais pour combien de temps, au rythme où vous autres allez?) prédominance indéniable de ce qui fait la vraie classe: créativité à-propos, inventivité appropriée, etc.

      Un distingo: Moi pas plus sadique que les ceusses qui me font mal aux tripes à contremanier publiquement les langues sans savoir ce qu’ils font (ceux qui les contremanient délibérément ne me dérangent pas, ils sont cohérents et il suffit de se les taper comme on se tape une langue étrangère). Cependant. Quand on écrit publiquement c’est qu’on cherche à répandre une idée. Il s’agit donc d’avoir l’intelligence de comprendre que la communication ne s’appelle pas ‘outil’ pour rien, et qu’on a intérêt à s’en servir correctement. Orthographe/grammaire etc en font partie. D’où nécessité de se relire, ou de faire relire, quand on se sait défaillant de ce côté-là.

      Je viens d’écrire rigidisation (français non-catalogué), de préférence à rigidification (qui lui est un mot français catalogué). Je l’ai fait parce que absurde pour absurde, mon rigidisation est d’une fabrication homologue à celle qui fait (et aussi que fait, par voie de conséquence) les règles de tout poil: un phénomène abrutissant. Le mot est donc cohérent avec le contexte. Et je dis que les deux sont français, parce que n’importe quel français de niveau même pas moyen peut comprendre les deux mots.

      Je viens de vérifier, et de voir que c’est le mot anglais pour la même chose en français. On se retrouve donc au niveau de ce quidam qui claironne à tout rompre que ce n’est pas parce qu’un autre quidam dit que le soleil est jaune, qu’il doit lui-même dire qu’il est vert. Les Kenoistes me comprendront, et qu’importe l’opinion des autres. Keno comprendrait ça aussi, évidemment. Morituri te salutant, Keno, morituri te salutant… Et puis m.rd., contremanier au moins n’est pas dans les dictionnaires des pédants d’aujourd’hui, et pourtant allez donc prétendre que ce n’est pas comprendable.

      Merci pour l’amusement…

      [il est faux de dire: il est faux de dire que le peu des ceusses qui savaient écrire il y a trois siècles-et-quelques, avaient plus de liberté que nous autres maintenant – Ysengrimus]

      • Catherine Heitzmann said

        Merci, Basicdesign, pour votre commentaire auquel j’adhère tout à fait.

  4. Hibou Lugubre said

    Sacré Ysengrimus 🙂 et pourtant on peut discuter de l’utilité de l’orthographe d’un point de vue historique et politique comme au Québec… et autres services rendu ou pas à une francophonie véhiculant autant de richesses que de respect pour cette langue… il est vrai perçue différemment… selon le rapport affectif et culturel qu’on a avec.

    Quant au plombier, t’inquiètes, il s’en sort fort bien avec un bon $60 de l’heure minimum, avec le mécano, le charpentier, le soudeur spécialisé etc…:) en plus d’être nettement mieux servi et protégé par les corporations que ne le sont les méchants profs de français à qui il ne reste que leurs traumatismes et cauchemars d’orthographes pour pouvoir rêver 🙂 !

    En tous cas… le sujet est d’actualité, bien qu’on soit encore loin de la résolution tant les sensibilités voir la culpabilité et la remise en question de l’enseignement de cette langue sont au coeur d’un débat qui n’échappe pas à la démagogie quasi mercantile des faiseurs de lois qui se foutent éperdument des réalités!

  5. jimidi said

    Je trouve le propos discutable, mais l’approche courageuse. Bravo!

    • Péher said

      Oh, je veux bien accepter l’ensemble des arguments mais, quand même, « tringler » l’orthographe, ça relève du normal, ça?

      [Du viscéral, du convulsionnaire, de l’écoeurement maximal, de la suprême révolte lasse… – Ysengrimus]

  6. Philou said

    http://nefacmtl.blogspot.com/2009/11/sur-la-lengue-frenssezeuh.html

  7. Elisabeth said

    Je ne résiste pas, à cette lecture, à vous faire connaître l’anti-grammaire; vos deux sites dansent à l’amble.

    http://antigrammaire.blogspot.com/

  8. Roland said

    « rien à voir avec l’intelligence » hmmm …

    Je regrette, quelqu’un qui écrit é au lieu de er ou vice-versa, ce n’est pas une faute d’orthographe comme dans la dictée de Mérimée, ça veut dire qu’il ne sait même pas ce qu’il dit s’il en est au point de ne pas savoir distinguer un participe passé d’un infinitif, ça veut dire non seulement qu’il ne connaît pas la grammaire mais qu’il ne sait même pas vraiment ce qu’il dit.

    Même les fautes d’orthographes « arbitraire » ne sont pas, du moins pour une part, indifférentes, prenons le cas de animaux, si quelqu’un en est à se demander et à essayer à tout hasard, comment peut bien s’écrire le pluriel d’animal, c’est qu’il a très peu lu! Sinon, par accoutumance il s’en serait souvenu! C’est donc un symptome important, et pas indifférent.

    Les arguments sur la non importance de l’orthographe ça ne vaut que pour des trucs rares et bizarres comme les aloyaux ou le nombre de ll dans rapelle.

    [Socrate et Louis Armstrong aussi ont « très peu lu » – Ysengrimus]

    • Philou said

      Préssizémant! (Ou, si votre intelligence se bloque, « précisément’.)

      Il y a nuance entre intelligence (pouvez-vous la définir?) et connaissance.

      Or, les connaissances relèvent de l’acquisition, et sont donc sujettes aux conditions socioéconomiques (sans tiret; vive la modernité) qui ouvrent – ou ferment, c’est selon, – tant de portes.

      Si je dis des animals, c’est que j’y ai été habitué, que le milieu où je n’ai pas choisi de naître le disait également. Faute d’avoir connu (ou eu accès à) mieux, pour une raison ou une autre.

      Roland, retournez dans votre vieille chanson démodée. Laissez-nous le loisir de nous en crisser un peu; le jour où vous aurez contribué à renverser cette société qui a fait de la pauvreté une maladie héréditaire, vous viendrez me reprocher de pas m’esprimer come voux le voudrier.

    • basicdesign said

      « les fautes d’orthographes « arbitraire ». »

      « ça veut dire qu’il ne sait même pas ce qu’il dit s’il en est au point de ne pas savoir distinguer (singulier de pluriel)… »

      « Je regrette », Philou, qu’il y en aie encore des comme toi qui s’y laissent prendre. Mon pauvre lapin, pourquoi tu leur dis de retourner là d’où ils ne sont jamais partis? Quand on manque d’humour on se fout toujours les pieds dedans. Intelligere: qui sait établir des liens. Connaître ‘naitre avec’. Faut être obtus pour faire tant de différence que ça entre les deux, d’où tu nous donnes sans le vouloir un bon exemple de ce que d’après ton esprit il ne faut pas faire pour en arriver à ce que tu souhaites. Voir le commentaire d’Ely qui suit ceci, par exemple… Delcluse juste après est aussi typique de ce que je disais un peu plus haut.

  9. Ely said

    Très enlevant comme débat. Je suis parfaitement d’accord qu’il est nécessaire de « rationaliser » la langue française, mais je vois toutefois un inconvénient à le faire d’après le principe un son – une lettre: la diversité des dialectes. Étant Québécoise, je m’inspirerai d’un exemple bien québécois. Dans certaines parties du Québec, on prononce « chien » rhien (h aspiré). Ça sonne très arrière-pays, me dira-t-on, mais peut-on vraiment juger que ces gens ont tort de parler ainsi?

    En Malaisie, par exemple, où la langue s’écrit exactement comme elle se prononce, est en plein processus d’uniformisation de l’orthographie. La grande majorité des habitants du pays disent « putih » et le reste « puteh ». Qui a tort et qui a raison? Comme l’élite pensante appartient à la côte ouest, pourtant minoritaire, « puteh l’a emporté.

    Alors, qui sont les bien-pensants qui décideront de la prononciation correcte des mots? Il faudra nécessairement statuer sur cette question. On en revient donc à déplacer le problème.

    [Votre analyse repose sur l’axiome non étayé de l’exigence obligatoire d’une graphie unique pour chaque mot. Pourtant les canadiens autant que les canayens savent qu’on peut faire plus souple que cela sans pour autant faire entrer le Joual de Troie (qu’on peut aussi appeller chval ou cheval) dans la ville des graphies… – Ysengrimus]

  10. Delcuse said

    Sade, à l’adresse de son scribe, qui lui faisait une mauvaise blague sur l’orthographe:
    « Apprends maraud que l’orthographe est la science des valets. »

  11. Yannick Palanque said

    C’est déjà un peu hautainement intellectuel et presque contre-révolutionnaire que de parler de cela. Mais en fait, par pur anti-conformisme évangéliste vous auriez dû écrire tout cet article avec une orthographe totalement différente des anciens carcans bourgeois.

    [Paradoxe, on m’aurait alors accusé de m’insurger ainsi pour masquer des incapacités qu’une écriture minimaliste avouerait en sous-main. Reconnaissez avec moi qu’il y a de ces sujets (double sens) qui vous donneront toujours tort… – Ysengrimus]

    • basicdesign said

      « écrire tout cet article avec une orthographe totalement différente »… « il y a de ces sujets (double sens) qui vous donneront toujours tort… » :

      comme ceux qui ne connaissent / sentent pas la frontière entre poésie et incohérence. Encore heureux s’ils restent sujets…

      Apprécier le « vous » du « vous donneront toujours tort » – ouf, on a encore de la marge, on a évité le « nous ». Encore heureux qu’il parle français correctement, le sieur Ysengrinot.

  12. ever said

    d’accord pour wazo, par exemple. Mais que prônez vous pour il mange et ils mangent et plus généralement pour les marques grammaticales muettes? Cette grammaire qui ne s’entend pas n’est elle pas une des incommodantes particularités de l’écriture française?

    [Suivons l’oral. Cette grammaire qui ne s’entend pas (et pour cause) n’est pas si indispensable qu’on le croit. La langue parlée s’organise parfaitement sans… – Ysengrimus]

    • Catherine Heitzmann said

      Pas d’accord, Ysengrimus.

      Si je lis « il mange » dans un texte, j’en concluerai évidemment qu’une seule personne mange. Si vous suivez l’oral à l’écrit sans prendre la grammaire en compte, il s’ensuivra obligatoirement nombre de contresens, d’aberrations incompréhensibles. Le contexte ne permet pas toujours d’interpréter. Et, franchement, être obligée d’interpréter un texte simple que l’on devrait saisir sans difficulté à la première lecture — si orthographe et grammaire étaient respectées… je dis « non » !

      [Moi, je dis « oui », comme à l’oral… Ysengrimus]

      • Catherine Heitzmann said

        Donc, si je vous suis bien, en voulant simplifier l’écriture, vous êtes pour la difficulté de compréhension des textes écrits… Étrange paradoxe.

        [C’est votre fixation sur un statu quo foutu qui rend nos textes illisibles et coule notre belle culture – Ysengrimus]

      • Vous êtes peut-être habitué à votre confort francophone, mais si vous vous intéresseriez à d’autres langues, vous verriez que plusieurs langues possèdent plusieurs omissions qui rendent les textes très ambigus pour les non-initiés et pourtant tous les locuteurs natifs s’en portent très bien et ne s’en rendent probablement même pas compte. De la même manière qu’il existe des ambiguïtés en français, elles sont seulement plus subtiles puisque nous baignons dans cette langue depuis la naissance.

      • basicdesign said

        Dis donc, ysengrinot, faut pas pousser, un peu de modération dans les réponses syouplé. Elle a pas tort, Catherine. Et coccinelle le prouve: avec son « habitué » au lieu d' »habituée » j’ai cru jusqu’au bout de sa première phrase qu’elle tapait sur Ysengrinot et non sur Catherine. Résultat, c’est fatigant de comprenette, c’est lassant. Et puis les coccinelles ne sont plus ce qu’elles étaient, et c’est pas de la nostalgie mais le constat que celles qui commencent à dominer de nos jours sont des importées qui ne servent quasi à rien dans l’équilibre écologique local et qui au contraire bouffent tout ce qu’elles peuvent parmi les autres insectes utiles.

        De toute façon, Ysengrinot, tu as tort et ça se voit: ce n’est pas les textes que le statu quo rend illisibles, c’est à un niveau plus subtil le lien entre l’écrit et le parlé qui est rompu quand on ne sait ni les règles du statu quo ni celles de comment le dépasser. Or les premières c’est dans les livres, les deuxièmes c’est dans la vie. Vas pas contribuer au bordel général en patouillant tout comme ça, donc! Ou bien c’est ça que tu cherches…

        [Vive la coccinelle « importée ». Elle me rehausse… Ysengrimus]

  13. Bernard Terreault said

    La langue écrite n’est pas la langue parlée, c’est pourquoi les marqueurs grammaticaux de genre et de nombre, et de personne pour les verbes, sont éminemment utiles. Quand j’écoute distraitement la télé ou quand ma femme me crie de l’autre bout de la maison, il m’arrive souvent de mal les comprendre, mais il n’y a pas d’erreur possible quand je lis Le Devoir ou quand je lis une note que ma femme m’a griffonnée sur un bout de papier. C’est pourquoi les contrats et les traités sont écrits, on ne se contente pas de paroles et d’une poignée de main. Mè kom l’otr a dit, d’ac pour wazo.

    • L’otr répon en jouan le jeu de l’oral, pour war! on not tout de suit que certin z uzaj son dificil a tranché. Fo-t-il écrir « an » ou « en » pour rendr ce son (ici, n’oré-je pa du écrir « se »?). Lé liéson inpoz t elle d’etr écrite séparemen du cor du verbe (fo-t-il?) alor ke ici c’é la grammaire qui les a impozé dan notre langue?

      Ceci n’é pa une blague mé une tentative de poussé la logik du résonnement au bou…

      [Lé liéson sé wi si té pronons, non si té pronons pa, pwinbar. Le s, sé tun s partou. le digram (un son deu let), on l’stabilize insi: an, in, un, on, ou, eu… et surtout PA DE FOT si sa vari un tipeu, wi? – Ysengrimus]

      • Hypranet said

        La démonstration est éloquente: j’ai mis de longues minutes à déchiffrer votre message. Certes, je suis peut-être cet esprit obtus et coincé dans ses règles orthographiques, mais supposons -et je dis bien supposons- que je ne sois pas le seul dans ce cas. C’est un point à ne pas négliger. Faut-il que chacun passe huit minutes à déchiffrer un texte qui aurait dû n’en prendre qu’une ou deux? Cela ne m’inciterait-il pas à l’avenir à passer mon chemin?

        Ne s’agira-t-il pas, in fine, de recréer d’autres codes de langage (peut-être plus « tribaux »)? Si vous habituez votre fratrie au terme Woazo… me comprendrez-vous encore, le jour ou je vous parlerai d’1 Noa-dZo? (quant à mon petit frère, à l’élocution hasardeuse, il en est encore aux Noix d’Zao).

        [La perpétuation de l’inertie légitimant la perpétuation de l’ineptie. La démonstration est effectivement éloquente… ze very top of ze net indeed… — Ysengrimus]

  14. Neirda said

    L’idée est plutôt bonne, mais à terme on peut envisager une explosion de possibilités langagières rendant le dialoguisme et la communication difficilente. Par exemple, admettez que la lecture de « Lé liéson sé wi si té pronons, non si té pronons pa, pwinbar » n’est point facilationnelle, à moins que ce ne soit la preuve d’une mobilité cérébralisante limitée me concernant. On pourrait d’ailleurs m’objecter que l’habitude rendrait la tâche aisée, mais comptez sur la beauté de l’esprit humain pour garder tout cela en mouvement.

    Vous précisez qu’au fond ce qui compte c’est de comprendre le message, ce à quoi j’associe mon approbatisme. Mais je ne crains que l’existence d’une multilarité d’écriture pour un même langage soit un frein à cette compréhension.
    Je dirais que l’existence d’un tron commun, d’une norme, a certes le désavantage de devoir s’y plier mais permet la facilitation de la communicalité. Ce à quoi vous agréez, en énonçant vous même un certain nombre de règles pour votre nouvelle ortograf, relativement pratiques au demeuré. Aucun contre argument dans tout ça, ne cherchez pas.

    Finalement, vous sous-entendez que l’on prononce de la même manière chacun des mots, pour un simple langage j’entends. Mais, et la comparaison était probablement attendue, la musicalité des sudistes de notre beau pays est différente de celle des gens du nord (exemple empreint d’un traumatisme d’un film à succès): faut-il en déduire une écriture différente?

    [Pantoute – Ysengrimus]

    • basicdesign said

      « Le s, sé tun s partou. » Ta fé une fot o ‘tun’, isangrino: ya pas de son ‘t’ sof a tenir cont d’un « un statu quo foutu qui rend nos textes illisibles et coule notre belle culture ». E cherch pa a te défilé, ta fo, pwin.

      Putin cé fatigan ce langage. Mé o mwin on échap o cerbèr mécanik ki sucr lé mésag contenan dé gro mo. Coul.

      [Pas de faute. Désolé. Je le dis, je l’écris. Mon franchouillet est plus vieillotte que le tiens là dessus, mais tu m’as pigé tout de même, dont Pax!. Ce fichu jacobinisme des fautes. Fixation de baillonneur. Aux latrines… – Ysengrimus]

    • basicdesign said

      Et pour Neirda, mon dieu comme c’est délicieux, merci! Au demeurant surtout le « votre nouvelle ortograf, relativement pratiques au demeuré ».

  15. Jerome said

    C’est toujours les mêmes arguments, dès qu’on parle de « phonétisation » de la langue… Il FAUT passer à l’extrême et invoké la fin de la lang avek dé ‘k’ é dé ‘w’ partou, pars ke forcémen, on konpren plu rien, alor on touch plu a rien é pui cé tou. Mais m***e à la fin! « Phonétiser » la langue peut AUSSI se faire avec un minimum de respect de la culture et de l’histoire des mots! Il n’est pas question d’autoriser toutes les graphies pour autant, mais de SIMPLIFIER ces graphies, de SIMPLIFIER le CODE, qui resterait un code.

    Aux armes francofones! À mort ce bond’là de ‘^’, on s’en FOUT qu’il y a deux siècles on écrivait « fenestre » ou « hospital », on s’en tamponne le coquillard! À mort le ‘ph’ ! On a déjà une lettre qui fait ce son. les éléfants resteront en Afrique, avec les girafes, les facochères, et pleins de fénotypes de mouches relarguant leurs féromones! Et les antidépresseurs resteront en vente dans les farmaties, pour les puristes céfaleux. Et à mort les règles débiles d’accord des verbes selon-la-position-du-COD-avant-ou-après-mais-attention-aux-exceptions-si-le-verbe-est-réfléchi-et-transitif-direct-ou-indirect! Sus au passé simple, qui n’a de simple que le nom, et dont il faut relire trois fois la frase pour la comprendre! À mort les ‘x’ pluriels qui font juste beau (et encore…)! Vivent les genous, les hibous, les caillous, les chevals et les gataus !

    Je vis en Angleterre, et au milieu de plein d’étrangers, et je peus vous dire qu’ici, le français écrit est vu comme une sorte de curiosité qui fait peur. Baucou iraient plus volontier vers cette noble langue si son ortografe n’était pas aussi castratrice! Vivent les WASOS !!!

    Enfin bref, c’est sur que c’est pas ça qui va payer nos retraites, ni nourir les petits africains, mais je pense que ce combat mérite tout de mème d’ètre mené.

    [Remplacez « phonétiser la langue » par phonétiser l’écriture (plus juste) et je vous seconde ici totalement – Ysengrimus]

    • Vraiment, je ne pas sûre de comprendre les préjugés envers le français. Avez-vous une idée combien l’anglais est coupable du même défaut? L’anglais rivalise très bien avec le français pour ce qui de l’orthographe qui ne suit pas la prononciation et la prononciation de certaines lettres ou graphies qui change selon quelques règles obscures.

      though and through : seule la voyelle change sans raison
      through and rough : sans commentaire!

      et c’est sans compter que même « th » a droit à deux phonèmes!

      Je pourrais continuer longtemps comme ça et je ne suis pas du tout une experte de la langue anglaise!

      [La crise ici ce n’est pas français VS anglais mais bien orthographe VS écriture dans toute langue avec code écrit, avec des degrés de gravité variables – Ysengrimus]

      • Est-ce que j’ai bien compris et vous prônez ce changement pour toutes les langues? Je suis pour, mais que fait-on avec les langues comme le chinois qui s’écrivent avec des idéogrammes?

        [Bien, on fait comme les japonais. On crée une autre écriture au son, qui co-existe culturellement avec lesdits idéogrammes… – Ysengrimus]

      • Ah comme c’est une bonne idée! Je suis présentement en train d’apprendre le Japonais et comme j’aimerais que la langue écrite possède seulement les kana et aucun kanji!

        De toute façon, je viens de me rappeler que cela est faisable puisque cela a déjà été fait avec! l’inuktitut qui ne possèdait aucun code écrit.

    • basicdesign said

      ça ne serait pas « phonétiser l’écriture » mais « fonétisé l’écritur », ni « farmaties » mais « farmaci » – en effet au diable les sexes et les singulier-pluriel, et toujours dans la même logique mais juste un peu plus loin dans les étapes c’est les bb-éprouvettes de toute façon, si tant est qu’on n’est pas seulement ce qu’on mange mais aussi comment on le mange, ni seulement ce qu’on dit mais aussi comment on le dit. (évidemment quand on n’est pas habitué à distinguer le verre de vin blanc de celui pour le vin rouge les jours de gala, on n’a plus qu’à attendre que le sommelier vous serve – et de ne pas en plus être daltonien).

  16. Catherine Heitzmann said

    « Bêtifiante », l’orthographe? Pourtant, vous écrivez un français parfait… Heureusement, d’ailleurs, car si vous aviez rédigé ce texte phonétiquement, ou avec une orthographe « au petit bonheur la chance », il aurait été incompréhensible.

    L’orthographe n’est certes pas preuve d’intelligence, mais de culture. Celui qui lit écrit en général sans fautes. L’orthographe n’existe pas pour emmerder le monde, elle a une raison d’être: le SENS, tout simplement.

    Exemple:
    Les vingt ans qu’ils ont vécu ensemble.
    Les vingt ans qu’ils ont vécus ensemble.

    Ces deux phrases sont correctes… mais n’ont pas le même sens.

    Donc, si vous voulez vous faire comprendre à l’écrit, écrivez avec la bonne orthographe et la bonne grammaire.

    [Merci d’exemplifier, dans sa pureté inaltérable, l’intégralité de la vision, hautement fallacieuse, du type de rigidité tranquille à laquelle je m’objecte justement ici – Ysengrimus]

    • ever said

      Bonjour Catherine,

      Pourriez-vous expliquer en quoi ces deux phrases ont un sens différent?

      • Catherine Heitzmann said

        « Les vingt ans qu’ils ont vécu ensemble » : ils sont vécu ensemble pendant vingt ans. Ici, « vingt ans » n’est pas un COD (complément d’objet direct), mais un complément de durée, donc pas d’accord.

        « Les vingt ans qu’ils ont vécus ensemble »: ensemble, à eux deux, ils ont vécu vingt ans. Ici, « vingt ans » est bien le COD, donc accord du verbe.

        La ponctuation, très souvent négligée, peut aussi changer le sens d’une phrase:

        « Les enfants, qui ont fini leurs devoirs, peuvent aller jouer » : tous les enfants ont fini leurs devoirs et peuvent donc aller jouer.

        « Les enfants qui ont fini leurs devoirs peuvent aller jouer » : une partie seulement des enfants ont fini leurs devoirs, et seulement ceux-ci peuvent aller jouer.

        Alors, quand je lis que l’orthographe est « bêtifiante », absurde, nuisible, cela me fait bondir.

        [Et ce genre d’exemple-bateau me fait voguer, surtout le premier, vachement bysantin et casuiste. Quant au second, ma foi, la ponctuation, c’est pas de l’ortograf, alors bof… – Ysengimus]

      • basicdesign said

        Ben là au moins c clair, Ysengrino fait dans la provoc démagogique, quitte à tomber dans le vulgaire en passant sans s’arrêter par le grossier. Après tout ce que tu nous sors, cher Ysengrino, tu ne saurais faire accroire à un manque de subtilité si épais que tu ne susses faire la différence entre une accentuation sur une durée (pure imagination, si on suit la logique des puristes de la simplification) et une accentuation sur des personnes (à priori de chair, sang et âme, sauf à aller si loin dans la simplification qu’on dépasse le big bang et tout monde existant pour en arriver au néant).

        J’ai dû faire passer la dernière phrase de la 3e personne à la 2e personne, histoire de subjonctif imparfait pour un savoir qui phonétiquement m’a paru approprié. Si je n’étais pas en train d’apprendre l’espagnol je n’y aurais même pas pensé, quel dommage.

        [Eh ben voilà. Merci Cervantès… – Ysengrimus]

      • Lulu said

        « [Et ce genre d’exemple-bateau me fait voguer, surtout le premier, vachement bysantin et casuiste. Quand au second, ma foi, la ponctuation, c’est pas de l’ortograf, alors bof… – Ysengrimus] »

        Pardon?
        L’exemple donné par Catherine vous montre combien la ponctuation et la grammaire sont liées, de même que grammaire et orthographe le sont aussi. Vous avez-là de quoi saisir toute la différence de sens entre une subordonnée relative explicative (délimitée par les virgules) et une subordonnée relative déterminative (non entourée de virgules). C’est donc la compréhension qui est engagée par la ponctuation, et ailleurs, par l’orthographe (exemple de il/ils +verbe du premier groupe au présent de l’indicatif).
        Vous abordez vous même dans votre texte un cas où l’orthographe est affectée par la grammaire (cas d’accords). Alors, je vous en prie, n’essayez pas de répondre par une pirouette en signifiant à quelqu’un qu’il mélange deux domaines, alors que vous-mêmes le faites, car vous retombez très mal et vous ne faites pas progresser la pensée, loin de là.
        Au reste, pourquoi simplifier la graphie? Pourquoi ne pas retourner à une phonétique proche de l’ancien français, où l’on prononçait tout? Je pense que les équivoques entre deux formes homophones étaient moins fréquentes, bien que les jeux poétiques de l’époque montrent qu’il en existait…et qu’on s’en amusait.

        (L’amusement manque cruellement aux perspectives de votre proposition, au fait. Vous savez, la langue, on ne l’envisage pas forcément pour agir en mode on/off…)
        Vous parlez très justement de la tolérance vis-à vis des fautes à l’époque où l’on commençait tout juste à former notre langue, nos grammaires, et nos dictionnaires. On faisait des fautes par-ci par là, soit. Mais les mêmes personnes que vous évoquez s’éclataient à composer des sonnets, avec des jeux de dispositions extrêmement compliqués, peut-être bien plus que cette pauvre orthographe. Je trouve que cet exemple tombe un peu mal. Pourquoi diantre se sont-ils « compliqué » la vie?

        Enfin, il y a une différence entre fustiger quelqu’un qui ne sait pas l’orthographe et comprendre puis défendre les mécanismes de l’orthographe. Rigides, les partisans de l’orthographe? Vous plaisantez? je parlerais bien de gymnastes, plutôt. C’est bien ce que vous reprochez à l’orthographe: qu’elle apparaisse si tordue.

        [J’ai vu beaucoup d’arguments fallacieux sur cette question comme celui, subtilement rebattu ici, de la ponctuation comme légitimation insidieuse de l’orthographe et de l’accord. Mais celui de votre conclu, c’est un record. Corréler plaisir de l’écriture et flicaille rigide et totalitaire de la norme écrite, c’est un summum, Rien à dire, le Marquis de Sade était français – Ysengrimus]

  17. ever said

    Merci de la précision. Mais je trouve que la deuxième phrase est un exemple peu convaincant et peu évident du point de vue du sens. Il aurait été plus clair de dire (et d’écrire) « à eux deux » plutôt qu’ensemble.

    • Catherine Heitzmann said

      Si vous voulez… Toujours est-il que ces deux phrases sont grammaticalement correctes (n’en déplaise à Ysengrimus) et ont un sens différent, avec un « s » en plus ou en moins.

      Je peux citer à la pelle des «exemples-bateau» qui prouvent l’utilité de la grammaire et de l’orthographe pour la compréhension et le SENS.

      En voici un, tout simple, tout bête: «je saurai» et «je saurais». Futur et conditionnel sont souvent allègrement confondus au détriment du sens.

      • Philou said

        Plutôt que de preacher pour le respect d’un code complexe et chiant, peut-être pourrions-nous questionner pourquoi «ai», tout seul, donne le son «é», mais suivi d’un T ou d’un S devient «è». Le langage devrait être logique, intuitif, or il ne l’est absolument pas.

        Que j’écrive « sorè », plutôt que « saurais », importe peu. Vous soré ce que je veux dire, non?

      • Saurais ne se prononce-t-il pas « sorè » et saurai « soré »? À moins que j’ai totalement perdu mon français, je ne vois pas de problème ici étant donné que les deux mot n’ont pas la même prononciation et donc phonétique.

        [Le problème c’est que la lettre S n’est pas conçue pour marquer ce genre de nuance alors que É et È le sont – Ysengrimus]

  18. Catherine Heitzmann said

    Quelques remarques:

    Votre «sublime note parfaitement lisible» (Je con pran pa, etc.) n’a pas été immédiatement compréhensible pour moi. J’ai dû la décortiquer, syllabe après syllabe, pour en saisir le sens. Elle n’est donc pas PARFAITEMENT LISIBLE.

    «Finalement, l’expérience prouve aussi, et ce n’est pas rien, que les chercheux convulsionnaires de fautes d’orthographe sont souvent des objecteurs au contenu qui n’osent pas ouvertement tomber la cagoule.»
    Figurez-vous que j’en suis une, de «chercheuse convulsionnaire de fautes d’orthographe» — c’est mon métier — et je ne vous permets pas de soupçonner les humbles ouvriers de la langue que sont les correcteurs de vouloir faire des «objections au contenu». Comme tous mes confrères et consœurs, je cherche à rendre la forme plus belle, plus fluide, plus en adéquation avec le contenu, sans modifier d’un iota ce dernier.

    « L’écrit, c’est juste un CODE… »
    Là, je suis d’accord avec vous. Les codes permettent de communiquer entre personnes d’un même groupe utilisant le même code. Et tout code a ses règles. Souhaitez-vous aussi bazarder le langage des signes, sous prétexte d’anti-conformisme?

    J’aime la belle langue, mais je ne suis pas obtuse. Raymond Queneau me ravit, Céline me transporte. Queneau écrivait à merveille, réduire son œuvre à Zazie dans le métro est une grave erreur. Zazie est un petit bijou, un exercice de style remarquable, mais pas une révolution orthographique. Toute langue vivante évolue, bien sûr, c’est normal et c’est un enrichissement permanent. Vous, vous souhaitez son appauvrissement, la niveler par le bas.

    Vous qui avez enseigné la linguistique pendant vingt ans, vous connaissez mieux que moi l’importance de l’étymologie: elle aide à mieux comprendre le sens des mots, elle nous mène en voyage dans le temps, et c’est passionnant. Et qui dit «étymologie» dit orthographe. D’ailleurs, si orthographe s’écrit ainsi (et non pas ortograf), c’est parce que le mot vient du latin orthographia. Donc, bannissez l’orthographe, et vous supprimerez toute possibilité de recours à l’étymologie. Un grave appauvrissement supplémentaire.

    [Oh! La barbe, l’étymologie. Sur l’étymologie, je vous recommande LA PREUVE PAR L’ÉTYMOLOGIE de Jean Paulhan. Il va bien vous arranger ça, lui. Édifiant… – Ysengrimus]

    Je vous soupçonne de vouloir surtout faire de la provocation (ça marche, d’ailleurs!) et de n’être pas vraiment convaincu par votre propre prose. Vous savez parfaitement que vos préconisations n’aboutiront pas, il est donc facile de s’enflammer sur le sujet.

    [Me soupçonner de ne faire que de la provoque, réduire mon contenu à cela, ce n’est pas une objection au contenu ça? C’en est une, et pourquoi pas. Je rejette ces accusations de provoque gratuite. Je souhaite une refonte en profondeur de l’orthographe et un jour viendra – Ysengrimus]

    • Catherine Heitzmann said

      Suite (et fin, rassurez-vous) :

      Je voudrais dire un mot sur l’homonymie, ou plutôt l’homophonie, puisque vous prêchez pour le principe « un son – une lettre » :

      sot, saut, sceau, seau
      vers, ver, verre, vert, vair
      sang, cent, sans, sent

      etc.

      Dans votre écriture, nous n’aurions plus que :
      so, ver, san ou sen.

      Vous ne l’admettrez bien sûr jamais, en tout pas sur ce blog, mais une simplification à l’extrême de la langue entraînerait forcément des non-sens.

      [Allons, allons, les milliers d’homonymes sont déjà dans le beffroi et nul ne s’en afflige: pile/pile, grève/grève, lu/lu, son/son, pis/pis etc. Et dois-je redire sans fin que c’est l’écriture qu’on raligne sur les sons effectifs de la langue pas « la langue qu’on simplifie » – Ysengrimus]

    • Catherine Heitzmann said

      Je vous SOUPÇONNE de faire de la provocation (je me demande si, par hasard…), je n’AFFIRME rien, je ne vous ACCUSE pas. Nuance.

      Et je ne réduis certes pas votre propos à ce soupçon, sinon je n’aurais pas pris la peine d’y répondre.

      [Balayez pour jamais ce soupçon, Madame. Souffrez que mon propos existe en son seul et exclusif degré, le premier… – Ysengrimus]

      • basicdesign said

        Sur l’étymologie.

        Plus haut ici on trouve le mot ‘céfaleux’. Sans l’association avec la tête indiquée dans la racine, il a fallu que je m’y reprenne à deux fois. Il y a plein d’autres exemples similaires ici, dont de meilleurs parce que la simplification introduit une confusion auparavant inexistante avec d’autres mots qui n’ont rien à voir. Comme je ne suis là ni pour me barber ni pour donner des leçons ni pour prêcher, vous n’avez qu’à les chercher vous-mêmes.

        Quant au degré du discours de l’ysengrino, on peut quand même rigoler quand il dit qu’il en reste au premier. Est-ce preuve de liberté? Probablement. Réjouissons-nous donc, oubliant insouciamment (comme lui, donc, et allez hop!) les néfastuosités du manipulationabilisationisme.

        [La confusion due au manque étymologique (si tant est). Trois mois d’écriture sans fioriture et vous n’y pensez plus (quand l’étymologie est opaque comme dans l’immense majorité des cas actuels) et/ou n’aurez plus à vous y reprendre à trois fois (quand la soi-disant «étymologie», le raccord des racines savantes en fait, est encore perceptible)… – Ysengrimus]

    • Philou said

      Petite correction, toute technique, mais vous comprendrez sans doute mieux que quiconque l’importance d’utiliser les mots justes.

      Or, «les humbles ouvriers de la langue que sont les correcteurs» n’en seraient-ils pas plutô les policiers? Vous ne produisez rien, vous appliquez un code que nous n’avons jamais choisi. Votre rôle est de maintenir l’ordre établi, rien d’autre.

      Sans rancune – je ne vous déteste pas autant que la police. 🙂

  19. Je suis parfaitement d’accord avec le principe. D’ailleurs ça me rappelle mes cours d’espagnol où j’ai trouvé très gratifiant d’écrire un nouvelle langue que j’apprenais depuis seulement un mois sans aucune faute d’orthographe (avec les accents et tout). À ce sujet, je crois avoir lu quelque part que la langue championne est le finlandais. Il paraît aussi que l’italien se compare à l’espagnol, bref le français est vraiment chiant pour rien!

    Par contre, je dois avouer que j’ai énormément de difficultés à lire les échanges en « phonétique » et je me demande si on peut s’y habituer de la même manière que tout le monde ici a réussi à apprendre le français.

    [Deux mois et vous seriez parfaitement habituée. Malheureusement, c’est le corpus en orthogrtaphe conventionnel qui deviendrait alors vite illusible – Ysengrimus]

  20. Nathalie DB said

    Ho! j’avais cru comprendre que le finlandais est l’une des langues les plus difficiles.

    Merci Coccinelle pour les exemples de l’anglais, je l’aurais mauvaise de voir un anglophone faire le moindre reproche a la langue – la graphie du francais. through/though/rough (on pourrait d’ailleurs citer tough pour l’elegance) est un magnifique exemple. Je deteste, apres des annees passees a travailler en anglais, etre incapable de deviner la prononciation d’un mot nouvellement presente a mes yeux.

    Reste que je suis suffisamment handicapee pour etre incapable de lire un texte par trop truffe de fautes (voila, c’est moi qui suis handicapee, il parait que c’est l’une des cles de la communication non-violente, c’est moi qui ai un probleme). Pour autant, par la grace de mon employeur americain, je n’ai qu’un clavier qwerty sur mon portable et j’impose un francais sans accent a mes interlocuteurs – il parait que c’est difficile parfois…

    [Au contraire vous, et les millions de gens devant en faire autant, dont moi par electro-plis, prouvez que la lecture du francais se passe parfaitement et des cecilles et des accents – un CQFD de rabe et vlan… – Ysengrimus]

  21. N’est-ce pas un peu vain tout ça?

  22. À Nathalie DB : Peut-être que je me trompe, je n’ai pas fait de recherche pour vérifier si ma mémoire était bonne.

    À Anne Hecdoth: On peut bien rêver n’est-ce pas?

    J’ai pensé à quelque chose qui me tracasse depuis que j’ai lu cet article… que fait-on avec les liaisons?

    « Lè avion » ou « Lè-z-avion » ?

    Personnellement, je trouve que la disparition des liaisons est complètement horrible à entendre et même si j’imagine que je pourrais m’y habituer c’est comme si je ne voulais pas m’y habituer. C’est comme si on changeait la langue, contrairement à seulement changer l’écriture de la langue.

    [Moi je dis: Lé zavion. Pas question d’escamoter (la lettre marquant) un son s’il est audible – Ysengrimus]

    • basicdesign said

      Ah mais pardon! (heureusement que la ponctuation n’importera bientôt plus, ainsi on ne saura plus que dans ce contexte le mot ‘pardon’ suivi d’un point d’exclamation signifie tout le contraire de ce qu’il est supposé dire. On sera alors tous socialopolitiquement corrects et de bons petits robots, bip-bip.)

      Voir plus haut « Le s, sé tun s partou. ». Ya plein de gens qui ne disent pas la liaison du ‘t’ dans « c’est en ». C’est pas un sale provo qui va nous imposer ses à-prioris et nous faire conserver des arriérations dépassées et contre-révolutionnaires, quand même! Allez hop, faut que ça saute aussi, ces foutues liaisons – TOUTES! Et rien que pour (quoi, au juste?), si on doit éviter l’allitération on dira lé navions, na! Ben dis donc, et pourquoi pas, puisqu’on veut éliminer le singulier-pluriel. Au moins un point ou les anglo-saxons on un réel point d’avance: pas de ‘tu vs. vous’. Enfin, pas en écrit. Mais vas donc dire ‘you’ avec le mauvais accent, tu verras comment ils te regardent de traviole. C’est quand même plus simple, tout compte fait, de voyager sur des routes signalisées orthographiquement et grammaticalement. Seulement pour s’en rendre compte il faut avoir voyagé, justement…

      [Remplacer la Chambre des Pairs par le Comité du Salut Public n’est pas jouer. Vous redevenez insidieusement normatif. Danger. Il s’agit de libérer l’écriture du fatras mort, pas de se tordre la langue dans l’autre sens… – Ysengrimus]

  23. sinziana said

    Il y a aussi des gens qui ne savent pas faire les multiplications et en conçoivent une grande honte: des calculettes pour tous!

    Trève de plaisanterie. C’est vrai qu’il y a un côté contraignant dans l’orthographe. De là à parler de totalitarisme… Jouer au foot aussi, c’est contraignant: il y a des règles, on ne peut pas prendre le ballon à la main, etc.

    C’est vrai aussi qu’on peut être à la fois très intelligent et nul en orthographe… quoique la maîtrise de l’orthographe, en participant à la maîtrise de la langue, aide sans doute aussi à apprendre à penser, non?

    Ceci dit, si l’orthographe du français pose problème à beaucoup d’enfants, ce n’est absolument pas parce qu’elle serait plus compliquée que celle des autres langues mais parce que les gouvernements capitalistes-libéraux depuis des décennies démolissent l’école en réduisant le nombre de profs et en cassant les enseignements. (Je parle de ce qui se passe en France, en tout cas; ailleurs, je ne sais pas.)

    Bourdieu parlait de « capital culturel » et de sa transmission. Dans le cas du « problème » de l’orthographe, soit on décrète que dorénavant chacun a le droit d’écrire come yl veu (nivellement par le bas), soit on donne à l’Education Nationale les moyens de faire un travail de qualité. Exemple même d’un choix dont on ne doit pas masquer le caractère purement politique sous de fausses raisons culturelles.

    • basicdesign said

      Bien vu, ça remet les choses à leur vraie place, merci. Elle est là, la vraie révolution.
      Cela dit, ne pas confondre orthographe et grammaire, ça n’a rien à voir. Je n’y connais strictement rien en COD sauf à pouvoir dire que ça veut dire morue en anglais; ni en aucune autre règle de grammaire quelle qu’elle soit. Mais où est donc Ornicar, reste pour moi une question dont je ne saurais donner la réponse sauf à savoir que ça a un rapport avec la coordination – mais quoi en faire, surtout dans un univers multi-spacio-temporel ? (non je ne fume pas de tabac vert, c’est en potassant la physique quantique que ce genre d’élucubrations vous vient). Par contre, comment le faire’ ne me pose pas de problème. Ne pas connaître la règle ne m’empêche pas de mettre ou ne pas mettre l’accent sur le ‘ou’ là où il en faut ou n’en faut pas un. C’est à force d’engranger de la lecture que ça vient de cette façon. Je ne regrette pas, au contraire. Faut quand même admettre que lire autant c’est s’évader d’autant, et à peu près autant que de lire ce blog et à fortiori d’y écrire, un acte duquel on peut de même débattre ad infinitum de son utilité. A plus!

  24. ABIVLM said

    Ses tro conpliquer pour moi tou ses mos. Yapa que l’orthograf, il fo oci sinplifié lalang pour ne pas pénalisé ce qui ne conèce pas asé demo.

    [Simplifions surtout le discours. Le patrimoine passif de la langue emmerde moins que son usage actif… euh… amphigourique…] – Ysengrimus]

  25. Serge Munger said

    Je suis très loin de me considérer comme une personne ayant un français impeccable mais je ne suis pas en accord pour autant avec la totalité de votre texte. Il est vrai que les personnes ne devraient pas discréditer un énoncé en fonction des fautes d’orthographes. Je le vois souvent sur des forums sur internet où des personnes parfaitement intelligentes qui parlent une langue différente de l’anglais se font discréditer à cause des fautes d’orthographe malgré le fait que leur logique est parfaitement bonne.

    Toutefois je ne vois pas en quoi cela excuserais d’écrire en phonétique. Selon moi, l’exemple mentionné « je con pran pas pk… » ne devrais pas exister. Même un anglais qui tente de parler notre langue ferait moins d’erreurs avec le traducteur de google.

    Il y a des incompréhension de la langue francaise qui selon moi ne changent rien au texte et à l’opinion. Par exemple, pourquoi mettre un « s » a la première personne du singulier d’un verbe et un « t » à la troisième. Par contre, beaucoup d’accords très importants peuvent changer totalement le contenu d’un texte. Je pense immédiatement aux terminaisons « é » versus « er » versus « ez » pour certains verbes. L’accord des adjectifs permet également de déterminer dans certaines phrases à qui s’adresse le qualificatif. L’étymologie des mots peut également avoir une très grande importance sur le choix du mot à utiliser dans un texte afin de bien se faire comprendre.

    L’exemple que vous avez mentionné (« je con pran pas pk… ») n’est pas un bon exemple car il est trop simple. Dès qu’on ajoute un peu de complexité dans la phrase, le texte peut rapidement devenir incompréhensible. Cet exemple est valide pour les petites phrases exprimant des pensées très simple. Un peu comme on dirait à un chien « reste », « assis », « couché »… là on se fou de la manière dont on le dit, C’est juste un mot. De plus, honnêtement, votre exemple, dans mon cas, n’étais pas des plus facile à comprendre. J’ai du réfléchir pour le décrypter avant d’être en mesure que mon cerveau puisse être en mesure d’en comprendre le sens.

    Selon moi, il existe deux façons de s’exprimer dans un français clair. Premièrement, dans un francais sans fautes, et deuxièmement dans un francais où les fautes sont permises sans possibilité de modifier ce que l’émetteur tente d’exprimer. Je crois en effet que dans plusieurs cas, l’orthographe n’est pas nécessaire à 100% mais que les règles d’accord, elles, le sont. Que j’écrive « francais » ou « français » n’a que peut d’importance; que j’écrive « arrivé » ou « arriver », là il y en a. Que j’écrive « honête » ou « honnête » n’a que peut d’importance; mais que j’écrive « Laisser un commentaire » ou « Laissez un commentaire » change totalement la perception que les gens peuvent avoir de l’énoncé. Se faire donner un ordre peut être mal reçu.

    D’ailleurs, cela me mène à mon dernier point. Lorsque le roi de France a exigé que les premiers dictionnaires soient conçu, les scribes étaient payés à la lettre. Du coup, plusieurs mots se sont retrouvés avec des consonnes en double ou encore des prononciations allongées (« aie » équivaut à « è », etc.). Sur la plupart de ces points, je n’aurais absolument aucun problème à raccourcir les mots par leur réelle prononciation car nous devons vivre aujourd’hui avec des mots allongés parce qu’un scribe radin a voulu se faire quelques pièce de plus par page de texte. Mais je n’irais pas plus loin que ça dans ma démarche d’acceptation des fautes d’orthographe dans la langue française.

    Ah oui, et j’oubliais…. la langue c’est un code; un code qui permet à tous les francophone de se comprendre. L’utilité d’un code est la standardisation. Si un code est différent d’un endroit à l’autre, il devient impossible de se comprendre. Imaginez si les symboles mathématique voulaient dire des choses différentes d’un endroit à l’autre sur la planète? Wow! Ce serait l’enfer.

    Merci,
    Serge Munger

    [Ah, I’idée selon laquelle la capacité d’un individu à rédiger un texte sans faute n’est pas un gage d’intelligence fait son chemin. Pour le reste, me suive qui voudra… – Ysengrimus]

  26. Valery said

    La mondialisation

    J’ai trouvé cet article très intéressant. J’ajouterais à votre argumentaire l’aspect de la mondialisation. Cet aspect est peu abordé dans votre article, mon cher Ysengrimus. Je n’ai pas votre habileté à la plume, mais je crois qu’il faudrait en ajouter un paragraphe ou deux.

    La langue française est dure d’apprentissage, par rapport à d’autres langues. Cela risque de la mener vers sa disparition à long terme. Car la langue, surtout dans un endroit comme le Québec, est en compétition avec d’autres langues. L’apprentissage de l’écrit fait parti d’une bonne part de l’apprentissage d’une langue.

    Une réforme de la langue française (et une vraie) serait nécessaire à mon avis. Sinon, à long terme, la langue française pourrait disparaître, victime de ses nombreuses con-plications inutiles.

  27. Sismondi said

    J’ai adoré votre texte, admiré votre prose, etc… rares sont les textes de ce niveau sur le web. Rien que pour ça, merci. (Bon à lecture plus approfondie de votre « cv », effectivement il ne s’agissait pas d’un… je ne suis pas certaine qu’amateur soit le terme approprié :). Mais quand même.)

    Je suis d’accord en substance avec votre argumentaire. Bien que ça me hérisse le poil de croiser la moindre faute, l’essentiel est bien ici de se comprendre, au moins entre francophones (un petit coucou des îles du pacifique, en passant). Moi je dis: halte au dressage et à la pensée unique. Au Québec, je ne sais pas, mais il me semble que, pour la France, l’orthographe a été unilatéralement figée par l’académie française (avec des majuscules, je suppose, mais ne les méritent pas). Orthographe et éducation vont de pair, et dans certains coins du monde c’est d’autant plus oppressant pour les locuteurs de langues vernaculaires. Ceci pose aussi problème dans l’enseignement des mathématiques (l’humanité n’est pas intégralement en base 10), mais ceci est une autre histoire.

    À mon sens la question de la réforme de l’orthographe touche directement l’enseignement, et du coup c’est un problème de société(s). Un problème de fond, taux-talement biaisé par les croyances économiques actuelles.

  28. Delcuse said

    La langue francaise n’est pas une belle langue, mais la langue des colons, tout comme l’anglaise. C’est une langue qui sert principalement à chatier, à réprimer, à mépriser. C’est une langue qui s’est imposée avec une très grande violence. Elle s’est imposée dans le mépris le plus total des langues qu’elle a réduite à des régionalismes.
    Et si les mots ont un sens, alors il est intéressant de dire « faute » plutôt que « erreur » pour indiquer une mauvaise entente avec l’Académie de la franchouillie. Bref…

  29. ertson said

    Pas de faute, désolé… (ysengrinus)

    Y aurait-il encore des fautes dans votre (superbe) manière d’écrire la langue française?

    [Toujours – Ysengrimus]

  30. gromulke said

    Pourquoi se fatiguer avec l’orthographe? Du moment que tout le monde se comprend. D’ailleurs, on pourrait également laisser tomber l’alphabet. Plutôt que d’écrire « arbre », « arbr », ou « arb », voire « tree » pour ceux plus au nord, on dessine un arbre, et tout le monde se comprend.

    Le raisonnement par l’absurde, c’est fait. Plus sérieusement, bien que l’orthographe ne soit pas logique, et bien souvent contraignante, la supprimer complètement serait un peu (beaucoup en fait) dangereux. La langue est un code, comme beaucoup l’ont indiqué. Si on laisse les utilisateurs de ce code le modifier comme bon leur semble, on ne facilite pas la communication.

    L’exemple de « wazo » est éloquent. En lisant « oiseau », l’image de la petite bête a plume dans son nid apparaît directement dans mon esprit. En lisant « wazo », j’ai du mettre cinq bonnes secondes avant de comprendre. Ce qui, pour lire un seul mot, est plutôt long. Suis-je le seul a reconnaître un mot sans passer par sa prononciation? Associer les lettres pour avoir un son, pour ensuite comprendre le mot qui lui est associé, c’est un exercice d’école primaire. Passé un certain temps, lire un mot devient un réflexe.
    Et par conséquent, l’orthographe devient la norme: on a appris à lire avec cette orthographe, et pour se comprendre, on utilise la même orthographe. Sinon, la lecture risque de n’être qu’un décodage permanent, et pas un réflexe, quel que soit le temps passé à lire, puisque chacun utilise son propre code.

    Que l’on se serve des fautes d’orthographe comme d’une marque de manque d’intelligence (ou inversement) est en effet une grossière erreur. Quelqu’un qui chassera un pluriel sans s dans un discours passe plus souvent pour un idiot qu’autre chose à mes yeux. Cependant un texte écrit intégralement en langage phonétique/SMS est une marque de flemme, tout bonnement. Il y a une différence entre faire quelques fautes à par-ci par-là et envoyer bouler toutes les conventions.

    Pourtant je ne défends pas absolument l’orthographe actuelle. Une langue évolue: beaucoup ont eu, en cours de français, l’exemple de « caballus », qui devient « cavale », puis finalement « cheval » au fil du temps, et qui, peu à peu, devient « chfal ». L’Académie Française ne sert qu’à garder la tradition, pas à créer les règles de toute pièces.

    En conclusion: réformer l’orthographe? Pourquoi pas. La supprimer? Sûrement pas.

  31. Anon said

    Bonjour.

    Ce que je note surtout, c’est que vous défendez une simplification de l’écrit avec un style plein de lourdeurs, ayant peu de qualités esthétiques et n’apportant rien au sens. Ce style me semble emprunter à ces hommes de lettres mauvais et conformistes que vous attaquez.

    Ces gens instruits dont vous parlez, au-dessus de l’orthographe, le sont peut être parce que leur maîtrise de l’art de la langue n’était pas à démontrer. Je serai le dernier à reprocher au Poète de jouer avec les mots et leur forme.

    Vous défendez une accessibilité de l’écrit dans un besoin de communication, mais vous ne savez pas communiquer… à mon avis.

    [Vous vous objectez sur le fond mais criticaillez la forme. Vieille lune argumentative, s’il en fut… à mon avis]

  32. Vortex said

    Je ne crois pas qu’on critique vraiment l’orthographe en tant que règle, à suivre quand on est nul, à transgresser quand on est poète. Les nuls sont des poètes méconnus, Les poètes sont des nuls accrédités.

    C’est plutôt sur le sectarisme de l’orthographe sur la langue, dans le sens large et sur l’intelligence en particulier.

    Je suis nul en orthographe. et l’on me conchie.

    je sais faire un pivot de gauss, résoudre une équation à plusieurs inconnues et le théorème de Pythagore, n’est pas pour moi une un sorte de thé au rhume grec, et il me viendrait pas l’idée de vilipender quelqu’un qui ne saurait le faire (quoique…) alors que les cadors du dictionnaire ou de la règle de grammaire ne se privent pas de nous assassiner, nous les handicapés du verbes et parfois même de se féliciter d’être nul en math, eux les déficients du chiffres.

    C’est plutôt ça qu’on souhaiterais contre-balancer. Je vérifierais mon orthographe sans importance à mes yeux puisqu’illogique, quand les donneurs de leçons respecteront la logique implacables et sans exceptions des chiffres.

    [Dans le mille. Je vous seconde totalement, Vortex… – Ysengrimus]

  33. BenBiBu said

    Je passe juste pour faire remarquer qu’en Français (discipline scolaire), on ne parle que de fautes : d’orthographe, de grammaire, de conjugaison … Alors qu’en Math, on fait des erreurs : d’énoncé, de calcul, de raisonnement. Les fondements de l’enseignement de la langue française ne seraient-ils pas profondément culpabilisants ?

    [Et autoritaire… Ysengrimus]

    • Aurélien said

      Ne serais-ce pas le genre de discours que vous traiteriez de sophisme ou de fallacieux… s’il n’était dans votre sens?

      Pour ma part, je reste attaché à la langue française, tout simplement parce que ce n’est pas un vecteur indifférent de communication, mais elle porte avec elle l’histoire de sa construction. Et ça, ce n’est pas quantité négligeable. Se plaindre du côté élitiste et discriminant de l’orthographe (oui, et alors? C’est pareil pour les maths, après tout!), n’est-ce pas un faux débat ? Je m’insurge fortement contre une certaine tendance à l’indulgence envers les personnes malmenant la langue française, du fait même de cet élitisme.

      En gros, parce qu’une partie importante de la population n’arrive plus à écrire correctement, cela prouve que le français est élitiste, donc il faut les excuser de cela? Mais c’est du marchandage de café du comptoir! À quand un quota d’illettrés à l’Académie Française parce que son accession est élitiste?

      Déjà, quelle élite face à quelle classe populaire? Ceux qui écrivent mal font essentiellement partie de la génération MSN, SMS, portable. Mais quelqu’un qui peut se payer son forfait, a fortiori un ordinateur n’est pas si défavorisée que cela. Et la majorité des bibliothèques sont gratuites. Tout est question de choix.

      Une partie de la population foule aux pieds les règles voire le clame haut et fort. Qu’elle assume. Viendriez-vous au travail en peignoir déchiré de partout, délavé ou pas lavé? Non bien sur, question de respect, question d’image. L’écriture, qu’est-ce sinon l’apparence intellectuelle, fond et forme? Si chez vous règne un certain laxisme, souffrez que nous chérissions toujours cette valeur. Sans vous plaindre. Si je dois noter un 3*500m et qu’une personne est en béquilles, bien sûr qu’elle aura droit à mon indulgence. Un handicap, on n’y peut rien. Par contre, la gamine qui est à moitié endormie parce qu’elle a passé la nuit avec des amis sur MSN… pourquoi mériterait-elle un régime de faveur? Et quelle insulte pour ceux qui ont véritablement des problèmes, quelle insulte aussi pour tous ceux qui ont lutté pour parvenir à bien écrire, car lorsqu’on dédouane ceux qui échouent, c’est autant enlevé à ceux qui réussissent.

      Je ne suis pas contre des légères réformes, comme évènement. Mais de grâce, laissez-nous nos ph, rh et autre digrammes tant décriés. Et tant pis pour les cancres.

      [Ceux qui se demandent comment s’exemplifie l’équation réaction = orthographilie convulsionnaire = confusionnisme buté langue/écriture = élitisme à la fois puant et scolaire reliront ce commentaire et en méditeront la charge et la polarité… – Ysengrimus]

  34. Sissi Cigale said

    Comme souvent, ce sont les conceptions et la liberté d’expression d’Ysengrimus qui en dérangent certains. Je dis cela parce que moi, voyez-vous, les objecteurs au contenu qui dévient mesquinement et chipotent pour l’orthographe ou les virgules, sans oser aborder les débats de fond: pukapab

  35. revever said

    Entre savoir orthographier correctement et jouer avec la phonétique et perdre sa langue donc sa culture, je vois un fossé et laisser aller, encourager la cancritude m’apparait tendre bientôt à l’opposé de la liberté que vous prônez!

    [Trop de francophones pensent comme vous, c’est bien ça le drame… – Ysengrimus]

  36. Les_petit_ filles said

    Je suis tout à fait d’acord avec l’oteur de ce billet… [l’orthographe, ce traumatisme culturel hautement bêtifiant, nous strangule la cervelle, nous lobotomise lentement, inexorablement.] La preuve: très peu de fautes dans ce billet.

    PS: il est vrai que sur un CV il est plus drôle de juger la photo que de juger l’ortographe, ça va plus vite et au moins on est sur de ne pas se tromper.

    [il y a pourtant des filous qui ont des bonnes têtes d’honnêtes gens… – Ysengrimus]

  37. Demian West said

    C’est indigeste et non structuré, le propos se perd au milieu des exemples dont on ne saisit plus l’utilité. Bref, c’est mal exprimé, brouillon et juste une charge de ressentiment anti-Français, comme c’est votre habitude. Quand la linguistique devient un prétexte pour exprimer sa xénophobie contre la France et les Français, le grotesque est largement franchi. Ridicule! Et le ton est très geignard, ce que justement vous vouliez dénoncer. Non maîtrise de l’art de la dissertation, quand on dit exactement le contraire de ce qu’on voulait démontrer.

    [Pas geignard: pesteur. J’assume d’ailleurs. Par contre faudrait que tu m’expliques un peu ce qu’il peut y avoir d’anti-français dans ce développement. C’est toi là qui es pas limpide avec ce genre de parano nationaliste de principe… — Ysengrimus]

    • Demian West said

      Mais bien sûr vous ne le voyez plus puisque pour vous c’est devenu une seconde nature assez première.

      [Avec un ambassadeur dans ton genre, la pauvre France néo-vichyste est sacrément mal ammanchée… — Ysengrimus]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s