Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

La pilule érectile s’accompagne-t-elle d’une augmentation du pouvoir des femmes?

Posted by Ysengrimus sur 1 février 2010

Question percussive. Apparue au tournant du siècle (vers 1998), la pilule érectile (type: Viagra, Cialis, Lévitra etc) est indubitablement avec nous pour rester, et elle prend une importance ethnologique de plus en plus déterminante. La révolution des moeurs qu’elle introduit, subrepticement mais sans ambivalence, est aussi cruciale, et, dans un sens, beaucoup plus radicale, que celle que l’on doit à la pilule anticonceptionnelle, apparue cinquante ans avant. Cette dernière, ultime produit d’un phallocratisme en capilotade, séparait la femme de sa fonction de génitrice et la convertissait en atout autonome de plaisir, pour l’homme d’abord, puis, ensuite, la pulsion libératrice de l’évolution sociale aidant, pour la femme elle-même. La pilule érectile sépare l’homme de quelque chose de bien plus enraciné: ses bonnes vieilles certitudes génitalistes. La forteresse masculine est ébranlée sous la poussée de nouveaux postulats concernant le séculaire flageolement viril et les divers inconforts qu’il engendre. La pilule érectile questionne la masculinité en son épicentre et oblige son chambranlant dépositaire à regarder ses limitations et ses inaptitudes bien en face, puis à se remuer et à agir. Il appert que, pour dissiper son angoisse croissante, homo viris doit effectivement mettre en place une action, un suivi. Il appert aussi que notre bonhomme n’est plus là simplement pour prendre son plaisir de par la femme mais pour servir le plaisir de cette dernière aussi, l’un dans l’autre…

Or, ce point est justement débattu. Dans les rapports de sexage actuels, on accuse effectivement souvent l’usage de la pilule érectile de perpétuer, d’accentuer, de pérenniser le pouvoir (y compris le pouvoir abuseur ou abusif) des hommes sur les femmes (pensons au stéréotype déjà rebattu de la vieille dame exténuée qui ne veut pas que son satyre vermoulu obtienne sa prescription). Si le regard critique, qui anime cette idée d’une corrélation entre utilisation de la pilule érectile et abus de la «chose» chez l’homme, est parfaitement légitime, l’analyse elle-même, sur laquelle repose cette croyance, cloche quand même un peu. En effet, il semble bien que s’y manifeste une présomption faussée de ce qui se passe dans les abysses de la physiologie et de la psychologie masculine, lors de l’absorption d’une pilule érectile. L’erreur présomptive la plus commune ici est de confondre cette médication avec un aphrodisiaque, ce qu’elle n’est aucunement. Disons la chose comme elle est. La dureté artificielle de l’organe a un coût physiologique dont on parle moins dans les pubes: sa nette et indubitable insensibilisation. La virilité manufacturée se paye du prix d’une perte de l’intégralité physique de l’extase orgastique masculin. Donnant, donnant… Tant et tant que, jouir ou faire jouir, voilà finalement la question fondamentale qui se profile. pour notre homme. Et comme on ne peut pas feindre une érection et une éjaculation masculines (alors qu’on peut parfaitement feindre un orgasme féminin), cette question devient vite une hantise lancinante pour notre petit menteur compulsif et séculairement hypergénitaliste de bonhomme. On notera le triste corollaire ici: tout cela ne va rien arranger pour une remise en question du vieux préjugé cultivant la confusion brouillonne entre orgasme masculin et simple éjaculation, mais bon, l’ère de l’épanouissement sexuel exclusif de l’homme touche son crépuscule, cela a ses petite contraintes, que voulez-vous.

L’omerta masculine sur la question (que je trahis ici allègrement) ne change rien au fait que l’homme paye un coût sexuel et émotionnel passablement important dans toute cette histoire de pilule érectile (sans compter le coût encore largement méconnu, sur sa santé à long terme). Je défends donc ouvertement ici l’idée que la pilule érectile procède, en fait, d’une augmentation du pouvoir des femmes sur leur vie, dans leurs rapports avec les hommes, dans l’espace du sexage et de la séduction. J’irai même jusqu’à dire que la pilule érectile n’a pu apparaître et se répandre mondialement si rapidement qu’en vertu du pouvoir actuel des femmes sur leurs propres pratiques sexuelles. Je commencerai par faire une toute petite observation qui est loin de manquer de charme autocritique déjà: cette fois-ci, c’est l’homme qui doit prendre une pilule

Cette fois-ci, c’est l’homme qui doit prendre une pilule…

Reportons nous d’abord aux temps, désormais quasi-immémoriaux, où les dysfonctions érectiles ne faisaient pas l’objet d’un traitement au moyen d’une médication. Inutile de dire qu’elles ne faisaient pas l’objet d’une conscience bien précise non plus. On les occultait massivement et, quand il n’était vraiment plus possible de faire autrement, on les conceptualisait sous une notion aussi vieillotte que rigolote: celle d’impuissance. Quand je pense à cette vieille notion, sacralisante, ontologisante et stigmatisante, d’impuissance, il me revient le tendre souvenir de l’acteur cinématographique Clark Gable (1901-1960). Cette figure culturelle, symbole au siècle dernier, s’il en fut un, de la masculinité flamboyante, était, aux dire de son épouse du temps, parait-il, un impuissant. La notion semble alors porter une sorte de vigueur iconoclaste, doublée d’une critique fondamentale de l’homme, et parait le frapper en l’épicentre de sa mythologie phallocrate. Mais, hélas, cette critique tombait vite court. Le fait est que, si l’épouse de Clark Gable pouvait déjà se permettre de critiquer ouvertement, au sein des réseaux mondains du temps, les capacités sexuelles de son illustre mari, dans le traintrain usuel des couples ordinaires, la situation était toute autre. On assistait en fait, bien plus souvent qu’autrement, à la mise en place de la vieille posture contrite du roy privé d’héritier, et l’absence d’ardeur sexuelle de l’homme faisait souvent une accusée qu’on n’attendrait plus guère aujourd’hui: sa femme. Si un homme ne bandait pas, autrefois, c’était la faute à sa copine et c’est elle qui intériorisait la culpabilisation «inhérente» à la chose. Pas assez séduisante, pas assez engageante, pas assez perverse, pas assez salace, pas assez imaginative, pas assez constante, pas assez patata, pas assez patati. Je n’ai pas besoin de m’étendre, c’est le cas de le dire, sur la question. On voit bien le tableau. Alors que, hum, hum… au jour d’aujourd’hui, quand un homme ne bande pas, bien, c’est son problème, son petit problème personnel, individuel, exclusif et privé et, comme pour une surdité naissante, une verrue encombrante ou une cheville arthritique, eh bien, qu’il voie son médecin (ou son dealer)

Maintenant, si vous me permettez, on va s’autoriser un petit détour qui nous fera furtivement passer par les aventures intimes d’un jeune couple de torontois charmant de ma connaissance et que nous nommerons, pour ne pas les offusquer ni les trahir, Duncan et Roberta. Dans le vestiaire de la salle d’arme médiévale, un beau jour, comme ça, au beau milieu de tout et de rien, Duncan s’exclame à la cantonade: What the fuck is a stretch mark anyway? (Finalement, qu’est-ce que c’est donc qu’une vergeture?). Aucun des spadassins ne sait exactement de quoi il s’agit, en fait. Ce sont donc les spadassines, fort informées, quand à elles, sur la question, qui se chargent d’expliquer au bouillant Duncan ce que c’est qu’une vergeture. Pressé ensuite de questions par les épéistes des deux sexes, Duncan se met ensuite à nous raconter, tout triste, que son amie de cœur Roberta a terriblement peur qu’il soit révulsé par des vergetures qu’elle aurait, selon ses dires propres, en stries sur les pourtours des fesses et dont, de fait, Duncan n’arrive même pas à commencer de conceptualiser l’existence. Mes lectrices me comprendront ici parfaitement. Il y a un grand nombre de menues caractéristiques physiologiques que les femmes dissimulent pudiquement le plus longtemps possible à leurs amants, croyant que ceux-ci vont les critiquer, les enquiquiner et les pinailler sur icelles, alors que lesdits amants, je vous le dit haut et fort mesdames, NE VOIENT RIEN DE CELA EN VOUS. Le détour à travers l’aventure des vergetures de la douce Roberta, indétectables par le sémillant Duncan, force ici une observation de portée générale: c’est un trait éminemment féminin que de cacher chafouinement certaines particularités de son anatomie et de s’angoisser outre mesure de l’opinion éventuelle du partenaire intime sur ces dernières. Encore une fois, je n’ai pas besoin d’épiloguer. Bien des lampes d’alcôve soigneusement éteintes s’expliquent par ce simple petit aphorisme. Or, cette angoisse de la caractéristique corporelle honnie et cachée, qui était si étrangère à l’homme jadis, ne l’est plus totalement aujourd’hui. Car, voyez-vous, comme il ne peut ni dissimuler son absence d’érection ni en feindre une, il cache au moins une chose jalousement à sa partenaire et c’est justement l’absorption de la pilule érectile aux fins du retour imparable de ladite érection. La pilule érectile, son manque et ses ratés (car cela ne marche pas toujours…) font donc l’objet, pour l’homme, d’une angoisse d’apparence aussi forte, aussi empirique et aussi intériorisée que l’angoisse de la femme pour ses vergetures (ou ses varices, ou ses formes, ou sa ligne, ou l’épaisseur de ses lèvres, ou la racine non teinte de ses cheveux, ou etc)…

Cette angoisse du paraître devient ensuite une peur panique ouverte quand le tourment masculin entre dans l’espace ancien, trouble et tempétueux de la compétition amoureuse. S’être inquiété du compétiteur séducteur qui est jeune, qui a des cheveux, qui cuisine, qui a une jolie voiture ou des lettres ou du prestige social, ce n’est rien, infinitésimalement rien, aux vues de l’homme, s’il faut maintenant craindre l’epsilon sans avantages particuliers qui loge au palier, tout simplement parce que, lui, il bande… On a envie de se rouler par terre et de crier androhystériquement que s’il bande, ce corniaud là, c’est exclusivement parce qu’il gobe des pilules érectiles comme… tiens, justement, tout juste comme une femme a bien souvent envie de crier que les nichons saillants de la voisine de palier sont des implants et que sa tignasse torsadée est une perruque. Pour la première fois de son existence ethnoculturelle, l’homme se tourmente intérieurement, se torture en continu, en se disant que, libre, plus que jamais historiquement, de sélectionner ses partenaires comme bon lui semble, sa conjointe pourrait tout simplement choisir un autre homme, plus à la hauteur sexuellement, si des carences «primordiales» (aux vues de l’homme, sa génitalité restant le soliveau essentialiste de toute existence en sexage) ne sont pas corrigées d’urgence, par l’intervention chimique appropriée…

Alors, si vous m’autorisez une petite pesanteur démonstrative qui s’impose ici plus qu’ailleurs, nous avons, de par la banalisation galopante de l’usage de la pilule érectile:

1-     Une généralisation absolue et totalement incontestable du syndrome de Clark Gable. Si tu ne bandes pas, gars, c’est uniquement et exclusivement ton problème. C’est une condition médicale privée et c’est intégralement à toi d’y voir. Passer la faute à l’autre sur ceci, c’est fini.

2-     Une généralisation absolue et totalement incontestable de l’effet vergetures. Il faut masquer ses petites imperfections discrètement et sans trompette, car (croit l’homme, outre mesure comme il se doit) elles pourraient soulever des arguties avec la partenaire et/ou le milieu social.

3-     Une généralisation absolue et totalement incontestable de la terreur compétitive. L’homme qui ne bande pas, quand, désormais, c’est remédiable, risque (croit l’homme, outre mesure comme il se doit) d’être distancé par l’homme qui bande, que ce soit naturellement ou parce qu’il y a justement (chimiquement) remédié.

Il est, dès lors, bien difficile de ne pas considérer cette analyse en trois points sans observer que désormais l’homme intériorise et magnifie des responsabilités, des peurs, des angoisses, un cadre de pensée qui étaient jadis des apanages exclusivement féminins. Si l’homme de ce siècle-ci commence à vivre des inquiétudes et des états d’âmes semblables à ceux d’une femme du siècle dernier, il n’y a pas de chanson à se chanter, c’est que son pouvoir s’étiole. Sceptiques? Oh, oh… Voyez simplement le topo dans l’angle de la question suivante, alors. Pensez-vous vraiment que le grand-père de l’homme contemporain se serait abaissé à prendre une pilule pour se faire bander? Mais poser la question, c’est y répondre. Voyons donc! Le machisme dans sa période doré n’aurait jamais cultivé ce genre de dérive involontairement autocritique pour lopette anxieuse puisant, dans une chimie suspecte, ce qu’elle ne trouve plus dans la «nature» (souvenons-nous des dénis masculins tonitruants face à une pilule anticonceptionnelle masculine. C’était tout simplement pas pour lui, ce genre de platitude routinière pharmaco-chiante)… Or, ce qui, pour son couillu d’aïeul, aurait été une humiliation absurde et inane, une incohérence mentale et un déni brouillon des évidences les plus fondamentales de l’Être, est, pour l’homme contemporain, un mode de vie, simple, ordinaire, généralisé, imparable.

Mesdames, prenez la simple mesure des faits. Votre partenaire sexuel consomme une pilule érectile, en secret, pour vous plaire, pour se survivre sexuellement à lui-même, et pour ne pas vous perdre. Ce faisant il est sordidement aliéné, me direz-vous peut-être, mais qui ne l’est pas? C’est, pour lui, un choix fatal, contraint et contrit. Il n’en rit pas, ne s’en tape vraiment pas sur les cuisses, ne s’en vante pas et n’en parle jamais avec ses copains (sauf dans le cadre sécurisant de l’humour douteux imputant cette pratique aux autres gars). Cela ne mousse aucunement son ego et ne rehausse en rien sa libido (redisons-le: l’action chimique est strictement localisée et sa portée est fondamentalement non orgastique). Secrètement, notre homme, en plus, eh bien, il s’inquiète, il a honte, il a peur, il craint ses pairs et ses concurrents. Hagard, il prend un strapontin dans l’univers contemporain de l’hédonisme contraint. Sentiment bien familier, mesdames, non? Bien son tour, un petit peu, non? Comment être certaines que telles sont vraiment ses émotions, me dites-vous? Simple. Il la prend la petite pilule. Il la gobe en silence. Il retourne chez le pharmacien, en catimini. C’est souverainement barbant pourtant, ce genre de routine (vous le savez bien, mesdames, depuis 1959), mais il le fait maintenant, en silence, et sans bougonner encore. Inusité, quand même. C’est là votre plus sûr garant de sa contrainte et de sa contrition. Laissez-le faire, un petit peu, au fait… Laissez le mariner dans cette nouvelle chimie des âges. Car, ce faisant, c’est sa compréhension intime de ce que vous vivez vous-même qui s’imprègne profondément en lui. Et plus votre partenaire vous comprendra, plus il vous ressemblera. Et plus il vous ressemblera, plus votre pouvoir, qui est autre, alternatif, moderne, nouveau, non patriarcal, communicatif, collaboratif et égalitaire (en ce sens qu’il tend à requérir une plus grande identité empathique des êtres), augmentera. Il faut que votre ordre et votre logique croissent et que la sienne diminue… un peu… un petit peu beaucoup, quand même.  On vise l’égalité.

La pilule érectile n’augmente pas obligatoirement, comme mécaniquement, le pouvoir des femmes. Il faut, de fait, inverser cette équation. C’est finalement plutôt l’augmentation du pouvoir et de la liberté sexuelle des femmes, survenue d’autre part –indépendamment- dans la vie sociale et la lutte pour les droits, qui rend possible, puis obligatoire, puis parfaitement ordinaire, aux tréfonds des replis physiologiques et mentaux de l’homme, la généralisation fulgurante de la pilule érectile.

.
.
.

Paru aussi (en version abrégée) dans Les 7 du Québec

.
.
.

Publicités

29 Réponses to “La pilule érectile s’accompagne-t-elle d’une augmentation du pouvoir des femmes?”

  1. Tourelou said

    Le pouvoir des femmes et des hommes sur nos réflexes charnels est agrémenté de petits accessoires, légaux ou pas. Appelons-les Viagra, Ecstasy, Gode, vibro, etc. Pourquoi ne pas abuser de nos sens et croire à la puissance et au pouvoir du regard, de l’odeur, du toucher, du goûter et des mots jolis, ou pas parfois, qui stimuleraient une érection pouvant mener jusqu’à l’acte sexuel entre personnes consentantes?

    Le Viagra est le résultat bidon de l’homme qui voulait marcher sur la lune, encore un rêve, un accessoire de plus pour l’esprit, mais monétairement très rentable pour l’industrie. Dommage que la performance physique prenne le dessus sur la performance érotique, c’est le cas pour beaucoup de gens à voir le succès planétaire des petites pilules. Le pouvoir prend le dessus sur le vouloir.

    • ysengrimus said

      Je ne crois pas que l’importance ethnologique de la pilule érectile puisse se réduire ainsi à celle d’un godemichet ou d’un coup de gnole ou de poudre avant de tirer… C’est plus profond que cela, tant psychologiquement que commercialement…

      Je seconde par contre l’idée que la pilule érectile fait entrer l’homme (et je rajoute: À SON TOUR) dans un espace d’aliénation. Celui des sans-pouvoirs, justement… Pilule érectile (homme), chirurgie esthétique (femme): même combat stérile, mêmes angoisses réifiantes, mêmes incapacités consuméristes…

  2. flipo said

    Bonjour,
    votre blogue est tout pourri. On dirait du caca.

    cdlt.

    [Voilà qui est bien abrupt! Je comprends que ce billet froisse l’ego masculin, mais de là à généraliser ainsi! Faites un effort, Flipo. Scrutez un peu les commentaires. Je suis certain que vous retrouverez bien votre opinion quelque part dans un coin, allez… – Ysengrimus]

  3. J’adore votre réponse à Flipo qui démontre un grand sens de l’humour. Mais je dois faire attention sinon on va encore m’accuser de vous faire la cour alors que vous n’êtes pas un homme libre. Votre billet est fort intéressant, tellement touffu que je n’ai pas fini de le digérer encore. Je pensais que les hommes aimaient prendre ces pilules pour leur plaisir à eux, pas nécessairement pour celui de leur femme. Vous m’en faites douter. Il est tellement difficile de généraliser en ce domaine. Le Viagra, n’est-ce-pas une façon de prolonger la jeunesse, de conserver les mêmes réactions connues et rassurantes. Ne serait-ce pas aussi un rempart contre la vulnérabilité? L’homme qui ramollit devient tendre, il y aurait tant à explorer dans ce phénomène qui le rend plus humain et accessible. J’y vois une ouverture à l’intimité véritable entre l’homme et la femme, au plaisir de trouver des chemins nouveaux qui dérogent des schémas établis. C’est une occasion en or de remettre sa sexualité entre les mains de son amoureuse et de se laisser enfin aller à l’abandon, si difficile à atteindre pour les mâles. C’est malheureusement trop demander et l’homme, qui est action, prend peur et se réfugie dans le confort de ses habitudes à l’aide de sa pilule bleue. Je ne suis pas si certaine que ce soit la femme qui la lui réclame. Bien qu’il doit y avoir autant de réactions qu’il y a de couples, Ysengrimus!

    • ysengrimus said

      Croyez-vous que je vous « réclame » vos implants mammaires, douce amie? Que nenni. C’est la femme-fantasmant-ce-que-l’homme-réclame (tapie en vous) qui vous les réclame, et fermement…

      Kif-kif dans l’autre sens, sur la pilule érectile. Si je n’avais pas si peur de vous perdre, oh que je m’en passerais donc. Je ne le sais pas que vous vous en fichez bien, moi. Je vieilli dans la peur de mon être profond. Comme vous… DE PLUS EN PLUS, comme vous…

      Informez-vous auprès de vos testo-troupes. Testo-testez ma petite hypothèse. Un monde d’androhystérie convulsionnaire s’ouvrira à vous…

      • J’admire ce questionnement qui vous inspire à propos des femmes et des hommes et des liens qui les unissent, Ysengrimus. « Je vieillis dans la peur de mon être profond », que voilà une confession touchante! Mais vous extrapolez en affirmant que c’est aussi mon cas ou celui de la majorité des femmes. Je vieillis parce qu’il le faut bien, mais j’ai cessé de combattre, sans laisser aller tout à fait, mais sans espoir inutile non plus. Les hommes vieillisants recherchent des femmes jeunes et ils les trouvent. Les femmes vieillissantes… bof! elles vont au cinéma et au théâtre et elles prennent des cours de yoga. Voilà. Et elles font des voyages et elles profitent de la vie. Les yeux ouverts.

      • ysengrimus said

        Ah, ah, femme libre, la sempiternelle vieille lune des caciques entretenant de jeunes flammes, c’est désormais une vieille petite lune bleue… bleue de peur contenue, d’ailleurs. Mais il est déjà par trop décalé de ne voir la pilule érectile que comme un apanage de vieux amants sur le retour. Son ampleur symbolique, autant que son usage récréatif (y compris dans des mixtures qu’on dénomme déjà, le Sextasy, notamment), se répandent maintenant sur la masculinité de tout âge. C’est un mal du siècle. Un phénomène de masse. Il faut l’analyser, et pas seulement avec des cornues…

        Le vieillard la mobilise afin que son manque d’ardeur ne contrarie pas son égérie. Le jeunôt la mobilise afin que sa timidité ne contrarie pas sa couguar sourcilleuse (la bandaison en public dans les bars, fiston, ça se commande désormais). Les deux s’angoissent ferme, visitent le pharmacien (ou le dealer) au quart de tour et tiennent le cap, malgré des effets secondaires à vous foutre une bonne trouille. Comme le disait si bien Brassens: le temps ne fait rien à l’affaire. Moi, je trouve que, quand la « puissance » se livre si promptement et si obséquieusement à la carte, ce n’est plus une « puissance », c’est une servitude…

        Au lieu d’envoyer insidieusement vos petits suppôts « adorés » (qui nieront tout de toute façon, en bons petits mecs qu’ils sont et demeurent) m’enquiquiner sans analyse sérieuse, faites plutôt ce que je vous dis. Vous avez un cheptel d’alcôve d’un bon volume, selon vos dires (à chacun ses « confessions touchantes »). Renseignez-vous sur l’édredon. Vous serez vite édifiée sur ce bel écheveau de terreurs masculines enfouies.

      • Je vous envoie des suppôts adorés pour vous enquiquiner? Non, mais, ça va pas bien, Ysengrimus. Vous souffrez de paranoïa, je crois.

        [Je vous fais des « confesssions touchantes »? Non, mais, ça va pas bien, femme libre. Vous souffrez de mythomanie, je crois. – Ysengrimus]

      • Bon, c’est ça qui vous a fâché? On ne peut pas vous trouver touchant. Excusez-moi alors, je ne voulais pas du tout vous insulter, au contraire même. Vous êtes un intellectuel et il ne faut s’adresser qu’à votre cerveau. J’en prends note.

      • ysengrimus said

        Mon cerveau est le seul de mes organes qui vous soit accessible. Ma camarilla l’a pourtant signalé à la vôtre un certain nombre de fois… Tenez-vous le pour dit une bonne fois pour toute maintenant, et causons.

        Nous -cela inclus Tourelou et votre mignon là- sommes d’accord sur un point central. L’homme est moins intéressant avec érection chimique que sans. Il prend pourtant la direction inverse. C’est bien qu’il panique d’une panique similaire à celle des femmes qui altèrent chirurgicalement leur apparence (alors qu’elles sont bien plus intéressantes sans ces altérations). Dans la panique faussement hédoniste et dans l’aliénation des choix, homme et femme tendent désormais vers une ressemblance. C’est cela, et rien d’autre, que l’impact ethnologique de la pilule érectile confirme.

        Bazardons les options aliénantes et maintenons cette saine ressemblance qui s’annonce malgré tout, dans nos choix torves. C’est la voie qui nous est tracée par la conjoncture de notre temps…

  4. mimens said

    Enfin un peu d’égalité entre la femme et l’homme… merci pour ce billet plein d’humour.

    Amicalement,

    MimenS

  5. pierforest said

    J’ai vu plusieurs documentaires sur le monde animal où l’on voit un mâle dominant s’imposer face aux autres mâles du groupe et ainsi conserver son droit de s’accoupler et transmettre ses gènes. Vient un temps où le vieux mâle n’a plus la force et l’énergie pour vaincre les jeunes ambitieux et il doit laisser sa place, souvent piteux et prendre sa retraite. Même si l’homme demeure un animal et même si plusieurs de ses comportements sont dictés, consciemment ou non, pas son instinct animal, je pense que l’on va au-delà de cette caractéristique dans un couple.

    D’une façon générale, l’homme ne quittera pas sa conjointe, parce qu’elle ne peut plus enfanter et lui permettre de répandre ses précieux gènes et la femme ne quittera pas non plus son homme parce qu’il a des défaillances érectiles. Le croire, et c’est très homme de le croire, réduit la relation principalement à la génitalité où la moindre défaillance en signifiera la fin. À mon avis, l’homme n’est donc pas tant aliéné par la femme que par sa propre sexualité et l’importance qu’il lui accorde dans l’image de lui-même.

    À mon sens, la pilule bleue pour compenser une défaillance érectile se rapproche davantage d’un lubrifiant utilisé par une femme ménopausée dont la lubrification naturelle est plus difficile de par la baisse d’oestrogène. Prendre la petite pilule en cachette me paraît un peu enfantin et démontre chez ceux qui le font, la peur de se voir tels qu’ils sont vraiment. Imaginerait-on une femme cacher un tube de lubrifiant sous son oreiller et en appliquer en cachette pour éviter que son partenaire ne croit qu’elle n’est pas excitée? Selon moi, c’est du même ordre.

    Or, la sexualité est une activité plaisante en couple qui rapproche les partenaires et leur permet de dévoiler et partager ce qu’ils ont de plus intimes. Utiliser la petite pilule bleue et du lubrifiant n’enlève rien, ni à l’un ni à l’autre, bien au contraire, ils permettent plutôt de compenser pour les défaillances d’un corps qui n’est pas éternel tout en préservant l’essentiel. Refuserait-on de lire, une fois la quarantaine arrivée, parce que l’on a besoin de lunettes de lecture?

    Voyons-le comme des outils et non une fin en soi.

    • Pierforest,

      Je vous adore!

      • ysengrimus said

        Le débat est donc posé. La pilule érectile, simple instrument libidineux subsidiaire, gode ou lubrifiant ancillaires, permettant la continuation gentillette du Male Alpha blanchi sous le harnais par d’autres moyens… ou indice ethnologique majeur du déclin planétaire du pouvoir masculin sur les ruines de sa mythologie sexuelle ainsi que de la virulente mise à nue épidermique des angoisses mâles.

        Aux lecteurs, aux lectrices de juger. Moi mon choix est fait. Et, qu’on me suive ou non dans mon analyse, une chose ne peut être niée: l’homme amorce son autocritique en sexage et les indices physiques et chimiques de celle-ci se multiplient… qu’il l’admette ou non.

  6. Henri Thoa said

    Je trouve ce blog hyper sympa et j’y reviendrai… Je le mets en « favori »
    Cordialement,
    Le Pèlerin

    [Grand merci, mon cher, vous êtes un seigneur – Ysengrimus]

  7. pierforest said

    Je vous trouve bien susceptible monsieur Ysengrimus et je ne sais trop où j’ai pu vous offenser, mais si c’est la cas, je m’en excuse. Je préfère de loin les débats qui se font sur le message plutôt que sur le messager et en principe, c’est ce que je m’attend à trouver sur votre blogue.

    [Sur lequel vous avez fait une intervention fort utile, exemplifiant magistralement l’homme nouveau qui s’avance. L’analyse ethnologique, cependant, n’est pas seulement une introspection privée. L’homme nouveau qui s’avance a sa petite responsabilité sociologique autocritique. Il ne peut pas se contenter de se dédouaner subtilement. Il doit observer (non minimiser, dans son altérité) l’homme aliéné qui se traine. Ce dernier est avec nous, même encore un petit peu en nous, lui aussi, et il faut lui porter au train la bonne botte qu’il requiert… Il ne faut pas tout prendre personnel, au fait… La discussion reste, malgré son sel, générale… Merci de votre apport. – Ysengrimus]

  8. Hibou lugubre said

    En parlant d’aujourd’hui, combien d’hommes justement doivent prendre la pillule pour simuler à leur manière ce qu’une femme simule à sa façon sans devoir prendre quoi que ce soit! La chimie n’est pas à sens unique que je sache! Les femmes, tout comme les hommes, ne sont pas toutes désirables, ni supportables, ni équilibré(e)s… sans vouloir polémiquer ici… ou je me trompe? c’est sûr que la proportion d’hommes qui prenent le Viagra le prennent pour ‘assurer’, une fonction nécessaire, mais élevée au rang de priorité absolue, ou d’obsession par la pression qu’exerce l’environnement consumériste, égocentrique et aliéné… si bien qu’une femme est facilement projetée dans la crise de nerfs ou malheureuse parceq ue son mec n’assure pas comme il ‘devrait’…

    Par ailleurs, si on devait dresser l’inventaire ou faire l’état des lieux depuis les toutes dernières années, il existe autant de machos que de meufs délurées, une véritable ruée vers le sexe pur et dur, excusez l’expression… on ne compte plus les agressions de ce type, en soulignant que celles commises par les femmes sont de l’ordre du tabou! Les femmes qui font ce choix de se montrer sexuellement prédatrices, autant que le seraient les hommes en majorité, est un phénomène qui ne traduit pas une tendance, une prédisposition sociale ou un quelconque apparat, c’est du vrai… des femmes parfaitement à l’aise avec toutes sortes de théories alliant performance/bien être et équilibre… une étudiante, autant qu’une travailleuse, toutes classes sociales confondues, qui ont envie de s’envoyer un mec qui assure, c’est pas de la fiction, cela renvoie t’il à un quelconque équilibre? La tendance, c’est plutôt de voir des hommes de tout âge en proie au stress et au manque de confiance y compris en rapport avec leur sexualité.

    Le sexe en tant que phénomène de consommation n’est pas attribuable aux hommes uniquement. Le Viagra d’ailleurs ne s’adresse pas qu’aux hommes, il s’adresse avant tout à la quasi totalité des ménages comme on dit, il vise les couples établis plus qu’il ne vise les célibataires qui le consomment pour faire la fête… bref, c’est au bout de nombreuses années de ‘recherches’ et de siècles de bricolages que les pharmaceutiques ont enfin pu mettre la main sur les ingrédients du ‘bonheur’ comme on dit… il aurait très bien pu se vendre à Pompei comme à Babylone… il aurait aussi très bien pu se vendre sous licence religieuse dans n’importe quelle religion s’il avait été découvert il y a quelques siècles! Bref, comme dit l’adage, le sexe et le fric font tourner le monde.

    J’admets par ailleurs certaines de vos opinions qui font le rapprochement femmes/hommes… Sur la prise de la pilule, je salue votre sens de l’humour 🙂 surtout votre acharnement et le style des premiers paragraphes!

    Bonne semaine et p.s.: je ne prends pas la pillule, je le jure! 🙂

    • Tourelou said

      Je suis d’accord, le sexe s’adresse aux ménages, donc à un partenaire à l’écoute de l’autre pour l’échange, ce qui est la base d’une vie sexuelle dite équilibrée.

      Oui à la confiance. L’amour, c’est donnant-donnant. Et comme la Saint-Valentin, bientôt à nos portes (de chambre à coucher), les ingrédients du bonheur semblent être comme l’histoire sans fin… (pas sans faim). Souhaitons-le!

  9. boume said

    Il y a beaucoup de vrai dans ce que vous dites (le jogging et la salle de muscu sont aussi des signes que la panique les a gagnés) mais je ne suis pas sûr que le Viagra déboulonne le mécanisme psychique qui consiste pour lui à transférer l’angoisse de l’impuissance sur elle. Et pour elle, à s’en sentir coupable.

  10. Maude said

    Dommage que vous soyez si ignorant de ce qu’est le Viagra. Ce n’est pas une pilule pour que l’homme performe, ou ait une érection plus dure, ni pour le plaisir de la femme. Il s’agit d’une pilule pour les hommes qui on une libido qui fonctionne à pleine capacité mais ne peuvent pas en jouir à cause de problèmes de circulation sanguine dans le pénis. Les femmes sont très heureuses avec une stimulation du clitoris, avec ou sans érection; aucun rapport avec le Viagra. En retour, il y a plein de manières de donner du plaisir à un homme sans avoir recourt à la pénétration. Vous semblez regarder trop de porno, ça vous donne une opinion bizarre du sexe… Informez-vous SVP.

    • ysengrimus said

      Cette définition quasi-clinique de la pilule érectile avait certainement cours vers 1999, longtemps avant que ladite pilule prenne la dimension fantasmatique et mythologique qu’elle détient aujourd’hui. Elle sonne d’ailleurs, cette définition, un peu comme un copié/collé d’ordonnance… mais surtout elle vous sert un peu à esquiver la question que je soulève ici. La pilule érectile s’accompagne-t-elle ou non d’une augmentation du pouvoir des femmes dans les rapports de sexage contemporain et le fait que l’homme l’absorbe massivement, alors là, même quand les manques cliniques que vous mentionnez ne l’affligent pas, n’est-il pas un indice d’un nouveau type d’angoisse au masculin?

      • Tourelou said

        La porno, qui répond à un fantasme, qui, accompagnée d’un bon partenaire ouvert sur le dialogue et les ententes sexuelles, est fortement stimulante.

        Maude… Ouvrez-vous, permettez-moi cette suggestion.

  11. Mira said

    J’ai beaucoup aimé quand vous dites « l’homme amorce son autocritique en sexage » et franchement, en tant que femme, j’espère que c’est vrai… Malheureusement la pilule érectile met encore et toujours le pénis au centre, quand on sait que 50% des femmes ne jouissent pas lors d’un coït (et ça n’a pas de rapport avec le « temps ») on se demande vraiment pourquoi le coït reste au centre de la sexualité…

    Oui, remettez-vous en question, messieurs (enfin certains ont déjà compris), vous n’êtes pas qu’un pénis. Le coit n’est pas essentiel, et en général, comme vous pouvez les guider, vous êtes plus doués et meilleurs amants quand vous utilisez vos doigts et vos langues…

    • ysengrimus said

      Malheureusement la pilule érectile met encore et toujours le pénis au centre

      Je vous seconde totalement sur ceci et il est indubitable que la consommation à grande échelle de cette saloperie encourage une superfétation hypergénitaliste qui éloigne l’homme de l’îlot perdu de son vrai orgasme. Ceci dit, installez vous pour calmement expliquer que le coït n’est pas essentiel à un inquiet qui s’empêtre dans les câbles du cabestan chimique à faire monter la bite en se tapant les trépidations, le cœur qui cogne, les effets secondaires visuels et autres manifestations bien angoissantes. Vous trouverez une oreille beaucoup plus attentive, subitement, pour le coup…

      On passe de la phase d’aliénation du déni de l’ «impuissance» à la phase d’aliénation de sa reconnaissance implicite. C’est une étape hautement sensible. La compréhension sexuelle mutuelle est dans le tournant. Patience et courage.

  12. Khar said

    Je viens de lire quelques-uns de vos billets, et je les trouve très bien écrits. Je ne suis pas toujours d’accord sur le fond, mais je trouve la forme vraiment plaisante.

    Très bonne continuation!

  13. Philou said

    Je suis étonné de voir que le terme « porno » n’apparaisse pas dans l’article, et qu’une seule petite fois dans les commentaires. L’analyse d’un comportement sexuel – masculin ou féminin – ne saurait se faire sans tenir compte du contexte social et des rapports de pouvoir entre hommes et femmes.

    Dans ce cas-ci, comment ne pas voir que cette obsession érectile masculine découle directement d’une pornographisation de la société entière, où la sexualité a été récupérée par le patriarcat capitaliste, transformée et adaptée au marché et à son discours. La pornographie, unique source d’éducation sexuelle pour bon nombre d’hommes, nous enseigne que les femmes jouissent sous les coups de phallus gigantesques et infatigables. Le pouvoir est toujours globalement en mains masculines; mais il s’est concentré dans la poigne des pornocrates et des prostitueurs.

    En abordant une des facettes du malaise sexuel ambiant, pourquoi en taire cette cause évidente?

    • ysengrimus said

      Mes vues sur cette question ici.

      • Philou said

        Merci pour la précision. Le texte est intéressant, je l’avais lu il y a un certain temps, alors que je me posais précisément la question qui y est traitée.

        À mon tour d’offrir une (brève) analyse, parue dans le plus récent Cause Commune,

        ici.

        Et pour approfondir un peu, après une quinzaine de bouquins lus sur ce thème, je dois admettre, sans l’avoir trouvé particulièrement intéressante d’un point de vue progressiste ni sur le plan des pistes de solutions, que c’est Michela Marzano, dans La pornographie ou l’épuisement du désir qui a le mieux défini la pornographie, l’érotisme et leurs profondes distinctions. Elle aborde la question d’un oeil philo-éthique, ce qui est à la fois un peu lourd mais très intéressant. À lire. (Elle y consacre d’ailleurs un chapitre à Histoire d’O, et démontre son caractère profondément pornographique.)

  14. Il y a aussi le fait qu’aujourd’hui, les hommes sont plus que jamais soumis à une pression qui est celle du jeunisme: il faut être jeune, beau et dynamique LONGTEMPS, le plus possible, sous peine d’être VIRÉ par les médias, la pub, ton boss, et par les plus jeunes… Malgré l’âge, il faut occuper la place du dominant, sous peine d’être recalé. Même les seniors ont l’air jeune, dans leurs pubs, entre le gazon tondu et le golden-retriever qui sourit de toutes ses babines devant la femme toute étonnée de la chance qu’elle a (banques, assurances, mutuelles, protections diverses).

    À mon petit avis, il se cache aussi, là-derrière, une contrainte… qui vient des hommes eux-mêmes, et que la pub intensifie. Ce soupçon ne nie évidemment pas l’influence fondamentale de l’aptitude, toute nouvellement gagnée, des femmes actuelles à modeler quand même un petit peu leurs mâles.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s