Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

D’un souper avec des chinois

Posted by Ysengrimus sur 13 mai 2008

La mode politico-journalistique est de s’en prendre à la Chine par les temps qui courent. Chine par ci, Chine par là. Jouets mal peints: la Chine. Foutoir en Afrique: la Chine. Dalai Lama qui déconne: la Chine. Capitalisme sauvage, lait contaminé et pollution effrénée: la Chine. Fluctuation des cours, monnaies fortes et prix du litre: encore la Chine! C’est plus la faute de l’Autre de nos jours, c’est la faute de la Chine… Alors pour ne pas être en reste avec la population majoritaire de ma douce planète, j’ai soupé l’autre soir avec des chinois de Chine continentale. De vrais chinois de Shanghai, bien empiriques comme vous et moi, et qui parlaient d’ailleurs un français excellent. Cinq hommes et une femme. Nous avons mangé des raviolis (qui, contre toute croyance, sont un met chinois) qu’ils avaient patiemment cuisinés. On a mangé avec des baguettes comme de raison, et avons eu l’occasion de torpiller ensemble quelques lieux communs culturels. La principale langue de Chine, chinois pékinois ou chinois standard, ne s’appelle pas le Mandarin. Les sports les plus pratiqués en Chine sont le volley ball et le ping pong. Le basket est de plus en plus populaire et, oui, ils font du kung fu. Ils font aussi de la course à pied. La pensée Maozedong est extrêmement connue et respectée par ces gens. Le souvenir de Zao Ziang est aussi encore présent à leur mémoire. Ils jugent que c’était un dirigeant digne de confiance. Ils ne savent rien du bouddhisme. Le confucianisme n’est pas une religion mais une batterie de règles morales pouvant être utilisées (on non) aux fins d’une éthique personnelle. Ils voient l’histoire contemporaine dans un tout autre angle que nous. Ainsi par exemples, ils jugent que l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques en 1979 était à analyser principalement dans une optique d’encerclement à l’époque de la Chine par des pays prosoviétiques: Vietnam, Corée du Nord, Mongolie Extérieure, Afghanistan, Inde. La Chine a vu depuis à dissoudre les qualités et les dangers d’un tel encerclement. Inutile d’ajouter que, de tout temps, les Britanniques et les Américains ne se mêlent carrément pas de ce qui les regardent à Hong Kong (problème maintenant résolu), à Taiwan (problème en cours de résolution) et au Tibet (faux problème). Les temps changent, naturellement. Mais mes compagnons de repas ont de la mémoire historique. Il m’ont expliqué, en toute simplicité, des choses. Par exemple, vous êtes vous déjà demandé ce que signifient ces étoiles sur le drapeau de la Chine? Selon la symbolique officielle, la grande étoile symbolisait initialement le phare du Parti Communiste autour duquel se rallient la flamme des quatre principales classes sociales chinoises (représentées par une des petites étoiles): les paysans, les travailleurs, la «petite bourgeoisie» et les «capitalistes patriotes»… Visiblement, ce sont ces derniers qui vont devoir faire un effort pour la nation par les temps qui courrent… et pourquoi non…

Lorsqu’ils ont su que j’étais canadien, la première question qu’ils mont posé a été: «Connaissez-vous Norman Bethune?» Devant ma réponse aussi affirmative qu’enthousiaste, ils se sont intéressés à un subtil point d’histoire canadienne en me demandant la nature et le poids du rôle de Trudeau dans la montée et le déclin de la question de l’indépendance du Québec. Devant ma surprise face à leur connaissance de l’histoire canadienne, l’un d’entre eux a dit: «Oh, ce que nous savons là, ce ne sont pas tous les chinois qui le savent. Les paysans de chez nous ne le savent pas». Sur ces mots, la jeune dame a regardé son compatriote d’un œil tendrement sévère et lui a dit: «Il ne faut pas se moquer des paysans. Si nous sommes si savants c’est grâce à leur travail». Le premier a rétorqué qu’il ne se moquait pas et a dit à la jeune dame qu’elle avait raison. Tous les autres ont approuvé.

Un des moments forts du repas a été lorsque Kan s’est tourné vers moi et m’a demandé, d’un ton mi-moqueur, mi-sérieux: «Et Mao, qu’est-ce que vous en pensez? Vous devez croire que c’est un fou, comme Khomeiny?». Je me suis empressé de répondre que non, que j’avais lu et médité avec beaucoup d’intérêt les textes fondamentaux de Mao Zedong comme De la pratique et De la contradiction et que, par delà le phénomène des modes passagères qu’avait connu la pensée de Mao Zedong à une certaine époque en Occident, cela restait une action et une vision à ranger parmi les plus déterminantes du précédent siècle. Ils ne disaient plus un mot et m’observaient avec une profonde attention. Même le plus vieux d’entre eux, qui avait un peu l’air d’un sage, avait arrêté de mâcher son ravioli. Alors je me suis mis à énumérer en français les titres des textes de Mao Zedong que j’avais lu: Causerie sur la Littérature et l’Art. Le visage de la jeune dame s’éclaira. Ses yeux brillaient, elle traduisit le titre en chinois, qu’elle avait reconnu. Contre le Culte du Livre, ce fut Kan qui traduisit le titre en chinois. Les visages se déridèrent et le vieux sage se remit à mâcher son ravioli. Nous en arrivâmes ensuite à la soupe (que les chinois boivent dans un verre ou dans une tasse après le repas) et ils m’expliquèrent qu’ils apprenaient à l’école la totalité des écrits de Mao Zedong, qu’ils considéraient que ses meilleurs travaux dataient d’avant 1959 et qu’après, il avait fait des erreurs. Dans la mouvance du quarantième anniversaire de Mai 68, ils se moquèrent très copieusement des occidentaux qui se chamarrent péremptoirement du qualificatif de maoïste (terme qui semblait leur apparaître d’un ridicule consommé), et me dirent qu’en fait, la pensée Maozedong n’était pas vraiment connue en Occident. Je les approuvai en disant que je voyais à cela deux raisons: le fait que Mao Zedong était lu traduit et non dans le texte et le fait qu’il était importé dans des sociétés ignorantes du contexte historique chinois. C’est alors qu’il se passa la chose la plus curieuse de tout le repas… Je continuais: « Par contre, ce que j’aime beaucoup dans les textes de Mao Zedong c’est que son exposé est toujours extrêmement pédagogique et clair. Si bien qu’on finit malgré tout, même lorsque l’on est occidental, par s’y retrouver dans ses débats contre la ligne erronée de Li Li San et dans… » Au mot de Li Li San, ils éclatèrent tous les cinq de même rire interloqué et se mirent à me regarder comme si je venais de tomber de la planète Mars. Le plus jeune d’entre eux s’exclama: «Vous connaissez Li Li San?». Je répondis, un peu penaud: «Bien non, pas vraiment, mais, en lisant Mao Zedong on prend forcément connaissance des débats au sein du parti entre les différentes tendances. Or, à un moment donné, dans les années trente, je crois, il dénonce la ligne erronée de Li Li San». Nouvel éclat de rire surpris et incrédule. Ils n’en revenaient tout simplement pas que je connaisse le nom d’un des anciens chefs du P.C.C. Je me sentis donc obligé de faire une petite mise au point: «N’allez surtout pas conclure que les masses canadiennes connaissent intimement la pensée Maozedong. Ce que je vous dis là, les paysans de chez nous… ne le savent pas!»

Et d’ailleurs, en fait, que savons-nous tant que cela sur… la Chine, la Chine, la Chine, la Chine?

Nous avons mangé des raviolis,  qu’ils avaient patiemment cuisinés, avec des baguettes comme de raison…

.
.
.

Paru aussi (en version remaniée) dans Les 7 du Québec

.
.
.

Publicités

36 Réponses to “D’un souper avec des chinois”

  1. Tamiel said

    Dommage que la Chine maoiste n’existe plus. Tout les imbéciles adorant Mao pourrait y aller, et ils finiraient comme les (véritables) intellectuels chinois-l’auteur de ce blogue serait probablement plus utile comme bûcheron ou comme engrais que comme penseur. (Nota : tel était exactement la pensée de Mao)

    Pss : Monsieur Laurendeau, de votre sublime intellect, vous ignorez sans doute un  »détail » : ces Chinois se moquaient de vous.  »Le camarade Norman Bethune est membere du parti Communiste Chinois » était une private joke chinoise durant la révolution culturelle. C’était une citation de Mao qu’on récitait à Shangai lorsque les gardes rouges voulaient vous tabasser parce que vous ne connaissiez pas par coeur les sublimes oeuvres de Mao.

  2. ysengrimus said

    Ma foi, ils étaient sacrément polis, respectueux, attachants et sympathiques pour des railleurs. Je sens que je vais préférer leurs « quolibets » aux vôtres. Leur décontraction et leur aise face à l’avenir de leur pays et du monde sont beaucoup plus communicatives que votre batterie surannée de préjugés primaires. Taiwan est une province rebelle et vlan dans les dents… Ils vivront chinois et pourquoi pas. Ce n’est pas une raison pour les insulter comme VOUS le faite.

  3. Tamiel said

    Pourriez vous m’expliquer, soit dit en passant, pourquoi les Taiwanais sont moins Chinois que les continentaux ? J’oublais. Ils ont la souillure supprême : ce ne sont pas des communistes (m’enfin, on pourrait faire observer qu’ils sont plus loin que la Chine ne l’est aujourd’hui au degré du niveau de vie et des libertés politiques-et qu’ils n’ont pas eu à passer par le Grand Bond en Avant, la réforme agraire, la révolution ulturelle…)

  4. ysengrimus said

    Les Taiwanais sont chinois. Point barre.

  5. Tamiel said

    Bizarre que vous militiez pour que les Palestiniens aient un état, mais que les Taiwanais n’y aient pas droit.

  6. ysengrimus said

    Tiens! Vous pourriez me citer un de mes textes sur la Palestine? Cela m’intéresserait vachement de me relire…

  7. Homer_Simpson said

    Ça se peut pas dire autant d’insanités…
    En se disant intellectuel et connaissant de la Chine.
    En fait, ces 6 chinois, riaient clairement de vous. Vous avez fait du « name dropping », et ils s’en sont amusés.
    « les taiwanais sont chinois, point barre » Biologiquement oui. Socialement et politiquement absolument pas.
    En affirmant des choses comme celle-là, vous montrez que votre connaissance de la Chine ne va pas plus loin que le menu du Mandarin Chinois, votre resto préféré.

  8. ysengrimus said

    Le sinologue Homer Simpson a parlé. Méditons sa sagesse…

  9. tamiel said

    Je ne parlerai même pas du fait que  »la pensée Mao-Zedong » est une expression venant droit du culte de la personnalité….

    Accessoirement, Li Li San est un choix…particulier…dans une conversation. Cet homme d’une insignifance absolue comme opposant à Mao est un choix particulier…SURTOUT SI ON SAIT QUE MAO L’A REMIS SUR RAILS EN 1948. Par contre, Li Li San se trouve fréquemment….dans les manuels scolaires.

    Li Shao Qui, Lin Biao, Wang Ming seraient mille fois plus crédibles comme ennemis de Mao, si on ne voulait point faire du name dropping.

    Acccessoirement, la pensée-grossière, de Mao Zedong est connue dans l’abject ouvrage qu’est le Petit Livre Rouge, qui contient une heure de déclarations violentes.

  10. ysengrimus said

    Votre observation confirme justement que je ne faisais pas de « name dropping ». Vous me soufflez le bon « name dropping » que j’aurais du faire en regrettant presque que je ne l’ai pas fait! Savoureux, quand même… J’ai mentionné ce nom par pure inadvertance et cela les a bien surpris. Fin du drame.

    Ceci dit, au chapitre de la pensée-grossière, vous ne laissez pas votre place… Ces gens étaient très explicites et très libres sur les erreurs de Mao… Cela semble vous échapper…

  11. linden said

    Lisez un peu de littérature chinoise actuelle, en particulier les excellents polars de Qiu Xiaolong.

    Ça éclaire bien sur la Chine moderne et tout ce qui se joue derrière les paravents…

    Quant à Taiwan, elle rentrera dans le giron quand les Taiwanais auront eu les mêmes garanties économiques que Hong-Kong, c’est tellement évident…

  12. Eric L. said

    Ne le prenez pas mal surtout, mais je vous trouve pédant. À mons avis, vous vous écoutez écrire. Je crois que l’essentiel de votre propos pourrait être transmis plus simplement. Il gagnerait en qualité si vous étiez derrière le message et non devant. La syntaxe doit servir le message et non la représentation que l’auteur se fait de lui-même. Ceci dit, sans rancunes et bons soupers!

  13. ysengrimus said

    Je ne trouve pas ce commentaire très utile et l’expérience me prouve que les critiques de formes sont souvent la manifestation d’un rejet du contenu qui n’ose pas s’avouer par peur du débat… Quand à la « syntaxe », elle a vraiment bon dos. On lui fait toujours un peu dire tout ce qu’on veut sans avoir à démontrer quoi que ce soit de bien précis…

    Ne le prenez pas mal surtout… Sans rancune surtout… Ceci dit…

  14. Eric L. said

    Votre dernière remarque a du pertinent.  » Ne le prenez pas mal surtout… Sans rancunes surtout… Ceci dit…. » n’avaient pas leur place. Cependant, vous m’avez mal lu. Je n’ai justement pas rejeté le contenu. Je n’ai pas peur du débat car je n’ai pas d’opinion sur les questions que vous abordez. Je persiste : votre égo prend tellement de place que lorsqu’il se dégonflera la Terre tournera plus vite. Enfin, c’est l’impression qu’on a lorsqu’on lit votre texte.

  15. ysengrimus said

    Si vous le dites…

  16. steph said

    Vive les dictatures au diable la démocratie.

    Wow!

    Et dire qu’on se bat encore pour faire avancer nos droits pendant que d’autres admirent des régimes totalitaires.

    Décidément vous ne semblez apprécier suffisament votre liberté…

  17. ysengrimus said

    Trop de téloche, steph…

  18. Antoine, sans plus. said

    Oui, c’est la « téloche » qui a organisé le Grand Bond en Avant et ses millions de morts, heureusement qu’Ysengrimus est là pour nous l’apprendre, à nous pauvres mortels qui pensions que Mao Zedong était un dictateur sanguinaire! Le P.C. chinois n’y était pour rien, tout est de la faute à TF1 (vous me rendez poète…).

    C’est le problème quand on s’écoute trop parler, on finit par tourner en boucle… vous devriez peut-être regarder la télé.

    Certains pseudo-intellectuels qui sévissent sur Internet sont de simples provocateurs, souvent intelligents, ou au moins cultivés. Vous n’êtes pas de ceux-là. Il ne suffit pas de dîner avec des chinois pour comprendre la Chine, comme il ne suffit pas d’un vocabulaire étendu pour être brillant, mon bon Ysengrimus.

    Une suggestion pour un prochain article? « La pensée d’Hitler réhabilitée après un dîner passionnant avec des skinheads », ça vous tente?

    Je vous croyais simplement prétentieux. Je vous découvre dangereux.

  19. ysengrimus said

    Je crois bel et bien que je vais attendre un peu avant de remplacer les petites constatations ordinaires et les rencontres respectueuses qui alimentent ma pensée quotidienne par l’ethnocentrisme pesant, les préjugés intoxidentaux et le sectarisme de classe d’un Antoine Sans Plus…

    Pour ce qui est de ses petits conseils… Sans Façon, Sans Plus…

  20. TONE said

    Les réactions stériles de certains ignorants m’étonnent… Comment ignorer, par exemple, que le gouvernement chinois légitime est exilé à Formose depuis la révolution, et donc les taiwanais sont chinois, tout comme leur gouvernement, mais les chinois ne le sont pas moins… encore un bon débat stupide et stérile… mais qui permet de s’envoyer vannes et injures, messieurs, bravo!!

  21. Zaka said

    Votre article est inquiétant. Mao aurait donc eu un quelconque intérêt philosophique ou intellectuel? Si vous le dites… Vos hôtes vous indiquent qu’il a fait des erreurs après les 60’s… Ils se contentent juste de reprendre la ligne du Parti. Aucune remise en cause, ni d’avis particulièrement éclairé, juste la reprise de ce qui est communément admis et enseigné.

    Quant à Taiwan juste quelques précisions. Mao, que vous connaissez si bien, était pour son indépendance avant que Chang y arrive. Et Chang quand il y arrive tombe sur une population non-sinophone. Des chinois non-sinophones? Hmmmm. Quid de la répression des hommes venus du Continent?

    Je m’étonne toujours de ces hommes occidentaux si prompts à manger les bobards qu’on leur sert. Et votre style, pompeux, de celui qui sait, de celui qui a réussi à sortir de son propre etnocentrisme, me fait penser à cet imposteur étranger dans Bel-Ami. Je crois bien d’ailleurs que c’est à un dîner qu’il fut démasqué…

    • ysengrimus said

      Parlant de reprendre la ligne du parti et de mordre dans les bobards, vous ne laissez pas votre place. Le parti du Plan Marshall et les bobards de l’intoxidentale. De la sinologie dans votre genre, nos médias truqués en sont saturés. De l’air.

  22. Pierre Gravel said

    Drôle comme le fait d’exprimer dans une forme tout ce qu’il y a de plus civilisé, une pensée ou une opinion qui dans son ensemble diffère de celle véhiculée ou défendue par la majorité, peu devenir prétexte à des tentatives de  »plantage intellectuel ». Peut-être est-ce pour certains une forme de thérapie qui, autrement que purement grammaticale et dans l’anonymat le plus complet, n’oserait ou ne peuvent se le permettre?!

    Je connais l’auteur, non pas personnellement, mais à cause de ses interventions ailleurs sur d’autres blogues. Malgré le fait que je ne sois pas toujours d’accord avec sa perception des choses, il a au moins le mérite d’être capable de véhiculer son opinion et d’argumenter celle-ci de manière civilisé et ma foi dans une forme respectant les bases même du savoir-vivre. Je ne crois pas que beaucoup ici puisse se vanter de détenir et d’exercer ce mimimum de civisme…

    N’est-ce pas pourtant à l’intérieur même d’un débat d’idée que l’on trouve la source du plaisir de l’argumentation? N’est-ce pas là aussi que chacun trouve la chance, de s’élever intellectuellement parlant en puisant à même l’opinion des autres, matière à réflexions, avec lesquelles on se construit par la suite de meilleurs arguments à défendre?

    En restreingnant notre recherche d’éléments sur lesquels se forgent par la suite nos opinions uniquement sur le pourtour de notre nombril, on en finit pas croire que la vérité est tatouée sur nous-mêmes.

    Salutations

  23. ysengrimus said

    Merci, Pierre Gravel, de votre appréciable impartialité et de votre signature…

  24. mlektra said

    Jamais entendu de commentaires aussi stériles. Feriez mieux de revenir sur cyberpresse, c’est déjà une coche au dessus.

    Dites vous que n’importe quel regroupement, que ce soit religieux ou politique qui définit le « nous » comme étant le bon et le « eux » comme étant le mauvais seront toujours les maillons faibles de l’évolution humaine. Alors, que ce soit l’Église Catholique ou le PCC, le résultat est le même: dogmatisme à outrance qui empoisonne l’esprit et empêche toute forme d’évolution concrète.

    Ces chinois qui reprennent les livres de Mao ne font que se masturber intellectuellement et éjaculent leur orgeuil national en de belles paroles lobotomisées car, quoiqu’on en dise, le communisme est un échec EN PLUS d’être un système totalement imparfait! Une vrai tache de merde dans l’histoire du 20e siècle. Un fond de culotte idéologique à placer au même rayon que n’importe quel fascisme.

    Et au lieu de discourir sur le fait que les Taïwanais sont chinois ou non…Eh bien, nous n’avons qu’à leur demander.

  25. Lettres Éparses said

    Franchement, quand je lis les commentaires, ça me donne vraiment pas envie d’échanger quoi que ce soit avec les personnes que je peux rencontrer. Le type raconte son repas avec des Chinois, rien de spectaculaire, juste un moment de décontraction et tous ou presque lui tombe dessus à bras raccourci… Vraiment, je flippe. J’ouvrirai jamais un Blog quand je vois ce qu’il en coûte et le moral qu’il faut avoir. Moi qui suis hyper sociable bien malgré moi, je me rends bien compte à quel point ceci est une déformation et combien il vaut mieux rester individuel et solitaire finalement si on ne veut pas finir vilipendé ou traité comme un con, juste pour avoir été un peu humain, discuter, des trucs banaux souvent…

    C’est bien écrit et c’était distrayant et original.

    [Un seul commentaire comme celui-ci pulvérise les vingt autres pas marrants. Merci de votre sagesse – Ysengrimus]

    • amouramor said

      J’ai eu le même sentiment que vous, Lettres Eparses. Tous ces gens prétendant savoir plus et mieux (que l’auteur) et lui apportant la contradiction sans courtoisie. Je crains que si les commentaires sont si critiques et rejettent violemment le témoignage de l’auteur, c’est probablement par formatage culturel. Il ne s’agit que de l’expression d’un conditionnement. La propagande, ça marche avec une affreuse efficacité.

      La Chine et le Communisme sont l’Ennemi. Le témoignage de l’auteur est jugé à partir de là et non pour lui-même.On pourrait remarquer la-même chose pour tout ce qui touche à nos amis musulmans, et à d’autres grands Ennemis fabriquées. L’occidental en pleine crise de confiance se raccroche avec angoisse à ses certitudes et à ses fantasmes de supériorité. Il cherche la paille dans l’oeil du chinois, du musulman, de l’iranien; il veut croire en l’histoire officielle telle que la télé et les manuels la comprennent. Il renoue avec sa longue histoire de serf et de raciste

  26. le catholique-culturel said

    Monsieur,

    Réduire la réalité d’un milliard 300 millions de chinois à la pensée de 6 personnes me semble un peu déplacé. D’autant que s’ils ont pu sortir de Chine et s’ils sont « éduqués », ce n’est pas parce qu’ils ont été sages à l’école, mais bien parce qu’ils sont liés de près ou de loin au parti. Quand à Mao, vous seriez surpris de savoir qu’en Chine, ils sont nombreux à clamer haut et fort leur haine contre le Grand Timonier, sans que personne ne leur tombe dessus. Je vous invite donc à vous rendre vous même dans l’Empire du Milieu et comprendre les réalités d’un peuple aux milles facettes.

    Vous verrez, c’est édifiant.

    Bon voyage!

    [Monsieur, il serait bien plus intéressant que vous nous racontiez votre propre voyage… – Ysengrimus]

  27. TZ said

    Eh bien, en lisant ce billet et la réponse de l’auteur au moindre commentaire critique, on comprend mieux sa fascination pour un état autoritaire. Au diable les tibétains et les taïwanais, les uns déconnent en affichant trop ouvertement leur attachement au Dalaï Lama (pourtant un tortionnaire d’un système moyen-âgeux féodal, dixit la propagande du Parti Unique), les autres doivent certainement payer d’avoir instauré un démocratie.

    Lire que vos chinois « ne connaissent rien du bouddhisme », mais d’où sortent-ils? C’est la première religion du pays (le confucianisme n’en est pas une, comme vous le remarquez), celle qui marque le plus la religion populaire! Le lamaïsme tibétain se répand d’ailleurs de plus en plus dans la population…

    Pour finir, Hong Kong n’est pas un problème résolu, voir notamment les nombreuses manifestations lorsque le gouvernement central essaie d’y imposer la politique du continent. Et le Tibet n’est un faux problème que pour les chinois, tout comme l’occupation allemande n’était pas un problème pour les… allemands!

    À la soupe!

    [Voilà un lot de « corrections » rebattues qui, je dois le dire, ne troublera pas trop ma digestion. On verra ce que l’Histoire en fera. Le lamaisme tibétain. Ouille, ouille. Ce qu’il ne faut pas lire… C’est du Falun Gong en plus clownesque? – Ysengrimus]

    • HPG said

      Pitié. Avant de parler du Tibet, renseignez vous un peu sur le sujet et demandez vous si ce que vous dîtes a le moindre sens. Le Tibet avant l’arrivé de la Chine était un état théocratique où les moines avaient le droit de vie ou de mort sur les paysans. Le genre de régime politique que personne ne souhaiterait avoir en France, mais qui, sous des prétextes aussi fallacieux que « droits de l’hommes » – « liberté » – « égalité », se permettent de donner des petites leçons morales à deux balles, et qui ne connaissent que peu la réalité du terrain.

      Quant à Taïwan, je ne vois pas pourquoi il aurait un destin différent de Hong Kong. D’ailleurs à ce que je sache, Hong-Kong est-elle devenue pire depuis son rattachement à la Chine ?

      [Je seconde ces observations – Ysengrimus]

  28. Relkondo said

    Bonsoir Ysengrimus,

    J’ai récemment lu Mao, l’histoire inconnue de Jung Chang et Jon Halliday. C’est le seul ouvrage que j’ai jamais lu sur Mao et l’histoire chinoise du XXe siècle; si vous l’avez lu, vous serez alors probablement d’accord pour dire que Mao y est dépeint comme un personnage particulièrement noir, à l’égoïsme et à l’opportunisme poussé à l’extrême. Du fait de votre documentation plus élaborée que la mienne sur le sujet et surtout de vos contacts avec des chinois cultivés, je vous serais très reconnaissant de me faire part de votre point de vue sur l’ouvrage de Chang et Halliday.

    À propos, comme l’a fait remarquer Lettres Éparses, beaucoup de commentaires, se voulant peut-être critiques, me semblent à la place d’une agressivité déplacée et peu constructive, du fait de la nature péremptoire et catégorique des affirmations.

    Merci donc de continuer tout de même à les lire. 🙂

    [Je ne me prononce pas sur les mérites ou les démerites de tels auteurs. Simplement, une proposition toute simple pour la suite serait, je pense, de lire Mao… – Ysengrimus]

  29. Carolle Anne Dessureault said

    Beau texte qui me laisse songeuse et inassouvie. Ce n’est pas parce que vous avez partagé un excellent repas et une belle convivialité avec ces personnes que tout ce qu’ils ont dit reflétaient un point de vue objectif sur la Chine et les Chinois.

    Comme le dit Patrick Juan, tout dépend du regard avec lequel nous voyons une situation. Je suis allée moi-même en Chine à quelques reprises et j’ai entendu une version différente de la part de personnes qui ont traversé la révolution des 100 fleurs de Mao. Il y a eu des tiges cassées, des pétales abîmées. Ce qui n’enlève rien au grand homme et ses écrits.

    En outre, je cite Patrick Juan toujours: « La valeur de l’écrit ne trouve à mes yeux son vrai sens que dans le quotidien vécu sur place».

    Je suis d’accord avec vous pour ne pas accuser sans cesse la Chine de tout ce qui ne va pas dans le monde.

    CAD

  30. La Bostonienne said

    Pendant des siècles, des centaines de millions d’africains ont été annihilé par les pouvoirs impérialistes occidentaux. Ces mêmes pouvoirs ont aujourd’hui l’audace de culpabiliser la Chine pour ses interventions commerciales en Afrique. On penserait qu’un tel héritage aurait apporté un peu d’humilité à l’occident, aurait suscité un peu de réflexion et de pathos. Mais, à l’aide de leurs vastes appareils de propagande, c’est la culpabilité de la Chine qu’ils cherchent à inculquer dans les esprits de leurs citoyens. C’est la Chine qui met en péril leur droit inné de régner sur la terre, leurs privilèges et leur impunité. L’idée que le pays le plus important du monde pourrait se trouver en Asie leur est intégralement inacceptable, impensable, outrageux.

    Combien de gouvernements élus démocratiquement ont été renversés par l’Ouest? On est très mal placé pour donner des leçons de démocratie à la Chine. Mais l’occident ne s’intéresse pas à analyser ou à comprendre la Chine d’une manière objective. Il s’intéresse quasi-uniquement à la manipulation, à la propagande, à salir n’importe quel pays qui ne se soumet pas à ses intérêts et à son modèle socio-économique.

  31. Line Kalinine said

    Texte toujours profondément pertinent. Calmons-nous effectivement, parlons-nous entre citoyens, et arrêtons un peu le deux poids deux mesures sur ces histoires de géopolitique et d’échiquier mondial…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s