Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

Sarkozy, l’agitation n’est pas l’action… elle est le reflet d’un temps

Posted by Ysengrimus sur 29 avril 2008

Ne tirez plus sur le pianiste... c'est l'homme politique (ou politicien) qui prend les pruneaux sociaux, de nos jours...

Ne tirez plus sur le pianiste… c’est l’homme politique (ou politicien) qui prend les pruneaux sociaux, de nos jours…

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Nicolas Sarkozy se trémousse, certes. Bienvenue dans le siècle. Le digne successeur de De Gaulle, de Pompidou, de Mitterrand, de Chirac montre sa dimension cruciale de petit populacier fruste. Sauf que, ce n’est pas lui, c’est tout le Politique qui racotille. Il n’est pas brutal ou impropre. Il est vrai. La classe politique occidentale est rendue aussi bas et il l’incarne sans complexe aucun. Il est Icare dans La chute d’Icare de Brueghel l’Ancien, tant et tant que le technicien qui lui accroche son micro-cravate ne le salut tout simplement pas… Ces figures institutionnelles ne sont plus des Décideurs mais des Souffre Douleurs. Et un souffre douleur, bien par moments, cela se crispe sur son petit sort restreint… Ce sont les entarteurs de politiciens qui ont un ample avenir… Il est aussi un peu tristounet de se dire que cela va lui passer, en plus. Il suffit de revoir en détail les 500 premier jours des présidences de Mitterrand, Giscard, Chirac et alii pour constater des moments d’humanisation de la fonction similaires, fonction des personnalités de chacun, qui sont des indices du fait que l’homme est encore pour un temps touriste dans le monumental domaine de ladite fonction. C’est maintenant au tour de Sarko de jouer le Roy D’Argot. Or Sarkozy a une longue feuille de route de soupe au lait. Cela déborde sur la fonction et la teinte temporairement de ses couleurs personnelles. Cela ne durera pas. Il se momifiera. La fonction le bouffera. Il la vivra pleinement, sa présidence Sarko-phage… Il deviendra lui aussi un président de la république complètement austère et robotisé, comme Chirac et Mitterand en fin de règne, et on regrettera un jour tous ensembles ces petits moments refoulés de tressautement humains, trop humains.

Erreur hexagonale usuelle, on approche souvent le personnage par le canal torve et non avenu de son épouse.  Bof… moi, en tant que canadien, je n’ai pas de problème particulier avec la première dame de France. Je la trouve articulée, sensible, élégante, discrète et intelligente. Elle fait paraître la France passablement bien à l’étranger. Les Fanfans Latulippe locaux, qui érigent justement systématiquement et sans nuance les figures politiques en têtes de turc, devraient plutôt élire des gens qu’ils respectent. Ça ne serait pas plus efficace socialement, mais au moins ça décrasserait joyeusement les bandes passantes de tous ces commentaires misogynes, défoulatoires, périphériques, d’utilité nulle. Ne tirez pas sur le pianiste… ou sur la guitariste. Comprenons-nous. L’individu Carla Bruni m’indiffère passablement. Mais le principe général insidieux de ce genre de comportement (le roitelet, sa femme, son fils, ses chiens) m’afflige. C’est une variante de la jolie blonde instrumentale qui dit des sottises (soit belle et déconne). Ici c’est, avec l’égérie et les toutous du président qu’on fracasse, la culminement du politique à petit tarif. Et du coup on retombe dans le bon vieux positionnement circonscrit des femmes: soit belle et prend les beignes pour ton bonhomme… Je dis et redis, c’est insidieux… et parfaitement hors d’ordre…

Non, il faut en fait s’en tenir au Sarkozy tout simple, fondamental, principiel… Déchirement contemporain du symbolisme de la personnalité politique. Barack Obama transmute l’homme politique tranditionnel et le remythologise. Nicolas Sarkozy confirme le politicien traditionnel dans son statut contemporain de tête de turc honnie de ses citoyens… Cela les distingue passablement, comme cela distingue un petit pays provincial crispé d’un gros état impérialiste, ralenti, poussif mais toujours alerte…

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Paru aussi (en version remaniée) dans Les 7 du Québec

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8 Réponses to “Sarkozy, l’agitation n’est pas l’action… elle est le reflet d’un temps”

  1. Yvon Montoya said

    On disait aussi: Ce que je sais faire, je le fais. Ce que je ne sais pas faire, je l’enseigne. Oui, il y a un malentendu entre le réel et les mots que nous utilisons pour le dire. Le « réel »? Ce mot désigne-t-il bien notre rapport au monde?

    J’ai apprécié votre réflexion. C’est à croire que nous souffrons d’archétypisme. Merci.

  2. Les RG said

    Nous pensons que l’ agitation de Sarkodieux, ses écarts de langage, ses tics, sont les signes de la maladie de Gilles de Tourette (notre article Nostradamou et les 22 étincelles de vie). Hélas, c’est incurable!

  3. mark said

    Vive la culture gratuite et libre, tous sur

    http://www.xanaband.net

  4. unisse said

    Merci pour le Carnet d’Ysengrimus, j’adore. C’est un site qui a de l’avenir. Bravo.

  5. Cher Paul (appelle-moi Guy, si tu veux…)

    Trente mois se sont écoulés depuis ton analyse ci-dessus. Comme Canadien, tu as (avais) le droit de chercher à tempérer le discours… : je te connais cette tempérance (que j’ai soutenue, il y a quelques temps…)! Mais, les gens comme moi, habitués du site lemonde.fr et Français (ce qui ne gâte rien !), il n’est pas possible (plus possible désormais) de faire dans la nuance.Non! Nous n’avons pas affaire à un quelconque pantin de politicien, mis là pour prendre les pruneaux… D’ailleurs, ce jeu de massacre digne d’une foire à l’ancienne, ne nous aurait pas amusés très longtemps.

    Ce que tu as perçu, à travers la magnifique envolée lyrique de notre Sarko national, au sortir du premier atelier de peinture d’ Homo sapiens, n’est qu’une manifestation (un peu) plus voyante d’un désastre que nous voyons s’accomplir jour après jour. Cela fait 40 mois (je confirme: « quarante mois »…, en toutes lettres, comme il est d’usage de le faire dans les comptabilités qui se respectent) que nous assistons à un plongée progressive mais déterminée de notre culture, vers les abysses de la barbarie la plus abjecte.
    Note, en passant, que je choisis mes mots: « barbarie » est l’antonyme de « humanité » et de « civilisation ».

    Il ne s’agit plus, seulement, de politique antisociale, de grand barnum des privilèges, de mépris affiché pour le peuple ordinaire… Comme de nombreux amis l’ont écrit sur « langue sauce piquante », où tu es venu par bonheur, déposer un commentaire, nous constatons l’inanité (doublée de vanité) du personnage: la France a choisi en 2007, de mettre à sa tête une calebasse creuse. Passe encore qu’il ait déclaré publiquement, il y a deux ou trois ans, que « La princesse de Clèves » c’était bon pour les cochons et qu’on pouvait vivre sans rien en connaître… que cela ne servait qu’à ériger une barrière élitiste dans la progression sociale des gens (sa secrétaire venait -semble-t-il- de se faire recaler à un concours sur ce sujet…) Mais, quand on songe que cet homme, ce « brave cro-magnon » du XXIème siècle, se vante de vouloir créer le « Musée de l’Histoire de France » à Paris… on imagine dans quelles mains expertes « L’histoire de France » vient de tomber!

    Ces 53% de Français qui l’on élu ont chacun une part de culpabilité dans l’évolution à laquelle nous assistons: ils savaient d’emblée qu’ils votaient pour un individu préoccupé seulement de forger sa propre gloire. Son prédécesseur, Chirac, question culture, savait (au moins) accorder la bière et la tête de veau sauce gribiche… et avait confié à des experts, le soin de piller tous les musées de France pour créer son « Musée des Arts premiers »…

    Des types comme moi, modestement cultivés mais fondamentalement éduqués sur les fondements d’une culture tolérante et humaniste, sont au fond du trou! Pour ces gens-là, c’est dur! Comment puis-je renier ma nationalité? Je l’ai et je dois bien composer avec. Mais, j’ai rejeté, depuis longtemps déjà, ma citoyenneté française !

  6. marco said

    On a le président qu’on mérite.

    Chers concitoyens français qui avez majoritairement voté pour ce méchant guignol, n’allez pas dire que vous n’étiez pas prévenus. Et maintenant assumez votre grosse bêtise comme des adultes au lieu faire comme si c’était la faute des « autre ».

    [Je seconde cette idée – Ysengrimus]

  7. Line Kalinine said

    On ne l’oubliera pas, va, le hongrois chez les gaulois

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