Le Carnet d'Ysengrimus

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  • Paul Laurendeau

  • Intendance

On est toujours un petit peu pingre, dans le regard de la culture de l’autre

Posted by Ysengrimus sur 29 avril 2008

Bon encore une crise, encore des questions de fond. Où gratter, comment économiser, sur quoi couper. et surtout, comment démarquer la sagesse de Diogène de l’ostentation de Midas? La question ici, en fait, ce n’est pas de savoir s’il faut acheter ou non sa savonnette chez Wall-Mart. Oui, évidemment, si elle y est moins chère. Non, évidemment, si on en a marre de voir les employées de Wall-Mart se faire exploiter. La question, ethnologique en fait, est: les Québécois sont ils intrinsèquement des pince-la-cennes impénitents et les Francais, de laxistes grands seigneurs? Je ne suis pas certain que ce soit si simple que cela. On touche du doigt la réponse en observant que les français sont prêts à en mettre plus sur la bouffe. Sauf que nous on est prêts à en mettre plus sur l’entretien et le fini de nos bagnoles que les français. Les français sont prêts à en mettre plus sur les vacances comme déplacement dépaysant. Nous sommes prêts à en mettre plus sur les vacances comme Balconville (finir la salle de bain du sous-sol) ou chalet dans le nord. Qui des français ou de nous est plus enclin à prendre un billet de saison pour une manifestation sportive? Qui des français ou de nous dépense le plus en romans, en sorties au théâtre, en bière, en vin? Combien d’ordis et de jeux d’ordis par français, par québécois? Les fonds ethnologiques de ces deux groupes humains organisent leurs budgets en fonction de priorités culturelles historiques qui sont souvent fort anciennes et qui ne disparaissent pas nécessairement avec l’aisance économique. Ma matante hyper-riche trouva un jour «immoral» de payer un certain montant pour une jupe dans un Grand Magasin de Paris et ne l’acheta pas. J’ai un jour payé $100.00 pour deux beaux battes de baseball en bois pour mes fils, un par fils. Les français ne jouent pas au baseball dans le champ, et les godillots de foot, les québécois s’en foutent (enfin, moins qu’avant mais bon)… Même à l’aise, les dépenses restent l’objet de jugements de valeurs très profonds, codés culturellement, si bien que, dans un domaine de consommation donné, tout le monde finit à un moment ou à un autre par être le gratteux ou le pingre d’un autre… Séraphin et Harpagon n’ont donc pas fini de se toiser interrogativement…

Séraphin Poudrier

Séraphin Poudrier

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2 Réponses to “On est toujours un petit peu pingre, dans le regard de la culture de l’autre”

  1. Mura said

    C’est bien vrai qu’on voit toujours un goût du luxe tapageur ou de la pingrerie déplacée dans les autres cultures (mais rarement dans la nôtre). On ne s’en rend même pas vraiment compte, en plus. Une autre de tes bonnes leçons de relativisme ethnologique, Ysengrimus…

  2. Karine said

    Selon votre description des habitudes de dépenses des deux groupes, il me semble qu’en matière de dépenses, les français cherchent à maximiser leur plaisir hédoniste —bouffe, vacances— pendant que les québécois cherchent plutôt —et d’une manière essentiellement nord-américaine— à rivaliser avec les voisins (char, maison). Ai-je tort? Peut-être que je simplifie (pour ne pas dire stéréotype) trop.

    [Il y a de cela mais il y a autre chose aussi. La question de la recherche de standing et de sa sémiologisation pour les pairs existe elle-aussi dans les deux civilisations. Simplement, là aussi, les canaux de formulation diffèrent. – Ysengrimus]

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