Le Carnet d'Ysengrimus

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La Saga des Vesses de Vaches Polluantes

Posted by Ysengrimus sur 29 avril 2008

Vache-usine

Chaque fois que la Saga des Vesses de Vaches Polluantes est remise devant nous, il y a un tiers exclu: l’usine

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La sempiternelle Saga des Vesses de Vaches Polluantes continue de (chercher difficultueusement et cahin-caha à) hanter nos consciences. Un certain journalisme superficiel nous raconte, en restant de marbre, que les vaches qui vessent polluent autant que les bagnoles qui roulent. J’ai mes doutes mais bon… Il semblerait, selon cette doctrine, que, pour faire notre part environnementale, il faudrait soit renoncer à la sustentation carnée, soit prendre le bus. Notons la simpliste binarité ici: vache émissaire/voiture. Vous devez choisir. La faute à ton steak, la faute à ton char. La faute au citoyen badin dans tous les cas. C’est de fait assez représentatif d’un certain préchi-précha écolo, ça. Le porte à porte citadin. Attaquer le particulier, agresser le quidam, culpabiliser l’Individu Lambda, enquiquiner la personne physique pour mieux épargner la personne (im)morale (l’Entreprise Tony Soprano Détritus & Fausse Représentation en Tous Genres). Il y a une jolie métaphore pour décrire cela: se chamailler à propos de l’alignement des chaises au dernier concert se donnant sur le pont du Titanic. Ne le prenez pas personnel, amis de la micro-écologie agressante. C’est une méthode qui, de fait, vous transcende… Et, comme à chaque fois que la Saga des Vesses de Vaches Polluantes est roucoulée, serinée, invoquée, il y a un tiers exclu: l’usine. Une bonne partie du discours journalistique sur la pollution sert en fait à dédouaner le secteur industriel de ses titanesques responsabilités en utilisant toutes sortes de petites combines propagandistes comme celle-ci. Le suprême pollueur planétaire —l’industrie lourde— est remplacé par la vache émissaire dans la fantasmatique culpabilisatrice qu’on veut nous inculquer sur la pollution. Pour ma part, en attendant le prochain changement de disque de la promotion cyclique, je mange du steak, prends le transport en commun et dénonce l’incurie et l’indifférence hargneuse et profiteuse du secteur industriel en matière de pollution de l’air, des eaux et des cerveaux.

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4 Réponses to “La Saga des Vesses de Vaches Polluantes”

  1. Mimi Okapi said

    J’en ai vraiment assez de notre société capitaliste néo-libérale qui aime culpabiliser l’individu sans jamais remettre en cause le sacrosaint système. Les défenseurs du système sont évidemment prêts à mourir pour lui car le capitalisme implique nécessairement l’annihilation de la nature et, conséquemment, de l’humanité. L’équilibre écologique et le capitalisme sont mutuellement exclusifs. La réalisation de l’un exclue la réalisation de l’autre tout simplement parce qu’un système basé sur la croissance constante est fondamentalement incompatible avec un système dont la viabilité repose sur la conservation, la sauvegarde et la modération. Le système capitaliste, avec sa logique interne de compétitivité et de maximalisation des profits et de minimisation des couts, a une vision de l’ordre du court-terme. Par contre, la gestion de nos écosystèmes si fragiles nécessite une planification à long terme.

    Personne de sérieux ne réfuterait la conclusion de la vaste majorité de climatologues: le climat se réchauffe radicalement et la principale cause en est la combustion des carburants fossiles. La réponse des multinationales pétrolières et manufacturières – et des gouvernements qui en dépendent – face à cette réalité incontournable est la même que celle que l’industrie du tabac a adopté pendant un long moment, face à l’augmentation de l’évidence liant la consommation de cigarettes avec le cancer: le reniement.

    L’ampleur de la crise environnementale exige des solutions beaucoup, beaucoup plus larges que des modifications au niveau du style de vie de l’individu. Malgré ce que nos gouvernements aimeraient nous faire croire, l’ensemble de nos efforts individuels ne vaut rien si la machine capitaliste peut impunément rouler comme toujours. Moi, je me vois ordonnée de remplacer mes vieilles ampoules par les fluocompactes pendant que le premier ministre défend et vante la construction d’un oléoduc géant qui va traverser le continent?! Je dois avoir honte de boire de l’eau embouteillée mais l’industrie pétrolière a license totale face aux destructions massives occasionnées par l’extraction des sables bitumineux?!

  2. Les vaches pètent comme des dingues quand elles bouffent du tourteau de soja et d’autres oléagineux en trop grande quantité, et pas assez de fourrage. Leurs intestins se font alors la malle en filant par la cheminée. Les vaches qui bouffent de l’herbe, elles, pètent raisonnablement, et gardent leurs tripes en bonne santé.

    [Voilà qui est fort utile et qui mouille l’industrie encore plus qu’elle ne voudrait l’admettre… – Ysengrimus]

  3. Ysengrimus said

    Vaches avachies
    [Photo: Allan Erwan Berger]

    Vache avachie [1]

    Vache avachie, avalise mon val.
    Ta sœur et toi, vous vachez pas normal.
    Têtes bêches, tête à queue,
    En quinconce,
    Pas quelconque.

    Avachie vache, dicte ton tout banal.
    Meugle normalité dans le vortex du val.
    Tourne le dos au dos.
    Pipe, poudre, pavot,
    On va avoir des mots.

    Vache avachie, épicentre du rural,
    Les usines, pour toi, c’est du paranormal.
    Tu y finis pourtant, fait patent,
    Mise en boîte en l’ultime argument.

    Avachie vache et tu chies cette bouse.
    Tu fends cet excrément dans les bruns et les rouges.
    Il paraît en plus que tu vesses, tu pètes…
    C’est sur toutes les gazettes!

    Oui, vache avachie, ma valise amorale,
    Ta soeur et toi, vous vessez pas normal
    Ils en font un fromage.
    Tu serais une polluante,
    Une pompe rente.

    Avachie vache, et l’usine jubile
    Car ce que tu lui fais, je te le donne en mille.
    Eh ben, tu la dédouanes,
    Pipe, volutes, boucane.
    On t’impute tous les maux,

    Ma vache, mon agneau
    Pascal,
    Ça va: chie.
    Vache avachie.

    [1] Les vaches pètent. On le leur reproche. Elle réchaufferaient le climat bien plus, peut-être encore, que ces pauvres vilaines usines qui crédézemploi. Voire mais: si l’on ne donnait aux vaches des tourteaux de graines oléagineuses en lieu et place de l’herbe des prés, elles auraient infiniment moins d’ennuis intestinaux, et ne réchaufferaient pas l’atmosphère avec les gaz de leurs tristes digestions. [Note d’Allan Erwan Berger]

    Tiré de LauBer (2014), L’Imagiaire vergner, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.

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