Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

La porno au féminin

Posted by Ysengrimus sur 29 avril 2008

Un univers à découvrir...

Un univers à découvrir…

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Je maintiens contre vents et marées que la porno au féminin reste, pour les hommes, un mystère ondoyant et qu’on (au masculin) a encore énormément à apprendre sur la question. Si le seul fait de juger que j’en ai encore à apprendre est une faiblesse, ma foi, c’est une faiblesse méritoire et je la maintiens avec toute la fierté et toute la modestie requise. Sans me démonter ni faillir, je revendique froidement le droit de l’homme à s’autocritiquer. Si pour d’autres mecs c’est s’autoflageller, pas pour moi et je n’ai absolument aucun esprit de corps envers ma meute de taverne sur les questions de sexage. L’aveugle solidarité des pitons, très peu pour moi…

Regardons donc brièvement la question de la porno pour femme directement, dans le cadre de notre logique de gars: tripper sur une jolie houri ne portant rien d’autre que de longues cuissardes moulantes de cuir rouge à talons aiguilles, sur un site porno conventionnel, un soir de solitude glauque signifie-t-il automatiquement qu’on fait du lobby auprès de notre blonde pour qu’elle se procure les même dites cuissardes? Restons sérieux. Restons surtout décents. Il s’agit ici de pornographie, de fantasmes extrêmes, du monde de la fantaisie et du rêve fou. Or, dans ce même cadre out of this world, on nous montre quoi dans certaines subtiles publications de pornographie pour femmes? UN HOMME ÉLÉGANT, BIEN TENU, SOURIANT, AVENANT ET MODERNE QUI MANIFESTE UN SOUCI SINCÈRE ET SANS ARTIFICE POUR L’INTÉRIEUR COMMUN AINSI QUE POUR LES PETITS ENFANTS QU’IL SEMBLE AVOIR MIS AU MONDE. Exquise rareté. Explosion des ardeurs compensatrices. Cri pulsionnel du manque. Appel des chairs. Le monde du fantasme irréel, impossible et débridé et les gars qui entrevoient cela paniquent. Allons, allons restons calme. Cela n’arrivera pas demain, mes gars. C’est de la porno. Elles ne s’illusionnent en rien…

Mais cette fantasmatique pour femme me fait vachement réfléchir et débalance un bon nombre de mes croyances en matière pornographique. Mes certitudes érotiques en sont sens dessus dessous et cela me dépayse. Ce que je ne comprends pas par contre, c’est pourquoi, en tant qu’homme, cela devrait me faire me sentir agressé, typé, fiché ou dénigré. Un gars gentil et bien vêtu dans un intérieur agréable, l’un dans l’autre, c’est un trip comme un autre, déroutant pour ma fibre mâle mais pas du tout questionnable, dans son principe. Un mystère parfaitement fascinant et étonnant s’ouvre subitement à moi. Que je développe un peu brièvement sur la déroute qu’il me suscite tant, ce type bien tenu, doux et humain. Nous (au masculin), on associe quasi automatiquement porno et nudité. Je le fais aussi, constamment. Le syndrome de Playgirl, en quelque sorte. Notre fantasmatique de gars inversée et transposée tant bien que mal nous fait caler notre moteur lubrique sur la bonne vieille nudité, et les postures, et le bazar… Or j‘ai l’impression tangible que cette association porno/nudité n’est pas aussi automatique pour nos partenaires de vie de la planète Vénus… Le gars doit vraiment (pas toujours je suppose, mais disons, assez souvent) être habillé… et même préférablement frais et moderne, élégant sans excès, décontracte, force tranquille, et surtout, tout absorbé à quelque petite tâche domestique, pas de pensées interlopes en arrière-fond (qui impliqueraient alors une utilisation de la tendresse comme hameçon éventuel. Elles ont visiblement horreur que le tout de la chose soit joué dans le goût contrainte-de-jeu-vidéo que l’on contourne ou «bat» pour niquer le prix sexy juste après), d’où la nudité ou les références sexuelles explicites à éviter parce que cela fait alors truc, truqué, trucage, arrière-pensée rigide, idée fixe… enfin, je présume…

Pour tout dire et synthétiser, elles me font finalement l’impression d’être plus érotisées par la sincérité et la spontanéité du mouvement qu’elles aspirent à me voir réaliser dans la maison de poupée de leurs langueurs que par les rondeurs de mon corps illustre. C’est intégralement un autre monde. L’Atlantide des ambiances. Un monde à découvrir… au logis comme en plein air…

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10 Réponses to “La porno au féminin”

  1. Il y a bien des genres de pornographie pour femmes. Il y a celle qu’on s’imagine qu’elles aiment ou aimeront. Les a-t-on consultées? Qui l’a produite? Il y a celle qu’on leur propose, qu’on leur vend. Et il y a celle qui les excite vraiment (appelons une chatte une chatte!).

    Il y en aurait long à dire. Femmes qu’on imagine conventionnelles — convenues! — bien sages, amoureuses de leur homme. Le sont-elles autant une fois la lumière éteinte? Femmes qui gardent en elles un jardin secret de mots, d’images, de sons, de sensations qu’elles n’osent ou ne peuvent partager de peur d’être jugées, incomprises… ou simplement déçues par le manque d’intérêt de l’homme désiré (ou de la femme désirée) à jouer le jeu, à éveiller ce frisson… lorsque l’éveil vient d’une mise en situation, d’une expérience, d’odeurs, de caresses, de respect et de folie partagée, que valent un morceau de papier, un bout de film ou quelques pixels, isolément? Femmes qui se censurent, se trouvent laides, sont épuisées parce qu’elles se couchent trop tard… ou se disent que c’est peine perdue car elles se lèvent tôt? Répriment-elles ce genre de lecture?

    Que dire de ces revues prétendument pour femmes dont le marché principal est en fait les homosexuels hommes? Il y aurait tant à dire. Et maintenant que je vous ai trouvé, je reviendrai.

  2. ysengrimus said

    Allez jeter une coup d’oeil sur le bouquin PORN FOR WOMEN. Captivant.

  3. Jujubelle said

    Magnifique. Toute beauté… et parfaitement torride, en effet.

    • ysengrimus said

      Dans le mille. C’est, en gros, l’idée… Simplement, une portion significative de cette porno pour femmes se met en place sans ironie et est vouée à un brillant avenir…

  4. Béatrice said

    Quelle belle image! Ajoutez un petit toutou charmant et c’est l’homme qui me fait craquer.

    [Merci Béatrice. Je me suis abstenu, car j’avais peur que le roquet ne file ses puces au nourisson. Ce sera pour la prochaine fois – Ysengrimus]

  5. mcjeezaza said

    D’accord avec La Belette Lachinoise, il existe toutes sortes de fantasmes féminins!

    Tenez, j’actualise cette discussion en vous ploguant la nouvelle série «Dirty Diaries» produite en Suède par Mia Engberg. C’est en fait douze films de fesses, courts-métrages pornos faits par et pour des femmes (et bien sûr, n’importe qui que ça intéresse).

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dirty_Diaries

    J’en ai visionné deux (à des fins strictement académiques, oui oui, j’avais un travail de recherche sur la porno mainstream et marginale à faire à l’université, promis-juré-craché haha).

    Donc, j’ai vu «Skin» et «For the liberation of men» (#1 et #12 sur wiki). « Skin » est intéressant dans le contexte où vous avez mentionné le rapport de la pornographie à la nudité. Ils font l’amour vêtus de léotards qui recouvrent complètement leur corps, puis ça évolue.

    «For the liberation of men» contredit pas mal tout ce que vous avez mentionné comme étant de la porno typiquement féminine. 😀 Comme dit l’autre, y’en a pour tous les goûts. Ça reste une réflexion pertinente sur les rôles des genres et de la vieillesse.

    Je n’en ai pas visionné d’autres de la série, mais je vais probablement le faire. J’avais déjà vu le projet précédent de Engberg, «Come Together» (des femmes dites «normales» se masturbant et se filmant avec leur cellulaire) qui avait connu une certaine controverse, la plupart de ces femmes ne correspondant évidemment pas aux critères de beauté de la porno commerciale. Bref, tout cela offre une réflexion intéressante sur les façons d’explorer les différentes facettes de la sexualité et de s’approprier les médias autrement que pour suivre la masse.

    Je crois que des fichiers torrent sont disponibles là-dessus, mais je n’y connais rien alors…

    http://torrentpump.com/torrents/dirty-diaries-skin

  6. Suzanne said

    Eh bien… bon… je suis de celles que les histoires et les mises-en situations éteignent. Je me « branle », telle un homme, devant la nudité, sans même vouloir plus que de la simple génitalité et cela ne dure que quelques minutes… le temps de me « vider » de mon trop de pression… donc, il y a certainement, pour moi du moins, une nette séparation entre sexe et émotions… je dois être l’exception à la règle… 😉

    [Pas certain – Ysengrimus]

    • Suzanne said

      Oui, certainement, une nette séparation entre la pulsion du sexe par le sang qui circule et une suggestion (cérébrale) qui la propulse – qui peut être une obsession physique, en fait possiblement une relation phallique avec mon sexe telle qu’elle serait décrite par Freud, aussi intéressante et complètement égoïste… comment vous dites déjà? Égophallique ou quelque chose du genre – donc dis-je, une nette séparation entre la pulsion purement physique, et simplement à la recherche du plaisir physique, de l’orgasme et la relation affective qui découle d’une connaissance profonde de l’être qu’on aime. Car j’aime, aussi. Mais j’aime la porno pour me vider… c’est vulgaire peut-être, déconcertant venant d’une femme peut-être, mais voilà, j’aime regarder un pénis frotter une vulve, éjaculer dessus, j’aime regarder un homme se masturber, une femme se masturber, plein de choses, j’aime tout ça… et voilà aussi une chose dont les femmes devront se libérer un jour: la honte d’aimer le sexe… aussi bêtement que les hommes. Parce que la vue d’un pénis bandé nous fait mouiller. Tout simplement. Et qu’aucune femme qui aime le sexe ose me dire le contraire…. alors un homme habillé et romantique dans mon fantasme de cul un peu débridé… je vais passer… 😉

      Tout cela, avec toujours tout mon respect 🙂 Je vous trouve vraiment pas pire!

      PS… des sites pornos de femmes… PLAAATE!! Selon ce que vous dites, ce sont des romans harlequins, pas de la porno…

      • Et vous faites quoi si je vous dit le contraire?

        J’aime le sexe, ça c’est sûr, et je n’en ai pas honte, mais le seul pénis « bandé » qui me fait « mouiller » c’est celui de mon conjoint.

        La pornographie pour hommes ne me fait strictement rien. Je vois pas comment je pourrais m’émoustiller devant des gens qui se traitent comme des objets et qui font des gestes mécaniques.

        Je crois que la conclusion simple est chacun ses goûts, n’est-ce pas?

      • Suzanne said

        Alors puisque vous me dites le contraire… je ne ferai rien… 🙂 chancun ses goûts, je suis d’accord. Mais bon, voilà, pour des femmes comme moi, il faut du visuel cru. C’était surtout pour mettre en évidence que les femmes ne sont pas toutes pareilles, tout comme les hommes d’ailleurs… les généralisations sont dangereuses. C’est sûr que dans la « porno pour hommes » il faut chercher comme il faut pour trouver le video qui ne traite pas la femme comme un objet, mais ça se trouve et de plus en plus je crois (lire: j’espère). Et désolée si j’ai moi-même généralisé au sujet des pénis bandés qui font mouiller les femmes… je me suis gourrée… 😉

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