Le Carnet d'Ysengrimus

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Les JEUX OLYMPIQUES DE VANCOUVER, y pensez-vous encore?

Publié par Ysengrimus le 15 janvier 2012

Des MITAINES OLYMPIQUES ou des OLYMPIQUES MITAINES?

Eh, sicroche de diablotin de plâtre, barbez-moi! Encore une de ces foutues années olympiques. La dernière, au fait, c’était en 2010. Vous vous souvenez? Les Jeux Olympiques de Vancouver (Canada), y pensez-vous encore? La bassinade les concernant est déjà vieille, elle, de trois ans, en fait. En effet, la couverture médiatique des Jeux Olympiques de Vancouver s’amorce dès octobre 2009, et on nous explique alors (vous en rappelez-vous?) que les athlètes canadiens devraient se faire vacciner contre la notoire grippe H1N1. Des développements amphigouriques et soporifiques sont alors aussi servis sur le bilinguisme promis de ces vingt-et-unièmes Jeux Olympiques d’hiver. Puis, à partir de décembre 2009, on se met à suivre le trajet de la flamme olympique. Parfois, comme en Montérégie (au Québec), des résistants autochtones menacent de bloquer le parcours de ladite flamme olympique. On évoque le souvenir des Jeux Olympiques d’été de Montréal, en 1976 (le maire du Montréal de 2009 affirme ne pas vouloir ravoir les Jeux) et on porte une attention particulière aux athlètes qui se blessent à l’entraînement et rateront ainsi les Olympiques. On analyse en long et en large les «espoirs» canadiens et québécois. On évalue (et hypertrophie hyperboliquement) ce que les Jeux feront pour l’image mondiale du Canada. À partir de janvier 2010, on commence à solliciter l’attention des lecteurs et des auditeurs, beaucoup plus assidûment. On conditionne. On chauffe au rouge, on chauffe à blanc. La publicité emboîte alors le pas. La Société des Transports de Montréal parle de sa présence à Vancouver (ils y transportaient quelque chose. Je ne suis pas certain quoi exactement). Bell Canada et un bon nombre d’autres entreprises canadiennes bon-ton-bon-teint utilisent l’image d’athlètes olympiques dans leurs encarts publicitaires. La Fondation David Suzuki donne une «médaille de bronze» environnementale aux préparatifs des Jeux. À partir du 7 février 2010, une chronique spéciale sur les Jeux Olympiques est ouverte dans la section des sports des principaux quotidiens canadiens. L’aspect touristique n’est pas négligé non plus. On décrit ostensiblement les atouts récréatifs et paysagers de Vancouver et de Whistler. Tout démarre officiellement au 14 février 2010. Le Canada apparaît vite comme un arriviste compétitif insensible, qui veut gagner à tous prix. Trente athlètes d’autres pays se font pincer pour du dopage avant que tout ne commence. Mort tragique d’un lugeur géorgien (pourriez-vous me dire son nom?) sur une piste trop rapide et insécuritaire. On le fera passer pour un maladroit et un inexpérimenté. Gloire d’Alexandre Bilodeau (dans quelle discipline déjà? Perso, j’ai mis l’hyperlien parce que je ne m’en souvenais pas). Drame du deuil et de la médaille de bronze de Joannie Rochette. Victoire de l’équipe masculine et de l’équipe féminine de hockey. On observe (sans pourtant y mettre l’analyse socio-hisorique requise) la supériorité athlétique des femmes canadiennes, notamment des hockeyeuses et des patineuses de vitesse. Tout retombe abruptement, et sort vivement de l’actualité, aussitôt que les Jeux Olympiques d’hiver sont terminés. On nous annonce encore, le 16 mars 2011, que Joannie Rochette ne participera pas aux championnats du monde de patinage artistique. Le fait est que, sans complexe aucun (civilisation marchande means civilisation marchande et ce, pour la quasi-totalité des vétérans du spectacle olympiques), elle réfléchit sur son avenir de patineuse et elle diversifie ses activités à plus long terme. Notons, en toute impartialité critique, justement pour mémoire, que Mademoiselle Rochette a totalement eu raison de continuer sa quête olympique malgré un deuil. Je ne cite pas souvent Jésus, mais là, ça s’impose: Laisse les morts enterrer les morts et occupe toi des vivants. Aussi: Enfin cela introduisit un peu de vibrato dans ces Olympiques de Vancouver, autrement largement soporifiques (cette seconde citation est à considérer comme apocryphe)… Et… bon… pour ce qui en est de sa performance (sa médaille de bronze), ce serait un peu le temps de rappeler le fameux aphorisme des Olympiques de grand-papa: «L’important, c’est de participer». Oh, mais excusez-moi, faites excuses… L’Olympisme Stéroidal Néo-Libéral Contemporain a pulvérisé ce point de doctrine parcheminé. Il n’existe tout simplement plus. Tant pis pour nous tous, hein. Le deuil Rochette, c’est celui-là aussi… pourtant… Oh et, j’allais presque oublier, le 21 mars 2011, on mentionne discrètement trois médailles d’or canadiennes aux Jeux Paralympiques de Vancouver…

                          "ALLEZ CANADA"  …………………..    "LE C.I.O. EST UN PARASITE GLOBAL"

Maintenant, une simple petite question. L’intox promotionnelle canadienne vous rejoint-elle encore, deux ans plus tard? Allons, admettez avec moi, quand on se repasse le ruban en accéléré, avec le recul, que c’est chiant en grande et que la magie de toc s’est quand même un peu pas mal racornie. La malhonnêteté des médias en matière de couverture des Jeux Olympiques n’est plus une nouveauté. Les Olympiques sont une foire ouverte de propagande que chaque pays utilise pour se faire mousser. Les médias canadiens n’ont pas couvert la chose autrement. Chauvinisme crasse et partialité veule. Gros titres pour les victoires canadiennes, entrefilets pour les défaites canadiennes et les victoires des autres. Promotion de soi. Mutisme sur les autres. Impossible de relativiser la position du Canada dans le concert musclé-dopé des nations, avec ce genre de couverture. Lyrisme et faux héroïsme, «courage», «persévérance», tous ces fallacieux mérites de l’industrie du sport-spectacle sont hypertrophiés. Il y a vraiment peu d’informations utiles pour une véritable compréhension critique du monde, des politiques sportives canadiennes, de l’impact social du sport professionnel et de l’industrie multinationale du sport, dans ces événements et leur couverture contemporaine. Il est passé dans quel goulot d’évacuation, le journalisme, bondance de la vie!

"En finir avec la pauvreté, ce n’est pas un jeu"

Et ce cirque inique et pharaonique se déploie désormais mécaniquement, aux deux ans (hiver, pause, été, pause, hiver, pause, été, etc). La barbe, la barbe, c’est reparti…

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Paru aussi dans Les 7 du Québec

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8 Réponses à “Les JEUX OLYMPIQUES DE VANCOUVER, y pensez-vous encore?”

  1. Mozart Groupie a dit

    Excellent points you make, Grimus. and, indeed, I remember virtuallly nothing of those games. I would go so far as to say I forgot they even happened. The Olympics embody so many things I loathe: win at all cost competitivenes, patriotism, marketing at its most crass, the cult of physical strength. And it is so incredibly boring!

    D’excellentes observations que tu fais la, Grimus, et effectivement je ne me souviens à toutes fins pratiques de rien de ces jeux. J’irais même jusqu’à dire que j’avais oublié jusqu’au fait qu’ils ont eu lieu. Les Olympiques incarnent tant de choses que j’exècre: compétitivité pour gagner à tous prix, patriotisme, mise en marché sordide, culte de la force physique. Et en plus, c’est d’un ennui mortel!

  2. ysengrimus a dit

    Pour ceux que ça branche, un correspondant vient de m’envoyer le blaze du lugeur géorgien clamsé. Il s’agit de Nodar Kumaritashvili. En voilà un que le feu de la flamme olympique a durablement roussi/refroidi et dont le nom entre dans la "gloire" sportive depuis le fin fond d’une caisse de sapin…

  3. Le Boulé du Village a dit

    Des mitaines olympiques ou des olympiques mitaines? Tordant. Tes lecteurs français vont-tu la pogner?

    [Tu as raison, le Boulé. Prudence oblige, pour nos coqs bien aimés, je traduis. Cela donne: DES MOUFLES OLYMPIQUES OU DES OLYMPIQUES MINABLES. Moins bon pour le son mais parfait pour le sens... - Ysengrimus]

  4. Jimidi a dit

    Comme Mozart Groupie, je crois qu’il y a dix minutes, j’aurais pu jurer, une main sur le cœur, une autre sur la Bible et la troisième levée au ciel, que j’ignorais où s’étaient déroulés les jeux olympiques d’hiver en 2010. En revanche, je suis très impatient de suivre ceux de Londres cet été. Va comprendre !

    [Effectivement, c'est reparti... - Ysengrimus]

  5. Caravelle a dit

    Cette demoiselle Rochette sur la vidéo me parait simple et authentique, comme vous québécois êtes si souvent. Mais tu as raison Ysen. Elle se présente très sereinement et sans complexe comme une commerciale qui vend ses produits au petit écran… Je n’avais pas la moindre idée de l’existence et du drame de vie de cette personne avant que tu ne nous en parle… Perdre sa mère subitement juste avant une compétition olympique et ne pas flancher. Elle est forte, cette jeune femme…

    Carava

  6. Tourelou a dit

    J’ai même oublié c’était quoi la mascotte!

    [Il y en avait trois: Miga, Quatchi et Sumi. Je viens tout juste de l'apprendre en recherchant ceci pour vous, Tourelou - Ysengrimus]

  7. Bérénice a dit

    Aujourd’hui, l’unique réponse valable et saine d’une populace aux nouvelles que leur ville ou que leur pays s’est vu octroyer les Jeux Olympiques ou n’importe quel grand évènement sportif d’envergure internationale est celle de ces centaines de milliers de brésiliens qui sont descendus dans les rues pour protester contre les sommes énormes d’argent public dépensées en vue de la prochaine Coupe du monde de 2014. Des milliards de dollars dépensés sur un concours de foot dans un pays où la moitié de la population ont un accès insuffisant à l’eau potable, à des infrastructures d’égout, et à l’éducation.

    Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, ces évènements ne sont lucratifs que pour un tout petit nombre de multinationales, de fédérations sportives et d’élites qui s’enrichissent sur le dos de la population locale forcée d’épauler l’entièreté du fardeau économique, social et environnemental: des dépossessions forcées de terres et de demeures, des interdictions imposées sur les petits marchands quant à la vente des marchandises en proximité des grands stades et d’autres sites officiels (un accord entre le gouvernement brésilien et la FIFA prohibe l’entré des marchands dans un zone de deux kilomètres autour des sites), des opérations de nettoyage social visant à cacher du regard des touristes les réalités de vie les moins ‘accueillantes ‘ du pays et de la ville hôte (comme, par exemple, le déplacement forcé des sans-abris du centre-ville aux zones périphériques pendant les festivités), et maint autres exemples de répression et de violations des droits de l’homme les plus fondamentaux.

    Vive ces brésiliens qui s’indignent contre l’accaparement de leur sport national par les ploutocrates louches et les organisations sportives internationales. Qu’ils le revendiquent de ceux pour qui il n’est qu’un symbole de statut de plus.

  8. Denis LeHire a dit

    Pas fameux, les retombées à plus long terme, en tout cas…

    http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201402/07/01-4736749-les-quatre-lecons-economiques-des-jeux-de-vancouver.php

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