Le Carnet d'Ysengrimus

Ysengrimus le loup grogne sur le monde. Il faut refaire la vie et un jour viendra…

  • Paul Laurendeau

  • Intendance

L’HOMME QUI VISIONNE DE LA PORNO. Foire aux questions et mode d’emploi (en quinze points), à l’usage de sa conjointe

Posted by Ysengrimus le 15 septembre 2010

Bon, crotte, ça y est. Il visionne de la porno. Vous le savez, vous en avez la certitude, mieux: la preuve. Tout semble s’effondrer. Oh, le verrat fendant, moi qui le croyait différent. Il fait ça en cachette, en plus, comme un enfant. Oh, le crapotte insidieux. Moi qui espérait mieux. Si je lui en parle, il louvoie, il s’esquive, par-dessus le marché. Oh la lubrique vipère, moi qui le croyait sincère. Que faire? Vers qui vous tourner. Un psychologue, votre meilleure copine, son meilleur copain à lui (autant vous tourner vers la pègre), votre grand ami gai, votre mère, la pègre? Tournez-vous vers qui vous voudrez mais juste avant, consultez donc cette petite foire aux questions et ce petit mode d’emploi compréhensifs (en quinze points), une gracieuseté d’Ysengrimus. Homme maximalement traître à l’omerta masculine, Ysengrimus vous dira absolument tout. D’abord, la foire aux questions (vous ne vous intéressez qu’à une seule question: pourquoi?). Ensuite le mode d’emploi (que faire?).

Je rappelle aux éventuels hommes qui chercheraient de quoi se dédouaner ici que mon propos repose sur une axiomatique sciemment et fermement féministe. Comprenons-nous bien, donc, je ne justifie pas l’homme regardeux de porno ici. Je le décris, simplement, froidement, dans sa rigidité impitoyable. Ceci dit et bien dit, le féminisme implique, entre autres, une refonte en profondeur de l’existence du mec de demain et ladite refonte ne se fera pas dans l’ignorance nunuchement volontariste du mec d’aujourd’hui. Nier l’existence du répréhensible, du goujat, du tristounet et de l’inélégant ne le fera pas automatiquement disparaître de notre univers social, loin s’en faut. Féminisme n’est pas ignorance de la même façon que description n’est pas légitimation. Un vrai ami vous donne l’heure juste. Une féministe n’est pas une autruche. Masculinologie n’est pas masculinisme. On ne combat pas adéquatement le cancer en le décrivant comme une maladie bénigne. Minimiser n’est pas jouer. Le sujet (dans tous les sens du terme) est fort peu reluisant…  Soyons en tous et toutes avisé(e)s et assumons.

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FOIRE AUX QUESTIONS : POURQUOI  (ME) FAIT-IL CELA?

1- Fait-il cela à cause d’un manque dans mon apparence physique? Non. Je sais qu’il va vous falloir du temps avant de me croire, mais en fait, c’est le contraire. Un homme, un vrai, se soucie assez peu du détail technicien fin sans fin de l’apparence physique de la femme qu’il désire. Épaisseur des cuisses, longueur des cheveux, incarnat de peau, velouté des lèvres, ondulé des hanches, sacro-saint volume de la poitrine (cette hantise suprêmement oiseuse), lustré des maquillage, basta. L’homme pousse son lot de hurlements d’orignaux sur tout cela, certes, mais, réalité cruciale, il le fait en vrac, en gros, à la globale, sans même trop comprendre que ce n’est pas vraiment ceci et cela qui l’allume. Quand les femmes se sortiront-elles enfin de cette pitoyable mentalité hyper-analytique et chosifiante de foire agricole? Vous vous devez d’inverser l’équation ici, en fait. Il faut voir la chose ainsi (suivez bien le mouvement): si c’est bel et bien vous qui êtes dans son lit plutôt que quelque sosie de la terrible et torride actrice pornographique Tara Pornella (nom fictif), c’est que c’est vous, et vous seule, qui battez Tara Pornella à plate couture dans l’arène de l’apparence physique, pas le contraire. Pur et simple. Point barre. Rien à ajouter. La personne obsédée par votre apparence physique ici, c’est vous, pas lui. Vous vous comparez scrupuleusement, compas en main, loupe sur l’œil, tyranniques critères de filles en tête, aux femmes de papier (y compris celles des tout aussi tyranniques magazines féminins, du reste, que votre partenaire ne lit pourtant jamais). Lui ne fait pas cela. Il ne brouillerait pas son amour, son désir et sa passion pour vous en vous roulant dans la farine comparative de Tara Pornella. Le visionnement de porno est un comportement totalement non-comparatif. Votre partenaire vous désire, en cette fulgurante synthèse d’ardeur et d’amour, parce que vous déclenchez sa libido. C’est tout. Et l’équation libidineuse inclut l’apparence physique de la partenaire comme un paramètre parmi bien d’autres, certes, sans s’y réduire cependant.

2- Alors, fait-il cela à cause d’un manque dans ma performance sexuelle? Non et non. Je sais qu’il va encore vous falloir du temps avant de me croire, mais en fait, ici aussi, c’est le contraire. S’il ne jouissait pas de votre performance sexuelle, eh bien, sapristi, il se prendrait une maîtresse bien réelle, ou vous quitterait pour une autre conjointe, elle aussi, bien réelle… S’il regarde de la porno, c’est, au contraire, que vous êtes arrivée à le tenir en éveil lascif, à le faire pétiller libidineusement, à le stimuler sexuellement, ardemment et vivement. Le spectacle pornographique n’est pas, et ne sera jamais, en compétition avec vous. C’est une lanterne chinoise qui ne montre rien de vrai, rien d’humain. Fondamentalement c’est comme le scénario d’un roman ou le script d’un film. Votre amant trouve de fait, dans la porno, au mieux, un mode de ressourcement intellectuel pour mieux s’occuper de vous. Je ne plaisante absolument pas. Les femmes qui s’imaginent que leur homme regarde de la porno parce qu’elles ne «fournissent» pas sexuellement errent totalement. Elles confondent leurs propres motivations de femmes hédonistes contraintes contemporaines avec les siennes. De plus, si vous-même, vous observez un peu fixement un autre homme (vous-même vous-même si, si, ne niez pas!), vous voyez, de par cet autre homme, les défauts vestimentaires et comportementaux qu’il corrige chez votre propre conjoint, non? Hmmm? Pardon? C’est que, fantasmatiquement parlant, vous êtes monogame. Fantasmatiquement parlant, vous ne quittez votre moineau que pour un homme qui sera mieux que lui, supérieur, sublime. Or, ce n’est pas une raison pour croire que votre regardeux de porno fonctionne mécaniquement comme vous! C’est que, fantasmatiquement parlant, votre conjoint lui, voyez-vous, il est polygame. C’est un sultan onirique. Il a un vaste harem de femmes fantasmatiques dans sa tête et vous, eh bien, vous êtes la Favorite… c’est cela qui fait que vous êtes la vraie et que son monde de fantasme ne le ferait jamais au grand jamais vous quitter. Il est parfaitement inutile de compétitionner avec les silhouettes évanescente et embrumées du sérail creux et fictif peuplant la coupole crânienne de votre conjoint. Inutile et oiseux. Car le fait est que vous avez déjà gagné.

3- Ferait-il cela encore plus si je n’étais pas dans sa vie? Non. Ni plus ni moins, en fait. Des pensées sexuelles lui viennent et lui percolent dans la cervelle en permanence, comme les bulles de gaz fétide d’un marécage, et le visionnement de pornographie n’est qu’un type d’organisation visuelle, une classification, une mise en fichiers manipulables de pensées, diffuses ou précises, propres ou sales, belles ou laides, qui lui rouleraient dans la tête de toute façon, ordi, télévision, cinéma, magazines ou pas. Nos ancêtres avaient les statues, les peintures, le cinématographe… Des images de femmes, il y en aura toujours, intra et extra cerebra. La porno n’est jamais que la suite tangible de cette longue et falote sarabande d’imagerie, se manifestant au jour d’aujourd’hui par d’autres moyens, moins imaginatifs, du reste. Ferait-il cela encore moins si Marielle, son ex-copine, la rousse, était encore dans sa vie? Il ne le ferait pas moins, pas plus non plus, il le ferait tout autant. Il faut comprendre qu’il visionne de la porno comme il rote, vesse, se rase sans nettoyer le lavabo derrière lui ou se gratte les fesses. Vous placer, vous, et Marielle (nom fictif), et les autres vraies femmes de son passé et de son avenir sur un plateau de la balance et les femmes de papier et de pixels sur l’autre plateau est et sera toujours intégralement fallacieux. Et à ceux et celles qui disent que s’il n’y avait pas tant de porno disponible sur le marché, mon mec ne roulerait pas autant de pensées interlopes, je réponds: c’est tout juste le contraire. Si votre mec ne roulait pas autant de pensées interlopes, il n’y aurait pas tant de porno disponible sur le marché… Le capitalisme ne nous vend que ce qu’on consomme. Il ne se soucie pas plus de déséduquer que d’éduquer.

4- Si ce n’est pas répréhensible ou suspect, pourquoi se cache-t-il de moi en faisant cela? Vous n’approuvez pas. Je ne questionne pas la légitimité du fait que vous n’approuvez pas et ce sont vos droits de femme qui s’expriment dans cette réprobation. Mais il reste que vous n’approuvez pas. Une femme qui, d’ailleurs, fait semblant de l’approuver et de s’en amuser ou de s’en accommoder est quasi certainement la plus formidable des crâneuses imaginable et est vraiment bien peu crédible. Bref, vous réprouvez, c’est déjà une fichue de bonne raison de faire l’affaire en douce. Mais il y a des raisons encore plus profondes, plus cruciales, pour lui. Vite, il constate que vous voyez cela bien plus gros que ce n’est. Ces images, ces femmes de papier ou de pixels, sans épaisseur, sans existence, elles vous hantent et vous polluent votre existence, à vous. Vous confondez Tara Pornella, cet être fondamentalement bidimensionnel et vide dans sa vision à lui, avec la compétitrice de chair et d’os de votre vision à vous. Vous vous faites un mouron excessif et il n’est vraiment pas fier de cela et pas content de lui-même. Son incapacité chronique et paniquée à vous expliquer adéquatement que l’intemporelle Tara n’existe tout simplement pas complète ensuite le tableau secret. Au final, vous réprouvez, souffrez, pestez intensivement, il s’en veut pour cela et est incapable de vous démontrer passionnément ce que je vous démontre ici froidement, que c’est sans aucune espèce d’importance dans votre vie de couple. Alors il se planque. Les enfants en font autant pour se ronger les ongles ou se curer le nez, soyez préparée…

5- À ce qu’il me semble, les modèles qu’il mate ressemblent vachement à Marielle, son ex-copine, la rousse là, justement. Qu’en conclure? Avez-vous vu l’intégralité des modèles en question ou n’avez-vous entraperçu que quelques torsades rousses ici et là, sans systématicité? Prudence. Ce que nous avons ici c’est ceci: sur une surface d’écran ou de papier glacé, Tara Pornella, rousse sans doute, mais surtout dont le profil psychologique et comportemental est intégralement fantasmé, et deux femmes réelles, Marielle, son ex, qu’il a aimé, et vous. Il est parfaitement concevable que Tara Pornella, Marielle et vous-mêmes ressembliez toutes les trois à sa femme de fantasme oméga (qu’il connaît, conscientise et stabilise fort mal au demeurant), ce qui a comme effet secondaire une éventuelle ressemblance entre vous trois. Avant de nier rageusement ressembler à qui que ce soit, ne limitez pas vos investigations de cette subtile hypothèse aux simples critères superficiels et chosifiants de foire agricole. Je dis cela parce que c’est ici que sa perversité s’interrompt et que la vôtre entre en action. Frustrée, flétrie, déçue, vous commencez par vous occulter vous-même. Vous vous ratatinez, vous roulez en boule, vous oblitérez, vous et votre immense importance pour lui. Restent alors, dans votre colimateur rageur, Tara Pornella et Marielle, son ex, qui ont en commun, pour vous, d’être deux images plates et superficielles et rousses et flamboyantes et pétantes et roulures et haïes. Il devient alors aisément aisé de tout confondre, de juger hâtivement, et de trouver ces deux enquiquineuses fort semblables. Les faits sont pourtant les suivants. La personne la plus éloignée de ses aspirations fantasmatiques c’est d’abord Tara Pornella, femme de papier ou de pixels sans densité, ni épaisseur, ni conversation effective. La seconde personne la plus éloignée de ses aspirations fantasmatiques, c’est Marielle, femme réelle certes, et en cela milles fois plus dangereuse que Tara Pornella, mais aussi ex, souvenir, passade, foucade, nostalgie-non-nostalgique. La femme la plus proche de ses aspirations fantasmatiques, c’est vous. C’est vous qu’il prendra ce soir en hurlant à l’amour. C’est vous qui le tenez, dans les faits effectifs. C’est vous, l’incarnation concrète et charnue du point oméga de ses fantasmes, vu que c’est à vous qu’il se donne ici, maintenant et pour toujours.

6- Tu te goures Ysengrimus, il m’a dit explicitement qu’il regardait de la porno à cause de mes manques physiques et/ou mes manques sexuels! Attention, me rapportez-vous l’intégralité des circonstances de cet «aveu» ici? Allons, allons, pas de triche entre nous. Laissez-moi vous les décrire, ces circonstances. Vous venez de le pincer, la face dans l’écran d’ordi, ou encore vous venez de vous décider à le mettre au pied du mur, d’aplomb et ouvertement, sur la question sensible de son regardage de porno. C’est votre droit, je vous le redis, votre devoir, même peut-être. Mais alors, c’est aussi la guerre, hein. Guerre de tactique, guerre de stratégie. Il faut l’assumer. Coincé, piégé, confronté, comme dit le bel anglicisme, il contre-attaque. Les hommes contre-attaquent, c’est comme ça. Ils sont actifs et proactifs, dans un conflit. Pris en souricière sur une question sensible, votre partenaire, terme fort ironique ici, contre-attaque efficace. Pas sincère: efficace. Il frappe donc pour porter une botte solide dans le défaut de votre cuirasse. Pas de quartier. Votre morbidité auto-dénigrante est une faiblesse dont il peut parfaitement prendre avantage dans ce genre de conflit. C’est de ta faute aussi… Tu ne t’habilles pas assez ceci… Ton cul n’est pas assez cela… Stupeur. Vol plané dramatique. Vous voici terrifiée, pétrifiée, congelée et gelée par cette douche froide critique/zap/autocritique. Tous vos préjugés auto-culpabilisateurs sont confirmés, d’un bloc. Vous le saviez! Ah, combien d’hommes qui trichent à la guerre misent ainsi sur l’immense et fulgurante propension autocritique des femmes? Les douze salopards ne sont pas que douze, allez. Ils sont un grand nombre, voyons, et ce nombre est en augmentation, maintenant que les hommes connaissent bien mieux les femmes qu’avant. Donc, le coup porte. Votre convoi déraille. Votre propos dévie. Vous en oubliez toute votre tirade d’attaque contre la porno. C’est de votre faute, il le dit, il l’avoue. Tombé, en un choc unique, le masque au sourire fixe de ses cent milles compliments d’antan. L’océan de sirop sucré se dissout dans cet unique jet de vinaigre. C’est votre corps qui est dans le tort. C’est votre performance sexuelle qui est en défaut. Tous vos préjugés tenaces sur vous-mêmes sont suavement confirmés. Il le dit ouvertement. Ysengrimus, il m’a dit EXPLICITEMENT… Eh bien il a explicitement menti, pardi. Il ment, il ment pour vous faire perdre votre contenance. Il ment parce que c’est une ruse de guerre, parce que c’est la guerre, parce que à la guerre comme à la guerre, et parce que vous avez ouvert les hostilités sur le regardage de porno. Et comme, contrairement à Ysengrimus, il n’est pas, lui, un traître à l’omerta masculine, il ne va pas se mettre à vous guider, tel Orphée aux enfers guidant Eurydice vers la surface, dans les méandres filandreux et grossiers de sa si courtichette fantasmatique. Non et non. Autant mentir et, jet d’encre du poulpe parfait, vous accuser de manques intégralement inexistants. Cela porte toujours, vous fait chier, vous cale, vous désamorce, vous fait pleurer. Ben c’est ça, pleure, cocotte, moi aussi j’ai bien envie de pleurer comme une madeleine devant la liste de mes sites porno favori que tu viens cruellement d’insérer entre ma poire et mon fromage. La femme à qui on a fait croire que c’est à cause d’elle qu’on mate de la porno vient de tomber dans le plus grossier des panneaux manipulateurs imaginable. Par pitié, ne mordez pas à cet hameçon là!

7- Et s’il m’approche d’une façon totalement non conflictuelle en me disant, froidement et posément, qu’il voudrait que je ressemble en tous points à Tara Pornella? Je ne réponds pas aux questions spéculatives de gamberges auto-mortifiantes, ici. L’a-t-il fait effectivement? Où? Quand? J’en doute fortement. S’il l’a vraiment fait et que vous êtes absolument certaine que c’était au premier degré, hors conflit, hors sursaut défensif, vous ne le fréquentez que depuis peu alors, et vous pouvez le saquer, c’est un inepte. Mais je pense que, si vous vous introspectez avec la sincérité requise, ce sera pour observer que ce cas de figure-ci est un pur produit de votre angoisse intérieure à vous, pas de sa fantasmatique sexuelle à lui. Les soi-disant sous-entendus que vous croyez détecter chez lui sont des ectoplasmes que vous vous fabriquez, de purs et non-fiables artéfacts, issus de vos propres hantises. Pourquoi? Tout simplement parce que sa fantasmatique sexuelle à lui s’ancre solidement en vous, pas en Tara Pornella. Donc, il ne fera tout simplement pas cela. Ceci, juste ici, est de la plus haute importance. Il faut absolument vous extraire de l’esprit la croyance que la vision de la porno inculquera des normes ou des standards d’apparence corporelle à votre conjoint, normes ou standards aussi hirsutement impossibles que ténébreusement implicites, qu’il vous faudra ensuite rencontrer en je ne sais quelle lutte compétitive sans fin vers l’asymptote. Croyance sinistrement répandue dans la culture intime (hautement normée, elle) des femmes, cette affaire de normes et de standards d’apparence corporelle venus de la porno et relayée par votre mec est une pure et simple fausseté factuelle. Une revue porno n’est pas un magazine de mode, ne le fut et ne le sera jamais (Et, je vous le redis, les magazine de mode, il ne les lit pas. Cela devrait vous faire méditer). Sortez vous cette idée de la tête, une bonne fois. Et s’il m’approche d’une façon non conflictuelle en me disant froidement qu’il voudrait que je ressemble en tous points à Marielle, son ex? Ça, c’est déjà bien plus réaliste, plus plausible. Bien des connards citent leurs ex en exemple. Pas de commentaire non plus, par contre ici, car nous voici alors de retour dans le monde de la compétition sentimentale réelle et, conséquemment, hors–sujet… Une fois pour toute: Marielle n’est pas Tara Pornella parce que Tara Pornella n’est pas…

8- Se masturbe-t-il sur la porno? Oui, oui, ça lui arrive, oui. Pas toujours mais parfois. Vous ne vous masturbez jamais, vous? Et vous pensez à quoi quand vous le faites? Et Ysengrimus devrait-il tirer de grandes conclusions angoissantes à propos de votre vie réelle sur la base de vos scénarios masturbatoires intimes et privés? Rassurez-vous, il ne tirera pas de telles conclusions, lui… Ce n’est pas la même chose et il le comprend, lui. Un fait intéressant, sur ce point hautement mal compris de la masturbation masculine ès porno au demeurant, est qu’il ne se masturbera sur Tara Pornella qu’une seule fois. La fois suivante, il lui faudra une autre image, puis une autre, puis une autre encore. Superficialité vide et évanescence limitative de l’ectoplasme sans âme. Des croustilles qu’on croque devant la télé. C’est pour cette raison, et aucune autre, que le marché de la porno est si pesamment cyclopéen. Signalons aussi, si nécessaire, que masturbation n’est pas jouissance ou sensualité ou intimité ou romance ou passion ou ardeur ou amour, mais tout prosaïque pis-aller hygiénique… Tsk, tsk, tsk… Vous en doutez, eh bien méditez ceci. Que pensez-vous que l’on retrouve dans le petit cagibi-chiotte ou l’on doit s’asseoir pour fournir un échantillon de sperme, au cabinet médical? Réponse, des revues porno, pour la stimulation psycho-sexuelle de l’auto-cueillette dudit échantillon. Eh oui… Fort peu romantique, merci…

9- Je l’ai bien traqué, bien enquiquiné, bien écoeuré, bien agressé, je le surveille en permanence. Il ne regarde plus de porno. Ai-je gagné? Vous avez surtout gagné qu’il se planque mieux que jamais pour le faire. Une seule chose le fera ralentir de consommer de la porno, la baisse de sa libido due à l’âge ou à la maladie. Elle est bien inutile, votre intervention répressive et hargneuse, produite au prix d’une perte significative de son affection (mais à ce point-ci son affection vous importe moins que votre amour-propre, hein, si vous avez vraiment agi de façon aussi répressive et hargneuse, justement). Vous pouvez lui couper l’ordi, la télévision et les magazines, mais vous ne pouvez pas lui couper la tête. Et c’est à l’intérieur de sa tête que se joue la plus grande, la plus tonitruante, la plus kaléidoscopique de toutes ses aventures pornographiques. Tout ce que vous lui avez appris à faire, c’est à mieux se cacher et à aller retrouver Tara Pornella loin, très loin, dans l’abstraction inane, éthérée et onctueuse de sa psyché. Et cela la rehausse, notre bonne Tara, au demeurant. Le vieil attrait séculaire du fruit défendu, poil au…

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MODE D’EMPLOI : QUE FAIRE?

10- Dois-je exprimer mes objections? Oui, que oui, explicitement. Mais les vraies objections, hein. Pas les pseudo-objections… Les vérités du coeur, pas les prétextes de tête. Les contrariétés émotionnelles, pas les parades sociologiques. Gardons la sociologie pour un autre jour ici, si vous le voulez bien. Laissons-la nous déterminer sans en cacasser à satiété. La langue de bois de la porno exploitation du corps de la femme ne vous mènera pas bien loin avec un homme, même articulé, même féministe, que vous venez de pincer le nez pincé dans une page centrale… Il vous répondra, dans sa tête ou explicitement, que cette transgression aux principes féministes est un geste qui est plus fort que lui, qu’il commet malgré lui et dont il comprend le caractère répréhensible de la même façon que vous comprenez qu’il est hautement répréhensible de vous empiffrer de pâtisseries poubelles, mauvaises pour la santé, non bio, non grano, chimiques… sauf que… bon… Boulimie, alcoolisme, toxicomanie, kleptomanie, agoraphobie, magasinage compulsif sont aussi fort répréhensibles socialement, et pourtant… Ceci dit, oui, oui, dites ce que vous pensez, oui, montrez le drapeau sans faillir. Soyez vraie. Objectez vous ouvertement, droitement, avec sincérité, en montrant bien combien cela vous contrarie, vous irrite, vous insulte, vous déplait. Qu’il voie les conséquences de ses actes, un petit peu. Cela ne le fera pas arrêter, mais cela le fera gamberger, ce qui est toujours utiles pour la cervelle, surtout la cervelle masculine. S’il s’engage à arrêter, surtout sur l’honneur, il ment à quelqu’un. À vous, ou pire, à lui-même. Enfin, il faut dire et redire ce que vous ressentez, sans artifice. C’est crucial. Dois-je alors le bloquer, le réprimer? Je ne vous dicterai pas jusqu’où doit aller l’expression d’une contrariété légitime. Réprimez tout ce que vous jugez bon de réprimer. Mon commentaire, dans tout ce billet, voyez-vous, porte sur votre savoir, pas sur vos actions. AGISSEZ SELON VOTRE CONSCIENCE, MAIS EN CONNAISSANCE DE CAUSE. Je vous dis donc simplement de ne pas cultiver des illusions sur une approche répressive face à ce type de pratique. Réprimé, il entrera dans le maquis, il durcira sa coquille, il mentira mieux, se planquera d’avantage, mais il ne réformera pas ses comportements. Réprimer oui, s’il faut en passer par là. Croire aux vertus éradicatrices de la répression, non. Ce serait, bien hypocritement, se mentir. Une vision, une perception et une compréhension franche et directe de votre contrariété et de votre frustration l’influenceront bien plus que de vous voir pathétiquement jouer les gardiennes d’enfants répressives, car, voyez vous, un fait demeure dans cette tourmente: il vous respecte et il vous aime.

11- Qu’il mate de la porno me refroidit souverainement. Dois-je ravaler ma frustration et jouer les allumeuses au lit, pour continuer de satisfaire monsieur? Certainement pas. Le principe général selon lequel il faut ne pas forcer le désir s’applique ici pleinement. Il faut que monsieur, comme vous dite, assume les conséquences de ses actes. Aidez-le un petit peu dans son effort intellectuel, par contre. Comme vos chances sont très fortes qu’il ne voie pas bien nettement le problème, dites lui ouvertement la vraie raison de votre frigidité hargneuse. Guidez-le, en toute droiture. N’allez pas inventer quelque prétexte oiseux pour bien finir de le dérouter et, volontairement ou non, esquiver le débat porno-regardard. Il a la responsabilité de rendre compte de ses actes, vous avez la responsabilité de l’explicitation droite et entière de votre dépit. Qu’il s’explique un petit peu sur les merveilleuses aventures polychromatiques du monde virtuel de Tara Pornella. La conversation sera palpitante, croyez-moi, surtout si vous voyez à la maintenir dans les limites du conflictuel tolérable. Il cherchera, en crevant de trouille, à éventuellement insinuer qu’il aimerait vous voir adopter telle ou telle des illustres postures ou tenues de la susdite Tara Pornella, lorsque vous faites l’amour avec lui. Je ne vous dis pas de le faire alors, hein, si cela vous refroidit. Je vous dis fermement, par contre, de cesser de vous imaginer qu’il veut vous faire essayer cette posture ou cette tenue pour que vous ressembliez à Tara Pornella, sa «femme idéale». Une fois de plus, c’est le contraire, en fait. Ce qu’il juge passable et honorable sur Tara Pornella il le juge extraordinaire sur vous, car C’EST VOUS, SA FEMME IDÉALE. Il instrumentalise cette pauvre Tara pour mieux s’érotiser sur son objet de désir effectif et exclusif: vous. Il ne s’extasie pas sur Tara Pornella à votre détriment, il plagie Tara Pornella à votre avantage. Et vous, terrible naïve morbide, vous vous imaginez le contraire, ligaturant ainsi des provignements importants de sa poussée libidinale. Faites ce que vous voulez mais, pour faveur à Ysengrimus, ne prenez pas le vrai pour le faux et la sincérité pour la duplicité. Quand il dit que vous êtes mille fois plus érotique que Tara Pornella, parole d’Ysengrimus, il est sincère, il le pense et il a raison.

12- Qu’il mate de la porno, ça m’excite en fait. Je le ferais bien en sa compagnie. Puis-je? Certainement. Dites-vous d’abord que si vous pensez ceci effectivement et sincèrement, vous faites partie d’une minorité. Pas de problème, au demeurant. C’est parfaitement légitime, moderne, sensass et sexy et… les minorités ont des droit. Vraiment, si cela vous excite effectivement, approchez-le, franco de port, sur la question. Ça m’excite vachement, tous ces sites et ces vidéos que tu mates là. Je peux regarder avec toi? Sa première réaction sera certainement sceptique (ne vous en offusquez pas, perle rare que vous êtes), puis ouvertement enthousiaste. Ce sera alors super. Vous aurez votre univers porno de couple, comme des tas de gens tendance, frais et émancipés d’ailleurs. Mais veuillez noter deux choses. D’abord, ne vous surprenez pas et ne vous vexez pas si vous vous apercevez qu’il continue, droit comme un cèdre, d’autre part, à mater de la porno, éventuellement différente, en solitaire. Cela ne se place en rien sur le plateau de la balance avec les moments pornos qu’il a avec vous. Ensuite, recommandation capitale: soyez sincère, avec lui et avec vous-même, quand vous dites/prétendez que cela vous excite. Ne vous (re)mettez pas, consciemment ou non, à crâner et à (vous) jouer la comédie de la femme peu impressionnable, ouverte, délurée, moderne et que ça excite vachement juste pour déguiser une surveillance crypto-furax de ses petites activités. Il le détectera à assez court terme et il n’en sortira, alors là, rien de bon. Inutile d’ajouter que si cela ne vous excite subitement plus, il faut vous dissocier de la démarche, sans tergiverser, ni temporiser. Exactement comme pour les joutes sportives à la télé, en fait, si vous voyez ce que je veux dire.

13- Dois-je réformer mes comportements? Vos comportements, peut-être pas. Vos croyances, là, certainement. Voyez-vous, si vous retenez une seule observation de tout le présent exercice, que ce soit celle-ci. Je vais même vous la formuler en «je» pour qu’elle s’imprègne encore mieux en vous. LE PAPIER ET LES PIXELS NE SONT QUE DES SUPPORTS (COMME JADIS, LES PEINTURES ET LES SCULPTURES) POUR UN DISPOSITIF FANTASMATIQUE QUE MON HOMME A DANS SA TÊTE ET QU’IL GARDERA DE TOUTE FAÇON DANS SA TÊTE POUR UNE BONNE PARTIE DE SA VIE ACTIVE. C’EST SA PSYCHOLOGIE DE LA SEXUALITÉ, C’EST SA FAÇON DE GAMBERGER SES FANTASMES ET CE QUI EST EST. JE NE SUIS PAS EN CAUSE OU EN QUESTION. CE PHÉNOMÈNE N’EST RIEN D’AUTRE QU’UN INDICE D’ARDEUR SEXUELLE COMME UN AUTRE. JE NE DOIS PAS PRENDRE TOUT CELA PERSONNEL, CELA NE ME CONCERNE QUE MARGINALEMENT OU PAS DU TOUT. C’EST QUAND IL ME FAIT L’AMOUR QUE MON HOMME MANIFESTE SON DÉSIR POUR MOI, ET MOI SEULE, SA SEULE ET UNIQUE VRAIE FEMME DE CHAIR ET DE VÉRITÉ. Que vous combattiez ce comportement de regardage de porno (ce qui est légitime) ou que vous l’acceptiez (ce qui n’est pas une capitulation), il ne faut pas traiter les femmes de papier ou de pixels comme vous traiteriez une rivale de chair et d’os. Fondamentalement, elles ne sont que des feux follets cérébraux, flammèches électriques émanant de sa cervelle à lui. Si cela vous dégoûte irrémédiablement, c’est alors que c’est lui qui vous dégoûte irrémédiablement, personne d’autre. Agissez alors en conséquence. Il ne faut, notamment, vous en prendre ni à Tara Pornella (intrinsèquement inutile), ni à Marielle son ex (diplomatiquement délicat), ni à vous-même (IL NE FAUT SURTOUT PAS VOUS EN PRENDRE À VOUS-MÊME). Ceci n’est pas une sordide et fallacieuse affaire de compétition entre femmes de plus, mais bien un tenace comportement masculin, exclusivement masculin. Il faut donc s’en prendre soit à lui, soit à personne… En d’autres termes, assumez vos émotions sans cultiver vos illusions.

14- Je ne veux tout simplement pas d’un partenaire visionneur de porno, point final. Que faire? Aussi simple que fatal. Aimez un homme plus vieux que vous de vingt bonnes années ET au passé sexuel maximalement comblé. Il a maté toute la porno qu’il pouvait dans sa jeunesse, sa libido ralentit, sa boite à images cérébrale racotille, sa lanterne chinoise s’obscurcit. Il a de la conversation, de la douceur, du charme, de l’expérience. Il vous parle en vous regardant dans les yeux. Il s’occupe de vous. Il vous trouve belle, comme être humain. Vous abordez la question porno ouvertement avec lui et sa réaction est compréhensive, sincèrement compréhensive de fait. Il n’ira certainement pas courir le risque de vous perdre, vous qui visiblement en faites une affaire pareille, pour je ne sais quelle Tara Qui déjà? Évidemment, votre vie sexuelle sera moins trépidante et plus raplapla, mais, et je le dis sans ironie, comme le disait ma vieille copine Égérie: le sexe, c’est pas tout dans la vie.

15- Ysengrimus, je suis toujours aussi en colère. Fais-moi comprendre en un paragraphe bien senti cette insupportable affaire de visionnement de porno. Tu ne m’as vraiment rien dit de trop probant pour le moment. Bon. Merci. Sincérité hautement appréciée. La plus belle femme ne peut donner que… pardon… pardon… disons… à l’impossible nul n’est tenu, là. Mais je vais tout de même faire une ultime tentative relativiste, en vous proposant un petit exercice de transposition. Vous visionnez et re-visionnez, disons, les films de la saga Twilight. Edward Cullen vous fait rêver. Il a tout simplement tout. Beau, romantique, chevaleresque, fort, puissant, déférent, attentionné. Il aime Bella Swan, la respecte, la protège. C’est un amoureux à principes. Un homme, un vrai. Vous l’adorez et en cacassez sans fin avec vos copines qui l’adorent aussi, souvent plus ou moins en cachette d’ailleurs, comme vous. Votre partenaire de vie vous pince un beau jour, dans une de ces conversations, ou visionnement, ou lecture et s’assoit lourdement dans le plateau de la balance de l’autre côté duquel flotte majestueusement le pâle et translucide vampire des sylves de Forks. Que pensez-vous de cela? Mais, ça n’a rien à voir avec nous deux. C’est un monde de fantasmes, de rêveries éveillées, de… de… de papier. Mon monde intérieur… du roman, du cinéma. Ça… Ça n’a absolument aucune importance, vraiment. Eh bien voilà. L’homme visionne et lit batifole pesamment ostensible. La femme visionne et lit romantisme néo-gothique subtilement éthéré. Dans les deux cas, c’est parfaitement fantasmatique, psychologique, immatériel et innocent. Et, au fond, est-ce si différent?

Edward Cullen

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26 Réponses to “L’HOMME QUI VISIONNE DE LA PORNO. Foire aux questions et mode d’emploi (en quinze points), à l’usage de sa conjointe”

  1. Aphrodite said

    Bonjour, je suis une femme et mate du porno. Je me masturbe devant. Suis-je normale?

    [Indubitablement. Vous êtes formidablement utile aussi. Car cela fait de vous LA commentatrice privilegiée pour critiquer les grandeurs et les limites de mon propos actuel - Ysengrimus]

  2. Chloe said

    Compte-moi moi aussi au nombre des masturbatrices sur porno. C’est le plaisir de Tara Pornella qui m’excite, pas la morphologie de la bite (ou du vagin) de son partenaire. Simultanément, il me semble observer une attitude de l’ordre de ‘ce qui est permis à Jupiter ne l’est pas aux chiens’ en ce qui concerne la fréquentation de la porno chez les hommes. You write that the industry is only giving consumers what they want. Well, should that indeed be the case, one is forced to conclude that the majority of consumers want their porn acted out for them by stick insects with implants and perfectly symetrical faces… [Tu écris que l'industrie n'offre aux consommateurs que ce qu'ils veulent. Bien, si c'est effectivement le cas, on se voit dans l'obligation de conclure que la majorité des consommateurs souhaite que leur pornographie soit performée par des sauterelles-allumettes avec des implants, et un faciès parfaitement symétrique].

  3. Aphrodite said

    Prenons tout le post à la lettre, quoique c’est à se demander si c’est le premier degré qui prime. Votre constat de base est clair, décliné mille fois: rien à faire mesdames, il va continuer. Là-dessus rien à redire: le bonhomme va continuer c’est sûr, à moins de lui couper un bout: le pénis ou la tête. Ça part plutôt bien, donc, mais trés vite ça finit par flairer le dossier spécial Doctissimo destiné aux princesses en mal d’amour. Version intello, quoi. Vous leur dites: pas d’inquiétude mes gentes dames, le porno consommé par votre mec n’ÉBRANLE pas votre rêve ancestral de prince charmant, ceci est même de bon augure puisque vous vous trouvée confortée de plus belle sur le piédestal de déesse (du sexe) où il vous a installée. C’est pas que ce soit faux. C’est juste démago. Pour faire court moi je dirais: mais si votre mec prend son pied à ce point et en redemande, c’est peut-être pas pour rien? Des siècles durant, nos grand-mères n’y ont pas eu droit, au porno… mais nos grands-pères non plus. Alors pourquoi les hommes sont-ils, encore aujourd’hui, seuls ou presque à s’en délecter? En cette nouvelle ère où tout se partage à l’infini? Pourquoi si peu de curiosité, de la part d’un pan entier de l’humanité, sur une chose qui manifestement apporte à l’autre tout ce bonheur et cette félicité? Après, faut pas charrier non plus. Pas mal de meufs, déjà, sont excitées par le porno. En dehors de leur mec, puisqu’elles seraient selon vous monogames, lol, vous semblez réduire l’univers fantasmagorique des femmes à… Twilight, qui ferait mouiller la bourgeoise – première nouvelle. ça paraît tellement énorme qu’on croirait à un canular pour faire bondir les nanas… Hum? Ou alors c’est à se demander quelles genre de meufs vous côtoyez, Monsieur Ysengrimus…. Ont-elles au moins dépassé la quinzaine? Je n’ai pas vu Twilight… À brûle-pourpoint je me vois mal m’astiquer le clito là-dessus… La bande annonce me ferait plutôt dire: autant me palucher devant cendrillon :). Non? Pour en revenir aux choses sérieuses: 90% des femmes ne sont toujours pas demandeuses? Pauvres connes. Travaillez le mental, laissez venir les fantasmes, imprégnez-vous avec… et matez du cul à l’écran, bordel, planquée toute seule, doigt au clito. Votre planète-sexe mentale pourra enfin se rapprocher un peu des hommes, ou plutôt des désirs et comportements masculins – et inversement… pour une meilleure osmose :) De chaque côté les homos nous assènent: «tu sais pas ce que tu manques». Ce n’est pas que pour se vanter, j’ose penser. Subsiste la question des représentations de la femme et de l’homme diffusées par le porno de masse – vaste sujet déjà trop rabâché, et moi, sans rémunération, bah… je m’arrête.

    [Tout en recommendant respectueusement de ne pas commenter un film qu'on a pas vu sur la foi de sa bande sonore, je prend acte de l'"autre femme" que vous décrivez. Sinon la formule C'est pas que ce soit faux. C'est juste démago me laisse fort perplexe (surtout si, comme vous le signalez, je rate un segment significatif de femmes dans cette analyse. Démago envers qui, alors?). Je suis obligé d'y répondre, un peu abstraitement: c'est pas démago, si c'est pas faux. Ceci dit, en méditant ce que vous me dites, je suis quand même en train de me demander si je n'écris pas surtout sur les nords-américaines... - Ysengrimus]

    • Aphrodite said

      Ça peut être démago (ici envers les nords-américaines, disons?) sans être faux, mais bon ce trait un peu inutile ne formait pas le fil rouge de ma critique: il peut être coupé. Mea culpa pour Twilight que je m’empresse de voir – c’était bassement l’occasion de faire de l’humour gras. J’en profite par ailleurs pour saluer une analyse précédente – Madonna contre Jennifer Lopez. Il ne s’agissait pas de choisir comme vous dites, mais bon, tout de même, inutile de vous dire que je préfère la vieille. Salutations.

      [Démago sans être faux, vraiment, faudrait qu'on m'explique. Enfin, merci de vos visites et de vos costaudes interventions. Elles sont hautement appréciées - Ysengrimus]

    • Suzanne said

      Alors là Ysengrimus, je consomme la porno tout en me masturbant ET je suis nord-américaine! :)

      [Et je suis... de nouveau relativisé... - Ysengrimus]

  4. Caravelle said

    Et à propos des hommes qui vont se rincer l’oeil dans les clubs de strip-tease, Ysengrimus nous dit quoi?

    • ysengrimus said

      Je n’ai pas de réplique pratique à cet autre problème de fixation mais une jolie réplique fantasmée existe. La pensée vernaculaire ne nous dit rien de bien intelligent ou de bien utile sur ce lancinant problème, sauf peut-être une fois. Dans le douzième épisode de la sixième saison de DESPERATE HOUSEWIVES, intitulé You Gotta Get a Gimmick, le premier mari, divorcé et fort mauvais coucheur, de Susan Delfino née Mayer, mort tragiquement, lui lègue par testament, dans un geste semi-apologétique, semi-ironique, le 50% des parts qu’il détenait dans un club d’effeuilleuses prospère. Madame Delfino se rend sur les lieux de son nouvel avoir, dans l’intention de rencontrer l’autre co-proprio, afin de discuter un moyen de revendre ses parts. Elle bavarde alors avec une des danseuses qui, au nom de Delfino, se remémore un Mike Delfino, plombier de son état, qui passe de temps en temps, prendre soin de la tuyauterie du club et en profite pour siroter une petite bière non loin de la piste de danse. C’est le (second) mari de Susan. Celle-ci, le soir, aborde la question avec l’intéressé qui ne nie pas et signale, avec la fermeté masculine requise, qu’on ne lui dicte pas ses allées et venues.

      C’est ici que la réplique féminine s’avère particulièrement suave et bien orchestrée. Quelques jours plus tard, en effet, une femme téléphone au plombier Delfino pour lui signaler une urgence de tuyauterie au club de danseuses auquel on pense. Mike s’y rend dare-dare, c’est pour constater qu’il n’y a aucune urgence de plomberie et surtout pour assister au tout nouveau et tout improbable numéro d’effeuillage torride et cinglant de la nouvelle co-proprio de l’endroit, la bien nommée Suzie-Fix-It. Le malaise masculin de voir sa propre partenaire se faire glisser des biftons dans le maillot et l’ironie revancharde de la danseuse-effeuilleuse épouse vengeresse sont particulièrement bien rendus par Teri Hatcher et James Denton. Abasourdi, Mike réclame de Susan qu’elle se retire de là. Celle-ci lui annonce qu’on ne lui dicte pas ses allées et venues… Placé, l’homme promet, sur la piste de danse même, à son épouse de ne jamais remettre les pieds dans cet endroit, il l’enveloppe ensuite pudiquement de sa veste et file avec elle en coulisse.

      La scène est à la fois bouffonne et incroyablement crédible. Surtout, et par dessus tout, elle renouvelle la réflexion… De fait, on invite trop souvent les femmes à se mettre à la place des hommes, des clients donc, et à se rendre, en bonne symétrie converse, dans un club d’effeuillage masculin (ce qui les fait souvent plus chier qu’autre chose). L’idée de soulever la question de la mise de la femme contrariée dans la position spectaculaire et lumineuse de la danseuse explicite s’exhibant devant tous, et de voir comment son mec percole sur la question me parait une façon particulièrement astucieuse et rafraîchissante de reformuler ce débat…

  5. Lilou said

    Pensez-vous qu’un homme puisse avoir honte avec le temps de se masturber devant de la porno? Promesse d’arrêter après grande discussion (je ne voulais pas qu’il arrête si c’était pour se sentir castré après). Est ce que vous y croyez?

    [Pas trop. La "grande discussion" l'a frustré maximalement et, au fond, il n'est pas furax de mater de la porno (honte) mais bien de s'être fait pincer ainsi. C'est le ralentissement de l'intégralité de sa libido que fera ralentir son visionnement de porno. Autrement, c'est QUI A BU BOIRA, sur toute la ligne... - Ysengrimus]

  6. lilou said

    Et si je vous dit que lui me promet d’arrêter car lui-même en avait honte. Il se demandait pourquoi il faisait ça, car il y a une grande différence quand le sujet devient pornodépendant. Même si l’homme se fait pincer, pourquoi dit il qu’il est content Alors?

    [Je ne sais pas, Lilou. Qui sait. Il est peut-être sincère - Ysengrimus]

    • lilou said

      Merci d’avoir répondu! Mais quel est votre point de vue?

      [Je doute d'un "repentir" masculin sincère en matière de visionnement de porno. C'est comme le soiffard dessoullé qui fait de grandes promesses de sobriété éternelle à bobonne... Promesses d'ivrogne... - Ysengrimus]

  7. elf said

    Bonjour,

    Mesdames, d’une certaine manière, je trouve cela triste (mais légitime) que vous vous sentiez en concurrence avec la belle Tara. Si votre homme, disons dans la plupart des cas, se masturbe devant la belle Tara (et ses confrères/consoeurs) c’est pour exprimer son besoin sexuel individuel, que vous exprimez aussi individuellement. La masturbation. Le fait de se stimuler visuellement et auditivement devant des films ne veut pas nécessairement dire que votre homme confond les films porno et sa sexualité au sein du couple. Disons que la technologie moderne et l’industrie permet à beaucoup d’hommes de pouvoir voir réaliser leurs fantasmes en images et en sons. Ceci ne remplace pas la sexualité au sein du couple. Je ne parle évidemment pas des sentiments ni même de l’amour qui sont bien évidemment absents dans le rapport de l’homme à la pornographie. L’homme et la femme sont différents, n’attendez donc pas de votre mâle qu’il réagisse comme vous sexuellement parlant, masturbatoirement parlant.

    Et retenez aussi que le monde de la masturbation est un monde hautement solitaire. Retournez la situation en imaginant votre homme critiquer votre univers et vos choix personnels en matière de masturbation. Attention: chasse gardée! La critique n’est pas forcément admise (ni d’ailleurs pourquoi critiquer quelque chose qui ne vous concerne pas tant qu’il n’y a pas de dérives entachant votre relation à lui?). Mais toujours bon d’en parler, ça permet de se comprendre.

    Enfin, et quand même, je dirais même plus: MAIS. La pornographie présente majoritairement sur internet me choque, non dans les fantasmes qu’elle représente, mais dans le fait même que jouer par des personnes, celles-ci deviennent tantôt les bourreaux, tantôt les victimes de ces petits jeux dangereux. Sous couvert de cinéma, de fiction, des milliers de femmes subissent un traitement dégradant en tant qu’objet de chair, et des milliers d’hommes jouent le rôle de pilons indestructibles à qui personnes ne résistent. Cela me fait penser aux jeux de la Rome antique, aux gladiateurs, qui sous couvert de mise en scène, étaient les acteurs de scénario bien réels eux, avec leurs lot de victimes et de bourreaux.

    • Luche said

      L’univers masturbatoire, aussi personnel qu’il soit, peut très bien être senti comme de la compétition par un homme, lorsque l’objet du fantasme est précis, récurrent, absent de la sexualité à deux et prenant une ampleur insoupçonnée dans la sexualité personnelle. Imaginons le jules au membre de 6 pouces légèrement complexé, que son amante a rassuré maintes fois, qui découvre une collection volumineuse de sextoys eux-mêmes très volumineux, des photos, magazines, vidéos et DVD de très gros engins se retrouvant littéralement partout (boîte courriel, Ipod, cell, ordinateur, cadre numérique, salle de bain, clés USB…). Probablement que le mec aurait tout de même un choc et se demanderait s’il correspond effectivement aux goûts de madame… Comme quoi, je crois, c’est l’écart marqué entre la sexualité perso et à deux, le niveau de confiance en soi et ses attributs, le niveau de confiance et de dialogue dans la sexualité à deux ainsi que l’ampleur et la fréquence de l’utilisation de ce matériel qui pose problème… pas tant que de "découvrir" que son, sa partenaire se masturbe en utilisant des stimulis visuels externes!

  8. lyly said

    Et quand Mr délaisse sa conjointe pour Tara Pornella?

    [S'il fait de quoi avec la vraie de vraie Tara, il trompe sa conjointe. Ce n'est plus de la porno, ça, c'est l'existence. S'il se contente de contempler Tara, c'est sa libido qui s'étiole, sans même qu'il ne s'en avise... - Ysengrimus]

    • lyly said

      Et, dans ce cas précis de libido qui s’étiole, la conjointe n’y est elle pas pour quelque chose? Pour une fois hein, entendons nous…

      [Le mérite de la conjointe est principalement intact. C'est quasi exclusivement le métabolisme de monsieur qui, inexorablement, ralentit. Une version inversée de la doctrine du sexe hygiénique, pour tout dire... - Ysengrimus]

      • lyly said

        "une version inversée de la doctrine du sexe hygiénique"…

        Le sexe hygiénique serait selon moi le sexe pour le sexe ou encore se vider les… quand il y aurait justement un trop plein de libido inassouvie… Dois je comprendre, si je tente une version inversée, que ce serait dans ce cas un manque de libido, libido qu’on chercherait à faire grandir grâce à Tara Pornella? [Exact - Ysengrimus]

        Je crois qu’il manque un seizième point à l’usage de la conjointe, Ysengrimus… Je veux bien croire que l’on bat Tara Pornella à plate couture, que nous sommes la favorite de son harem onirique etc… Mais quand la favorite est remisée au cachot et qu’elle n’y est pour rien, que doit elle faire?

        [Envisager que la CRISE DE LA RELATION soit le centre du problème et que la pause porno n'en soit qu'un des cuisant symptômes. - Ysengrimus]

  9. Boo said

    Haha! Wow, j’suis contente d’être tombé sur ce gigantesque mais ô combien rafraichissant article.

    Ça aide à faire sortir de la caverne de remise en question dans laquelle on a tendance à se terrer dans ce genre de situations. Du moins, quand on y avait jamais vraiment fait face, qu’aux dernières nouvelles ça ne faisait pas partie des activités de notre homme et que ça faisait bien notre affaire, d’ailleurs…

    Aussi, j’aime bien votre commentaire relatant l’épisode de Desperate Housewives (que j’ai vu d’ailleurs). De mon côté, la tactique "attiser l’instinct territorial masculin" fonctionne à merveille! C’est bien la seule chose qui puisse le faire réagir, parce que le "mets-toi à ma place"… c’est pas fort comme méthode, ni dans un sens, ni dans l’autre. C’est dur de se mettre à la place de quelqu’un qui raisonne pas de la même façon que nous!

    En tout cas, merci! Vous m’avez redonné le sourire. :)

    [Mais de rien... "De mon côté, la tactique 'attiser l'instinct territorial masculin' fonctionne à merveille!" Vous pourriez élaborer un petit peu? Ça m'intrigue vachement... - Ysengrimus]

  10. ulriklegeek said

    Félicitation pour cet article (grâce auquel je découvre ce blog d’ailleurs). Mais. Caravelle parle des clubs de striptease… pas besoin d’aller bien loin, restons encore sur le net. Il n’y a pas QUE le porno (j’entends par là les vidéos). Prenez l’exemple du Chatroulette Français WizzCAM : il propose rien de moins qu’un liveshow d’hôtesses qui font tout ce que leur demandent les hommes, il aurait été judicieux d’en parler.

    D’ailleurs, prenons tout simplement l’exemple du chatroulette "entre internautes", on n’y voit QUE des hommes qui se masturbent… devant d’autres hommes car il n’y a jamais de femmes. Ysengrimus, j’aurais aimé votre analyse sur ce point car je n’aurai jamais compris pourquoi ils font ça…

    [D'une part, le principe de mon analyse demeure, même si le sujet en action est bisexuel... Par contre, d'autre part, sur cette cyber-version-synthèse des peep-show et des lignes téléphoniques sexy d'autrefois, ton questionnement est fort valide. On y avance effectivement d'un cran dans l'interactif, donc d'autant dans l'extra-marital de facto. Une toute autre problématique se dessine alors. Celle des zones intermédiaires entre visionnement privé de porno et interaction effective avec une personne plus tangible, se rapprochant d'autant d'une escorte ou d'un prostituée. L'analyse, ici, risque de ne plus pouvoir tenir, à mesure que l'objet fantasmatique redevient une personne effective... - Ysengrimus]

  11. boblulf said

    Merci beaucoup Ysengrimus pour ce billet, qui me fait découvrir ce blog d’ailleurs. J’avais quelques réserves en commençant sa lecture, mais celles-ci se sont éteintes rapidement, votre analyse est fort juste au demeurant (en tout cas, je m’y suis retrouvé). J’aurais juste aimé me dire que je pourrais un jour me départir de cette pratique qui ne me plaît pas trop, sans attendre la baisse de ma libido, mais visiblement je devrais attendre quand même :)

    Oh, cela me fait penser que je n’ai pas eu ce genre de pratique avec mon grand Amour (amour passionnel), ni n’en ai ressenti un quelconque besoin le temps merveilleux que j’ai pu passer avec elle, cela est-il explicable par ma psychologie personnelle? ou le fait que tout mon esprit ne fut habité que par elle durant cette période (amour passionnel)?

    Merci encore, et joyeuse continuation.

    [Quelle longueur, ladite période? - Ysengrimus]

  12. xyz said

    Bonjour,
    Très bon article, ça aide un peu à comprendre quand on a du mal, même si c’est difficile à accepter.

    Par contre, à la deuxième ligne, vous écrivez "Il fait ça en cachette, en plus, comme un enfant.". Et si justement il ne le fait pas en cachette ? Il fait ça quand je suis dans la même pièce que lui, son écran visible depuis le canapé quand je regarder la tv. Je lui ai déjà dit et il continues…

    [Oh, oh, bon exemple de l’incomplétude de mon texte, pourtant déjà long. Là, la dynamique est effectivement distincte. C'est une ostentation, un éroto-pharisianisme, un message (potentiellement agressif) qu'il vous envoie sciemment. Amical ou inamical, ce message, il va falloir un jour l'affronter. Sa citerne perverse dégouline. Son sac à fantasmes déborde. Il va falloir soit les satisfaire, soit les rejeter. Renseignez-vous par le menu sur ceux-ci. Arrêtez votre décision. Relisez attentivement mon Point 6 ici. Puis frappez, sans tergiverser. Courage. Elle est pas facile, celle-là... - Ysengrimus]

  13. steph said

    Bonjour,

    Je suis un homme, je regarde moi aussi du porno. J’ai fait bien pire, des plans cam de toute sorte. Mais je n’ai jamais trompé ma femme "en réel". Je l’aime, je n’ai aucune intention de la tromper. Elle m’apporte ce qu’elle souhaite m’apporter, je ne lui demande pas de choses qui la gênerait (après quelques allusions, j’y ai renoncé). J’ai trouvé un certain équilibre dans le sexe virtuel et cet équilibre solidifie notre couple.

  14. cépafo said

    Merci pour cet éclaircissement sur le pourquoi du comment…

    Je consomme moi-même de la pornographie (ce qu’il ignore, bien sûr) et, de la même façon, je ne m’identifie jamais aux personnages. Cependant je ne supporte pas l’idée que mon mec se jette sur l’ordi dès que je quitte les lieux pour mater parfois une dizaine de vidéos comme si il était en manque.

    J’ai déjà abordé le sujet avec lui… fort maladroitement tout d’abord, ce qui a évidemment fini en conflit armé avec argument genre "tu préfère que je te trompe?" Ben non justement! La fois suivante j’ai simplement dit que j’étais encore tombée sur l’interminable historique de son site favori et que cela me dérangeait et que j’apprécierais qu’il pense à effacer ce genre d’historique pour éviter de me blesser. j’ai ajouté que je voulais bien comprendre qu’il refuse que je me mêle de son intimité à condition qu’elle ne me saute pas à la figure à chaque fois que j’allume l’ordi… BINGO! Il a juste demandé que je lui montre comment effacer l’historique parce qu’il savait pas le faire… et depuis, plus de trace ou presque (il lui arrive d’oublier et je le rappelle à l’ordre, ce qui a tendance à l’agacer mais bon).

    Bref dire les choses sans porter de jugement c’est bien plus efficace et même si ça me gonfle de savoir que je ne suis pas la seule sur laquelle il fantasme, il faut se rendre à l’évidence, c’est pas son problème mais bel et bien le mien… Je me pose quand même encore deux questions que je n’ose lui poser à lui car je doute de la sincérité de la réponse:

    1- Si on faisait du sexe plus souvent, regarderai-t-il moins de porno?
    [Non. En vieillissant, il en regardera moins. Point. - Ysengrimus]

    2- Est ce que les pratiques qu’il aime regarder correspondent à ce qu’il aimerai faire en vrai?
    [Éventuellement... mais pas automatiquement. Ce qu'il ne ferait pas peut aussi passablement l’intéresser. Ne minimisez pas la dimension "intellectuelle" ou "documentaire" de sa démarche pornomateuse... - Ysengrimus]

  15. Claire said

    Merci beaucoup pour votre article très complet mais mon problème et tout autres. Moi ça ma beaucoup choqué de découvrir que mon mari allait voir tout les jours ou presque vers 5h30 (heures du réveil pour le travail) pendant trente minutes à une heure des vidéos pornos depuis trois ans en cachette pendant que moi je dors encore jusqu’a 6h30 et que de nombreuses recherches concernaient des vidéo x de femmes enceintes, de femmes de dix-huit ans se faisant dépuceler, exclusivement que des japonaises ou asiatiques. Sans compter que j’ai retrouvé aussi des recherches sur ma meilleure amie du lycée devenue star X (tous ces films, tous les sites) Bien qu’il ne l’aie jamais rencontrée, je me sens comme trompée car pour moi cette fille est en chair et en os. Je ne fait qu’y penser, quand je croise une fille enceinte dans la rue, je culpabilise alors que je les trouvais très belle avant et que durant mes trois grossesses monsieur ne s’intéressait pas plus a moi alors j’ai pas vraiment trouvé de réponse dans votre article malheureusement.

    [Y figure cependant une suggestion ferme: vous n'avez pas à vous culpabiliser pour son bagage fantasmatique à lui. J'en ajouterais une autre: cessez de farfouiller dans l'ordi du gars et commencez à farfouiller dans la psyché du gars. Une bonne petite conversation au sommet serait peut-être de mise... Ysengrimus]

    • Claire said

      J’en ai eu beaucoup de conversations ces derniers temps mais il finit toujours par me mentir et se contredire. Si je suis allée voir son histo c’est que bizarrement après être tombée sur sa recherche d’un film X de ma copine il m’a dit vouloir formater son PC. Pourquoi si ce n’est pour me cacher d’autres recherches.

      [Tout cela me semble assez classique. Qui a bu boira, etc... La seule chose qui m'échappe dans tout cela c'est la raison pour laquelle vous vous culpabilisez quand c'est lui qui fait les conneries. Sincèrement, je pige pas... C'est d'ailleurs un mystère qui concerne beaucoup de femmes... - Ysengrimus]

  16. valilou said

    En clair. Il n’y a pas grand chose à faire. Bien bien bien bien votre article. Même si il me laisse un peu patraque cependant. Il résume ce à quoi je suis parvenue après la triste découverte. Et oui: Jules n’est pas parfait et il est tout sauf un monstre pervers, je le sais. Il est juste un peu tombé du piédestal sur lequel j’avais juché notre histoire d’amour. La blessure n’est elle pas plus une blessure d’amour propre? Vous avez raison, c’est bien nous, ça, de culpabiliser pour un acte commis par un autre! Pas très malin en effet mais très féminin. Tout cela me passera, parce que je l’aime cet homme là, il n’en reste pas moins un homme bien même si je déteste l’image qui me vient quand je le vois bosser sur son ordi et que j’aurais préféré qu’il ne soit pas concerné… c’est un peu récent mais ça me passera, je l’espère. Merci en tout cas pour ce billet pertinent et intelligent. Cela change des âneries que l’on peut lire sur le sujet et je repars un peu plus confiante même si toujours un peu tristounette.

    [Votre mérite est entier et vous l'avez dans le mille de dire que votre culpabilité est inexistante. Vous avez raison. Il a tort. Mais en le voyant plus vrai, plus ordinaire, plus humain, vous serez plus forte et plus adéquate quand il s'agira des conflits futurs à résoudre. Votre amoureux, indubitablement, vous mérite. C'est l’idéalisation rose et creuse qui, elle, ne vous mérite pas. Les vilaines petites dames de pixel viennent de durablement vous débarrasser de cette errance de la connaissance. Le gain de réalisme que cela entraine sera sain pour votre couple. Courage. - Ysengrimus]

    • valilou said

      Merci Ysengrimus d’avoir répondu si rapidement. Votre plume est un chocolat chaud, une doudoune toute douce, un feu dans la cheminée, tout ce dont j’ai besoin parce que j’ai souvent froid en ce moment. Je devrais me sentir reine de la fête, gagnante sur tous les tableaux en vous lisant mais il y a encore du chemin à parcourir pour que j’accède à ce statut. Car le poison qui s’est insidieusement infiltré a déjà commencé à faire de l’effet et le sentiment d’avoir été malmenée a grandi. Alors, je vais continuer à m’auto thérapiser en profitant de votre blog et, c’est promis, après j’arrête! Le regardage de porno qui est à l’origine de l’affaire reste quelque chose, je l’ai bien compris, contre lequel je ne peux pas grand-chose. J’espère que cela est et restera occasionnel. OK, tâchons de faire avec puisque de toute façon "qui a bu boira"… etc…Mais "Jules" a menti et mon désordre intérieur viens de là finalement: d’avoir découvert qu’il pouvait être menteur et en plus me mettre en péril pour se protéger. De ne pas avoir été juste, de ne pas avoir su s’exposer lui plutôt que de me faire du mal. J’ai obtenu qu’il me dise :"OK je t’ai menti" mais c’est tout. Parce que Jules est fier et n’exprime ni regrets ni excuses avec des mots. Il me faut me contenter de son regard, de son attitude qui me laissent deviner son regret. Fierté bien dérisoire et si stupide! Quelqu’un qui s’excuse de vous avoir fait du mal a déjà fait une grande partie du chemin vers l’apaisement alors que quelqu’un qui ne dit rien entretient le sentiment d’injustice et les grincements au fond du coeur restent là… et ça fait mal un cœur qui grince. Le mythe du prince charmant s’est cassée la figure, il m’est tombé sur la calebasse un peu brutalement. Bon, allez j’ai bon espoir car en analysant froidement la situation, force est de constater qu’à côté de cette triste découverte je ne lui trouve pas d’autres défauts de taille remarquable. Je vais bien sûr m’employer à tendre vers une vie plus ancrée dans la réalité afin d’éviter que des mythes ne se mettent à tomber comme des hallebardes transperçant à chaque fois un peu plus mon petit cœur de la jeune fille d’à peine 52 printemps je suis. Pour une fois j’aimerais être plus vieille de quelques semaines… En attendant je vais lire vos articles et profiter de votre écriture pour me faire plaisir. Merci et à plus.

      [Essayez toujours celui-ci: Pourquoi les hommes mentent-ils aux femmes et n’hésitez surtout pas à commenter là-bas sur les petitesses et les grandeurs de votre tendre menteur... - Ysengrimus]

  17. cassiope said

    Bonjour,
    Mon homme mate du porno dans mon dos. Quand je m’en aperçois cela me rend parano, je me met dans tout mes état. Je n’ai pas de poitrine et mon ressenti et qu’il me compare à ces femmes avec forte poitrine et qu’il se dise que les mecs ont de la chance et qu’il aimerait être a leur place ou bien qu’il aimerait que j’en ai plus. Suis-je folle j’aimerai vraiment qu’on m’aide a surmonter ça car je le vois comme un pervers et qu’il ne mérite peut être pas ça.

    [Il aime votre corps, il vous aime. Lisez mon texte attentivement< Cassiope. Je ne peux pas le redire ici. - Ysengrimus]

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