Bill Gates, avancée technique, peut-être. Régression socio-économique, certainement
Publié par Paul Laurendeau le 27 juin 2008
Le jugement sévère de l’Histoire est donc amorcé sur Bill Gates. Il a ouvertement volé les innovations des autres à son profit exclusif et re-banalisé le monopole avec privilège. Cet ultime nabab mythologique incarnera donc pour l’Histoire l’art peu subtil de mettre l’explosion technologique au service de l’engraissement du parasite obstructeur. Microsoft est un gros coucou destructeur posé pesamment sur le nid clignotant et souffreteux du NASDAQ. Il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser… Les thuriféraires pâmés de Gates invoquent sa ci-devant générosité (gros salaires, musées gratis, etc) pour les employés de sa firme de gras durs sur Seattle. Il faut donc à ce jour avoir la carte du Parti M$ pour aller au musée… Générosité? Élitisme et esprit de corps, oui. Opportunités pour la gagang de petits copains. Miettes éparses pour les dociles et les groupies qui suivent dans le sillage. Rien pour la société civile, dans cette manne aussi titanesque que sélective, gérée selon la doctrine régressante du plus insensible et du plus condescendant des ploutocratismes. Toute la doctrine sociale du capitalisme d’avant le New Deal est là, sur un mouchoir de poche… D’autres suppôts de Gates roucoulent à propos de son virage philanthropique. Holà, holà, ho! Avec entre vingt et cinquante milliards de menue monnaie voletant dans mes poches, je vous en donne moi aussi de la philanthropie, pour me dédouaner de trente ans d’extorsion et de strangulation totalitaire, en faisant mumuse avec les groupes humains de mon choix comme si c’était des figurines sur une table de bureau tertiaire, ou je ne sais quels «avatars» fallacieux… Qu’il s’attaque donc à la rougeole comme il prétend le faire… le symbole est parlant. Je ne sais pas s’il va éradiquer la rougeole, mais il oeuvre certainement à éradiquer le rouge…

Bill Gates, c’est le capitalisme qui trahi sa propre doctrine de libre concurrence et remythologise le monopole. Si son entreprise, son «oeuvre», a peut-être fait avancer la technologie (?), elle a certainement fait régresser le capitalisme vers des doctrines (pseudo mirifiques) pré-1929. Ce potentat et ses lieutenants peuvent amplement se payer ces petits frais de cours ridicules imposés de droite et de gauche au bout du bras par quelques micro-nations vétillardes, pour leurs pratiques monopolistiques éléphantesque étalées sur une génération… On aurait prédit cet ITT à la puissance mille à FDR au moment du New Deal, il en serait tombé en bas de sa chaise roulante. Même dans leur logique de capi, c’est un totalitarisme monopolistique fou furieux. Ils ont exploité le besoin technique criant d’unifier le parc d’ordi mondial pour se graisser au présent et protéger leurs profits futurs. C’est exactement comme s’enrichir sur la faim… Et Bill Gates peut bien, après cela, se transformer en mascotte inepte et jouer les Colonel Sanders de la technologie. Le mal est fait. Un mal profond et durable. Un cancer lent. Car si l’individu Gates s’en va, on a encore MicroCrosse dans les jambes pour un bon moment… Magouilles… Dictature… Extortion… Médiocratie technique… D’accapareur à ploutocrate à philanthrope. Voilà bien le cheminement le plus fétide imaginable, pour un tel détenteur de ressources spoliées. Ce n’est vraiment pas fini, l’œuvre de Bill Gates. Tiens, ça me fait remonter dans la gorge un vieux poème de Gilles Vigneault intitulé, justement, L’oeuvre:
L’oeuvre
La misère en habit de deuil
De la meilleure coupe
De la plus belle soie
Vient de passer la main tendue
Elle mendiait pour le compte
De la Charité
Trop timide
Ou plutôt reprenons:
La charité en habit de deuil
De la plus belle soie
De la meilleure coupe
Vient de passer la main tendue
Elle demandait qu’on entretienne
La Misère.
(Gilles Vigneault, dans Balises, 1964, Nouvelles Éditions de l’Arc, p. 71)
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Urgent. Il faut saisir la fortune de Bill Gates et construire des écoles et des cliniques avec. Laisser des avoir financiers colossaux du genre de la fortune de ce type entre les mains de propriétaires privés est un crime majeur contre l’humanité. Cela mène au bout du compte à des farfeluteries misanthropes genre milliards en legs à des Fondations pour Chiens… Tout cet argent est un avoir collectif extorqué. Je le redis: il doit être saisi sans délai ni compensation et alloué d’urgence à l’éducation et à la santé.
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Hugues Tremblay a dit
Mon avis, c’est que MS a tout de même démocratisé l’utilisation de la micro-informatique. En permettant à son système d’exploitation d’être opérationnel avec une infinité de composantes (carte video xyz, lecteur CD-Rom ABC,etc etc), MS a permis à des tonnes d’utilisateurs de s’initier à l’informatique à un coût plus bas. L’OS de Apple était plus "fiable" du au fait qu’il roulait sur un environnement "controlé"…et à un coût plus élevé.
Donc, malgré tout, mon évaluation du bilan de MS est tout de même positif. Il y a bien quelques accrocs, quand même plus de + que de -. Et s’il a pu faire des sous avec ca. Tant mieux pour lui.
Benton a dit
C’est que le libéralisme engendre le capitalisme, c’est la mère du capitalisme…
Au début des années 1980, il y avaient pas seulement DOS comme système d’exploitation et certains étaient meilleurs tout en étant aussi "ouverts" que DOS… Le "mérite" de Bill Gates, c’est qu’il a imposé son OS dès la chaîne de montage des ordinateurs. Il s’est imposé aux consommateurs par la porte d’en arrière sans qu’ils aient leur mot à dire…
ysengrimus a dit
Mon contentieux ici n’est pas spécialement technique. Il est socio-économique. Pendant qu’une technologie, qui se serait démocratisée de toute manière, s’implantait à son moment dans l’Histoire, pas une minute après ou avant, un parasite en tirait tous les bénéfices financiers dans la bonne vieille direction de la propriété privée de la valeur issue des biens produits collectivement.
Inacceptable.
Aigo a dit
La libre concurrence, ce n’est pas le capitalisme, mais le libéralisme, nuance. Les deux sont très souvent associés, mais cette association n’est pas obligatoire.
ysengrimus a dit
Il ne s’agit certainement pas ici d’un libéralisme socialiste…
Aigo a dit
Non, il s’agit d’un capitalisme qui n’est pas libéral…
ysengrimus a dit
Monopolistique, en effet. Illégal donc, en plus…
Emmanuel a dit
L’important est le mouvement en cours, le développement du logiciel libre et d’autres modèles économiques qui permettront d’en finir avec un aberration historique comme M$ !
Imintar a dit
A propos de la philanthropie, La Gates Foundation réinvestie l’argent qu’elle récolte dans des entreprises qui accentuent tous les maux du monde: Exxon mobile, Chevron…
PhiberOptik a dit
"En ce qui concerne Steve Ballmer, il affirme de son côté que Microsoft est sur les rails pour continuer à faire un milliard de dollars de bénéfices par mois”.
Voilà tout le mal qu’on leur souhaite…
Antoine, sans plus. a dit
Amusant cette réponse à un commentaire: "Monopolistique, en effet. Illégal donc, en plus…". Un brin de mauvaise foi, ou une incohérence flagrante? Si l’on veut le socialisme, que l’on s’abstienne de critiquer le monopole de Gates au motif qu’il est contraire aux lois… du libéralisme.
De plus, la cour d’adorateurs d’Ysengrimus ne pourrait venir se prosterner devant ses écrits chaque jour et chaque nuit, si l’appât du gain, sale et immoral, n’avait poussé quelques investisseurs à soutenir les Microsoft, Google et autres Apple qui permettent aux courtisans de courtiser, et à Ysengrimus de trouver une caisse de résonance à la mesure de son ego.
Je sais, je suis une victime de la propagande néo-libérale, un adorateur de Karl Rove, un suppôt de Wall Street et un fanatique de TF1. J’oublie quelque chose?
ysengrimus a dit
Certains pseudo-intellectuels qui sévissent sur Internet sont de simples provocateurs, souvent intelligents, ou au moins cultivés. Vous n’êtes pas de ceux-là. Il ne suffit pas de pianoter sur un ordi qu’il a bien fallu qu’un quelconque invente pour comprendre la catastrophe Gates, comme il ne suffit pas d’un dictionnaire d’idées ritournelles pour être brillant, mon bon Sans Plus.