L’armée, ennemie de la société civile
Posté par ysengrimus le 29 avril 2008
Nos journaleux se demandent sans cesse s’ils doivent couvrir les conflits armés. Ils se disent que c’est quand même dangereux… Le danger, c’est une chose. Mais la question fondamentale est: si les forces armées laissent un journaliste monter dans un de leurs chars d’assaut et les accompagner dans une mission offensive, le font-elles dans un soucis d’information impartiale du public? Réponse: non. Si l’armée procède ainsi c’est uniquement parce qu’elle juge que le journaliste en question servira, volontairement ou non, les intérêts exclusifs de sa propagande. L’armée n’est pas une institution transparente. C’est une institution opaque, qui considère que tuer et mentir font partie de ce sur quoi elle a impunité. L’armée ne dit JAMAIS la vérité sur ses opérations, sur son existence, sur sa reproduction. L’armée soucieuse d’info, ouverte, sincère, cela n’existe pas.
Il serait pourtant crucial de couvrir les conflits armés adéquatement pour montrer que la guerre tue. Mais le fait est que, lors de la campagne Koweit/Irak de 1991, une énergie massive, nouvelle alors, inusitée, fut investie aux USA dans l’art subtil et pervers de masquer les pertes des conflits locaux pour les banaliser dans l’avenir. Ce fut la grande dévietnamisation de la propagande de guerre US. Et ce fut une réussite de relation publique majeure du temps et tous nos journaleux entrèrent alors dans le bal sans protester ou riposter. Cette doctrine joue depuis, comme sur des roulettes. Omerta… Omerta aussi sur 5 millions de capotés lors de l’occulte et brutal conflit zaïrois/congolais. C’est la moitié des pertes de la Première Guerre Mondiale… On n’en a pas vu passer 10% aux nouvelles! D’ailleurs le conflit en question fut justement surnommé Première guerre Mondiale de l’Afrique. Silence mat. Évidemment de là à glisser vers des insinuations pro-US qui minimiseraient en douce leur propre impact sous prétexte d’ouverture/couverture envers les guerres oubliées, je freine… Le vrai ethnocentrisme de nos communicateurs et de leurs lecteurs se manifeste crûment lors de la couverture tapageuse et ostentatoire des conflits occidentaux. Écoeuranterie similaire à celle du silence sur les gigantesques conflits africains. Quel que soit le théâtre où on se prend les pieds, on hurle et braille sur “nos” pertes, mais sur “leurs” pertes, 10 fois, 20 fois, 100 fois supérieures: Omerta toujours. Tout est présenté, par l’insidieuse intoxidentale, comme si l’ennemi n’était qu’une vermine grouillante et inane. Le silence occulte, mieux que tout, ce qu’il faudrait pourtant dire et redire.
Voici donc ce qu’il faut dire froidement de l’armée. L’armée est une instance fondamentalement factieuse, trublionne, cancéreuse, parasitaire. Son pire ennemi ce n’est pas l’ennemi. Elle respecte et admire l’ennemi. L’ennemi la fascine, lui ressemble, lui permet de se légitimer, de se perpétuer, d’exister. Le vrai ennemi de l’armée, celui qu’elle combat de toutes ses forces hypocrites, c’est la société civile, la transparence et la paix. L’armée ne veut pas d’un monde où il n’est pas besoin d’armée et fera tout pour entraver l’émergence de ce monde. Son financement et son existence autonome en dépendent crucialement. Tout journaliste qui se tait ou la décrit autrement qu’en ces termes, la sert servilement. Et c’est alors que commence le vrai danger de la couverture médiatique des conflits armés. Disons la chose comme elle est, quiconque expose nos enfants à cette manipulation propagandiste est un irresponsable qui démérite entièrement de la parentalité. Le corpus littéraire et cinématographique des oeuvres anti-guerre issues de la société civile est pourtant volumineux et parle bien plus profondément de tout ceci que la couverture sélective et non-critique des conflits armés. Notre culture collective anti-armée et anti-guerre a connu sa première explosion solide après la guerre de 1914. On peut citer, entres autres, le roman LE FEU d’Henri Barbusse. L’oeuvre la plus curieuse en la matière, pour nous en tout cas, reste le roman du canadien Charles Yale Harrison intitulé GENERALS DIE IN BED. On y suit au jour le jour les exactions, atrocités et souffrances perpétrées par un régiment canadien pendant la guerre de 1914. La description du sauvage et brutal sac d’Arras (France) par ses “libérateurs” canadiens vous laisse sur le cul d’édification. Ces oeuvres n’ont vieilli que pour la technologie et l’histoire locale. Au niveau du principe criminel fondamental de la guerre et de l’armée, tout y est, intact.
La fonction commerciale fondamentale de la guerre est désormais exclusivement le bellicisme. Celui-ci consiste à détourner les fonds publics vers des entreprise parasitaires et improductives tenues par la jet-set des petits copain qui enfilent la fleur au fusil des autres. Il est vrai que la guerre est le dernier des grands monopoles avec privilèges n’ayant pas à rendre le moindre compte sur sa productivité. Pour le coups, je pense à tous nos militaires. Contrairement à certain(e)s Tartuffes locaux, je n’ai absolument AUCUN respect pour les soldoques. Leur ruban jaune caca trouille ils peuvent sincèrement se torcher avec. Les chialeux factieux qui les appuient moralement devraient méditer aujourd’hui ce fait fondamental du parasitisme social de l’armée. La voilà, soldoques & suppôts, la raison pour laquelle votre secteur militaire est l’ennemi ouvert et direct de la société civile: il détourne massivement des fonds publics qui reviennent à la santé, à l’éducation à la prévention des catastrophes naturelles, au renouvellement des infrastructures urbaines et les enlise à jamais dans une inextricable bouillie improductive, polluante et meurtrière de merde et de sang, dont les coups tordus sont de facto protégée de la vérité par leur propagande belliqueuse. C’est un cancer curable mais négligé, que le cancer militaire. Soldoque, garde à toi… rends toi compte une bonne fois que les maîtres que tu sers sont les ennemis direct de tes enfants et des enfants de tes victimes.
La société civile commence imperceptiblement à se rendre compte de combien la soldatesque lui est nuisible. Improductive, ruineuse, factieuse, nuisible. Je ne supporte PAS nos troupes nulle part. Moratoire militaire inconditionnel et immédiat. Fini le gaspillage et les crimes immondes.

L’armée ne veut pas d’un monde où il n’est pas besoin d’armée et fera tout pour entraver l’émergence de ce monde.
Dave a dit
Vous devriez vous renseigner un peu plus sur votre histoire. ÉJe vous recommanderai donc quelques lectures.
L’ART DE LA GUERRE de Sun Tzu
LE PRINCE de Machiavel
Si l’humanité était une espèce parfaite, je serais parfaitement d’accord avec vous. Mais nous en sommes loin. Notre devoir est d’essayer de nous améliorer, mais nous resterons toujours imparfaits (penser le contraire est signe que l’on se prend pour Dieu). En tant que tel, nous devons élaborer un mode de vie qui tienne compte de cette imperfection, chose que peu de penseurs on fait à travers les âges. Le communisme est, à la base, une excellente idée qui fut très rapidement corrompue et tua 100 000 000 de personnes au cours du dernier siècle. L’idée du capitalisme est, elle aussi à la base, un concept extrèmement prometteur… mais elle peut être si facilement corrompue elle aussi. Ignorer notre nature imparfaite entraîne ce genre de choses.
Je me dois aussi de vous rappeller que l’humanité n’est pas la seule espèce à faire la guerre. De plus, beaucoup d’animaux défendent leur territoire en se battant jusqu’à la mort s’il le faut.
Je suis peiné de lire ceci dans votre texte :
“On y suit au jour le jour les exactions, atrocités et souffrances perpétrées par un régiment canadien pendant la guerre de 1914.”
Vous semblez prendre une poignée de soldats qui ont probablement connu la pire de toutes les guerres que l’humanité aie connue et les décrivez comme des meurtriers immoraux. Je ne souhaiterais à personne de revivre ce qu’ils ont vécu. Saviez-vous qui nos pertes au cours de ce conflit ont été de 60000 jeunes hommes ? Cela représente 10% de tous ceux qui se sont enrôlés.
J’aimerais spécifier que je suis entièrement d’accord avec vous concernant le fait que l’armée ne dit que rarement la vérité. C’est effectivement vrai. Elle ne va dire la vérité que quand cela l’arrange. Cela est aussi vrai la plupart du temps. Mais cela fait partie intégrante de la nécessité de l’armée en tant que telle. Si je préviens l’ennemi de mes intentions, j’augmente mes pertes. Si je révèle mes projets, l’ennemi peut les contrer plus facilement… Je vous laisse y réfléchir.
J’aimerais vous avouer que je ne cherche en aucun point à vous faire changer d’idée, de plus, je ne crois nullement que vous en ayez l’intention. Je souhaitais juste présenter un autre côté de la médaille que vous avez omis d’écrire. En terminant, j’aimerais vous faire part d’une opinion à propos de ce que j’ai lu sur cette page. Je crois que votre mode de pensée fanatique est l’exemple même qui prouve le début de mon texte concernant l’imperfection de l’humain. Vous partager un très bel idéal, mais lorsque vous en parlez, vous semblez mépriser tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous. Tueriez-vous pour cet idéal? Feriez-vous la guerre pour propager cet idéal? Je vous laisse sur cette pensée.
ysengrimus a dit
Vous êtes donc de ceux, nombreux par les temps qui courent, qui voient en l’humain une espèce animale emportée exclusivement par ses déterminismes biologiques. Je vous recommande ici même, le texte intitulé. MÂLE ALPHA. FOUTAISE OMEGA. CONTRE LE SOCIAL-DARWINISME DE CE TEMPS... Lectures pour lectures…
Dave a dit
Rebonjour.
Je vais être d’une brutale honnêteté avec vous. J’espère que vous ne le prendrez pas mal.
Premièrement, je ne suis pas un grand adepte de ce genre de blogue/site web qui, à mon avis, prône une vision du monde que je considère comme étant tout aussi dangereuse que celle que tiendrait George W Bush en personne. Je ne suis personnellement pas capable de lire plus d’un ou deux textes à la fois car chaque paragraphe que je lis (de mon point de vue qui soit dit en passant semble diatralement opposé au vôtre) semble attaquer des choses/personnes/institutions/coutumes qui (toujours de mon point de vue) méritent critique mais pas de cette manière et pas avec cette virulence.
Deuxièmement, j’aimerais clarifier quelques détails qui manquaient peut-être à mon texte original et que vous avez soulevé dans votre réponse (ma foi très rapide soit dit en passant).
Je ne crois pas que l’humain soit “une espèce animale emportée exclusivement par ses déterminismes biologiques”. Bien au contraire, comme je l’ai dit dans mon texte, il est de notre devoir de tenter de nous améliorer. Néanmoins, ne pas reconnaître que l’humain est une espèce animale représente de l’aveuglement volontaire et est très dangereux. Aussi, ne pas reconnaître que nous sommes imparfaits entraîne les conséquences décrite dans mon texte original soit la corruption de ces idéaux qui sont conçus pour un monde parfait.
Aussi, les lectures que je vous ai recommandé ne sont pas des documents que j’ai écris de ma main. Il s’agit d’anciens livres (Sun Tzu date de plus de 2000 ans) qui instruisent le lecteur sur certains principes concernant la guerre/politique. Si les généraux et politiciens du 20e siècle avaient lu Sun Tzu et l’avaient interprétés correctement (avec un esprit ouvert), je suis persuadé qu’il y aurait eu beaucoup moins de morts et beaucoup moins de conflits armés au cours du dernier siècle. Le livre de Machiavel fut interprété par plusieurs comme une hérésie, d’où l’expression “machiavélique” inventée par l’église pour nuire à la réputation de ce grand homme. Le livre a été écrit il y a environ 500 ans.
Pour terminer, j’aimerais porter à votre attention quelque chose que j’ai observé pratiquement partout, même ici sur votre site. Les gens lisent énormément. Jamais dans l’histoire l’humanité n’a eu autant de choix de lecture et n’a autant lu. Cela pourrait sembler être une bonne chose, mais je crois au contraire que c’est un des grands problèmes de notre société moderne. Lire est une bonne chose, encore faut-il lire quelque chose de pertinent. Lire l’opinion de monsieur tout le monde représente une lecture facile sans intérêt aucun. Une sorte de fast-food pour l’esprit (bon à l’occasion). À lire l’opinion des autres, on cherche une réponse toute faite à l’avance. Un bon exemple est VOTRE suggestion de lire un autre de VOS texte. Ce texte, de ce que j’ai pu en lire brièvement, représente votre opinion. Ainsi, lorsque je vous réfère à des classiques de la littérature centenaires ou millénaires venant de grands hommes qui ont marqués leur époque pour le meilleur, vous me réponder en me référant à… un autre texte que vous avez écris qui se base sur votre opinion et n’est nullement un document se basant sur quoi que se soit ou qui porte à discussion.
Connaître son passé pour comprendre le présent est malheureusement un dicton peu utilisé par cette société qui n’est obsédée que par son propre nombril. Les gens pour comprendre le monde actuel, se réfèrent au monde actuel, c’est comme demander à un vendeur de choisir ce qu’on devrait acheter.
Je vous avais averti que j’allais être crûellement honnête et dur. Sans rancune j’espère.
ysengrimus a dit
Effarant d’élitisme et de condescendance soumise.
tomivg a dit
A bas toutes les armées, bordel de merde. Mort aux mortifaires qui ne sont souvent que le S.A.V. de notre appétit. IL faut entre 3,5 et 4,5 planètes pour l’existence occidentale. Alors évidemment il faut continuer le pillage, le massacre etc… pour notre confort.
Nous sommes tous des Généraux.
Burp.
Bises.
tomivg
Giorgio a dit
Bravo à Ysengrimus, qui exprime, avec pertinence, ce que j’ai ressentis lorsque (à l’insu de mon plein gré) j’ai sacrifié 16 mois de ma vie dans cette institution morbide et putride…